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 Alan Denyel

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Alan Denyel

I'm the best there is at what I do. But what I do best… isn't very nice.



♜ NOM : Denyel
♜PRÉNOM : Alan
♜NOM ETERNEL : -
♜RACE : Humain Oublié
♜ÂGE : 33 ans
♜DATE DE NAISSANCE : 08/11/1982
♜PROFESSION : Enquêteur privé. Officieusement, Mercenaire.
♜PAYS D'ORIGINE : Né en Bretagne, en France
♜SITUATION FAMILIALE : Célibataire. Il a une personne aussi proche pour lui qu'une soeur, Claire Verdier, actuellement dans le coma à Paris et dont il s'occupe.
♜TRAITS DE CARACTÈRE : Opportuniste – Intuitif – Cynique – Sans-gêne – Désabusé – Professionnel – Méfiant – Séducteur – Secret – Ambigu
♜OPINION SUR LE SECRET : Très lucratif dans sa situation actuelle.
♜ CRÉDITS : Justin Chatwin





♜ LIVE :

Décembre 2015, Forêt d’Abernethy, Ecosse

Dans l’obscurité de la nuit, il s’alluma une cigarette et vérifia pour la énième fois la maison avec ses jumelles infrarouges. La bâtisse, perdue au milieu des bois, ne devait pas avoir été rénovée depuis un certain nombre de décennies. Si Alan ne s’était pas trompé, son propriétaire ne devrait pas tarder à arriver… et à être fortement surpris. Il eut d’ailleurs à peine le temps de finir sa clope qu’une ombre s’approcha en marchant… suivie d’une deuxième. Le chasseur fronça les sourcils et épaula son fusil, examinant les cibles à la lunette. Un homme et une femme. Il n’avait plus le temps d’annuler quoi que ce soit, et pouvait seulement espérer que la deuxième ne serait pas un dommage collatéral…

A proximité du bâtiment, la femme sembla soudainement en alerte, levant la tête dans différentes directions. Une odeur rémanente ? Au moins, les éventuels remords du chasseur vis-à-vis d’une possible victime innocente venaient de s’évanouir, et il était de toute façon trop tard ; lorsque l’homme s’approcha également, le détecteur de mouvement s’enclencha et l’explosif souffla une volée de billes d’argent qui firent trembler la maison et terrassèrent les deux créatures. Un court moment s’écoula et l’une d’elle se releva péniblement. Alan visa soigneusement et pressa la détente, perforant le cœur de sa cible d’un tir parfait. Bien plus facile que prévu.

Rangeant ses affaires, il partit tranquillement en direction du carnage. Il espérait une chose maintenant : que les cadavres n’étaient pas trop abîmés. Il était beaucoup plus simple de prouver un travail accompli avec des trophées reconnaissables, et les collectionneurs payaient bien mieux les morceaux intacts. Mais alors qu’il arrivait dans la clairière entourant la construction, il perçut un bruissement imperceptible et tandis qu’un frisson lui parcourut l’échine, il plongea par réflexe sur le côté, juste à temps pour qu’une ombre massive le frôle dans un grognement et un claquement de mâchoire. Emporté par son élan, le loup-garou mit quelques secondes à faire demi-tour, et Alan en profita pour dégainer son revolver, vidant les balles sur la créature, qui finit par s’écrouler à un mètre de lui, paralysée ; il avait dû toucher la colonne. Alors que le lupin tentait tant bien que mal de se débattre, fou de rage, et hurlait à en briser les tympans, le chasseur rechargea calmement son arme et mit fin à son agonie de deux balles dans la tête. Il expira longuement. Contrat facile, un loup-garou perdu dans la forêt… Ça lui apprendrait, à ne pas revérifier trois fois la parole de ses clients. Il dégaina un long couteau en argent, et chercha le tatouage sur la créature. Il passerait ensuite aux crocs. C’était sûrement la partie la moins propre de son boulot… mais la plus lucrative. Et c’était toujours moins fatiguant que d’enterrer les cadavres.

