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 J'ai comme l'impression qu'on se connait...

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----------Que ce soit les études ou cette vie sur terre, tout semblait étrangement répétitif, une sorte de spirale s'étendant chaque jour plus loin, s'étirant chaque instant de quelques jours. Ce n'était pas un cercle vicieux en effet... Quelques événements survenant çà et là permettait au la monotonie des jours de se distordre quelque peu.
----------Une rencontre avec quelqu'un capable d'un simple regard de vous ôter votre masque, des jeux incongrus avec des amis aussi étranges que formidable, la parole d'un inconnu au message captivant et moralisateur... Pour ne citer que quelques exemples parmi les plus influents sur ce présent d'ordinaire si peu éloquent. Le temps avait beau être précieux, l'on ne pouvait parfois rien faire d'autre que le regarder s'écouler et laisser les choses survenir, attendre que le bon grain de sable tombe pour agir. Le choix était une chose bien souvent surfaite, ce dernier en bien des situations n'était qu'illusion. Si l'on souhaitait parvenir à un certain objectif, certains choix devait être fait. Mais ce ne sont alors pas les choix qui déterminent les actions, mais plutôt le but visé, le destin.

----------Était-ce ce qu'on avait souhaité lui inculquer ? Ou simplement la leçon -peut-être surfaite - qu'il en avait tiré ? Demeurait qu'à ses yeux, celui qui tenait entre ses mains les dés de son destin, c'était bien lui, Andrew White, et personne d'autre....

----------Il regardait ainsi sa main, ouverte devant lui, les dés s'y dessinant dans son esprit. Et pendant que son esprit vagabondait à remettre en cause ou non ses motivations, son corps lui se dirigeait sans réel but au travers des rues de Last-End. Jeune hère en quête de clairvoyance, le jeune sorcier espérait peut-être trouver d'autres lieux plus propices à la réflexion que son appartement ou que le parc du campus.
----------Le quartier des plaisirs était l'une de ces solutions que sa mémoire lui proposait, guidant ainsi ses pas vers cet endroit qui presque jamais ne dormait.
----------Un bar ferait très bien l'affaire, de la musique, un bruit ambiant et de quoi boire, que demander de mieux pour venir se perdre dans ses pensées et essayer de les démêler ? Un rack-poker en enfer peut-être...

----------Allant s'asseoir à une table un peu isolée, dans un angle du bar, Andrew commanda une bière, observant en attendant d'un œil discret les personnes présentes. Pas grand monde de familier. Tant mieux, au moins ne serait-il pas dérangé. Il s'adossa finalement nonchalamment sur son dossier, puis, basculant la tête en arrière, se mit à regarder sans réelle raison le plafond. Placardé de divers posters et affiches de toute sortes, il comportait aussi une multitude de dessous de verre aux marques de bières, whisky, et autres alcool tous aussi délicieux. Un patchwork de cultures, de recettes, de contrées différentes, mis en image par leurs produits dans un lieu plutôt banal.

----------Une pensée bien vite interrompue par l'intervention importune d'un homme au visage bien trop familier pour une première rencontre.

----------Marquant une pause sur l'homme qui se tenait devant lui, il resta deux bonnes secondes à le fixer, avant d'observer pendant la même durée sa bière, à moitié consommée. Relevant finalement les yeux, il les cligna deux trois fois, et abdiqua. C'était bien lui...

Mar 19 Juil - 22:50
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L'étrange sous la normalité : Enfant cadet du Patriarche Earl, il est un héritage refusé, s'extrayant de la nécrose gangrénée de sa famille.
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L’onyx de ses yeux n’avait pas échappé à la louve lui rapportant la nouvelle comme une énigme étrange, à percer. D’ici à ce que Pryam entende parler de cet adolescent aux prunelles d’obsidienne, il n’y avait pas tant à attendre, peut-être était-il même déjà informé... Peut-être avait-il abouti à des conclusions. Il y avait plusieurs hypothèses à son sujet et la plus certaine étant qu’il s’agisse d’un nécromancien noir, d’une famille plus ou moins puissante, en rien lié aux Earl. Morghann s’était toutefois découvert un frère caché depuis sa naissance, retrouver un nouveau membre de sa propre famille ne l’étonnerait pas autant qu’il s’en trouverait blasé et désabusé. Son jumeau remis sur pied après un long mois de février d’agonie, Morghann entreprit de se pencher sur cette affaire.

Un instant, il ne sut s’il devait délaisser cela à d’autres, ne se préoccuper que du plus important à ses yeux : son jumeau et la bataille qui se dessinait au crépuscule du mois de mars. Son torse se souleva d’un soupir alors qu’il ouvrait le petit coffret gravé du prénom de Kessy pour en sortir un album que sa femme avait réalisé avec leur fils, un petit peu plus chaque soir. Elle avait été d’une patience remarquable avec un Andrew qui ne savait autrefois à peine découper droit. Elle lui contait leurs souvenirs, la manière dont ses parents s’étaient rencontrés, les voyages qu’ils avaient fait, l’ombre d’Howard en arrière plan, parfois, sur certains clichés. Page après page, les photographies se succédaient, lui remémorant des souvenirs lointains, qu’il avait du oublier et taire. Cela n’aurait rien changé toutefois, qu’il explique à son père la vie qu’il avait mené là-bas. Morts, Andrew et Kessy ne représentaient plus un problème. Il referma l’album, puis la boite qu’il rangea soigneusement. Le nécromant n’était pas sentimentaliste et le trépas de sa femme l’avait libéré de chaînes qu’il s’était imposé stupidement. Mais une part de lui ne pouvait de regretter cette vie normale et calme qu’il avait conduit à l’étranger.

Le portrait que lui avait fait la louve l’avait troublé. Inconnu dans les fichiers de Scotland Yard, pour l’heure, l’existence de ce jeune homme n’avait fait que renforcer le malaise et le pressentiment qu’il éprouvait à son égard. Alors il l’avait suivi. La filature était de ces choses que les officiers de Scotland Yard pratiquaient souvent. Médecin légiste, Morghann n’opérait pas à ce genre, mais il avait déjà plus d’une fois entendu ses collègues en traiter. Dans sa voiture, il avait attendu qu’il sorte de l’université et son cœur n’avait fait qu’un bond face à ce visage bien trop familier. Il était lui. Il était Elle. Il était d’eux. Mais les années ne collaient. Le jeune homme qu’il observait de loin était probablement né avant que ses parents ne se rencontrent. Une drôle de blague. Horrible blague. Il l’avait suivi, jusque dans les ruelles des bars qui fermaient tard la nuit. Ombre dans son ombre, il entra en ce lieu de débauche alcoolique qu’aucun Earl digne de ce nom ne fréquentait.

