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 INTRIGUE | Un loup dans la bergerie (groupe 9)

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L'étrange sous la normalité : “Mon âme a son secret, ma vie a son mystère. ”
Tell me More : Humain détenteur du secret
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Qu'il avait été drôle de voir l'imagination déployée par le Cénacle pour tenter de contrer la marée grondante s'abattant sur son bien-aimé sanctuaire. Qu'il avait été plaisant de constater qu'une fois encore, les sorciers, ces humains illusionnés, été parvenus à trouver quelque chose auquel il ne s'était pas attendu… Ni lui, ni personne parmi les 'partisans' du Réanimateur. En cela, ça avait été bien joué, et pas si mal exécuté, pour une expérimentation de cette ampleur. Cela restait bien entendu du domaine du jeu d'enfant, mais là était le cœur factuel des choses : l'humanité était encore un enfant en pleine croissance. Et c'était un enfant plus vigoureux que ses premières prédictions ne l'escomptaient, voilà plusieurs cycles mortels. Et tout cela pour signifier une si simple vérité ! Il s'était bien amusé. Mais l'amusement lui-même avait une limite à ne pas dépasser et il n'était pas là pour jouer, mais pour s'assurer que Pryam paie d'une façon ou d'une autre pour sa hardiesse, et sa folie. Il n'y avait aucune raison qu'il soit épargné par les conséquences de son geste. Tout n'existait que pour servir cet ultime objectif. Et oh qu'il était nostalgique de cet aspect de son être… Renouer avec lui était plaisir, mais également devoir. Devoir que de rappeler pourquoi, autrefois, même les Earl craignaient le son des flûtes dans le noir des nuits aux tambours battants, près des pierres mousseuses et des sources saumâtres. Pryam avait oublié qu'ils étaient là, et qu'ils pouvaient également, parfois, prendre le parti d'un mortel… mais il n'oublierait pas de nouveau.

Il avait disparut du dôme sensé l'enfermer, et du champ de bataille devant les portes de la chambre du Cénacle. Où était-il désormais ? Dans l'antre enfumée de celle qui secondait les défenseurs, penché près d'elle en observant les écrans et les effets répandues alentours sans paraître plus perturbé de tout ceci. Souriant et fringuant, il observait la jeune femme postée là, le regard pétillant, sans se presser en quoi que ce fut. « Bonjour Olivia, ou dois-je dire Mademoiselle Grayson ? » Une main leste se tend, lui prend la sienne, y déposant un baise main avant qu'il ne la relâche et ne vienne s'adosse près d'elle, de sorte à lui faire face. « Alors c'est à vous que l'on doit cette mise en scène, Mademoiselle ? Je vous félicite, je m'amuse rarement ainsi de nos jours. Cela change des habituelles mondanités héroïques aux accents désespérés… et puis, à nous deux, nous avons réussit à faire chanter Hitler, n'est-ce pas un haut fait à marquer dans les calendriers ? » Rire chaud, caressant, lui secouant les épaules alors qu'il se tournait sensiblement sur le côté, les bras croisés sur le torse. Oui, vraiment, cette bataille, quelque soit son issue, serait véritablement à célébrer. Cela dit elle était encore d'actualité et avait besoin d'une fin, quelle qu'elle soit… Son regard resta un moment posé sur les images qui s'affichaient, avant de revenir à l'informaticienne, son sourire prenant un léger croche.

« Malheureusement, vous comprendrez aisément que je ne peux pas vous laisser continuer à soutenir les troupes du Cénacle. Vous êtes un atout pour eux, et il va me falloir leur ôter cet atout » Il se redressa légèrement « Je pourrais vous tuer, mais voyez-vous… je n'aime pas vraiment tuer les humains… vous mourrez de toute façon si vite que ça ne change pas grand-chose, en fin de compte. Et ce serait mal remercier le spectacle que vous m'avez offert que de vous traiter avec si peu d'égard. Je vous invite donc tout simplement à m'accompagner… » Loin de cette pièce, cela allait sans dire. Est-ce qu'il escomptait vraiment qu'elle accepte sans plus palabrer ? Pas vraiment, il n'était pas idiot. Néanmoins il lui donnait la chance de le surprendre une fois de plus. Si elle était capable de construire ces dômes, elle serait bien capable de trouver quelque chose à inventer maintenant non ?


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Dim 30 Oct - 15:17
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Sous les yeux écarquillés de Lowell, Evans n’était plus. Une crainte l’avait envahi, une panique au cœur palpitant trop vite dans ce corps trop âgé… Il sentait que quelque chose n’irait pas, il sentait au fond de lui ce que le Réanimateur avait fait :
Il savait où il était allé…

**

Les écrans étaient suivis avec attention au cœur de ce nuage de fumée. Olivia ne fumait pas réellement, du moins, elle avait été initiée par les membres d’Omega Delta Delta, sur son campus universitaire au MIT. Et elle savait se fournir bien que l’accoutumance n’était pas intégrée à son mode de vie. Aussi, son esprit si fragile avait cet impérieux besoin de se noyer alors que devant elle, ses pensées devaient dériver sur des dizaines d’événements à la fois, canalisant de fait son attention sur le moindre geste, sur tout ce qu’elle épiait sur ces dizaines d’écrans et sur sa console de commandes dont les doigts heurtaient avec violence les touches, avec une étonnante célérité.
Pourtant, au sein de ce méandre de voiles pâles, ternes et entêtant malgré l’air conditionné qui les extirpait doucement, les nuages s’envolèrent et laissèrent place à quelque chose. Silhouette fugace, son attention fut ainsi détournée alors que son cœur se mettait à battre la chamade.
S’était-elle endormie ? S’était-elle ainsi éveillée comme prise par une paralysie du sommeil, asphyxiée par une présence qui ici l’entravait ? Un fait qui lui était déjà arrivé autrefois et qu’elle avait mal vécu, comme chacun de ceux qui connaissait cette affreuse sensation. La panique.

« Bonjour Olivia, ou dois-je dire Mademoiselle Grayson ? »

L’effet était étrange. Il canalisait son plus odieux souvenir, celui du visage du Réanimateur contre lequel, tous alors, sous ces écrans dans le noir, luttaient. Œuvrant à la protection de leur monde, à préserver le Secret. Elle fit une moue déconcertée, peu consciente de la notion de réalité. Ses idées fusaient à mille par seconde, comme si elle était encore piégée dans cet univers de surveillance et dans ses probabilités, dans les actions à faire et les manœuvres à engager sur son tableau de bord. Pourtant, le contact de cette main glacée et des lèvres près de ses phalanges la fit tressaillir. Un mauvais rêve ? Sûrement encore une farce de son esprit trop imaginatif… Mais si criant de vérité dans ces sensations…

« Alors c'est à vous que l'on doit cette mise en scène, Mademoiselle ? Je vous félicite, je m'amuse rarement ainsi de nos jours. Cela change des habituelles mondanités héroïques aux accents désespérés… et puis, à nous deux, nous avons réussi à faire chanter Hitler, n'est-ce pas un haut fait à marquer dans les calendriers ? »

Hitler… Hitler… Chanson du poireau. Elle regarda la cigarette large qui fumait encore et souffla…

« Wow… Je crois que c’est un peu fort pour moi, l’Afghan… »

Un fou rire qui manqua de la faire choir à la pensée d’Hitler et de sa moustache ridicule chanter du Loituna alors qu’elle s’évaporait et reporta son attention sur les mirages des LED scintillantes, fruit de la plus haute technologie et constata l’absence d’Evans dans les dômes et au Cénacle, ses yeux écarquillés. Un battement cardiaque raté, ses mains qui se contractaient alors que se consumait encore la drogue dans ce cendrier… Sa tête tourna en saccades, vers l’homme à ses côtés, ses yeux emplis de démence, peut-être de la plus grande terreur qui lui ait été donnée de vivre. Elle entendit au travers de son oreillette son grand-père hurler son nom et ne put répondre alors que ses yeux se levèrent avec lenteur, détaillant d’abord la forme d’ombre, les vêtements, la stature et la posture, puis le visage de celui désormais à ses côtés. Lui avait été animé d’un rire qui souffla le sien instantanément lorsqu’il avait parlé, la laissant ainsi, chancelante…

Ses mains tremblaient, elle avait serré ses poings sous le coup asséné et ses doigts pâlissaient à vue d’œil tant elle les maintenait. Non, impossible, c’était un mauvais rêve, un cauchemar. Si les probabilités avaient été faibles elles existaient à ce propos mais ce qu’elle avait mis en place à ces fins n’était que trop dangereux aussi, elle avait écarté de millième de ses songes, trop perchée qu’elle l’était avec ses divers dômes et les protections qu’elle avait ouvertes et fermées successivement sur les hommes d’Evans, sur ceux dans lesquels les plans de Diederich et Lowell avaient œuvrés.

« Malheureusement, vous comprendrez aisément que je ne peux pas vous laisser continuer à soutenir les troupes du Cénacle. Vous êtes un atout pour eux, et il va me falloir leur ôter cet atout. Je pourrais vous tuer, mais voyez-vous… je n'aime pas vraiment tuer les humains… vous mourrez de toute façon si vite que ça ne change pas grand-chose, en fin de compte. Et ce serait mal remercier le spectacle que vous m'avez offert que de vous traiter avec si peu d'égard. Je vous invite donc tout simplement à m'accompagner… »

La menace la plus simple, la plus tangible et la plus douloureuse venait de frapper sa nuque d’une lame incandescente. Ses membres vacillaient, son aplomb perdu. Elle se saisit de la bouteille de whisky qui trônait alors aux côtés, versant un verre entier en en mettant partout tant elle tremblait. Qu’importait la propreté des lieux. Elle descendit le verre à grandes gorgées, les larmes de douleur de son œsophage brûlant ruisselant sur ses joues rougies instantanément. Le souffle court, elle pencha la tête vers le sol.

« Merde… »

Souffla-t-elle.

« Merde ! »

Cria-t-elle.

Un instant, la peur n’avait pas été annihilée mais la colère gagnait progressivement la si douce enfant à l’esprit si loin d’elle. Comme un trouble de dissociation. Elle ferma les yeux, penchant la tête avant de vomir sur les chaussures et le pantalon de celui en face d’elle. Les spasmes courbaturaient son estomac fragilisé. Ses paupières s’écarquillèrent et dans ses yeux craintifs s’étaient allumées les flammes de la honte, mais aussi celles de la frayeur la plus grande. Ne pas réfléchir comme les humains. Réfléchir comme ce qu’elle était. Exprimer en ses songes les combinaisons pour le perdre et ne pas savoir ce qu’elle préparait. Des milliers d’informations comme un ordinateur traitait, elle-même se perdait dans un océan douloureux dont l’écume lui montait presque aux lèvres.

