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 Le client est roi | Mi-janvier 2016

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Toucher, sentir... Voir au-delà des mots.
S'il y avait bien une chose dans ce monde qui procurait à la sorcière un intense plaisir physique comme psychologique, c'était les livres. Petits ou grands, imaginatif ou utilitaire. Pourtant, bien que la femme ait passé la majorité de sa vie à repousser la magie, jamais aucun livre ne lui avait apporté autant de satisfaction que ceux de l'envers. Ancien, souvent unique, fait à la main... Le génie des anciens temps retranscrit au travers de milliers de pages à l'odeur âcre. Qui avait-il de plus beau que cela ? Bien des choses sans aucun doute, ais pour Ayzebel, les livres étaient une porte ouverte sur les plus grandes connaissances, stimulant l'esprit de bien des façons. Voilà où son plaisir se trouvait, là, coucher sur les pages jaunis du grimoire sous ses yeux.

La plume crissa doucement sur le papier, redessinant la boucle d'un L à peine visible. Au travers de la loupe, les yeux clairs de la sorcière observaient chaque détail. Tout avait son importance, jusqu'au matériel utilisé. L'encre elle-même était acheté au marché des trolls, tout comme la plume, faite main. Oui, tout avait son importance et c'est ce qui rendait le travail plus beau, plus intense. Un travail de qualité que bien des gens ne pouvaient soupçonner. Mais qui, dans cette ville, pouvait apprécier toutes ces heures passées a à remettre en état ses anciens grimoires ? Qui avait au moins l'intelligence de les comprendre, de les exploiter ? Trop peu de monde et ceux qui le pouvait n'y portait pas d'importance. Quel dommage, si seulement... Oui si seulement quelqu'un passait cette porte, pouvait poser son regard sur ces livres, rien qu'un instant. Des années à amasser ces œuvres, à bichonner pour... rien. Et garder le secret était primordiale, c'est pourquoi tous ces livres étaient là, dans une vulgaire cave loin des regards alors qu'ils auraient mérité la plus fabuleuse des vitrines.

Dans un froncement de sourcils, Ayzebel approcha un peu plus le visage de sa loupe. Là, sur le papier, quelque chose presque entièrement effacer. Elle observe en silence, ses yeux perçant suivant le traçage puis elle déposa la plume dans l'encrier avant que sa main gantée se saisit la page et ne la tourne doucement. Non, ce n'était pas celle de derrière... La lumière aurait pu jouer après tout. Elle observe le numéro de page... trois cent quatorze... trois cent quinze... Tout est normal, pourtant quelque chose semble vraiment la perturber. Malgré le gant de plastique, elle peut sentir la page différente, comme plus épaisse. D'un geste doux elle repousse la loupe puis attire le livre au plus près, prenant le coin de la page et la frotte de son pouce. Là, juste là, sur un ou deux millimètre à peine, la feuille se dédouble. Une page cachée. Avec un sourire satisfait, Ayzebel tire délicatement sur le papier, lentement pour en points l’abîmer jusqu'à séparer les deux pages et dévoiler le contenu caché. Sous ses yeux, des symboles ésotériques, des écritures manuscrites dans une langue parfaitement inconnue. Merveilleuse trouvaille, maintenant, encore fallait-il savoir de quoi il s'agissait. Ce fut à cet instant que la clochette de la boutique résonna et la sorcière leva le nez, observant le plafond de la cage. Mauvais timing, mais soit....

Dans un soupir las, la jeune femme quitta la pièce, remontant les marches rapidement pour apparaître aux yeux de sont clients. Un homme, taille moyenne, visage fermé... étrange aura. Quelque chose chez lui la dérangeait, mais quoi . Le regard de la sorcière se posa immédiatement sur la planche de bois au-dessus de la porte et observa le symbole en forme de lune qui était apparu, semblable à une brûlure dans le bois. Client de l'envers, donc... La libraire s'approcha doucement du comptoir, observant l'inconnu avant qu'elle ne se souvienne la promesse faite à Morghann. Sourire, être chaleureuse... c'était bon pour le commerce. Ayzebel laissa ses lèvres s'étirer faiblement et lâcha à son client d'une voix calme et mielleuse :

