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 Quest for Glory, really ? [TERMINE]

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L'étrange sous la normalité :
Je suis l'héritier de la branche principale des Earl, je suis un Nécromant et un membre du secret. Je le protège et le soutient. C'est dans mon intérêt.

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Il lui avait donné rendez-vous, plutôt que de se rendre au musée. La raison en était, cependant, fort simple : il ne souhaitait pas être espionné. Et il n’avait pas encore récupéré assez de force pour sécuriser une quelconque conversation par lui-même. Aussi avait-il fait ce qui était, à ses yeux, le plus intelligent à faire. Il l’avait invité à un déjeuner au sein des Vœux d’Astrée. Le lieu sans écho lui avait déjà permis, par le passé, de sécuriser nombre de ses contrats et conversations, de ses affaires, quelle qu’elles soient. Il lui sauverait une fois de plus du temps et de l’inquiétude, et plus encore d’énergie. Un luxe dont il ne pouvait se passer alors que son corps et son cortex magique peinaient à résorber les dernières traces physiques de sa mésaventure Ou peut-être son esprit refusait-il simplement de le laisser faire. Quoi qu’il en soit, il lui fallait s’économiser s’il voulait être présent le 31 Mars. La magie était chose précieuse après tout. Mais les Vœux étaient également intéressants pour bien d’autres raisons, et il était à la fois soulagé et satisfait qu’elle ait acceptée de s’y rendre. Pour cette fois, le lieu ressemblait à un vaste jardin juste après une averse. Un jardin depuis longtemps abandonné et laissé en friche. L’herbe était haute, les fourres touffues et humides, et la futaie laissait s’écouler de timides rayons de soleil. Le parfum emplissant l’air était riche et profond, une odeur de pluie et de terre humide mêlées, piqueté de la solitaire fragrance d’une fleur invisible a l’heure yeux et discrète. Une odeur d’éveil, de propreté de l’âme, de fraicheur… et la respirant, il eut l’impression, pendant un instant que le poids qui pesait sur son plexus s’allégea. Pourquoi le restaurant (du moins l’avait-il toujours connu comme un restaurant) avait pris cette apparence-là précisément, il ne le savait pas, mais il n’en était pas mécontent. Installé a la table de fer forgé déjà apprêtée, il laissait son regard courir sur les environs en attendant son invitée. Le silence, autour de lui n’était interrompu que par la lente chute de quelques gouttes d’eau sur les feuilles, et par l’impression d’une fugitive symphonie, celle de la nature sortant du sommeil. L’apaisement était de mise.

Puis elle arriva, conduite par l’une des servantes des lieux. Tout comme celle qu’avait pu rencontrer Ayzebel, qu’il avait présenté sous le nom de Faerra, celle qui guidait la divinité avait une apparence humaine complète, aux traits fins et sculptés. Et pourtant elle présentait les mêmes singularités : la peau d’un gris clair, les cheveux, la chevelure unique, chez elle d’un noir moiré d’un lustre changeant, orange puis vert brillant, puis légèrement bleu, comme la carapace d’un scarabée, les yeux sombres… Pareillement silencieuse, elle vint indiquer la table en s’inclinant, et resta en retrait tandis qu’il se levait, s’appuyant plus que de rigueur sur sa canne. Tout comme la dernière fois, il s’inclina et fit un baisemain à la guerrière avant de l’inviter à pendre place à ses côtés. Son regard s’attarda un instant sur elle, à la fois grave et profond, et pourtant allégé d’un poids, avant qu’il ne brise à nouveau le silence d’une vois égale mais dépourvue de malice ou d’amusement « C’est un plaisir que de vous revoir Milady. Je crains de n’avouer ma contrition, je ne suis point venu vous donner plus tôt l’opportunité de me convertir et je crains que ce ne soit pas non plus mon but aujourd’hui. M’en excuserez-vous ? » Puis lui-même se rassit, déposant son appui contre la table et demandant à leur servante attitrée une bouteille et un menu pour que sa compagne décide des mets qu’elle désirait goûter. Laissé seul avec elle, il reprit enfin « Je crains hélas que ce ne soit de moins attrayants prospects qui m’ont fait vous inviter. Quoi que, peut-être les trouverez-vous attrayants à leur façon. C’est d’arme que je souhaitais vous parler, d’armes et de conflits, deux domaines pour lesquels vous êtes une experte, si mes souvenirs sont bons… » Nul reproche dans sa voix, seulement l’intérêt de s’adresser à la bonne personne pour le bon problème. Serait-elle disposée à le suivre sur de tels chemins, en revanche, il ne le savait pas.

Il l’espérait. Elle n’était ni un allié, ni un ennemi, et c’était précisément ainsi qu’il se plaisait à la côtoyer. Une égale, dans son intellectualité. En un sens, pourtant, si elle acceptait ou refusait, il risquait de briser ce charme singulier et n’appréciait nullement devoir le faire. Parfois, la nécessité était une chose fort désagréable. Serait-ce le cas cette fois ? Il ne manquerait pas de le voir d’ici la fin de leur entrevue.

 

Mar 5 Juil - 16:51
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-Allô ? [...] Oh, bonjour [...] Aye, je sais, ne vous en faites pas […]J’y serai […] Aye, aye […].  
 
Un léger bip signala qu’elle avait correctement raccroché, et un soupir fit frémir les lèvres délicates de Moïra. Cet homme, ce qu’il pouvait être agaçant… Voilà deux fois déjà qu’il s’obstinait à l’appeler pour lui rappeler la réunion prochaine qui arrivait avec le groupe, comme si la jeune femme ne pouvait s’en souvenir sans lui, elle qui avait en horreur ces obsessions de s’immiscer dans sa vie sans qu’elle ne l’ait autorisé. Et bien qu’elle lui ait déjà fait part de sa contrariété, il s’obstinait à continuer. Qu’importait, elle s’occuperait de régler le problème lorsqu’elle le verrait, le lendemain, mais pour l’heure, elle avait un rendez-vous plus intéressant qui l’attendait. Et si elle laissait s’égrener davantage les minutes qui s’avançaient, elle arriverait en retard.
 
Elle avait reçu son invitation avec surprise, ne s’attendant guère à une prise de contact si rapide. Pourtant, et bien qu’il ne précisa le motif de sa demande, elle n’avait été dupe ; cet homme ne venait pas pour vouer un culte à Mórrígan et ne la sollicitait pas par simple plaisir de l’admirer. Il attendait quelque chose d’elle, bien qu’elle en ignora l’objet. Aussi peu qu’elle le connaisse, des centaines, des milliers d’années d’expérience lui avaient appris à reconnaitre les proies faciles et celles qui ne l’étaient pas. Howard Earl faisait partie de cette seconde catégorie.
Enfilant son manteau, elle sortit de la pièce d’un pas agile, ferma la porte du bureau derrière elle et, saluant son employé croisé sur son chemin, s’éloigna rapidement du musée. Sans doute aurait-elle pu faire le trajet en voiture, taxi ou même en empruntant les transports en commun, mais la vérité était qu’elle aimait marcher. Tout simplement. Voir défiler devant elle ces murs anciens qu’elle avait appris à connaître, reconnaitre, observer ces visages tendus, anxieux, heureux ou affligés qu’elle croisait, mais surtout sentir toujours le vent sur son visage et les rayons du soleil glissant sur sa peau blanche, admirer les feuilles des arbres qui chaque jour mourraient un peu plus pour mieux renaitre. Retrouver le naturel, aussi infime soit-il, là où l’artificiel dominait.
 
Ses pas l’entraînèrent jusqu’au quartier marchand, foulèrent les pavés sans s’y arrêter, sautèrent quelques marches, bifurquèrent puis, après quelques minutes à poursuivre de la sorte, s’arrêtèrent devant le restaurant, soigneusement joints. Une main se leva, remettant en place sa chevelure pourtant impeccablement coiffée, puis elle poussa la porte, laissant s’ouvrir à elle un monde d’odeurs sucrées/salées, de tintements de verres cristallins et de crissements de couteaux d’argent. Et, plus délicats, les senteurs frémissantes des bourgeons s’éveillant, l’éclat de la perle de rosée et le délicat bourdonnement d’une timide abeille. Peut-être était-ce aussi pour ce lieu enchanteur qu’elle avait accepté le rendez-vous.
Quelques secondes plus tard, elle était dirigée vers une élégante petite table, au couvert déjà dressé, devant laquelle était assis celui qui l’attendait, sévère et séduisant. Un sourire léger mais sincère fleurit un instant sur le visage de la celte tandis qu’il la saluait avec la distinction qui était sienne, sourire qui s’élargit imperceptiblement, teinté d’amusement, en l’entendant.
 
-Milord. Je crains que vous ne soyez trop réfléchi, ou trop peu, pour changer d’avis et vous convertir si facilement en si peu de temps. Qu’importe, je suis ravie de vous revoir.
 
Elle se souvenait encore de leur entrevue, et de ce qui en était ressortie. Ouvert mais simple, sincère et mystérieux, intelligent indubitablement, cet homme avait su lui laisser un souvenir agréable de sa personne au travers de sa discussion et de ses réflexions. Et si elle était venue, ce n’était donc certes pas dans l’espoir qu’il lui annonce lui vouer un culte. Elle avait surtout été intriguée par ce rendez-vous presque secret, curieuse de savoir ce qu’il pourrait lui demander.
Et elle ne fut pas déçue. Un éclat passionné s’alluma dans ses prunelles de mousse aux mots « armes » et « conflits », et elle le fixa avec gourmandise un instant avant de se reculer dans sa chaise, attentive et plus fermée quoique l’œil scintillant d’excitation.
 