Qu’importait si elle devait alors mourir, elle devait tenter de s’enfuir ou de le piéger et l’empêcher de mettre fin au monde connu et se leva, s’échappant de cette prison noire de ses songes. Sa tête tournait, elle gardait sur elle le plus précieux de toute sa console de commande. Comme un bouton de fin du monde sur un socle noir de ténèbres et arriva là où elle devait. Elle appuya et se laissa engloutir par la téléportation : celle qui les mènerait tous deux à une place où ils n’auraient que tant de mal à sortir avant de dire, dans ce noir complet.

« Que veux-tu ? »


**

Lowell avait perdu toute connexion, dans la crainte la plus grande. Son visage avait blêmi, il avait passé la main sur son visage, une larme coula sur sa joue ridée...

Dim 30 Oct - 17:07
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Et bien il ne s'y était effectivement pas attendu ! La couvant d'un regard amusé, il la laissa se débattre avec ses émotions, observant le raclement des rouages sous son crâne comme il aurait observé la vivisection d'une souris en laboratoire. Elle l'amusait décidément beaucoup, ce qui expliquait sans doute qu'il la laisse perpétrer sa fin comme elle l'entendait, trouvant délicieux la virulence avec laquelle elle tentait de protéger ce que le Cénacle lui-même dynamitait depuis longtemps. Il regarda sans bouger, alors qu'elle activait le téléporteur, et pendant un bref instant, tout fut suspendu. L'homme se redressa dans cet univers soudainement figé et vint déposer un baisé sur la tempe de cette jeune fille au répondant intéressant, l'observant de ses yeux profonds, parcourant ce petit corps fragile bloqué entre deux cycles de temps. Puis il se détourna, pianota, modifia, et lorsqu'il fut satisfait, se tourna de nouveau vers sa petite compagne tandis qu'il passait enfin un pied dans le cycle de temps qu'elle avait activé, se laissant happer par la téléportation violente…

L'absolue obscurité ne le dérangeait pas, alors qu'il prenait à son rythme conscience du lieu où elle les avait transporté et qu'un large sourire crochu faisait jour à ses lippes empruntées. Le hall de ténèbres. L'idée était-elle bien d'elle au final ? Et si oui, avait-elle conscience de l'essence de ce lieu où elle était désormais plongée. Non… ça non, très certainement. Elle était là, à quelques mètres à peine, petite flamme de vie qui pulsait doucement dans cet ensemble ton sur ton. La question lui tira finalement un rire et il la rejoignit avec lenteur, le son de ses pas absorbé progressivement par l’acoustique si singulière des lieux. Le silence, enveloppant, l'absence totale et impénétrable de son. De sorte que chaque petit bruit produit par leurs êtres semblaient si étrangers, si terriblement intrusif qu'un ongle raclait le long de la boîte crânienne… Et lui taisait son rire exalté. L'impression de vide tout autours d'eux est familière à son intellect.

« Les mers s'ouvraient, les montagnes tremblaient, et tout s'effritait sous leurs éclats… et pourtant même les plus puissants peuvent tomber, enchaînés, tout au fond du gouffre entraînés, les chaînes si étroitement refermées sur leur rage jugulée…. L'obscurité ils jurèrent d'endurer, le venin de la colère se transformant en désespoir en leurs cœurs par les ans éprouvés. Le désir, dans le noir, finit par les quitter »

Sa voix douce, caressante, s'introduisant sous son crâne et sous sa peau comme un croc d'acier, susurrant à son esprit éprouvé * Toujours proches, mais rien à craindre, même la lumière ne peut s'enfuir de ces lieux *

S'arrêtant à trois mètres d'elle, il conclut, à voix haute : « Le Hall des ténèbres, c'est là où nous nous trouvons. La prison la plus impénétrable du monde de la magie. Un lieu dont on raconte que nul ne s'est jamais échappé… Un lieu craint de tous, un lieu où l'existence même perd peu à peu son sens. On n'y meure jamais, la mort n'est pas entrée ici, elle a oublié son existence, dans son sommeil éternel. Ici on s'oublie lentement, on existe sans raison de le faire, piégé et progressivement figé, jusqu'à ce qu'il ne reste que l'esprit. Puis, même lui s'étiole lentement… dans cet absolut silence »

Il observa les alentours, puis revint à elle, presque compatissant. « Excuse moi, j'ai oublié de répondre à ta question je crois. Ce que je veux ? Je te l'ai dis plus tôt, je voulais ôter un atout à mes adversaires et c'est chose faite. D'ici, que feras-tu ? Rien ne filtre, nous sommes isolés du reste du monde. D'ailleurs puisque nous en somme là je peux bien te confier un détail : Je ne suis pas Anthony Earl. Il est encore dans la chambre du Cénacle »


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Dim 30 Oct - 21:32
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~ Olivia Grayson ~

« Les mers s'ouvraient, les montagnes tremblaient, et tout s'effritait sous leurs éclats… et pourtant même les plus puissants peuvent tomber, enchaînés, tout au fond du gouffre entraînés, les chaînes si étroitement refermées sur leur rage jugulée…. L'obscurité ils jurèrent d'endurer, le venin de la colère se transformant en désespoir en leurs cœurs par les ans éprouvés. Le désir, dans le noir, finit par les quitter »

Seules paroles, chaudes dans la sombreur, dans les ténèbres enfermées. De la crainte, Olivia était passée à un stade psychologique de l’émoi, du choc le plus profond qui mit sûrement en stase ses peurs les plus ancrées, les plus visibles, en sursis, comme si avait été occulté tant de chose comme le faisait un cran de sécurité. Belle tirade issue d’un songe éveillé, perçant les ténèbres opaques dans lesquelles ils se trouvaient.
La voix s’était insinuée, comme on introduit une aiguille dans la chair, pourtant, douce, calme, l’effleurait telle une caresse et comme le son des instruments de musique d’un morceau magistral classique s’intégrait à l’âme.

« Le Hall des ténèbres, c'est là où nous nous trouvons. La prison la plus impénétrable du monde de la magie. Un lieu dont on raconte que nul ne s'est jamais échappé… Un lieu craint de tous, un lieu où l'existence même perd peu à peu son sens. On n'y meure jamais, la mort n'est pas entrée ici, elle a oublié son existence, dans son sommeil éternel. Ici on s'oublie lentement, on existe sans raison de le faire, piégé et progressivement figé, jusqu'à ce qu'il ne reste que l'esprit. Puis, même lui s'étiole lentement… dans cet absolu silence »


Ses yeux se fermèrent, dans ce noir total qui les piégeait tous deux. Elle n’avait plus besoin de ce sens, et regrettait chaque parcelle de sa vie, chacune de ses décisions, mais après tout… C’était ainsi.

« Excuse moi, j'ai oublié de répondre à ta question je crois. Ce que je veux ? Je te l'ai dit plus tôt, je voulais ôter un atout à mes adversaires et c'est chose faite. D'ici, que feras-tu ? Rien ne filtre, nous sommes isolés du reste du monde. D'ailleurs puisque nous en sommes là je peux bien te confier un détail : Je ne suis pas Anthony Earl. Il est encore dans la chambre du Cénacle »

Un sourire insondable s’étirait. Si elle avait été le chat du Cheshire, il se serait affiché à l’infini de fluo sur fond noir.

« Et bien. Deux atouts sont hors-jeu. Si tu n’es pas lui, tu dois avoir sa plus haute confiance pour prendre sa place, son visage. Après tout… J’aurai tout le temps de penser à mes rêves de fantasy, à des dragons ou à tout ce que je pourrais faire piégée dans un corps qui jamais ne meurt... »

Elle s’allongea au sol, les yeux perdus dans le néant, impalpable royaume noir… S’éleva alors sa voix, fébrile et douce, sur une mélodie si peu connue… Dans sa tête résonnaient flûtes, et les quelques notes d’un piano.


« Les cendres éparses du sol froid,
Étalent le vide autour de toi,
Les sons amers au fond de moi,
Chuchotent les sanglots de ta voix.

Quand vit le jour où est l'amour,
Quand meurt la nuit où est l'ennui,
Résiste encore un peu plus fort,
Pour que demain ne soit pas mort.

Les ombres planent un peu plus bas,
Les sueurs remontent les effrois,
Les lueurs demeurent au cœur des vitres,
Sans jamais ouvrir de fuite.

Avec quelles armes défendrais-je,
Le sanctuaire de mes sacrilèges
Si la force de mon écorce,
S'écorche... Quand on la force ?

Les idées passent, les peurs reviennent,
Comme si les pluies diluviennes,
Chassaient les images éclaircies,
Vers un ciel gris à l'infini.

Là où les ailes brûlent au soleil
Si proches de toi, mon éternel,
J'irai décrocher les couleurs,
Qui effacent celles de mon malheur.

Des cendres éparses,
Les idées passent,
Les ombres planent,
Avec quelles armes ?

Irais-je décrocher les couleurs,
Pour que demain jamais ne meure.
Pour que résistent encore plus fort,
Les lueurs qui hurlent dans mon corps ?

J'irai décrocher les couleurs,
Pour que demain jamais ne meure,
Pour que résistent encore plus fort,
Les lueurs qui hurlent dans mon corps... »


Et la mélodie se tut. Elle soupira, comme vidée d'énergie. Elle se perdait, comme un P'tit Biscuit torturé, dans les songes éveillées de son royaume interne... Dérivait alors sa conscience, ailleurs.

Quel dommage... Gâcher ainsi sa vie. Mais après tout, elle n'était pas seule et elle pourrait le faire chier jusqu'au bout. Quitte à chanter juste cette fois, elle lui offrirait un prochain refrain décousu, en un mot, des plus horribles. La torture avait cela de drôle qu'elle pouvait être psychologique et si, jamais elle ne mourrait, il devrait endurer lui aussi jusqu'à l'éternité des chants parfois beaux, parfois paillards, et elle se vengerait bien volontiers en chantant parfois le plus mal possible...

Dim 30 Oct - 22:16
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L'étrange sous la normalité :
Créature, disent-ils, se targuant de le classer, de le comprendre et de l'adresser, pensant, sans doute, ses ailes étriquer, son esprit évincer, par l’appellation écrasée… Il ne l'est pas, ne le sera jamais. Les mots, les noms portent plus qu'ils ne peuvent l'appréhender, et son être au chemin lézardé d'impacts de destins aussi divers qu'altérés, porte déjà l'empreinte d'un concept unique : il est un Aîné, l'ailleurs son royaume par tant de vermisseaux occulté.