«  Bonjour Monsieur, bienvenue à Noir d'encre... Que puis-je pour vous ? »

Dim 7 Fév - 21:34
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L'étrange sous la normalité : Mort je suis, Eurynome est mon nom.
Mortels me fuient, ils m'appellent démon.
Belles âmes, venez en mon royaume honni,
Et jouissez de ma ténébreuse nuit.
Avec moi l'Eternité sera vôtre,
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Mais secrets irrévélés doivent rester chuchotés,
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Une nouvelle librairie, lui avait-on révélé. Une nouvelle antre pour ses lubies raffinées. Lui qui aimait tant l'odeur de ces vieux parchemins, les vieux cuirs de ces livres anciens, lui qui aimait tant lire ces mots d'un temps passé, qui aimait tant qu'on lui conte mille et une fables insensées. Que ce soit de l'endroit ou de l'envers, que lui importait. Il n'avait pas de préférences, tout avait son attrait.

A ce qu'on lui avait dit, cette librairie existait déjà depuis quelques temps. Elle n'avait été que déplacée et restaurée, parée d'atours plus éclatants. Comment donc ne l'avait-il pas encore visitée ? Pourquoi n'en avait-il pas été plus tôt informé ? C'était là selon lui une faute, une erreur, qu'il se devait dès lors de réparer. Cela signifiait aussi et surtout une faille, qu'il se devrait plus tard d'explorer. Et de parer. Un démon tel que lui, un prince de son acabit, ne pouvait se permettre d'ignorer.

Mais il n'était nul temps de penser à ce manquement. Il y réfléchirait tranquillement, en son temps. Et, chassant ses funestes pensées, il se décida enfin à pousser la porte à peine éclairée. Une clochette retentit... Une jeune femme surgit. Une sorcière, avisa-t-il rapidement. Son aura la trahissait, ses pensées aussi. Belle proie se pourrait être, ou belle apprentie ? Venait-il de trouver un nouvel amusement ?

Ce sourire délicat, presque forcé... Dans ces yeux cette étrange volonté... Dès le premier regard, il apprécia cette femme. Cette sorcière, libraire, dont il rêvait déjà de s'allier son âme.

«  Bonjour Monsieur, bienvenue à Noir d'encre... Que puis-je pour vous ? »

- Tant... et plus encore, gente dame, répondit-il d'une voix suave et susurrante, tout en offrant une discrète révérence, en un sourire charmeur. J'ai cru voir dans votre belle librairie une sombre flamme.

Son regard erra un instant sur les rayonnages, tous ces livres si prometteurs...

- Je suis donc entré, et m'en excuse d'avance si je n'en avais aucun droit. Mais on m'a vanté bien des choses de cet endroit. De beaux ouvrages, certains perdus, d'un temps révolu... des arts d'un autre âge. J'espère que vous ne prendrez pas ma visite pour un outrage.

Dim 14 Fév - 22:55
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Cette aura, ce charisme écrasant...
Pire que celui de Morghann. Pire que celui d'Howard.
Cet homme-là... Peu importe qui il était, d'où il venait... Rendit plus forte encore la méfiance de la sorcière. Au-dessus de la porte, le symbole lunaire semblait presque s'embraser sur le bois, du jamais vu. La sorcière déglutit puis porta à nouveau son regard sur son client qui se montra avenant, extrêmement polis. La méfiance monta d'un cran rien que pour cela... Les gens qui avaient cette façon de se comporter, comme tout droit sortit d'une autre époque la mettaient mal à l'aise. Et la dernière personne à avoir été si galant et d'une telle politesse fut Morghann... Qui à présent l'enfermait dans une véritable tour d'ivoire tant sa possessivité était à deux doigts de crever le plafond. Mais il était le client et le client est roi. Ayzebel n'avait d'autres choix que de faire bonne figure, surtout que les clients de l'envers étaient rares, trop rare. Inexistant.

« Une sombre flamme... ? »

Voilà qui était curieux. Car au sens propre du terme la seule flamme qui persistait ici était celle au-dessus de la porte. Par tous les Dieux, c'était à croire que cette planche du bois allait prendre feu d'un instant à l'autre ! Un nouveau sourire sur les lèvres, Ayzebel fit un pas vers son client, le bruit de ses talons aiguilles brisant le silence du lieu.