Son arrivée fut marqué par un silence de mort, avant qu’il ne fasse un bref signe de la main, sec, indiquant à ce peuple qui l’appelaient Lord de poursuivre leur petite vie. Il s’approcha du gérant, souffla quelques propos à son oreille. Sa demande fut accueillie par un acquiescement de la tête. Il n’aurait pu en être autrement. Anobli par la Couronne d’Angleterre, on se plierait en quatre pour convenir aux désirs d’un Earl en cette ville. A n’en pas douter, il avait ce qu’il voulait. Ses noires prunelles balayèrent la salle jusqu’à se poser sur sa cible, là, mise dans un coin. On lui offrit un verre de whisky, Morghann posa son regard sur la liqueur ambrée, une brève seconde, avant de mener ses pas vers lui. Sa marche était lente, son pas régulier, franc, affirmé, port altier de la famille qui l’avait éduqué. Sa démarche cessa à sa proximité, il s’immobilisa, toisant cet enfant comme s’il le jaugeait, comme s’il cherchait à comprendre qui il était, ce qu’il lui cachait. Son comportement, sa manière de le regarder, tout dans son être lui rappelait son enfant perdu, trépassé sans qu’il puisse se résoudre à accepter ce qu’il voyait comme une évidence. Andrew était mort. Andrew avait trois ans. Le jeune homme sous ses yeux ne répondait de toutes évidences pas à ces critères.

« Suis-moi. » Un ordre, calme, posé. A s’y méprendre, celui d’un père à son fils. Il eut du mal à défaire son regard de lui, puis il se détourna, s’engagea dans une arrière salle où ils pourraient discuter seul à seul, Morghann n’avait que trop appris à vivre caché. Surtout lorsque cela semblait être proche de sa vie privée et… Que son approche pouvait mettre le jeune homme en danger si le Patriarche l’apprenait. Il l’apprendrait. Alors autant mettre le contenu de leur conversation au silence. La pièce n’était pas bien grande mais elle suffirait. Le gérant présenta des excuses du peu de luxe qu’il offrait à un Lord. Morghann secoua la tête de gauche à droite : « Cela ira, laissez-nous. » Directif, comme à son habitude. Il avait toujours été assez droit par le passé, à Last End, son nom le rendait plus hautain et ferme sans qu’il n’ait changé véritablement sa personnalité. En silence, il resta à observer Andrew, impassible, jusqu’à ce que la porte se ferme derrière le gérant et le masque de son visage s’effrita, perdit lentement de sa froideur, comme s’il l’ôtait, morceau par morceau, seconde après seconde. Il ne devenait pas chaleureux pour autant, mais la maigreur qui caractérisait ses traits après ce pénible mois de février cassait enfin toute l’aura royale qu’il préservait malgré.

« Qui es-tu ? » interrogea-t-il, enfin. Il ne pouvait prononcer ce prénom qu’il avait jadis donné à son enfant car s’il se trompait, il se dévoilait et les Earl étaient gardiens de bien des secrets. Dans sa question, il était clair qu’il n’attendait pas qu’un nom. S’il lui répondait ce qu’il craignait, bien d’autres explications devraient être apportées pour faire éclater le paradoxe tant physique que temporel qui entouraient l’étudiant.

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Mar 26 Juil - 22:04
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----------Le regard insistant qui se posait sur Andrew avait de quoi être déconcertant, et ce dernier fit de son mieux pour y rester impassible. Il s'attendait à cette rencontre depuis quelques temps déjà, il ne comptait pas démordre de l'attitude qu'il avait planifié avoir. Ne pas paraître intimidé en faisait partie. Ne pas paraître amusé par la situation dans laquelle venait de se mettre Morghann en faisait aussi partie. Qu'il vienne ainsi dans un bar si pittoresque n'était surement pas dans les habitudes des petites gens. Le silence de plomb qu'il eu apporté avec lui en avait d'ailleurs été la preuve, de même que la gêne qu'avait le propriétaire à ne pouvoir honorer la présence de pareil invité.

----------Restant de marbre, le jeune White ne répondit rien, se contentant de reculer sa chaise afin de se lever tranquillement. Prenant son verre, il suivit ainsi que le souhaitait Messire Earl dans une pièce à côté, jetant un regard presque inquiet aux autres clients, haussant les épaules sous le poids de leurs regards interrogateurs. Le gérant les laissa finalement seuls, alors qu'il fermait la porte derrière lui, laquelle émit un grincement avant de se heurter contre son encadrement. L'heure avait sonnée.

----------Buvant une dernière gorgée de sa bière, Andrew posa sa pinte vide sur un buffet qui longeait le mur, et le va les yeux vers Morghann, essayant de paraître le plus incompréhensif que possible. L'observant, il remarqua que son visage s'était relâché, lui faisant perdre un soupçon de prestance. C'était certes une évidence dès le début, mais voilà qui le prouvait. Le cadet des Earls était là pour son "fils".

"Je suis un White messire..." Marquant un légère pause, Andrew détourna quelques instants le regard avant de le fixer de nouveau sur ce père oublié. "Je ne suis personne." *Ou du moins, plus en ces lieux en tout cas.*

----------Le dire à haute voix aurait été surement trop en révéler, mais n'était-il pas déjà au courant de ce point là ? En tant que nécromants, ils en savaient surement beaucoup du monde des morts, c'était très probable qu'ils le soient... À quel point allait-il comprendre ses dires ?
----------Le jeune sorcier y avait réfléchit longuement, à ce qu'il allait pouvoir dire à ce père, et même à cette famille lorsqu'il allait les rencontrer, les côtoyer. Il avait voulu le faire souffrir pour l'avoir laissé mourir, lui et sa mère, lui faire regretter ses choix et ses actions, le voire empli de douleur au fait de savoir qu'ils étaient de nouveaux vivants, et qu'ils savaient qu'il les avait laissé, qu'il les avaient abandonné. Mais... Qu'y aurait-il pu ? Rien, très certainement. Humain ou Sorcier, il n'aurait pas pu prévoir ce qui était arrivé, ce n'était pas de sa faute. Et il ne pouvait le lui reprocher, car sa mort lui avait permis de rencontrer des personnes particulièrement intéressantes. Qu'il n'aurait alors jamais rencontré, probablement. Le reproches n'étaient ainsi pas à la bonne heure. Seule la vérité avait sa place, seulement, il craignait de savoir quelle personne était son père. Il lui fallait mieux le connaître avant de décider s'il était digne de connaître l'entière vérité. Le tout était de savoir comment s'y prendre.

"En revanche, je sais pourquoi vous êtes là, et je peux vous aider." Ce qui n'était pas un mensonge ! Quoi que puisse en témoigner les habitudes qu'avait du prendre Andrew quand à son identité. "Je veux vous aider même, mais je ne sais pas si je le dois..." Dernière parole peut-être légèrement arrogante, mais à part obéir sagement, il n'avait pas réellement de moyen de ne pas se montrer arrogant ou impoli envers un Earl de par la condition qu'il était supposé avoir, pas si il souhaitait en apprendre plus sur Morghann.