Tell me More : Douce et délicate petite chose que le secret, comme les ailes d'un papillon qu'il s'amuse à trouer de la pointe d'une aiguille.
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Un gloussement frivole lui échappa, qu'il dissimula d'une main sur ses lippes, le regard pétillant mais ne répondant pas sur l'instant. Elle était si mignonne, dans cette assurance toute humaine. Cela lui donnait envie de laisser auprès d'elle une partie de lui, pour pouvoir contempler son évolution durant les prochains éons, la voir lentement arriver aux limites de l'esprit humain, au bout de ce que cette race délicate pouvait supporter de l'éternité, puis la voir lentement couler, comme une phalène qui perdrait ses couleurs une à une jusqu'à n'être plus que poussière, puis moins que cela encore. Il pourrait ainsi la voir languir puis se figer, oublier de bouger, puis oublier de respirer, puis voir chaque rêve se tarir et s'étioler, fuir entre ses doigts impalpables pour ne jamais revenir… Un sourire naquis de nouveau, mauvais et doucereux, à ces pensées inspirées. Oui, ce serait un beau spectacle, que de voir ce que cet esprit imaginatif ferait, ses réactions et la saveur de sa désillusion quand tout s'achèverait. Ses pensées rebelles étaient délicieusement rafraîchissantes.

« Tu veux me torturer ? Tutu petite ambitieuse... » Le ton était réprobateur, mais non moins amusé « En réalité je ne suis pas enfermé ici comme toi, cette prison n'est pas faite pour me retenir, elle ne peut contraindre que des créatures terrestres. Moi ? Moi je te tiens simplement compagnie un moment car ils n'ont pas besoin de moi entièrement en haut »

Son sourire se fit enfantin, avant de se fondre dans une petite moue pensive en baissant le nez vers son corps.

« Hm, je n'aime pas beaucoup cette apparence, pour être tout à fait franc. Je suppose que cela ne te dérangera pas si j'en change ? Les mâles caucasiens ne sont pas confortables à porter »

D'une main, il vint cacher la moitié de son visage, plantant les ongles dans la peau et tirant comme il l'aurait fait d'une pelure, écartant la chair lentement, jusqu'à ce qu'elle cède et ne lui reste dans la main. Nonchalamment, la poignée fut abandonnée à terre, et il recommença, creusant dans son propre corps lentement, enlevant la matière mortelle et friable, en tas informes, chassant le sang d'un mouvement sec du poignet avant de recommencer jusqu'à être débarrassé de la majorité de qui l'avait constitué. Les dents tombaient des gencives, les ongles se détachaient finalement, les habits n'étaient plus que lambeau grouillants. Silhouette de matière à vif, déformée, il s'étira quelques instants avant de s'approcher d'elle lentement, parfaitement stable sur des jambes rongées.

S'installant dans l'herbe près d'elle, il laissa son corps se reconstituer, mue par la force de son énergie, lui donnant l'apparence que les fellah avaient adoré voilà des éons, lorsque les dieux s'éveillaient encore paresseusement de leurs bassins bourbeux. Ce qu'il ne pouvait cependant si aisément matérialiser, c'était des vêtements.

« Ah… mes excuses, voilà qui n'est pas correct. Je n'ai pas grand-chose ici pour me faire une mise décente, ne m'en tient pas trop rigueur »

Les tentacules naquirent de sa peau même pour dissimuler le plus outrageant… Satisfait, il vint l'observer de nouveau, avec curiosité, avec malice et amusement. Elle avait un cerveau intéressant, l'image même de ce qu'il affirmait à Hécate encore quelques temps plus tôt. Cette jeune humaine si défiante, elle ne pouvait savoir toute l'ironie que sa petite vie renfermait… mais si elle l'avait su, elle n'aurait probablement plus était aussi amusante.

« Tu chantes bien. Je me demande ce que ta voix donnerait si tu chantais faux ? Oh ! Mais voilà qui pourrait être une idée amusante, pourquoi ne pas chanter ensemble toi et moi ? Vois-tu je suis un être qui s’ennuie très vite en votre petite terre, hors je ne reste en un lieu que si j'y trouve quelque source d'intérêt… Voilà pourquoi je ne t'ai pas tué, d'ailleurs. Morte de quel intérêt serais-tu ? Un corps qui disparaîtrait, une âme reprise par les anges dans ce lieu aseptisé qu'ils appellent paradis…C'est tellement dommage non ? »

Mar 1 Nov - 17:07
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~ Olivia Grayson ~

« Tu veux me torturer ? Tutu petite ambitieuse... En réalité je ne suis pas enfermé ici comme toi, cette prison n'est pas faite pour me retenir, elle ne peut contraindre que des créatures terrestres. Moi ? Moi je te tiens simplement compagnie un moment car ils n'ont pas besoin de moi entièrement en haut »

Les yeux perdus dans le rien, vaste dôme pâle sans contour, Olivia soupirait. Elle maugréait et fermait un instant ses paupières. Après tout, il n’avait pas saisi l’infinité de ses limites, de ses tourments, ni même encore des plans et elle pouvait sans gage se féliciter d’une semi réussite rassurante, finalement. Sans évoquer quoi que ce soit, elle appréciait finalement la compagnie qui s’étiolerait, avant que vibre ce monde à sa disparition. Un songe, guidé par l’esprit prolifique et prodige, les contours d’un monde inexistant qui, en elle, se mouvait. Elle fut sortie des rêves, par d’autres mots. D’autres peines.

« Hm, je n'aime pas beaucoup cette apparence, pour être tout à fait franc. Je suppose que cela ne te dérangera pas si j'en change ? Les mâles caucasiens ne sont pas confortables à porter »

Un simple geste indolent, pour lui indiquer de faire à sa guise. Après tout, même si elle lui avait interdit, il l’aurait fait, quoi qu’il puisse être. Un instant, elle se demanda s’il allait dévoiler sa véritable forme. Auquel cas, lever encore le voile de mystère d’un monde dont elle ne pouvait saisir les fragiles aspects. D’un seul œil à peine ouvert, comme l’enfant qui observait alors qu’il était censé dormir, elle observa l’étrange manigance de cette main qui semblait arracher la peau du visage. Son nez se fronça, remontant dans une moue terrible d’écœurement. Pourtant, créature des réalités alternatives, piégée dans l’insolence des horreurs des médias ou encore du fantastique et des ouvrages sombres, elle ne put détacher le regard de ce corps qui, peu à peu, se délitait. Il se décharnait sans retenue, laissant des morceaux voler çà et là, se répandre au sol comme les shape shifter de Fringe. Fringe, c’était bien ça…

« C’est vraiment dégueulaaaaaasse… »

Elle le regarda s’avancer vers elle, non sans un léger tressaillement de dégoût. Pourtant, la créature n’avait pas attenté à sa vie et elle, étrangement conciliante de sa nature particulière, le laissa ici s’installer, l’observant se recomposer comme un scientifique observe une expérience du bizarre. Ne s’ôtait pas de son visage l’expression de malaise, ses lèvres plissées, ses sourcils froncés, ses narines remontées comme un masque asiatique aux expressions forcées dans l’éternité. Les taches de rousseur n’avaient pas disparu, son visage, aussi pâle, ne put blêmir mais la nausée était tout de même présente à son cœur asphyxié. Et de côté, elle laissait ses prunelles d’azur dériver sur les tissus qui se reformaient, si près.

Après tout, elle portait le même prénom que l’héroïne qu’elle adorait… Dunham aurait été forte, et n’aurait pas cillé. Mais elle n’avait point de Peter ou de Walter pour venir ici l’aider… Alors, elle devrait s’en accommoder.

« Ah… mes excuses, voilà qui n'est pas correct. Je n'ai pas grand-chose ici pour me faire une mise décente, ne m'en tient pas trop rigueur »

Et ses mires céruléennes se posèrent à l’aune des mouvements, de la construction étrange et éphémère, faites maintenant de… Tentacules sur un corps enfin composé, plutôt agréable.
Un fou rire innommable vint à déchirer ses tripes, elle dut se redresser pour ne pas s’étouffer si, dans cet antre, elle pouvait encore le faire. Des larmes coulèrent de ses joues à mesure des spasmes qui l’agitaient. Elle ne put oublier l’image des hentaï japonais, ni les extraire de sa mémoire et en demeurait presque horrifiée elle-même d’y avoir songé.

« Je ne sais pas ce qui est le plus incommodant : voir des tentacules ou un sexe humain… »

Et le fou rire reprit de plus belle, avant de se tasser. Elle pensait maintenant à un Ursula, modèle crossgenre, comme ce dessin d’un célèbre artiste de la toile. Plutôt agréable finalement, des muscles déliés. Mais elle se calma rapidement, et soupira, se trouvant à l’instant finalement, fort bête.

« Tu chantes bien. Je me demande ce que ta voix donnerait si tu chantais faux ? Oh ! Mais voilà qui pourrait être une idée amusante, pourquoi ne pas chanter ensemble toi et moi ? Vois-tu je suis un être qui s’ennuie très vite en votre petite terre, hors je ne reste en un lieu que si j'y trouve quelque source d'intérêt… Voilà pourquoi je ne t'ai pas tuée, d'ailleurs. Morte de quel intérêt serais-tu ? Un corps qui disparaîtrait, une âme reprise par les anges dans ce lieu aseptisé qu'ils appellent paradis…C'est tellement dommage non ? »

Et ses yeux se firent plus pressants. Elle, athée, qui ne pensait aucunement à autre chose que d’alternatifs présents lorsqu’on lui mentionnait des Dieux païens qu’elle affiliait à des créatures simplement supérieures, comme dans Supernatural, mais maintenant, les anges et le Paradis… Cette existence était folle. Elle regrettait de ne plus pouvoir jamais regarder sa série préférée, encore moins d’en connaître la suite. Une légère mélancolie la prit alors qu’elle se tenait ainsi sur ses genoux, peut-être médusée d’un drôle de compliment qui faisait tâche à ce moment.
Un faible sourire s’étira, les yeux perdus dans le néant, sur les touffes d’herbe qui n’avaient peut-être aucune autre existence que son esprit. Après tout, toute main tendue se devait d’être saisie…

Un seul air lui vint, lui faisait frissonner encore les épaules d’un rire qui allait naître… Il voulait savoir ce que c’était un horrible chant ? Elle pinça sa gorge, afin d’adapter un affreux timbre de vieille. Elle ne pensait qu’à ce morceau, au vu de cette silhouette devant elle, des paroles qui lui seyaient si bien, finalement…

« Je n'ai pas toujours été gentille et sincère,
J'ai vraiment mérité le nom de sorcière.
Mais vous verrez qu'aujourd'hui, je suis bonne avec autrui,
Repentie, j'ai voulu faire marche arrière.

Oui ? Oui !

Il est vrai que je connais un peu de magie,
C'est un talent que j'ai toujours possédé.
Qu'aujourd'hui par bonté d'âme, j'ai mis, je le proclame,
Au service de tous les cas désespérés.

Pathétique !

Pauvres âmes en perdition,
En mal de tout.
Cette âme-là rêve d'être un squelette,
L'autre cherche une amourette,
Et moi qu'est-ce que je dis ?
Je dis oui !

Toutes ces âmes en perdition,
En mal de tout.
Elles débarquent dans mes chaudrons,
En braillant : "Ursula sauve-nous",
Et moi j'accepte, quelle question !

