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 Perdus [INTRIGUE]

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L'étrange sous la normalité : La Bête du Gévaudan
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Il fut parcouru d'un léger frisson à la grimpe de la frêle petite créature et tourna la tête par dessus son épaule pour lui offrir un sourire à l'ombre de ses babines retroussées. Les oreilles tournées vers l'arrière de sorte à témoigner de toute l'attention qu'il lui portait, sa fourrure gonfla à son collier fourni lorsque les doigts s’engouffrèrent dans son épaisseur. De ses yeux voilés de rouge, il suivit l’envol des créatures inodores avant de souffler par la truffe un mélange de désapprobation et de méfiance à leur égard. Il ne se cachait pas, gardant pour l'instant un très mauvais souvenir pour leur première rencontre. De plus, elles ressemblaient beaucoup trop à la chose qui avait semblé être la cause de la perte de ce royaume pour qu'il leur fasse pleinement confiance. Le pas tranquille, ses foulées étaient pourtant longues et il avalait la distance sans paraître le moins du monde fatigué. Son corps robuste pouvait prendre encore bien plus d'efforts et même s'il s'efforçait de ne pas paraître angoisser, une certaine tension persistait dans son corps. Les muscles puissants et noueux roulaient sous le corps de la petite créature, faisant ondoyer la fourrure ténébreuse à chacune de ses enjambées. Après un léger silence contemplatif, la voix rocailleuse du Druide s'éleva avec douceur :

« - Je tâcherai de vous aider concernant les plantations. La famille Macléod est connue pour être liée à la nature... je suis sûr que l'on trouvera une solution. »

Il était sincère, bien décidé à partager son savoir ainsi que mettre sa pierre à l'édifice. Il espérait pouvoir contribuer à la société qui survivait péniblement dans un environnement aussi stérile et sombre. Les oreilles droites et l'attention rivée sur son chemin, Imrinn levait parfois la truffe pour suivre l'ondoiement des petites orbes et ne pu s'empêcher d'avoir un léger aboiement admiratif et ravi.

« - L'on dirait mes Lumières de fées ! »

Le pas de l'immense Bête se fit plus léger alors que lui même créait des flammes rondes d'un vert irréel, littéralement féerique, poudrées d'étincelles d'or et de cuivre. D'un diamètre d'une dizaine de centimètres, elles s'élevèrent pour virevolter de concert avec celles de leur guide. Le loup souriait en révélant ses crocs, bomba le poitrail avec fierté et bonne humeur malgré le délicat de leur situation, l'inconnu angoissant de ce monde et les dangers qui rôdaient en dehors : dans les ombres impénétrables. Il ne pouvait simplement pas s'empêcher d'être soulagé de trouver une magie similaire à la sienne, ni même d'ignorer les efforts dont faisait preuve la petite princesse épuisée. Il avait suffisamment joué les grincheux à cause de Elis, il était inutile de continuer à creuser la mauvaise humeur. La suite cependant lui fit sensiblement coucher les oreilles et il laissa échapper un rire calme, au timbre profond et vibrant.

« - Non. Notre monde n'est pas l'Arcadie. Nous venons de la Terre ou Terra... peut-être la connaissez vous sous le nom de Midgard ou Mannheim ? Elle se fait aussi appeler Gaïa. »

Il se tut une seconde, puis continua d'une voix songeuse :

« - L'Arcadie est supposément un royaume magique. Un lieu où toutes créatures des mythologies grecques, romaines et d'autres contrées se réunissent pour profiter d'un repos éternel, savourant un immense buffet où il ne s'y dégustent que bonheur et volupté. Un royaume de partage, de richesse et de pardon.... Du moins, c'est ce que m'inspirait le début de nos visions. »

Il leva la truffe en direction des lumières qui crépitaient et papillonnaient autour d'eux, éclairant à quelques pas au devant de leur marche, coulant leur lueurs chaudes sur les parois rocheuses en trémolos essoufflés.Ses oreilles se couchèrent d'une déception amère et il gonfla les babines alors qu'un souffle faisait trembler ses larges épaules.

« - Je vois... Plutôt qu'un royaume de réjouissances, nous sommes davantage dans un Avalon ou … oui, le Sidh. Un Autre Monde, si vos mots sont dénués de mensonges, ce que je crois sincèrement : nous sommes des morts en sursis. Et bien, je n'aurais jamais cru que même les royaumes qui accueillaient les esprits connaîtraient eux aussi le Délitement des anciens dieux... »

Un autre soupir et il s'arrêta à la pression de sa jolie passagère. Se dressant de toute la hauteur de ses pattes, poitrail en avant et cou arqué de sorte en fourrer sa truffe dans le collier fourni de sa gorge, il darda ses yeux carmin dans cette poche d'obscurité qui leur faisait face. Respiration profonde et paisible, bien qu'il éprouvait une légère palpitation en son cœur à l'idée d'être mort ou proche de cet état définitif, Imrinn ne trembla pas alors que la créature reprenait la parole. Un nouvel espoir fut attisé en son noyau comme une braise encore fragile, mais bien présente. Ce mystérieux rituel, s'ils pouvaient le mener à terme alors ils avaient encore une chance de rentrer chez eux ! Enfin... il était surtout important de ramener la pauvre Elis dans le monde qui l'avait vu naître car elle possédait encore une famille et des amis, une vie toute entière à partager. Quant à lui, il se contenterait de sauver ce monde et d'y passer le restant de ses vieux jours. L'avertissement lugubre le tira hors de ses pensées mélancoliques et il tourna la tête pour fixer une fois de plus la petite créature avec un air légèrement dubitatif, puis soucieux alors qu'il regardait encore les ombres s'étendre. S'agissait-il d'un piège comme le mythe d'Orphée ? Ses tripes se nouèrent d'appréhension et alors qu'il allait pour s'engager sur le chemin désigné par sa cavalière, Imrinn fit une soudaine et violente embardée.

