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 Pour une poignée de cailloux [Max]

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L’éclat d’or de l’astre solaire se répandait doucement sur la surface calme et plane, langue de feu immatérielle qui se jouait de l’eau sous elle, valsant gracieusement au gré de l’ascension de son maître. L’air froid et humide enveloppait le lac et ses alentours d’un douillet cocon faisant étinceler l’herbe mouillée de rosée, la brume serpentait, mutine, entre les joncs, les arbres nus semblaient émerger lentement de la nuit mourante et les piaillements effarouchés d’oiseaux que l’ombre escamotait encore aux yeux des voyeurs résonnaient faiblement dans les lieux. Non, le lac n’était pas dépourvu d’un charme enchanteur dont tout poète dans l’âme saurait se repaître avec mélancolie. Tendant un bras chaudement couvert pour capturer entre ses doigts pâles un nuage de brouillard qui s’approchait, Eun-Ae sourit doucement, heureuse de sa découverte. Petite silhouette perdue dans cette beauté s’éveillant, elle se sentait parfaitement à sa place, complètement étrangère. Description étrange s’il en était mais qui convenait à merveille à ce qu’elle ressentait véritablement. Inspirant doucement, elle renversa la tête en arrière en s’enveloppant dans ses bras, une larme solitaire glissant de sa paupière pour se perdre parmi les perles d’eau jonchant le doux matelas vert.

Depuis une semaine déjà elle avait envoyé ses vœux à sa mère pour l’anniversaire de celle-ci, mais de réponse elle n’en avait toujours pas. A quoi bon l’attendre sans doute, ce message qui ne viendrait, elle le savait, jamais. Pourtant cela lui faisait sentir combien, de nouveau, elle se sentait profondément seule par instant. Aucun ami en cette ville nouvellement découverte, pas de famille à visiter, nul compagnon qui fasse vibrer son cœur. A toujours vouloir sourire, elle se sentait par instants simplement épuisée. Fatiguée d’exister.

Fermement, la biologiste se défit de son immobilisme, secouant ses pensées négatives et inspira de nouveau, profondément cette fois. Elle avait le poste dont elle avait toujours rêvé, une ville à découvrir, des rencontres à faire, une vie à construire. Eyh, tout n’était pas si sinistre qu’il n’y paraissait ! Sortant son porte-clés de sa poche, elle le souleva à hauteur d’yeux, retournant son regard à son mini-phoque en peluche. De toute évidence, Iceberg était d’accord avec elle. Pas le temps de larmoyer et de s’enfermer dans de sombres songes, alors même qu’elle avait à peine assez pour faire tout ce dont elle souhaitait ! Pivotant sur elle-même, Eun-Ae reprit sa marche matinale, profitant d’être seule en ces lieux. Qui donc aurait idée de venir se promener à même pas sept heures et demie quand l’hiver couvrait encore le pays de ses froides couvertures ?

La pierre la provoquait. Ouvertement, même. Elle était là, de son gris anthracite, éclatante dans toute sa beauté lisse où se distinguait la moindre fioriture qui naturellement l’ornait. Patiente, elle attendait d’être ramassée, jetant régulièrement des œillades indiscrètes à la promeneuse. Après un regard en biais vers le caillou provoquant, la concernée finie par céder à ses pulsions les plus primaires et la ramasser pour, dans un mouvement souple mais totalement minable, la lancer vers le lac. Au moins l’outrageant galet eut-il eu la courtoisie d’effectuer un rebond avant de couler à pic. Un reniflement agacé plus tard, la scientifique fendait le lac de multiples jets de pierres (presque) plates, avec finalement l’étrange impression de voir ses lancés percuter un obstacle imprévu. Surprise, elle cilla avant de lancer, de toutes ses forces, son ultime projectile en direction de l’Objet Flottant Non-Identifié. Ah si, il y avait bien quelque chose, là. Mais le plus étrange était l’impression frappante que cet OFNI était vivant (ce qui donnait plutôt OVFNI, alors). Et que, n’aillant pas particulièrement la séance de ricochets ratés, avait plus ou moins exprimé son mécontentement de façon sonore, à moins que ce ne soit simplement l’ouïe de la demoiselle qui ne devienne défaillante. De toute façon, si personne il y avait, elle n’allait pas tarder à le savoir… à moins que ce fut le corps d’un noyé ? Passionnante histoire que celle qui démarrait en ce jour naissant.

Dim 2 Oct - 19:36
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Le jour était naissant, la nuit s'endormait. L'each se reposait de ses folies nocturnes avec les algues et les poissons. Dans un coin d'eau, à mi-profondeur, le gris de sa robe se mêlait à au gris de l'onde. Les yeux mi-clos, ses membres nageant mollement, les élodées et autres végétaux devaient fournir autant d'efforts pour onduler et s'accrocher au fond de l'eau. C'était sa place, son élément, sa façon d'être. Demeurer ainsi pour l'éternité n'aurait jamais été une torture tant la monture et l'eau s'alliaient et se ressemblaient.
Nul besoin de respirer, de quelque façon que ce soit. Le mouvement lent des côtes de l'équine créature était simplement celui du doux courant que créaient, de temps à autre, les poissons. Le corps détendu, l'esprit s'offrait un instant entre le rêve et la transe. Cet état, de nombreux bipèdes l'enviaient, le désiraient et le recherchaient. Pour Max, c'était un état naturel lorsque l'eau l'enveloppait, en mère bienveillante et aimante. Jamais l'idée ne lui était venue que ce pouvait être exceptionnel. La révérence de son coeur envers l'eau ne dépendait pas de cela.

Tout fut brisé, en un instant, en un caillou brisant les flots. Les premiers avaient faits quelques mouvements, rien d'anormal. Mais ce dernier eut le malheur d'atterrir sur la croupe de la monture démoniaque. Surprise et réveillée, elle émit un hurlement plus qu'un hennissement, faisant fuir tous les autres êtres alentours vers les autres recoins du lac. Son réflexe fut vouloir aller vers la surface, exterminer d'un coup de dents dans la gorge l'impudent qui avait osé troubler un repos si délicat. Il fallut un soudain éclair de génie pour voir, d'un élégant autant que violent mouvement de hanches, la créature faire demi-tour et utiliser son énergie pour s'éloigner de la lumière du ciel. Non, non, il ne fallait pas, le secret... Mais il devait payer ! Il devait souffrir ! Sa chair devait s'arracher sous ses crocs, se déchirer d'un geste de sa mâchoire ! Il devait venir alourdir son ventre. Ce n'était qu'ainsi que l'each se sentirait mieux, à nouveau, apaisé. Oh oui, il devait souffrir... Mais le secret ? La forme équine était trop révélatrice, il pouvait, il devait... Non. La forme humaine ne serait pas meilleure. Quel bipède reste aussi longtemps sous l'eau ? Par ce froid ? Alors que la neige couvre encore la terre de Cornouailles ? Le regard exorbité de la monture, ses crocs découverts et ses râles furieux eurent raison de la prudence. Les humains comptaient leurs lots d'exceptions, et s'il fallait en jouer une, ce serait le cas !

De l'eau sortit brusquement une androgyne et bipède silhouette. Une faible apparence, qui prenait conscience du froid, se parant de chair de poule, s'agitant de tremblements. Pourtant, ce fut presque un déchirement que de s'extirper de l'eau, tant pour retrouver la chaleur que pour arriver à hauteur de la coupable. Les cheveux de Max collaient à son front, ses joues, sa nuque et ses habits. Ses habits collaient à sa peau, dégoulinaient. Des algues décoraient sa crinière. La haine et la fureur décoraient son regard. Ses poings étaient serrés, mais sa seule envie était de les défaire, d'étrangler cette inconnue. Non... La battre serait tout aussi jouissif. Des coups, encore des coups, dans ses côtes, sur son visage. Peu importait si les bipèdes le faisaient ou non, l'each parviendrait à la mordre. La griffer. Voir son sang couler, en sentir l'odeur...

Ses pas les rapprochaient peu à peu, et le crissement de la neige était une menace. Sa voix n'était maintenue que par le respect voué aux créatures qui se reposaient:

"- J'espère que vous avez une très bonne excuse."

Sam 8 Oct - 17:46
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Et voilà, comme toujours, ses intuitions étaient justes. L’OFNI était bien un OVFNI, qui dès que possible deviendrait identifié par ses propres soins. Une créature qui ne pouvait pas réellement être qualifiée, mais indéniablement vivante, avec le morphologophie, hélas, d’un être humain. Enfin, un être humain grelottant. Perplexe, Eun-Ae dévisagea avec un subtil mélange d’excitation et de stupeur cet être étrange qui semblait prendre plaisir à fendre les eaux gelées du lac endormi par l’hiver. Ce qui devait avoir été un jour des vêtements tout à fait normaux ne semblaient plus que d’informes tas de tissus trempés qui sans tarder commenceraient à se rigidifier sous l’effet combiné de l’eau et du froid, la chevelure en désordre paraissait de jais entre les morceaux d’algues verdâtres, la silhouette longiligne donnait l’impression d’être prête à se briser comme une brindille trop sèche ‒idée plutôt ironique car sec, il était bien loin de l’être. Elle mit donc un moment avant de lui répondre d’un ton badin, ne voyant pas vraiment de quoi elle devrait s’excuser ‒ s’il laissait trainer son crâne partout, ce n’était pas de sa faute à elle.

-Oh, et bien, c’est juste que vous savez, les cailloux ca échappe facilement des mains. Vous nagiez ?

Curieuse, elle le regardait avec des étoiles dans les yeux, bien davantage intéressée par les activités de ce jeune homme que par l’idée de l’avoir importunée. C’était plus fort qu’elle, elle ne pouvait que se demander depuis combien de temps il pouvait bien y être, mais aussi pourquoi. Cela faisait déjà un petit moment qu’elle-même était arrivé aux abords du lac, elle aurait forcément vu ou du moins entendu quiconque tenterait de plonger dans l’étendue gelée. Qui plus était, quelle raison pourrait avoir une personne saine d’esprit de s’adonner à pareille activité par un tel froid, sans même prendre le temps de se vêtir de façon adéquate ? Alors, il n’y avait qu’une seule solution. Il n’était pas humain. Aucune autre explication ne pouvait s’offrir à elle. Il n’avait pas de bouteilles d’oxygènes, pas de scaphandrier (qui lui, en sus de lui une allure formidable, lui aurait peut-être épargné les bosses sur le crâne) et personne n’était capable de rester si longtemps en retenant son souffle, exception faite peut-être de quelques champions dans le genre.