--------

Il finit de se nettoyer les mains avec l’eau de sa gourde, rangea la pelle, fourra les sachets hermétiques dans son sac et entreprit de reprendre la route. Il en avait pour une bonne heure de randonnée sous le clair de lune, avant de retrouver la voiture. Il sortit une flasque de lambig et avala une grande lampée ; c’était son toast habituel de réussite, et celui-ci ne lui fit pas de mal, avec le froid ambiant. Regardant de temps en temps son GPS, il se perdit peu à peu dans ses pensées.

Alan en avait fait du chemin, depuis son enfance… issu d’une famille de sorciers très traditionnels et installés depuis des générations en Bretagne française, il devint rapidement le mouton noir de la généalogie lorsqu’il fut définitivement admis à son adolescence qu’il n’était qu’un Oublié, inutile et honteux, contrairement à ses trois frères et deux sœurs. Ses parents ne l’avaient pas pour autant repoussé ou abandonné, ç’aurait été perdre un serviteur éduqué et fidèle dès sa naissance ; mais le jeune breton s’était retrouvé en charge des corvées les plus avilissantes et les plus détestables de la maison, allant des tâches ménagères à l’entretien du sinistre jardin botanique… en passant par la régulation de la faune surnaturelle alentour. Il n’avait jamais vraiment su si ses parents étaient simplement durs avec lui, ou s’ils espéraient qu’il laisserait malencontreusement la vie dans l’une des nombreuses et dangereuses responsabilités qui lui incombaient.

Néanmoins, Alan s’en sortit tant bien que mal, et y développa même des connaissances qui le surprennent même maintenant. Ce qui lui était interdit le fascinait au plus haut point, et il passait le peu de temps libre qu’il avait à fureter dans la bibliothèque familiale, à étudier tout ce qui traitait de la magie et du Secret, palliant la pratique par la théorie, buvant littéralement les informations des anciens ouvrages. Il jalousait ses frères et sœurs, considérant qu’ils ne méritaient pas leur don, et estimant valoir mieux qu’eux. Mais les rares fois où il avait sauté sur une occasion de leur prouver que malgré son infirmité magique, il était capable d’en savoir plus qu’eux sur leurs capacités, de violentes raclées pour insolence sous les ricanements des concernés l’avaient convaincu de ravaler sa fierté… et d’attendre son heure.

Et cette heure arriva finalement plus rapidement qu’il ne l’aurait cru. Ce fut en réalité la collision de plusieurs circonstances, qui eurent lieu vers ses seize ans. Tout commença par une banale histoire à l’eau de rose, un flirt innocent entre Alan et une fille d’un village à proximité, qui évolua avec des cadeaux et quelques rencontres à l’abri des regards. Les Denyel finirent par l’apprendre et punirent sévèrement le jeune homme, considérant que son ascendance noble lui interdisait de fricoter avec une paysanne. Même selon ses critères, Alan trouva cela franchement scandaleux et hypocrite, lui qui vivait une vie de servant moyenâgeux. Et le fait que son frère aîné, Yann, essaya tout simplement de le faire tuer quelques jours plus tard en invoquant un esprit de la nature, lors de ses travaux forestiers, n’arrangea pas ses sentiments.

Rongeant son frein, Alan se décida à préparer sa fuite, qui eut lieu quelques jours plus tard. Il s’enfuit de la demeure familiale en embarquant les ouvrages et les objets les plus précieux qu’il avait pu emporter, non sans oublier de brûler le jardin botanique et de lâcher quelques belles saloperies aux dents et griffes coupantes dans la maison, et particulièrement dans la chambre de Yann. Se souvenant de certaines lettres à son père qu’il avait espionné, il savait qu’un chasseur aux ordres du Vatican habitait à Paris et que ce dernier cherchait un novice ; l’opportunité lui paraissait adéquate et il se mit donc en route vers la capitale, espérant brouiller suffisamment ses traces pour que sa famille ne puisse le retrouver. Il n’hésita d’ailleurs pas à refourguer certaines des babioles ou des livres qu’il avait récupéré et dont il ne comprenait pas forcément l’utilité ou la langue à des brocantes pour lancer de fausses pistes et de fausses directions… et il n’est pas impossible que quelques invocations involontaires de saloperies ayant eu lieu quelques temps après lui soient dues.