-Go deimhin*, murmura-t-elle pensivement, et l’on apprend beaucoup d’un peuple à sa façon de faire la guerre. Je doute toutefois, reprit-elle un peu plus haut, que vous souhaitiez vous lancer dans la sociologie, ni que vous parliez d’armes dont le marché a libre cours dans ce monde-ci. Que cherchez-vous vraiment ?
 
Elle adorait les armes mythiques, elle s’extasiait des guerres qui ravageaient le monde. Pourtant, elle devait avant tout se méfier de l’utilisation des premières par les humains. Chacune avait son rôle à jouer, son destin, et elle ne pouvait tolérer qu’elles soient détournées du but de leur création. Quoi que rechercha le fils de Pryam, il ne pourrait lui mentir s’il souhaitait réellement obtenir les renseignements pour laquelle il l’avait fait mandée.

*Effectivement (gaélique irlandais)

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"Vous portez en vous-même le secret de l’éternité des hommes,
A laquelle vous n’aurez plus jamais droit si vous n’y prenez garde.
"

Dim 17 Juil - 14:34
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L'éclat soudain des prunelles de malachite le laissa coi, tant de satisfaction à l'idée d'avoir piqué son attention, que d'admiration objective devant l'effet que l'affect produisait sur ce visage féminin. Loin d'être de ces hommes qui se pâmaient pour un rien, il ne pouvait toutefois réfuter que la beauté produite par les sentiments, lorsque le faciès y semblait prédisposé. Peut-être n'était-ce qu'une interprétation faussée de sa part, mais cette femme lui faisait l'effet d'une feuille de vélin immaculée qui ne pourrait que s'embellir avec l'aurore d'un affect passionné, tandis que lui-même n'était nullement fait pour les manifestations de ses pensées, qui l'enlaidissait en brisant son impassibilité. Son seul regret serait sans doute qu'elle s'illumine ainsi pour le conflit et non l'apaisement, fleur guerrière qu'elle était. Oui, c'était exact, il cherchait une arme et des forces, impossible à le nier, c'était là le but de leur rencontre, mais il avait encore l'audace d'affirmer qu'il se battrait pour apporter la paix, non pour promouvoir la violence. Une contradiction, mais le monde était ainsi fait, et seul un utopiste penserait réellement à prétendre imposer la paix sans avoir les moyens de la défendre. Son idéal, il le soutiendrait, et puisque nulle intention de la priver de la vérité ne l'habitait, il répondit d'une voix tranquille : « Je ne vous cacherais nullement que mon dessein est ambitieux. Je cherche une arme pouvant rivaliser avec Longinus, la lance sacrée des chrétiens » Ponctuant l'affirmation d'un léger silence, il reprit cependant très vite la parole, afin de s'expliquer davantage. « Un homme est venu à Last-End avec cette lance, et il a ouvertement menacé mes proches, ma famille, et indirectement, le Cénacle et ce qui reste de bon en lui. Quoi que l'on puisse en penser, je suis l'héritier de Pryam Earl, je me dois de me battre pour mon peuple, pour la population magique. Cet homme ne se laissera pas arrêté par des mots, hélas, et je sais la confrontation inévitable. Il serait sot de ma part de ne pas chercher à améliorer mes chances de victoire, qui sont pour l'instant terriblement réduites. »

Il avait sa fierté, mais il n'était pas idiot non plus, Nikolaïs Werner était bien plus fort que lui, et son plus gros avantage était cette lance magique, cet artefact primordial. S'il en venait à posséder une arme de semblable puissance, le véritable duel se reporterait sur leurs qualités magiques propres. L'autre, étant réincarné, serait sensiblement plus fort que lui. Mais il était un Earl, respirait la magie depuis la naissance, une magie provenant d'une lignée pure depuis des millénaires. Il avait étudié avec de prestigieux tuteurs, et possédait un atout dans sa manche dont personne n'avait conscience. Et qu'il ne révélerait qu'en cas de nécessité absolue. « Vous êtes maîtresses des armes. Et la meilleure interlocutrice pour moi, car je crains qu'il ne me faille quelque chose de plus subtile et de plus élégant qu'un marteau ou une hache, auxquels mon ascendance scandinave pourrait me prédisposer. Sauriez-vous me guider ? » Il était prêt à tout pour pouvoir faire face à la menace qui pesait sur eux. Y comprit à braver l'Irlande s'il le fallait. « Il existe de nombreuses armes mythiques, dans les légendes d'Irlande, d'Ecosse et de Gaule, mais je crains de n'être guère familier avec elles, du moins pas en détails. La seule arme dont j'ai une réelle connaissance, c'est Excalibur. Mais vous, qu'en pensez-vous ? » Excalibur était-elle même considérée comme faisant partie de ces mythes ? Voilà une question qui avait du mérite à être posée. L'arme en question semblait occuper un statut bâtard, chevauchant les mythes locaux et chrétiens au sein des contes du Roi Arthur. Il y voyait, cependant, des enseignements intéressants. Une preuve, en quelque sorte, qu'il était bien possible de voir ces deux pôles opposés se rejoindre. Mais peut-être avait-elle d'autres pistes à lui offrir, à lui montrer. Si c'était le cas, il les examinerait avec grand plaisir. Toute information était bonne à prendre. Et puis, peut-être l'aiguillerait-elle plus qu'elle ne l'imaginait. Mais comme elle l'avait elle-même affirmé, il n'était pas là pour faire dans la sociologie, ce qu'il voulait c'était… « Je dois apprendre à manier une arme, en plus de la magie » Il le fallait.
 

Sam 30 Juil - 16:35
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Cet homme semblait être né pour la surprendre. Par ses paroles, ses idées, son comportement même, il brisait cette relation froide et distante qu’elle avait toujours entretenue avec les Earl depuis sa rencontre avec cette famille, se distinguait même de la masse humaine dans son ensemble. Ami, peut-être pas, mais il était difficile de voir en Howard un adversaire.
Aussi étonnante, ambitieuse et, certains l’auraient affirmés sans retenue, extravagante, il s’exprimait avec calme et franchise, allant là où ses besoins étaient sans chercher à minauder. De quoi rivaliser avec la lance de Longinus, rien de moins ; là était sa requête. Célèbre au travers de toute la religion chrétienne, cette relique était supposée être la lance ayant transpercé le flanc droit de celui qu’ils nommaient Fils de Dieu ; et depuis, avait acquis d’occultes pouvoirs. Difficile pour la maitresse de guerre, fut-elle d’un autre panthéon, d’ignorer l’une de ces armes magiques parmi les plus mythiques. Il lui avait bien fallut, et ce depuis le début de son existence, apprendre ce qui pourrait s’opposer à elle et aux siens.
 
L’explication, toutefois,  ternit quelque peu l’éclat de son enthousiasme. Moïra savait fort bien que l’homme face à elle était l’enfant de Pryam, mais entendre que le but de sa requête était non seulement afin de le défendre lui mais aussi le Cénacle écorchait son envie de fournir toute réponse à ses questions. Pourtant, cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pu avoir véritablement les armes comme sujet de discussion, tant d’années que ses conseils sur ce que sa spécialité divine lui permettait de connaitre n’avaient pas été recherchés, qu’elle ne pouvait décemment se résoudre à refuser tout d’un bloc. Le temps de son hésitation, le sorcier avait déjà repris la parole, lui arrachant finalement une réponse suite à ses questionnements.
 
 - Excalibur… Elle a bien des noms, et nombreux sont ceux qui l’ont cherché en vain, pourtant elle ne fut ni la meilleure arme forgée ni la plus magiquement puissante. Chacune a sa spécialité, son usage, elle doit s’adapter parfaitement au but poursuivi ; chacune aussi doit accepter son porteur et devenir une extension de son corps comme de son esprit. Celui qui a peur du combat ne peut choisir une hache, celui qui craint de rester à l’arrière doit s’abstenir de rechercher un arc. D’autres lames qu’Excalibur pourraient sans nul doute vous convenir bien davantage que cette bâtarde et il m’est possible de vous conseiller. Ach*… 
 
Ach… il y avait un problème. Elle n’avait véritablement aucune envie de trouver quoi que ce soit qui puisse sauver le Cénacle ou lui venir en aide d’une quelconque façon. Cette feuille blanche qui lui avait été adressé il y avait de cela plusieurs années déjà, l’informant qu’elle était sur liste noire, n’avait jamais été oubliée. Jamais été pardonnée non plus. Elle croisa les mains sur ses genoux, soutenant le regard du sorcier.  
 
Vous me plaisez, mortel, votre mort, elle, me déplairait, et vous offrir mon aide me semble juste ; toutefois je ne vois nulle raison de faire de même pour le Cénacle, de façon directe ou non. Dois-je vous rappeler que cette grandiose assemblée a décidé de m’inscrire sur ce qu’il nomme la liste noire, comme s’il pouvait à sa guise décider de ce qui peut être bien ou mauvais pour le reste du monde ? Nous existons depuis bien plus longtemps que lui, et chacune de nous, divinités, a justifié sa place en ce monde, a son rôle à jouer dans l’équilibre des choses, même de façon infime. Quoi que je doute que les humains soient aujourd’hui prêts à connaitre l’existence de l’Envers, la disparition du Cénacle me satisferait en de nombreux points. Qu’ai-je à gagner à soutenir cette élite auto-proclamée ayant décidé de nous réduire en de vulgaires noms classés par listes ? 
 