-Êtes-vous un nixe ? Ou un kappa sous forme humaine, peut-être ? Non, vous n’avez pas de trou d’eau sur la tête… Un kelpie ? Une fée ? Il y en a plusieurs races je crois… A moins que vous n’ayez des branchies ? Ne vous inquiétez pas, je ne divulguerai pas votre secret, vous pouvez me le confier en toute confiance.

Elle trépignait presque sur place, sans se préoccuper de la voix grinçante de son interlocuteur ni même de son regard plein de rage. Est-ce qu’il était en train de dormir ? De chasser ? De batifoler avec ses semblables ? De cueillir des algues hallucinogènes en prévision d’une soirée un peu folle avec des amis ? Ou bien déprimait-il tout seul dans son coin ? La jeune coréenne prit soudainement conscience de son impolitesse. Sa peut-être première rencontre avec un être magique et elle le dérangeait dans ses activités quotidiennes ! Son visage passa aussitôt de l’excitation à une sincère contrition, qui ne parvint pas toutefois à chasser tout à fait l’étincelle scintillant dans ses iris sombres.

-Oh, mais je vous ai peut-être dérangé ! Je suis sincèrement désolée. Je n’ai pas cassé votre maison ? Elle se dévissa le cou pour observer la surface de l’étang, rapidement soulagée de ne pas voir un mur en vase magique flotter à la surface. Si je puis me faire pardonner en vous aidant à faire… ce que vous aviez commencé, n’hésitez pas à me demander.

Au moins, elle pouvait être presque certaine qu’il n’avait pas besoin de faire la vaisselle, s’il vivait là-dessous.

Jeu 27 Oct - 16:11
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Max avait caressé l'espoir que la pré-proie fasse au moins semblant d'avoir peur. Mais une telle réaction, et ces étoiles dans les yeux… L'each plissa le nez, dans une moue rageuse. Frustration, blessure à l'égo. Les quadrupèdes entre eux avaient parfois besoin de se montrer intimidants, e ne pas y arriver était pour le moins gênant. L'excuse fut vite trouvée: c'était de la faute aux bipèdes, et à cette ridicule forme humaine ! Des dents toutes plates, pas de griffes, et une musculature à en faire rire les sauterelles. Rien de surprenant à ce qu'entre eux les humains peinent à s'effrayer.

Il y avait peu de choses que la monture n'aurait pas donné pour pouvoir revêtir sa forme originelle. Il y avait son maître, Isha, sa bague poulpe, et… C'était tout. Ah non, il y avait son hélico, aussi. Outre ces quelques éléments, tout valait la peine d'être vendu pour s'offrir le droit de retrouver sa haute taille équine, ses centaines de kilos de muscles, ses crocs. Dans l'eau l'insolente aurait vu son sourire laisser place à la peur la plus primaire, celle de tomber entre les bras d'Eurynome. Que ç'aurait été bon… Ré-apprendre le respect à ceux qui brisaient la Grande Mère, qui riaient de ses enfants !

Bref, elle l'insupportait. Les poings et les dents bien serrés, Max cherchait encore ce qu'il était possible de faire subir à la petite, sans dévoiler le précieux Secret. Elle avait pourtant une tête à se faire noyer, celle-là ! Les petites bulles s'échapperaient de sa bouche… C'était l'idée qui tournait, en boucle, dans la tête de la créature. Son premier réflexe. En même temps, ce n'était pas un mal. Songer à frapper, avec une force supérieure aux humains, et un peu d'énervement… C'était peut-être dangereux. Autant que le danger concerne la vilaine, bon… Mais l'each avait fait sa dose de bêtises pour l'année, et n'avait pas envie de froisser le maître.

Et, mais… Elle l'avait traité de Kappa, là, non ? Oulah, ça n'allait pas le faire ! Un Kappa… et puis quoi, encore, un tas de morve ? Les Each Uisges étaient la séduction, étaient la beauté et l'élégance ! Pas comme ces résidus de trolls qu'étaient les Kappas. Il y avait de quoi se vexer, là ! Est-ce que Max avait insinué qu'elle était une morue ? Non ! Alors pourquoi cette agression gratuite, hein ?
Devant l'évocation des branchies, la créature rentra un peu la tête dans les épaules. C'était stupide: aucune branchie n'ornait sa tête ou son cou. Masis en plus de l'agacer, la petite commençait à devenir stressante. Elle pouvait deviner, à tout moment. Que faire, alors ? Un coup sur le crâne, et personne n'a rien vu ? Moui. Max craignait néanmoins d'y aller trop fort, ou pas assez. Quelle plaie…

Le flot de paroles cessa, pour des questions qui semblaient plus… Abordables ? Toutes proportions gardées, bien sûr. Max ne pouvait dire "vous n'avez pas cassé ma maison, vous avez blessé la Grande Mère", ça sonnait bizarre pour les moldus. L'aider à faire ce que…? Elle voulait l'aider à dormir ? Non, il devait y avoir bien mieux à faire. Cette proposition était la porte ouverte à toutes les possibilités. D'autant plus que la petite paraissait prête à croire tout et n'importe quoi, surtout ce qui flirtait avec le commun de l'impossible.
L'imagination de Max se mit en branle et, bientôt, l'idée lui vint. La belle idée. Celle qu'il aurait été dommage d'omettre. La seule idée qui pouvait apaiser un peu ses nerfs. Un sourire passa sur ses lèvres, entre l'amusement et le sadisme. L'each bomba le torse, se redressant, le port altier, dardant sur la petite un regard empli d'orgueil. Sa voix prit un ton solennel.

"- Vous y étiez presque. Je ne suis point de ces rats que sont les kappas. Je suis Athanel, divinité des eaux. Lacs, rivières, fleuves et océans, voici mes royaumes. Vous m'avez grandement offensé en troublant l'équilibre de ce lac, avec vos… Cailloux." L'offense n'était pas difficile à singer, de même que la moue méprisante à l'évocation des cailloux. "Puisque vous êtes prête à quérir votre absolution, voici les faits: les eaux sont souillées par les Hommes, et leur foi décroit. Grande est ma souffrance, et je me meurs peu à peu. Si je disparais, j'ignore ce qu'il adviendra des eaux, j'ignore si elles disparaitront, ou déferleront dans leur rage sur les vôtres. Il me faut une prêtresse. Quelqu'un qui me prierait, et qui prêcherait ma parole. Êtes-vous prête à devenir cette personne ?"

Sam 5 Nov - 10:41
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Elle parlait, elle parlait, mais comment s’en empêcher ? Pour la première fois de sa vie, Eun-Ae se trouvait peut-être devant la preuve vivante que tout ce qu’elle avait toujours cru était l’exacte réalité. Difficile, forcément, de ne pas égrener tous les noms de créatures aquatiques que d’aucuns jugeaient comme « fantastiques » et dont elle ait connaissance. Ce qui après réflexion, mais surtout suite à un coup d’œil à l’expression mauvaise de son interlocuteur, n’était pas nécessairement une bonne idée. Il semblait particulièrement réactif au mot « kappa ». Comment, il n’aimait pas ces petites créatures tortuesques et asiatiques ? En avait-il déjà rencontré, au moins ? Bon, il s’agissait certes de vraies pestes, mais quand même, pas la peine de lui jeter un pareil regard furieux... Qu’il était susceptible, celui-là.

La réponse la laissa toutefois interdite, fixant avec des yeux ronds ce « dieu » des eaux. Perplexe, elle le dévisagea donc en silence avant de pouffer de rire devant l’expression outragée qu’il arborait, hoquetant joyeusement à imaginer ce petit maigrelet aux cheveux trempés et écrasés sur la tête comme noble déité de l’empire aquatique. Finalement, elle comprenait pourquoi certains se refusaient tant à admettre l’existence de la magie et de tout ce qui pouvait aller de pair avec.

-Vous n’aimez pas les cailloux ? Mille excuses, ce n’était qu’un humble don de ma part. Pourquoi ne pourriez-vous pas devenir le dieu des eaux usées, alors ? Vous pourriez peut-être survivre ainsi !

Eclat rieur au fond des prunelles d’encre noire, la scientifique retenait difficilement le fou rire qui menaçait de la submerger de nouveau. Non non non, s’il s’agissait véritablement d’une divinité, elle ne devait pas l’offenser. Qui sait ce qu’il pourrait alors faire ? Mais quand même… Prêtresse d’une créature pareille… Le mieux était de reprendre, en plus de son sérieux, du début. Si début conventionnel il y avait en pareille situation.

-Pardon, je vous taquine. Je m’appelle Yi Eun-Ae. Si j’acceptais de devenir votre prêtresse… Que devrais-je dire dans mes prières ? Est-ce que j’aurais un temple ? Me montrerez-vous votre palais ? Et quelle est votre parole ? D’ailleurs, n’avez-vous pas froid comme ça ? Je vous assure, vous avez vraiment la chair de poule…

Elle pourrait peut-être lui trouver une petite laine… S’il acceptait de la mettre, bien sûr. Pensive et ennuyée de voir sa peut-être-preuve-vivante-magique mourir d’hypothermie, elle leva un doigt pour l’arrêter avant qu’il ne lui réponde et sortie sa carte papier de son sac. Bien… normalement… à droite, puis en prenant tout droit, en continuant un peu et en virant vers la gauche…

-Voulez-vous un café ? Normalement il devrait il y en avoir un pas très loin. Vous pourriez tout me raconter au chaud !

Ce qu’elle ne disait surtout pas, c’est qu’elle avait cinquante pourcents de chance de se perdre même pour un trajet si court. Mais mieux valait cela que laisser Atha… Athela…Athenala… bref Athamachintruc geler devant elle. Quand même, il lui faisait pitié, ce petit. Et s’il n’était qu’un bébé dieu ? Ou un jeune homme que l’on avait tenté de noyer mais qui avait trop honte de révéler pareille situation à une inconnue ? Si c’était le cas, il ne devait pas hésiter, ce n’était pas à lui victime d’être embarrassé ! En fait, Eun-Ae espérait qu’il ne s’agissait pas effectivement d’une déité… Si peu d’amabilité et un tel manque de prestance… Elle aurait de loin préférer s’adresser à un gigantesque poisson aux yeux d’argent plutôt qu’à ce drôle d’adolescent vaseux… au sens stricte du terme.