Des liens télékinétiques empêchèrent la petite nymphe d'être désarçonnée, mais la charge n'en avait pas l'objectif. Non : la Bête du Gévaudan fit une attaque surprise sur Elis ! Gueule ouverte dans un hurlement bestial et viscéral, babines retroussées et oreilles plaquées en arrière, elle bondit sur ses pattes arrières et déploya toute sa force inhumaine pour venir frapper la jeune sorcière d'un grand coup d'épaule. Il la jeta au sol avec tellement de violence et de brutalité qu'il réussi à l'assommer. Bouclier ou non, le choc fut soudain et impardonnable. Se tenant au dessus du corps inerte de la nordique, l'immense loup posa sur elle un regard parfaitement lucide et songeur. Il la renifla pour s'assurer qu'elle ait bien perdu connaissance, lui attrapa son vêtement pour le lui coincé sur la tête à la façon d'une cagoule improvisée -faisant peu foi de sa nudité partielle- puis une fois satisfait, il la hissa sur son dos pour la jeter sans plus de considération en travers de son dos, comme un sac à patates. Elle fut ainsi logée derrière la créature végétale, maintenue par d'autres liens invisibles de sorte à ne pas risquer de la perdre en cour de route.

« - Elle aurait forcément regardé en bas. »

Se contenta-t-il de dire pour toute explication à ce qu'il venait de se passer. Elis étant hors de propos, aveugle et tenue en place, Imrinn pu se remettre en marche. Le museau droit, il garda les yeux résolument levé au dessus de ses pas, laissant disparaître ses feux magiques pour ne pas risquer d'illuminer par mégarde le sol. La respiration un peu plus courte et profonde, il allongea sa marche jusqu'à trotter souplement et d'une foulée élastique confortable : sa constitution pouvait lui permettre de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres sans s'épuiser, même s'il préférait ne pas avoir à le faire avec une charge aussi instable que la sorcière nordique sur l'échine... Certainement serait-elle dangereuse à son réveil, mais hé ! Œil pour œil, dents pour dents...

Mer 7 Juin - 17:37
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Ils l'avaient laissée songeuse, tous les deux, avec leurs questionnements, leur commune curiosité, laquelle paraissait des plus sincères. Elle les écoutait, sage, pour une fois, tout en jouant à tâter la magie alentour. C'était difficile de ne pas avoir envie de sympathiser avec la jolie créature, Elis comprenait facilement l'engouement du loup. Sa propre nature, elle la sentait la pousser vers le même lâcher-prise, et l'envie de poser d'autres questions picotait ses lèvres et sa langue. La prudence disparaissait peu à peu. Ce qui tenait les lèvres de la petite Sihvonen closes se nommait désormais réflexion.

Elle voulait connaître ce monde. Elle voulait connaître l'existence qui pouvait s'y mener, et la nature du cataclysme qui s'y était produit. S'il était susceptible de se reproduire, remettre Beth'Moora sur pieds n'était pas une priorité. C'était d'autant plus vrai avec le peu de Gens qu'il restait… Ils devaient être en possibilité de prendre soin d'eux, s'épanouir et se multiplier à nouveau, pour un franc nouveau départ. Peut-être…
Il y avait également cette expression, au sujet du Sidh. Royaume Frère… Là s'arrêtaient les connaissances de la fille du Nord. Son intuition la poussait à croire que le Sidh et l'actuel royaume qui les accueillait étaient deux dimensions distinctes. Sa logique démentait néanmoins cette idée: si les voyages entre dimensions étaient connus de ces créatures, elles les auraient pratiqués plus tôt. Non, ce devaient être deux mondes distincts d'une même dimension, à la limite. Elis imaginait mal Beth'Moora et le Sidh séparés tout juste d'un peu de distance et d'une frontière, à l'image des royaumes humains.

Elle refusait également de croire à leur mort. Déjà, parce qu'elle était vouée au Valhalla, et pas à Beth'Moora ! Ensuite… Parce qu'il n'y avait pas de raison, en ce cas, pour qu'ils ne soient qu'eux-deux. Sa nouvelle et imprudente confiance envers leur guide la poussait à croire que leur arrivée avait été travaillée par la même main qui avait préparé le rituel de back-up. Comment, pourquoi… Elle voulait le savoir. Peut-être avait-il également eu d'autres plans, sans avoir le temps de les mettre en oeuvre. Ç'aurait été avec plaisir qu'Elis se serait penchée sur ses travaux… En espérant que la langue utilisée pour les rédiger n'impliquât pas un apprentissage de plusieurs siècles.

Elis s'était rapprochée du groupe, par nécessité autant que par instinct, devant les ténèbres environnants. La voix en elle qui lui permettait de survivre la poussa à lever les yeux vers le ciel, pour être sûre et certain que, même si les réflexes la poussaient à s'intéresser au sol, elle ait le temps de se retenir. Profitant du silence qui suivit 'avertissement, elle glissa un début de question:

"- Me serait-il possible de c…"

Elle n'eut pas le temps de finir. Le bruit de la course la figea, totalement, et il lui fallut ses meilleures ressources de self control tant pour ne pas regarder en sa direction que pour ne pas s'entourer de flammes protectrices. Elle le regretta bien vite. Le choc fut brutal, d'une violence que le fragile corps de la petite sorcière n'avait jamais dû connaître dans sa jeune vie. Son crâne heurta le sol, sa mémoire put tout juste se saisir du souvenir de cette vive douleur, et ces grondements auprès d'elle.
Puis ce fut le noir. Un vide hors du temps qui lui échapperait plus tard, alors que son corps n'était désormais plus que celui d'une poupée de chiffon, entre les mains d'une petite fille à la fourrure noire et, visiblement, à la rancune tenace !