Cette fois, la passion qui animait la Mórrígan était celle de la colère, une colère à ses yeux juste et fondée, qui couvait comme la tempête prête à se déchainer sur la mer encore calme. La mort, fut-elle sanglante, de Pryam et de sa clique, ne l’émouvra pas. Elle ne leur devait rien, plus rien. Pourtant, elle savait également que la requête de l’homme si tranquille de l’autre côté de la table était justifiée, car c’était sa vie et son clan qu’il défendait. L’ouragan qui couvait se calma quelque peu, quoi que persistant derrière l’apparente tranquillité des prunelles vertes.
 
Je peux vous aider à trouver une lame qui vous convienne, comment vous en servir, mais je n’irai pas contre mes propres intérêts en offrant au Cénacle une arme pour se défendre. Vous soutenez les vôtres, noble décision, mais ce sont eux qui nous humilient et tentent de nous contrôler. Il me faudra votre parole de n’en user que pour vous ou votre frère, milord.
 
Elle doutait qu’il laisse son père mourir sous ses yeux, mais les humains n’utilisaient-ils pas l’adage « l’espoir fait vivre » ? A moins qu’il n’ait une autre solution, comme parvenir à la suppression de ces listes ou même, aguichante et impossible idée, la dissolution du Cénacle, la divinité ne pourrait rien pour lui. Ni pour sa survie.
*Mais

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Lun 8 Aoû - 22:19
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Ses paroles lui ouvraient l'esprit à un problème qu'il n'avait jamais envisagé avoir jusque là et qui pouvait s'avérer délicat pour atteindre son objectif. Pas un instant il ne doutait de ses mots, lui accordant de bon cœur qu'elle était bien plus experte en ce domaine qu'il ne le serait jamais. Mais en un sens, il comprenait parfaitement la logique de ce qu'elle lui pointait du doigt et trouvait ridicule d'avoir pu l'ignorer. L'arme devait donc accepter son porteur. Il se pourrait donc qu'il ne soit nullement assortit à l'une d'entre elle… ou tout au contraire, à toutes, qui pouvait réellement l'affirmer? Néanmoins, il fut tiré de ses considérations par la suite de son discourt et il ferma un instant les yeux, soupirant profondément et l'écoutant sans l'interrompre. Lorsqu'elle eut terminée, il pondéra un long moment ses dires avant de s'autoriser une réponse personnelle. Et lorsqu'il le fit, ce fut d'un ton mesuré mais franc : « Je comprend votre inimité, Milady. Et si les choses étaient différentes, je vous donnerais ma parole de ne pas détourner le don que vous pourriez me faire. Néanmoins, je ne peux nullement vous promettre de ne protéger que mon frère et ma propre personne » Il secoua légèrement la tête, avant de poursuivre « Je suis conscient des crimes des miens, des autres sorciers, de ma parenté, et même de mes propres torts. Néanmoins, ce serait jeter l’opprobre sur mon nom et mon âme si j'acceptais de regarder le sang de ma parenté être versé sans rien faire. Une souillure qui me poursuivrait par-delà la tombe. Je ne pourrais jamais prétendre à la place que l'on me destine, ou même à l'enseignement, ou à la protection, si je faisais faute aux miens » Elle comprendrait, il en était certain. Et il ne souhaitait pas brader son honneur simplement pour la puissance, il était passé au-dessus de ça. Mais il n'allait pas abandonner. Pas immédiatement. Il avait encore des arguments à lui soumettre, et certains sauraient certainement atteindre la corde sensible, car elle était intelligente… et il n'avait pas envie de lui mentir.

« Cependant… » Il inspira doucement, pesa ses mots « Cependant vous savez mon statut. Vous savez que je suis le successeur de Pryam, qu'après lui, ce sera à moi de protéger l'Envers, et de diriger le Cénacle. Et j'ai conscience des fautes qui incombe à cette assemblée, et même à l'actuel roi de la magie. Je n'ignore en rien la situation que les hautes administrations vous imposent, à vous, les divinités, ainsi qu'à d'autres. Mais ce n'est pas l'institution en elle-même qui est biaisée. Ce sont ses membres et la vision qu'ils ont d'eux-mêmes. Le Cénacle est une création positive, Milady, elle a simplement déviée de ce qu'elle aurait dû être… un Senat pour le monde de l'Envers, une représentation de tous, une chance pour tous d'avoir voix au chapitre. De compter. Et détruire cet antique vœux serait dommageable, je pense. Hors si mon adversaire gagne… le Cénacle sera tout aussi vidé de son essence qu'il l'est à l'heure actuelle » Il s'interrompit un bref moment, déglutissant, puis poursuivit « Vous n'avez aucunement à gagner à soutenir le Cénacle tel qu'il est. Mais serais-je vraiment à détromper, si j'affirmais qu'il vous serait profitable de permettre à l'institution de perdurer et de retrouver sa véritable fonction ? Cela je le puis, cela est mon but, le vœux que je formulerais, lorsque la couronne m’échouera. Qu'à terme, l'équilibre revienne. Cela ne se fera pas en quelques années, peut-être même quitterais-je ce monde sans avoir vu les fruits de mon labeur, mais ça n'a aucune importance, si, à la fin, la justice reprenait son droit à gouverner » L'ombre d'un sourire marqua ses traits « Je suis déjà en conflit ouvert avec mon père au sujet de la façon dont mes propres parents sont traités, de cette cangue mortuaire et arriérée qu'on nous impose. Un peu plus ou un peu moins ne sera pas une différence si choquante et... » Redevenant sérieux, il bougea légèrement sa jambe blessée pour la caler de nouveau. « Et je ne pense pas que la mort serait une fin acceptable, pour Pryam comme pour les autres »

Un silence, de nouveau, puis sa voix, douce, et déterminée « Il faut qu'ils soient jugés. Leur disparition n'aura, sinon, pas de réelle symbolique. Notre monde n'aura rien à apprendre d'une mort de plus. Ce qu'il lui faut, c'est un exemple. Une porte s'ouvrant sur une voie nouvelle» Terriblement sérieux, il acheva « Et cela, je peux le lui offrir, avec votre aide et avec celle de tous ceux concernés. Si les membres du Cénacle sont tués de la main de cet homme qui dit combattre au nom des divinités, les survivants, ou leurs héritiers, prendront les armes et rejetterons la faute sur vous, vous tous… ils useront des terribles armes, dissimulées dans les entrailles du Siège, ou ils vous priveront des Nexus restant… eux peuvent survivre sans, mais pas vous… ils élèveront Pryam et ses semblables comme des martyrs. Voilà ce qui se passera, s'il parvient à atteindre son but » Un bref instant, il hésita, puis, se relevant, s'approcha, sortant de sa veste une délicate et minuscule statue de jugement ainsi qu'un sceau vierge, sans magie, sans gravures. Un sceau en devenir. Le sien. « Mes mots seuls sont cependant peu de choses. Aussi, voyez, si vous le désirez… voyez ma sincérité. Je suis prêt à sceller mes paroles par une magie impossible à esquiver. A conclure mon premier contrat. Si vous acceptez de m'offrir ce que j'ai maintenant l'outrecuidance de vous demander, ce que je n'ai, je le sais… aucun droit de demander, mais que je demande tout de même. Voici la requête que je vous soumet… placez votre confiance, votre aspiration à l'avenir, en moi… armez moi pour défendre ce souhait que je compte porter » Son regard dans le sien, plus vivant qu'il ne l'avait été pendant les dernières semaines, illuminé par sa détermination.
 

Mar 9 Aoû - 12:51
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Elle l’écouta, jusqu’au bout, le laissant s’ouvrir à elle, une fois encore. Et tandis que les mots s’écoulaient, fluides, des lèvres d’Howard, la Mórrígan savoura la beauté paisible des lieux, s’immergea dans le décor naturel qui l’entourait, se blottie dans les bras de verdure qui l’appelaient. Ainsi installée, elle l’entendit autant qu’elle l’observa, s’étonnant, une fois de plus, de la détermination de certains humains, de la force de leurs convictions, qu’elles soient justes ou absurdes. S’aperçut, également, combien celui qui lui narrait ses pensées et révélait ses dogmes pouvait être à certains égards un paradoxe à lui seul. S’en rendait-il compte ? S’apercevait-il qu’il défendait sa famille tout en souhaitant écarter son père, protégeait celui-ci tout en l’incriminant ? Elle prit conscience, aussi, de combien ce jeune sorcier pouvait être dangereux. Pas pour elle, elle doutait qu’il puisse lui nuire ni même qu’il le souhaite, mais plutôt pour son géniteur. Se demanda si ce dernier avait conscience de l’entièreté de la menace qui résidait dans ce corps difforme. L’idée de voir le fils se rebeller tout à fait, enfermer, accuser, condamner son propre père, lui plut autant que l’assombrie. Si l’image d’un Pryam hors d’état de nuire ne pouvait que la satisfaire, elle n’aimait guère savoir qu’une famille se déchirait de l’intérieur. Ce n’était pas naturel, pas dans l’ordre des choses. Deux parents devaient s’entraider, se protéger pour aller guerroyer contre un clan adverse lui-même uni. Le nerf de la guerre résidait également dans la confiance que les membres d’une même tribu avaient entre eux.
 
-Je vois.
 