Dim 31 Juil - 22:33
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White. Avait-il la pleine conscience de ce que ce nom évoquait au Lord ? Plus de dix années de sa vie. Cette femme, son épouse, la mère de son enfant. White. Comme la blanche pupille de la nation qu’elle fut. Privée de figure maternelle et paternelle et qui, pourtant, avait su être les deux pour son propre enfant lorsque Morghann se faisait trop absent. L’enfant qu’il avait devant lui se sentait-il orphelin ? Il n’y avait que cette logique, sous les mots qu’il empruntait, que cet unique sens, terrible au demeurant. Il l’écouta, sans l’interrompre, laissant ses noires prunelles le fixer avec une intensité à mi chemin entre le paternalisme et la méfiance. Il n’avait aucune idée de ce que signifiait le retour de son enfant, ni la manière sont cela s’était produit, les changements que cela induiraient. « Pour quelle raison ne le devrais-tu ? » l’interrogea-t-il avant de fermer les yeux à peine une ou deux secondes, le temps de mettre ses idées au clair. Était-il contraint par un être qui refusait qu’il lui lui allègue la moindre aide ? L’idée lui déplaisait. Mais il ne pourrait résoudre l’imbroglio s’il ne lui apportait les éléments du puzzle. « Es-tu en danger ? Es-tu contraint ? » fit-il, les sourcils se fronçant sensiblement. Il pouvait tout aussi bien avoir mis Andrew dans l’embarras par cette rencontre qu’il avait décidé. Sa première préoccupation demeurait celle de sa sécurité, d’une part, parce que si son hypothèse se vérifiait, le jeune homme face à lui était bel et bien son enfant, d’autre part, parce qu’il s’agissait de son devoir, étant membre de la famille Earl, que de défendre son peuple.

Il posa son verre, loin de l’avoir achevé. « Andrew. » Sa main se referma fermement sur l’une des épaules de son fils, plongeant son regard perçant dans le sien : « J’ai besoin de savoir ce qui s’est passé. Ce qui se passe. Je ne sais quel avenir t’octroyer, je ne sais présager de ta simple survie si ma famille apprenait ton existence. Le comprends-tu ? » Il était terriblement sérieux et anxieux, refusant qu’on lui restreigne l’accès à l’explication qu’il devait avoir. Ça n’était pas normal. « Si Eurynome apprenait ta présence... » Compléta-t-il. Revenir d’entre les morts était contre-nature. Un acte qu’il avait lui-même été sur le point de commettre, insulte envers le Prince-Démon. Son retour, s’il n’était l’œuvre du démon tant haï, risquait de ne pas plaire au principal intéressé et il n'était pas exclure qu'il rende la poussière à la poussière. « J’ai essayé de te faire revenir. Les lois de la Mort ne le permettent mais, eu égard de mon sang et de ma nécromancie, j’ai tenté de m’en affranchir. Je ne le pouvais pour ta mère, mais toi… Ton âme logeait encore au sein de ton corps. » Et il avait tenté de le faire revenir, percer le voile de l’au-delà pour extirper la chair de sa chair de son funeste destin. « Eurynome a mis un terme au rituel. J’ai été châtié de  l’affront que je lui avais porté.» Il avait été puni d’avoir osé. Il avait été privé d’un don qu’il détenait depuis sa naissance, le laissant, drogué en manque de sa substance. Ses heures avait été rudes. Le prix bien élevé pour un acte qui n’avait, vraisemblablement pas pu aboutir. « J’ignore de quel jeu du destin tu es le fruit, mais je le redoute autant que je m’en satisfais. » Il avait obtenu ce qu’il voulait. Ou presque. Le fils perdu, ici retrouvé et qui pourtant avait grandi hors de sa portée, laissant à ses côtés, au final, un parfait inconnu donc il méconnaissait les intentions.

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« Reste »

Mar 9 Aoû - 21:40
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----------Les raisons n'étaient pas si multiples, et aucunes ne l'empêchait réellement de dire la vérité à son père, laquelle semblait déjà d'une clarté évidente. Le danger ou la contrainte n'en étaient point, ou du moins, pas comme Morghann l'entendait. Le seul danger que redoutait Andrew portait après tout le nom d'Earl. Elie ne leur faisait pas confiance, ou du moins, pas à Pryam Earl. Ce dernier était qui plus est membre important du conseil, d'un point de vue simplement personnel, le jeune sorcier ne parvenait pas à lui faire confiance, ni à l'apprécier. Bien sûr, il ne connaissait pas vraiment ses intentions, ni les raisons qui l'avait pousser à y entrer. Mais que ce puisse seulement être le pouvoir et l'autorité n'aurait pas été étonnant. Quel avenir avait-il alors réservé à ses fils, et à quel point ces derniers était-il en accord avec sa vision des choses, Andrew n'en savait strictement rien. Il ne pouvait se fier qu'à son intuition, en espérant que son père n'était pas aussi bon menteur qui lui-même.

"Rien de tout ça non, simplement... une question de, confiance ?"répondit d'un air un peu gêné l'adolescent, conscient que Morghann ne semblait pas lui-même mauvais.

----------Après tout, il savait oui, qu'il s'appelait Andrew, et aussi d'ailleurs, belle erreur de la part du revenant, que son nom était White. Pourquoi ne l'aurait-il pas su ? Kessy en était une, le message était assurément flagrant... Mais cela ne lui octroyait pas pour autant le droit de se comporter comme le père qu'il n'avait jamais eu l'occasion d'être. Cette main qu'il venait de poser sur son épaule, elle n'avait pas lieu de s'y trouver. Il ne le connaissait pas, pas vraiment, il ne pouvait se comporter ainsi. Au regard d'Andrew, c'était affreusement angoissant. Il se souciait à se point de lui ? Oui, bien sûr, c'était son père... Pourtant, que ce soit Max, Sarah, ou Elie, ils ne s'était jamais vraiment comporté de cette manière... Sarah si, quelque fois...

----------Se dégageant doucement de cette soudaine proximité, Andrew fit de son mieux pour apaiser les questions de ce père impromptu. "Je comprends oui, bien sûr. C'est ce qui m'effraie aussi. C'est pourquoi personne ne doit savoir. Même toi... tu... n'aurais pas du." Commença-t-il, fixant Morghann de la même manière que celui-ci le faisait.  Il n'aurait pas du, mais la rencontre était inévitable, et finalement, c'était mieux ainsi qu'en compagnie d'autres membres de la famille. Réalisant alors que, quel que fut les desseins de l'un ou de l'autre, il aurait été ressuscité, soit par son père, soit par Elie. La mort ne voulait donc pas de lui ? Après tout, il est vrai qu'il n'aurait pas du mourir, ce n'était peut-être donc qu'un simple retour à la normale des choses, mais la question se posait tout de même... La question qui demeurait en revanche était s'il fallait ou non lui dire à propos d'Eurynome...

"Tu n'as pas à redouter ce qui m'est prévu, je te l'assure. Quant à Eurynome, je ne peut rien t'expliquer, les choses sont légèrement plus compliquées, surtout vu ce qu'il se passe en ce moment... avec le Cénacle."