« Allons monsieur, vous êtes la bienvenue ici. Pourquoi n'auriez-vous pas le droit de venir en ces lieux ? »


Et c'était vrai. Sauf si cet inconnu avait quelque chose à se reprocher. Était-ce le cas ? Oh seigneur elle espérait que non... Au pire, Morghann se ferait sans doute un plaisir de débarquer aussi vite que possible. Annabelle l'avait sans doute déjà prévenu, comme pour chaque visite louche qu'elle recevait. Morghann et ses fantômes n'avaient aucune notion d'intimité, hors c'était quelque chose de primordiale, non pas pour elle au quotidien, mais pour créer un lien de confiance avec ses clients. Personne ne devait se sentir épier. Personne n'avait à l'être !

« Ceci monsieur, n'est que la partie basique de la librairie. Vous n'y trouverez que des livres pour les humains. Ce que vous chercher se trouve en dessous. »

Lâcha la sorcière en tapant doucement le parquet de son pied. Ayzebel tenta de sourire de nouveau son regard s'écarquilla d'effroi. Un petit gémissement passa ses lèvres alors que son regard clair dévia de son client à la planche au-dessus de la porte. Ses craintes venaient de se réaliser, le bois commençait à s'enflammer, libérant une légère fumée. La libraire s'élança rapidement, décrochant l'extincteur près de la porte d'entrée et le dirigea vers la planche avant de l'allumer, libérant la mousse qui éclaboussa ledessus de porte et éteignit les petites flammes. De justesse. La sorcière éteignit l'extincteur, le raccrochant au mur puis agita les bras pour chasser la fumée qui se dissipait doucement avant de pivoter vers son client avec un immense sourire à la fois forcé et gêné. Le genre de sourire qui sonnait atrocement faux, un peu comme sur les publicités...

« Tout va bien ! »

Lâcha Ayzebel d'une voix enjoué avant de lâcha un rire qui trahissait sa nervosité. Deux solutions à ce soucis... Soit cet homme était d'une puissance rare et elle avait raison de se méfier... Soit le sortilège de Morghann avait lancer pour protéger la boutique faisait dérailler le sien. Dans les deux cas, la sorcière ignorait lequel était le pire. Revenant doucement, la libraire passa devant son client et désigna la porte qui menait vers la cave et lâcha.

« Veuillez me suivre je vous pris. »

Doucement, elle descendit les marches qui donnaient dans la pièce sombre et fraîche. Il y avait quelques étagères qui contenaient bon nombre de livres. L'endroit était poussiéreux mais néanmoins entretenu. Rapidement, la femme s'approcha du bureau, tentant de faire de l'ordre dessus.

« Oh euh... Ne faites pas attention au désordre... je restaure les grimoires que je vends et j'en oublie de rendre l'endroit plus présentable. »

Le grimoire en pleine restauration quant à lui ne fut pas refermé, laissant ouvert sur cette double page cachée. Ayzebel pivota, faisant face à l'inconnu et souffla doucement, reprenant d'une voix plus calme.

« Bien, désolé pour tout cela... je ne me suis pas présenté, veuillez me pardonner... Je suis Ayzebel Tenak. Maintenant... si vous me parliez de vos attentes ? Vous chercher un livre en particulier, monsieur... ? »

Mer 17 Fév - 11:48
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Un fin sourire fleurit sur les traits acérés du démon, partagé entre amusement et un intérêt soudain sans nom. Il Les sentait, ici présent, qui en cet instant, entre eux flottaient. Là, eux tous, ces morts, ses morts, ses chers affidés, qui en ce monde par un mortel avait été appelés. Un nom vint de suite effleurer son esprit, alors que son regard erra sur ces sbires. Earl, un earl était à l'oeuvre en ces lieux, il pouvait le parier sans faillir. Certainement pas le patriarche qui n'aurait eu que faire d'une libraire, qui à ses yeux aveugles devait paraitre sans puissant attrait. Aveugle et inepte humain qui ne voyait pas plus loin que le bout de sa main... Non, un de ses jeunes héritiers, très certainement. Howard... Ou peut-être plutôt son jumeau, possiblement. Oui... son jumeau plutôt. D'Howard il aurait aisément reconnu le sceau...