Il est tout de même arrivé,
Que l'une ne puisse pas payer,
Et que j'avoue l'avoir fait frire, sans compassion.

C'est vrai que j'ai eu des plaintes,
Mais tout compte fait, je suis une Sainte !
Pour toutes les âmes en perdition !

Ah, je peux dire que les Humains n'aiment pas les pipelettes,
Qu'ils pensent que les bavardes sont assommantes !
Que lorsqu'une femme sait tenir sa langue,
Elle est toujours bien plus charmante,
Qu'après tout à quoi ça sert d'être savante ?

En plus, ils ont une Sainte horreur de la conversation,
Un gentleman fait tout pour l'éviter.
Mais ils se roulent et rampent aux pieds de la femme réservée,
C'est la Reine du silence qui se fait aimer !

N'aies pas peur,
Pauvres âmes en perdition,
Décides-toi, fais ton choix !
Je suis une femme très occupée,
Et je n'y passerai pas la journée.
Ça ne te coûtera ... que ta voix !

Ma pauvre âme en perdition,
En mal d'amour.
Si tu veux vraiment passer le pont,
Faut payer l'addition.
Avale bien, respire à fond,
Signe le contrat et mets ton nom.
Flotsam, Jetsam, je la tiens les enfants,
Je complète ma collection,

D'une pauvre âme en perdition ! »


Lorsqu'elle termina, dans un éclat de rire, elle rajouta.

« Est-ce ta forme ? N'en as-tu pas une plus naturelle ? Pourquoi veux-tu nous ressembler au lieu d'être toi-même ?»

Mar 1 Nov - 19:21
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L'étrange sous la normalité :
Créature, disent-ils, se targuant de le classer, de le comprendre et de l'adresser, pensant, sans doute, ses ailes étriquer, son esprit évincer, par l’appellation écrasée… Il ne l'est pas, ne le sera jamais. Les mots, les noms portent plus qu'ils ne peuvent l'appréhender, et son être au chemin lézardé d'impacts de destins aussi divers qu'altérés, porte déjà l'empreinte d'un concept unique : il est un Aîné, l'ailleurs son royaume par tant de vermisseaux occulté.

Tell me More : Douce et délicate petite chose que le secret, comme les ailes d'un papillon qu'il s'amuse à trouer de la pointe d'une aiguille.
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L'existence était une question humaine, une question qui se posait en permanence, parfois même sans qu'ils ne le sache eux-mêmes. Le microcosme de leurs atomes sourdait de cette question, le mécanisme de leur biologie balbutiante vibrait au son continuel de l'interrogation posée à l'éternel. Liés par leurs sens étriqués, par l'ébauche d'esprit qu'on leur avait attribué, ils erraient à la surface d'un monde à peine appréhendé sans but réel si ce n'était réagir à un instinct viscéral, poussé par ce qu'ils nommaient leur horloge interne. La certitude implantée jusque dans leurs âmes que leur présence était compté et qu'ils étaient… vides, vides de la seule chose qui comptait réellement. Combien d'entre eux dissertaient sur l'infinie de l'appétit humain, sur l'impossibilité de combler leurs désirs ? Ils ne comprenaient pas. Ils n'étaient pas faits pour comprendre. Peut-être pas encore ? Mais il savait la fin de cette histoire et les balbutiements qui la pavait, les péripéties qui la secouait, n'étaient que d'agréables distractions auxquels il acceptait de se livrer, comme un spectacle lui permettant d'habiller une part de son éternité. Tout cela, toutes ces farandoles, ce qui était, pour eux, des drames ou des horreurs, des joies et des bonheurs, tout n'était qu'une parcelle d'un très long chemin, dont il prenait chaque moment sans chercher à en faire autre chose que ce qu'ils étaient effectivement… des instants éphémères d'intérêt dans un couronnement d'éternel intellect.

Mais d'une donnée fortuite, celle d'un temps humain, on avait en ce lieu singulier construit un ensemble unique et subtile, une prison dont la substance n'était justement, que jusqu'à un certain point. Son regard perçait au travers du voile de ténèbres, graciant les formes outragées et figées en des positions grotesques, éparpillées dans un champ qui n'en avait lui-même que l'apparence, et cette apparence n'était-elle même qu'une perception d'une autre construction jusqu'à l'essence du sortilège gigantesque qui les entourait. Le Cénacle pouvait dire ce qu'il voulait, mais ce lieu n'était pas une de leurs créations. Il s'agissait de quelque chose de naturel, de préexistant… qui lui rappelait d'agréables souvenirs. Puis soudainement, elle chanta de nouveau, attirant une attention volatile. La petite sirène, de Disney, et la chanson d'Ursula la sorcière des mers. Bien sûr qu'il connaissait. Ça aurait été dommage qu'il n'étudie pas les passe-temps des humains non ? Et le rythme était plutôt agréable, les paroles amusantes, ironiques quand on y pensait bien car après tout, les démons n'étaient pas les seuls à pouvoir passer des contrats. La petite Alice lui revenait en mémoire, pauvre oiselle là dehors, qui n'avait aucune idée de ce qui lui arrivait vraiment, qui se raccrochait aveuglément aux promesses d'une créature pourtant si prévisible.

Ah les démons…

« Vous ressembler ? Tu ne t'ai jamais dis que c'était peut-être vous qui ressembliez à d'autres êtres, plus anciens ? »

Il se mit en tailleur, coudes sur les cuisses, ses tentacules bougeant de temps en temps pour se réarranger, certaines s'étirant paresseusement le long de sa chair avant de s'enrouler de nouveau. Forme, naturelle, ressembler, des mots humains traduisant des pensées humaines, les pensées d'un oisillon qui ouvrait de grands yeux devant une lueur venue d'ailleurs. Ailleurs. Elle était curieuse, candide, mais dans son esprit, il y avait plus que cela. Il y avait plus qu'une simple question lancée à la cantonade.

« En vérité, c'est exactement ce que vous êtes, des copies. Des… ressemblances. Mais tu as raison, ce n'est pas non plus moi que tu vois là. Ce n'est pas ma volonté, d'adopter un tel corps. Il y a longtemps, j'ai été enfermé dans de la chair humaine, une prison comme une autre et la force qui m'a infligé cela était de celles que je ne pouvais réfuter. Ainsi jusqu'à ce que je trouve la clef qui me délivrera, je dois marcher dans cette enveloppe friable... »

Et pourtant, en comparaison des naissances de cette planète, il restait infiniment fort, sans que ce concept même ait une réalité. La chair limitait sa dominance, ses pouvoirs, mais cette limite même, qui n'avait d'existence que pour la matière terrestre, humaine, restait impuissante à faire de lui autre chose qu'un seigneur incontesté des espaces stellaires.

« Je ne peux pas te montrer ce à quoi je ressemble, d'ailleurs tu ne le comprendrais pas. Tes sens ne suffiraient pas, tu deviendrais folle. Puis tu mourrais sans doute. Ces deux états semblent souvent se corréler chez vous quand vous découvrez mon être…. Mais je peux à tout le moins te dire le nom par lequel on me connaît en ton monde et en d'autres »

Il eut un sourire agréable, bien que quelque chose, une empreinte indéfinissable, fasse frémir la trame autours de lui, tendue dans son attente horrifiée, le cœur même du monde n'osant battre à ses côtés. Il y avait une entente mutuelle, une compréhension intuitive qu'ils partageaient, presque fraternelle. Et elle, le monde, ne respirait pas quand il édictait.

« Howard Lovecraft me nommait le Chaos Rampant. Je suis Nyarlathotep, et je ne rampe pas. Mais l'on m'adore encore, en bien des lieux, et dans bien des cercles. Et mon enseignement berce votre civilisation moderne depuis longtemps… »

Dim 13 Nov - 9:58
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~ Olivia Grayson ~

« Vous ressembler ? Tu ne t'es jamais dit que c'était peut-être vous qui ressembliez à d'autres êtres, plus anciens ? »

Une lueur éclaira les yeux azurite, jusque là perdus dans un océan blanc. Elle se redressa d'un bond, sur ses coudes. Avait-il la réponse à la grande question sur la vie, l'univers et le reste ? Et pourtant, dans ce moment de flottement où elle aurait voulu lui poser trouze milliard de questions les plus étranges ou les plus complexes, elle restait simplement, les lèvres entrouvertes, les yeux écarquillés.
Des copies, ainsi étaient-ils, descendants ou créations de Dieux ou d'autres formes de vie plus anciennes ?
Les théories emplissaient tant son crâne, à propos de ces histoires de big bang, d'évolutionnisme, ou même de l'hypothèse farfelue mais poétique émise par ce film un peu pourri qu'était ce préquelle d'Alien.

Elle le regardait avec une toute fascination et à ce moment, peut-être même que lui se serait perdu s'il avait lu en elle comme dans un livre. Il aurait pu comprendre ce que signifiait alors la dyslexie, tant les images, formes et concepts se brouillaient.

Puis c'est là qu'il lui dit.

Il était le chaos rampant.

"OH MON DIEU !!!!!!!!!!!"

Elle se leva, prise par une sorte de crise d'hystérie à nulle autre pareille.

"OH MON DIEU C'EST ENORME !!!! TU EXISTES !!! OH MON DIEU... OH MON DIEU... !!!!"

Elle se tenait le visage, serrant de toute sa force ses joues pour ne devenir qu'une copie de The Scream d'Edvard Munch. Et elle le regardait ainsi, avant de s'approcher brutalement et de se mettre à quatre pattes, à son niveau, fixant son corps mi poulpe, mi humain et re mi poulpe derrière, de ses yeux éberlués.

"Putain c'est awesome. Je suis en face de "lui". Oh mon dieu. Oh mon dieu. C'est trop cool."

Certains auraient pu trembler de frayeur, mais son côté rudement fangirl et perché - quelque peu aidé par les effluves de THC inhalées - n'aidaient pas. Elle tremblait peut-être d'une peur contenue, mais aussi d'une excitation palpable, comme si on lui avait appris qu'en vérité, le père Noël existait.

Mais lui aussi, existait.

"Oh mon dieu. Chtulhu existe ? Et... Et... Oh mon dieu."

Elle se remit sur ses genoux, et réfléchit tout en continuant de fixer les tentacules.

"En fait on est dans la merde..."

Elle se gratta le menton, puis l'arrière du crâne encore quelque peu douloureux à cette fraîche cicatrice, dissimulée sous les cheveux qui, à cette place, n'avaient pas été rasés.

"En fait... Tu as 99,4% des hommes qui deviendraient fou d'apprendre votre existence et 73.5% de chances que les hommes trouvent un moyen de vous faire une guerre violente... Si en terme de puissance vous êtes supérieurs, vous êtes tellement peu nombreux... Après tout, les fourmis peuvent bien dévorer une bête entière lorsqu'elles sont en colonie. Et je comprends le concept pour la forme, j'ai bien bouffé du Lovecraft, depuis le MIT."