----------Pourvu, pourvu que cette absence d'explication ne lui fasse pas croire qu'Eurynome l'avait ramené, ne cessait de penser Andrew, un peu inquiet de savoir ce qu'il pourrait bien advenir si jamais c'était le cas. "Mais il faut que tu me promette de tout garder pour toi, et uniquement pour toi, je t'en prie. Je ferais de même, mais rien de ce que l'on se dit ne doit être su par d'autres." Finit par dire Andrew, dont le regard semblait désormais comme redouter l'arrivée d'invités indésirables, et dont la voix avait diablement perdue en assurance.
----------Se rapprochant de Morghann, il lui tendit la main, petit doigt levé, ainsi qu'il l'avait vu faire entre parents et enfants lorsque ceux-ci se faisaient une promesse. Ce serait surement la seule et unique fois qu'il ferait pareille chose, mais il tenait à montrer à ce père qu'il désirait faire des efforts, et si possible apprendre à le connaître. "Si l'on pouvait commencer à mieux se connaître..." Une voix presque timide, un regard incertain, et un léger début de sourire qui marquait ce qui semblait être d'officielles retrouvailles père fils.

Mer 10 Aoû - 18:11
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L’épaule de son fils lui échappait sans qu’il ne puisse le saisir de nouveau sans paraître insistant. L’éloignement pouvait sembler normal et probablement  comprenait-il une part du sentiment qui pouvait habiter son propre père à l’égard de ses deux fils fuyants. Silencieux à la réponse qu’on lui fournissait, chaque mot prononcé mettait ses sens en alerte à l’approche d’un danger. Pouvait-il lui faire confiance à cet inconnu qui l’informait qu’il n’aurait pas du découvrir son identité et qui pourtant lui réclamait l’opportunité de faire connaissance ? Que cherchait-il exactement ? Que lui voulait-il ?  Etait-il envoyé pour lui nuire ? Ou pour nuire à son jumeau ? Il aurait pu verrouiller la porte, calfeutrer la pièce pour qu’un son ne s’échappe à l’extérieur. Il aurait pu lui faire mal jusqu’à ce qu’il crache la vérité, il aurait pu le tuer, là maintenant pour qu’il ne soit plus un danger… Mais comme la porte à la manière douce était ouverte, il l’acceptait. Aussi dangereuse puisse-t-elle être. Les réponses incomplètes que formulaient son fils faisaient germer un nombre conséquent d’hypothèses à son sujet, éliminant les plus farfelues, il y en avait une, dérangeante, qui revenait souvent comme une évidence qu’il voulait nier. « Je crains qu’Howard ne soit déjà dans la confidence, Andrew. Il ne serait pas honnête de sceller ce serment alors que je l’ai déjà trompé. » Son jumeau. Bien sûr qu’il était au courant, que Morghann l’en avait averti aux premiers mots de la louve que était venue l’annoncer. Son lien avec lui lui rendait compte en temps réel de ce que le cadet vivait. Il aurait pu faire ce serment qui  n’engageait que lui. Howard l’évitait. Mais par honnêteté, il ne pouvait que l’avouer.

« En dehors de lui... » Il leva son petit doigt pour tenir la promesse. Il n’avait aucune raison, pour l’heure, d’envoyer son propre fils à l’abattoir. Pas maintenant qu’il l’avait retrouvé et la situation était étrange. Il ne l’avait pas vu grandir et pourtant, ce garçon n’avait plus trois ans. Les détails de tout cela lui manquaient, bien qu’une voix sournoise lui soufflait une hypothèse qu’il ne désirait pas entendre. Morghann reprit son verre et vint prendre place dans une chaise, à la table. «  Assis-toi. J’ai des choses à t’expliquer... » Et ça pouvait être long comme très rapide. S’ils voulaient effectivement converser, mieux valait qu’ils soient installés plutôt que de finir avec des courbatures. Ou des crampes aux jambes. Il attendit qu’Andrew s’installe pour laisser des obscures prunelles se reposer sur lui sans savoir par quel bout commencer très exactement. « Tu as le visage des Earls, Andrew. Si tu voulais vraiment te cacher… Il aurait mieux valu que tu ne réapparaisse pas à Last End. Je pense que tu ne saisis pas l’ampleur de ce que ce monde caché signifie. Les membres de l’Envers sont ici infiltrés dans tout les corps de métier de telle façon à rendre la magie invisible et ce, même lorsqu’elle déborde. Je te laisse le soin de deviner combien il est aisé alors de dissimuler un mort, de faire croire à une disparition. Cela d’autant plus lorsqu’on est à la tête du Cénacle. Ma famille est dangereuse et pleine de mensonges. Je n’ai pas fait mieux qu’eux et personne ici en dehors d’une poignée d’individus n’a été avisé de mon mariage ainsi que de ta naissance. Et cela pour vous protéger d’un assassinat. » N’était-ce pas ce qui s’était produit ? Sa gorge se serra. Non, il ne voulait pas y croire. Son père l’ignorait. Son père ne pouvait que l’ignorer. Il l’espérait.

« Que tu le veuilles ou non, il est dangereux pour toi d’être ici. Quoique tu puisses en dire, j’ai pleinement à redouter ce qui t’est prévu. Que tu le prennes à la légère ne fait que renforcer la peur que j’ai à ce sujet. Quant à Eurynome… Ta renaissance est une insulte qu’il ne tardera pas à vouloir rayer de ce monde. J’ai payé extrêmement cher d’avoir seulement essayé, je n’ose imaginer le châtiment qui reposera sur toi et ton réanimateur. Me dire que tu n’as rien à craindre n’a aucun sens, ce n’est pas possible. » Il s’adossa dans le fond de sa chaise, perplexe avant de voir une gorgée de son verre. « As-tu un toit pour dormir ? Un endroit où aller ? As-tu de quoi manger, vivre ? Tu n’as pas l’air de travailler le soir de toutes évidences… Comment fais-tu ? » Ça faisait beaucoup de questions. Andrew n’avait-il pas proposé de faire connaissance ? Les choses collaient difficilement et  l’ampleur de ce que son fils lui cachait ne faisait que grossir de seconde en seconde. « Tu es… Nécromancien ? Comment… Apprends-tu ? » Là, ça ne collais plus du tout. Kessy était une humaine. Sa descendance avec elle ne pouvait être élue à cette magie. Pas plus que quelqu’un de mort et ramené à la vie ne le pouvait. A la naissance d’Andrew, sa famille avait connu une légère baisse de pouvoir qui s’était résorbé à sa mort… Or, son fit était revenu mais sa famille n’avait pas été impactée par cela. Cela ne pouvait que signifier que la lignée avait été tranchée et dans ce cas… Comment pouvait-il être nécromancien ? Comment pouvait-il hérité de ce qui n’était pas héritable ? Tout son être était en alerte sous son masque pourtant calme.

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« Reste »

Jeu 11 Aoû - 22:27
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----------Une promesse scellée, qui pourtant semblait signifier bien peu de ce que venait de lui en apprendre Morghann. Après tout, il s'était déjà fait une porte de sortie: Howard n'était en rien lié à ce serment, il pouvait agir à sa guise, et si l'envie lui prenait de révéler l'existence de son neveu, et bien... aucun liens ne le retiendrait. C'était peut-être de la paranoïa, ou un rejet de confiance, mais Andrew ne pouvait s'empêcher de le penser. On lui avait trop souvent dis que les Earls étaient dangereux, tant par le fait que leur intentions soient obscures que par celui qu'ils soient une puissante famille de sorciers, avec de bien trop grand pouvoirs, une bien trop grande influence. Malgré cela, il venait d'en approcher un, son père, et s'était décidé à lui accorder sa confiance.
----------S'asseyant ainsi qu'on lui l'y invitait, Andrew posa son regard sur Morghann, cherchant des point de ressemblance avec lui-même. Son nez, ses yeux, la forme de son visage étaient en effet assez similaires... il ne s'en était pas encore vraiment rendu compte jusque là, et il réalisait ainsi à quel point l'erreur ne pouvait être faite. Il était bien son père, oui. Étonnant que personne jusque là n'ait fait le rapprochement, les humains sont pourtant friands de ragots et d'histoire à dormir debout, d'inepties à raconter pour attaquer aussi inutilement que possible les familles qui les dérange. À croire que les Earls leurs faisaient suffisamment peur pour qu'aucun ne veuille avoir quelque histoire en rapport avec eux.