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"Le patriarcat va pas se détruire tout seul" - Nora Edvardsen

Jeu 15 Juin - 18:23
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Perdus



La promesse du grand loup tira un triste sourire à la femme-feuille mais elle ne chercha pas à souiller cette marque d'altruisme d'un quelconque pessimisme, quant bien même elle doutait que ce serait suffisant pour venir à bout de la lente agonie de son peuple. L'ancien druide aurait le temps du monde pour découvrir l'étendue de la catastrophe qui frappait les terres de son royaume… Mais encore fallait-il qu'elle parvienne à les mener jusqu'à leur petit camp retranché, ou tout cela n'aurait servit à rien. Il y avait bien autre chose dont elle pouvait l'entretenir, lui et la jeune humaine, alors elle ne chercha pas à entretenir la tension latente à la situation, trouvant un exutoire à sa propre curiosité à leur contact. « Terra... » répéta-t-elle comme pour savourer la sonorité que le nom portait, la magie qu'il renfermait. « Oui, Terra m'est connu je crois, mon père me contait nombre de légendes à son sujet, et au sujet des créatures qu'elle abritait...C'est le monde d'origine des humains, n'est-ce pas ? » Oui, il lui restait encore des bribes de ces légendes, de ces contes pour enfant que le souverain lui chuchotait le soir, lorsqu'il la bordait dans sa couche. Il y avait des contes dorés et des contes sombres, des figures brillantes et d'autres effrayantes… Pourtant, c'était la seule chose qui faisait réellement sens dans les explications du grand loup, car le reste lui était obscur, jetant parallèlement de la lumière sur le gouffre qui les séparait. Quoi que Terra puisse recelait, cela semblait aller bien au-delà de ce que son père lui-même avait pu savoir. Elle aurait tant voulue pouvoir les interroger tous deux librement. Elle aurait tant voulue que son père soit encore là pour le pouvoir également. Son cœur se serra un instant et elle contraignit sa peine à s'apaiser, l'enfouissant profondément en elle, là où elle ne viendrait pas influencer son devoir à l'égard des deux étrangers.

« Je comprend… Fut un temps, notre royaume était une terre de richesse et de vie également… C'est un temps que j'aspire à retrouver » Oui, elle l'aurait voulu, mais tout le monde souhaitait des choses impossibles. Elle gardait son souhait en son sein, comme un trésor particulier qui lui prouvait que tout espoir n'avait pas encore déserté les siens. « Ce n'est pas un royaume de mort, pas plus que le Sidh ne l'est réellement. C'est… Un berceau, du moins est-ce ainsi que mon père appelait nos royaumes jumeaux. Auparavant, la mort n'existait même pas ici, et puis… elle est arrivée… un jour… avec les créatures que vous avez vu dans nos souvenirs... » Elle fronça les sourcils « Qu'entendez-vous par délitement ? » Mais ils n'eurent pas le temps d'en discuter, ils arrivaient à une étape de leur cheminement et elle se devait de faire très attention, bien trop pour discuter aussi librement bien qu'elle continua de donner des indications, tant qu'elle le pouvait. Il ne fallait surtout pas qu'ils regarda leurs pieds, car la couche de ténèbres n'était pas assez importante pour cacher ce qui s'y trouvait et elle n'avait pas envie qu'ils voient cela. Guettant la question qui aurait pu tomber, elle se trouva surprise qu'il ne l'interroge pas, et encore davantage de la soudaine embardée qu'il fit et qui lui arracha un bruissement de frayeur, ses petites mains agrippant aussi fermement qu'elles le pouvaient aux longs poils de la bête. Ouvrant grands ses yeux profonds, elle contempla la jeune humaine que l'on installait près d'elle et s'assura un instant qu'elle n'eut rien de cassé, l'approchant d'elle pour pouvoir la tenir au cas où… « Je vois... » Elle le croyait sur parole, se doutant qu'il connaissait l'humaine mieux qu'elle, et se contenta de le guider pour descendre le mamelon afin de pénétrer plus loin dans les terres enclavées.

Sous les pas du grand loup, quelque chose se rompait avec régularité, comme des branches mortes, craquant dans le silence des lieux. Parfois, c'était des tas entiers de choses sèches et indistinctes que le loup pouvait sentir se briser sous ses pattes avant de trouver un sol de plus en plus meuble, comme si quelque chose l'avait retourné avec beaucoup de zèle et pendant très longtemps. La délicate créature avait fermé les yeux, n'ayant pas besoin de sa vision pour se repérer et lui donner, à mi-voix, les indications nécessaires à la poursuite de leur voyage. L'histoire qu'elle contait leur offrir devrait attendre que l'humaine se réveille mais ce n'était guère un problème après tout, au moins étaient-ils pleinement concentrés. Après un trajet d'une vingtaine de minutes à trot de loup, ils s'engouffrèrent sous la voûte d'une foret figée et morte depuis longtemps, immobile et silencieuse. Les troncs étaient gris, pierreux, ou marbrés, et leurs branches hauts ressemblaient à autant de bras qui se tordaient de souffrance et de désespoir, leurs extrémités des mains décharnées qui se tendaient en une ultime supplique vers un ciel de plomb. Ils tournèrent près d'un ruisseau et bientôt, une lueur ambrée apparue dans le lointain, formant progressivement les contours d'un petit campement de fortune aux abords d'une vaste pleine herbeuse et accolé à un petit lac. La créature végétale incita Imrinn à ralentir puis à s'arrêter près d'un petit autel central, une racine de chêne encore vivante qui s'enroulait sur une sphère transparente parcourue de mouvances dorées et qui pulsait de la lueur qui éclairait tout le campement. Un liquide semblait contenu à l'intérieur, en faible quantité, juste assez pour pouvoir les entourer d'un halo de lumière douce.