Elle se tut, laissant sa réponse suspendue entre eux, prenant le temps de formuler sa réponse. Admira l’éclat presque farouche qui scintillait dans ses pupilles si calmes, s’amusa de la passion qui avait pris doucement place en celui qui l’appelait à l’aide. Ainsi, cette mer d’apparence si paisible connaissait également les vagues et les tempêtes, cette lisse étendue aqueuse savait vraiment le goût de l’ardente ferveur. Sa propre main se tendit vers l’offrande qu’il lui présentait, se suspendit, retomba. En douceur, geste mesuré. Ne le toucha ni ne l’effleura même, relevant tranquillement le visage vers celui du jeune homme attendant sa décision.
 
-Votre loyauté vous honore autant que votre trahison vous avilie. Pourtant, en vos explications, je comprends davantage les motivations vous animant. Et je ne puis qu’admettre la justesse de vos propos, à ceci près : rapidement, votre père doit mourir. Je ne patienterai pas des années pour vous voir rétablir le Cénacle que nous recherchons tous deux. Chaque jour, un peu plus, nous nous affaiblissons, nous divinités ; chaque jour, un peu plus, Pryam Earl nous pousse vers notre fin. Oh, je ne dis pas que vous devez l’achever, ni même que vous devez laisser ses adversaires le faire. En ce sens, il est vrai que cela ne le mènerait qu’à la gloire d’un vaillant résistant. Mais dans l’ombre se cache bien des dangers, et c’est en elle qu’il nous faut chercher. Son regard se porta sur le contrat qui l’attendait, s’y attarda, un instant, avant que sa voix ne se fasse plus grave, plus lente aussi. Offrez-moi ce que je recherche, dépassez votre père, faites retourner l’assemblée qu’il dirige à e qu’elle aurait dû être. Rendez aux miens ce qui leur fut enlevé d’injuste manière, brisez ces chaines humiliantes qu’il a construits autour de nous, donnez-moi la place d’intégrer ce Cénacle nouveau ; liez-vous à moi sur ces promesses et je mettrais temps et énergie à vous venir en aide et vous armer au mieux, à traverser les frontières, tangibles ou invisibles, pour au mieux vous préparer et vous aider. A vous offrir une lame qui vous protège et vous mène à la victoire. A son tour, un sourire léger, presque malicieux, étira le coin de ses lèvres, et pourtant son regard se plongea en celui d’Howard avec une douloureuse intensité : Prenez garde, je ne vous laisserai ni m’échapper ni laisser les ans vous éloigner de votre promesse. Je ne suis point démone m’appropriant votre âme, milord, mais c’est en vous que reposent mes plus sincères espoirs, et l’ombre de la corneille vous suivra aussi longtemps qu’il le sera nécessaire.
 
Car s’il n’avait précisé ni quand ni comment vraiment il parviendrait à lui offrir ce qu’il cherchait, Moïra refusait de laisser davantage tarder ce qu’elle quêtait. Qu’importait les événements à venir, il ne pourrait se dérober à sa parole. En échange, elle l’armerait autant que veillerait, de ses maigres pouvoirs et de son influence décadente, sur sa sécurité et celle de ceux qu’il défendait. Hormis, sans doute aucun, ceux dont l’âme devrait sans attendre trop rejoindre l’autre monde ; pour son bien à elle et à bien d’autres.

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A laquelle vous n’aurez plus jamais droit si vous n’y prenez garde.
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Sam 13 Aoû - 21:14
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Il l'observa avec un calme retrouvé, et une étrange douceur pourtant marbrée de dureté, motivée et troublée par ce qu'il obtenait, sachant parfaitement ce que cela signifiait et l'impact que cela avait. L'effort que la déesse produisait, sans aucun doute, pour offrir sa confiance à un sorcier du concordat, un homme qui, avant de la connaître l'avait méprisée, et concourut à sa déchéance. Néanmoins, Morrigan était bien trop impatiente. Cela aussi, il le comprenait, après tant d'années de souffrance et d'abandon, elle voyait la lueur au bout du tunnel et voulait se hâter de la rejoindre. Ce n'était pas la chose à faire, car à vouloir bâtir sur des fondations douteuses, on prenait le risque de voir une entreprise couler à pic plus rapidement encore qu'elle n'avait été érigée. Silencieux un moment, il décida de ne traiter que la moitié du problème sur l'instant. Son attitude était en accord avec elle-même et avec son expérience de vie, et s'il désirait lui ouvrir les yeux autant que la ranimer, il lui faudrait, en cela aussi, du temps. Tout tournait autours du temps. Ce n'était sans doute pas aberrant, alors, que le Réanimateur ait décidé de recruter l'une de ses incarnations. Mais lui-même n'était pas attaché à la notion de temps en elle-même et comme concept personnel. Il n'agissait que sur le reste du monde, sur les offices qu'il devait présider. En soi, peut-être était-ce alors une bonne chose qu'il ne s'y tienne pas de façon personnelle…

« Pourquoi devrait-il s'agir uniquement de son ombre, Milady ? » Avec délicatesse, il prit le morceau de bois entre ses doigts, le faisant tourner, tandis qu'il poursuivait « Ce n'est pourtant pas en une ombre quelconque que vous trouverez votre salut.  Elle ne vous a rien apporté, par le passé, elle ne vous apportera rien de plus aujourd'hui. Rien n'y a poussé qui vous serait utile » Ses prunelles étaient de pierre tandis qu'il s'affirmait une nouvelle fois. Non, elle ne trouverait rien dans les ombres, et lui ne comptait pas y chercher une solution à ses aspirations. « Je suis prêt à signer ce contrat, mais selon les termes que je vous ai énoncé et je ne participerais pas au trépas de mon sang à moins qu'il ne soit décidé par le tribunal que je compte tenir à l'issu de mon accession au pouvoir. Aussi honoré sois-je que vous m'accordiez vos espoirs… ou sans doute en raison de ceux-ci et de leur valeur, je me dois d'être parfaitement honnête avec vous. Le tuer ne vous apportera pas ce que vous voulez, on n'écarte pas les ombres avec d'autres ombres » Le bois d'orme qu'il avait choisit pour le sceau était issu de l'arbre que l'on surnommait l'arbre de justice, incarnant l'idéal qu'il voulait porter, et il ne comptait pas le souiller. Avec détermination, il prit la plaquette d'encre, y apposa la pointe gravée de l'objet, puis la pressa sur la feuille immaculée qu'il avait produite avec l'encre.

Inspirant puis expirant, il convoya lentement la magie de son cortex à l'intérieur de l'objet, le chargeant lentement, le marquant, le liant à lui, et au travers de lui, le contrat déjà rédigé. L'exercice était plus lent qu'il n'aurait dû, en raison de sa faiblesse, mais il le contrôlait ainsi beaucoup mieux. Le rectangle de bois marquait lentement, s'ornant des gravures et sculptures issues de son esprit, caractéristiques de son être. Le premier de nombreux symboles, l'arbre de vie surmonté de la corneille sombre, les racines plongeant dans le cœur de l'objet, icône des réseaux d'énergie du corps. Lentement, le sceau fut ôté, laissant la marque, agencée du H de son prénom, et il le fit disparaître dans sa main libre. « La Corneille est considérée comme l'oiseau de la perception, qui fournit la vision et les moyens de parvenir à un objectif. Elle donne la capacité d'aller au-delà des illusions, du bien, du mal, et de sa dualité intérieure comme extérieure. Je ne crains nullement qu'elle me suive et je l'y invite, l'accueillerait à mes côtés tout le long de mon labeur. Elle n'est pas une source de crainte ou de compulsion, mais bien d'inspiration. Et c'est ainsi que je veux marcher avec elle... » Il s'interrompit, l'observant toujours les yeux dans les yeux « Je ne serais jamais de ces héros que vous accompagniez par le passé, car malheureusement, je suis destiné à un trône plus humain, moins glorieux et doré. Mais les ailes de la Corneille me seront une inspiration de plus, comme pour eux »

Cillant finalement, il rangea le sceau, là où il serait en sécurité, et se rassit finalement, péniblement. Non, il n'avait pas l’étoffe d'un héro… Et en un sens, il serait plutôt un anti-héro, de ceux que l'imbécile en armure brillante devrait faire expirer. Peu importait, aucun de ces nobliaux ne viendrait le faire trépasser. Il avait beaucoup trop à faire pour cela. « J'ai beaucoup de projets pour le Cénacle, pour les sorciers et pour ma propre famille. Je ne peux toutefois pas vous les révéler sans que notre contrat ne soit signé… il s'agit là de considérations mûries depuis des années, l’œuvre de toute une vie pouvant partir en fumée, tout ce que je construis depuis mon enfance pour le moment où je serais couronné. Si vous décidez de signer ce contrat, si vous acceptez de m'accompagner, me seconder, m'apprendre et me suivre, alors je vous révélerais mes intentions. Oh pas toutes en même temps, pas toutes aujourd'hui… mais vous saurez » Et il s'interrompit enfin pour la laisser réfléchir. Il fallait qu'elle lui fasse confiance. Si elle plaçait en lui ses espoirs, alors il fallait qu'elle parvienne à sauter le pas. Qu'elle se remette aussi à son jugement, comme il se remettait à elle pour être son guide et son professeur. Il fallait qu'elle réapprenne, et apprenne, l'ordonnance mutuelle, que, parfois, il y avait du bon à avancer sur un pied d'égalité avec un mortel…