La rencontre avec le chasseur fut prometteuse ; homme bourru dans la quarantaine, grosse chevelure blanche encadrant un visage carré à la barbe imposante, figure paternelle par excellence, Giancarlo Barattieri était un italien d’origine dont la famille combattait le Mal avec un grand « M » depuis des siècles ; incapable d’avoir un enfant et désireux que son œuvre perdure spirituellement à sa mort, le chasseur prit rapidement sous son aile le jeune breton pour l’éduquer et l’entrainer. Et les années passèrent, entre l’entrainement d’Alan et les différentes missions que les deux chasseurs effectuaient, que ce soit la traque de créatures maléfiques comme la protection des exorcistes du Vatican. Ils restaient la plupart du temps aux alentours de Paris, ce qui n’étaient pas pour déplaire au jeune homme… Il put enfin profiter de sa jeunesse et des plaisirs de la Ville Lumière. Les années de frustration qu’il avait vécu chez sa famille furent difficiles à canaliser, et tout cela aurait pu mal tourner sans l’aide de Claire, une jeune serveuse d’un café de Montmartre, avec qui Alan se lia d’amitié. Les deux devinrent rapidement très proches, chacun trouvant dans l’autre le frère ou la sœur qu’ils n’avaient jamais vraiment eu. Le breton s’était présenté comme l’assistant d’un théologien reconnu, parcourant le monde pour répondre à des questions pointues ; Claire n’était pas dupe, remarquant notamment les différentes cicatrices qui apparaissaient ponctuellement sur le jeune chasseur… mais elle ne s’en formalisait pas, et le mystère et les spéculations qui entourait ces activités faisait partie d’un jeu entre eux.

Alors qu’il approchait des vingt-cinq ans, la relation entre Giancarlo et Alan évolua peu à peu, ce dernier étant de plus en plus frustré par l’obéissance aveugle de son mentor envers les autorités religieuses. Peut-être à cause de l’influence malsaine et familiale qui subsistait en lui, ou bien les difficultés qu’avait l’italien à le canaliser, des altercations parfois très agressives éclatèrent, de plus en plus souvent. A la même période, Claire finit dans le coma suite à une agression par un inconnu. Son mentor n’était pas au courant. Seul véritable proche qu’elle avait, Alan fit de son mieux pour offrir à son amie les meilleurs soins, en espérant qu’elle se réveille. Mais ce qu’ils gagnaient avec Giancarlo lors de leurs activités était bien loin d’approcher ce qu’il souhaitait, et après un veto virulent et irrévocable de l’italien, Alan se décida à chercher dans son dos d’autres contrats pour se faire de l’argent. Et cela fonctionna plutôt bien, du moins quelque temps. Le breton était capable d’accepter à peu près tout, de n’importe qui. Lorsque Giancarlo apprit que son élève avait accepté dans son dos un contrat contre un sorcier reconnu, il partit dans une rage folle. Et dans une dispute extrêmement violente où ils en virent aux mains, le maître et l’ancien apprenti se séparèrent. Alan ne le sut pas, mais les derniers coups qu’il porta à son mentor le laissèrent borgne.

