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 La famille c'est sacré | début janvier 2016 | Terminé

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Décembre 1978
Heureux événement que tous attendant. Premier enfant de Pryam... Neuf mois d'attentes et comme tout le monde, la banshee avait attendu cette naissance avec hâte. Elle si proche de tout les enfants, symbole de vie pour elle qui n'était que le visage de la mort. Un de plus, un autre qu'elle aimerait de façon inconditionnelle. N'y avait-il pas plus beau cadeau qu'un enfant ? Leur amour si exprimé, n'avait aucune limite et seul les fous ne savaient en profiter. Les Earls... étaient fous. Tous, ou presque. Leur éducation brimait cette beauté que l'ont trouvait dans chacun de ces enfants, manipulé pour devenir des figures de pouvoirs. Et entre leur mains... la mort.

Quand vint le moment de la délivrance, la seul chose dont la famille fut gratifié... fut le silence. Personne n'avait vu l'enfant, Pryam était d'une discrétion absolue. Pourquoi tant de mystère ? Était-il mort-né, ce bébé ? Curieuse petite banshee, elle avait passé les ombres, écouter les murmures... Les voix des morts ne mentent pas. Jamais... Mais savoir avait un prix. La corruption de l'esprit, venin qui s’immisçait dans tout votre être. Le savoir c'est le pouvoir... Mais en l’occurrence cette fois, savoir était de trop. Victoria avait bien donné naissance à un fils, en enfant en bonne santé. On l'avait dit beau bébé, chez les morts... On l'avait dit aussi avec les yeux bleu et remplit d'innocence. Une couleur qui n'aurait jamais dû coloré les prunelles de cet enfant. Un oublié... Un Earl sans magie. Blasphème sans nom... Il n'était pas le bienvenue dans cette famille. Honte sur Pryam dont la seul idée fut de se débarrasser de son enfant. Son fils, son tout petit... Fragile petit être qui ne demandait rien si ce n'est la chaleur des bras de sa mère, dont le seul besoin était l'amour et la bienveillance des siens. Mais parce que la magie l'avait ignoré, on ne lui accordé que le droit d'exister. A peine.

Prudence, dans un élan de courage s'était présenter face à Pryam. Suicide, folie ou simplement décidée, elle s'était tenue droite devant lui pour faire qu'il n'avait pas le courage de faire. Non l'enfant n'était pas vouer à la mort, le plan du patriarche état de confier l'enfant à une autre famille. « Je m'en chargerais. » Avait-elle répliquer sèchement avant que l'enfant ne lui soit mit entre les bras. Chaudement lové dans une petite couverture, endormit et paisible, son premier regard d'amour fut donné par la banshee. Sans un mot de plus, elle avait quitté le château. Le trajet jusqu'au cœur de la ville avait été cours, trop à son goût. Son regard n'avait cessé de fixer le faciès du bébé alors que les doigts froids de la créature caressait sa petite joue. Si beau, si doux... Approchant son visage, Prudence déposa un baiser tremblant sur son front alors que dans le rétroviseur, le chauffeur de la voiture la fixait, sa voix résonnant doucement.

« Mademoiselle... Il est temps à présent. »

Tant de se séparer. Elle ne le voulait pas, elle aurait voulu le garder pour elle, ce petit garçon qui ne méritait rien d'autre que l'amour. Le cœur lourd de regret, elle observa le bébé qui remua, bailla et entrouvrit les yeux.

« Sache qu'il y a au moins une personne qui t'aime, ici... J'ai l'espoir qu'un jour nous nous revoyions. »

La portière s'ouvrit et la femme à la pâle silhouette se glissa hors du véhicule, resserrant sa prise sur l'enfant pour le protéger du froid hivernale. Au moins cette famille aura le plus beau des cadeaux de noël... Montant les marches du perron, c'est dans la pénombre, loin des regards que Prudence sonna à la porte jusqu'à ce qu'une femme n'ouvre, la fixant d'un œil curieuse. Mais elle comprit vite en voyant le bébé dans ses bras, à nouveau endormit. Sans attendre une quelconque invitation,la banshee avait fait un pas en avant, rentrant dans le logis de la famille Evans et déposa dans les bras de la femme, son fils tant attendu. Emue, perplexe, madame Evans avait fixer l'enfant tendrement avait que la voix de Prudence ne brise le silence, froid et dur... comme une Earl digne de son titre.

« Que l'enfant soit choyé, protégé et aimé. Je ne serais jamais loin... Si je vois la moindre trace de tristesse dans ses yeux.... Je jure que pour vous la mort ne sera pas de tout repos. »

Ce fut la seule fois où elle osa menacer quelqu'un. Dans un nouveau silence, sans un regard pour le bébé, elle quitta la maisonnée pour retourner dans le véhicule. Ce fut sans doute l'une des épreuve le plus dur que Prudence eut à affronté depuis sa propre mort.


Combien de fois avait-elle fait irruption dans les parages, observant cet enfant  qui avait trouvé amour et refuge chez des parents qui n'étaient pas les siens ? Pas assez souvent, pas autant qu'elle l'aurait voulu. Prudence l'avait vu changer, sans pouvoir l'approcher, sans pouvoir lui parler. Elle ne le pouvait pas, sous peine de d'éveiller en lui une curiosité que Pryam ne lui aurait jamais pardonné. Alors la banshee était resté loin, mais avoir observé jusqu'à sa majorité. Après quoi, elle avait simplement abandonné pour le laisser aller à sa vie paisible d'oublié. Les années avaient passé, lentement mais sûrement. Pour elle ne temps n'avait plus de signification, elle le voyait simplement agir sur les autres, voyait sa famille s’agrandir, ses membres s'éteindre et venir se lover au creux de ses bras. Même les plus détestable des Earl, à sa mort devenait paisible auprès d'elle. Leurs voix et leur présence était une chose merveilleuse auquel elle s'accrochait chaque jours.

« Père ? Avez vous vu mon chiffon ? Je l'avais mit là il y  a un instant ? J'en suis sûr... »

La silhouette pâle et brumeuse de Cordell se décala doucement alors que son bras se tendit, désignant le tissus crasseux au sol, caché dans l'ombre d'un tombeau. Un léger sourire flotta sur les lèvres de la créature qui se baissa et ramassa le tissus avant de l'agiter tendit qu'elle portait sur le fantôme de son père un regard pétillant et aimant.

« Que ferais-je sans vous, cher papa... »

Oui, des Earl détestable elle en avait vu, Cordell lui même n'avait pas été toujours facile à vivre. Pourtant son père était sans doute l'une des personnes qu'elle avait aimé aussi fort qu'elle avait pu, jusqu'à donner sa vie pour protéger le secret qui entourait son esprit. Cet amour il le lui rendait à chaque instant dans la mort, passant des journées entière auprès d'elle, parfois même des nuits. Il n'avait jamais été plus présent et aimant que depuis qu'il avait rejoins la mort. Alors que la banshee avait reprit son balais, le glissant sur le sol de pierre pour soulever la poussière, une autre silhouette passa au travers du mur. Flottante, c'était une femme plutôt jeune, ravissante aux traits typiquement Earl. Prudence se redressa, posant son regard sur l'esprit dont la plainte résonna faiblement dans le caveau. Un intrus ? La banshee posa son balais contre le mur, dénouant le tablier qui enserrant ses hanches et sa robe grise d'un ancien temps pour retira le foulard gris sur ses cheveux et sortit rapidement, remontant à la surface. Dehors il frais mais doux, ses cheveux laiteux attachés en une tresse se balançant dans son dos, c'est pieds nus sur le sol froid que la femme traverse le terrain. De qui pouvait-il s'agir ? Isha peut-être ? Cette idée était plaisante et semblait la plus logique. Pourtant quand la banshee arriva derrière le château, c'est une silhouette inconnu qui était là. Tout comme pour la réincarnation, elle s'approcha vivement et lâcha à celui qui n'avait pas lieu d'être là.

« Monsieur, ceci est une propriété privée. Je vous demande de partir immédiatement. La famille Earl ne reçoit plus de visite à une heure si tardive. »

Lâcha t-elle simplement à l'attention de l'homme qui lui faisait face. Oui poliment,mais aussi sèchement. Il était pas loin de vingt-trois heure et sauf les couches-tard, la famille se reposait. Qu'est-ce qui pouvait bien poussé cet homme à faire irruption ici. Isha avait prétexter le besoin de s'aérer , de trouver l'inspiration. Et lui, quel serait son prétexte ?

Sam 13 Fév - 14:31
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C'était un risque énorme qu'il prenait là. C'était même pire encore, car la moindre erreur lui coûterait extrêmement cher : sa guerre, son entourage, son esprit, même sa vie quelle que soit la valeur qu'il accorde à celle-ci. Au fond, il s'autorisait une folie, une véritable stupidité, en venant en ces lieux... c'était l'avenir du monde qu'il mettait en gage pour son incertaine survie. Est-ce qu'il en faisait trop ? Sa raison tendait à vouloir l'affirmer, mais il ne parvenait tout simplement pas à s'en convaincre, à s'apaiser, à se dire qu'au fond, peu importait s'il survivait ou non, que cet avenir, il ne le portait pas seul et pêchait par orgueil à ainsi croire que sa disparition pourrait empêcher l'engrenage de tourner maintenant que le mouvement était lancé. Peut-être était-ce tout simplement l'aura de cet endroit qui le perturbait et l'effrayait... parce qu'effrayé, il l'était effectivement, n'essayant pas même de le nier. Poser un pied ici, si proche de sa famille de sang, de l'homme qui avait fait de son existence une misère sociale, des ancêtres qui l'avait rejeté, qui lui avait refusé le don de la magie... « Vous verrez  » souffla-t-il dans le silence nocturne, dissimulé sous un arbre, dans l'ombre d'une obscure nuitée « Vous verrez que je n'ai pas besoin de vous... personne n'a besoin de vous à présent  » Pourtant, ce n'était pas tout à fait vrai. Il n'avait certes pas besoin d'eux en tant que personnes, mais aujourd'hui, il avait besoin de leur essence... de leurs âmes. D'une âme au moins. Ces âmes semblaient, à son avis, les plus compatibles avec la sienne, celles qu'il pourrait utiliser avec la plus grande facilité, réduisant ainsi les risques qu'il encourrait, et qu'il faisait courir aux autres.

Mais pour accéder à ces âmes, il fallait impérativement entrer sur les terres des Earls, dans cette propriété, et s'exposer à un danger plus grand encore. Il l'assumait, mais n'en restait pas moins terriblement conscient de la situation dans laquelle il était. Ce fut d'ailleurs la raison pour laquelle il manqua un battement de cœur lorsqu'une voix s'adressa subitement à lui, brisant le silence, sortie de nulle part. Ses muscles se tendirent, son esprit se glaça, et il referma la main sur le pouvoir qui l'habitait, qui en lui, sommeillait comme un monstre sauvage et féroce. Le gel qui semblait l'habiter depuis quelques temps, et qui n'avait rien à voir avec le froid extérieur, sembla s'intensifier. Sa peau était chaude, et il ne se sentait nullement agressé par le climat alentour, pourtant, il grelottait légèrement, sans savoir exactement de quoi il retournait. Inspirant doucement, il se tourna en se refusant à la hâte et posa des yeux céruléens sur la créature blanche qui lui faisait face. Son souffle, entre eux, produisait une vapeur grise opaque. Sans répondre, il la détailla, perturbé par son apparence, par cette blancheur d'os qu'elle arborait... était-elle albinos ? Mais une albinos ne pourrait pas se tenir et se mouvoir comme elle semblait le faire, il s'agissait de créatures fragiles au sang déficient, qui n'auraient pas supporté d'être si peu habillés dans le froid du mois de Janvier. Est-ce qu'elle prenait des vitamines, un traitement ? Ou alors la magie... peut-être ? Après tout, c'était possible, les Khans par exemple étaient s'il se souvenait, des maîtres en guérison. Après de longues minutes, il nota enfin la fixité de son regard et combien cela avait dû sembler irrespectueux...