Et son sourire s'élargit plus encore quand il reconnut parmi les âmes errantes une ombre bien connue. Une ombre furtive, du doux nom d'Annabelle, qui discrète restait pourtant près de la mortelle. Certainement non visible aux yeux des humains, en cet instant précis du moins, mais qui de son regard intense le regardait, lui, Eurynome, et le considérait de son calme légendaire tout en respect. Il avait toujours apprécié cette âme-là parmi toutes, cet esprit qui semblait n'avoir jamais aucun doute...

Ce qu'il cherchait se trouverait ailleurs ? Pensait-elle donc pouvoir lire en son "coeur" ? Comment pouvait-elle être si assurée qu'il n'aimait point les livres d'ici bas ? Certes, démon, même si elle ne le savait pas... Mais un démon qui était aussi attaché à la prose des humains qu'à la puissance des ouvrages immortels. Une lubie qui ne lui était jamais passée, qu'on lui avait souvent reprochée, mais qui lui inspirait une certaine estime pour les mortels. Un petit attachement... une petite attirance pécheresse qui mettait toujours son esprit en liesse.

Il ne répondit toutefois pas un mot et se contenta d'observer attentivement la jeune femme. Et ne put retenir un léger ricanement amusé à sa réaction face aux flammes. Il aurait bien été tenté de plus encore les attiser, mais eut quelque peu... pitié... si tant est que ce mot lui fut d'un quelconque intérêt... pour la jeune sorcière qui semblait paniquer. Sans toutefois n'en rien montrer. Rien que cela attisait sa propre curiosité.

« Tout va bien ! »

- Si vous l'assurez, susurra-t-il d'une voix profonde.

Et sans un mot de plus, il la suivit, faussement docile. Ainsi elle avait la patience de restaurer les vestiges du temps passé, et consacrait un temps infini à ce travail fastidieux et difficile ? Voilà qui n'était pas commun dans ce superficiel monde.

« Bien, désolé pour tout cela... je ne me suis pas présenté, veuillez me pardonner... Je suis Ayzebel Tenak. Maintenant... si vous me parliez de vos attentes ? Vous chercher un livre en particulier, monsieur... ? »

Ses attentes ? "Votre âme", fut-il tenter de répondre en toute franchise. Une lueur taquine embrasant alors ses perles grises.

- Je vous prie de me pardonner, j'ai manqué aussi de me présenter. Elie Mortimer est mon nom, et je crois que nous sommes voisin d'achalandage, si je puis dire. Je suis l'antiquaire et mon antre est à quelques enseignes à peine de la vôtre, à mon plus grand plaisir. Quant à mes attentes...

Une ombre voleta près d'eux, un esprit en veille, sorti de son sommeil, qui semblait ne plus vouloir les lâcher des yeux... Mais faisant fi de ses présences, Elie reporta toute son attention sur la jeune femme.

- Tant et plus... Je suis gourmand, voyez-vous. J'aime les arts, tous, je les dévore, je les savoure...

D'un doigt délicat il frôla la double page cachée du livre encore ouvert, qui sembla à son contact comme vibrer.

"Les savourer... Oh oui, toutes, tous, tout cela, toutes ces délicieuses âmes..."

Mais pour le moment il devait retenir ses appétits insatiables. Il n'était pas question de l'apeurer par quelques paroles désagréables.

- Je cherche... l'inégalé, l'inespéré, le trésor caché, l'oublié...

Et son regard revint se river sur la belle Ayzebel, curieux un instant de savoir si elle parviendrait à percer sa nature d'immortel.