Et une autre question germa. Elle aurait dû être tétanisée comme elle l'avait été en lisant ces histoires horrifiques et, pourtant, elle n'en ressentait rien. Du moins, ce poids ne lui était pas venu ni n'oppressait son cœur ou son estomac. Seule demeurait l'avidité de connaissances, qui balayait le reste.

"L'as-tu connu, Lovecraft ? Comment était-il ??? Comment a-t-il su ? Etait-il un homme du Secret ?"

Et tant d'autres encore.

"Et les hommes sont les descendants de qui ? De quelle forme de vie ? Le big bang existe-t-il ? L'évolution est-elle réelle ou une simple théorie qu'on nous fait passer pour vraie et véridique ? Et y'a-t-il d'autres formes de vie dans l'univers ? Si oui..."

Et les questions n'arrêtaient plus. Après tout, n'était-il pas compréhensible que toutes ces choses sans réponse puissent en avoir une, ne serait-ce que pour une seule personne dans le monde ?

"Si tu me réponds 42, je boude."

Jeu 8 Déc - 11:06
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Un fin sourire moqueur naquit à ses lèvres brunies, la malice presque enfantine en l'instant et d'affection lacée, ces expressions, calquées sur des visages humains, empruntées à des cœurs ayant réellement palpité, étaient parfaitement retranscrit sur ses traits, comme si, réellement, elles lui appartenait. Impossible de ne pas la taquiner devant cette attitude candide, par la drogue provoquée, et par l'irréalisme cultivé. Impossible de ne pas attraper un bâton aussi simple mais aussi juteux, bien qu'il manqua d'ampleur. Ce n'était qu'une boutade pleine de camaraderie qui fusa de sa bouche alors qu'il luttait pour ne pas pouffer : « 36 ? » Et bien quoi ? Ce n'était pas 42 après tout. Et si ça ne faisait rire que lui, c'était déjà bien assez, il n'était pas du genre à penser aux autres, sauf quand il avait un intérêt à le faire.

Rien autours d'eux ne changeait, cet endroit était… d'un ennui mortel. Même s'il ne pouvait être affecté par la magie des lieux, il était certain qu'il serait capable de dépérir d'ennui, spirituellement, sans pouvoir opposer de résistance, s'il décidait de rester. Ce lieu était vraiment la pire torture qu'un esprit terrestre puisse imaginer. D'ailleurs, ce n'était pas un esprit terrestre qui l'avait imaginé. Ils imaginaient peu de choses, au final, car leurs cerveaux n'étaient pas capables de dépasser l'espace tridimensionnel qui était le leur. Il était absurde de demander à un intellect de se figurer quelque chose qui était hors de sa portée, à une taupe de se représenter le ciel et la stratosphère. Ainsi, il était tout aussi absurde de demander à la race humaine d'imaginer plus que ce que la terre lui offrait.

« Tu as beaucoup de questions. Mais que représentent-elles pour toi ? Quelle valeur peuvent-elles revêtir ? »

Si elle les énonçait si aisément, avec tant de facilité, oublieuse des conséquences qu'un marché avec lui aurait, pouvait-elle réellement croire qu'elle serait un terreau à davantage, qu'une fois rassasiée elle agirait, irait plus loin sans se contenter de ce qu'elle acquérait. Il ne comptait pas répondre pour le simple plaisir de divulguer, ce genre de gratification lui était passé depuis belle lurette. Refrénant son sourire, il décida donc de ne se défaire que des informations les moins importantes, carotte pour une mule.

« Lovecraft était pareil, en un sens. Oui, je l'ai connu, en fait, je suis venu à Last-End pour lui. C'est amusant comme tout le gratin de l'Envers finit invariablement par atterrir ici. C'est vrai ! Et puis ça ne date pas d'hier, je crois qu'à l'époque de l'Empire romain c'était déjà le cas. Les livres d'histoire des humains n'en parlent jamais cela dit… la plupart du temps ils étaient trop occupés à se taper dessus pour remarquer ce qui se passait »

Il réarrangea les tentacules autours de son corps avec un soin méticuleux, les traits modulés sur la concentration, comme si la peau parcheminée et légèrement gluante eut été un tissu soyeux. Puis, lentement et pensivement, il reprit, écoutant dans le lointain les pulsations émanant de son être entier, rattaché à toutes ces formes de vie qui s'ébattaient en haut.

« C'était un homme… intéressant, du moins pour certain. Pas du tout en phase avec son temps, asocial, et cynique. Mais un visionnaire, ça je ne peux que l'admettre ! Il avait déjà vaguement conscience de ce qui se trouvait au-delà des sens humains quand il a croisé notre route, et alors impossible de le détourner de nous » Il fit la moue, boudeur « Disons qu'il était à la fois amusant, visionnaire, bien trop intelligent pour son propre et bien et fichtrement têtu. C'est rare, de trouver un humain aussi pragmatique et terre-à-terre... » Son regard se fit sombre, mauvais, et sa bouche se tordis de malice tandis que les étoiles pétillantes de ses prunelles chantaient une joie malveillante.

« Tu l'as déjà croisé, d'ailleurs. Enfin, son âme, dans son nouveau corps. L'autorité Vaticanne l'a réincarné. Mais évidemment il ne dit à personne qui il est. Je pense que tu as dû croiser au cours de ton existence plus de célébrités historiques que tu ne pourrais le penser d'ailleurs… les anges adorent renvoyer sur terre les 'grands' humains »

Mais le cas de Lovecraft était particulier et Isha Carter ne lui échapperait pas. Il comptait bien mettre le tentacule dessus et ne plus le lâcher… après avoir expédier les lambeaux de Pryam Earl aux quatre coins des galaxies connues, avec tout ce qui le constituait jusqu'à son archétype initial. Ainsi, il démentirait une partie de ce qu'avait affirmé Lovecraft, mais qui était pourtant exacte : les 'dieux' extérieurs ne considéraient pas assez l'humanité pour exercer une quelconque forme de vengeance à son égard. Pryam pourrait donc se targuer d'être l'exception à cette règle.

« Tu as également croisé l'héritier d'Adbul Al'Hazred. Lui aussi était un homme très spécial. Mais il était plus subtile et intelligent que Lovecraft. Ça lui a beaucoup coûté »

Et ça continuait de lui coûter en vérité.

« Quand à savoir s'il existe d'autres formes de vie dans l'univers, tu me vexes ! Je suis là devant toi non ? Crois-tu que je sois une création terrestre ? Vous appelez les cercles de ma naissance 'Aldébaran' »


Dim 18 Déc - 19:18
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~ Olivia Grayson ~

Ce qui pouvait sembler cocasse, si l’idée fut permise de la relever, c’était qu’un être aussi insignifiant, aussi petit qu’un insecte aux yeux d’une entité, puisse discuter tranquillement et écouter le trait d’humour de Nyarlathotep, tous deux affalés dans l’herbe tandis qu’il avait pris une forme à demi poulpesque. Nul doute que pouvoir l’évoquer ailleurs n’aurait eu aucun sens, à moins qu’Olivia ne soit déjà en train de se balancer dans une salle capitonnée, entourée d’une camisole et sous l’emprise des substances, déjà diagnostiquée comme /insérer ici la maladie mentale adéquate/ et en train de purement et de simplement délirer. Ou encore à moins que ceci ne fut qu’une fable racontée par deux esprits dérivants totalement en profond hors sujet, eux-mêmes à éventuellement suivre de près par un psychiatre compétent.

Ce fait n’en était pas moins qu’une bénédiction pour Olivia qui avait tant envie de rire qu’elle préféra s’allonger, les yeux vers le rien ou du moins vers ce que son esprit lui dictait, alors que d’étranges pâquerettes vinrent à apparaître autour de sa tête et partout sur ce sol verdoyant. Par introspection momentanée, elle se pensa déjà devenir folle à lier mais profitait de l’instant. Quoi de plus fabuleux, même si ce n’était pas vrai et que tout soit produit par son esprit, que de discuter avec l’âme de Tous ?...

Et avec calme, placide comme les eaux d’une mer d’huile par un été sans vent, elle l’écoutait lui parler de Lovecraft, de ce qu’il était. Elle vivait presque un rêve éveillé aux mentions de réincarnations qui avaient été omises par son grand-père. Une révélation presque aussi inconcevable où le moindre de ses rêves, la moindre de ses espérances pour ce qu’ils étaient en tant que créatures de conscience, prenait corps et une toute autre réalité.
Elle eut envie de pleurer, sous les émotions assaillantes des vérités. Les pensées fusaient par milliers, pulsaient comme ce qui se trouvait au creux de sa tête et qui n’y avait pris que récemment place. Olivia, « la fâme » ni femme ni enfant, loin des considérations genrées ou sociales, créature perdue depuis l’enfance dans l’onirisme comme unique refuge, était déstabilisée. Et tout à la fois profondément touchée, flattée et si ce n’était malgré sa captivité, finalement, de pouvoir capter l’attention de choses encore plus grandes que le monde lui-même.
Comme dans le livre le plus borderline qui aurait été écrit par l’esprit le plus fantasque, tous les mythes coexistaient qu’ils fussent des mythes religieux avérés, les fables des hommes et leurs contes de légendes, tout comme ce qu’on croyait comme être de simples inventions de l’esprit humain.

Et quelque chose la frappa de plein fouet. Le rien du genre humain, sa petitesse. N’étaient-ils pas capables d’inventer par eux-mêmes comme elle avait pu le faire ? Mais si elle-même était conditionnée par ses propres mythes, issus eux-mêmes des légendes existantes, n’était-elle pas plus insignifiante que ce brin d’herbe qu’elle portait à son nez, fraîchement décroché ?
Peut-être que cela était dû à un taux hormonal en pic, compte tenu de cette lisière si fragile qui conditionnait la reproduction humaine, mais elle était maintenant en colère, assaillie qu’elle était par trop d’interrogations et, finalement, si peu de réponses alors qu’elle en avait déjà tant trouvées…

Et l’âme humaine prenait alors tout son néant.

Des légendes les plus belles comme les plus laides, du livre du Diable en lui-même dont elle apprenait la véritable existence, du moins celle avérée par l’existence de son écrivain fictif, comme l’existence des anges. Des mains guidées par les soies d’un destin ou par les fils de marionnettistes  infâmes. Qui étaient-ils, encore une fois ? Qui étaient-ils tous ceux-là ?

« L’alpha du centaure. J’aurais cru que tel monstre ne puisse jamais représenter quelque chose de viable. »

Elle avait poussé un soupir perdu, perplexe qui se perdait dans un infini de rien. Si loin et si proche pour que les hommes aient pu l’observer.

« Ce que savoir représente aux yeux des hommes peut être pour certains source de pouvoir, d’argent et de plaisirs immédiats. C’est aussi pour cela que je chéris ce que demeure encore le secret car il me donne l’impression d’exister autrement que comme des milliards et des milliards d’autres avant moi… Quant à moi… »

Mais la question demeurait d’une complexité que même les mathématiques les plus avancées n’auraient su déceler.