Ven 19 Aoû - 19:10
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Elle ne répliqua pas, pas de suite, prenant le temps d’ingérer la frustration qui naissait, la déception qui jaillissait, l’irritation qui enflait en elle. Pour qui, ou quoi, se prenait donc le jeune Earl ? Comment les humains avaient-ils pu acquérir une telle suffisance, s’opposer aux divines volontés, rejeter de quelques mots les désirs des déités ? Comment les choses avaient-elles pu évoluer de la sorte ? Et tandis que Moïra regardait le sorcier face à elle s’engager magiquement dans ce qu’il avait précédemment annoncé, elle réalisa avec amertume que, s’il en était ainsi, c’était sans doute qu’en cet instant précis il avait bien davantage de pouvoirs qu’elle-même ; et qu’il ne le savait que trop. Pendant des années, des dizaines d’années, des centaines d’années, elle avait vu le Cénacle grandir, toujours plus, exclure et rejeter les dieux pour ce qu’ils étaient dans leur essence même, eux êtres suprêmes, s’affirmant dominatrice du monde l’Envers au mépris de tous les êtres qu’ils bafouaient sans honte ni vergogne. Et enfin une occasion, même infime, se présentait à elle, de pouvoir peut-être retrouver un semblant d’écoute quelque part, récupérer sa dignité bafouée et souillée par cette stupide assemblée. Comment aurait-elle pu rejeter ainsi cette offre ? Combien de temps pourrait-elle encore espérer trouver son héros, alors même que l’attaque à venir du trente-et-un mars promettait de profonds, et pas forcément bienvenus, bouleversements ? Lui avait besoin d’elle pour ses recherches, mais nul doute que le refus de Mórrígan n’amènerait l’enfant de Pryam qu’à se tourner vers une autre créature qui, même moins compétente, saurait malgré tout le guider avec plus ou moins de succès.
 
Une inspiration, et la rousse irlandaise laissa dériver son regard alentour, jugulant le venin qu’elle sentait monter à ses lèvres. Elle n’aurait jamais dû oublier que le respect n’était dans ce monde moderne qu’un mensonge éhonté, une hypocrite façade. Les êtres qui par-dessus tout auraient dû le mériter se trouvaient pourtant confronté à l’égoïsme perfide de ceux qui auraient dû l’offrir. Visage fermé, regard dur, tandis qu’elle tergiversait, sans se préoccuper du temps qui défilait, elle fit attendre son interlocuteur sans à cet instant s’intéresser plus à lui, ne s’interrogeant que sur les choix s’offrant à elle. Elle hésita un peu, puis encore un peu, jusqu’à ce qu’enfin, d’un geste lent, demeurant inexpressive, elle ramassa son sac à main duquel elle ne tarda pas à extraire un stylo. Non, pas un stylo. Son stylo plume, acheté un prix exorbitant mais création personnalisée ; un superbe modèle en bois sombre finement incrusté de feuilles de lierres s’enroulant tout autour de la tige métallique, tandis que de minuscules oiseaux semblaient danser le long de ces arabesques. Quelques gestes fluides et sur le contrat apparurent bientôt ses initiales tracées par la plume délicate ; un M et N stylisés entrecroisés, épées aux tranchants se côtoyant encadrées par de plumes délicates pour qui savait faire jouer son imagination. Une fois cela fait, la Mórrígan releva les yeux vers l’humain. Elle se sentait humiliée et manipulée, par lui, un humain, un rejeton Earl, pourtant à lui également elle se devait de se lier. Et ce fut d’une voix dénuée de toute émotion qu’elle daigna enfin lui répondre.

-C’est à moi de juger ce qui de bon ou de mauvais peut m’être apporté. Mais soit, je ne tenterai rien contre votre père pour l’instant. Si vous êtes tant persuadé que meilleure solution il y a, alors faites, et réussissez. Quant au héros… elle s’adoucit un instant, et l’éclat tranchant se mua en flamme plus chaude : Permettez-moi donc d'être unique appréciatrice de vous considérer comme tel ou non. Il me serait stupide de chercher l’un de ceux sur lesquels je veillais jadis, alors que tout ce qui alors existait a aujourd’hui disparu. Les nécessités ont changé, les miennes comme celles des autres, que je le veuille ou non. Et pour l’heure, vous m'apparaissez seul capable de me permettre d'accomplir ce que je souhaite et que les années ne m'ont jamais offert jusqu'alors; en cela vous serez mon héros. Je ne puis qu’espérer ne pas m’être trompée. Si le terme ne vous sied guère, quêtez en un autre ou n'y prêtez pas attention. Prenez cela comme... un caprice divin, termina-t-elle tandis que ses lèvres s'ourlaient d'un fantasque sourire.

Cela faisait mal de l’admettre, tout comme il était difficile de parler d’elle-même comme les mortels pouvaient le faire. Mais la déesse de la Mort était aussi celle de la clairvoyance, et si de ses visions elle n’avait plus usage, ne pas voir le présent tel qu’il était à l’instant aurait été profondément dangereux pour elle. Elle inspira, préférant ne pas s’attarder sur cette humiliante situation. Et ce fut la femme d’affaire, celle qui se mouvait dans le monde humain depuis longtemps déjà et était né de lui, qui reprit la parole.

-Bhuel. Quel type d’arme cherchez-vous vraiment, milord ? Protectrice, agressive ?  Un artefact se maniant à distance ou sur le contact ? Impressionnante ou discrète ? Elle croisa une jambe par-dessus l’autre, concluant nonchalamment. Il vous reste peu de temps pour la trouver. Après quoi vous me conterez ce que le cerveau dissimulé derrière ce beau masque a savamment imaginé.

Ou tout du moins, tout ce qu’il daignerait lui laisser entendre.

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Ven 26 Aoû - 19:58
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Elle pouvait refuser, elle était libre de le faire. Sa main n'était nullement forcée, bien qu'il craignait ce refus, et qu'il entraîna une situation des plus compliquées pour lui. Elle était libre de camper sur ses positions, de faire passer ce dont elle était persuadée avant ses affirmations, il ne pouvait guère lui offrir plus de preuves ou d'arguments, et si elle se fermait définitivement il ne pourrait rien y faire, ni rien pour elle. On avait toujours le choix, contrairement à ce que l'on choisissait souvent de croire, on pouvait toujours prendre une décision difficile, ou douloureuse… il fallait juste avoir la force de caractère de l'assumer par la suite et d'en tirer sa propre fierté. Elle était fort capable de le faire, d'ailleurs. Du moins était-ce ainsi qu'il la voyait, une femme, une créature, capable de marcher pieds nus sur un chemin tapissé de charbons ardents si elle l'avait décidé ainsi. Elle pouvait refuser et il y avait un risque qu'elle le fit effectivement, mais il s'en tiendrait à ce qu'il avait décidé et affirmé et ne se couvrirait pas de honte en rompant maintenant ou revenant sur ses mots pour quémander son bon plaisir. Si elle ne désirait pas de cet accord, tant pis, il devrait faire autrement, sans doute trouver quelqu'un d'autre… peut-être un membre du panthéon scandinave, plus proche de lui, bien que moins adéquat. Peut-être se plongerait-il dans les tréfonds outre-espace de l'Ailleurs, pour y trouver autre chose, un concept doté de vie, qui l'aiderait à accomplir sa tâche. Il n'en savait rien, pour le moment, mais il trouverait. Leurs regards se croisèrent finalement alors qu'enfin, elle se décidait, et signait le contrat, se scellant sur sa parole comme lui sur la sienne, et leurs prunelles étaient des épées qui s'entrechoquaient. Il ne pouvait qu'imaginer ses pensées, et n'avait probablement aucune envie d'en connaître l'exacte teneur, lui laissant l'intimité de ses idées autant que leur essence, y comprit si elle lui était une inimité. Pourtant, le coin de ses lèvres s'arqua légèrement tandis qu'elle s'exprimait.

N'aviez-vous pas failli à juger ce qui était bon pour vous par le passé...

La pensée traversa son esprit amusé par ce regain de fierté mal placée, si différent de la stature qu'elle montrait au demeurant, à son humble avis. Parvenir à lui faire entendre raison serait certainement un bras de fer épuisant et chronophage, lorsqu'il se déciderait à l'engager ouvertement. En attendant, il se contenta d'un silence policé et l'écouta avec une politesse marquée. Ah la question de l'héroïsme… Observateur de ses propres méfaits depuis des années, il n'aurait jamais le culot de se faire appeler un héro, mais il n'était pas vraiment capable de l'empêcher elle de l'appeler ainsi. Pour autant, le titre éveillait des sentiments contraires au sein de son esprit, mélange d'envie enfantine et d'amertume cynique. Il aurait voulu être un héro, mais savait en lui-même, tout au fond, qu'il n'en avait pas l'étoffe. Il était plus Arthur que Lancelot. Mais elle ? Elle l'espérait endosser le manteau, les devoirs, la quête d'un héro… Devait-il considérer cela comme un exemple de plus qu'elle n'était plus capable de discernement ? Sans doute pas. C'était une marque d'espoir, dure à porter pour lui certes, mais qu'il ne pouvait lui refuser. Un sorcier du Concordat, héro d'une divinité, quelle ironique situation que celle-ci.