Les créatures ne se montraient pas encore, mais le trio était épié depuis les nombreuses cachettes des petites habitations de bois et de terre. Leur guide se laissa glisser au sol une fois libérée de la magie du druide et atterrit sans un bruit, s’accroupissant un instant avant de se relever lestement et de trottiner, le pied léger, pour aller décrocher un panier contenant des fruits aux couleurs vives et aux formes inconnues, venant le présenter aux pattes du grand loup avant de s'enquérir de décrocher la jeune humaine pour l'installer sur un lit de feuilles moelleuses. « Elle pourra se réveiller à son aise, ainsi » Elle lui prépara un broc d'eau qu'elle déposa près d'elle, puis vint s'approcher de l'ancien druide, ses yeux doux l'observant avec de la curiosité et aussi un peu de peine. « Voulez-vous prendre vos aises ? Ici, vous ne risquez rien pour le moment, et vous pourrez vous reposer pendant que nous parlerons… Je vous dois une histoire, n'est-ce pas ? » Elle eut un léger sourire puis s'installa elle-même sur le sol en tailleur, à même la terre sans que cela ne semble la gêner. Prenant un peu de la terre meuble, elle se mit à construire une petite sculpture de ses doigts délicats, pour s'occuper, semblait-il, pendant qu'elle parlait. « Ce qui a causé tout ce que vous avez pu voir, et qui a incité mon père à nouer le rituel que vous portez sur vos dos comme moi… et bien, ce sont trois créatures, trois monstres. Nous ne savons pas bien d'où ils viennent et ce qu'ils sont profondément, mais nous savons ce qu'ils ont fait… Les Gens les nomment les Karmanals… Ils ressemblent aux maigres bêtes de la nuit, les entités qui m'accompagnaient quand je vous ai trouvé »




Jeu 22 Juin - 23:07
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L'étrange sous la normalité : La Bête du Gévaudan
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Aux premiers craquements, les foulées de la Bête s'allongèrent instinctivement comme si elles cherchaient à fuir le son sinistre des craquements. Son souffle ne se fit pas plus rapide, ni plus lourd alors que ses muscles roulaient sous la fourrure avec la tension palpable d'un malaise grandissant. Chaque rupture venait tirer un pincement en son cœur, craignant de reconnaître leur origine, Imrinn fut d'autant plus farouche à ne pas baisser le museau sur le dallage macabre qu'il parcourait. Les oreilles plaquées en arrière, toute son attention était focalisée sur la voix frêle et douce de la petite créature végétale, l'aidant ainsi à garder ses résolutions intactes. Lorsque finalement ses pattes foulèrent autre chose que la mort figée par le temps, l'immense loup vint à ralentir sa trotte et redressa autant les oreilles que le museau pour contempler la forêt qui s'ouvrait à eux.

Un frisson coula le long de son échine et ses poils se hérissèrent à cette vision des plus poignantes. Qu'il soit un ancien druide ainsi qu'un ex-mage de nature, qu'il soit piégé dans ce corps monstrueux et coupé de la majorité de ses pouvoirs, il restait toujours profondément ancré en ses traditions celtiques et une telle vision ne pouvait le laisser intact. Il sentit sa gorge se serrer au besoin impérieux qu'il lui vint de hurler à ce ciel de plombs toute la mélancolie et la tristesse que ce monde à l'agonie lui faisait sentir. Il eut l'envie de creuser jusqu'au cœur de ce Royaume pour le baigner dans son essence, pour lui déposer son noyau s'il le fallait afin que de nouveau ces arbres puissent bourgeonner. Serrant les mâchoires, la Bête reprit sa marche silencieuse avec dans ses yeux voilés de pourpre, l'humidité de quelques larmes contenues.

Fort heureusement, la forêt calcifiée laissa place à une vision d'espoir bienvenu. Ralentissant son pas, Imrinn scruta le campement et s'arrêta finalement près d'un étrange artefact lumineux qu'il ne pu s'empêcher de renifler au passage. Dénouant les liens télékinétiques, il aida à allonger Elis sur son matelas de feuillages et vint ensuite humer les parfums délicats des fruits qu'on lui présentait. Un sourire retroussa ses babines puis, après avoir demandé s'il pouvait se désaltérer dans le petit lac, il s'approcha de son bord. Avec une inspection minutieuse de ses eaux, de sa vase et des plantes aquatiques bordant le lit boueux, le loup s'autorisa enfin à boire quelques grandes lampées d'eau fraîche. Peu désireux d'avaler par inadvertance une petite nymphe comme celles croisées dans la vasque, il gardait les yeux ouverts et observait entre chaque gorgée les remous pour être sûr de ne pas avoir délogé par inadvertance une créature quelconque.