Jeu 3 Mar - 23:08
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Hormis Annabelle, elle ignorait combien d'esprits Morghann avait placé dans cet endroit. Elle ne pouvait ni les voir, les sentir, du moins pas d'elle-même. Parfois il arrivait qu'elle ressente une présence, une caresse, la plupart du temps elle pariait sur Annabelle qui restait elle aussi, le pus souvent invisible. Mais Ayzebel n'avait pas peur, elle n'était pas non plus dérangée par ces présences de l'au-delà. Au début oui, un peu, mais le temps avait fait son affaire et ces morts faisaient partie des lieux et l'ironie de la chose voulait que les savoir ici auprès d'elle, rendait aux yeux de la sorcière, la librairie un peu plus vivante. C'est pour cela aussi, qu'elle n'était pas effrayée par ceux qui pouvaient venir ici, même par cet homme qui involontairement, avait manqué d'incendier sa boutique par la puissance de sa présence. La méfiance était là, certainement pas la peur. Ce n'était peut-être pas une bonne chose mais la protection de Morghann était réconfortante. Quand l'homme se présenta, Ayzebel arqua un sourcil avant de le fixer avec perplexité. Elie Mortimer ? Eh bien, Last End était bien plus petite qu'il n'y paraissait. La sorcière pencha la tête sur le côté, fixant son client qui expliquait être un voisin qui tenait un commerce non loin et la femme souffla:

« Monsieur Mortimer, hm ? Heureuse coïncidence... J'ai rencontré votre neveu... Max. Un charmant garçon... qui l'art de se mettre dans des situations périlleuses. »

Ayzebel avait fait la connaissance de Max quelques mois plus tôt à la Géhenne. Une adorable créature qui avait un goût particulier pour la chair humaine. Pourtant à voir ce cher monsieur Mortimer, elle avait du mal à croire qu'ils étaient de la même famille, chose qu'elle souligna avec un léger trait de cynisme.

« C'est fou comme vous ne vous ressemblez pas tous les deux... »


Plongeant à nouveau dans le silence, la femme suivit du regard son client qui semblait apprécier l'endroit. Peu de gens auraient aimé être ici, dans cette cave poussiéreuse mais lui semblait avoir l'espoir d'y dénicher quelque chose de particulier. La seule angoisse de la sorcière était de ne pas parvenir à le satisfaire, les clients de l'envers étaient si rares... Elle espérait sincèrement que celui-ci ne se montre pas trop exigeant. Alors quand Élie se dirigea vers le bureau, effleurant le grimoire en cours de restauration, Ayzebel le rejoint rapidement, s'interposant en tirant lentement le livre à elle et planta son regard dans le sien, soufflant simplement avec un bref sourire sur les lèvres.

« Celui-ci n'est pas à vendre. »

Son sourire d’élargie, mêlant malaise et sournoiserie. Un sourire poli qui trahissait une nervosité évidant mais aussi de la détermination. Ici c'était chez elle, ces livres lui appartenaient en grande partie pour les avoir eus à force de recherche et sans user du capitale de la librairie.

« Je n'ai pas terminé de le restaurer, monsieur Mortimer. Rien de personnel, je ne vous rassure. »


Rien de personnel, mais la méfiance était aussi visible que le nez au milieu de la figure. Le souci avec ce genre de commerce, c'est qu'elle ne pouvait vendre sa marchandise à n'importe qui. La plupart de ces grimoires pouvaient contenir un pouvoir ou des connaissances que peu de sorciers étaient en mesure de maîtriser. Un pouvoir à ne pas mettre entre toutes les mains... Et malheureusement pour elle, ce livre-ci en faisait partie. Le peu qu'elle avait pu en traduire laisser entendre des forces sombres, anciennes, d'un autre temps. Elle y avait vu des croquis du corps humain extrêmement détaillé, de créatures étranges, des récits dans des langues dont elle n'avait pu trouver aucune racine connue. Difficile était le travail fait sur ce manuscrit, mais pas impossible. La sorcière déglutit, sans détourner le regard, restant accroché à celui de son client.

« Désirez-vous feuilleter quelques livres ? Vous êtes libre de parcourir ces étagères, monsieur. »

Lentement, elle fit un pas vers lui, posant son séant contre le bord du bureau pour se mettre entre lui et ce sombre et fabuleux manuscrit qu'elle avait en sa possession. Il était évident que ce livre, peu importe ce qu'il détenait, devait être à la hauteur de ce qu'il cherchait... Mais il était encore trop tôt pour savoir si elle pouvait le lui confier. Beaucoup trop tôt.