----------Le laissant parler, le jeune fils écarté se rendit compte que... les secrets ne pourraient être gardés, il lui fallait lui dire à propos de sa résurrection. Si cela n'était en rien rassurant quand aux intentions qu'Andrew pouvait avoir, au moins son père pourrait être soulagé de ne pas avoir à craindre les foudres du Prince de la Mort. Le maître ne souhaitait la chute que de Pryam après tout, non ? Ses fils n'étaient pas une menace. Howard peut-être, à la rigueur, mais Morghann, il avait désormais de quoi le faire chanter, entre son fils et sa femme, il le tenait, il ne pouvait plus lui être néfaste, si jamais il l'avait été. Andrew ne savait absolument rien du lien entre Howard et Elie, aussi continuait-il de le considérer comme une menace, c'était ce qu'on lui avait appris à faire après tout. Ne faire confiance à personne, mais leur faire croire que c'est le cas pour les exploiter, pour en tirer bénéfice, et s'en débarasser une fois le moment venu. C'était ce qu'il était, sa manière d'agir, mais peut-être que l'amour d'un père pouvait-il échapper à cette méfiance et à cette distance... Andrew espérait ne pas avoir à se méfier de son père, il voulait lui faire confiance. Aussi lui révéla-t-il ce qu'il en était, croisant les doigts dans son esprit pour qu'il n'ait pas à le regretter, et pour que le Maître lui pardonne cette action.

"Ce que tu va entendre ne va pas te plaire, je m'en rends bien compte, mais... au moins tu sera rassuré de me savoir hors de danger, je l'espère. Simplement, laisse moi finir de m'expliquer, je t'en prie." Commença Andrew avant de marquer une légère pause, histoire que Morghann puisse se préparer au pire. Qui était d'ailleurs ce qu'il allait entendre.

"Elie... Elie est la réponse. C'est parce qu'il avait besoin de moi que tu n'as pas pu me ressusciter, et c'est parce que ta famille est, comme tu le dis, dangereuse et pleine de mensonges qu'il avait besoin de moi. C'est grâce à lui qu'aujourd'hui je suis ici, mortel, et sorcier. J'ai grandit tout ce temps loin de toi, c'est vrai, mais au moins je n'ai pas eu à craindre pendant 16 ans ta famille. Notre famille."

----------Un sourire s'était esquissé sur le visage du sorcier lorsqu'il avait mentionné le fait de craindre pendant 16 ans les Earls, emplit de... rancœur. Après tout, c'était parce qu'ils étaient dangereux qu'il était mort et qu'il avait été ressuscité afin d'être exploité - de plein gré certes - contre cette même famille. Les deux derniers mots quant à eux étaient sortit dans un murmure, comme s'il s'étaient échappés sans qu'Andrew ne le veuille, sa mine ayant toutefois repris tout son sérieux. Il avait pensé à le dire, se demandant si c'était une bonne idée, et, finalement, il l'avait dit. Reprenant alors son souffle, Andrew observait la mine de son père, redoutant sa réaction.

"Nous n'avons par contre pas été assassinés. Je n'en sais pas plus que ce que je te dis, mais ce que je sais, c'est que ce sont des chiens de l'enfer qui nous ont tués. Je garderais surement cette image à jamais, et mon séjour en enfers n'as fait qu'aider à l'ancrer en ma mémoire. Mais j'en suis certain, c'en étaient. Seulement, je ne sais pas qui ils servaient, ni quel pacte les a fait emmener... Kessy."

----------Il parlait un peu vite, inquiet des conséquences de ses dires, des questions et des craintes qui sans doutes surgissaient les unes après les autres dans l'esprit de son père. Encore une vérité de dévoilée, qu'il allait surement avoir du mal à digérer, mais, si il pouvait apporter quelques éclaircissement, ce serait pour le mieux. Andrew lui devait de toute manière la vérité. C'était peut-être le seul, en dehors du Maître, à qui il la devait. Et pour ce qui concernait Kessy, il aurait pu ne pas lui dire, mais ça aurait été un simple sadisme. Andrew l'était peut-être, mais pas aujourd'hui, pas en ces circonstances.

"Eurynome n'est pas un danger pour moi, au contraire. Mais il compte sur moi pour éclairer les mensonges qui accompagnent les Earls. Il y en a surement que tu aimerais toi aussi découvrir, non ?"

----------La pièce avait beau être vide, calme et silencieuse en dehors de leurs voix, Andrew avait l'impression d'être assis flottant dans les airs, avec un chaos l'entourant, menaçant de s'écrouler sur lui même. Il ne détournait pas le regard de Morghann, presque effrayé de se rendre compte que ce n'était pas une impression, mais la réalité. L'ambiance lui était -légèrement- pesante. Se lancer à l'eau en espérant ne pas finir dévoré n'était peut-être pas la meilleure des idées non plus... Mais entre l'inquiétude de Morghann envers son fils, et la manière dont il parlait de sa famille, Andrew sentait qu'il méritait sa confiance. Ne restait plus qu'à espérer qu'il ne se soit pas mépris, et que le père ne soit pas un maître manipulateur, ou que ce n'en soit pas un qui ait pris son apparence... Mais ça, Andrew ne l'avait imaginé, il n'était pas à ce point paranoïaque. Peut-être qu'un jour il en payerait le prix.


Sam 13 Aoû - 12:21
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La douche était froide. Terriblement froide. Comme une chute de glaçons qu’on déversait dans son dos. Morghann fermait les yeux, inspirait lentement, préservant au minimum sa dignité face à ce qu’on était en train de lui exprimer. Elie. De tous, bien l’un auquel il ne souhaitait pas se frotter. Et qui avait voulu son fils. Cruel démon, manipulateur. Devrait-il toute sa vie jouer pour lui les souffre-douleurs ? Il lui avait pris son jumeau, son fils à présent, de malédictions, il l’affligeait… Quand cela pourrait-il s’achever ? Quand cet être démoniaque le laisserait-il en paix ? Il n’était pas même certain de trouver le repos même dans sa mort… Il faudrait qu’il trouve une autre alternative. Un moins de lui échapper. Mais pas maintenant. Kessy avait du conclure un pacte avec un démon. Mais pour quel étrange motif ? Il y a 10 ans… Pour qu’il s’entiche d’elle ? Elle ne lui aurait tout de même pas fait cela… Quant à Andrew, il avait grandi en enfer… Qui savait alors quel genre de jeune homme était devenu ? Violent, perturbé ? Instable ? Les nouvelles s’accumulaient, s’embrouillaient et quand bien même Andrew lui avait demandé de ne pas l’interrompre, Morghann en était sombrement tenté, ne serait-ce que pour se préserver de la noyade qu’on lui infligeait, telle une vague mortelle, bien chargée. Il rouvrit ses sombres prunelles, observant l’enfant qui était le sien mais auquel il n’avait rien pu apprendre… Ne serait-ce la base de ce monde magique et ses danger. Desquels figuraient le Cénacle et les démons. Deux entités auxquelles Andrew se frottait avec trop d’insouciance pour survivre. Sa bouche était sèche lorsqu’il ouvrit les lèvres pour répondre : « Non. Les secrets sont du poison dont les miens sont les alchimistes. Je n’ai pas envie de les percer, non. Je laisse ses idioties à d’autres. Mortimer s’il le souhaite. Mais je ne tolérerai pas qu’il le fasse à ton détriment et c’est très exactement ce qu’il fait. »