Une fois rassasié, il retourna auprès de la petite fille et s'allongea face à elle avec un long soupir d'aise à pouvoir détendre son corps. Non pas qu'il éprouvait une quelconque fatigue, sa venue en Bethmoora l'avait singulièrement revigoré et son endurance était à peine écorchée par tout ce qu'ils venaient de vivre. Non, il s'agissait davantage de la tension lacée à ses muscles, une contraction qui ne l'avait jamais quitté depuis son réveil et qui n'avait eut de cesse de s'amplifier jusqu'à maintenant. Tendant la truffe, il loucha sur les fruits et vint prendre le premier qui lui tombait sous les crocs, ne voulant pas baver ou risquer d'endommager le reste du panier et de son contenu en faisant la fine bouche.

« - Merci pour votre hospitalité. »

Il ne pouvait ignorer les efforts de la jeune créature, ni sa générosité à venir ainsi partager une denrée qui semblait aussi rare que précieuse. Ses yeux carmin scrutèrent les alentours et ses oreilles pivotèrent aux bruits infimes qu'il pouvait entendre. Sa truffe sombre et humide s'agita de gauche et de droite, captant dans la brise des odeurs inconnues. Il remua un peu de la queue, essayant de paraître le moins intimidant possible pour toutes les paires d’œils qu'il pouvait sentir se river à lui depuis qu'ils avaient quitté le frondaison des arbres morts.

Coinçant le fruit entre ses pattes antérieures, il prit soin de le déguster par petites bouchées, rompant la fibre de ses dents en essayant de ne pas s'en mettre partout. Ses yeux faisaient le lien entre la petite princesse et sa nourriture, montrant qu'il suivait avec grande attention son discours, mais incapable d'ignorer son repas qui glissait entre ses coussinets poisseux de son jus. Perdant patience, Imrinn finit par gober le fruit et l'avala tout rond avant de commencer à lécher sa fourrure pour la nettoyer. Son expression s'était assombrie et s'il ne reconnaissait pas le nom des monstres qui avaient détruits cet endroit, il était certain que jamais il ne les laisserait poursuivre leur destruction.

« - Tant qu'il me restera un souffle de vie, je vous promets d'éradiquer la menace qui pèse sur votre Royaume. Vous avez ma parole. »

La résolution dans sa voix ne vint pas à fléchir et il posa sur son hôte un regard lourd et mortellement sérieux. Éduqué dans l'ancien temps où seule la parole comptait chez un homme, Imrinn pesait chacun de ses mots en faisant cette promesse. Après ce qu'il venait de voir, de ressentir... il ne pouvait plus partir en ignorant le mal qui rongeait Bethmoora. Après un silence à pondérer ce qu'il se présentait dorénavant à lui, le loup observa la silhouette allongée de la jeune sorcière et se dit qu'elle méritait bien de rentrer chez elle, sur Terre. Lui... il pouvait bien rester, rien ne l'attendait réellement là-bas. Il se leva, s'étira en baillant puis vint s'allonger autour de la petite princesse, l'entourant de sa masse en veillant à ne pas la bousculer, ni à l'effrayer avec des mouvements brusques. Installé, il vint lui chatouiller la joue de sa queue touffue avant de poser la tête près de ses cuisses, l'observant par en dessous avec bienveillance.

« - J'ai bien des questions à vous poser et j'aimerai les citer maintenant dans le désordre. S'il vous plaît, ne vous sentez pas obligée d'y répondre immédiatement ou même plus tard. Je souhaite simplement épancher mes pensées. Me permettez-vous ? »

Il attendit l'autorisation et lorsqu'elle lui fut accordée, il laissa donc couler le flot de ses interrogations.

« - Ce que nous avons traversé dans l'obscurité, s'agissait-il du charnier de vos guerriers tombés lors de la guerre contre les Karmanals ? Si ces créatures ressemblent tellement à celles qui vous escortent, existe-t-il ainsi un quelconque lien et si c'est le cas, ne risquez-vous pas qu'elles se retournent contre vous à un moment ou un autre ? »

Il marqua une légère pause avant de reprendre.

« - Lorsque vos familiers nous ont attrapé tantôt, nous étions sur une corniche avec une vasque lumineuse et quelques étranges créatures aquatiques à l'intérieur qui semblaient quémander de l'aide. Ne pouvons-nous pas les apporter jusqu'ici pour leur sécurité ? De quoi s'agissait-il et me serait-il possible d'y retourner ? Que sont devenus les deux autres humains qui m'accompagnaient ? »

Imrinn redressa le museau pour se gratter le dessus d'un patte avec ses dents, peignant ensuite la fourrure hirsute d'un grand coup de langue.

« - Cette source de lumière là, son « réservoir » semble presque vide. Ce havre disparaîtra-t-il s'il venait à se vider totalement ? Que contient-il ? Comment le ré-remplir, car s'il existe un moyen j'aimerai aider. »

Il se tut et soupira avant de secouer la tête pour signifier qu'il en avait terminé, du moins pour l'instant, avec toutes ses questions. Il tourna la tête en direction d'Elis et dressa les oreilles pour écouter le rythme de son souffle, guettant son réveil avec une légère appréhension.