Se reprenant, il releva légèrement la tête et consentit à ouvrir la bouche pour émettre autre chose qu'une lourde exhalaison. Pourtant, les mots lui manquaient : qu'était-il sensé dire exactement, que pouvait-il se permettre, en particulier s'il voulait arriver à ses fins... Son esprit tourna encore un peu, à la recherche d'une idée, et il se donna contenance en refermant davantage son col sur son cou. Finalement, il se força à construire une phrase, même basique, sujet verbe complément, afin de ne pas continuer à la regarder en chien de faïence. « Oui, je suis parfaitement au courant » Ce qui, à première vue, n'était pas pour arranger ses affaires, mais il allait bien falloir qu'il développe, à moins qu'elle n'accepte de le laisser aller avec une réponse aussi succincte, ce dont il n'avait guère l'impression. Qui qu'elle soit, personne ne manquait à ce point de bon sens. « C'est même en toute connaissance de cause que je suis là, un rendez-vous ne m'intéresse d'ailleurs pas. Je ne suis pas là pour eux... Mais je vous remercie de me le rappeler  » Il lui sourit, puis s'approcha d'elle et sauta du coq à l'âne sans sembler s'en affliger, sincère dans son intention. « Vous n'avez pas froid ainsi ? Vous n'êtes pas beaucoup vêtue, vous devriez faire attention, on tombe rapidement malade par ce temps, même sans tenter le sort comme ça  » Devrait-il lui donner son manteau ? Ou même simplement son écharpe ? Au point où il en était, user d'un peu d'énergie pour se tenir au chaud ne changerait rien à son état à lui, alors si cela pouvait l'aider... mais il n'osa pas, simplement parce qu'il ne savait que trop bien que l'offre pouvait être mal interprétée.

A la place, il continua, du moins il essaya : « Ecoutez, je me doute bien que je ne suis nullement le bienvenue, mais soyez assurée que je serais bientôt repartis. Je m'en voudrais vraiment si vous attrapiez la mort à me regarder comme ça  »

Mer 17 Fév - 23:11
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Ce regard, elle l'avait vu trop souvent.
C'était celui des gens qui ne comprenait pas ce qu'elle était, celui de la curiosité, de la perplexité, de la surprise. Mais encore ? Pas de trace de dégoût pourtant dans ces yeux-là. Sans doute se questionnait-il sur la créature qui lui faisait face, insistante et calme. Prudence avait déjà désobéi une fois avec Isha, elle n'osait imaginer ce qui se passerait si Pryam apprenait... Hors de question de laisser cela se reproduire. Les humains n'avaient rien à faire sur cette terre de mort, ils ne pouvaient comprendre ce qu'elle cachait, dans son ombre, en son cœur. L'homme resta planté là comme un piquet, sans un mot à la fixer. Comptait-il ouvrir la bouche un jour ? Ou bien simplement partir, l'option qui serait la plus judicieuse. Finalement sa voix s'éleva. Au courant ? Fort bien, qu'il parte à présent, il serait dommage de demander aux esprits de la chasser d'ici... Quoique Cordell y prenne beaucoup de plaisir, assurément. Laissant l'inconnu s'exprimer, la banshee le dévisagea... c'était drôle comme les traits de son visage lui étaient familiers. Où l'avait-elle donc vu, cet homme ? Sa mémoire lui faisait défaut, se mêlant à celle de son hôte. Parfois il était dur de faire le tri, trouver dans quelle vie, à travers qui elle avait vu et subites les choses de la vie. Un simple visage pouvait devenir particulièrement difficile à se remémorer. C'était son cas à lui... Prudence en était certaine, elle l'avait déjà vu... mais où ? Et quand ?

« Si vous n'êtes pas là pur les Earl... Pour qui, alors ? »

Demanda simplement la banshee. Curieuse oui, mais surtout méfiante. Elle doutait fortement qu'il soit là pour les goules et elle n'imaginait pas une seconde où il soit là pour le décor. Son regard n'avait rien à voir avec celui d'Isha dont les yeux avaient été parsemés d'une touche d'imagination, de rêverie, comme ceux d'un enfant. Les siens à lui étaient rieurs... mais Ô combien froid. Immobile, la femme le laissa approcher, relevant le visage pour soutenir son regard. Il soulignait là un détail important dont il semblait s'amuser... Elle n'avait pas froid, non. C'était une certitude. Chevelure au vent, la créature immaculée observa cet inconnu qui déclenchait plus de méfiance que quiconque ici et souffla à son encontre.

« Je ne crains pas le froid... Et la mort encore moins.»


Lâcha-t-elle dans un souffle mielleux et doux qui se perdit à travers le vent frais de l'hiver. Vraiment, où avait-elle vu ce visage? Et ce regard d'un bleu si intense. Il aurait été si facile de s'y perdre, comme lorsque l'on observe la mer du haut des falaises. Pas effrayer pour un sou, Prudence le fixe, le juge en silence, observant ses gestes, écoutant ses mots. Il ne semble pas hostile, c'est là une bonne chose. Mais s'il y avait une chose qu'elle avait apprise avec le temps, c'était de ne pas se laisser avoir par les apparences. Le vent souffle à nouveau, déversant sur eux une brise plus fraîche encore. Pourtant la jeune femme ne bronche pas, ses pieds nus restant doucement enfoncé dans la terre humide et froide. Inquiet ? Voilà qui était surprenant. Ou bien était-ce la simple politesse ? Galanterie ? Sincère ou non, ce n'était que de la poudre aux yeux pour détourner son attention. N'est-ce pas ? Elle ne devait pas être bien loin de la vérité...

« En effet, vous n'êtes pas la bienvenue. Ne le prenez pas personnellement, personne ne l'est en ces lieux. Encore moins lorsqu'il s'agit d'une intrusion tardive. Je suis curieuse de savoir ce qui peut pousser un homme à rester là dans le froid, fixant avec ardeur le château des Earl.... »

Un léger sourire mutin se dessine sur le faciès pâle de la créature. Qui sait, peut-être obtiendrait-elle la réponse avant de le jeter hors d'ici.

« Qu'est-ce donc... ? Simple curiosité ? Rancoeur personnelle, peut-être... ? Dites-moi... quel est votre nom, étranger ? Que je sache au moins qui a la folie ou le courage de braver le froid et les ténèbres du domaine Earl. »

Ven 19 Fév - 0:03
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Pour qui était-il là... bonne question effectivement. Lui-même n'était pas tout à fait certain de la réponse. Il n'était pas là pour voir les Earls, ça c'était certain. La logique la plus élémentaire excluait cette possibilité, puisque rencontrer ceux qui, en cette demeure, résidaient, signifierait au mieux un combat acharné, et au pire la mort. L'analyse de l'intérêt social de la chose n'était guère plus brillante puisqu'il n'avait aucun lien réel avec les habitants du château, si l'on omettait son père... mais il ne voulait pas voir son père, il voulait le tuer, ce n'était certainement pas la même chose. L'idée même de se trouver dans la même pièce que lui pour autre chose qu'un duel lui hérissait le poils, et le glaçait tout à la fois. Mais en y pensant, la sensation était beaucoup plus complexe que cela, à son idée du moins. C'était un mélange de beaucoup de choses, et être complètement honnête avec lui-même à ce sujet était terriblement difficile. En repensant à son échange avec Morghann, il ne pouvait pas nier, intérieurement, que cela le rongeait que d'être opposé à son père, ce que Pryam devait parfaitement savoir. Il restait son père biologique. Sans doute aurait-il été moins important s'il n'avait pas conservé une certaine présence dans sa vie, mais ne rien être du tout ? Non, ça c'était faux. Les trois quart du temps ça faisait tout de même quelque chose. On pouvait ne pas le comprendre, ou même l'ignorer, ignorer la cause ou l'effet, mais c'était bien là, c'était bien présent, qu'on le veuille ou non. Et il ne dérogeait pas à la règle. Penser à Pryam l'irritait, le tendait, l'attristait et l'amusait sombrement... et plus encore. Jamais il n'avait osé analyser ce qu'il ressentait en profondeur, ayant bien trop de crainte à mettre le doigt dans un engrenage piégé duquel il ne pourrait se défaire. Peut-être se pencherait-il sur tout cela lorsqu'il l'aurait vaincu, lorsque Pryam ne serait plus une menace ni pour lui ni pour la communauté du Secret. En attendant, une autre question difficile se posait à lui.

Pour qui était-il ici ? Pour lui-même peut-être. Il était toujours possible qu'il s'agisse d'un sursaut de dignité personnelle, un sursaut d'instinct de survie... La mort ne lui faisait pas peur, pas en elle-même, du moins, elle ne lui avait jamais fait peur jusqu'ici. Il n'avait jamais voulu mourir évidemment, ce n'était pas exactement cela, mais il avait fait la paix avec l'idée du trépas, et savait qu'il avait également des chances de revenir. Ce n'était pas réconfortant du tout, en un sens, parce que la mort était un repos solide et attrayant à de nombreux égards. Mais cela avait néanmoins des avantages, et la logique voulait donc qu'il favorise l'idée. Peu importait, il ne se laissait pas mourir, pas tant qu'il avait à se battre, et c'était un autre aspect de la survie qui pouvait donc jouer en ces instants. S'il devait périr, ne serait-il pas plus propre de mourir correctement et en étant lui-même ? L'âme qu'il utilisait et brûlait était plus dangereuse qu'il ne l'avait pensé. Elle était sauvage et furieuse, et leurs points commun étaient au final peu nombreux, ce qui réduisait sa capacité à l'influencer et à la juguler. Son entourage n'était pas le seul en danger, lui aussi l'était. Son âme était affectée par les miasmes de sa congénère, et s'il possédait une seule chose qui ai réellement de la valeur, c'était bien son âme immortelle, celle qui le différenciait des monstres, des créatures, qui lui permettrait d'accéder à l'enfer ou au paradis, ou même de se réincarner. Elle était l'essence même d'une grâce supérieure et d'une volonté d'outre-monde de faire de cette frêle race humaine une étoile avec d'infinies possibilités, qu'à son sens, même le monde du Secret ne faisait qu'effleurer. Lui-même n'imaginait même pas la portée exacte de ce qu'était l'âme, de ce qu'elle permettait... mais il savait que c'était une chose terriblement précieuse, et il l'avait volontairement mis en danger, pour sa campagne. Et pourtant aujourd'hui, il doutait quelque peu du bien fondé de ce choix. Alors oui, peut-être était-il là pour lui...

« Bonne question » souffla-t-il donc, avec honnêteté, les traits légèrement tirés en une expression sensiblement pensive. « En fait je ne suis pas certain de le savoir. Je sais pourquoi je suis venu, mais pour qui... c'est une autre question » Il secoua légèrement la tête, comme pour chasser l'idée, alors qu'elle poursuivait et tandis qu'il l'écoutait, il ressentit une grande lassitude l'envahir, pourtant vite chassée. Ce n'était certainement qu'un autre effet secondaire de son état, rien de plus. Et il ne pouvait pas passer des heures à s'en inquiéter, on attendait une réponse de sa part. Drôle de question pourtant, le choix des concepts étaient saugrenus en un sens, au regard de la situation... étaient-ce les réclamations des visiteurs habituels qui la conduisait à l'interroger sur cela avant tout le reste ? La curiosité, encore, il comprenait, avec tous les secrets et les mystères dont se paraît la famille, il paraissait évident que des individus se sentant une âme d'aventuriers décident de venir jeter un œil. Il ne savait pas exactement ce qu'ils pouvaient alors attendre, une silhouette lointaine ? Une lueur ? Un mouvement ? Une goule ? Qu'est-ce que lui-même pourrait espérer voir, percevoir, à leur place ? Oui, peut-être un bref fragment de la vie des habitants, juste pour savoir si cette noblesse surannée vivait comme de simples mortels ou non. Il serait certainement déçu par ce qu'il verrait... il avait été déçu, en un sens, lorsqu'il avait commencé à en apprendre plus sur eux. Il avait également était désarçonné parce qu'il avait vu et engrangé. Quant au reste, à la rancœur... elle n'était pas personnelle, si ce n'était à l'égard de son père. Et un peu de ses frères, évidemment. On ne pouvait guère le lui reprocher. Et pourtant, ce n'était pas cela non plus qui l'avait amené ici, sauf si l'on considérait la part forcément symbolique qu'avait le geste qu'il comptait entreprendre.