Il avait déjà retrouvé un frère, sans même chercher à percer ce secret. Il s’y était vu mêlé malgré lui et sa situation devenait amplement un tombeau. S’il n’avait eu Howard, il aurait certainement déjà perdu la vie. « A quel moment de ton existence… Andrew, à quel moment t’es-tu dit qu’il était possible qu’un démon, qui plus est un prince démon, ne représente pas un danger pour un humain ? Ils sont le vice et la corruption. Ils sont l’égoïsme et la déchéance. De sentiments aucun ils ne sont dotés. Le pire des humains vaut encore mieux que le meilleur d’entre eux. » Il serra les dents, marquant son état de tension avant de reprendre : « La reconnaissance que tu éprouves à son égard est ton fléau. Il use de cette dette que tu crois avoir pour te conduire en eaux troubles à sa place. » Qu’il le fasse dont lui-même et ne mette nullement en péril sa progéniture. « Tu vas te perdre Andrew. J’ignore ce que tu as vécu en enfer pour croire que cela soit ta seule issue. Mais ça n’est pas le cas. Tu es un humain. Tu es doté d’une âme et en cela, tu as le droit de quitter la route que te trace ce démon. J’aimerais que tu le fasses. Mais je ne peux t’y contraindre, jamais. » Il avait bien essayé pour Howard. Un échec, sourd. « Je n’ai pas été là pour t’apprendre les dangers de ce monde et probablement aurais-je été un piètre exemple, pour avoir succomber plus d’une fois, m’être brûlé les doigts mais… J’aurais au moins eu le temps de te faire comprendre que la voie que tu cherches à emprunter te mènera à nouveau au trépas. Les Earl ont des secrets. Ils les gardent jalousement. Celui qui en perce la poche se retrouve aspergé d’un pus immonde, en plus d’assassins aux trousses. J’aimerais que tu renonces à un tel projet. Tu n’as pas grandi parmi eux, tu ne les connais pas. Fais en ta plus grande force et ne les approche pas. Tu n’as pas besoin d’être comme eux, de les infiltrer, profaner leurs secrets. »

Morghann passa une main sur son visage fatigué, un soupir lent s’échappant de ses lèvres alors qu’il l’observait. Avait-il seulement des droits sur lui ? Avait-il seulement l’autorité sur lui pour le détourner de ses projets ? « Pourquoi t’a-t-il fait vivre en enfer ? Et… Comment était-ce ? » Il marqua une pause avant d’ajouter un : « Si tu souhaites en parler... » Même les démons fuyaient l’enfer. L’expérience n’avait pas du être la plus joyeuse et il ne savait nullement ce dont l’enfer avait fait de son fils : « Qu’étudies-tu, à l’université ? Que fais-tu en dehors de tes cours ? Y a-t-il des choses qui te plaisent ? » Il cherchait à savoir si Andrew avait pu se développer normalement. A la fois inquiet et suspicieux. Il le fallait bien : Andrew, dans les rangs d’Elie, était son ennemi. Il n’y avait qu’en l’en sortant qu’il parviendrait à l’accepter véritablement.

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Jeu 25 Aoû - 21:47
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----------Courir un marathon, ou même faire un décathlon aurait été moins éprouvant que de dire la vérité à Morghann. Andrew avait l'impression d'être en pause, son corps comme s'étant arrêté alors qu'il avait fini de parler. L'expérience était oppressante, trop curieuse et différente de ce à quoi il avait été habitué. Tromper et dire ce que les autres souhaitait entendre, paraître tel qu'il l'était souhaité, se comporter afin de satisfaire et de complaire dans l'unique but de survivre et nourrir ses propres intérêts... Tout cela, on lui avait appris à le faire, c'était son quotidien jusqu'à il n'y a pas si longtemps... Mais vivre et côtoyer les humains rencontrer d'autres individus du secret, différents des démons, lui avait permis de voir une autre manière d'être. Pas plus facile non, loin de là pour le jeune sorcier, mais qui lui convenait plus. Il n'avait pas envie de se cacher de ce supposé père, pourquoi l'aurait-il fait, alors que ce dernier n'y étais apparemment pour rien dans sa mort ?
----------Ainsi, entendre la voix au début légèrement rauque, étouffée, de Morghann lorsqu'il lui répondit eu l'effet d'un étau que l'on resserrait lentement autour de son crâne, et qui parfois se relâchait. Seulement pour mieux se resserrer...

----------À l'entendre, les démons ou les Earls semblaient tous aussi mauvais. Les uns maîtres du vice et de la corruption, de l'égoïsme et de la déchéance, les autres excellant dans l'art du secret, du mensonge et de la tromperie. Aucune de ces deux images ne semblait meilleure que l'autre. Qu'il eut été sauvé des griffes de la mort par les uns ou les autres lui paraissait semblable. Il aurait bien eu envie de le faire remarquer, mais il attendit -tout comme il l'avait exigé lui même de la part de son père- que ce dernier ait terminé. Au fur à mesure que les paroles de Morghann s'écoulaient Andrew se tissait une impression de son géniteur. Un sorcier effrayé et peureux, qui même s'il semblait en effet aimer son fils, ne lui montrait de lui même qu'une image médiocre. La déception croissait.

"Vivre en enfer... c'était plutôt exister et apprendre à survivre que vivre. Plus facile de s'occuper d'une jeune âme que d'un gamin pré-pubère j'imagine..." *Un moyen de me faire me sentir un des leur aussi, en quelque sorte... surement. De pouvoir m'observer librement aussi possiblement...* "Quant à maintenant, j'étudie en médecine, c'est... très intéressant. J'apprends à découvrir l'Envers aussi, les démons et les sorciers ne sont après tout qu'un infime monceau de ce monde."