Dim 20 Nov - 20:26
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Le dieu des eaux usées ? Elle se moquait de sa trogne, là ! Et elle insultait la Grande Mère ! L'each eut le réflexe de froncer les sourcils et montrer les crocs, s'apprêtant à l'invectiver convenablement et lui faire la leçon sur le respect dû aux eaux. Par chance, pour Eun, elle prit la parole avant, le stoppant dans son élan, pour lui donner un air plus perplexe et interrogatif. Hein ? Elle avait dit quoi, là ? Non mais… Son nom ? Yieuhnaé ? Les humains avaient beaucoup trop d'imagination pour se nommer entre eux. Dire qu'après cela, ils nommaient tous leurs chevaux Sweetie ou Pepito… Ou Flicka ! Bon sang, le nombre de Flicka que Max avait pu rencontrer !

Mais c'était un autre sujet ! Le sujet actuel était plutôt "bon sang, que vais-je faire d'elle ?". Nan parce que la faire véritablement prêtresse n'était pas envisageable, le Cénacle lui tomberait dessus, et les autres divinités le bouderaient. Max s'attendait à ce que devant une telle demande, elle s'offusque, s'indignant qu'on l'imagine plus crédule qu'elle l'était ! Visiblement, elle était effectivement crédule à ce point, et son plan tombait à l'eau. Par Lucifer, empêcher cette gamine de découvrir le Secret allait être plus tendu que prévu, si elle y mettait autant de mauvaise volonté…

Max observa sa peau. La chair de poule ? Boh, un peu… Mais ce n'était pas grave, non ? Bruit de papier, et… Un café ? Et puis quoi encore ? Parler d'un sujet aussi sensible dans un endroit pareil, c'était se passer la corde au cou ! Ici au moins la solitude régnait, loin d'oreilles non désirées.
Max croisa les bras, une expression entre la déception et l'agacement sur le visage. Sa voix se fit méprisante, et hautaine - autant que cela était possible. Mais après tout, n'était-elle pas prête à croire tout et n'importe quoi ?

"- Ah oui, vous êtes quand même bien crédule ! Il est hors de question que j'aille dans un café. Je suis ici pour m'endurcir !" Son torse se bombait, de fierté paré. "Vous ne regardez pas Game of Thrones ? Ils n'arrêtent pas de le dire ! L'hiver vient, l'hiver vient… Alors je me prépre à l'hiver. Dans l'eau. Pour habituer mon corps."

Et les corps humains avaient besoin de s'endurcir ! Comment faisaient-ils pour supporter de rester aussi faibles toute leur vie ? Ils couraient à une vitesse ridicule, ne savaient pas bondir, et tout leur demandait une force incroyable… Même aux plus athlètes d'entre eux. Si l'each n'avait pas été à ce point sur les nerfs, peut-être que son petit coeur aurait pu avoir eu pitié de ces misérables créatures. Peut-être…
Mais pas maintenant, du coup ! Dommage, hein ? Là ses questionnement se portaient surtout sur le degré de sadisme dont il était possible de faire preuve sans tuer la petite. Ses crocs démangeaient un peu, c'était vrai, mais… Peut-être que… C'était tout de même possible.
Lentement, il fit le tour d'Eun-Ae, prit délicatement la carte de ses papattes, fit mine de l'observer un peu.

"- Vous devriez vous préparer aussi. Une petite baignade, un bonhomme de neige, que sais-je !"

Et hop, presque subtilement, Max lui mit un coup de hanche, dans le but de la pousser dans l'eau. Quel grand coeur l'each avait, pour ainsi s'inquiéter des humains ! Et si tout allait bien, elle oublierait toute idée de kelpie avec une bonne douche "fraîche"...

Dim 27 Nov - 14:21
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Il grelottait, dégoulinant sur le sol gelé, ses oripeaux détrempés lui collant à la peau ; et pourtant il s’obstinait, dieu misérable s’il en était, à clamer sa vigueur et sa puissance. Etait-ce donc là les merveilleuses créatures qu’Eun-Ae avait depuis si longtemps espéré découvrir ? Il était donc vraiment une de ces déités qu’elle avait rêvées nobles et gracieuses, sévères mais justes ? Il n’était pourtant qu’un gringalet mécontent à la peau bleuie par le froid. Si en vérité il était ce qu’il affirmait, peut-être aurait-il mieux valut pour elle conserver son ignorance à leur sujet. Le dévisageant avec une pointe de dépit au fond des yeux, elle haussa les deux sourcils avec surprise en entendant ses bravades. Magique ou non, cet être trop fier devait aussi manquer d’une bonne dose de rationalité.

-Vous allez surtout attraper une pneumonie, comme ça. Enfin, si vous pouvez. Les dieux peuvent-ils tomber malades ? Enfin, vous faites comme vous voulez, hein, je ne vous juge pas. Mais ce ne serait pas très glorieux pour vous de mourir congelé à côté d’un lac, en ressemblant à un gros sac de varech qui déborde. Sceptique sur la prétendue capacité de résistance de son interlocuteur, elle acheva avec un soupir d’évidence : vous ne croyez tout de même pas que Game of Thrones est réaliste ?! Ce n’est qu’une fiction voyons ! Même si l’auteur a puisé dans l’Histoire pour ses écrits, ce n’est qu’inventé ! Pour un dieu, vous faites preuve d’un illogisme étrange.

Consternant, vraiment ! Et dire qu’elle avait été heureuse d’être la déesse de ça. Il n’avait rien compris, ce pauvre petit bout de divinité qui claquait des dents. Mais peut-être devrait-elle être plus gentille avec lui. S’il n’était pas sorti de son trou d’eau depuis longtemps, que plus personne ne le vénérait, c’était normal qu’il n’ait plus toute sa tête… Bien sûr, restait le problème de savoir comment il pouvait regarder les séries télévisées dans ce cas mais l’un de ses pouvoirs lui permettait potentiellement de se brancher par wifi mentale sur le réseau. Non, cela devenait totalement absurde, comme idée. Et s’il s’agissait d’un humain ? L’eau froide lui ayant un peu trop refroidi la tête, son délire pourrait s’expliquer ainsi ! Quant à savoir ce qu’il pouvait faire à se baigner par pareille température… Un suicide ! Il avait tenté de se suicider, et elle l’avait gêné dans ses actes ! Le pauvre… Vu son état, elle aurait dû arriver quelques minutes plus tard, cela aurait rendu service à tout le monde. Un éclat compatissant au fond de ses iris sombres, la demoiselle observa le pauvre bougre simplet lui tourner autour et lui retirer sa carte. Tant qu’il ne lui mangeait paaaaaAAAAAAAh ! Déséquilibrée, elle battit des bras comme un oisillon cherchant à s’envoler (ce qui s’avéra d’ailleurs un échec) et, se raccrochant instinctivement à la chose qu’elle avait sous la main ‒donc Athamachin, ou du moins un morceau de ses vêtements qui lui resta dans la main‒ la biologiste évita de peu la chute dans l’eau pour mieux s’effondre dans la neige, un pied dans le lac glacé.

-Alors vous…

Se relevant d’un bond, la jeune coréenne sautilla sur son pied trempé en grimaçant, tentant vainement de le réchauffer. Si elle perdait un orteil, elle dépècerait cet hurluberlu pour voir ce qu’il avait dans le crâne ! Lui jetant un regard furieux, elle clopina jusque devant lui et leva la tête pour le dévisager :

-Si ma chaussette décolore par votre faute, vous m’en rachèterez une paire, elle est toute neuve ! Bonhomme de neige vous-même !

Et pour faire bonne mesure, elle se pencha pour attraper un peu de neige qu’elle écrasa sur le nez du malotru. Humain ou déité, il l’avait bien mérité !

Jeu 5 Jan - 15:48
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Pataugeant un peu dans l'air, Max avait réussi à éviter de suivre sa camarade dans l'eau, ce qui aurait sans doute signé autant le trépas prématuré de la jeune femme que la trahison du Secret. Les sabots humanisés s'ancrèrent à nouveau dans le sol, permettant à l'each d'admirer son oeuvre, l'air contrite de la biologiste, le "shploc" qui accompagnait chaque mouvement de son pied détrempé. Quelle âme faible n'aurait point cédé devant pareil spectacle ? Max s'était toujours refusé à tout entraînement qui aurait fait taire son amusement, et les frissons d'euphorie qui le parcouraient. Un rire typiquement équin éclata, sans pitié et sans remord, dans sa plus sauvage nature, se moquant de savoir s'il était aussi frais ou destructeur que pouvait l'être le vent.

Pas moyen, alors, d'entendre ce que la presqutresse (presque-prêtresse) pouvait bien vouloir. Les mots "paire" et "neige" furent vaguement saisis, mais bien moins parlants que la neige sur le nez. Le rire se fit saccadé, la respiration devenant difficile, avant de se changer en une toux un peu bizarre, mélange de hoquétement amusé et de tentative pour retirer ce que le nez humain considérait comme étranger. L'eau en sortit, difficilement, et sans doute moins pure qu'à son entrée. Sur ses joues, le froid se faisait désormais sentir, alors que la peau aérée de son ventre n'avait pas encore été remarquée. Quelle importance ? L'humaine semblait désormais d'humeur joueuse ! Jouer était ce pour quoi les Each étaient faits !

Après un faux couinement de mécontentement, Max laissa tomber la précieuse carte, s'écartant, se baissant, les mains dans la neige.

"- Nan ! C'est vous la bonhomme de neige !"

La neige en question vola jusqu'à elle, pseudo-boule amassée avec les deux papattes, pour venir éclater contre la petite humaine déjà rafraîchie. Le reste allait demeurer en la mémoire de l'each comme un instant un peu flou. Certes, il y avait eu ce bond sur la jeune femme, certes, il y avait eu "un peu" de chahut et de neige dans tous les sens, mais… Comment Max avait pu réussir à se jucher sur Yéunaé, à califourchon, ses propres mollets à moitiés sous la neige, ses habits partiellement emplis de la même neige ? Comment Yéunaé avait pu se laisser faire, et se retrouver elle aussi partiellement enneigé et, surtout, avec un soit-disant dieu qui essayait de lui mettre un bout de carte détrempé dans le nez ?