Le breton suivit alors sa propre voie, celle du mercenariat, lucrative et immorale. Et il y avait de quoi faire : éliminer des individus pour le compte d’entités supérieures, parfois l’inverse, livrer des créatures à des sorciers curieux, aider certaines personnes à bouger d’endroit leurs affaires plus ou moins morbides, enquêter sur les activités d’un membre du Secret… Il ne s’était fixé qu’une seule barrière : ne jamais toucher aux humains innocents. Les vrais humains, bien évidemment ; il n’incluait pas sorciers et autres pactisants dans cette catégorie. A force, il s’était taillé une réputation d’homme efficace et dangereux, prêt à à peu près tout pour peu que la clientèle y mettait le prix. Et des trucs bizarres, il avait eu l’occasion d’en faire… des prises de contacts dans le but d’organiser des partouzes dignes des scénaristes les plus tordus d’hentai, l’éradication du culte d’un dieu mineur de l’insomnie souhaitant relâcher une drogue magique et cafféinée dans les réserves d’eau de Berlin, le déménagement d’un sorcier à moitié timbré et de son stock d’expériences sur des chimères humaines… c’est d’ailleurs depuis cette dernière fois qu’il avait rajouté deux lignes à son crédo : il vérifiait toujours par lui-même lorsqu’on lui affirmait que « pas de problème, toutes les cages sont parfaitement verrouillée »… et il se faisait maintenant toujours payer en partie en avance.

Alan soupira.  Un de ces jours, il faudra qu’il pense à écrire ses mémoires, elles risquaient d’avoir du succès. Lorsqu’il arriva à la voiture, il commençait à neiger. Il rangea ses affaires dans le coffre, avala un sandwich et entreprit de repartir.


Décembre 2015, un Pub de la banlieue de Dundee, Ecosse

Le chasseur avala une grande lampée de sa bière, examinant encore les têtes de la population du bar semi-rempli. Il s’était installé au fond de l’établissement, dans une alcôve isolée, et attendait son client. Du peu qu’il en savait, ce dernier pouvait être aussi bien un démon ou une divinité mineure qu’un type qui savait extrêmement bien se maquiller et avec de belles notions en théâtre. La porte des toilettes s’ouvrit à proximité et Alan tourna vivement la tête, voyant sortir un une masse barbue et rougeaude, titubant en direction de la sortie. Lorsque les yeux du breton se reposèrent sur la table, une silhouette bien habillée se tenait désormais assise en face de lui. Il fit un effort pour rester impassible et ne pas sursauter. L’homme avait les traits fins et ciselés, et les yeux entièrement noirs, y compris la sclère. Impossible de deviner ce qu’il regardait.
« Vous êtes pile à l’heure. »
« Toujours. Alors ? »
Alan jeta sur la table un trio de sachets hermétiques qui tombèrent avec un bruit humide.
« Il y en avait finalement trois. Ça mérite une renégociation. »
La chose en face de lui ne réagit pas pendant plusieurs secondes, et l’humain fit de son mieux pour ne pas paraitre mal à l’aise. Finalement, un horrible et faux sourire apparut sur le visage de son interlocuteur, tout en dents… intégralement pointues.
« Tout à fait. Le triple du prix initial, alors. » Il compta quelque chose sous la table et fit glisser une enveloppe. « Voilà le reste. Vous avez les crocs ? »
« Ouai, mais je les garde ou je les vends. Deux mille l’unité » , répondit-il sur la défensive.
« Parfait. Je vous prends les douze. »
« Y’en a que neuf. Les autres étaient irrécupérables. »
Nouvelle pause sans expression, qui dura presque dix secondes. Et l’affreux sourire revint d’un coup.
« Je les prends. »
Et il sortit une autre enveloppe de la poche intérieure de sa veste. Suspicieux, Alan sortit discrètement les billets et les compta. Dix-huit mille tout pile. Mieux valait pas chercher à comprendre. Il chercha dans sa sacoche un un sac en plastique à l’intérieur ensanglanté, et le posa sur la table.
« Ravi d’avoir fait affaire avec vous. »
Et il fit mine de se lever, avant que la voix ne l’arrête. « Attendez. » Il se tendit soudain, évaluant la situation si cela devait tourner mal. Et toujours cet abominable sourire qui apparaissait de nulle part.
« Décontractez-vous et asseyez-vous. Je veux juste vous proposer un autre travail. »
Le chasseur se rassit lentement. « Je vous écoute. »
« Il s’agit de retrouver un jeune garçon… l’enveloppe d’un démon. Qui se balade en liberté. Il faudrait me le ramener, encore fonctionnel. Vous pouvez l’abimer si besoin, mais ne le détruisez surtout pas. Cela peut sembler compliqué, mais le démon est jeune et encore peu dangereux. Largement faisable pour quelqu’un de votre trempe. » Mièvrerie ou moquerie, Alan n’appréciait définitivement pas le ton de voix de la créature. « Si vous êtes intéressé, voici certains détails qui vous permettront de le pister. » Il remarqua alors une belle enveloppe rouge présente sur la table, annotée en superbe calligraphie ‘Ordres de mission’. A côté d’un papier sur lequel était écrit une somme plus que généreuse, qui le fit tiquer. « Et voici la récompense… qui pourrait s’accompagner d’autres… biens matériels. Intéressé ? »
« Peut-être. Et si c’est hors de ma portée ? »
Sourire carnassier. « Je vous fais confiance. Mais ne vous inquiétez pas, vous avez… toujours le choix. » La silhouette se leva avec grâce. « Je vous laisse, des affaires m’appellent. Vous savez comment me contacter lorsque vous aurez terminé. Oh ! dernière chose. N’écoutez surtout pas le démon. Sa voix est son arme la plus dangereuse. »
Alan arqua un sourcil. « Je vois… »
Un léger rire aussi glacial que la toundra. « Pas du tout. Mais vous verrez peut-être. » Il se dirigea vers la sortie. « Et… faites attention au chien. »
« Hein ? »