« Navré, je ne veux pas paraître impolie évidemment. Je veux juste que vous sachiez que je ne remets pas ma marchandise entre n'importe quelles mains. Chacun de ces grimoires est passé au peigne fin, identifié au mieux et répertorié ensuite auprès du cénacle. Mon commerce est honnête et... ce qu'il contient peut... changer bien des choses, pour qui sait l'utiliser. L'envers vit des temps difficiles... J'espère que vous comprendrez ma méfiance. »


Difficile ? Le mot était faible au vu des événements. Et c'était encore plus dur de savoir que l'homme qui avait commis ces odieux massacres n'était rien de moins que son meilleur ami. Ayzebel inspira longuement, gonflant sa poitrine avant d'expirer l'air tout aussi lentement puis pinça les lèvres.

« J'ai pour principe et aussi pour obligation de connaître ma clientèle. Je me ferais donc un plaisir d'en savoir un peu plus sur vous, monsieur Mortimer... Savoir ainsi de quelle façon je peux vous satisfaire au mieux, votre budget évidemment... »

Lun 7 Mar - 17:30
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Ah. Son « neveu ». Il ne savait s'il devait se sentir soulagé qu'elle ne leur trouve aucune ressemblance.... ou s'il devait s'en désespérer lui qui tentait tant d'inculquer à son Each quelque décence. Cet Each était si... si... déconcertant. Pénible et éprouvant. Stupide mais fascinant. Déroutant, désespérant mais surprenant, quand il s'agissait de servir son maitre si exigeant, montrant alors un improbable mordant.  

Son Each était tout cela à la fois, en effet oui. Il ne savait encore qu'en penser plus clairement, et préféra donc se taire, répondant à la jeune femme d'un simplement hochement. « Charmant » et « péril » n'étaient pas selon lui à allier ainsi. Mieux valait revenir à un sujet qu'il maitrisait. Les livres, le savoir, ces merveilleux grimoires et leurs apprêts.

« Celui-ci n'est pas à vendre. »

Il ne put qu'offrir un large sourire, où ironie amusée se disputait à curiosité agacée. Il la sentait toute en nervosité, agitée sous ses airs farouches prête à le braver. Comme si une mortelle pouvait l'empêcher d'assouvir son plaisir.

Comme s'il ne savait pas déjà ce que ce livre était, ce qu'il contenait, recelait, les trésors qu'il cachait. Non, rectifia-t-il mentalement, il ne les savait pas vraiment. Il connaissait, mais en rien ne savait. On ne savait pas, jamais. Ou plutôt on savait qu'on ne savait rien. Le savoir était de savoir ne rien savoir, tout ré-apprendre comme seul devoir... Une longue éternité pour en arriver ainsi au bout du chemin. Découvrir encore et encore, même après des millénaires de savants trésors.

Mais ce n'était pas le moment de l'effrayer. Pas encore, il devait apprivoiser cette bête effarouchée. Et qu'il aimait apprivoiser ! Un défi à chaque fois, un plaisir inavoué. Il allait pouvoir délier ses talents de démon tentateur, susurrer, chuchoter, la pousser dans ses filets enjoleurs. Une belle toile autour d'elle tisser, un savant tableau avec elle dessiner...

« Désirez-vous feuilleter quelques livres ? Vous êtes libre de parcourir ces étagères, monsieur. »

Il la détailla un court instant du regard, sans pour autant se faire ostentatoire. Son regard pâles pétillant d'amusement, offrant à la muse assise devant lui un sourire apaisant.

- Je comprends, répond-il sans ambages, et n'en garde aucune rancoeur.

Et il ne mentait pas ni n'en prenait outrage.

- C'est là d'ailleurs tout à votre honneur. Vous avez raison, nous devons d'abord faire connaissance, avant que ces belles oeuvres ne soient autorisées à me livrer leur essence.

Son sourire s'agrandit plus encore, presque sincère sur ce visage austère, pas tout à fait mensonger   alors.

- Je peux d'ores et déjà vous révéler... que j'aime...