« 42. »

Etait ainsi la réponse à tout. La seule qu’elle ait pu émettre, sous forme de blague, encore une fois, à défaut de savoir exprimer l’immensité que ce savoir pouvait représenter. Qu’il répondait en outre à toutes les questions à propos de l’existence de l’homme et la problématique demeurait : elle ne pouvait pas choisir si peu de questions à son égard alors que tant d’autres naissaient à la seconde, que s’entrechoquaient les concepts et les mystères, passant de l’existence des licornes au but de l’existence de l’homme, du fait qu’ils possèdent une âme, non un noyau, et pourquoi les noyaux, et pourquoi les nexus, et pourquoi l’évolution, et comment d’ailleurs, et comment le big bang pour arriver à encore plus grand ! Pourtant, face à ce flux aussi violent qu’un raz-de-marée, Olivia ne cillait. Elle demeurait le regard vers le loin, tendant la main vers un mirage au-dessus d’elle.
La jeune femme ne prêtait pas considération à certains besoins humains et elle se savait différente, mais tout à fait similaire à beaucoup de gens comme elle. Les différences de chaque existence et l’immensité séparant les concepts ne pouvaient être exprimés, pas avec ce que les hommes considéraient comme déités pour leur puissance et leurs savoirs. Alors à quoi bon ?

« Sa valeur est inestimable. Tout comme la vie et le fait qu’on puisse être à ce moment temporel, à cet emplacement physique – ou pas – en train de discuter comme de vieux potes. Peu des miens ont profité de leurs maigres découvertes de leur vivant, nombreux sont ceux qui en sont devenus fous ou sont morts dans la misère sans que leur génie ne soit vu et c’est peut-être ce secret que vous ne saurez jamais percer. Autant elle peut être corrompue, autant elle peut être aussi brillante qu’une étoile et plus pure que ce que vous-mêmes pouvez voir, c’est ce qu’est l’âme humaine et c’est pour cela qu’elle est aussi précieuse pour certaines créatures. Et je pense que vous n’ayez vous-même pas les réponses à cette grande question alors… Autant la valeur de certaines réponses est inestimable à mes yeux comme à mes pairs, autant mon âme et celles de chacun des humains, si petits sommes-nous, l’est aussi... Alors je n’aurai pas besoin de poser encore des questions idiotes. Je te laisserai y répondre si tu en as envie. Tu sais bien quelles questions trottent dans la tête des miens depuis la création… Je ne suis rien de plus qu'un parmi tant d'autres. »

Mer 21 Déc - 19:43
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Il écoutait sans rien dire, sur l'instant, écoutant cette petite âme pulser et piailler, et il se demandait distraitement si, comme les poissons rouges, elle grandirait en fonction de la place qu'on lui laisserait. C'était là un concept auquel il n'avait jamais songé jusque là mais pourquoi pas ? Peut-être était-ce vrai. Hélas, n'étant que peu affin des âmes, il ne pouvait que s'en remettre à son propre conseil : demander directement au créateur de ces petites choses étranges. Puis, lentement, son sourire se fit crochu, et paternaliste tout à la fois. C'était bien le propre des humains que d'affirmer des idées sur des concepts dont ils ne connaissait strictement rien. « Et les âmes que tu valorises tant ne sont finalement que très semblables. Mais je vous trouve tout de même plus intéressants que les créatures. Elles sont orgueilleuses, les créatures, bien plus que les humains et pourtant vous êtes parfois de sacrés cas d'école ! Elles pensent qu'elles vous sont supérieures parce qu'elle sont plus fortes, plus vieilles, qu'elles maîtrisent beaucoup de magies… Elles pensent voir au-delà de vous, la bonne blague » Il gloussa doucement, faisant s'agiter ses tentacules, pris de bonne humeur pendant un bref instant. Il fallait dire que ça lui semblait véritablement être un gag que l'attitude générale de la communauté du Secret. Mais autrement, comment attendre autre chose d'eux ? Ils vivaient avec leurs illusions, comme les humains. La seule différence, c'était le sentiment général d'insatisfaction des petits derniers terrestres en comparaison de leurs aînés. Il y avait un creux dans le cœur humain mais ce n'était pas étonnant quand on savait d'où ils provenaient.
« Savais-tu qu'en vérité, je n'ai que faire des âmes humaines ? Ce n'est pas ce qui m'intéresse chez vous… mais vous ne pouvez faire sans. Si on vous enlève votre âme, vous devenez moins drôles, moins intéressants… Et je m’ennuierais alors terriblement »

Oui, il n'aurait vraiment plus rien à attendre de la terre, sans le chaos que les humains entretenaient. Se redressant, il s'étira et tendit ses milliers de sens et d'existences au travers de la réalité du lieu vers le haut, semblant un bref instant écouter ce qui se murmurait, et hochant doucement la tête, il ne cacha nullement son air satisfait. Tout se déroulait à merveille, là-haut, il pouvait bien encore paresser un moment. Au moins le temps que Nikolaïs fasse son choix.
« Et si je te contais une histoire ? »
La réponse semblait si évidente qu'il entonna doucement sans attendre. Et il parla un long moment, répondant parfois à ses questions, et quelques fois, la troublant davantage, ou esquivant simplement. Lui aussi avait sa petite théorie quotidienne sur les raisons qui animaient l'humanité. Ou… quoi que cela soit, si ce n'était pas de la raison, d'ailleurs. Peut-être n'en était-ce pas. Peut-être était-ce autrement chose. Pouvait-on leur attribuer le mérite de la raison ? Oui et non, sans nul doute. Et peu importait, en fait. Elle ? Elle continuait de le questionner, et il finit par rire à nouveau en élevant les mains, pour la tempérer.
« Doucement, doucement »

Il n'allait pas pouvoir rester bien longtemps à présent et se relevant, il regarda autours de lui puis soupira, de toute évidence déçu.

« Et bien non, il n'y a vraiment rien ici qui me permette de m'habiller correctement, je suppose que je vais devoir me changer une fois là-haut... »

Lui faisant une moue friponne, il poursuivit, posément :

« Les choses sont entrain de se dénouer, là-haut. Anthony Earl est entré dans l'histoire, en cet instant. Je vais devoir te laisser ma chère, au moins pour un moment… J'ai un Fürher à récupérer avant qu'il ne se transforme en glaçon. Il a déjà mauvais caractère sans cela »

Son corps devint à demi translucide, puis se mit à briller, changeant de nouveau, perdant de sa netteté jusqu'à n'être plus qu'une nébuleuse brillante qui s'éleva et disparut bientôt. Oui, il devait récupérer son champion avant qu'il ne soit emporté. Mais il ne comptait pas rester. Les minutes défilèrent, s'écoulèrent… jusqu'à ce qu'une trouée s'ouvre dans les ténèbres et qu'avec une onde de choc, une forme humaine soit déposée à terre, inerte. La trouée se referma, emportant la volonté et le bruit… ne laissant que l'inconnu aux traits pourtant familiers. Le Réanimateur.


Sam 11 Fév - 19:51
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~ Olivia Grayson ~



Qu’aurait-elle eu à raconter, si elle sortait vivante du néant ? Aurait-elle pu être confondue avec les fous, ceux que l’on enfermait en cages capitonnées, solidement enserrés dans de lourdes camisoles ? L’envers la croirait mais, il était certain que l’endroit la piégerait. Tant de choses qu’elle écoutait, au regard fixé sur cette créature semblant étrangement si calme, si sage.
Quel combat menait-il ? Aucunement celui de l’animosité.

Dans le silence des pauses et des soupirs, Olivia pensait. Ses sourcils s’étaient froissés, froncés. Les questions lui brûlaient les lèvres et pourtant, encore, elle écoutait. Elle ne pouvait rompre le moment, passé à entendre une Entité bien vivante, bien présente. Et pourtant, nulle peur ne l’étreignait. Celle-ci s’était dissipée bien loin, derrière un voile brumeux d’ancienne sagesse.
Il était évident qu’il n’avait que faire des âmes humaines, ni même que la vie des humains pouvait avoir un prix pour lui. Mais quel prix pouvait avoir son existence, à lui, créature oubliée de tous sauf des siens et du Secret ?
Si elle, comme ses pairs, demeurait Oublié, fourmi parmi les fourmis, rejetée des siens malgré tout, est-ce que sa propre douleur n’avait-elle pas de mot ?
Valait-elle mieux que les insectes qui se trouvaient sous ses pieds d’enfant cruelle et qui, autrefois, les écrasait sans ciller ?

Une forme d’immensité prit son cœur à mesure de toutes les vérités qu’il annonçait, comme anciennes prophéties jusqu’ici oubliées. Ni elle, ni les sorciers, ni les autres n’étaient rien dans cet univers si vaste et si étriqué mais… Ainsi, quel combat était le sien ? Celui d’être reconnu par des milliers de fourmis ?

Les questions se chevauchaient entre réponses et hypothèses, autres nuages de poussière éternelle soulevés à mesure des idées, des songes éveillés. Mais elle ne put lui demander. S’il avait compréhension du Tout, qu’importait son avis et ses interrogations ? Aurait-elle elle-même répondu à la fourmi gracile, piégée entre ses doigts rosés ?

Un instant, elle demeura coi, muette d’une forme de privilège immense qu’elle ressentait. Nyarlathotep lui parlait. Il communiquait avec elle, lui dévoilait tant et à la fois si peu, des ouvertures sur le monde comme elle n’en avait jamais entendues et des réalités qu’elle ne pourrait jamais jusqu’à sa mort exprimer. Ses lèvres s’asséchaient, prises par une soif incontrôlable de savoir qui ne pourrait jamais tarir. Un puits se creusait en elle et demeurerait…

Vide à jamais.

Elle réagit, enfin sortie de son marasme, posant les milliers de questions qui lui passaient en tête, rétorquant à chacune des Vérités – qui ne se composaient pas que du nombre 42 – il avait pu proférer. Elle sentait le temps s’écouler. Elle le sentait glisser entre ses doigts comme l’eau s’échappe et demandait, sollicitait plus que de raison comme si ce vide pouvait à peine être empli avant qu’il ne s’estompe…

Puis… Il prit congé, la laissant ainsi, silencieuse, le regard empli d’une mélancolie immense, la lèvre frissonnant encore de ce besoin irrépressible de « Demander ». Mais demander quoi encore ? Tant d’informations venaient se bousculer en ses esprits qu’elle faillit en perdre la tête. Qu’elle demeurait catatonique, essayant de remettre en ordre ce qu’elle avait appris, de cette discussion dont la majorité resterait inconnue à tous en ce monde…

Et il disparut, auréolé d’une lumière aveuglante avant que ne retombent les ténèbres desquelles jaillit une forme, maintenant près d’elle étendue.

Le réanimateur.