Janvier 2015, une route de forêt entre Plymouth et Last End, Angleterre

La radio grésilla de nouveau et Alan l’éteigna rageusement, continuant la mélodie rock en la sifflant. Le brouillard s’épaississait, et il ralentit légèrement. Dans le rétroviseur, il sentit le regard plein de reproche du gamin bâillonné et attaché. Il haussa les épaules d’un air faussement désolé.
« Tu sais, c’est pas contre toi, mais on m’a prévenu à ton sujet. Et ça serait franchement pas sécu que je conduise avec des boules Quies. » Pas de réaction. Il soupira.

Capturer le jeune démon n’avait finalement pas été si compliqué que prévu. Ce dernier avait laissé une trainée de feu et de sang sur son chemin au travers du Royaume-Uni, et une fois qu’il eut compris le schéma de ses meurtres, ce fut une sinécure pour Alan de le retrouver et de lui tendre une embuscade. Cette dernière balançait d’ailleurs avec difficulté entre le génie absolu et le ridicule totale… entre le casque anti-bruit qu’il portait par précaution, la stupidité innocente du démon en total désaccord avec la violence dont il faisait preuve, la quantité astronomique d’eau bénite qu’Alan avait prévu pour l’immobiliser (suffisamment pour purifier une maison close)… et surtout le clébard. Ce foutu molosse qui s’était avéré être bien pire qu’un être vivant. Le chasseur avait heureusement un collier consacré pour ce genre de désagrément. Et il se retrouvait maintenant avec le gamin-démon de mauvais poil, attaché à l’arrière, et le clébard dans le coffre, en direction d’un patelin paumé pour retrouver son client. Il n’avait aucune idée de ce que ce dernier voulait du démon, et c’était pas ses oignons. Il faisait d’ailleurs de son mieux pour oublier la bouille innocente de l’enfant, se répétant sans cesse que ce n’était qu’une enveloppe de chair, sans âme et sans volonté.
Il tourna vivement la tête vers la droite, semblant avoir décelé un mouvement dans le sous-bois… et compris son erreur en voyant soudainement le tronc d’arbre à moitié écroulé sur la route. Il braqua le volant à gauche le plus fort qu’il put, la voiture dérapant dans un crissement de pneus.
« PUTAIN DE M-»
… et la voiture percuta le tronc sur le côté dans un craquement de métal. Le chasseur, complètement sonné, mit un certain temps avant d’émerger et d’entendre les cris, les aboiements et les divers bruits à l’extérieur. Il détacha sa ceinture, passa sur le siège de gauche et ouvrit la porte pour sortir. Il s’emmêla les pieds dans la ceinture et s’écroula sur la route comme une masse, sentant deux choses lui frôler le torse à toute vitesse en transperçant sa veste. Ahuri, il leva les yeux et vit en face de lui un homme encapuchonné, une arbalète à deux coups à la main, au moins aussi surpris que lui de ne pas l’avoir touché. Alan n’hésita pas, il dégaina et lui logea deux balles dans la poitrine, envoyant le corps valser en arrière. Une série de grognement et un cri d’agonie retentirent au loin et il pesta, jetant un coup d’œil à la voiture derrière lui ; ses prisonniers s’étaient fait la malle, et c’était très mauvais signe.