« Je le prendrais comme un compliment en ce cas, si vous le voulez bien  »

Leur collusion était scellée, aucun d'eux n'en réchapperait tant qu'ils ne seraient advenus chacun au bout de leurs promesses mutuelles. Ainsi étaient les contrats magiques, de puissantes dettes qui ne disparaissaient pas et que l'on ne pouvait tromper. Ce n'était pas à la légère que l'on se soumettait à l'un de ces contrats. Et certainement pas pour des affaires courantes. Qu'il le veuille ou non, il aiderait la divinité, et elle ne pourrait pas refuser de lui accorder ce qu'il souhaitait. Peu importe le nombre d'années que cela prendrait…. Et pour protéger ce contrat, il serait placé en sûreté, là où personne ne pourrait le détruire ou le révoquer. Ni eux ni personne d'autre. Dorénavant, ils étaient alliés. A eux de faire en sorte que l'alliance en question ne devienne pas irrespirable.

« Je ne cherche pas l'apparat, voilà ce dont je suis absolument certain. Et je voudrais qu'elle incarne l'équilibre de ma fonction, la protection comme la sanction, qui incarne l'inverse de Longinus… Je souhaiterais une arme capable de défaire les idéaux comme les ennemis de chair et de sang, une arme qui se tiendrait entre lumière et ténèbre, et permettrait à tous de se rallier à une même bannière sans plus de ces conflits internes qui nous minent. Mais je n'ai pas ignoré vos paroles précédentes. Si l'arme doit m'accepter, je suppose qu'elle doit aller de pair avec ce que je suis, n'est-ce pas ?  »

Il attendit quelques instants, puis il reprit :
« Qu'entendiez-vous par-là exactement ? Doit-elle m'accepter pour mon identité, pour ce que je suis ? Pour qui je suis ? Pour le souhait que je souhaite formuler ? Comment puis-je savoir qu'une arme m'accepterait ?  »

Soupirant légèrement, il croisa les jambes et s'adossa plus complètement à sa chaise. Il avait été sincère en disant que ses connaissances en la matière étaient limitées. Les armes n'étaient pas le domaine qu'il avait le plus étudié, car ses armes à lui étaient, à l'origine, la magie et les connaissances. Mais il devait apprendre, et pour cela, il lui fallait le meilleur des professeurs.


Mer 31 Aoû - 15:11
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De héros certes il n’avait pas l’apparence que le commun des mortels pouvait en attendre, mais de cette catégorie Moïra ne faisait pas parti. A ses yeux, il était celui qui le plus pouvait correspondre à ses présentes attentes, et puisqu’elle désirait avoir son champion, peu lui importait qu’il fut boiteux s’il possédait les capacités adéquate à la satisfaire. Déjà, son comportement, les conditions qu’il lui opposait, sa force ‒trop grande sans doute‒ de caractère rendaient difficile l’adhésion aux vœux qu’il prononçait pour remplir ce rôle qu’elle attendait de lui. Mais peut-être était-ce aussi cette fierté et cette indépendance en lui qui la déesse avaient séduite. Cúchulainn avait, en son nom, démontré sa puissance mentale et bravé Mórrígan ; et toutefois à bien des égards il avait été son champion le plus aimé, quoi qu’aient pensé les humains et les dieux. Mais de ce héros d’antan, il était pourtant préférable à son nouveau favori qu’il en soit bien différent. Ne gardant ces pensées pour son usage propre, elle accompagna ses propos d’un léger geste de la main.

-Aye, faites, faites, cela me convient.

Bien qu’elle ne fut pas certaine que la qualification qu’elle retenait pour lui puisse enflammer l’imagination du sorcier, et par là même le mener à se surpasser dans l’intérêt égoïste de flatter son propre orgueil, elle ne pouvait qu’espérer qu’il s’en satisfasse et s’en trouve flatté. Quoi qu’elle ne l’image guère être homme à se comporter de la sorte, leur tâche serait complexe à mener à bien et elle avait besoin qu’il soit dans de bonnes dispositions afin d’y parvenir, d’autant que les connaissances du concerné dans le domaine des armes semblait pour le moins limitées. Sans doute était-ce aussi dans cet intérêt qu’elle avait pris soin de ne pas laisser sa rancœur s’enraciner davantage en elle. Leur relation avait besoin d’être sans tension s’ils ne voulaient pas se mener eux-mêmes au désastre.
Ecoutant tout d’abord paisiblement les propos du jeune, elle réfléchit dans le même temps à ce qui pourrait lui convenir avant d’abandonner ces distraites réflexions pour se consacrer sur ses paroles et ses questionnements ; chaque parcelle de sa divine dévolution s’enflamma à l’entendre ainsi mention-ner son ignorance en la matière, son être entier s’animant tandis que s’oubliait totalement sa précédente contrariété. Elle s’agitait inconsciemment, alors que dans sa réponse flamboyait l’ardente volonté d’implanter dans l’esprit de son interlocuteur ses propres connaissances du sujet, brasier désireux de montrer ce qui pour elle n’était qu’évidence.

-Mais, vous ne le saurez point ! Ou devrais-je dire, vous le saurez si bien que ce sera une évidence alors ! Ce ne sont pas seulement vos idées que toute arme que vous prétendez choisir doit accepter, c’est l’ensemble de votre être ! Votre identité profonde, votre façon de penser, votre idéologie, mais aussi vos sentiments et même l’absence de ceux-ci. Elle doit agréer votre combat, être en symbiose avec vous et telle une amante de longue date, ne faire plus qu’un avec votre corps autant que votre esprit.

Elle s’interrompit brusquement, laissant là ses effusions orales pour reprendre le masque plus paisible qui d’ordinaire s’affichait sur son visage pâle. Pourtant, son calme était pensif plus qu’impassible et elle reprit la parole en le fixant sans vraiment le voir, un peu songeuse, presque rêveuse.

-En réalité, il serait étonnant que vous puissiez ressentir cette fusion à partir d’une arme qui s’est déjà liée. Bien souvent, elle demeure fidèle au premier être avec lequel elle s’est véritablement lié, s’étant créée au travers lui autant qu’elle-même l’a façonné ; c’est pourquoi bien souvent leur nom demeure aux côtés de celui de la créature l’ayant véritablement manié, et, à nombre de fois également, pour laquelle elle fut forgée. Ce serait comme… elle s’interrompit, cherchant désespérément un exemple typiquement humain afin qu’il la comprenne. Ce serait comme si, après un mariage d’amour fou, votre cher et tendre décédait. Vous pourrez vous remarier, certes, mais il est rare que la fusion soit la même et que l’amour qui vous unisse ait la même force.

Elle-même n’était pas tout à fait convaincue de l’efficacité de sa propre métaphore mais si des deux, elle en demeurait seule à être dubitative, cela suffirait. Quoique les sentiments amoureux lui étaient inconnus, elle avait assez longtemps vécu parmi les Hommes pour savoir que c’était chez eux une référence incontournable autant qu’une véritable, à ses yeux du moins, source de gêne et de folie. Ils peuplaient leurs récits et envoûtaient hommes comme enfants, enchantant les yeux des enfants contemplatifs de tendres peintures.

-Auriez-vous des affinités avec quelques héros d’antan, une affiliation quelconque avec ceux qui au-jourd’hui ne sont plus que légende ? Certaines sont capricieuses, mais en cela elles ne sont guère différentes des mortels.

Rare, un sourire affectueux joua sur ses lèvres tandis que Moïra repensait à ces merveilleuses reliques qui dormaient paisiblement dans leur tombeau improvisé, dissimulées aux yeux de quiconque ne tentait pas de les rechercher. Bientôt, l’une d’entre elles ressurgirait de l’oubli.

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Dim 11 Sep - 21:58
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Dissimuler l'expression dépitée que l'amorce de réponse offerte par la divinité venait de lui provoquer ne fut pas une tâche si aisée qu'on aurait pu le penser, pour un homme pourtant habitué aux jeux politiques que le Cénacle affectionnait. Ce n'était cependant pas si étonnant à son propre concept, lui comprenait à quel point tout cela le touchait et le pressait. Les enjeux, certes, en étaient à blâmer, mais pas uniquement car il prenait tout cela fort à cœur, comme une attache personnelle, un bagage et un poids. Mais non pas une épreuve. Toute information qu'elle pourrait lui transmettre pour atteindre le but qu'il s'était fixé serait d'une importance capitale et méritait d'être recueillit avec la plus grande préciosité. Se jugulant et maîtrisant son caractère dirigiste, le nécromancien la laissa poursuivre à son rythme, s'affirmant intérieurement qu'elle en viendrait bien assez vite à expliquer parfaitement ce dont il était alors question. Il ne saurait donc point véritablement s'il était accordé à une arme légendaire, il ne pourrait que… le sentir. Le savoir en lui-même le désarçonnait et le préoccupait, il ne s'était pas attendu à cela et pensait, sans doute à tort, qu'il existerait des signes logiques, physiques, et pragmatique de l'unicité recherchée et appelée. Mais non, d'après la déesse, il lui faudrait le sentir comme une évidence, de celles que l'on ne pouvait expliquer tant elles vous sautaient aux yeux. L'insécurité que cela représentait… Devait-il donc se soumettre à chaque arme, chaque objet, et attendre son verdict ? Subir chaque rebuffade ? Mais certes, si véritablement il le fallait, si c'était uniquement ainsi qu'il pourrait obtenir l'appui d'un de ces joyaux du passé… Il le ferait, quant bien même cela représentait une perte de temps et un danger. Impossible de contrôler à ce point chaque aspect de sa vie, il devait accepter que parfois, il n'était pas maître mais affidé. Inspirant et expirant profondément, le sorcier hocha la tête.