« Cela étant... je ne pense pas être fou ou courageux. Certainement pas courageux, en fait. Et vous ? Ce n'est pas n'importe qui, qui affirme ne pas avoir peur de la mort et le froid. Est-ce parce que vous côtoyez les Earl ? Mais ce n'est certainement pas suffisant si ? Je veux dire, en général c'est une peur viscérale... » Lui-même sentait le froid, de loin. Il remontant son écharpe autours de son cou à cette pensée. Les épaules légèrement en avant, il s'adossa à l'arbre près de lui, en reprenant la parole : « Et puis... ne pas craindre quelque chose ne veut pas dire que l'on doit forcément s'y exposer. Un peu comme lorsque l'on joue à invoquer Bloody Mary. Ou lorsque l'on sait qu'un champignon est venimeux.... » Ou quand on venait fureter près du château des Earls en étant l'ennemi numéro un de son propriétaire. Mais il se redressa, semblant ne pas vraiment attendre de réponse. Son regard passa de la jeune femme pâle au château en question, puis à l'ensemble du parc qu'il embrassa du regard. Il savait à peu près où se trouvaient les caveaux, il valait mieux qu'il arrête de traîner et qu'il se remette sur les rails de ses plans... les âmes l'attendait. « Bien... je vais devoir prendre congés de vous mademoiselle, j'ai encore à faire avant de repartir, je ne peux pas rester discuter » S'approchant, il lui prit la main et y déposa un baisé, petit geste autant courtois que taquin, en rappel aux manières anciennes des Earls qu'elle devait probablement servir. « Je m'appelle Anthony. Bonsoir à vous ! » Et sur cela il amorça le geste de s'écarter pour marcher vers les tombeaux... et s'arrêta un instant, se tournant à demi vers elle « Et vous ? » Il reprit sa marche « J'aime tout de même savoir qui je rencontre, surtout lorsque c'est une personne aussi étrange que vous » Il ne regardait pas vraiment où il allait et glissa légèrement, souriant de sa propre maladresse avant de reposer enfin les yeux sur la route à suivre.

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Sam 27 Fév - 18:17
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Pour qui ? Il ne savait pas. Il doutait.
Prudence avait-elle touché un point sensible ? Était-il sujet à la remise en question ? Ils étaient si peu à l'écouter, prends en compte ses paroles que la banshee fut déstabilisée durant un instant en voyant cet inconnu prendre ses mots en considération. Ce fut agréable, bien qu'elle n'en oubliât pas pour autant qu'il était un étranger ici, un potentiel danger face à cette guerre qui se préparait dans l'ombre. Rares étaient ceux qui osait pénétrer cette terre qu'était le domaine des Earl, plus étaient ceux qui le faisaient sans peur. Qu'est-ce qui pouvait pousser cet homme à rester là, la nuit, dans le froid à observer ainsi le château. Peu importe sa raison, c'était forcément sérieux. Prudence resta face à l'inconnu qui porté par sa curiosité, la questionnait sur sa nature. Son absence de peur, ne pas craindre le froid sans oublier son physique atypique éveillait forcément les soupçons. Pourtant il ne semblait pas effrayé, bien au contraire. Quelle personne terriblement curieuse il était ! Intérieurement elle s'en amusait alors que l'homme parlait des Earl et de la peur viscérale qu'il engendrait chez les gens. Prudence eut un faible sourire, baissant les yeux et souffla.

« J'ai vu pire qu'eux, dirons-nous. »

Ce démon qui avait ôté la vie à son père. Les Earl étaient certes puissants, mais ils n'étaient pas immortels. Ils n'étaient que des hommes contrairement à ces créatures puissantes qui se cachaient dans l'ombre. C'était là, toute la différence. Après tant de siècles à arpenter le monde des vivants, Prudence avait eu l'occasion de voir au-delà des apparences. Un faible rire passa les lèvres de la jeune femme alors qu'elle ajouta à nouveau face aux paroles du réanimateur.

« Vous avez bien raison, ne pas craindre quelque chose ne signifie pas devoir s'y exposer... Cela est bon pour les vivants, pas pour les morts. »

Voilà un petit indice pour lui. Attiser sa curiosité ou bien à l'inverse, lui donner un os à ronger. Quoi qu'il en soit, il avait là quelque chose sur lequel cogiter, c'était sans doute une façon de détourner son attention des Earl et du château. En espérant évidemment que ce soit le cas, avec tout cela, elle ignorait toujours la raison de sa présence dans les parages. Mais la bonne nouvelle est qu'il se présenta, lâchant un prénom auquel elle ne s'était pas attendu. Crispée comme jamais, elle laissa l'homme saisir sa main et embrasser le dos de celle-ci alors que la banshee sentit le monde s'écrouler autour d'elle. Ces yeux bleus, ce faciès qui lui était familier... C'était lui. Incapable de réagir, la femme laissa mollement son bras retomber le long de son corps tendit que l'homme s'éloignait avec le sourire, manquant de glisser dans la neige. Cette simple vision lui rappelait celle de ce petit garçon qu'elle venait parfois observer en cachette, voir s'il était heureux, s'il grandissait bien. Loin des ténèbres de ses Earl...

« Anthony... Evans ? »

Souffla-t-elle à son intention, la voix tremblante. Oh ce nom elle l'avait évidemment entendu depuis cette histoire de réanimateur. Et c'était lui, ce petit garçon adorable, ce bébé qu'elle avait chaudement tenu dans est bras un soir d'hiver pour le confier à des gens qui n'étaient pas sa famille. Prudence retint son souffle, le cœur terriblement lourd et murmura.

« Mon nom est... Prudence. »

Un nom qui ne lui dirait évidemment rien. Elle n'avait jamais fait partie de sa vie... Relevant le visage, la créature immaculée porta un regard triste sur la silhouette de cet homme accusé de crimes abominables. Comment ce petit garçon souriant et si vivant en était venu à de tels actes ? Qu'est-ce qui s'était passé ? Comment avait-il fini par savoir qu'il était un Earl ? Trop de questions sans réponse. Prudence s'élança à son tour, ses pieds nus martelant le sol avant qu'elle n'agrippe le bras d'Anthony, le forçant à se retourner. De sa main libre, elle porta ses doigts à sa bouche, étouffant un faible gémissement qui trahissait une envie de pleurer. Bien que son regard fût humide, trahissant une vive émotion, aucune larme ne coula, seuls ses mots résonnèrent alors que sa main s'abaissa doucement.

« La dernière fois que je t'ai vu... tu sortais de l'adolescence, à mi-chemin pour devenir un homme... je me souviens encore la première fois que je t'ai vu faire du vélo... et quand tu as mis les pieds à l'école quand tu avais trois ans... »

Tant de souvenir qui remontaient. Lentement, elle relâcha le bras de l'oublier et souffla tristement.

« Et... la dernière fois que je t'ai touché, la seule fois où j'ai pu le faire... c'est quand je t'ai dit qu'il y avait... une... personne ici... qui t'aimaient sincèrement. Avant que je ne te mette dans les bras de madame Evans. »

Son cœur lui faisait un mal de chien. Pour la première fois depuis ce jour évoqué, Prudence aurait aimé être morte pour de bon, simplement pour ne pas avoir à ressentir cette douleur émotionnelle qui pesait sur son âme depuis trop longtemps.

« Je n'ai jamais oublié ces magnifiques yeux bleus. »

Dim 28 Fév - 16:35
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Comment cela, pas pour les morts ? Enfin certes... les morts ne craignaient pas grand chose, évidemment, puisqu'ils étaient morts. Le trépas était un repos que l'on ne pouvait guère troubler, à moins d'être un nécromancien ou une de ces figures bibliques qui se croyaient meilleures que les autres. Mais il ne voyait guère ce que cela venait faire dans la conversation, si ce n'était peut-être l'influence Earl. Oui, sans doute était-ce cela. Ça paraissait le plus logique. Bon c'était également un peu stéréotypé que de penser que les membres de cette maisonnée ne pouvait que céder à l'idée de philosopher sur leur domaine de prédilection... et en même temps, il ne pouvait s'empêcher de s'imaginer en s'amusant ce que pouvait bien être les services des domestiques dans un tel univers. C'était sans doute très enfantin que de penser que des goules jaillissaient des murs comme des diables de leurs boites, mais en un sens, il ne pouvait qu'avoir conservé une part de ses illusions enfantines et ce n'était sans doute pas plus mal, puisqu'à côté de cela on l'avait bien trop tôt douché de bien des utopies humaines. Peut-être était-ce en partie ces illusions enfantines qui lui permettaient également de continuer à croire aux hommes et au bien qu'ils pouvaient accomplir. Curieux, il l'était, mais il ne fit aucun commentaire, ne sachant trop comment répondre à pareille chose... et ne le voulant sans doute pas pour moitié. Il ne pouvait se permettre de laisser son esprit voguer vers d'autres cieux pour le moment, c'était la froide étreinte de la terre tombale qui l'attendait.

Mais qui, de toute évidence, attendrait encore un peu. Elle répétait son nom, mais au ton sur lequel elle le faisait, il semblait bien qu'elle allait être l'une de celles qui le fuyait... Impossible de l'en blâmer, évidemment, et pourtant, cela lui pesait. Tout ce qu'il accomplissait, il le devait, mais n'y prenait nul plaisir, n'y trouvait nulle sérénité. Lorsqu'il avait affirmé à Diederich qu'une fois tout cela terminé il paierait pour ses crimes, il ne mentait pas. C'était sa ferme intention, que de pouvoir enfin expier ses crimes lorsqu'il ne porterait plus le monde sur ses épaules... Jusque là pourtant, il se devait d'accepter certains sacrifices que d'aucun refuseraient. Jusque là, il devait prendre sur lui et accepter les réactions outrées ou effrayées qu'il provoquait. Après tout, n'avait-il pas vécu bien pire que cela ? Il avait vécu pire que cela, il ne devait pas l'oublier. Il ne fallait rien oublier. Peut-être devrait-il demander à Morghann de lui dire les noms de toutes ses victimes, la prochaine fois, ainsi il pourrait leur dédier leur place dans le monde qu'il souhaitait créer. « Prudence ? » Elle était tout de même plus composée que beaucoup, et il la récompensa d'un sourire sincère « C'est un nom ancien, qu'on ne trouve plus beaucoup. Est-ce ce que l'on vous destinait ? » Se rendant compte après coup que la question pouvait sembler obscure, il expliqua « Dans certaines contrées, on donne un prénom à son enfant selon ce que l'on espère qu'il sera plus tard, souvent en l’occurrence en souhait d'une qualité particulière »

Néanmoins, cela ne semblait pas suffire à détourner son attention. Elle semblait décidément très affectée, triste et bouleversée, et il avouait avoir du mal à comprendre exactement la raison de cette fébrilité. En un sens, c'était très perturbant, puisque lui-même n'était pas forcément prompte aux effusions d'un tel genre... et surtout pas quand il ne comprenait pas ce qui se passait. Néanmoins, une part de lui restait inquiète pour cette femme qui semblait prête à s'écrouler dans la seconde sous le poids des sentiments qu'elle affichait sans la moindre discrétion. Hm non, elle ne pouvait aucunement être une Earl, mais s'en était à un point où il se demandait même si elle était réellement domestique au château... La suite le détrompa autant qu'elle l'emplit de méfiance et de perplexité. Le contact le tendit davantage, mais il ne fit rien pour s'éloigner, l'observant simplement avec intensité, essayant de comprendre quel tour elle essayait de lui jouer... était-elle de mèche avec Pryam ? Son père l'avait-il finalement repéré et lui tendait-il un piège quelconque ? Ou bien était-ce une sorte de mauvaise blague ? Si c'était le cas, dans l'un comme dans l'autre, il n'allait pas aimer du tout et elle non plus... Qu'essayait-elle d'insinuer exactement ? Qu'elle l'avait vu avant son exile ? Elle ne pouvait pas être si vieille, elle semblait plus jeune que lui... « Le bleu de mes yeux n'est pas naturel » fit-il finalement, après un long moment de silence perplexe et inquisiteur.