Accroupi et furtif, il rejoignit les arbres, examinant les environs du mieux qu’il put. Les cris semblaient diminuer. Il remarqua alors à une vingtaine de mètres un couple de types bizarres, du même genre que celui qu’il avait flingué, qui semblaient guetter la route. D’une démarche féline, Alan s’approcha dans leur dos. Il attrapa la tête d’un des deux et la fracassa contre une branche, dans un craquement sonore. Il y était peut-être allé un peu fort. Le deuxième homme sursauta et voulut s’enfuir, mais le breton l’attrapa par le col et l’envoya voler au loin, avant de l’attraper de nouveau et de le coller contre un arbre, lui collant le canon de son revolver sous le menton.
« C’est emmerdant, ces balades bucoliques qui tournent mal, hein ? »
Le type avait les yeux exorbités, partagés entre la peur et un fanatisme dément. Il avait un étrange symbole sur le front, mélange de tatouages et de scarifications.
« Lâche-moi, créature impure ! Xshrothfal te punira pour cette affront ! Suppôt du démon ! Tu-»
Soudainement, une détonation retentit et un kilogramme de cervelle se répandirent sur l’arbre, à la grande surprise d’Alan. Il vérifia qu’il n’avait pas crispé par mégarde son doigt sur la détente, lorsqu’une voix s’éleva à proximité, légèrement ennuyée.

« Non mais t’façon je t’assure, c’tait chiant ce qu’il avait à dire. » Alan braqua son arme dans la direction du nouvel arrivant, laissant glisser le cadavre. « Wow wow wow, baisse-moi ça ! C’est moi ! » Le breton reconnut la voix et laissa retomber son bras. « Crois-moi, j’ai d’jà écouté son baratin… alors quand j’ai entendu sa voix, j’ai pas pu m’retenir. Fallait qu’je l’bute. Viens, j't’offre à boire et j't’explique. »

-------

Alan jeta un coup d’œil furtif à l’homme tandis qu’il lui servait un verre de whisky. Lloyd Cotter, un chasseur irlandais, un peu plus moral que lui. Ils s’étaient déjà croisé quelques fois, et avaient même partagé certaines anecdotes de boulot autour de plusieurs verres. Ils burent quelques gorgées sans rien dire. Alan finit par rompre le silence.
« C’était qui ? »
« Des tarés de cultistes, qui vénèrent un dieu maléfique des forêts au nom imprononçable… T’as pas eu d'bol, j'les traquent depuis un moment, à un ou deux jours prêts t’aurais été tranquille. »
« Hmmm. »
« Par contre… c’tait quoi les trucs qui étaient avec toi ? Ils ont fait un joli massacre chez les fanatiques, mine de rien. »
« Des saloperies que je ramenais à leur propriétaire. »
« Ah. Dangereuses ? »
« Ne jamais, au grand jamais, les nourrir après minuit. T’en occupe pas, c’est mes affaires. »
Lloyd éclata de rire. « Noté. »
Nouveau silence.
« Et sinon… en parlant d’affaires ? Ça roule ? »
« La routine. J’ai récemment ramené 26 vierges à un vampire austro-hongrois, ça m’a rapporté assez de bifle pour m’offrir ma villa et mes trois femmes dans les Caraïbes… j’hésite à raccrocher. »
Lloyd rit de nouveau, un peu gêné, se demandant certainement jusqu’à quel point Alan plaisantait. Ce dernier se leva alors.
« Je te laisse, je peux pas m’éterniser. Et faut que j’arrive à redémarrer cette foutue bagnole. »
« Ouai… T’as une bonne assurance j’espère ? »
Le breton grimaça. « C’est toujours chiant à négocier, les notes de frais. »