« jouer avec mes proies »

- quelque Secret conserver. Vous ne m'en voudrez donc pas, si je ne vous révèle pas encore ma véritable nature.

« Oh belle dame, trouve-moi. »

- Je vous laisserai la deviner au fil de nos débats, et ne vous soumettrai pas à quelque danger contre-nature.

Juste à la Mort, un jour ou l'autre, toujours et encore... pour vous autres, pauvres mortels aux fragiles ailes.

Une lueur de pur amusement illumina ses orbes grises, tandis qu'il les laissait dériver vers les grandes étagères aux promesses si exquises.

- Qu'auriez-vous donc à conseiller pour un client que pour la première fois vous rencontrez ?

Sam 9 Juil - 23:56
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Tant de mystère autour d'un seul homme. C'était presque un jeu auquel le duo se livrait et Ayzebel se laisser bercer par celui-ci. Pourtant sa méfiance était toujours aussi grande, elle n'oubliait pas comme l'aura puissante de ce Mortimer avait manqué d'incendier sa boutique. Quelle créature pouvait-il être pour posséder un tel pouvoir ? Une déité peut-être ? Un ange ? Un démon ? À bien y réfléchir, aucun des trois ne conviendrait à la sorcière qui préférait se tenir loin de ces gens... compliqué. Elle n'était pourtant pas raciste, bien au contraire, elle considérait chaque créature de l'envers comme étant un seul et même peuple : le sien. Malheureusement ici, tout le monde ne pensait pas comme Ayzebel, à commencer par le cénacle qui avait la fâcheuse habitude de placer les sorciers au-dessus de tout et tout le monde. La libraire n'était pas une partisane de cette façon de faire, mais qu'y pouvait-elle ? Elle n'était pas politicienne, elle ne pouvait que regarder et subir... En silence. Quoi qu'il en soit, cet homme avait éveillé une forte curiosité chez son hôte qui le jaugeait du regard, ses orbes d'une clarté intense faisant écho à celles saisissantes de son client. Deux passionnés, deux commerciales... Le jeu allait être prenant et stimulant, c'était là une occasion rêvée pour Ayzebel de démontrer qu'elle n'était qu'une simple petite libraire mais une femme d'esprit, intelligente et parfois surprenante.

«  C'est vous, monsieur Mortimer, qui êtes pleins de secrets... »


Souffla Ayzebel sur le ton de la malice alors qu'un léger sourire ne vienne ourler ses lèvres pleines et d'une pâleur presque inquiétante. Il lui rappelait un enfant dans une boutique de confiserie, observant les livres avec une envie dévorante. Voilà le genre de client qu'elle rêvait de voir faire irruption dans son commerce depuis des années... C'était ce genre de passion qu'Ayzebel attendait de sa clientèle, ce genre de plaisir qu'elle voulait transmettre. N'était-il pas le client rêvé ? Peut-être bien, mais cela restait encore à vérifier. Quand l'antiquaire détourna le regard pour observer les étagères, la sorcière se détourna de lui, s'éloignant du bureau pour faire quelques pas dans cette cave sombre tout juste éclairée et se faufila entre les ces mêmes étagères. Les innombrables couvertures, reliures plus anciennes les unes que les autres, livres uniques ou un simple exemplaire... Ils se comptaient par centaine dans cette pièce, l'odeur de la poussière, du vieux cuir et des pages bruni était sans aucun doute la chose que la libraire aimait le plus ici. Surprise par la question de son client, Ayzebel se figea un instant, incapable de le voir à cause de l'étagère qui la cachait. Dans un froncement de sourcil, elle releva le regard, scrutant les livres face à elle.  En voilà une curieuse façon de faire ! Comment pourrait-elle savoir ce qui lui convenait alors qu'elle ignorait tout de lui ? Ce monsieur était bien orgueilleux à s'imaginer qu'elle pouvait le satisfaire ainsi. S'il était aussi puissant qu'elle ne l'avait pressenti, il pouvait l'être effectivement. Et elle alors, à le juger ainsi, si sévèrement et sans aucun scrupule ! Ayzebel arqua un sourcil, se détournant doucement de ses livres et fit quelques pas pour revenir au centre de la pièce, en pleine lumière et à la vue de son client. En silence, elle posa de nouveau ses yeux sur lui, l'observant sans ciller, sans gêne. Le regard de la sorcière était froid, pourtant une lueur passa dans ses yeux... Lueur de malice, de l'illumination alors que sa voix s'éleva en douceur.