"- Si-si-si ! La carotte ! Pas de bonhomme de neige sans carotte ! Allez, ne faites pas l'enfant, et arrêtez de bouger, tout va très bien se passer !"

Mer 18 Jan - 22:55
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Héhé, il faisait immédiatement moins le fier, le visage barbouillé de neige fraiche, postillonnant pour s’en débarrasser. Puisqu’il était déjà trempé et ne semblait pas se soucier du froid qui l’entourait, pourquoi ne pas en profiter pour en rajouter un peu, après tout ? Il n’en était plus à une pneumonie près quand même. La tête haute et le pied gelé, Eun-Ae l’observa avec plaisir manquer de s’étouffer et recracher une morve enneigée sur le sol. Ha, il avait osé rire d’elle ! Ha, il lui faisait attraper un rhume des orteils ! Voilà donc qui la vengerait ! Il avait tout de suite l’air moins arrogant, ce dieu de pacotille ! Toute réflexion faite cependant, elle croyait de moins en moins qu’il puisse réellement être l’une de ces mythiques créatures qu’elle avait rêvé d’un jour rencontrer. Il lui fallait se rendre à l’évidence, ses rêves avaient été pris pour réalité et il s’en était joué, rien de plus ! Sans doute n’était-il en vérité qu’un chétif adolescent en pleine crise d’identité, croyant pouvoir renforcer sa maigre constitution en pataugeant dans un lac gelé ou mettant fin à sa vie ennuyeuse en sautant dedans. Puisqu’il avait tenté de la ridiculiser avec ses absurdes idées alors qu’elle, toute gentille toute innocente, lui proposait un café, il méritait de mourir d’une intoxication neigeuse.

-Oh ! Eyh ! Nyaaaaaaaah !

Outrée de voir sa précieuse carte malmenée ainsi, la biologiste le fut d’autant plus lorsqu’elle se fit à son tour attaquée par une boule de neige sauvage ; l’eau fondue qui s’infiltra sous son écharpe achevant de lui tirer toute sorte de piaillements indignés. Et à peine avait-elle le temps d’essayer de se débarrasser de cet ennemi gelé qu’elle se faisait chahutée par le dieu de la vase !

-Nan mais pffffffff ! – elle lui souffla au nez la neige qui lui tombait sur le visage – je ne veux pas de carottes ! Et je ne suis pas bonhomme pfffff ! de neige, je suis une femme de pas-neige !

Il était aveugle ou quoi ? Bon, pour l’instant c’était elle qui l’était, à se faire agiter une carte roulée à demi trempée devant tous ses orifices faciaux ! Mais elle avait un nez, déjà, si-si-si, comme il le disait si bien ! Bon, certes, pas très gros, mais après tout, elle n’allait pas regarder la taille de ses attributs pour les lui remplacer par des ca(rte)rottes, il pourrait avoir l’obligeance de faire de même !

-Maiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !

La voix partant dans les aigus accompagna une série de battements de mains et de gesticulations plus ou moins utiles qui lui permirent toutefois de manquer éborgner l’apprenti catcheur. Soudainement, sa main s’empara d’une chose cylindrique, molle et petite ; raffermissant sa prise dessus, elle tira. Et un *schrach* plus tard, Eun-Ae fixait avec une infinie tristesse le malheureux plan en piteux état ayant été victime de leur échange pour le moins… enneigé. Un instant de silence suivit le drame, avant que la jeune femme ne se décide à véritablement se fâcher, ou presque. Relevant le buste, elle attrapa à bras le corps le ventre puant d’Athatruc et le renversa sur le dos. Et vite, il ne lui restait plus qu’à pousser le nem d’humain jusqu’au lac d’où il était sorti ! Avec un peu de chance, il y resterait définitivement et nul ne saurait qu’elle avait été ici aujourd’hui quand on retrouverait son corps.

Lun 23 Jan - 21:56
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Max riait de bon coeur, détournant tout juste le regard lorsqu'étrangement de la neige fut projetée vers son joli museau. Les couinements de sa proie et ses gesticulations étaient une merveille ! Elle était parfaite, à sa façon, une fois qu'elle comprenait comment se comporter pour honorer sa nouvelle déité ! Elle couinait, elle couinait, et Max n'y voyait qu'une merveilleuse détresse mêlée d'impuissance. Ce délice le serait davantage encore quand il se ferait plus nasillard, une bonne carte bien détrempée enfoncée dans une narine !

"- Aïeuh !"

L'each eut un mouvement de reculant, s'étant pris un de ces appendices de papattes humains dans l'oeil. Le premier réflexe de son abrutie de forme humaine fut de fermer les DEUX yeux, s'agitant de façon bien plus aléatoire, envoyant la carte fouetter le visage de sa proie sans logique aucune. Lorsqu'à nouveau son oeil non-molesté s'ouvrit, ayant compris qu'il ne souffrait point, un déchirement sinistre survint. Les deux compagnons purent constater le déchirement de leur bien commun et de leurs coeurs, dans un instant de silence et de calme quasi religieux. Il aurait suffit de passer une bure à Max pour l'entendre dire, sa voix résonnant dans un écho artificiel:

"- Nous sommes réunis ensemble autour de notre défunte amie ca-carte. C'était une carte bien. Elle a carté toute sa vie, elle a carotté aussi. Puisse désormais son âme souffrir au royaume de mon maître."

Mais évidemment, personne ici n'avait de bure, les eachs n'étant pas plus prévoyants que les humains ! Alors pas de cérémonie, pas de remerciement à ce dévoué objet de leurs jeux. À moins que… Peut-être qu'en prenant le manteau d'Younaé, cela pouvait s'arranger. Il n'y avait sans doute qu'à demander gentiment… La peine ne les unissait-elle pas ?
Ah, non. Lorsque les feuillages et le ciel furent au-dessus de son museau, Max comprit que récupérer sa tenue de curé des campagnes allait être plus complexe que prévu. Ce fut à son tour de remuer, et de couiner, dans une imitation quasi-parfaite de la scène précédente, à ceci près que ses gémissements n'étaient que façade, qu'intérieurement il éclatait de rire à voir ainsi sa camarade se fâcher. Le jeu aurait assurément put continuer un moment, si une voix n'avait interrompu leurs ébats.

"- Non mais c'est fini ce hentai ! Y a des enfants qui passent par ici !"

Max cessa immédiatement son manège, pour tourner ses grands yeux d'each vers l'humain qui venait de parler. Un humain tout vieux (au point où ceux qui connaissaient le mot "hentai" pouvaient se demander où il l'avait appris), effectivement accompagné de plusieurs gamins, était en approche. Et il l'était de plus en plus. Canne en main, il avait l'air… Menaçant ? Fâché ?

"- Allez, zou ! Du balais ! Rhabillez-vous, zou !"

Nan mais ! Pour qui il se prenait ! C'était le territoire DE MAX, ce lac ! Il n'y avait plus de respect, en cette époque. Etrangement, le maître des lieux eut le sentiment qu'imposer son autorité en tant que créature des eaux ne serait pas forcément de très bon aloi du point de vue du Secret. Après… D'autres méthodes existaient ! Comme défendre sa présence en prétendant que c'était Eun qui avait commencé ! Au dixième coup de canne sur le haut du crâne, l'each comprit, néanmoins, que mieux valait s'occuper de la défunte carte loin de cet énergumène complètement pété de la cafétière. Suivant Oundé, ou l'inverse, l'each prit la poudre d'escampette, sur un chemin qui les gardait le long du lac, mais… Un peu plus loin. Là, sous la neige, la pierre se mêlait aux herbes rases, en temps normal, et quelques arbres plongeaient leurs racines dans l'eau. Ce terrain était légèrement en hauteur, comme une mini-falaise d'un mètre au-dessus de l'onde. Max jeta alors un coup d'oeil en arrière, avec une vue sympathique sur son Domaine.

"- Il ne nous suit plus…"

Puis, se tournant vers Aé, l'each tendit une papatte, relativement polie et calme au vu de leurs précédents ébats.

"- Accepteriez-vous de me prêter votre manteau et votre écharpe ? Ainsi nous pourrions honorer le trépas de votre carte comme il se doit."

La comédie état merveilleusement bien jouée. La voix posée, calme, compatissante et légèrement émue. Le coeur y était !

Lun 30 Jan - 13:45
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Il se riait d’elle, assurément, riant de sa détresse, se gaussant de sa tristesse. Il n’y avait nulle autre explication à cet honteux comportement et ce moqueur hommage funeste. Sa carte, sa carte ! Déchirée, découpée, balafrée, amputée, ignoblement mutilée ! Et c’était lui, l’assassin, lui, le tueur, lui, le malsain : Athatruc l’Eventreur Cartographique ! Avec ses méfaits, il osait plaisanter… Qu’il retourne à l’eau, qu’il y meure lentement, les orteils dévorés par les poissons et la chair décomposée nourrissant les algues affamées ! Elle jouirait avec un indicible plaisir des vagues de bulles qui remontrait à la surface, témoignage silencieux de l’horreur sous l’eau. Enfin horreur… pour elle ce ne serait que justice rendue. Poussant son rouleau de pas-printemps vers le lieu du futur crime, Eun-Ae grimaça en se recevant une gifle des gesticulations de sa victime tout en accélérant le mouvement ; retour au congélateur, elle n’avait pas d’appétit pour la nourriture pas fraîche.

Hentaï ? Qui parlait de hentaï ? Tout de suite, la conversation semblait plus intéressante. Quoi que… non, finalement, ce n’était pas une publicité, juste un vieux croûton faussement offusqué et préférant imaginer une scène torride – par ce froid, c’était compréhensible – qu’une ébauche de violence. Se redressant, la biologiste observa les enfants qui les fixaient avec curiosité, puis l’importun assommant le boueux ; tout cela devenait vraiment... vaseux. Haha ! Hrm, la situation devenait totalement folle. Pourtant, la journée avait semblé si calme à son commencement… Tant qu’à en profiter, autant s’amuser !

-Ne vous en faites pas, les enfants apprennent vite ! On peut tourner avec eux si vous préférez, quoi qu’on puisse aussi vous filmer. Les cannes offrent de nombreuses possibilités, n’est-ce pas ?