Janvier 2015, campagne de Last End

Alan se gara au bord de la route, enfila ses gants et sortit, marchant en direction de la maison en ruine, autour de la quelle grouillait un certain nombre de flics et affiliés. Un agent à la mine patibulaire s’approcha de lui, lui faisant signe de la main de s’arrêter.
« Vous avez pas le droit de passer par ici. C’est bouclé. »
Le breton lui sortit sa carte anglaise d’enquêteur privé.
« On est du même côté. J’ai peut-être des infos qui pourraient vous aider. Donnant-donnant. »
Le type hésita.
« M’étonnerait. »
« Famille entière massacrée, baraque cramée de la cave au grenier ? Mutilations possibles, pas de traces exploitables ? Pas d’armes à feu ? »
Silence.
« Putain, ouai. Comment vous savez ça ? »
« J’ai vu un cas similaire en France. Laissez-moi en discuter avec votre supérieur ; je dirais que c’est vous qui m’avez aiguillé ici. »
« Deal. Venez. »

------

Mauvais deal pour la police locale en tout cas, qui s’en sortait avec de fausses informations à moitié vérifiables concernant un meurtrier français des années 90... mais Alan avait désormais ce qui l’intéressait : une photo du gamin de la famille.




♜ JOUEUR : Alors pour résumer rapidement, je m'appelle Guillaume, le pseudo sous lequel j'ai principalement traîné sur le net est Polandais, j'ai 26 ans, quelques passions, beaucoup de centres d'intérêts… et je me suis fait entrainé ici sur un mélange de « pourquoi pas » et de « hé mais c’est cool comme univers ! » :)


♜ JE RECONNAIS AVOIR PRIS CONNAISSANCE DU RÈGLEMENT ET M'ENGAGE A LE RESPECTER : Alan Denyel




Dim 6 Mar - 18:22
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Je n'aurai pas rêvé, ni sommeillé,
Mes actes ne seront plus qu'une idée,
Aucun souvenir ne traversera mon esprit.
Ne pas savoir est ma malédiction,
Regretter est ma rédemption.
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L'Altruiste
coucou Bienvenue Alan

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" parfois pour avancer il faut sortir de sa zone de confort et laisser son corps derrière"
- Meade Camille Alexander, 2016

Dim 6 Mar - 19:01
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Bienvenue à toi Wink Sympa d'avoir un second oublié !

Dim 6 Mar - 19:06
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Bienvenue, bienvenue ~

Dim 6 Mar - 19:18
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Merci ! ^^

Dim 6 Mar - 19:53
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Je te souhaite la bienvenue, chasseur ! Mais tu m'auras jamais !!!!

Dim 6 Mar - 19:55
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Ne jamais dire jamais, petit démon, surtout lorsque l'on a l'éternité devant soi Razz

Dim 6 Mar - 20:01
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Des nouvelles Alan ? ^^

Jeu 21 Avr - 17:02
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Je te relance une fois de plus, il serait vraiment bien que nous puissions avoir quelques nouvelles de toi maintenant ^^

Dim 8 Mai - 14:03
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Alan Denyel
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