Olivia hoqueta et ne put se redresser, glissant sur ce parterre fait d’herbe et de rien, une main devant les lèvres et l’autre la maintenant dos redressée alors qu’elle reculait et retombait sur son séant.

Qu’avait-il fait ? Pourquoi était-il ici ? Que se passait-il ?

S’ils voulaient la tuer, pourquoi ne pas l’avoir fait aussi vite plutôt qu’ainsi la torturer ?... La peur qui avait disparu au contact de la magnifique entité vint à nouveau sourdre et son cœur s’emballait. Ses yeux s’embuèrent, elle serra ses lèvres, comme y plantant ses ongles afin de ne pas crier et de ne pas commettre l’irréparable dans une vaine tentative. Elle aurait pu tenter de se jeter sur lui mais elle n’avait jamais tué, ni n’en avait jamais eu la pensée. Alors, qu’aurait-elle fait ?...

Lun 13 Fév - 16:53
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L'étrange sous la normalité : “Mon âme a son secret, ma vie a son mystère. ”
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La conscience lui revint progressivement, en même temps que la mémoire de ce qui venait de se passer, et pendant quelques instants, il resta allongé sur la surface inconnue, une grondante migraine lui raclant l'os du crâne de ses ongles jaunis, tentant de retrouver l'usage de son corps qui lui semblait moins solide et plus éparpillé, comme s'il avait soudainement plein de tentacules lourdes et molles qu'il n'avait pas la force de bouger. Petit à petit, la perception de son être et de son entourage revint, et il revit distinctement le désolant échange avec Pryam, l'instant où il avait comprit que quelque chose n'allait pas chez lui, puis le choc, l'intervention de Morghann et Imrinn, et… lui. Il se rappelait sa présence à la lisière de ses facultés, sa promesse de faire cesser la torture par son géniteur infligé, oh pas à lui, mais aux âmes de ses anciens patients, ceux qui étaient décédés. Il se souvenait l'acceptation désespérée, mais pleine et entière, réellement volontaire, l'appel rebelle auquel l'autre avait répondu. La force qui l'avait envahit, cette puissance vive et profonde comme un lac de haute montagne, propre et pulsante de vie. Son souvenir s'attardait plus encore sur la volonté de fer qui, soudain, s'était unie à la sienne, et avait balayé toutes les défenses restantes du Cénacle. Un mélange d'horreur et de satisfaction lui vint, propulsant l'adrénaline dans son corps comme l'impact d'une défibrillation et il ouvrit finalement les yeux, se propulsant assit d'une simple crispation des muscles. De toute évidence, quelque chose de cette force lui était restée, ou bien n'était-elle simplement pas partie ? Il inspira profondément, expira tout l'air de ses poumons, tremblant légèrement des épaules en rentrant le ventre pour en expulser le maximum avant de cesser, en sentant le blocage naturel de ses poumons et le besoin vital d'air se manifester. Un bref moment, le temps de quelques battements de cœur, il resta figé, puis déglutit et releva le regard vers les hauteurs enténébrées, dont il ne voyait pas la fin… en avaient-elles seulement une ?

« Lâche » vomit-il presque, la gorge nouée par le mépris le plus souverain qu'il ait jamais ressentit.

Cet homme, si l'on pouvait encore l'appeler ainsi, était un lâche, un misérable lâche qui ne valait pas l'âme qu'on lui avait donné à la naissance. Et certainement pas les peines de tout l'Envers. Serrant les poings, il caressa un instant l'idée de laisser exploser ce qui restait des pouvoirs de l'âme qu'il transportait. Mais à peine eut-il effleuré la notion qu'il sentit quelque chose le quitter, un poids s'ôter de ses épaules tandis qu'une vague forme blanche apparaissait… entre lui et la jeune femme dont il n'avait pas auparavant noté la présence. Son regard s'arrêta tout d'abord sur l'humaine, ses yeux au bleu de chalumeau lui décochèrent un regard interloqué avant que la mire ne se transforme en expression perdue et perplexe lorsque le voile de brume pâle se modela dans une forme vaguement humaine. De ce qui était pleinement visible, la silhouette ressemblait à celle d'une enfant d'une dizaine d'années, frêle, presque malingre, les membres délicats… Pourtant son image, ou l'empreinte de celle-ci, était déformée par endroit, s'étiolant comme de la cendre, se tordant comme de la peinture lavée à grandes eaux dans une rivière, et se déchirant comme une photographie entre des mains malavisées. La peau, lorsqu'elle était visible, semblait parcourue de veinules noires et suintantes, et les yeux semblaient rougies, les vaisseaux d'un rouge brillant et les pupilles révulsées. Elle avait des cheveux châtains, là où elle en possédait encore, mais le crâne dégarni, pelant par larges bandes. Le pire, à ses yeux, étaient ses petites mains décharnées aux jointures protubérantes, enflés et rougis, supportant parfois une telle pression que certains en devenaient violacés. Elle les regardait tous deux de ses yeux vides et pourtant éveillés, trop cyniques pour une gosse de cet âge. Ses lèvres gercées s'étirèrent, et elle renifla, un pus jaunâtre lui coulant de la narine droite.

« Je vais me reposer maintenant » dit-elle d'une voix éraillée par une toux imaginaire, un croassement à la chute légèrement humide, comme si une bulle de liquide révoltant éclatait dans sa gorge sous la pression de l'air fantomatique qui y passait.

Le son arracha un frisson imperceptible de dégoût au Réanimateur, mais il resta sans bouger à l'observer avec tristesse, tandis qu'elle s'avançait lentement vers la jeune femme, tendant en avant ses bras émaciés. Le sourire qu'elle dédia à cette figure rousse et palpitante de vie fut pourtant bien celui d'une enfant, contrastant violemment avec son regard et son apparence. D'un ton transformé en murmure timide, elle demanda alors :

« Tu veux bien me bercer grande sœur ? »


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Jeu 23 Fév - 20:16
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~ Olivia Grayson ~

« Dafuq is that ? »

Cri du cœur, Olivia s’imaginait, tel le gif du chat, maugréer des « Dafuq is this / Dafuq is that / Fuck this shit » tout en balayant les objets laissés à sa portée qui finiraient irrémédiablement au sol. Elle venait de bloquer, ses yeux écarquillés, narine et coin de lèvre gauche frissonnant.

« Un remake de Dark Water... Okaaaaaaaay... »

Un désagréable frisson la fit tressaillir tandis que les pensées n’avaient plus vraiment de sens logique ou de temporalité. Elle se pinça l’arête du nez et remis les souvenirs en ordre : elle avait vu « lui » arriver et traiter, ou plutôt tousser en crachant ses poumons, quelqu’un de « lâche ». Elle avait croisé son regard, les sourcils froncés, puis tantôt l’un haussé dans une moue d’étonnement mêlée d’on-ne-savait quoi. Tout cela, avant que la forme arrive, puis que ses apparences se modifient d’une manière spectaculaire, passant de l’absolue mignonetté au yerk, c’était digne d’un film d’horreur japonais.

Olivia restait là, les bras ballants, le regard rivé sur la créature. Elle ne savait pas si l’horreur pouvait encore l’envahir après ce qu’elle avait déjà vu lors de l’attaque, ni quel sentiment pouvait encore la hanter et pourtant, en croisant le regard de la chose aux bras malingres et cette voix fébrile, elle fut prise de pitié.

« Bichette… »

Elle fouilla dans la poche de son jeans et tendit d’une main un mouchoir – propre – qui y traînait vers le « truc » dont le nez suintait d’un pus quelque peu dégueulasse et s’agenouilla pour se mettre à sa hauteur, rivant sans gêne les yeux vitreux. Olivia n’était pas si petite en comparaison de la créature qu’elle détaillait comme si elle se trouvait dans une étrange réalité virtuelle. Son esprit dissociait le concret de l’imagination, sûrement pour se protéger, et l’enrobait d’un manteau cocasse fait de curiosité.

« Le maître a donné un mouchoir à Dobby. Dobby est un elfe liiiibre. »

Elle se mit à rire, avant de croiser le regard interloqué du vieux-jeune truc qui avait plus des airs de Voldemort au sortir de la marmite que d’un elfe de maison. Elle cessa son rire bref et un silence gêné s’en suivit. Il était évident que les mécanismes spirituels étaient complexes et dépendaient de la personnalité. Aussi, le sien se voilait sous une couche d’humour, sûrement drôle uniquement pour elle. Elle espérait toutefois réellement que ses fantaisies n’aient pas été sondées, auquel cas elle passerait pour… Une geek. Oui, tout compte fait, tout n’était pas si dramatique.

« Alors si tu veux que je te berce, je veux bien, mais mouche-toi. Je sais que tu peux le faire… Passe encore de ressembler au calamar d’independance day, mais les sécrétions en tous genres c’est pas mon truc. Tu ferais ça pour moi ? »

Olivia avait dit cela sans gêne, sans peur, mais aussi sans aucune mesquinerie ou méchanceté. Plutôt avec une forme de franchise. L’empathie l’avait certainement en premier lieu gagnée, à croiser cet étrange regard et ces phrases fluettes et fragiles, malgré un certain écœurement qu’elle lui inspirait mais plusieurs choses l’empêchait de céder à ce côté maternel qu’on pouvait avoir lorsqu’on croisait une créature égarée. En premier lieu, son caractère. Elle n’aimait pas les enfants. En second, sa tendance à se détacher des émotions normales sous le coup de la surprise qui lui donnait aussi une très grand sang-froid, même si elle pouvait vite se retrouver dépassée par les événements et paniquer lorsque la situation durait trop longtemps. C’était d’ailleurs ce qui s’était passé dans cette salle aux dizaines d’écrans et qui l’avait convaincue d’allumer pétard sur pétard parce que tout n’allait pas comme ils l’avaient prévu.
Cependant, la dernière raison était de taille : elle avait parlé à Nyarlathotep et s’était vue dévoiler l’existence de l’ailleurs et du monde décrits par Lovecraft, confirmés. Si ce dernier n’était pas malfaisant « dans le fond » ni au sens strict du terme, car il ne voyait les humains que comme des fourmis, d’autres créatures de l’ailleurs pouvaient l’être et elle ne se laisserait pas avoir par un moment de flottement, par la peine que pouvait lui inspirer quiconque. Aussi, le masque de l’apparente normalité ne flancha pas. Ni ne devint rejet, ni ne devint émotif. Elle était en train de faire une rencontre, rien de plus.