Ah, ça y était. Elle allait l’avoir, son meurtre. Pas de la bonne personne certes mais… observant les yeux scandalisés se révulser, tandis que l’indignation arrondissait la bouche ridée, la jeune femme pencha la tête avec intérêt. Captivante expression. Elle n’aurait pas dédaigné la figer à jamais, elle aussi. Maiiiiis… il était temps de ficher le camp et en vitesse avant d’à son tour se faire retourner le crâne par le vieillard voyeur. Le vieillard voyeur… voilà qui ferait un bon virelangue ! « Un vieillard voyeur voulant voler vit un vers vert visionnaire ». La jeune femme attrapa ses morceaux de carte et décampa sous les vociférations du vieillard les poursuivant ; enfin, si poursuivre était le mot adéquat au vu de la démarche claudicante. Ce ne fut qu’une fois arrivée sur un petit promontoire qu’elle prit conscience de la présence de l’ex-futur-noyé à ses côtés. Eh quoi, il l’avait suivi, l’onigiri ? Lui jetant un regard soupçonneux, elle haussa un sourcil à sa demande, offusquée.

-Son trépas ?! Mais elle n’est pas encore morte, il lui faut un médecin urgentiste, pas un enterrement ! Si l’on s’y prend assez tôt, on pourra la sauver, ayez confiance ! Regardez.

S’accroupissant au sol, elle accola les deux morceaux inégaux, mécontente de voir ainsi son pauvre plan malmené. Bien, alors… elle n’avait ni scotch ni colle, pas plus d’agrafes à sa disposition. Agenouillée au sol, elle posa un doigt sur ses lèvres en réfléchissant avant de le lever à hauteur du visage dans un élan de génie :

-Prions ! Mettez-vous à côté de moi et prions pour son salut ! Vous êtes coupable, vous demanderez pardon en même temps. Mais il nous faudrait une offrande… D’ailleurs, qui allons-nous prier ?

Question essentielle, les divinités ne manquaient pas et, Eun-Ae ne doutant pas de leur existence, elle n’avait aucune envie d’en froisser une en privilégiant telle déité à telle autre. Cela étant, l’homme-algue avait peut-être son idée sur la question, puisqu’il s’était lui-même présenté comme en étant une. Elle était décidée à ne pas le croire sur ce point, mais s’il habitait ici de longue date, peut-être en savait-il plus qu’elle sur les croyances locales.

Sam 4 Fév - 19:20
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Max eut une grimace contrite, en désignant un peu mieux la carte à Yéhunaé. Ah non, là il n'était même plus question d'un urgentiste. Que pourrait-il faire ? Coller deux morceaux, pendant que le reste se décomposait ? Non, c'était la fin, fut-elle dure à admettre… La monture de la Mort connaissait les étapes que traversaient souvent les bipèdes qui survivaient à leurs défunts. La petite devait être en plein déni. Alors l'each la laissa faire, l'observant en silence tandis qu'elle tendait de recoller la carte, son coeur et ses neurones, guettant l'instant où le déni cesserait, cherchant en elle les indices du cheminement de sa pensée, de ses émotions

Tout était possible. Mais Max resta perplexe devant la réaction inattendue de l'humaine, haussant les sourcils. Sous sa forme originelle, ses oreilles se seraient sans doute orientées vers deux directions différentes, témoignant son incrédulité. Bah ? Et la colère, le marchandage, la tristesse..? Roh, ce n'était pas poli de passer outre les étapes ! Max allait se vexer, de la part de son maître ! Enfin, aurait pu se vexer, si la situation présente ne proposait pas d'autres cheminements plus intéressants. L'each avait déjà beaucoup joué à faire l'humain vexé. Mais jouer à l'enterrement, c'était plus rare, c'était sans doute bien plus rigolo. À la question, le curé improvisé haussa les épaules.

"- Bah. Dora. Normal. Quoi que… Non, nous faisons mieux de prier carte-man. Non… " Son menton entre deux doigts, Max était plongé dans une profonde et intense réflexion. C'était important, elle avait raison, la petite ! "On pourrait me prier, mais je n'ai pas vraiment d'affinité avec les cartes. Ou alors, on vous prie, vous, et on dit que vous êtes la déesse des cartes mortes ?" Son regard la jaugea, l'observant de haut en bas. "…Non, vous n'avez pas la tête de l'emploi. Prions Dora. Ça sera plus simple pour tout le monde." Croyant observer un début de protestation dans le comportement d'Eun, l'each la stoppa immédiatement, d'un geste de la main autant que de la voix. "Nope-nope-nope ! On ne proteste pas, jeune fille ! C'est Dora, puis c'est tout. Aidez-moi plutôt à préparer sa sépulture ! Il va falloir des cailloux. Des petits cailloux. Je compte sur vous."

Hâtivement, l'each creusa le sol, à mains nues. Enfin, creusa surtout la neige. Pas besoin de s'embêter à retourner la terre alors qu'il y avait de la pâte-à-modeler-le-monde à portée de sabot. La carte s'installa dans le creux ainsi formé. Aussi en dix secondes, chrono en main, c'était prêt. Yéhounaé fut alors interpelée.

"- Yéyé, venez par ici ! Installez-vous, soyez sage."

L'each s'éclaircit la voix, se redressa, les bras levés vers le ciel. Ca y est, c'était LE moment, le bon moment, le moment bon !

"- Les amis ! Nous sommes réunis en ce jour pour célébrer la mort de notre amie à tous, ca-carte. C'était une carte bien. Elle a toujours été à nos côtés pour nous guider, même dans les nuits les plus sombres. Elle a fait de nous des êtres meilleurs. Grâce à elle, nous savons mieux nous orienter, et nous connaissons mieux le monde. Elle nous a présenté les obstacles que nous devrions affronter. Alors, mes amis, j'aimerais que nous chantions ce psaume en son honneur, car c'était là sa musique favorite: je suis la carte, je suis la carte…"

Sur un ton hautement inspiré des élans bibliques, Max entonna, lentement, cette chanson, unique à sa connaissance qui fut jamais chantée par une carte. La fin de la chanson venant, l'each ramena lentement ses mains devant son coeur, tête basse. C'était exactement ainsi que les humains faisaient. Se savoir apte à singer si bien les humains était… Fortement amusant. C'était d'autant plus amusant d'être capable de camoufler sa joie derrière un air faussement solennel. L'each aimait beaucoup. Et ce fut avec le même sérieux, le même air grave, que ses paroles reprirent:

"- Puisse Dora veiller à tout jamais sur son âme, aux Enfers des cartes. Vous pouvez embrasser la Mariée."

Quoi ce n'était pas ce qu'il fallait dire ? Bien sûr que si ! Alors pourquoi Yéun' ne passait pas à l'acte ? Avec un air faussement empli de reproches, Max ajouta, à mi-voix, comme pour n'être pas entendu du reste de l'Assemblée:

"- Là, c'est le moment où vous déposez les offrandes dans la tombe." Elle ne semblait pas réagir, et affichait cet air de merlan frit qu'avaient tous les humains quand ils ne savaient que faire. "Les cailloux ! Il faut les mettre dans la tombe !" Expliqua l'each, toujours à voix basse, singeant l'agacement. Puis, rajoutant une once de colère: "…Vous avez les cailloux, n'est-ce pas ?"

Jeu 9 Fév - 16:26
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Elle, déesse des cartes ? Mortes, qui plus était ? Non, vraiment, cet énergumène n’avait aucun raffinement, aucune distinction ! On n’annonçait pas ainsi à une pauvre éplorée que son bien le presque-plus précieux était en miettes et qu’elle n’avait qu’à se prier elle-même pour en recommander l’âme à… bah, elle-même. Il semblait l’avoir compris, d’ailleurs, puisque son choix se modifia. Perplexe, Eun-Ae le regarda réfléchir puis opter pour Dora. Dora… Ce nom lui disait quelq… AH ! Doraaaa ! Oui, l’image de l’enfant au regard vicieux et aux feuilles de palmiers en guise de chevelure lui traversa l’esprit. Impossible ! Elle ne prierait pas ce cauchemar pour enfants. Ouvrant la bouche pour protester, elle fut toutefois interrompue avant même que le moindre son, même timide, ne franchisse ses lèvres ; quelques instants plus tard, elle se retrouvait à récolter des petits cailloux sans comprendre comment elle en était arrivée là. Qu’est-ce donc qu’une biologiste sensée et cultivée, venant de trouver du travail dans un respectable établissement, faisait donc à dénicher de la caillasse pour un pseudo-enterrement de carte en papier déchirée ? Aucune réponse ne lui venait. Enfin, aucune qui n’inclut pas un début de potentielle folie ; d’ailleurs, la question n’aurait même pas dû avoir à se poser. Etait-ce grave ? Mais quitte à ce que son esprit déraille… Autant continuer sur sa lancée, cela lui changeait les idées. Elle en oublia même la petite voix qui lui murmurait qu’il aurait suffi d’un morceau de scotch pour récupérer son plan en quasi-parfait état ; après tout, ce n’était qu’un détail.

Un regard blasé plus tard, elle écoutait la voix nasillarde entonnant une dissonante complainte pour la moins inhabituelle. Jusqu’à là, Eun-Ae n’avait jamais prêté attention à l’existence ou non d’un hôpital psychiatrique à Last End ; désormais, elle n’en avait plus guère de doute. Pourquoi lui parlait-il de mariage, soudainement ? Qui ? Avec qui ? Quelle mariée ? Pourquoi ? Comment ? C’était un enterrement, pas un mariage ! Et la cartophilie n’était pas autorisée en Angleterre, d’abord ! Enfin elle n’en savait rien mais n’ayant aucune intention de se trouver en nuit de noce avec un morceau de papier déchiré –quoi qu’il valait mieux que ce soit la carte qu’autre chose… elle se comprenait– elle préférait imaginer que c’était le cas. Il y avait-il seulement une personne dans ce pays qui avait eu aussi saugrenue idée pouvant donner envie au législateur d’en interdire la pratique ? Contemplant tristement la créature humanoïde qui lui faisait face, elle se demanda quelles tristes épreuves celle-ci avait bien pu traverser qui lui ait causé pareil traumatisme. N’avait-il donc personne pour s’occuper de lui ? Il n’était pas bien méchant, mais quand même ! Il aurait pu lui fracturer le nez, ce barbare, avec sa carotte-carte ! Tendant machinalement, en entendant ses injonctions, le tas de cailloux qu’elle avait récolté, elle le déposa, un à un, la face la plus claire sur le dessus, en un parfait petit dôme à la parfaite symétrie. Tant qu’à faire les choses, autant que ce soit, d’autant qu’elle avait toujours été bonne en géométrie ; enfin, en primaire. Après, il ne fallait pas lui en demander non plus, son masochisme avait des limites... moins l’infini. Pouffant de rire à sa blague mentale, elle se ressaisit difficilement avant de se redresser.