----------Il avait volontairement ignoré la première partie, préférant répondre aux questions simples en premier, le temps aussi de trouver les bon mots. Le repousser ne l'intéressait pas, mais ce personnage n'était pas vraiment ce qu'il espérait trouver en son père. Et malgré toute sa gentillesse et son inquiétude, ses arguments convaincant, il n'avait pas vraiment de quoi faire entendre raison à Andrew. Après tout, ce n'était pas que pour le Maître que ce dernier souhaitait percer les secrets des Earls, mais aussi pour lui même, pour ce qui était en train de se passer vis à vis du secret. Les sorciers, le Cénacle, conservaient trop de secrets. Si le 31 était le jour où le Cénacle risquait de tomber, il fallait aussi fouiller chez ceux qui le constituait. Les Earls en étaient.

"Que ce soit ma seule issue, ou qu'Elie veuille m'exploiter pour ne pas avoir à le faire lui-même, peu m'importe... Je le fais aussi pour moi, et parce que tout ces secrets que distillent les Earls sont en effet un poison, mais pas seulement pour ceux qui essayent de les découvrir, mais aussi pour tout le monde de l'Envers. Je ne peux pas les attaquer de front comme ce sera le cas contre le Cénacle, mais je compte bien, moins aussi, déceler des secrets depuis trop longtemps gardés. Un démon agirait-il ainsi ? Je ne pense pas.
Quant au danger que représente cette famille que tu craint tant, ma foi, je côtoie un danger tout aussi grand, dont je dépend déjà. L'enjeu me semble plus important que la crainte que je puisse éprouver. Que penses-tu faire ? Attendre ? Espérer qu'un idiot fasse ce que tu es peut-être le mieux placé pour faire ? Les brûlures guérissent, elles permettent juste de nous rappeler qu'il faut s'y prendre autrement la prochaine fois, faire plus attention."

----------Étrange expérience était-ce là, que de se rendre compte que la personne qu'on espérait pouvoir considérer comme un guide se révèle être celui qui mérite d'être guidé. Aussi perturbant que décevant, la volonté d'essayer de comprendre Morghann et de s'entendre avec lui était réelle, même si pour le coup, le jeune sorcier n'avait vraiment pas l'impression de s'y prendre correctement...

Jeu 1 Sep - 13:34
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Morghann acquiesça aux premières réponses de son fils. Élever un enfant n’était pas ce qu’il y avait de plus aisé en ce monde. Il y avait des facilités auxquelles il était plus simple de succomber. S’il avait éduqué son fils durant ses trois premières années, il n’avait pas pu savourer toute l’exaspération dont pouvait receler la direction à donner à un adolescent. L’âge sans raison, l’âge de rébellion. Et Morghann avait le sentiment d’être plongé en plein dedans. Le nécromancien n’était pas vraiment le meilleur exemple de prudence et de raison, mais son fils l’avait, de loin, dépassé en termes de naïveté oisive et d’inconscience suicidaire. Pouvait-il lui en vouloir ? Ce gamin n’avait rien appris de ce monde et lui-même indiquait qu’il ne faisait que le découvrir. A agir avec aussi peu de doigté, il courrait à sa perte. Si le Cénacle ne s’était jamais fait écouter comme tel, il n’en demeurait pas moins vrai que dans les faits, il s’agissait d’une dictature. Avec toute l’horreur qui l’accompagnait et l’acceptation du peuple que le Secret bien gardé protégeait. Les mesures radicales prises pour le sauver coûte que coûte faisaient froid dans le dos. Les moyens du Cénacle étaient colossaux. Son réseau si bien tissé que c’était à se demander comment Andrew pouvait bien encore être de ce monde. Il était, à côté du monstre, le grain de poussière, infime. Seul, il n’y parviendrait jamais. Pas même à deux. C’était une organisation aussi étroitement érigée qui pourrait faire front : le Vatican par exemple, ou le clan formé par le Réanimateur et qui gonflait d’adeptes.

« Je ne crains pas les Earl, Andrew. Ils sont ma famille, mon sang. Je tâche de ne pas les sous-estimer tel que tu le fais. Ils connaissent ce monde et ses rouages sur le bout des ongles et toi… Tu y fonces tête baissée avec la délicatesse d’un buffle. Si tu te montres aussi indiscret sur tes secrets, sur ce que tu caches, avec eux que tu ne l’es avec moi... » Le sorcier poussa un soupir. Howard lui aurait sûrement rétorqué qu’il ressentait à présent ce que son jumeau avait comme sentiment à son égard : celui d’avoir une petite chose pleine de vie entre les mains qui, en partant d’une intention louable, allait déclencher on ne savait trop quelle catastrophe. Tel père, tel fils ? C’était sombrement vrai. A l’exception que Morghann avait appris à faire montre d’un peu de réserve et avait plus de connaissances sur cet univers que son enfant. « … Eh bien, tu finiras par rentrer à la maison sans tête. » C’était une évidence. Aucune crainte, aucune exagération : la réalité dans son plus sombre éclat. Il l’observa longuement, en silence. Les adolescents étaient des têtes de mule. Lui expliquer par A+B que le chemin qu’il empruntait était voué à l’échec s'en trouvait vain. Son fils voulait voler des ses propres ailes, et même s’il l’enfermait dans une cage, il trouverait le moyen de passer entre les barreaux et réaliser les plans qui nourrissaient son esprit. L’arrêter n’était pas une option, mais l’encadrer, lui donner toutes ses chances… Là était son rôle de père et il le jouerait.

« Il te faut t’entourer. Agir seul est une sottise. Les brûlures ne guérissent pas toujours, Andrew. Certains handicaps se portent irrémédiablement. Ils t’empêchent d’avancer, de réaliser tes projets. Les plus graves ôtent la vie. Pardonne… » Un soupir, main sur le visage : « Pardonne mon pessimisme. Certaines personnes lèvent les secrets et le font très bien. Avec délicatesse, et jamais seul. Si tel est le sens que tu veux donner à ta nouvelle existence, fais-le. Mais fais-le bien. Tu n’auras pas une seconde chance avec le Cénacle et les Earls. » Il parlerait à Anthony. Son frère était la seule option qu’il avait pour parvenir à encadrer Andrew sans être contraint à le détourner de ses projets. Ça lui déplaisait. Mais il ne pouvait définitivement pas faire autrement. Fermer les yeux sur sa rencontre avec Andrew, c’était ignorer un danger qui viendrait le frapper par derrière. Quant à le tuer, là, maintenant, pour éliminer radicalement la menace… Il le pouvait, c’était ce que lui soufflait Howard. Mais il le refusait. « Je peux te mettre sur la voie. Je peux te donner la direction que tu souhaites, mon fils. Mais je ne peux pas me mettre en danger ni mettre en danger homme avec lequel je peux te mettre en relation. Je veux que tu échappes au démon. Je veux que tu lui tournes le dos. Si ce n’est pas lui qui t’intéresse, tu n’en auras aucun mal. »

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Sam 10 Sep - 23:48
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----------Sa famille, son sang, ces mots qu'Andrew étaient censés pouvoir prononcer lui aussi, mais qui par les fils d'un étrange destin en avait été écarté. La réalité retombait telle une douche froide à mesure que Morghann lui répondait, lui rappelant à chaque fois sa situation des plus précaires, et le fait que ses éventuelles actions n'aideraient en rien à la consolider. "La délicatesse d'un buffle..." Autant le propos était cru et dissonant, autant il avait le mérite de se révéler pertinent et percutant. Ou comment se faire passer un savon paternel au bout de quelques minutes d'une tout première discussion père-fils. Certes, les circonstances y aidaient pour beaucoup, mais demeurait qu'aux yeux d'Andrew, il échouait dans les premières impressions à donner. Ce n'était pas non plus comme s'il avait prévu prouver quoi que ce soit à son père lorsqu'il le verrait, mais tout de même, la scène aurait pu être plus valorisante... Il avait tout de même étudié autant que possible, subit seize années en enfers à être éduqué pour ne pas faire tâche dans ce monde retord, instruit dans un milieu bien plus tordu que celui des humains, mais non, voilà qu'il passait pour le dernier des nigaud, devant l'une des personnes cruciales de cette quête que lui avait attribué son Maître. Que ce soit son père n'était au final pas une mauvaise chose, il aurait certainement plus de latitude dans son jugement.