« Ce n’est pas que question d’apparence. Si tu sais voir à travers mes yeux tu verrais que j’ai grandi avec des films d’horreur et que, même si tu avais été une mignonne petite fille à l’allure innocente ou un chaton… Ici je m’attends à ce qu’on me fasse un coup à l’envers (lol). Alors je ne vais pas te virer comme une malpropre parce que tu es différent-e ? Ni même te faire un câlin sous prétexte que tu sembles triste, parce que je ne sais pas si tu l’es vraiment ou si tu caches quelque chose et crois-moi, quand on est un humain et qu’on découvre votre monde on s’attend à tellement de saloperies qu’on évite de faire confiance à tout le monde, même aux autres humains. Je peux toutefois te chanter une chanson, à condition que tu me dises qui tu es. Ok ? »

Après tout, on lui avait toujours dit de parler aux enfants comme à des adultes. Mais la créature n’était pas une enfant et, Olivia, était ce qu’elle était… Et son regard n’était ni froid, ni méchant, ni embué de larmes et profondément dans la détresse. Il était simplement neutre et auréolé d’une méfiance naturelle qui lui était propre. Les prunelles dardaient aussi, du coin de l’œil, les mouvements de celui par qui tout avait commencé. Puis, d’un coup, elle le fixait :

« Si vous tentez de faire appel à l’émotion humaine et à chercher à faire de moi un spécimen d’études comportementales à propos des réactions face à l’envers pour conforter votre positionnement à propos, vous auriez peut-être dû y penser avant de m’enfermer dans ce fourbi… Evans. L’âme humaine se pare d’un bouclier impénétrable quand on la soumet à trop de choses en même temps. C’est aussi ce pour quoi je suis bien contente de vous voir ici et de vous donner mon point de vue d’humain de base. Vous pensez que les humains vont s’attendrir d’un regard d’une créature emplie d’une tristesse visible et se jetteront dans leurs bras parce qu’elles ont l’air touchantes ? Oh ça fonctionnera pour certains. D’autres se mettront à leur lancer des vinyles et à leur mettre des coups de pelle… Peut-être à raison pour les créatures qui s’enrobent d’une apparence de douceur et qui sont en réalité des prédateurs et qui veulent nous bouffer la couenne… Et techniquement, moi, même les enfants normaux m’approchent pas, je les aime pas trop. Sérieusement, vous auriez pu faire ça avec un chat zombie ç’aurait été moins effrayant pour moi. J’ai pas la fibre maternelle. C’est hyper sexiste de penser que toutes les gonzesses l’ont… *Douchebag* »

Son attention se reporta sur la chose qui n’avait plus sa morve au nez. Elle soupira et ferma les yeux un instant.

« Quand bien même tu aurais eu un visage d’enfant humain normal, la morve au nez je peux pas… D’accord ? Tu me comprends ? C’est sale. C’est comme si je m’avançais devant toi avec les pleines de caca. Et les excréments c’est puant et pas hygiénique pour nous, les humains. Y’a plein de bactéries dedans et d’autres choses pas très glamour. Genre, les chiens tu vois, eux, ils reniflent leur caca, parce qu’ils ne perçoivent pas les choses comme nous et ça les dérange pas, ils ont pas le même sens de l’odorat ni même la notion de l’écœurement, c’est naturel pour eux. Ben nous, c’est berk. Faut s’y faire, c’est con les humains. »

Elle avait remué ses doigts pour faire imaginer la scène et sourit aimablement (crispé, en fait) en se retenant de pouffer. Elle s’était ensuite assise parterre, à défaut d’avoir une chaise ni quoi que ce soit d’autre autour, invitant la chose à la rejoindre. Avant tout cela, une mise en garde :

« Si tu me sautes dessus et que tu essaies de me tuer je hurle. Je suis Olivia. »

La peur était parfois tapie derrière une immense barrière, forgée par des mécanismes très différents selon les caractères. Certains hurlaient et se prostraient, en atermoyant la fin ou l’espoir qu’un autre viendrait les aider, certains avaient le cœur qui battait à tout rompre et se paraient d’agressivité sous le coup de l’adrénaline quitte à lancer les poings sans réfléchir, et d’autres… se planquaient derrière une immense forme de connerie détachée et d’un humour pitoyable pour rester lucide, non dans l’agression, non dans l’acceptation, mais sur le qui-vive en attendant une véritable analyse de la situation. Une attitude, en somme, réfléchie et patiente.
Aussi, elle tendit la main, comme pour lui serrer mais aussi l’inviter et comme elle l’aurait fait pour un adulte. Pensaient-ils vraiment qu’elle se laisserait avoir par une voix gonflée de tristesse et une apparence infantile ? Ou penseraient-ils qu’elle serait assez sotte pour hurler et pour rejeter par une simple apparence après tout ce qu’elle avait déjà vu ? Elle jeta un regard à Evans :

« Si vous essayez de me tuer, j’vous jure que je vous bouffe la jambe et je vous arrache les noix avec les dents avant de crever. J’vous jure, je le fais. »

Lun 27 Fév - 19:18
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Elle avait un trou à la place du crâne, voilà la conclusion à laquelle Anthony Earl arriva finalement, en l'observant d'un œil tiède, trop poli pour montrer le fond de sa pensée. Comment pouvait-elle rire ainsi, ou même, comment en venait-elle à de telles pensées, d'où tirait-elle le jus de venir essayer de lui faire la morale sur des questions dont elle ne saisissait rien ? Parce qu'elle n'en saisissait vraiment rien, tout comme lui n'en avait rien saisit au début, avant de se prendre les révélations dans la tête une à une et d'être forcé de les admettre. Il était d'autant plus consterné que la présence de l'apparition le perturbait et le glaçait d'une toute autre façon que le froid aurait pu le faire s'il n'avait été étrangement immunisé. Rien que de la savoir là, si proche, les regardant tous deux de cette pesanteur qu'il connaissait si bien, lui donnait des frissons et effritait son paternalisme naturel et la bonhomie qui le poussait souvent à jauger les gens avec objectivité. Il se raidit encore davantage, en sentant la volonté de l'apparition soupeser ce qu'elle provoquait en lui. Mais il était aussi bine trop ahuri et blasé par tout ce monologue sans queue ni tête qu'il n'avait pas non plus envie de devoir la confronter. Il la regarda une dernière fois, souverain dans son dédain, puis roula lentement des yeux et se détourna sans un mot à son égard, n'ayant vraiment aucune envie de gaspiller son souffle avec quelqu'un qui jouerait… qui jouait, déjà à l'autruche, en refaisant un monde pour qu'il lui convienne, en oubliant qu'il n'obéissait pas plus à ses aspirations qu'aux siennes. Non vraiment, ce genre de personnes aux idées sans fondement mais qui se lançaient à corps perdus dans de grands discours ne l'intéressait pas. Encore moins à présent. Il avait franchement autre chose à faire, à savoir trouver un moyen de sortir, ou à défaut de contacter son autre moitié. Ou Werner. Déjà, le vide du Hall s'insinuait en lui et il n'avait pas envie de voir ce que cela donnerait à terme.

« Je suis une victime de l'Envers…. Comme toi tu le deviendras. Je suis celle qui l'a poussé à se rebeller, contrairement à toi »

L'apparition avait sourit, avec un petit quelque chose d'ironique, puis pencha la tête sur le côté. Elle avait répondu en retard, l'ayant laissé parlé tout du long.

« Dommage… tu aurais dû me bercer. Disparaître sans cela sera plus triste. Je me consolerais en sachant que vous ne serez bientôt pas bien mieux, tous les deux »

Les lambeaux se détachaient lentement, ne laissant petit à petit que le vide à la place qu'elle avait tenu. Puis petit à petit même le sentiment de ce vide disparut, ne laissant qu'une impression diffuse et inconfortable de quelque chose de viscéralement tragique. Une tragédie comme il en existait tant en ce monde, de celles que l'on occultait et qu'on laissait par trois fois mourir : par le trépas, par l'ignorance, par l'oubli. C'était, en un sens, une étrange et complexe ironie, qu'une telle occurrence vienne à survenir dans ce qui était, en fin de compte, l'oubli incarné.


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Jeu 9 Mar - 19:05
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~ Olivia Grayson ~


Blah, blah.

Il y avait quelque chose d’ironique dans la réponse, mais la jeune femme ne s’en souciait guère. Il leur en fallait peut-être, de la séquence drama-émotion ? C’était pas son genre. C’était pas son style. Elle, était restée droite et fidèle à ses préceptes quels qu’ils fussent. La mise en scène n’était qu’une triste et amère tentative de manipulation.

« C’est absolument ridicule. Faites ce que vous voulez, tous. »

Elle maugréait et levait les yeux au « ciel », s’il avait été possible d’ainsi le décrire. En réalité, le spectacle avait été pour elle une vérité : partout, en toute chose, qu’importe la créature, l’être, la chose, l’humain, la bestiole dont il était question, l’individualisme était une notion à grande échelle qui se perdait dans les excuses du « groupe » dont il était question. Manipuler autrui pour de soi-disant grandes causes faisait partie du jeu et tout cela pour des convictions auxquelles il était si facile d’adhérer pour son propre bénéfice. Un soupir, elle s’affala, croisa les bras sous sa tête en reportant à peine sur le côté le visage. La douleur fusait à peine derrière son crâne, il aurait été malvenu de s’infliger une peine supplémentaire et si inutile.

Il était aussi si facile de se dire une victime, en apposant un argument dichotomique à sa suite et en poussant à la rébellion quelqu’un. Mais après tout, il n’y avait rien à comprendre. La situation était…

« Foutrement illogique. »

Et elle continuait à exprimer quelques phrases qui, sorties de leur contexte, ne voulaient absolument rien dire pour une personne qui n’avait pas la capacité de suivre le fil de ses idées. Elle était simplement outrée, révoltée. En vérité, que cela fût même par son grand père, tout le monde l’avait bien prise pour une poire. Cela lui apprendrait, à vouloir aider autrui. Après tout, n’étaient-ils pas tous finalement aussi égotistes les uns les autres ? Que lui importait bien leur sort à tous, désormais. Elle comprenait maintenant pourquoi certains qu’elle jugeait hâtivement autrefois pour leur misanthropie et leur absence totale d’empathie et de solidarité, se fichaient éperdument des autres.
S’il y avait ceux qui avaient le cœur sur la main, il y en avait aussi trop qui n’en avaient rien à foutre de rien. Et ceux là étaient indubitablement les plus heureux.

Fini cette foutue guerre entre la vérité et le secret. Elle ne voulait plus en entendre parler et, dans tous les cas, il n’y avait plus rien à faire ici vu qu’elle y terminerait sûrement son existence « si elle était encore, comme elle le percevait, une créature faite de chair ».

Et elle ne broncha pas de sa posture, elle alla même jusqu’à fermer les yeux et se réfugier dans les histoires qu’elle plaisait à se créer pour s’évader. Bon sang, qu’il était dommage de ne pouvoir les écrire, les jouer… Plus jamais elle ne le pourrait.

Certains auraient pu sombrer dans le désespoir. Olivia était pourtant une créature peu rationnelle et le temps n’était pas devenu assez long pour qu’elle se glisse dans un abîme de tourments. Aussi, avait-elle décidé de faire la sieste. La mort n’était-elle pas qu’un sommeil éternel, après tout ?

Jeu 16 Mar - 14:56
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