« - Lorsqu'elle commencera à revenir de son inconscience, il vaudrait mieux que j'aille faire une patrouille autour du lac... Cette enfant est une sorcière extrêmement puissante, mais d'une nature assez capricieuse. Je ne pense pas qu'elle vous fera le moindre mal, alimentez sa curiosité et vous devriez pouvoir l'apprivoiser aisément... »

Sam 1 Juil - 17:54
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La délicatesse avec laquelle le grand loup vint prendre le végétal la fit sourire, et elle hocha simplement la tête pour agréer ses remerciements. Elle ne fit rien pour empêcher sa curiosité, semblant davantage s'amuser de le voir chercher les présences alentours, nombreuses, qui se rapprochaient pour pouvoir observer les étrangers. Elle sentait la curiosité de son peuple et appréciait que la créature face à elle fasse des efforts pour le mettre à l'aise. Puis, tandis qu'il mangeait, elle reprit son discourt, dévoilant lentement l'histoire de leur monde… Une expression fugace d'attendrissement passa sur les traits délicats, en voyant le loup gober son repas d'un seul coup, mais elle retrouva bien vite sa gravité et le soupesa longuement du regard, suite à sa promesse, saluant en silence son courage et son altruisme, mais ne trouvant pas les mots, sur l'instant, pour lui expliquer à quel point une telle promesse le condamnait. Ou bien… ne le ferait-elle pas ? Le doute fit jour dans son esprit, et elle se mordilla doucement la lèvre inférieur sans le quitter des yeux. Avec un soupire, sa main délicate vint se poser sur les longs poils, le laissant s'installer autours d'elle comme une forteresse de muscles et de magie. Elle se fendit d'un sourire passager en chassant à gestes doux la longue queue et vint à lui tresser le poil de ses doigts agiles. Oui, la magie était toujours présente, elle palpitait dans l'air, puissante, pesante, entêtante, comme un lourd parfum d'encens, sans pour autant porter la moindre fragrance… Sa chape ne ressemblait à rien de ce qui se trouvait sur terre, elle était si dense qu'elle pouvait presque être vue dans l'air ambiant.

« Bien sûr... »

Elle pencha la tête doucement, écoutant avec une infinie patience, en continuant d'orner sa fourrure dense. Son visage frêle marquait différentes expression tout du long, parfois la tristesse, parfois le regret, parfois la tendresse, parfois la lassitude ou l'affection. Puis lorsqu'il eut terminé, elle se fendit d'un sourire pour lui et soupira doucement. D'un claquement de doigt, elle en appela à ce qui pulsait lentement dans l'air, et les tresses dans les poils du grand loup s'illuminèrent, ornées de toutes petites racines et de minuscules fleurs fantomatiques qui clignotaient par instant d'un halo crème et argenté.

« J'entends vos mots, je tâcherai de l'apaiser »

Elle ne désirait pas voir ses deux invités se disputer, surtout pas ici, dans ce dernier havre. En cela, elle espérait que l'humaine se montrerait de bonne composition, et ferait preuve de sagesse. Si elle était si puissante, la princesse ne doutait nullement qu'elle fut dotée de cette sagesse nécessaire et qu'elle comprendrait alors le besoin de ne pas alimenter une quelconque tension. Couvant l'humaine de son regard doux, leur hôte se rassembla sur elle même, semblant minuscule une fois enroulée ainsi. La joue posée sur le genoux, elle laissa le silence imprégner un moment les lieux, considérant les questions, puis décidant d'y répondre, elle se redressa légèrement, sa longue chevelure bruissante comme un tapis de feuilles.

« Il n'y a pas eut de guerre contre les Karmanals. Nous n'avons pas pu nous défendre, nous n'en avons eut ni le temps ni les moyens… »

Un soupire lui secoua le corps tandis qu'elle fronçait doucement les sourcils, les traits troublés par le mécontentement. Les souvenirs de ces terribles instants semblèrent la rendre pâle, terne, comme une forêt après un incendie, sa chevelure prenant un instant des teintes grises, cendreuses… Non, il n'y avait pas eut de guerre avec les créatures de la mort, elles étaient venues, elles avaient chevauché au travers de leur royaume, détruisant tout sur leur passage. Leur peuple n'était pas pacifique, mais leur façon de se battre n'avait rien à voir et ils vivaient un temps de paix depuis longtemps… Au prix d'un réel effort, elle sembla sortir de son état d'hébétude et reprit douloureusement.

« Vos compagnons… oui, vos compagnons… Ils ont été prit en chasse par les Karmanals et se sont perdus dans l'ombre. Les maigres bêtes ont tenté de changer de cap, mais il était trop tard… »

Sans doute en réponse au trouble qui agitait la princesse, une minuscule créature semblant faite de terre et de petites pierres vint fureter entre les pattes du loup, puis grimpa dans le giron de l'entité végétale. Elle ressemblait à une petite fée, jusqu'au torse, et se terminait par un antérieur de serpent. Sa silhouette était gauchement dégrossie, comme l'ébauche d'une sculpture, les traits encore bruts, les jointures noueuses et des ailes atrophiées battant faiblement sur le dos. Son crâne chauve était orné d'éclats de pierre et ses yeux étaient lisses et ronds, sans pupille ni iris, d'une couleur de marbre. Elle se roula contre le corps de la princesse et la caressa de ses petits bras, en produisant un vague murmure, comme des pierres coulant lentement au fond d'une ravine. L'entité la protégea d'une main, souriant faiblement, et consentit à poursuivre.

« Vous pourrez retourner là-bas si vous le souhaitez… les esprits de la vasque indiquent l'une des antiques entrées de notre royaume, elles sont scellées à l'intérieur de leur recueil. J'aurai aimé leur permettre de rejoindre notre retraite mais ce n'est, hélas, pas possible... »

La petite créature venue à leur rencontre vint se percher sur l'épaule de la princesse et, de sous les boucles végétales, mirant le loup de ses grands yeux, produisant un petit chant rocailleux et marqué par la curiosité.