« Je pense effectivement avoir ce qu'il vous faut, monsieur Mortimer. »

Pivotant sur elle-même, la jeune femme fila droit vers le mur de pierres au fond de la pièce sans même ralentir avant d'être soudainement happé par celui-ci. Une simple illusion... Une magie simple mais efficace. C'est donc dans l'arrière-salle où se trouvaient ses plus rares ouvrages et sans aucun doute les plus chers, le plus puissant qu'elle détenait. Parmi ses nombreux manuscrits, se trouvaient aussi des lectures dénuées de magie, simplement dédier au monde humain. Rapidement, elle se tourna vers une nouvelle étagère, observant les différents livres qui y trônaient et saisit un petit manuscrit pas bien épais, plutôt petit et dont la couverture n'était qu'un papier jaunit et tout juste plus épais que les pages se trouvant en dessous. Un vague sourire se dessina sur les lippes de la libraire qui fit aussitôt demi-tour avant d'être recraché par l'illusion et s'approcha de son client d'un pas lent, bravant son regard avec cette même lueur de malice et de défis. Doucement, elle tendit vers lui le petit livre ancien sur lesquels quelques mots étaient imprimés à l'ancienne.

Pride and Prejudice
A Novel
in three volumes.

By the
Author of « Sense and Sensibility »


La découverte de ce livre allait sûrement le surprendre et ce n'était sans doute pas la chose à laquelle Elie s'attendait. Laissant le temps à son client de prendre connaissance du manuscrit entre ses mains, la sorcière croisa doucement les mains contre son ventre avant finalement de prendre la parole d'une voix douce.

« Nulle magie entre ses pages... Pas celle auquel on s'attendrait, tout du moins. Vous n'y trouverez là que la magie des mots, leur impact sur ceux qui nous entoure. Un monde faux-semblant où l'être le moins loquace et le plus froid peut cacher une personne bonne et sensible et où celui chaleureux et avenant peut cacher... le pire des monstres. »

L'ombre d'un sourire ourla de nouveau les lèvres de la sorcière alors que son regard s'assombrit en une fraction de seconde. Le sous-entendu était aussi gros qu'une maison. Non, elle ne parlait pas d'elle évidemment, mais bien de lui. Lui, orgueilleuse créature qui cherchait rareté, puissance à n'en pas douter mais qui s'en doute, saurait se satisfaire de la magie de l'esprit humain. Elle l’espérait en tout cas, sincèrement.

« Les mots, n'est-ce pas là ce que tu nous préfèrons dans les livres ? Lire entre les lignes, savoir distingué le réel du fictif, se plonger dans les méandres oniriques des auteurs ou encore accéder à la connaissance ? Je n'ai aucun doute sur mon choix monsieur Mortimer, car je pense que votre esprit est suffisamment affûté pour savourer cette simple romance qui cache bien plus qu'une vulgaire histoire d'amour. Sans doute possédez-vous une grande puissance, peut-être avez-vous eu accès à bien des formes de magie, puissante ou non... Mais je crois que la magie de l'esprit humain, de leurs émotions, est quelque chose qui vous échappe encore... Lisez ce livre et apprenez. Vous pourriez être surpris même par la plus insignifiante des créatures.... »

Et cette fois oui, c'était elle la petite chose insignifiante. Une ombre parmi les ombres de cette ville sombre et mystérieuse. Ayzebel libéra un léger soupir avant de désigner le livre d'un geste de la main.

« C'est l'une des premières édition paru en 1813. Le nom de Jane Austen n’apparaît pas dessus, elle y est juste mentionné comme étant l'auteur de Sense and sensibility.... Quoi qu'il en soit ce manuscrit possède une certaine valeur monsieur Mortimer. »

Jeu 14 Juil - 13:47
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Le client est roi | Mi-janvier 2016
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