« Je pense comprendre »

Il le pensait, oui évidemment mais le craignait aussi. Il craignait profondément ce que cela signifiait. Peut-être craignait-il également d'être rejeté par toutes les armes qui pourraient, à lui, potentiellement s'allier. Ce n'était pas illogique après-tout. Et ce d'autant plus si les armes n'acceptaient plus vraiment de nouveaux porteurs après le premier élu… ce qu'il trouvait tout à la fois compréhensible et dommageable. A ses yeux d'homme né dans un monde moderne aux mains humaines, c'était là une absurdité, en un sens. L'amour n'était qu'un sentiment passager, une forme affective évolutive qui ne durait jamais et à laquelle il était impossible de s'attacher réellement… tant elle était douloureuse et inconséquente. Lui-même en vivait sa part, et elle le torturait régulièrement. Même s'il pouvait imaginer l'attachement des autres pour de telles notions… lui s'en gardait bien, lorsqu'il le pouvait. Aussi que des armes s'y lient lui semblait inconcevable. Mais elle ne pouvait se fourvoyer, elle maîtresse de la guerre. D'eux deux, elle était en cela la plus qualifiée. Son orgueil ne l'étouffait point assez pour qu'il refuse de voir l'évidence de sa propre incompétence.

« Je crains de ne jamais éprouver pareille élan, mais je vois où vous souhaitez en venir »

Sa question distrayait son attention de ces questions oisives et dérangeantes qu'il souhaitait éviter. L'affect… quel triste destin humain, quelle horrible entrave. Il ne saurait la supporter éternellement, en y pensant, et ne le souhaitait pas même s'il était capable de le faire. Soupirant, et fronçant les sourcils, le visage marqué par une pensée profonde et grave, le nécromancien resta un long moment silencieux… Ce n'était pas une question aisée, c'était même tout l'inverse. Une affinité avec un héro d'antan ? Une affiliation ? Il n'en savait rien…

« Je ne suis pas certain, Milady. Mon éducation ne m'a jamais amené à contempler pareille question. Se projeter en la personne de héros décédés n'est pas une activité que mes parents encourageaient, et jamais je n'ai moi-même ressenti la fantaisie de le faire. Je suis qui je suis, je l'ai su très jeune, aussi quel besoin, quelle logique pourrais-je avoir à vouloir me rapporter à une autre identité… ce ne serait pas pour honorer ces êtres autant que ma propre personne »

Il baissa un instant les yeux puis les ferma avant de secouer la tête, cherchant toujours ce qui pourrait bien faire lieu de parallèle entre lui et une quelconque entité du passé. Une affinité avec des héros ? Non, non cela ne se pouvait… Il n'y avait rien qui pourrait faire de lui un héro, il l'avait affirmé. S'il fallait vraiment le qualifier, il aurait dit être un anti-héro…

« Je ne pourrais réellement m'honorer d'aucune proximité. La seule vague caractéristique que l'on pourrait m’octroyer à cet effet serait mon… statut d'héritier du roi de la magie. Mais n'est-il pas soumis à controverse ? Je crains d'être d'une aide limitée en cela également, et pourtant croyez-le bien… je cherche réellement » Il secoua légèrement la tête « Je ne pourrais pas même nommer un seul héro lié à ma divinité tutélaire… » Il se mit à jouer avec le pommeau de sa canne « Je ne sais rien de ces hommes et femmes pour la plupart, de leurs aspirations, de leurs idéaux à eux… tout ce que je sais c'est ce que moi je suis. Et c'est une bien maigre pitance »


Dim 18 Sep - 19:01
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Il pensait comprendre, là était le siège du problème. Il y avait dans cette formulation une incertitude qui n’aurait pas dû avoir sa place dans leur discussion. Mais il n’était qu’un homme finalement, sorcier ou non, et il eut été utopique d’imaginer que tout puisse lui sembler évident dès le commencement des explications. L’irlandaise eut une légère inclinaison du menton, démontrant ainsi qu’elle avait entendu et pris note, et donc que la suite allait arriver sous peu. Ce qui, du reste, fut le cas. Poursuivant ses explications, elle ne s’arrêta de nouveau que pour laisser la parole à son interlocuteur, dont la réponse la surprit autant que l’agaça. Par ses plumes, les humains n’étaient-ils donc censés vénérer ce sentiment égoïste et dangereux qu’ils nommaient Amour ? Elle qui s’était toujours interrogée sur ces passions absurdes et s’était donné la peine de s’interroger davantage sur cet incompréhensible mystère semblait se trouver face à l’un des rares mortels qui ne s’en tenait éloigné. Fascinant.

-Oh, et bien à ce qu’il vous plaira.

Son premier morceau de chocolat ou un livre à nul autre pareil si cela lui convenait davantage, qu’importait, elle ne souhaitait que lui transmettre l’idée générale y correspondant. Chassant le désappointement de voir sa belle comparaison ainsi écartée, elle reprit le fil de la conversation, achevant celle-ci par une interrogation dont la réponse pourrait la guider dans les conseils à prodiguer. De nouveau pourtant elle dû faire face à une contrariante désillusion, alors que le jeune Earl reconnaissait de lui-même ne pas pouvoir satisfaire à ses exigences. Soit. Cet enfant ne s’était donc jamais intéressé aux mystères du passé, historique ou enjolivé, du monde magique qui l’entourait ? Avait-il donc eu si haute opinion de lui qu’il s’était détourné de ce qui finalement avait bâti l’environnement surnaturel qu’il connaissait ?  N’avait-il jamais rêvé ainsi que tout jouvenceau se devait de le faire ? Perplexe, la déité se demanda si ses connaissances des mortels étaient réellement aussi complètes qu’elle l’estimait. Avaient-ils déjà changé si rapidement alors même qu’elle achevait de tenter de les comprendre ?

-Tá go maith.* Elle le fixa en silence avant de se décider à modifier sa requête. Que diriez-vous de me parler de vous alors ? Se reculant légèrement, elle croisa un bras, soutenant ainsi le coude droit dont elle laissa deux doigts se poser délicatement sur sa joue. Il me faut une certaine connaissance… intime de vous pour vous aider pleinement, et vous avez encore de nombreuses zones d’ombres que je découvrirais avec le plus grand des plaisirs.

Tête à peine inclinée, elle le dévisagea avec un sourire charmeur avant de reposer les mains croisées sur la table, visage sévère qui aussitôt chassa le séduisant masque dont elle s’était parée tandis que l’enchaînement de ses propos suivait le cours de ses mouvements d’humeur.

-Vous avez conscience, n’est-il pas, de la difficulté qu’une telle tâche peut avoir ? Elle leva une main pour couper court à toute réponse qui pourrait lui être offerte : laissez-moi réfléchir un instant.

Fermant les yeux pour se concentrer, elle occulta totalement son environnement. Instant de vulnérabilité complète mais elle ne craignait guère une quelconque attaque en pareil lieu. Tel un catalogue mental que seule elle pouvait feuilleter, Moïra laissa défiler mentalement les armes mythiques qui pourraient lui être utiles, connaissant par cœur le nom et les pouvoirs de chacune d’entre elles, quel que fut le panthéon auquel elles pouvaient se rattacher. Après quelques hésitations, elle prit toutefois soin d’écarter les plus puissantes, se refusant à les voir confier aux mains du jeune Earl ; sa confiance en lui n’était pas de celle qu’elle accordait autrefois à ses héros. Sa voix se fit atone tandis que ses lèvres égrenaient, telles des automates, la liste choisie.

-Balmung, la victorieuse, qui brisée fut reforgée avant de mener Fafnír au trépas ; Durandal, redoutable, la lame de Roland que même la pierre ne put fracturer, incarnation de la puissance indestructible. L’épée de Lumière, Claíomh Solais, celle qui dans son pouvoir fut capable même de raser monts et vallées.  Dyrnwyn, la Flamboyante, qui de flammes se pare quand du fourreau elle est tirée. Fragarach, elle offre le commandement du vent et nul ne peut mentir sous sa menace. Angurva, Ruisseau de l’Angoisse, lame de Frithjof le Faiseur de paix. Joiose, celle qui de l’empoisonnement son possesseur protège et de son éclat l’ennemi éblouit. Elle rouvrit brusquement les yeux, plantant son regard de mousse tendre dans celui de son interlocuteur alors qu’elle précisait, dans une douloureuse intensité : en son pommeau se dissimule un fragment du manche de la Sainte Lance Chrétienne.

Un léger mouvement de tête et la Mórrígan sortie de l’immobilisme dans lequel elle s’était plongée, redevenant humaine plutôt que statue aux traits gelés. S’il ne lui était guère difficile de faire ressurgir de la sorte les reliques d’un passé guerrier souvent oublié, cela lui demandait une forte concentration de choisir parmi elles les plus appropriées à la situation ; d’autant plus que quant à savoir si cela conviendrait à son nouveau protégé, rien n’était moins certain.

-Il y en a d’autres, plus ou moins adaptées, mais il est vrai que cette dernière me semble particulièrement… intéressante, aux vues de votre adversaire.