C'était parfaitement vrai, il avait certes eut les yeux bleus, mais ils ne l'étaient désormais qu'en raison de l'âme qu'il utilisait... mais elle ne pouvait pas le savoir. Il reprit, d'une voix égale : « Ecoutez Prudence, je ne voudrais pas paraître insensible mais non seulement je ne sais pas de quoi vous parler, mais je trouve de mauvais goût que vous tentiez d'user de mon passé... de toute évidence vous êtes une affidée de Pryam... je devrais vous éliminer... mais je ne le ferais pas, même si cela me met en danger. Vous devriez vous en aller avant que je ne change d'avis... parce que vos paroles m'en donnent tout de même énormément l'envie » Il ne fallait pas jouer avec ce genre de choses, non vraiment pas. C'était bien trop délicat... et douloureux « On m'a bien assez conté ma naissance comme cela, je n'ai pas envie que quelqu'un d'autre prenne des libertés avec mon passé » Fronçant sensiblement les sourcils et recula d'un pas. « Il y a encore un instant vous ne saviez absolument pas qui j'étais, et subitement si ? » Léger mouvement de la tête « C'est tout de même un peu dur à croire, je pense que vous le comprendrez... Allons, allez... »

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Jeu 3 Mar - 19:14
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Il ne la croyait pas. Pire, qu'il croyait à un mauvais coup de Pryam.
Était-elle donc si peu crédible dans les paroles qui n'étaient pourtant que vérité ? Prudence en fut gêné, fixant Anthony avec perplexité et inquiétude. Elle aurait dû s'y attendre, la méfiance éprouvée envers les Earl était normale, surtout après avoir été rejeté, abandonné, pour le simple fait d'être différent. Cela voulait-il dire pour autant que tous étaient d'accord avec cela? Pourquoi Anthony ne pouvait imaginer qu'ici, quelqu'un avait pu se soucier de lui ? C'était pourtant le cas, Prudence s'en était soucié comme de tous les autres enfants Earl qui venait au monde à chaque nouvelle génération. À ses yeux, sa vie avait été aussi précieuse que celle de ses frères, de ses cousins et cousines. Il ne pouvait en être autrement.

« Je... Non, Anthony tu te méprends complètement... »

L'éliminer? Qu'il fasse donc. Morte elle l'était déjà et combien de fois avait-elle dû subir la mort de ses hôtes en presque sept siècles d'errance parmi les vivantes ? La mort elle la connaissait mieux que personne, elle l'avait subi de toutes les façons possible et inimaginable. Maladie, meurtre, vieillesse... Une de plus ne ferait aucune différence. Peut-être même serait-elle plus douce entre les mains d'Anthony. Ou peut-être pas. Allez savoir, elle en savait si peu sur lui. N'était-il pas accusé des pires atrocités qui soient ? Pourtant, Prudence n'avait en tête que ce magnifique bébé qu'elle avait tendrement serré dans ses bras avant de devoir le confier à d'autres.

« J'ignore qui t'a raconté ta naissance... mais visiblement certaines choses ont été oubliées. Volontairement ou non, mais pose toi les bonnes questions... Pryam ne t'a pas déposé chez les Evans... Et je doute qu'un bébé de quelques jours puisse s'y rendre de lui-même. Alors réfléchis, ne t'es-tu jamais demandé qui t'avais emmené là-bas ? Si les Evans sont toujours vivants, demandent leur à quoi ressemblait la femme qui t'a mis dans leurs bras. »

Respirer devenait difficile. La peur, la nervosité... le cœur de son hôte battait à tout va dans sa poitrine, au rythme de la foule de sentiments qui se bousculaient en elle. Avec plus de douceur, la banshee posa son regard délavé sur l'oublié et souffla.

« Le fait que Pryam n'est pas voulu de toi ne signifie pas que tous pensent comme cela. Si cela n'avait tenu qu'à moi, je t'aurais gardé. Élevé comme mon fils. Mais il était hors de question pour lui de t'avoir sous les yeux, penses-tu... »

Prudence n'avait jamais manqué de respect à Pryam, elle s'était même bien gardé de partager ses pensées avec le reste de la famille. Même pas avec les mots qu'elle chérissait, ni même avec Cordell. Personne. La vérité était qu'elle aussi craignait Pryam. Viscéralement. Elle en avait toujours eu peur. Le cœur lourd, la créature immaculée sourit tristement à l'oublié et murmura.

« J'aurais aimé que tout soit différent pour toi... Je l'ai souhaité si fort. Tellement souvent. J'espérais que ce petit garçon délaissé puisse avoir la vie dont il rêvait. En soi, être loin des Earl était sans doute la meilleure chose qui pouvait t'arriver... Mais, pas comme ça. Pas par un abandon. »

Il allait partir. C'était mieux ainsi, Prudence n'avait pas l'intention de le retenir plus longtemps. Pourtant une dernière question lui vint, une question qu'il était bon de se poser. Dans la hâte, elle fit un pas vers Anthony, capturant son regard du sien et demanda.

« Avant que tu ne partes... je... je voulais savoir... Comment as-tu appris que tu étais un Earl et le fils de Pryam ? »

Lun 7 Mar - 17:58
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Il se méprenait ? Vraiment ? Mais en même temps si elle lui mentait, elle n'allait certainement pas le lui dire ouvertement et se réclamerait d'une altruiste vérité, d'une piété filiale réelle et affirmée. Aucune réponse n'y fut apportée, que pouvait-il bien y répondre ? Il n'avait aucun moyen de savoir si elle disait la vérité… il n'avait aucun moyen de dissiper le doute de façon totale, aucun moyen d'éviter de la soupçonner. On avait bien trop veillé à ne lui laisser aucune échappatoire et au final ? C'était salutaire. Mieux valait se méfier de tout et ne jamais s'abandonner… ne jamais offrir son dos à qui que ce soit, ou faire du geste un piège pour les détruire, ces individus qui se voulaient ses prédateurs. Cela participait de sa survie, de qui il était, pour le bon comme pour le mauvais. Et sa méfiance, sa paranoïa même, il l'admettait, lui disait qu'une apparence d'innocence serait parfaite pour espérer dissimuler la laideur de l'inimité. Son amertume et son sens de l'ironie étaient quant à eux parfaitement certains que c'était à minima efficace… il avait du mal à se convaincre de la supprimer, même si l'âme pulsant encore en lui n'aurait certainement aucun scrupule à la vaporiser. Tout à ses conflits internes, il l'observait toujours, lui laissant par la même occasion une chance de poursuivre, et pourtant il n'écoutait pas complètement, occupé à contempler la profondeur du marasme que les manigances d'un seul avait créé.

Néanmoins, il fit remarqué, en un instant où il se tournait davantage vers elle : « Je n'ai pas dis que personne ne s'était occupé de moi, mademoiselle Prudence, j'ai juste dis que je n'avais aucune raison de croire qu'il s'agisse de vous et qu'il était bien trop simple de vous attribuez ce mérite… je n'ai aucun moyen de vérifier ce que vous me dites » Ce qui était après tout parfaitement vrai. On pouvait lui dire à peu près n'importe quoi en lui demandant de se baser sur la bonne foi d'une personne… il n'était pas forcé d'y croire. Et il n'y croyait pas, présentement, n'ayant pas de pouvoirs magiques pour dissiper le doute. Il restait de marbre en l'observant, et pourtant il ne mettait pas plus de distance entre eux, pas physiquement. Il ne se refermait pas plus, ne reculait pas… il restait là où il s'était arrêté, ses yeux bleus brillants et une esquisse de sourire aux lèvres. A bien des égards, il n'avait pas changé tant que cela. « Une domestique m'aurait élevé ? Et comment auriez-vous fait je voue prie alors que vous vous présentez en l'instant pieds nus et presque nue dans le froid de l'hiver le plus rigoureux du siècle ? » c'était mauvais et gratuit, et il le vit immédiatement. Qu'elle veuille lui faire croire à tout cela ne signifiait pas qu'il devait la traiter ainsi. Se rembrunissant et laissant son souffle s'échapper lentement, il se redressa.

Non ce n'était pas très gentil de sa part, même si c'était faux. C'est pourquoi il décida de ne pas la tuer… « Tout le monde aimerait que les choses soient différentes. On a rarement ce que l'on désire. Moi aussi d'ailleurs, j'ai rarement eu ce que je désirais » Finalement elle n'était sans doute pas affidée de Pryam… mais ça ne la blanchissait pas pour autant. La seule différence résidait dans l'identité de la personne à laquelle elle pouvait répondre et… et bien des informations qu'elle possédait. A moins qu'elle ne lui joue un tour de maître évidemment… En était-elle capable ? Avait-elle l'étoffe d'une tragédienne ? Il tendait tout de même à ne pas y croire, au vu de sa façon d'être. Elle aurait mieux joué que cela si ça avait été le cas. Ce n'était pas la panacée mais au moins, si elle n'était pas là sur les ordres de Pryam c'était suffisant. Aussi répondit-il à sa dernière question, pour s'assurer de ce qu'il entrevoyait soudain… « C'est lui qui me l'a dit, lorsqu'il est venu me trouver » Le souvenir n'était pas le plus déplaisant, mais certainement pas le plus plaisant, à mi-chemin entre tout les sentiments les plus complexes et les plus contradictoires… il avait eut peur et il avait été soulagé, il avait été terriblement blessé mais en même temps un poids lui avait été ôté, il avait espéré et désespéré tout à la fois… et tant d'autres choses, moins radicales mais non moins impérieuses.

« Il m'a dit cela et d'autres choses également. Etrange que vous ne soyez pas au courant vous qui semblez me connaître… je jurerais que mon père n'est pas exactement un homme qui passe inaperçu. Il a visité ma famille d’accueil lorsque j'ai commencé mon adolescence » Il haussa les épaules malgré l'importance du sujet, ne voulant pas vraiment continuer sur cette pente, continuer dans parler. Ce n'était pas bon de le faire, et encore moins ici… c'était funeste et dangereux. Regardant de droite et de gauche justement pour s'assurer que rien ne venait les épier, il poursuivit après un bref instant… « Il se trouve que je n'ai pas vécu si loin des Earls que cela. Malheureusement en un sens. Je crois qu'au fond j'aurais préféré ne jamais avoir affaire à eux, ma vie aurait été différente et certainement plus heureuse. Moins véridique, moins pleine de sens, mais plus paisible… »  


Mar 8 Mar - 23:04
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Une domestique...
Il était bien un Earl pour croire cela et le dire sans une once de gêne et même pour le plaisir de faire mal. La pomme n'était pas tombé bien loin de l'arbre... Face à Anthony, Prudence ne s'offusqua pas de cette insulte qu'elle avait entendue bien trop de fois. Dans la mort et surtout après tant de siècles de vécu, il y avait peu de chose que la Banshee pouvait mal prendre. Loin, elle était loin de tous ces gens et la haine qui les rongeait, de ces ombres qui gangrenaient leurs esprits et leur cœur, jusqu'à leur âme. Seul un sourire humble et discret se dessina sur le faciès de la pâle créature qui joignit ses mains sur son ventre et inclina doucement la tête face à l'oublié.