« Quant au calice, oui… il nous protège et repousse les Karmanals et ce qu'ils apportent. Sans lui, ce havre serait menacé à son tour mais ce qu'il contient… »

Un soupire la traversa à nouveau.

« C'est l'essence de notre dernier arbre de vie. Lorsque la lumière s'éteindra, alors il n'y en aura plus du tout. Ceux qu'ils n'ont pas détruit, nous les avons épuisés. Nous n'avons plus que deux alternatives… que le rituel de mon père se réalise, ou que les portes de notre royaume s'ouvrent de nouveau pour nous permettre de fuir… »




Mer 5 Juil - 20:52
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L'étrange sous la normalité : La Bête du Gévaudan
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Il la regarda faire, museau posé à la jonction de ses pattes croisées. Ses yeux voilés de rouge suivaient avec tendresse l'agilité des petites mains qui fourrageaient dans la dense fourrure sombre, peignant puis tressant les poils inlassablement. Un sourire doux étira ses babines alors qu'il tournait légèrement les oreilles vers l'arrière en une mimique attendrie. Il ne savait si la petite créature jouait le charme de l'innocence ou s'il s'agissait de sa réelle nature, mais il se sentait à chaque minute passée en sa compagnie, de plus en plus lié à son sort et concerné par sa sauvegarde. Par instant, le tiraillement dans son sous-poil venait à faire tressaillir sa peau de quelques frissons nerveux, agitant sa haute silhouette et lui arrachant parfois un vague grondement appréciateur quand les doigts agiles grattaient involontairement une zone sensible.

Alors que l'une de ses pattes arrières menaçait de s'agiter de soubresauts, comme s'il désirait se gratter inconsciemment de plaisir, la princesse cessa la séance de coiffure pour orner toutes ses tresses de quelques petites lumières et décorations végétales. Oreilles redressées avec surprise, il leva la tête pour venir humer délicatement les fleurs puis remercia d'une voix profonde et sincère l'attention dont il venait d'être l'heureuse victime. Sa queue remua en conséquence de ses émotions et il pressa sa truffe froide et humide contre l'épaule de la fillette en un geste affectueux avant qu'il ne l'écoute lui annoncer une bien triste nouvelle. La gravité de cette annonce lui fit perdre son sourire et il tourna la tête en direction de la forêt de cendre avec un léger froncement de la truffe.

Son cœur se pinça à l'idée d'avoir perdu deux êtres humains à l'autel de monstres affamés et visiblement d'essence néfaste, mais il n'eut pas réellement le temps de porter un quelconque deuil que l'état de la princesse vint l'alerter. Aussitôt il baissa le museau en sa direction et lui coula un regard qu'il espérait inquiet sous le voile de sa malédiction. Il aurait aimé posséder des bras pour pouvoir la serrer contre lui et alors qu'il envisageait de passer sa tête en travers du petit torse pour venir la blottir contre son flanc, un bruit d'éboulement de gravillons lacé au bruissement de quelques feuilles mortes lui fit dresser les oreilles. A sa plus grande surprise, une étrange petite fée approchait sans plus aucune peur pour sa haute et sinistre carcasse. Veillant à ne pas broncher d'un poil pour éviter de lui faire peur, il l'observa grimper dans le giron de la princesse pour essayer de la réconforter.

« - Si le voyage est trop dangereux, je ne risquerai pas la sécurité de vos maigres bêtes. Dans le cas contraire, j'apprécierai les visiter et les rassurer. Elles semblaient... terrifiées, mais aussi avides d'entrer en contact avec nous. Leur donner de vos nouvelles, par quelques moyens que ce soit, serait aussi une bonne chose. »

Il sembla songeur un instant puis raconta ce qui le tracassait à propose de la vasque et de ce qu'il s'était passé juste avant que les créatures au service de leur hôte ne viennent les attraper. Imrinn raconta l'étrange pulsation au sol, le charme d'attrait qu'avait ressenti l'humaine et la réaction à son contact de la vasque. Lorsqu'il eut terminé, il pencha la tête sur le côté et dressa les oreilles en une mimique d'interrogation canine.

« - Savez-vous ce qui a bien pu se passer ? L'amorce de l'ouverture de cette antique porte peut-être ? Ou est-ce ainsi que vous nous avez détectés en Bethmoora ? »

Encore tellement de questions ! Il soupira dans un léger gloussement et s'excusa pour sa curiosité insatiable. Attiré par le roucoulement rocailleux, il tendit sa truffe vers les boucles végétales qui servaient de refuge à la minuscule dryade et souffla un peu dans sa direction avant de tourner le museau pour lui permettre de grimper dessus si jamais elle s'en sentait le courage. Louchant un peu pour garder un contact visuel avec la princesse, il répondit d'une voix basse pour ne pas alerter la créature :

« - Concernant le Calice, je vois que notre temps est alors compté... J'aimerai visiter cet arbre, voir ce que je peux faire et s'il n'y a aucun moyen de le restaurer, alors nous devons absolument effectuer le rituel de votre père et, si jamais nous échouons, alors nous vous trouverons une issue qui vous conduira jusque sur Gaïa. Là-bas, je connais un refuge qui saura accueillir votre peuple, un sanctuaire dirigé par les descendant de mon Clan et qui sont liés autant à la nature qu'aux traditions celtiques. »

Une agitation derrière lui vint à faire coucher ses oreilles pour mieux l'écouter. Avec un geste lent pour ne pas risquer d'apeurer les créatures, il jeta un coup d’œil par dessus son échine et remarqua la fine silhouette d'Elis qui bougeait sur son matelas végétal. Fronçant des babines comme de la truffe, visiblement réprobateur sur l’imminence du réveil de la petite sorcière, Imrinn se leva et s'étira avant de venir fourrager la truffe sur le sommet de la chevelure feuillue de la princesse en un « baiser » affectueux, puis la contourna et s'éloigna vers le Calice qu'il observa de longues secondes avant de poursuivre sa marche sur les berges du petit lac.