*Soit, d'accord, entendu

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Jeu 13 Oct - 23:22
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Lui parler de lui ? Quelle étrange requête… Que pouvait-il bien lui dire, en vérité ? Elle affirmait le découvrir avec plaisir, mais en vérité, elle serait très vite déçu, il en avait la quasi certitude. Et elle lui posait une colle à laquelle il ne s'était pas attendu, le laissant coi tandis qu'elle poursuivait. Et une colle plus grande encore tandis qu'elle lui énonçait la liste qu'elle s'était établie. Il tenta de n'en rien montrer, mais il était parfaitement perdu et ne savait comment naviguer. Un bref moment, il estima même avoir fait une erreur en la consultant, avant de se fustiger. Il ne pouvait pas simplement baisser les bras comme ça, c'était proprement ridicule ! Non seulement c'était son fait qui avait initié tout cela, mais il avait en plus davantage de caractère que cela tout de même ! Alors il se concentra, s'abandonnant au silence pendant un temps supplémentaire, nullement gêné de le faire et encore moins puisqu'elle semblait tant à son aise avec son mutisme. Une lame contenant un morceau de la sainte lance serait sans doute une arme de choix, et peut-être possédait-elle une partie de son pouvoir ? Mais est-ce qu'elle lui conviendrait ? La précision apportée plus tôt par la déesse restait encore dans sa mémoire. Qu'est-ce qui le reliait à cette lame, pouvait le relier à elle d'une quelconque façon ? Il ne savait pas, n'en savait pas assez sur elle.

« Effectivement »

Le confirmer ne coûtait vraiment rien à ses pensées. Elle était intéressante oui.. d'autres l'étaient aussi. Certaines lui semblaient plus proches de lui, de différentes façon. Au final, cependant, la question se posait pour toutes. Toutes pouvaient avoir quelque chose à lui apporter, et toutes pouvaient le refuser.

« Mais va-t-elle de pair avec moi ? Car si j'ai compris vos propos, il faut qu'elle m'accepte et si nous n'avons en commun que ce bois… ne serait-ce pas trop peu ? Que pouvez-vous me dire de plus sur elle ? »

Après un bref instant cependant, il ajouta :

« Attendez, vous m'avez demandé de vous en apprendre davantage sur moi, peut-être que cela peut influer sur ce que vous me direz »

Fronçant les sourcils, il essaya de lui donner ce qu'elle lui avait demandé, même s'il avait le plus grand mal à s'y plier. Cherchant constamment, il commença par lui parler de son passé, son enfance ou ce qui y ressemblait, dans la grande demeure ombrée, dans le silence et le calme feutré, dans les secrets de sa famille. Il lui parla de son éducation, stricte et conservatrice, orientée dans l'idée qu'un jour, il succéderait à son père à la tête du Cénacle, roi de la magie, gardien du Secret. Il lui parla de sa rencontre avec Eurynome et Titania, puis de son adolescence isolée et studieuse, de son envie de partir. Puis il parla de son départ et de ses années à l'étranger, du loup garou, de son frère qui faisait sa vie et qu'il tentait de protéger… de la fièvre du pouvoir qui l'éteignait et lui avait coûté, puis de sa tentative de rédemption. De son retour à Last-End également…

Puis il s'arrêta.

« Existe-t-il une lame s'attachant en particulier à mon aspiration ? Cette justice à laquelle j'aspire et qui est mon plus cher souhait… ne pourrait-elle être le conducteur pour trouver l'arme qui me convient ? »

Sam 5 Nov - 11:44
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L’une après l’autre, les lames de légendes avaient étaient égrenées par la Mórrígan. Qu’elles fussent oubliées par la mémoire humaine ou portées aux nues dans les contes qu’ils narraient aux enfants, le soir venu, cela n’avait guère d’importance. Chacune avait sa force, sa faiblesse. Toutes avaient connu leur heure de gloire avant de s’abîmer dans l’ennui. Elles avaient même, quoi que cela puisse surprendre les plus novices en la matière, leur propre caractère, leurs désirs particuliers. Féroces, étincelantes, vaniteuses ou sanguines, défenderesses de la justice, parfois capricieuses. Une arme était liée à celui qui le premier l’avait brandit, rares étant celles qui déloyales oubliaient leur porteur originel. Mais cela, il était parfois difficile de le faire comprendre ; et plus laborieuse encore s’avérait la tâche qui lui était demandée.

Dans les orbes de ténèbres, elle s’était laissé aller, se baignant à son aise dans cette gangue charbonneuse tandis que la musique des mots chantait à ses oreilles. Le récit d’une vie, de quelques rêves, d’émotions et de sentiments. Une confession sans fioritures, sans embarras ni honte que celle qui lui était faite. Une existence si courte et si pleine à la fois… Etait-ce là ce que l’on nommait une enfance heureuse ou attirait-elle au contraire sympathie et compassion de ses pairs ? Qu’importait. Il y avait longtemps que d’histoire il ne lui avait été contée. Peut-être même était-ce là la première. C’était plaisant, à n’en pas douter. Pourtant ce récit n’était pas gracieux, et son rapporteur ne l’aurait relaté s’il n’avait eu une idée précise ce faisant. S’il n’y avait une réponse qui attendait, la question en suspens entre eux, invisible et patiente. Elle demeura silencieuse, encore un peu, profitant simplement de l’instant avant de secouer son esprit et reprendre la parole, presque chagrine ; elle aimait entendre parler le jeune sorcier.

-De mes conseils il semble que vous n’ayez finalement guère besoin. Sur Joiose, l’épée du roi franc Charlemagne, je ne puis vous dire si elle vous acceptera ; mais son lien avec Longinus est certain et, épée souveraine, il se peut fort que, désireuse de s’opposer à la Lance Sainte et son porteur, en vous elle voit un porteur un porteur qui lui plaise. Capricieuse elle demeure cependant, trop habituée à côtoyer les rois et les nobles.

A son tour, elle marqua une pause, trop courte cependant pour laisser Howard s’exprimer sur ses dires.

-Caledfwlch, ou Excalibur ainsi que vous la nommez, devrait en effet pouvoir répondre à vos besoins. Sa vanité vous permettra vraisemblablement de la brandir sans mal, trop heureuse qu’elle sera d’être, de nouveau, instrument de gloire et de justice. Elle eut une mimique méprisante, n’ayant guère d’affection pour cette lame bâtarde et adulée des foules. Bien qu’elle ne soit que pâle copie de Caladcholg, sa renommée vous servira probablement. Quant à vos aspirations, elles ne lui déplairont sans doute pas. Un instant d’hésitation, avouant finalement : si cette épée vous sied et qu’à sa recherche vous vous mettez, prenez soin de rapporter avec vous son fourreau. De toute blessure mortelle, il vous protégera tant que vous le porterez à vos côtés.

De ses connaissances il n’avait finalement pas eu un réel besoin. Si Caledfwlch il cherchait vraiment, alors quiconque ayant un peu de culture sur les légendes arthuriennes aurait pu l’aider. C’en était presqu’aussi insultant qu’affligeant, de se voir, elle Moïra, réceptacle d’innombrables et passionnantes armes chacune unique en son genre, ne servir qu’à guider son Élu que vers cette banalement célèbre épée qu'était celle du Roi Arthur. Au moins la popularité de cette dernière devrait-elle aider à la retrouver dans le temps imparti.

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Mar 29 Nov - 16:02
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L'impression qui s'égrenait au travers de sa personne, il la goûtait avec un mélange de perplexité et d'abattement, certainement passager mais néanmoins désagréable à ressentir quoi qu'il en soit. Pire encore, la conclusion de toute cette entrevue lui semblait largement un gaspillage de ses ressources, de ses arguments et de ses cartes, de même que de son temps. Ce n'était certainement pas le cas, quand on y regardait de près, mais il ne parvenait pas tout à fait à passer au-dessus de cet état d'immédiate frustration, peut-être tout simplement parce qu'il était encore épuisé. Malgré tout ce qu'il pouvait fustiger mentalement, il ne comptait nullement montrer une telle rudesse et une telle ingratitude à sa nouvelle alliée, aussi se fit-il violence pour finalement donner voix à une part plus raisonnable de son imagerie, qui conviendrait davantage à l'individu comme à l'interlocuteur.
« Je saurais m'en souvenir, madame, soyez-en assurée »
Et dans le pire des cas, il ne doutait pas qu'elle pourrait le lui rappeler, si comme elle l'avait dit, elle suivrait ses pas et ses gestes. N'était-ce pas là le rôle de conseillère, qu'après de ces héros dont il ne saurait se compter elle s'adjugeait ? Elle ne voudrait certainement pas le voir manquer une telle opportunité, dans l'optique où lui-même manquerait à sa mémoire. Tout cela s'entendait néanmoins sur l'hypothèse selon laquelle Excalibur lui répondrait effectivement, et non qu'elle le rejetterait comme le manant qu'il était, tout Lord que fut son titre officiel. Mais si Morrigan semblait mépriser quelque peu l'épée, son histoire dénotait clairement selon lui que la royauté et la noblesse à laquelle elle aspirait n'avaient rien à voir avec le classique concept de telles choses.

« Peut-être est-ce ainsi. Peut-être avez-vous raison, et j'aspire à placer ma complète confiance en vous, à vous remettre mes espoirs. Je m'en garderais néanmoins et je sais que vous reconnaîtrez la sagesse d'une telle mesure, si je ne possède que celle-ci »
Il ne voulait pas courir aveuglément sur une route en manquant d'autres branches de l'arborescence qu'il traversait. Peut-être serait-il choisit par une arme qu'il aurait parfaitement ignoré. Qui pouvait réellement le savoir ? Se redressant enfin, péniblement mais refusant de laisser voir son inconfort, il vint lui faire un galant baisemain, puis l'observa un bref instant avant de reprendre la parole.
« Je me dois de vous quitter… mais je ne doute pas vous revoir très bientôt… »


Mar 24 Jan - 21:47
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