----------S'entourer d'alliés, c'était une bien bonne idée oui, dommage que dans l'esprit du jeune sorcier, le chemin que cette idée ait à parcourir pour devenir pertinente soit si long et tortueux. Rien que sa définition d'alliés était faussée, lui qui a personne ne faisait confiance, lui qui toujours avait appris à ne faire qu'exploiter et utiliser les autres que pendant le temps qu'il lui était nécessaire. Seul... Il l'avait toujours été d'une certaine manière. Max, Sarah, ces deux là ne suffisaient à compenser son isolement. Ils ne pouvaient comprendre, l'aider. Trop peu de temps avait été partagé. "Jamais seul" Les mots résonnaient dans l'esprit d'Andrew, tel une règle qu'il avait bafoué.

----------"Je ne foncerais pas, j'attendrais. D'en savoir plus, de ne plus être... seul..." Aussi flou que pouvait persister la manière de ne plus l'être, le jeune White escomptait bien respecter le conseil de son père. "Ne vaudrait-il pas mieux que je trouve moi-même ma voie ? Plutôt que d'en suivre une de prime abord inconnue, ou floue ?" N'est-ce pas en traçant son propre chemin que l'on découvre qui l'on est réellement, et que l'on peut se construire ? Pour le coup, c'était surtout par fierté et orgueil qu'Andrew en venait à ce raisonnement. Qu'il se mette à suivre la voie tracée par Anthony ne rejoindrait toutefois peut-être pas ses objectifs, ses idéaux. Il y avait bien des manières de dévoiler au grand jour le Secret.

----------Quant à ce qui concernait Eurynome, les choses étaient pour l'adolescent élevé en enfers quelque peu plus compliquées. Se détourner d'Eurynome, c'était du même coup renoncer à son droit de vie, pour ce qui est du point le plus inquiétant. C'était aussi, bien que cela soit tout à fait subsidiaire, abandonner son lien avec Sarah, avec Max, et possiblement renoncer à pouvoir se rapprocher de sa mère. En somme trois lien affectifs actuellement fort pour notre jeune sorcier, qui se retrouverait alors bien seul en cette période où justement, il allait essayer de ne pas l'être. Situation quelque peu contradictoire, donc problématique.
"Peut-être qu'un jour je pourrais m'en échapper, mais pour l'instant, ça ne m'est point possible. Pas de mon seul fait tout du moins. Désolé."

----------Il le pensait en effet. Il aurait souhaité montrer qu'il pouvait accomplir ne serait-ce qu'une chose à ce père retrouvé, qui se révélait pour l'instant plus que digne de son rôle.

----------D'un regard contrit, Andrew se mit à fixer Morghann alors qu'il finissait de parler, accompagnant ainsi ses paroles d'une sincère expression.

[hrp: "le regard contrit" c'est peu être un peu fort, mais je ne trouve pas d'autre adjectif :/ Sinon c'était penaud, mais c'est pas vraiment ça non plus, donc bon.]

Ven 17 Fév - 2:32
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A défaut de la satisfaire, la réponse de son fils apaisa le nécromant. Au moins, il lui promettait s’entourer et de ne pas foncer tête baissée. Cela lui conviendrait pour le moment. Il faudrait que Morghann garde un œil sur lui, afin de l’arrêter si la voie qu’il empruntait ou si les alliés qu’il se faisait n’étaient pas sûrs. Il acquiesça d’un geste pensif mais affirmatif de la tête.Cela ne lui convenait qu’à moitié, mais les adolescents avaient l’art et la manière de n’en faire qu’à leur tête. Il ne pouvait pas lui en vouloir de désirer trouver sa place, sa voie. Si Howard ne lui en avait pas laissé l’opportunité, Morghann serait devenu un exécrable Earl hautain et un enfant tel qu’Andrew n’aurait jamais vu le jour pour la souillure qu’il aurait représenté à son sang. Alors une part de lui se retrouvait dans cet enfant qui était le sien, et c’était avec une affection toute paternelle qu’il abdiquait. Il leva les mains face vers son fils en ce sens, mouvement de tête résigné : « D’accord. » Il laissa ses mains retomber le long de son corps avant de laisser ses prunelles noires transpercer celles de sa descendance. Portant l’une de ses dextres à l’intérieur de sa veste, il en sortit une carte de visite et un stylo argenté. Au dos de celle-ci, il inscrivit un numéro privé, le sien avant de tendre la carte à Andrew : « Appelle-moi… Ou écris-moi. Si tu as besoin de parler de tes projets. Ou bien, simplement, donner des nouvelles. » Avec un sourire, il ajouta, tentant de détendre l’atmosphère : « Et ne fais pas ton adolescent émancipé en ne donnant des nouvelles qu’à peine une fois par mois. » Dixit celui qui avait fait silence radio auprès de son propre père pendant dix huit années. Pour sa défense, il s’était agi d’un ordre de la part de son jumeau désireux de trancher tout lien entre Pryam et Morghann, pour le bien de ce dernier. « Ne te fais pas prier, je veux savoir ce que tu deviens, Andrew. Tu es mon fils. » Il n’était son fils que par vérité plus que par sang ou éducation à présent. Mais il perdurait dans son cœur ce lien qui ne pouvait s’effacer.

Aussi dignement qu’un Earl, il vint l’étreindre maladroitement. Mais la maladresse était réciproque car Andrew n’avait pas l’air de trop savoir comment s’y prendre non plus. La scène aurait pu en devenir burlesque si elle n’était pas sincère. Ils avaient tout deux beaucoup à apprendre l’un de l’autre et quelques échanges par téléphone seraient un bon début. Un jour, peut-être, pourrait-il le côtoyer sans mettre la vie de son fils en danger : son père avait bien des espions. Il le relâcha, laissant toutefois une main sur cette épaule qui serrait sans pour autant le broyer. Simplement dans l’objectif de faire sentir à Andrew qu’il était là et il n’avait pas envie de l’abandonner. Ça n’était pas parce que leurs lendemains ne seraient pas aisés qu’ils ne pourraient pas les vivre. « A bientôt, Andrew. » Il ne pouvait pas rester plus longtemps, même s’il aurait voulu, en son for intérieur, lui en accorder d’avantage. Il quitta la lieu après un signe de tête de remerciement au gérant de l’établissement.

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Dim 26 Fév - 15:55
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