« Heureusement que la misère n'a jamais empêché une mère à faire son devoir et n'a jamais freiné son amour pour ses enfants. Je doute que le fait de braver le froid m'auraits empêché de faire ce travail moins bien que madame Evans.»

Mère, certes elle ne l'était pas et ne le serait jamais à moins d'adopter un enfant. Pourtant auprès des jeunes Earl c'est un rôle qu'elle tentait au mieux de tenir là où leurs parents imposait une éducation stricte, elle n'était que tendresse et amour pour eux. Elle savait à ses dépens que la vie était trop courte et que tout enfant, peu importe sa condition, avait ce besoin d'amour pour un développement normal. Malheureusement chez les Earl, l'amour était une notion particulièrement abstraite. Quoi qu'il en soit, Prudence resta calme, souriante et ne se laissa nullement atteindre par les médisances d'Anthony. Lui plus que quiconque avait toutes les raisons du monde d'en vouloir au monde entier. Elle ne pouvait le blâmer de cela... N'en avait-elle même voulu à Cordell lorsqu'il s'était jeté tête baissée dans le défis du démon en sachant très bien qu'il courrait à sa perte. Mais son ego avait été trop grand, il avait été prêt à abandonner sa fille pour prouver que les Earl étaient meilleurs. Finalement pour causer leur mort à tous les deux... Était-ce là ce qu'elle retrouvait chez celui que l'on nommait le réanimateur ? Ce besoin de montrer qu'il était meilleur que son père ? Ou bien n'était-ce là qu'une stupide histoire de vengeance pour exprimer une souffrance plus grande encore ? Une tendre pensée se glissa pour les jumeaux, Howard en particulier qui depuis enfant vivait avec ce poids sur les épaules, préparé à prendre la succession de Pryam. Anthony ne réalisait sans doute pas que dans son malheur, il était le plus chanceux des trois.

Toujours d'un silence de mort, Prudence observait Anthony encore et encore, incapable de se détacher de l'image du bébé qu'elle avait si tendrement tenu dans ses bras froids. Ces instants volés à l'observer faire sa vie de petit humain loin du mal et de la magie, loin de l'influence des Earl et du pouvoir sombre qu'ils détenaient. Loin de Pryam. Pryam... C'était donc lui qui était venue voir Anthony, lui brisant ainsi la sérénité de sa vie pour le propulser dans ce bourbier macabre ? Les épaules de la Banshee retombent doucement et lentement elle porte une main à son visage, secouant la tête en signe de négation. Pourquoi m'avait fait cela ? Lui qui n'avait même pas supporté la vision de son fils sous prétexte qu'il était né sans magie. Qu'est-ce qui avait pu le pousser à se montrer à Anthony pour lui cracher la vérité au visage, briser ainsi sa vie ? Pryam ne faisait jamais rien sans raison, elle était prête à parier que cette raison avait un lien avec celle qui l'avait poussé à épargner la vie de son enfant à sa venue au monde. Mais quoi ? En quoi un oublié pouvait être utile à Pryam ? En rien. Non, ce n'était pas l'oublié qu'il voulait... C'était le fils caché derrière l'oublié. Probablement. C'était sans doute la seule raison. Mais si c'était le cas, Pourquoi ? Pryam n'était pas du genre à montrer son amour à ses enfants, si t'en est qu'il en éprouvait... Un casse-tête qui donnait la migraine à la banshee. La femme soupira longuement avant de fixer le réanimateur, une expression de profonde lassitude peint sur le visage.

« Je ne suis pas au courant de tous les faits et geste de Pryam, de même que je ne te rendais visite en secret que... quelques fois, parfois il s'écoulait des années entre mes visites. »


C'était avec honte qu'elle avouait cela. Plus, oui elle aurait dû venir le voir plus souvent. La créature baissa les yeux, inspirant longuement puis saisit entre ses doigts sa lourde tresse immaculée alors qu'Anthony donnait raison à ses paroles. Oui, sans Earl sa vie aurait été infiniment meilleure. Certes, avec une grande part de mensonge, mais ensuite ? Le prix de la vérité était trop lourd à payer. Prudence leva les yeux pour jeter un regard triste à cet homme brisé et souffla.

« Ce n'est pas trop tard Anthony... Tu peux encore partir. Tu peux encore faire ta vie loin de lui ! Faire ce que nous ne pouvons pas faire. »

Se rapprochant à nouveau, elle le saisit par les épaules. Sans peur ou par folie, peu importe, elle le fit pour plonger son regard dans le sien.

« Tu peux aller où tu veux, loin de la noirceur de cette famille... Va, fait ta vie tranquillement, trouve-toi une femme fait lui des enfants... Tu as cette chance que nous n'avons pas Anthony. Abandonne cette croisade inutile, tu ne peux pas gagner contre Pryam, ici c'est son territoire, la magie il est né avec, comprend son raisonnement, son fonctionnement, cela coule dans ses veines. Ni la mort ni la noirceur ne les atteint, parce qu'il est dès leurs... Tu ne pourras jamais le battre à ce jeu-là. Jamais. »

Lentement elle le relâcha, reculant vivement en levant les mains en signe de paix. La banshee s'était laissé emporter par ses émotions, oubliant le danger qu'Anthony représentait.

« Pardonne-moi... Moi je n'ai pas la force de lui tenir tête. Je ne le pourrais jamais. Le plus triste est que je l'aime, comme j'aime chaque membre de cette famille... Ils sont ma famille, Anthony. Et tout comme toi, il aurait été plus simple si je n'avais été qu'une domestique. »

Lourde révélation, qui aurait sans doute des conséquences.

Sam 12 Mar - 13:11
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Était-elle simplette ? Non, peut-être pas simplette, mais elle ne voyait clairement pas le problème, ça c'était certain quoi qu'il en soit. Il faillit répondre, simplement pour corriger, d'un point de vue parfaitement logique et raisonnable, la mécanique de pensée qu'elle utilisait. Mais qu'importait ? Dans l'absolu, cela importait effectivement, surtout si elle se mettait en tête d'adopter n'importe quel enfant qui aurait le malheur de lui tomber sous la main. Le devoir d'une mère était de garder ses enfants en vie, hors si la prétendue ne pouvait déjà comprendre qu'elle méritait de ne pas être dans d'aussi fins habits en plein milieu de l'hiver à l'extérieur, mieux valait qu'on ne lui laisse aucun enfant. C'était froid de sa part, mais il était médecin et c'était ainsi qu'il pensait… Si elle ne pouvait comprendre qu'elle devrait s'habiller, alors il ne voulait absolument pas savoir ce qui se passerait pour l'enfant. Sans doute mort de froid. En cet instant, il n'avait sans doute jamais autant remercié sa mère adoptive. On vivait rarement d'amour et d'eau fraîche, hélas. Il l'avait apprit à la dure et ne risquait pas d'oublier, lui qui un jour avait pensé pouvoir vivre ce rêve. En un sens, malgré la contrition, il ne pouvait guère que lui en vouloir de s'adjuger de telles qualités… croyait-elle vraiment qu'elle aurait pu faire aussi bien qu'Anna ? C'était idiot en un sens, d'en vouloir à quelqu'un qui ne connaissait pas votre vie, mais ce n'était pas non plus totalement illégitime, c'était d'ailleurs pour cela qu'il s'ingéniait à en savoir autant que possible sur ses interlocuteurs, lorsqu'il échangeait avec eux. Ainsi, il ne se sentait pas hors de son droit à affirmer certaines choses. Mais sans doute était-il trop conscient de toutes les limites du monde et de la pensée, trop conscient de lui-même après les joutes qu'on lui avait imposé. De rôdé, peut-être était-il bien usé par cela… il se sentait usé en tout cas, jusque dans son âme, et il savait très bien ce que cela signifiait.

C'était un sablier qui, lentement, inexorablement, se vidait… le sablier de sa vie. Il lui fallait venir à bout de cette guerre avant la chute du dernier grain, ou jamais il ne pourrait trouver le moindre repos. S'il ne parvenait pas à vaincre… il se serait sacrifié en vain, et c'était sans doute là la chose qui le terrorisait le plus. D'avoir tout sacrifié, d'avoir tant souffert, tant prit sur lui, tant infligé à ceux qu'il aimait… pour rien. Non, ça il ne pourrait pas supporter, il en mourrait certainement une seconde fois. La mort physique n'était rien, mais la mort intellectuelle, la moindre idéalistique, ça c'était bien trop pour lui. Il ne pouvait pas échouer. Il ne devait pas échouer. Et pas seulement pour cela, pas seulement pour lui, même si une part de lui, égoïste, se réalisait dans tout cela. Cette perte là serait celle de trop. Alors chaque nouveau grain qui lui échappait, chaque instant de vie qui n'était pas parfaitement rentabilisé était un instant de peur absolue… Ravalant difficilement, douloureusement cette sensation de fin inexorable, il se focalisa sur ce qui le maintenait en vie pour le moment, et le froid en son corps diminua quelque peu, juste assez pour qu'il se tienne droit et ne tremble pas. « Et pourtant vous êtes au courant de mon existence, sensément un des Secrets les mieux gardés de mon géniteur. Troublant n'est-ce pas ? » Troublant oui, très troublant. Il ne savait pas encore exactement qui savait et qui ignorait, mais la majorité ne pouvait qu'être aveugle à la vérité, non ? Ses frères en tout cas n'avaient rien su. Maintenus dans l'ignorance, ils s'étaient crus seuls jusqu'à ce qu'il arrive. Troublant également que l'on lui ait permit de venir le voir. Il ne pouvait même croire que Pryam avait ignoré ses déplacements. Après tout…. C'était Pryam. Tout comme il était lui-même.

Pas trop tard… ? L'idée lui arracha un sourire désolé. Désolé pour elle autant que pour lui. Désolé, en fin de compte, du pathétique et de la dramaturgie de cette situation. Certains historiens affirmaient que rien dans le monde moderne ne pouvait se comparer aux turpitudes de l'antiquité…. Ceux-là ne connaissaient certainement pas le secret. La magie était belle, merveilleuse même et réconfortante parfois. Mais sa vérité était autre, et elle était parfois plus glaçante et effrayante que toute la cruauté humaine. Pourquoi ? Pourquoi était-ce ainsi ? Quelle logique apportait de telles choses, de telles créations ? Il voulait absolument savoir, au travers de cette part révoltée de lui, celle qui le guidait, et pourtant son instinct, plus timoré et viscéral, lui soufflait de ne surtout jamais chercher à comprendre, de se fermer à la vérité. Mais pouvait-il seulement l'obtenir ? Ce n'était déjà pas simple de s'élever contre les créations du Cénacle, alors la magie elle-même ? Cela paraissait impossible, même pour lui. Plus elle parlait et plus l'ironie était mordante, plus il avait envie d'en rire, de ce rire malade, de cette hystérie qu'une telle innocence pouvait bien provoquer au contact de quelque chose de souillé, de brisé, de torturé. Et il éclata bien de rire. D'un rire froid, glacial même, plus glacial que le tranchant de l'hiver même, un rire mauvais, à l'écho d'absolue révolte, la macabre joie d'être le seul à comprendre la teneur de cette terrible blague, de cette plaisanterie qu'était leur existence à tous. Une pantomime, un spectacle de marionnette et un seul marionnettiste : Pryam. Son rire finit par se calmer après un instant, après qu'il l'eut repoussé… il mourut lentement, s'étranglant comme une agonie dans sa gorge avant qu'il ne reprenne, ne parle, la voix déformée par l'ironie.