Il s'y désaltéra encore, remplissant son estomac pour calmer toute pointe d'appétit pour les prochaines heures et s'en alla donc fureter ici et là pour essayer de trouver une harmonie familière avec la terre, la nature environnante. Il laissa sa propre magie créer un halo autour de lui, plongeant dans l'herbe depuis ses pattes et former un réseau de racines délicates, de vert et de jade pulsant. Oreilles dressées, elles tournaient en tout sens pour capter le moindre bruit, l'identifier et l'écarter s'il ne représentait aucune menace. Trottant d'une foulée ample, mais détendue, il s'arrêta de l'autre côté du lac pour observer Elis se relever. Noir sur noir, la Bête du Gévaudan ne se voyait que par le vague halo des ornementations dans sa fourrure et, parfois, le reflet carmin de ses yeux.

Lun 10 Juil - 17:45
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Son matelas était un peu étrange, mais pas inconfortable. Elis se retourna, espérant s'y prélasser plus longuement, regrettant d'avoir quitté cette contrée onirique où le corps n'avait pas besoin de forces, où la nourriture n'avait de but que le plaisir des sens. Bien vite, elle sut que cela n'allait pas être possible. Ses perceptions étaient revenues. Son crâne était douloureux, ainsi que les parties de son corps qui avaient heurté le sol. Son ventre lui paraissait creux, sa bouche pâteuse. Seule la sensation douillette du matelas de feuilles lui apportait quelque confort.
Feuilles ? Mais, son matelas habituel n'était pas fait de feuilles ! Il était fait d'une matière étrange, synthétique, élevée au sein de l'Endroit. Les souvenirs revinrent d'un coup à la jeune sorcière: la vasque, les silhouettes filiformes, Imrinn lui fonçant dessus… Par Loki ! À tous les coups, le loup avait été possédé par une entité X ou Y, et les créatures de Beth'Moora avaient sauvé l'enfant du Nord ! D'ailleurs, n'avaient-ils pas un rituel à accomplir ? Ohlala, sans Imrinn, ça allait être compliqué !

Brusquement, la fille d'Austar se redressa, sur le qui-vive, le coeur battant à l'idée que sa vie soit, également, potentiellement, en danger. L'environnement autour d'elle, elle ne le connaissait ni ne le reconnaissait. Ce n'était pas pour la rassurer. Hâtivement, Elis chercha son compagnon à poils longs du regard, sans le trouver. Cela acheva de la faire paniquer. Si Loki n'était plus là, elle avait toujours eu ce grand loup, cet enfant de l'autre monde, pour la guider. Là, elle était beaucoup trop seule à son goût. Oh, ce n'était pas qu'elle manquât de confiance en ses propres capacités… Mais elle avait également une grande confiance envers la capacité de ce sanctuaire à faire disparaitre les gens. Elle était trop jeune pour disparaitre.

Par chance, elle perçut leur petite guide. Son esprit s'y accrocha, la nommant officiellement "ultime point d'accroche en ce monde de brutes". Même la créature reptilienne près d'elle ne parvint pas à faire flancher cette idée. Elis se rapprocha d'elle sans hésiter.

"- Où est Imrinn ? Le grand loup ? Que lui est-il arrivé ? Qu s'est-il passé ? Où sommes-nous ?" Les ongles d'une de ses mains rejoignirent ses terribles crocs d'humaine. "Ohlala… Ca va être compliqué, à deux, pour le rituel… Peut-être que votre père avait éventuellement prévu. Si je puis consulter ses trav…" Travaux. Le mot était travaux. Mais comme Elis ne cessait de chercher autour d'elle quelque indice, aide, où autre élément qui puisse aider à sa compréhension ou à son appréhension de sa situation, l'éclat carmin lui était parvenu. Elle le fixa. Oui-oui, c'étaient bien là les yeux brillants et maudits d'Imrinn. Il… Se cachait ? Ou était retenu au loin ? Sans connaitre ses raisons, les sentiments d'Elis ne savaient où se fixer. Le cachotier ! Il lui avait fait si peur ! Elle commençait tout juste à se sentir un peu mieux, respirer plus lentement. Ce vieux fou n'était pas perdu. À ce soulagement se mêlait un peu de rancoeur, comme si une partie d'Elis restait persuadée qu'il avait tout agencé de sorte à pouvoir se rire d'elle. Et croyait-il vraiment qu'ils avaient le temps de jouer ? Quel immature, ce loup !

"- … Oh, Imrinn. Je lui ai fait peur ?" Demanda-t-elle, en sachant très bien que la réponse serait autre. "Grand gamin ! Ramène ton fessier poilu ici, on a des Gens à sauver !" Elle feignait le reproche. Elis était encore assez grande, assez sage et mature, pour savoir qu'ils avaient bien plus important à s'occuper, dans l'immédat. Ils avaient notamment un rituel sur le feu, et elle voulait l'exécuter le plus tôt possible. "Qu'attendons-nous ?" Demanda-t-elle, un ton plus bas et plus posé, à la créature qui les avait guidés.

_________________
"Le patriarcat va pas se détruire tout seul" - Nora Edvardsen

Mar 18 Juil - 15:59
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