-BON ! Maintenant que ça c’est fait… on va vous marier ! Enfin… si c’est seulement possible. Je vais commencer par vous recoiffer, vous êtes pitoyables, échevelé comme ça. Non, ne bougez pas, restez tranquille ! Allez, baissez-vous !

Commençant par retirer en grimaçant les plus grosses saletés, qu’elles soient algues, feuilles décomposées ou petits tas de vases, elle se secoua les doigts pour tenter de les en débarrasser avant de tenter d’arranger grossièrement le tas de filaments qu’elle avait devant elle, lui parlant autant que marmonnant pour elle-même :

-Alors, vous n’avez personne ? En même temps, comment ce serait possible… Même pas un petit coup de cœur ? Je suis sûre qu’on peut arranger ça, avec beaucoup d’espoir et de savon. Allez, ne faites pas le timide, racontez moi tout sur vos amours.

Jeu 23 Fév - 20:48
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"- Mais, mais..!"

Pas le temps ni les moyens de protester. Max se retrouvait par terre, dans la neige, les mains de la primate dans les cheveux. Décidément, certains gestes ancestraux ne se perdaient pas. Aurait-il été utile ou souhaitable de souligner à l'humaine la vanité de son action ? D'expérience, l'each uisge savait que, toujours, les algues revenaient dans ses cheveux, comme si elles en naissaient. S'étaient enchaînés propres sommeils et doux matins, sagement dépensés au creux de son lit, et le lever du jour avait semblé déposer des algues au sein de sa crinière humaine. Des algues qu'il fallait régulièrement brosser, nettoyer, car mauvaises pour le Secret. Sans doute le marché des trolls avait-il quelque lotion appropriée, mais… Et si elles ne revenaient jamais ? Hors de question ! Max aimait ses algues ! Elles faisaient parties de son petit corps, elles étaient le cadeau et la parure de la Grande Mère et de son amie Terre.
Si en plus elles lui donnaient l'occasion de se faire papouiller, ou était le souci ? Max aimait qu'on lui fasse son pansage, aimait que l'on joue de ses cheveux, qu'on frotte sa peau… Sous forme équine, c'était encore mieux ! Les poils qui devenaient légers et doux, la friction qui était un véritable massage… Andrew et Isha faisaient ça très bien. Et le maître, encore mieux ! L'each ferma peu à peu les yeux, par réflexe, se détendant pendant qu'on le tripatouillait. Sa voix s'armait alors d'un grand naturel, comme on lui donnait l'occasion de raconter une histoire:

"- Oh, j'ai bien eu des amours, vous savez… Des amours impossibles. C'est une longue histoire." Un long soupir arma ses mots de sentiments, d'une lassitude mêlée à l'aigre-doux de la nostalgie et des regrets. "Tout a commencé avec une chèvre. Je gardais la chèvre d'un ami, en sifflant sur une colline, lorsque je l'ai rencontrée. On était dans les Alpes, il faisait beau, il y avait une cascade non-loin… Alors je l'ai vue. Elle était magnifique ! La plus belle parure que la nature puisse faire ornait le haut de son corps, et sa peau se dorait au soleil. Le coeur empli d'émotions, je m'approchais, et commençait à la complimenter. Elle restait de marbre, silencieuse, les éclats d'or de l'astre du jour venaient caresser ses courbes… Je ne me décourageais pas, et je tentais tout: les silences, les distraites caresses, les boutades… Elle ne répondait que par sa beauté. Je restais de longues heures ainsi -peut-être des jours. Lorsque le drame advint."

Un mouvement des lèvres, vague copie de cette moue qu'avaient les humains retenant leurs larmes. Ses poings se crispèrent, son regard s'attacha à la neige.

"- La chèvre nous surprit. Alors je sus la jalousie dont elle pouvait faire preuve. L'amie de mon ami n'était autre que mon ennemie, vicieuse et ignominieuse créature. Profitant que je cueillais quelques fleurs des prés pour mon aimée, elle dévora cette dernière. Lorsque je revins, il était trop tard, et les lèvres de la vile caprinée s'ornaient de son fluide vital. Ivre de colère, j'attrapais la tête de la chèvre, lui retirais une de ses cornes, en usait pour lui ouvrir le ventre. Ce fut vain. D'Elle, il ne restait plus rien. Mon chagrin se mêla alors à ma culpabilité, car je savais que mon ami ne comprendrait les origines de mon acte. Je pris la fuite, vers Berlin."

Son regard s'orienta ailleurs, vers le ciel.

"- C'est charmant, Berlin, vous savez ? J'y ai vécu quelques années, en parfait inconnu. Je faisais la fête, avec les étudiants européens, apprenais leurs langues, disparaissait sous la bière, ré-apparaissais à l'heure des repas. Je dormais chez les premiers amis qui me venaient. Ainsi j'appris malgré moi que je m'étais fait un ami fortement impliqué dans le trafic de Marie-Jeanne. Je l'appris notamment lorsqu'un matin la police débarqua dans son appartement, alors qu'il n'y avait que moi. Ils m'embarquèrent. Je fus interrogé."

Son visage se tourna brièvement vers Eun-Aé. Parler lui tenait chaud.

"- Ils voulaient savoir où était mon ami, et où étaient les Marie-Jeanne. Je n'en savais rien, moi ! Ils refusaient de me croire, quand bien même je leur répétais que nous étions seuls dans cet appartement. Lui, moi, les tournesols, les chats… J'aurais peut-être dû leur parler plus en détail des plantes, remarque, des fois que les Marie-Jeanne se cachent derrière. Mais je crois que je les aurais vu. C'est gros une Marie-Jeanne, non ? M'enfin, en désespoir de cause, ils commencèrent à m'interroger sur plein d'autres sujets, et je les interrogeais aussi. C'est ainsi que je fis connaissance avec mon interrogateur."

Un faux sourire niais, tout plein d'amour.

"- Il s'appelait Isha ! Vous auriez vu comme il était beau ! Des cheveux soyeux, une cambrure agréable… Et un sourire de tombeur. Je parvins à négocier ma libération avec lui, il me servit d'hôte. J'appris qu'il était un infiltré des Bouddhistes au sein de la police. Le temps passant, nous fîmes plus ample connaissance, nous nous rapprochions, et… Il m'emmena à ses côtés lors d'une mission en écosse. Malheureusement, nous fûmes séparés, par un terrible accident d'avion. Foutus pélicans…"

Une nouvelle grimace douloureuse, une main sur le coeur, la mine  habituelle des humains blessés, ceux qui nourrissaient le doux désir de revanche. Max reprit après avoir fait mine de s'être calmé.

"- Un jeune homme me vit sur la plage, un dénommé Andrew White. Il s'occupa de moi tant que mon état de santé me l'imposait. Il vivait dans une sorte de cabane, sur les côtes de l'Ecosse. Le jour, il menait une vie sans histoire, d'éleveur de poulets, et le soir il réalisait son rêve en se rendant à des cours de pole-dance. Il m'emmenait en ville, où je cherchais Isha, tandis qu'il s'adonnait à son rêve. Mais bientôt, Isha me sortit de l'esprit, et je n'avais plus d'yeux que pour Andrew. Je le vois encore, à sa barre de pole-dance, magnifique… Eut-on mis la barre dans le noir, chacun aurait cru qu'il volait. C'est d'ailleurs ce que je lui ai proposé. De voler."

Petit sourire en coin.

"- Il est devenu le premier pole-dancer-gangster, et j'étais l'équivalent de son… Oracle. J'étais le cerveau de la bande. Nous fîmes des larcins merveilleux, qui nous permirent d'offrir un véritable palais aux poulets, ainsi qu'une barre de pole-dance à chacun d'eux. Dans le même temps, petit à petit, je le rapprochais de moi. J'étais presque parvenu à mes fins, lorsque… Jésus revint. Quoi, vous ne voyez pas qui est Jésus ?"

L'explication vint dans un feulement haineux:

"- Son ex."

L'each croisa les bras, feignant un air boudeur.

"- Ce qui devait arriver advint donc. Andrew se remit avec son ex, et moi, il me jeta, comme un malpropre. J'ai donc commencé à faire du stop, chercher du travail, et... J'en suis là."

Un nouveau soupir, désespéré. Cette fois-ci, Max se redressa un peu, se tourna vers Eun-Aé, et prit ses mains dans les siennes, sans serrer trop fort. Ses grands yeux d'ambre cherchèrent son regard pour s'y attacher. Les étoiles semblaient s'y refléter. L'each savait vraiment bien imiter ces moments où, pour un humain, tout peut basculer. L'euphorie et la peine étaient à portée de main, l'émotion vibrait sous sa peau.

"- Mais vous... Jamais vous ne m'abandonnerez, n'est-ce pas ?"