« Si tu es un rejeton de cette famille alors tu dois déjà savoir qu'il n'y a aucun moyen pour personne de s'échapper… personne ! Tu aimes cet homme ? Tu aimes ce monstre ? Je me demande si tu oserais dire cela si tu savais tout ce qu'il a fait, tout ce qu'il a l'intention de faire… l'amour… à vrai dire que sait-tu de l'amour ? Penses-tu réellement qu'un Earl puisse ressentir de l'amour ? » Nouveau rire, mordant et moqueur « J'avais une famille figure toi… une femme et une fille, et je les ait abandonné volontairement. Il est parfaitement stupide d'espérer vivre normalement, on ne le peut pas, personne ne le peut…. Nous sommes tous des pantins au bout de nos fils, attendant que le maître du spectacle décide de son numéro. Nous sommes des créations modelées, tous, et nous n'avons pas ce qu'il faut pour vivre normalement ! » Il vibrait, l'âme en lui palpitait, sa colère montait, montait, se transformait avec son propre désespoir en cette espèce de joie malsaine, d'exultation féroce qui voulait broyer l'innocence qui l'outrageait et l'amusait en même temps. « Mais… je vais couper mes fils. Au bon moment. Il pense qu'il me contrôle encore, mais au moment opportun je lui montrerais… je ne vais pas le tuer, je n'en ai pas besoin au final... » Il sourit, et sa voix se fit légère, comme s'il essayait de rassurer quelqu'un… comme s'il découvrait, dans l'étonnement général de son regard clair et de ses traits peint d'une surprise mitigée « Ce n'est pas sa vie que je vais prendre… mais il regrettera ce qu'il a fait. Et plus jamais… non plus jamais il ne sera une menace, pour personne… » Lui aussi était né dans la magie. Oublié par elle oui, mais son sang était marqué, son esprit éclairé… Non ce n'était pas la mort et l'obscurité qu'il apporterait. C'était la clarté… absolue et qui ne pouvait pardonner à ceux dont la substance était ténèbres et secrets.

« Et maintenant... » Il se fit sérieux, les yeux calculateurs et satisfaits. « Tu m'as donné une bonne idée... » Avec un sourire en coin, alors que ses prunelles s'éclairaient encore davantage, il s'avança, l'attrapa par le bras et la ramena durement vers lui. Puisqu'elle semblait le petit rat de la maison, avec son apparence et sa façon d'être, elle pourrait certainement lui être utile. Il lui sourit, chaleureux et sucré, taquin mais encore teinté de sarcasme... « Tu vas m'aider, Prudence. Tu veux m'aider n'est-ce pas ? Tu me le dois bien après tout…. »

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Jeu 17 Mar - 23:11
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Le rire d'Anthony lui donna des frissons.
Pourquoi donc riait-il ainsi ? Il avait l'air d'un dément. À croire qu'il n'avait plus rien de ce merveilleux petit garçon qu'elle observait à la sortir de l'école, cet adorable enfant qui avait fait fondre son coeur d'amour sans même qu'elle ait eu à converser avec. Il semblait loin, si loin... C'est avec une expression attristée que la Banshee observa le réanimateur qui semblait voir en elle une créature insipide. Aimer Pryam ? Eh bien oui... Elle n'en avait pas honte bien qu'elle sût que le patriarche n'aimait sans doute personne. Mais si Pryam n'avait pas d'amour à donner, Prudence en avait bien assez pour deux. Comme pour la majorité des enfants qu'elle avait vu grandir, Pryam avait été de ces bambins qu'elle avait adorés, à qui elle avait montré les secrets du sombre château. Sans doute Pryam ne s'en souvenait-il pas, ou bien peut-être ne s'en souciait-il plus... Peu importe, Prudence lui avait donné tout ce qu'elle avait pu, tant pis si à ses yeux cela n'avait plus d'importance.

"C'est vrai, il n'y a aucun moyen... mais j'avais espéré que pour toi ce soit différent."

Quand Anthony lui demanda ce qu'elle savait de l'amour et affirmant que les Earl étaient incapables d'aimer, Prudence eut un sourire désolé avant de hausser les épaules et souffler.

"Mais... Ne suis-je pas une Earl ? Et j'aime sans condition. J'ai vu bon nombre de ces enfants me rendre l'amour que je leur ai donné. Mais c'est vrai, en grandissant ils ne deviennent pas les plus aimant, c'est leur façon d'être, c'est aussi le rôle qui leur incombe. Ne les blâmons pas pour cela, Anthony."

Il riait, se moquant d'elle. Pourquoi agissait-il ainsi ? Avait-elle l'air si bête à parler de la sorte ? Paraissait-elle trop naïve ? Il n'était qu'amertume là où Prudence n'avait que de la bienveillance pour les siens. Alors quand Anthony raconta son histoire, l'abandon qu'il avait lui-même imposé à son épouse et sa fille... Prudence sentit son coeur se serrer violemment dans sa poitrine. Lentement elle baissa le visage, portant une main sur son faciès. Lasse, elle était lasse de toute cette haine, de cette rancoeur... Il reprochait à Pryam son rejet et avait fait subir la même chose à sa famille. Il fallait être fou pour cela. Sa croisade contre les Earl l'avait rongé jusqu'à l'âme... Quelle tristesse.

"Pryam ne t'a jamais demandé d'abandonner ta famille. C'est toi qui as fait ce choix. Il est facile de l'accuser de tous les tord mais rien ne justifie ton geste! Toi plus que quiconque devrait savoir l'horreur que tu as fait endurer à ta femme et surtout... à ton enfant."

Levant le visage, la banshee fixa Anthony durement. Il n'y avait plus de compassion dans ses prunelles, juste un froid aussi mordant que l'hiver.

"Finalement, tu ressembles peut-être à Pryam bien plus que tu ne voudrais le croire."


La désillusion était totale. Comment avait pu faire subir cela à sa famille ? Sauf... s'il l'avait fait pour les éloigner. Les tenir éloigné de Pryam. Plissant les yeux, Prudence observa le réanimateur en silence, le laissant cracher son venin à nouveau. Il ne voulait pas tuer Pryam ? Alors quoi ? Quel était son plan ? Qu'est-ce qui pouvait être bien pire que lui ôter la vie ? Tuer sa famille ? Il ne ferait qu'attiser la rage de son père et ne le rendrait que plus dangereux encore. Non, Anthony semblait être quelqu'un de plus subtile que cela, aussi fourbe que l'était Pryam... Qu'est-ce qui avait tant d'importance aux yeux du patriarche qu'Anthony pouvait lui arracher ? Qu'est-ce qui avait plus d'importance que sa propre famille ? L'argent ? Non. Le pouvoir ? Le pouvoir... Oui! Un éclair de lucidité passa dans l'esprit de la pâle créature qui devint plus blanche encore qu'elle ne l'était et souffla.

"Sa magie... Tu veux le priver de sa magie."

Quelle meilleure punition que de faire subir à Pryam le même châtiment que lui? Peut-être se trompait-elle, mais cela semblait la solution la plus plausible, la plus logique à ses yeux. Et que deviendrait Pryam sans magie ? Rien. Il ne serait rien. Il n'aurait plus sa place chez les Earl et ne pourrait tout simplement plus gouverner. Un vrai coup de maître. Un sadisme absolu. Prudence aurait voulu fuir, elle aurait voulu courir et prévenir toute la maisonnée. Mais terrifiée, elle resta immobile et ce fut Anthony qui la sortit de ses pensées quand il la saisit pour la ramener contre lui. Effrayée, la Banshee leva ses yeux vers lui, écoutant ses derniers mots, observant ce regard froid qui contrastait avec ce sourire étrangement chaleureux. Il lui faisait peur, presque autant que Pryam... Tremblante, la créature déglutit et murmura dans un élan de courage.

"Je t'ai aimé, j'ai pleuré pour toi, mon coeur s'est brisé de désespoir et de compassion pour toi... S'il y a une personne qui ne te doit rien Anthony... c'est moi."

Malgré tout, elle baissa les yeux, inquiète. L'aider elle n'en avait pas envie, mais la peur qu'il éveillait en elle la poussait à agir contre les plaintes de son esprit et la femme murmura.

"Je vais t'aider... que dois-je faire ?"

Ven 18 Mar - 20:41
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Son rictus ne le quittait pas. Il ne cessait de la trouver drôle, pathétiquement drôle… comment avait-elle seulement convaincu le reste de la famille de la conserver dans ce monde avec une mentalité pareille. Des mots, c'était tout ce qu'elle avait, et tout les faits contre elle. Un joli rêve, un espoir si fragile, comme des ailes de papillons, qu'une part de lui voulait broyer dans sa poigne glacée. Cette même poigne qui broyait son propre coeur. Oh si, il blâmait et il avait tous les droits de le faire. Comme il avait tous droits de blâmer la communauté magique pour son comportement de troupeau bien dressé ! Que savait-elle de l'amour quand elle n'en avait sans doute jamais reçu. Que savait-elle de l'amour alors qu'elle n'avait pour seul exemple que cette famille pourrie jusqu'à la moelle ? Croyait-elle vraiment que ces enfants lui donnaient de l'amour alors qu'ils n'en recevaient pas ? Oh comme c'était amusant, comme c'était délirant… tellement drôle ! Et lui ? Lui il avait vu l'amour au travers d'une petite fenêtre, de la lucarne d'un placard et aurait voulu en profiter, se languissant d'y avoir droit. Et si pour Prudence la plaisanterie était cette illusion pleine de certitude, sa plaisanterie à lui était sans doute qu'il avait eut un brin de cet amour et avait été forcé de l'abandonné. Il n'avait pu la conserver. Et sans doute ne l'avait-il perçu qu'après coup… mais pouvait-il vraiment prétendre que l'amour auquel il aspirait était plus important que ce qu'il devait accomplir ? Non, et c'était le pire. C'était sans doute le pire dans tout cela. A moins que le pire fut la petite part de lui-même qui, malgré tout, aurait voulu que son père le reconnaisse. Tout n'était qu'un joyeux mélange, chaotique, et tellement inextricable que cela renvoyait le simple mot 'amour' au rang d'un jouet pour enfant. Alors oui, il riait, parce que s'il n'avait pas rit, il aurait sans doute hurlé à la face du monde….

« Il ne me semble pas avoir dit que Pryam me l'avait demandé » grinça-t-il de ce même amusement sardonique. Tout justifiait son geste, absolument tout… tout comme tout justifiait sa croisade. Il avait donné une chance à sa famille de ne pas subir le contrecoup de ses choix, et surtout, il avait protégé sa fille. On pouvait l'accuser de tout ce qu'on voulait, mais tout allait bien pour elle, et c'était ce qui comptait. Et s'il réussissait, elle vivrait dans un monde féerique et saurait enfin combien elle était spéciale. Sa véritable petite princesse. Combien de fois aurait-il voulu le lui dire ? Et combien de fois s'était-il étranglé sur les mots qu'il prononcerait un jour avec fierté ? Oui, lorsqu'il la reverrait, il serait devenu bien plus que ce qu'il était… il serait devenu ce qu'il aurait dû être, et bien davantage. Son sourire s'agrandit, autant à ses paroles qu'à ses propres pensées, un sourire de loup, carnassier. « Non » trancha-t-il, la voix enjouée et pourtant froide. Pleine d'une exultation cruelle. « Non je ne vais pas le priver de sa magie » Non, il allait faire bien pire. Il allait faire tellement pire… et il serait alors vengé, il serait alors enfin parfaitement à sa place et pourrait retrouver sa fille. Leanne n'était rien pour lui désormais, mais sa fille ? Oh elle elle était importante. Et il voulait qu'elle soit fière de lui. Elle serait fière de lui. Pour le peu de temps qu'elle le verrait, mais c'était bien assez. Oui cela suffisait. Elle le faisait rire, encore, et le son était comme une vibration dans l'air alors que son regard se faisait si bleu qu'il tranchait comme la flamme d'un chalumeau. « Tu me dois tout, femme, exactement comme les autres » Qu'elle n'espère pas un instant lui échapper et se défaire de sa dette par de simples mots, vides et creux. Comme elle. Une banshee hein ? C'était ce qu'elle était ? Il le voyait maintenant…