Mer 1 Mar - 16:01
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Elle l’écouta, un instant amie et psychologue plutôt que passante et biologiste ; et coiffeuse de fortune. Alors que les mots s’écoulaient de la bouche fétide de sa nouvelle rencontre, son visage se muait en masque théâtral, les émotions jouant sur ses traits comme autant de différences pouvant exister entre deux œuvres d’artistes différents, leur travail fut-il sur un même thème. Émue par tant de romantisme, elle se fit interloquée, puis devint horrifiée. Avait-elle donc mal compris ? A moins qu’une chèvre se référait à autre chose que l’animal qu’elle connaissait, celui-là même donc le museau n’était que douceur et le regard qu’amusement. Était-ce donc un surnom ou une métaphore ? Un code secret, que la passion de son récit lui avait fait oublier de traduire ? Un instant, l’image d’un mafieux hargneux et couvert de plaies et cicatrices, chevauchant fièrement sa Harley-Davidson et dévoilant une dentition taillée en pointes parfaites, lui traversa l’esprit. Et elle compatis. Fort. D’autant plus fort que le terme « dévorer » ne pouvait que sous-entendre un caractère culinaire à l’action. Avait-il dû faire face à un fou furieux, un criminel, un cannibale, dévorant l’aimée de Thathanel ? Il parlait de corne pourtant, d’éventration… Eun-Ae devait-elle en déduire qu’il avait émasculé le coupable ? Mais nul possibilité d’ouvrir un ventre avec pareil engin, fut-il le plus résistant et pointu de tous… De plus, un homicide cannibale suivit d’un acte de torture en représailles lui semblait… beaucoup. Trop, à vrai dire. Peut-être devait-elle envisager tout cela de façon symbolique. La belle désirée avait eu une relation charnelle avec l’ami, ou l’amie, de l’ami de Paparel, lequel (Paparel) avait donc décidé de se venger en révélant à celui/celle-ci son statut de cocu, ou cocue. La chèvre réfèrerait donc simplement à l’amie, ou l’ami, de son ami, et la corne à la tromperie de la chèvre par la personne habituellement compagne de la chèvre. L’éventration, elle, ne serait que triste image témoignant de la douleur du coupable aussi victime (la Chèvre, non Lalabel). Compliqué. Vraiment.

Perdue dans ses réflexions, la biologiste reprit le fil de l’histoire en croisant le regard du bavard. Et le reperdit, toute la pelote avec d’ailleurs. Qui étaient les Marie-Jeanne ? Des jumelles ? Une sororité ? Une secte ? Mais elles étaient censées être « grosses », terme peu aimable au demeurant. Un club féminin de lutte contre l’obésité ? Pourquoi est-ce qu’elles seraient recherchées dans un appartement plein de chats et de plantes ? Ah… Marie-Jeanne, plantes… La lumière se fit dans son esprit fatigué par les divagations de l’échappé psychiatrique. Ces fameuses femmes n’étaient rien de moins que des traficantes, sans doute, cachant leur drogue derrière les tournesols. Le plus drôle aurait été qu’elles cultivent du cannabis, aussi appelé marijuana, ce terme pouvant littéralement se traduire par marie-jeanne. Mais ce n’était sans doute là qu’une coïncidence, à moins qu'elles n'aient baptisé leur bande en l'hommage de la célèbre plante. Bref. Où en était-elle ? A la cambrure soyeuse et la chevelure tombante d’un chat, un truc comme ça. Elle n’avait écouté que d’une oreille, l’autre obstruée par l’agglutination de réflexions. Les paroles s’égrenaient à un rythme soutenu, les phrases s’enchaînant avec une rapidité déconcertante ; et toutes menaient au récit d’une catastrophe plus ou moins appuyée. Enfin, presque. Le plus étrange était probablement l’existence de termes dont la probabilité de se trouver dans un même rassemblement de phrases tendait vers moins l’infini. De l’avion jusqu’à Jésus, en passant par les poulets et les barres de dance lascive, il y avait de quoi satisfaire aviateurs lubriques et éleveurs fervents croyants. Il était tout simplement incroyable que cela soit censé se trouver dans une histoire vraie. Elle se trouvait donc avec un… elle ne savait trop quoi, mais son passé chargé commençait à achever de la convaincre qu’elle devrait commencer à s’inquiéter pour elle-même. Jugeant, jaugeant, elle plissa les yeux à sa question avant d’inspirer profondément, se penchant vers lui pour rapprocher leurs visages. Là, le regard grave et son attention entièrement fixée sur Lalamel (de carotte), elle extériorisa le problème qui la taraudait depuis quelques instants :

-Est-ce que vous avez essayé la pole-dance ? Je n’en ai jamais vu, si jamais vous saviez en faire et pouviez me le démontrer…

Elle ne voulait pas même savoir quelle place l’ex du dénommé Andrew pouvait avoir eu dans l’organisation mafieuse de Mamamel (de vache). Un rival de cœur et de braquage ? Un dealeur un peu trop gourmand, ou au contraire un enquêteur gênant ? Le faux dieu des égouts était-il parti parce que ses plans tombaient à l’eau ? Ou parce que Jésus chrisait ?
La main dans la chevelure gluante, Eun-Ae contempla l'insecte rare qu'elle avait face à elle ; finalement, le surnaturel n'était peut-être qu'une conception subjective, le spécimen dénichant sortant sans doute de la norme clairement établie. Pourtant... quelle magie pouvait-il il y avoir ?

Jeu 9 Mar - 20:44
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Poney de l'Enfer
Musique !

Max hésita un instant. Répondre à la presque innocente demande, ou faire comme si le chagrin de son ex le meurtrissait au point de parer toute notion de pôle-dance de dégoût ? Les deux possibilités avaient leur charme, et leur attrait en matière de divertissement. Néanmoins, seule une possibilité permettait de tester ses capacités de séduction -indispensables, pour un Each Uisge.

"- Mh. Okay !"

Son expression, son aura, et ses émotions avaient totalement changé, en un instant, l'instant d'une décision. L'each s'écarta un peu, pour se mettre aux côtés d'Eun.

"- Vous avez un téléphone ? Vous pourriezme le prêter ? Non, c'est juste pour la musique, ne vous inquiètez pas. Si vous voulez, je vous en dis le nom."

Sa voix s'était faite plus basse, plus naturelle aussi. Moins grandiloquente. Tandis que la musique chargeait, la monture d'Eurynome cherchait un bon pilier de pôle-dance. Alors, arbre, ou lampadaire ? Le lampadaire allait être froooid… Mais l'écorce de l'arbre ne serait sans doute pas idéale pour se laisser glisser. Moui, lampadaire. Max entraîna son public du soir vers l'esseulée barre de fer, sans réaliser encore la lumière sous laquelle sa silhouette allait évoluer.

"- Prête ?"

Un fin sourire, mutin et amusé, s'était glissé sur ses lèvres. Sitôt qu'un des appendices à la main d'Eun eut effleuré le bouton "play", l'each se détourna d'elle, ne lui laissant comme vision que sa silhouette rendue filiforme par les tissus encore détrempés qui collaient à sa peau, et sa crinière sombre où les seuls reflets de lumière se faisaient sur des perles d'eau. Ah, que de bonheur, que de fierté ! Cette danse s'essayer à plaire était un jeu des plus divertissants. Max espérait juste que son appétit ne s'en verrait pas ouvert par réflexe. Un certain instinct poussait les Each Uisges à manger ceux qu'ils attiraient.

La musique se lança, l'each tendit la main vers le pilier. Froid, effectivement. Mais qu'il ne s'inquiète plus: sa solitude allait être comblée, et la danse était vouée à le réchauffer ! Max se fit plus proche de lui, enroulant une jambe autour de son pied, collant son bassin et son front contre lui, lèvres entr'ouvertes et yeux fermés. La musique avait beau contenir le rythme d'un battement de coeur, elle était également languissante. Juste ce qu'il fallait.
La silhouette dansante tournait autour de son poteau, se déhanchait de temps à autre, de préférence en passant devant son public, avec un regard en coin à ce dernier. Ses mains étaient des caresses, tant sur son propre corps que sur son outil de travail. Par un travail que seul l'art permettait, Max parvint à se hisser légèrement en hauteur, tournoyant autour du poteau, pour y rester en équilibre, pieds et cuisses étroitement serrés sur son perchoir. De là-haut, c'était bien plus impressionnant, de se cambrer en arrière et de tournoyer.
Il fallait admettre… Max s'en sortait plutôt bien. Disons, plus qu'une personne non-initiée et/ou de l'Endroit aurait dû en être capable. La démoniaque monture en était consciente, et en souriait à pleine dents. L'unique lumière du réverbère était, de plus, une parfaite mise en scène, soulignant ce qui devait l'être, créant d'intrigants jeux d'ombres pour cacher ce qui devait se faire désirer. Le froid du métal, pourtant brûlant, avait vite été oublié.

Ne s'étant néanmoins pas spécialisé dans cet art, l'Each vint bientôt à court d'imagination. Alors, lentement, ses sabots humains glissèrent le long du poteau, ramenant son petit corps au sol dans un mouvement fluide. Là, revenant vers Eun, Max lui souffla un:

"- C'est à vous."

Eh bien, quoi ? Puisque cette humaine-là ne pouvait être mangée (donc séduite), ne pouvait-elle pas au moins payer le prix de sa vie en permettant à un poney de se moquer d'elle, pour s'en sentir supérieur ? L'Envers avait besoin de ces petits plaisirs.

Ven 24 Mar - 16:59
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Okay ? Il était donc d’accord pour se donner ainsi en spectacle ? Eh bien, voilà qui était inattendu. Un sourire lui traversant le visage comme une pique une brochette, Eun-Ae sortit donc son téléphone, n’ayant rien à faire de savoir que le peu de forfait internet inclut dans son abonnement téléphonique allait y passer ; après tout, il fallait connaitre ses priorités, et les siennes à cet instant étaient de voir cet être dégingandé onduler suavement contre un… lampadaire ? Très bien, un lampadaire ferait l’affaire.
Pressant le bouton de démarrage de la musique, la jeune femme s’appuya confortablement contre un arbre, hilare alors que devant elle dansait sa rencontre du jour. Mais c’était qu’il était plutôt doué, le bougre ! Alors certes elle n’y connaissait rien en pôle dance, mais il semblait moins ridicule et plus séduisant qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Comment ça, séduisant ? Non non non. Aguicheur, plutôt. Voilà, aguicheur, c’était mieux. Cela étant, il avait également une capacité musculaire que son corps filiforme ne laissait pas même soupçonner. Ah, impressionnant, ce mouvement ! Non, vraiment, elle était impressionnée. Hochant mécaniquement la tête, une moue approbatrice aux lèvres, elle croisa les bras en changeant de position, la musique s’échappant d’entre ses doigts en de tentateurs filets sonores qui s’enroulaient autour du danseur au lampadaire. Après un tel spectacle, la biologiste espérait qu’il ne prétendrait plus être une mythique créature… car ce serait là ruiner toute image qu’un mortel pouvait se faire des divinités de quelque sorte que ce fût.