Il releva le menton, l'observant avec ce même pétillement au fond des yeux alors qu'il susurrait : « Tu ne m'a pas aimé Prudence et tu n'as pas pleuré pour moi. Tout ce que tu as fait c'est te complaire dans la piètre sensation que les lambeaux de considération que tu m'offrais était suffisant pour te dédouaner… parce qu'au fond de toi je suis certain que tu sais à quel point tu es coupable » Il souriait toujours, mais son regard avait la profondeur d'une abîme rédemptrice « Tu crois qu'il n'est venu qu'une seule fois ? Tu crois vraiment qu'il est resté loin de moi ? » Sa prise se durcit sur ses épaules et il gloussa d'un rire dément en se penchant, se pliant à demi, il poursuivit d'une voix un peu étouffée et tremblante « Il ne m'a jamais quitté… il a toujours été là à m'observer… à me parler… pendant des heures, et des heures… et puis il a comprit, et il a changé d'attitude… il restait toujours des heures mais… pas pour parler, pas seulement pour parler… il me faisait mal, si mal Prudence que tu n'imaginerais même pas à quel point ce mot est faible pour l'illustrer. Tu ne sais absolument rien alors comment oses-tu me dire que tu ne me dois rien ? Toi il ne t'a pas touché… il ne t'a jamais touché... » Ses lèvres se scellèrent en une grimace de dégoût, puis de joie sauvage et il releva enfin la tête « Et c'est exactement pour cela que tu vas m'aider… tu vas l'espionner pour moi… et ne crois pas que tu auras le choix. Je ne te le laisse pas, je ne peux te le laisser » Le bout de ses doigts s'éclaira et il la relâcha d'une main pour venir les apposer sur sa tempe, lentement. Ils étaient glacés, d'une froideur à déchirer une âme, et une vague de ce froid terrible se propagea dans son corps. Un bref instant leurs deux êtres pulsèrent à l'unisson avant qu'il ne la relâche. « Voilà… je m'assure simplement de toi, ne le prend pas mal, je ne peux faire confiance à personne. Ça ne te fera pas mal, tu ne le sentira même pas en vérité, mais moi je saurais… »

Il lui caressa un instant la joue « Et quand tout sera finit tu seras délivrée de lui toi aussi, ne t'en fait pas… tu seras même délivrée de cette malédiction si tu le désire... » Il se rapprocha, venant frôler sa chevelure de ses lèvres et déposant un froid baisé sur son cou avant de se redresser et de s'éloigner une fois de plus…

Dim 20 Mar - 14:16
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Si Anthony ne privait pas Pryam de sa magie, alors de quoi .
Les pensées dans l'esprit de la banshee devenaient chaotiques tant elles étaient nombreuses et se bousculaient sans cesse. Pas de magie, alors qu'est-ce qui était important aux yeux de Pryam si ce n'était pas sa magie ? Son héritier. Le sang de la femme se glaça alors qu'elle soutenait le regard de son bourreau, serrant les dents de colère. S'il osait s'en prendre à Howard... Jamais elle ne le supporterait. Cette idée la rendait malade de d’égout et de rage. Rapidement la peur se changea en colère dans le corps frêle de la petite banshee qui chercha à se débattre pour s'arracher à la poigne d'Anthony, en vain. Il avait bien plus de force qu'elle, c'était indéniable. Lorsqu'il lâcha qu'elle lui devait tout, la femme le toisa d'un regard mauvais avant de se renfrogner plus encore quand il lâcha odieusement qu'elle était coupable. Coupable de quoi, au juste ? De son abandon ? Évidemment que non, Pryam et son épouse étaient les seuls fautifs, tout ce qu'elle avait voulu était mettre ce bébé en sécurité. Elle n'avait pas payé pour les autres et Prudence ne le savait que trop bien.

« Pense donc ce que tu veux, crois-tu un instant que je vais croire à cela . Si je n'avais pas été là tu aurais probablement fini dans un caniveau. »

Juste retour de bâton. Comment avait-il pu devenir si mauvais en étant si loin des Earl ? Que s'était-il donc passé pour que les choses prennent une tournure si virulente ? C'était à y rien comprendre. Pryam était le roi des secrets et des ombres, combien de choses avaient fait et caché aux siens, au sujet d'Anthony ? Quant à lui, pourquoi ne pas simplement tout dire et jeter à la face du monde pour discréditer Pryam ? Il était sans doute aussi vil que son père, peut-être même plus. Entre ses mains, la banshee se montrait terriblement farouche alors qu'à nouveau il reprenait la parole pour cracher son venin. Il était pire que le Diable lui-même et ses légions de démons qui susurraient à l'oreille des humains ? Comment savoir si ses paroles étaient véridiques ? Elle voulait bien croire que Pryam puisse avoir gardé une certaine forme de contact avec Anthony, elle n'en serait guère étonnée, en revanche l'insinuation qui termina son discours manqua de lui donner la nausée. Touché ? Avait-elle bien entendu ? Devait-elle y comprendre le sens le plus immonde qui sois, soit... physiquement ? Le simple fait d'y penser lui donnait des envies de meurtre. On pouvait reprocher bien des choses à Pryam mais certainement pas ça. La croyait-il naïve à ce point ?

« Tu es ignoble... Et si peu crédible. Ne confond pas ma douceur avec de la naïveté, Anthony. »

Elle était et avait toujours été une force tranquille. Loin d'être dupe, Prudence refusait de jouer le jeu du réanimateur. Tout ce qu'il voulait c'était la tromper, lui faire croire des choses... Mais comment dissocier le vrai du faux ? Et c'était bien là le souci et certainement sur cela que comptait Anthony. Ce flou à la limite de la vérité pour insuffler des idées et influencer les gens pour mieux les contrôler. C'était cela son talent . Digne d'un Earl, encore et toujours. Il était bien plus proche de sa famille qu'il ne l'imaginait et encore plus de Pryam. Quand il lâcha vouloir l'utiliser pour espionner Pryam, la jeune femme se crispa un peu avant que son regard ne se pose sur les doigts brillant de l'Oublié. Un sortilège ? Il n'allait pas oser !

« Non... Non ne fais pas cela ! »

Gémit-elle, suppliante. Mais trop tard, Anthony avait fait son choix et comptait bien aller au bout de son plan. L'esprit de la femme s'embrouilla durant un court instant alors qu'un vertige ne la prit pas. Ce froid qui traversa son corps et la glaça jusqu'à l'âme lui rappela durement sa mort. Son vrai mort, la toute première. Ce fut comme un puissant battement de cœur, cette sensation qui la traversa. Relâchée par le réanimateur, la banshee recula d'un pas, fébrile et le toisa d'un regard dur. Pas de douleur certes, mais que faisait-il de la culpabilité ? De la douleur émotionnelle ? Il lui demandait de trahir ceux pour qui elle s'était sacrifié, pour qui elle avait vécu des dizaines et des dizaines de vies. À quoi vivre encore si c'était pour subir cela, être rabaissé à cela? Il la forçait à un acte qui allait à l'encontre même de sa nature et de son devoir.

« Garde donc tes vaines promesses, tes mots ne sont que du vent ! Tu es un félon Anthony... A moins que tu puisses me rendre ma mortalité, mon corps et ma nature de sorcière, faire à nouveau de moi une Earl pleinement... ne crois pas un instant que ma condition soit une malédiction, c'est un choix que j'ai fait et que je ne regrette pas. Je l'ai fait pour ma famille... mais tu as tout gâché, tu m'as forcé à rompre cette promesse de protection que je leur offre depuis des siècles. »


La douleur monta, monta et monta encore jusqu'à ce que la femme ne déverse un flot de larmes sur son visage immaculé. Immobile, elle le laissa approcher à nouveau, se laissant toucher et embrasser. La banshee détourna le visage, elle n'avait même pas la force de soutenir son regard.

« Tu as brisé la raison qui me faisait encore exister... Tu viens... de me détruire. »

La haine, la colère, la tristesse. Infâmes émotions bien trop humaines. Les pires qui soient. Prudence releva le visage et observa Anthony qui s'éloignait de plus belle avant de pointer un doigt rageur dans sa direction et s'écria avec hargne et désespoir.

« Ne crois pas t'en tirer ainsi Anthony Evans ! Ne crois pas obtenir cette aide sans rien en retour ! Tu me devras la vérité ! Toute la vérité ! Tu m'entends ?! »

Furieuse et abattue, la jeune femme recula doucement, observant la silhouette de l'homme qui disparaissait progressivement dans la nuit avant de réaliser qu'il se dirigeait vers les caveaux. Plus tendu que jamais, la banshee essuya rapidement ses larmes et traversa la distance qui les séparait, ses petits pieds martelant la neige avant de se mettre au niveau d'Anthony et de lui barrer la route.

"Où comptes-tu aller, là ...?"

Jeu 24 Mar - 20:56
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Si elle n'avait pas été là, il aurait probablement été mort et ça aurait été bien mieux. Pour lui, en tout cas. Ou alors, s'il n'était pas mort, il aurait été perdu dans la masse des orphelins et aurait peut-être davantage échappé au regard intransigeant de son père. Dans tous les cas, elle ne lui avait pas rendu service. Elle avait été la marionnette de Pryam et en cela, n'avait fait que le placer exactement là où il l'avait voulut, là où il pourrait le retrouver et se servir de lui. «  Tu crois ça ? Pauvre idiote... » Il était dur avec elle, mais elle n'en méritait pas moins, car elle se targuait bien trop vertement de bienfaits illusoires, alors même que la sanglante vérité l'entachait. Il ne pouvait lui pardonner de penser qu'elle avait fait de bonnes choses alors qu'elle était l'une des instigatrices du désastre de sa vie. Ce n'était pas de l'innocence, c'était de l'ingérence, peut-être même du déni volontaire pour ce qu'il en savait. La peine qu'elle avait affiché, et maintenant ses tentatives de s'élever loin de son jugement étaient comme des irritations à-même la peau, qu'il ne pouvait ni ignorer ni oublier et qu'il voulait effacer. Peu importait les avis des autres lorsqu'ils remettaient en question ses décisions et ses actions, ils en avaient le droit, mais elle… comment osait-elle seulement ? Comment osait-elle se penser le moindre droit quant à lui ? Lâche… elle était lâche et injuste, une petite fleur à l'effluve tout aussi nauséabonde que celle du reste de la famille dont elle avait révélé être la parenté. Pourquoi donc est-ce que ça l'étonnait ?

«  De la naïveté ? C'est de la lâcheté et de la suffisance que tu exsude Prudence Earl, bien à l'image du reste de la famille pour le second. Difficile de croire qu'on te laisse dans un coin avec une telle attitude » Elle se pensait douce, vraiment ? Encore un mot dont elle ignorait le sens dans cet enfer gelé. Mais il n'avait pas le coeur à le lui apprendre, il n'était pas assez bon pour ça, non pas assez bon. Si elle ne voulait pas le croire tant pis pour elle. Il ne la forçait pas, comme il ne forçait personne dans leurs croyances aussi révoltantes qu'elles puissent lui sembler. Mais elle ferait ce qu'il voulait, puisqu'elle avait voulut se confronter à lui, puisqu'elle avait voulut jouer sur un terrain si glissant, alors il n'aurait pas de considération pour elle. Ça ne le dérangeait pas d'être détesté, il l'était par tout Last-End après tout, avec un peu de temps, même les rares individus qui ne souhaitaient pas encore sa disparition changeraient fatalement d'avis. Lorsque Morghann l'avait comparé à son père, il l'avait terriblement mal pris. Il avait réfuté la ressemblance, mais cela ne l'atteignait plus. Oui il lui ressemblait… ça avait été la volonté de Pryam, et pourtant contrairement à lui, il n'était pas que cela. Mais elle ne pouvait guère le voir et le savoir puisqu'elle se cantonnait à son auto-satisfaction, se servant de lui comme d'un réconfort pour sa propre âme en peine sans un instant penser à la profondeur de sa douleur à lui.