Un petit éclat de lumière argentée lui fit tourner le regard vers la droite, ses yeux curieux découvrant deux visages hilares ‒ et passablement niais ‒ d’adolescents focalisés sur un écran étrangement dirigé vers le danseur. Et de un qui finirait sur la vaste toile d’araignée, aux innombrables victimes, qu’était le web… Haussant les sourcils à cette idée, elle leur fit signe de déguerpir sitôt qu’elle parvint à capter leur attention ; non pas parce que cela lui déplaisait vraiment de savoir qu’un film était fait sans le consentement du concerné, mais plutôt parce que le spectacle était censé lui être réservé, à elle et personne d’autre. Bon, où en était le… Quoi ? Ko-wa ? Il avait déjà fini ? Que c’était décevant ! Soit, puisque c’était ainsi, à son tour de… ah, ça, ce n’était pas prévu. La musique s’arrêta immédiatement tandis que sa main pressait avec hâte la touche pause.

-Hum… non. En vérité, je n’en ai jamais fait, jamais vu, je ne savais pas même que cela existait avant que vous ne me montriez, sisi, je vous assure.

Elle le fixa avec innocence, ayant l’air candide plus que Candide lui-même. Il n’était tout simplement pas question qu’elle se lance dans pareille aventure devant pareille créature. Alors certes, elle ne doutait pas du confort de la barre métallique contre laquelle s’était frotté le pôle-danseur ‒ qu’elle allait renommer Paul pour plus de simplicité ‒ mais un lampadaire ne faisait pas tout. Elle était pratiquement certaine de réussir à se fouler une cheville, démettre une épaule, déboiter ou casser elle-ne-savait-quelle-mystérieuse-partie-de-son-corps si elle s’amusait à tournoyer comme lui l’avait fait.
Face à son œil réprobateur, elle choisit la négociation :

-Vous voulez une polka ? Du hip-hop ? Je peux même tenter la zumba ou vous offrir une Valls, euh, valse.

En ultime recours, elle sortirait son arme secrète : la danse des canards. La seule qu’elle connaissait vraiment. Avec un peu de chance, et puisqu’il semblait totalement décalé du monde dans lequel elle vivait, elle pourrait toujours parvenir à lui faire croire qu’il s’agissait d’une chorégraphie hautement symbolique. Elle n’aurait d’ailleurs pas pu trouver meilleur décor que celui qui l’entourait.

Mer 17 Mai - 16:55
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Un regard sombre d'Each fusilla la biologiste lorsqu'elle tenta d'échapper à son destin. Il n'en serait pas ainsi ! Max avait dansé, avait eu la bonté de ne pas la croquer, c'était désormais à son tour de payer ! Sans cela… Oh non, elle ne voulait pas connaître la colère d'une créature élevée aux Enfers, vraiment.
L'attaque oculaire porta ses fruits, pour le plus grand ravissement de la monture d'Eurynome, qui dévoila en un sourire ses quenottes humaines. Dans sa grande mansuétude, elle pouvait peut-être accorder à sa camarade nocturne une chance de la surprendre plus encore, de l'éblouir par quelque exploit qui jusqu'alors aurait été hors de sa connaissance. L'énumération débuta. Polka ? M'bof… Hip-hop ? Nan… Zumba ? Intéressant, mais Max avait la certitude qu'il fallait creuser un peu pour découvrir le vrai talent d'Eun. Une valse ?! Max passa totalement à côté du jeu de mot, fort peu au point sur la politique française, pour ne voir que la danse monocorde et creuse qu'on lui avait enseignée afin de séduire quelques proies des plus romantiques. Et puis quoi encore ?!
Un soupir las lui échappa, suivi d'un question où planait la menace du pole-dance:

"- C'est tout ce que vous connaissez ?"

Parfois, l'Each avait de brusques éclairs d'inspiration, de génie. Cette question en fut: enfin l'amie des cartes révéla son savoir secret, celui qui intéressait les poneys. À nouveau, Max se surprit à sourire, un vrai sourire de carnivore ravi.

"- Eh bien, parfait ! Montrez-moi donc cette danse des canards."

Le nom était prometteur. Max savait que, depuis que le mythe du boobrie s'était fait plus discret, les humains oubliaient souvent la véritable nature des canards, et leur vision de cette espèce en était biaisée. Celui en Max était intrigué par cette danse, avait hâte de voir le résultat, devinant qu'il serait au désavantage de la demoiselle… Appréhendant tout de même un peu la blessure à son amour-propre.
Cela ne manqua pas. Le sourire de Max se tordit, ses yeux se plissèrent… Mais rien n'y fit. L'each éclata de rire, se tenant les côtes par crainte de voir ses organes en échapper sous l'effet de l'euphorie. Oh non… N'était-elle pas sérieuse ? N'avait-elle donc jamais vu de canard de sa vie ? C'était… Non, il n'y avait pas de mot pour décrire cela. Il n'y avait que sa part boobrie pour être atterrée au point où seul le rire pouvait exorciser une vision aussi grotesque.
Sérieusement, quel canard avait des ailes ainsi mises ? Qui remuait du cloak de façon aussi raide ? Avec une nuque aussi tordue ? Oh non, non… Les humains ne devaient vraiment pas s'aventurer sur le terrain des imitations animales. Le rire de Max ne parvint pas à s'arrêter, repartait sitôt que ses yeux se rouvraient sur la biologiste dansan-non, remuante. Même l'Each ne parvenait à nommer cela une danse. Ses yeux pleuraient, son souffle lui manquait, ses jambes faillirent sous lui devant tant d'émotion. Non, c'était trop ! Rien ne préparait les montures démoniaques à faire face à ceci !

Il fallut du temps à Max pour reprendre un peu ses esprits, et son souffle. Par chance, l'anatomie humaine avait un blocage qui empêchait de mourir de rire - et prévenait ainsi Max d'une humiliation cuisante auprès de son maître. Difficilement, entre deux halètements, l'Each fut à nouveau sur ses sabots humains, tout en essayant de faire un signe à Eun: qu'elle continue ! Qu'elle ne s'arrête surtout pas ! Elle était parfaite comme cela ! Enfin, non, pas du tout, mais elle était parfaite pour l'humeur de son spectateur ! Enfin, de ses spectateurs. Un regard par-delà l'épaule d'Eun informa Max de la présence d'ombres, visiblement camarades de cérémonie. Ou… Ou pas. Elles courraient vers eux. L'une d'elle avait un objet lumineux en main. Oh-oh. Eun n'avait peut-être rien à se reprocher, mais ce n'était le cas de Max. L'each paniqua, par réflexe plus que par réelle raison. Prenant ses sabots à son cou, la monture courut vers les quelques bois qui entouraient le Lac. Leurs ombres seraient propice à sa métamorphose, à sa téléportation. C'était vraiment nul d'avoir à en finir ainsi ! Alors que tous deux s'amusaient si bien ! Max avait peut-être trouvé une nouvelle personne avec qui faire des bêtises… Par Lucifer, pourvu qu'elle soit bien de Last End, et qu'elle y reste ! Max voulait pouvoir la retrouver.

Dim 28 Mai - 18:59
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Malaise. Et bien… oui, c’était tout ce qu’elle connaissait. Etait-ce un mal, que de ne pas savoir faire du pole-dance ? Il y avait tout de même pire défaut que cel… ah bah non, visiblement. Les yeux écarquillés devant l’aura sombre soudainement dégagée par le puant, Eun-Ae réfléchit un instant avant de lever un doigt, prenant une voix innocente et brusquement inspirée :

-Les canards, vous connaissez ? La danse des canards ?

De toute évidence, non. Bien. Elle inspira rapidement pour se donner de l’entrain, tendit son téléphone à son adversaire et plissa les yeux, concentrée pour ne pas rater le début de la chanson. Sitôt les premières notes résonnant dans l’air frais et enneigé, la jeune femme écarta les deux bras à hauteur du visage, les mains en forme de bec qu’elle ouvrit et referma ; un glissement et elles furent ramené aux aisselles tandis que ses coudes s’agitaient de haut en bas, piètres ailes à la grâce toute relative.

On s’amuse comme des p’tits fous
Maintenant pliez les g’noux
Redressez-vous

Elle y était, là, elle était bien, dans le rythme ! Jambes fléchies sur ses pieds écartés, le derrière remuant en suivant la musique, elle se redressa pour taper dans les mains. Et c’était reparti ! Certes, elle était seule pour « tournez, c’est la fête, bras dessus dessous » mais elle estimait s’en sortir de façon tout à fait honorable ! La chanson achevée, elle recommenca en boucle, tandis que le spectacteur hilare lui intimait d’un geste de poursuivre son spectacle. Ah, elle l’avait épaté ! Il n’oserait plus jamais se moquer d’elle à présent, ce dieu de pacotille ! Quand il saurait aussi bien faire les canards qu’elle, il pourrait revenir la voir pour prétendre être son égal ! En attendant, elle dominait largement. Fesses à droite, fesses à gauche, dos en avant et les ailes qui s’agitent. Elle se sentait presque pousser des plumes, plongée dans son rôle cana(r)dien. Sans doute en fut-elle d’autant plus choquée de le voir s’enfuir soudainement à toutes jambes, laissant choir au sol le téléphone diffusant la douce et mélodieuse musique. Mais que… elle dansait si mal que cela ?!

-Eyh, REVENEEEEEZ !

Outrée, Eun-Ae se redressa, récupérant son précieux bien avant de regarder autour d’elle, à la recherche de la cause de ce départ précipité. Elle n’eut à chercher longtemps pour découvrir les silhouettes qui arrivaient sur eux ‒ enfin, sur elle, puisqu’elle était désormais seule ‒ en courant. Elle hésita une fraction de seconde, les yeux écarquillés en fixant les longues enjambées des arrivants. Puis son corps se mut de lui-même. Manteau et écharpe attrapés à toute vitesse, le téléphone glissé dans la poche de son pantalon, elle suivit le chemin emprunté par le fuyard, n’ayant aucune intention d’être confrontée aux forces de l’ordre alors même que son arrivée en ville était si récente. Les vêtements serrés contre sa poitrine, sa vitesse s’intensifia alors qu’elle s’enfonçait à son tour dans l’ombre des arbres, bien décidée à dénicher paisible endroit où elle pourrait reprendre contenance et revenir à petits pas tranquilles vers la ville.


RP TERMINE

Jeu 8 Juin - 16:17
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Pour une poignée de cailloux [Max]
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