Impavide, glacé il répondit encore, nullement fléchit par ses mots : «  Tu es une Earl jusque dans l'âme, tu n'as jamais cessé de l'être » Et c'était loin d'être un compliment. Ses larmes auraient dû l'émouvoir mais n'en firent rien. Il l'observait toujours sans ciller. Contrairement à ce qu'elle clamait, elle existait toujours, et c'était précisément pour cela qu'il se détourna. Non elle ne cesserait pas d'exister. Lui se devait d'avancer à présent, il ne pouvait pas rester ici indéfiniment ou il serait repéré. Hors il ne pouvait pas risquer cela pour elle, pour si peu. Et lorsqu'elle vint se placer devant lui, il fronça les sourcils. «  Payer mes respects, figure toi... » L'ironie sonnait, raclait, mais tant pis il s'en moquait, n'en avait plus rien à faire, par la colère et le ressentiment noyé. Il l'attrapa fermement une fois encore et gronda : «  Tu ne vas pas me barrer le passage éternellement… et puisque tu veux la vérité, savoure la pendant que je m'occupe de converser avec mes ancêtres... » Et son corps entier s'illumina, ses yeux d'un bleu insoutenable suintant de l'énergie furieuse de l'âme qui se déchaînait…



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Sam 26 Mar - 18:53
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Elle, lâche ? S'il y avait bien un être dans cette famille qui n'était pas lâche c'était bien elle. Prudence avait tout abandonné, sa vie, son avenir, un potentiel époux, des enfants... Pour sa famille. Pour son père. Elle avait plongé tête la première dans la mort pour aider et protéger ses descendants. Alors non, il pouvait l'insulter autant qu'il voulait mais certainement pas de lâche. C'était bien là les paroles d'un homme qui ne la connaissait pas. Mais qui pouvait se vanter de la connaître ? Ici on la prenait pour une domestique et il aurait été mensonge que de dire qu'elle n'en souffrait pas. La Banshee avait mal d'être à nouveau rabaissé plus bas que terre, encore plus quand ces abominables mots venaient de l'enfant qu'elle avait voulu voir en sécurité plus que tout.

« Tu juges sans savoir Anthony. Tu ne cherches qu'à me faire mal... »

Affirma-t-elle d'une voix faible. Oui, il ne voulait que lui causer de la douleur et il avait merveilleusement réussi, mais il était hors de question de se laisser faire, de plier devant lui. Oui, sans doute était-elle à l'image de la famille mais par ses mots il montrait qu'il l'était tout autant. La colère envahissait la douce Banshee, une émotion vive qu'elle n'était plus habituée à ressentir depuis bien longtemps.

« Je suis une Earl oui, mais toi aussi je te signale. »

Qu'il ne l'oublie pas. Il pouvait haïr cette famille et il en avait le droit après ce qu'il avait subi, mais qu'il ne nie pas ce qu'il était. D'un geste rapide et décider, la pâle créature chassa ses larmes en reniflant. Ses larmes n'étaient réservés que pour les morts, lui n'y avait pas le droit. Ou plus maintenant. Pourtant Prudence, malgré sa colère, ne fut pas assez sur ses gardes et une fois encore fit attraper par le réanimateur qui se montra à nouveau menaçant. Payer ses respects... ? S'il croyait pouvoir atteindre facile ses défunts il n'était pas au bout de ses peines. C'était tout le savoir des Earl à travers les âges qui protégeait ces âmes et elle qui en était la gardienne, sans la clé, jamais il ne pourrait passer. Prise au dépourvu, la créature écarquilla les yeux de surprise avaient que le bleu des yeux de son bourreau ne luisent une fois encore tandis qu'il déployait sa magie pour à nouveau se lier à elle. Le choc fut intense alors que Prudence fut soudainement assailli par des images qui défilèrent dans ses esprits. C'était flou, chaotique, désordonné sans aucune chronologie.
Ce ne fut pas le pire. Pryam, elle avait clairement vu son visage, ses gestes... À travers le flou des souvenirs vint la douleur, insoutenable torture physique et psychologique. Ce fut comme si son corps avait été violemment brutalisé. Dans les bras d'Anthony le corps de la frêle créature se crispa, se hissant sur la pointe des pieds jusqu'à ce que son dos ne se cambre. L'atroce vérité envahit son esprit, les images ne mentaient pas. La colère disparut, détournée de son objectif et propulsé contre le patriarche. La vérité elle l'avait voulu... Oubliant le lourd tribut qu'il fallait payer pour cela. Déroutante était cette vérité, abject même. Comment Anthony avait-il pu endurer cela et durant combien de temps ? Sa peur, elle la ressentait comme si c'était la sienne, la douleur tout autant et cette fois ce ne fut pas un pleur de tristesse qui échappa à la Banshee mais un cri. Un long et terrifiant cri issu de la magie, du plus profond de son être. Aiguë, stridente est glaciale comme la mort, envahissant le silence de la nuit pour le brisé dans un éclat douloureux. Quand les images cessèrent d'étreindre son esprit, ce fut la voûte céleste qui apparut aux yeux larmoyant de la petite créature. Pressée dans les bras de l'oublié, elle sentit son corps s'alourdir alors que la neige continuait de se déployer sur eux. Et le silence retomba. Plus un mot, seules les respirations effrénées, les corps tremblants ébranlés par la terrifiante magie qu'avait déployée Anthony, par la vérité qu'il avait partagée avec elle...

« Pour... quoi.... ? »

Sanglota l'immaculée jeune femme contre lui avant que ses jambes ne lâchent, incapable de supporter son poids. C'est à genoux qu'elle était devant lui, bras tendu vers le haut et agrippé au manteau qui le recouvrait. Des pleurs à nouveau, mais vrai cette fois. Un sanglot viscéral d'une réelle douleur qui l'avait percuté avec une violence rare et inouïe. Une douleur compatissante... Respirer devenait difficile alors que les nerfs de son corps lâchaient doucement. Prudence ne comprenait pas les sombres desseins de Pryam. Qu'est-ce qui justifiait de faire subir de telle atrocité à son enfant ? Comment avait-il osé faire une chose pareil ? Relevant le visage, Prudence resserra la poigne de ses doigts sur le tissu qui couvrait l'enfant trahi et désabusé, le secouant doucement avant de gémir.

« Pourquoi n'avoir rien dit à personne ? Pourquoi l'as-tu laissé te faire subir une chose pareil ?! »


La peur ? L'amour peut-être ? Celui de l'espoir d'avoir à satisfaire son père pour ne pas se sentir comme l'abandonné qu'il était ? Trop fatigué pour y réfléchir, la Banshee le relâcha doucement, laissant ses bras retomber mollement, elle soupira longuement, hoquetant avant de plaquer ses mains sur son crâne. Et elle alors, aveugle qu'elle avait été, refusant de croire que son descendant avait pu commettre pareille abomination. Anthony avait raison... elle ne valait rien. Rien du tout. Elle n'avait sût le sauver, su le mettre à l'abri et le préserver du mal. Tout était de sa faute à elle. Le cœur lourd de remords, Prudence souffla.

« Je suis tellement désolé... Pitié, pardonne-moi d'avoir été aveugle toutes ces années... je le jure sur tout ce que je possède Anthony, je n'ai jamais voulu que ton bonheur...»

Enfouissant son visage entre ses mains, la femme se balance d'avant en arrière. C'était un supplice que d'avoir ces images en tête qui tournaient encore et encore. Ces affreux souvenirs qui n'étaient pas les siens mais qui étaient à présent gravés en elle. Au diable la dignité, tout ce qu'elle voulait c'était disparaître, pleurer jusqu'à ne plus sentir cette douleur et cette culpabilité.

« Je t'aiderais. Je t'aiderais Anthony... Il paiera, je te le promets. »

Sam 26 Mar - 22:38
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Il s'était laissé emporté, s'était laissé contrôlé par l'influence de l'âme qu'il usait et il en payait une fois encore le prix. Elle n'était certes pas morte, et lui non plus, mais leurs états respectifs n'avaient rien d'enviable ou de réconfortant. Son corps fut noyé sous un flot plus glacial encore, un hiver renouvelé qui le fit trembler alors que quelque chose au fond de lui semblait ouvrir une vanne invisible, le privant de ses forces, le fatiguant terriblement. Il avait besoin de dormir, là tout de suite… comme un homme prit dans une tempête, en hypothermie, plongeant lentement dans les bras du mortel Morphée. Et pourtant, tout comme l'homme luttant pour sa survie dans cet univers blanc, il savait qu'il ne devait surtout pas dormir, pas maintenant. S'il dormait maintenant, il périrait, c'était certain. Ou alors il sombrerait dans un cauchemar et ne se réveillerait pas davantage. Tenir debout s'avérait être un supplice, tandis que la terre tournait violemment et qu'il se sentait sur le point de perdre l'équilibre. Prêt à basculer… physiquement ou psychiquement, ou même les deux. Cette magie-là, il ne la maîtrisait pas du tout et en souffrait, l'acte était grossier et gauche, maladroit et mal construit et il devait faire mal. Comme un enfant, il avait frappé une jambe de son arme de bois, sans savoir qu'elle pouvait être réellement dangereuse.

Pourquoi ? Lui aussi se posait cette question, depuis longtemps. Pourquoi Pryam avait-il fait tout cela… mais en cet instant, c'était davantage : pourquoi n'était-il pas déjà entrain de massacrer toute personne alentours. Dans un cas comme dans l'autre, il était incapable de répondre et restait là, planté sur place, les yeux dans le vide, droit devant lui, comme s'il ne voyait rien, ne la retenant même plus. Les images qu'il avait projeté en elle… elles s'étaient répercutées, étaient venues le frapper, lui aussi. Il revoyait son propre passé, sinistre, inexpliqué...offrant à la colère un contrepoint de désespoir. Il aurait voulu se cacher, ou frapper l'auteur de ses malheurs, tout en sachant en être incapable. Pas pour le moment. Ses yeux se fermèrent finalement, son visage se lissa, se défaisant de la moindre expression. Il inspira, douloureusement, expira lourdement, tandis que les sanglots de la femme noyaient ses oreilles. Presque distraitement, il se demanda si lui-même avait un jour pleuré pour tout cela, s'il avait demandé pourquoi à son géniteur… mais il ne se souvenait plus bien, les souvenirs lui échappait. «  Je ne sais pas... » souffla-t-il. Non il ne savait pas pourquoi il l'avait laissé faire. Et en même temps, il savait déjà que c'était un mensonge. Il savait, si. Mais ne voulait l'avouer.

Elle était désolée ? Les mots ne portaient pas… leur impact ressemblait à un caillou jeté sur la neige. Mat et sans réaction, il rouvrit les yeux, l'observa presque sans la voir. Il ne pouvait pardonner, il ne savait pardonner… pas pour cela, pour tout sauf cela. Quelque chose bloquait en lui, comme un bouchon de champagne, prêt à céder mais pas encore brisé… «  Il paiera oui... » Déglutissant, il recula de quelques pas, la honte le submergeant. Il lui avait montré tout ça… sa honte, son humiliation… même si l'ego n'était pas son principal défaut, personne ne pouvait réellement agir autrement en pareille situation. Et pourtant quelque chose vint le frapper, illuminant son regard alors qu'une bouffée d'angoisse l'étreignait. «  Espionne le, Prudence… maintenant tu sais, tu le dois… » Il ne pouvait rester, l'usage de ce pouvoir, à la force déformée, avait dû attirer des attentions funestes. Il devait partir. Vacillant, il fit de nouveau quelques pas, et disparu dans la bise qui élevait des vapeurs neigeuses grises. Derrière lui, il laissait le silence, le vide, et la douleur….


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Ven 1 Avr - 21:05
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