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 Perdus [INTRIGUE]

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Perdus



Contexte

Le bruissement des feuilles vous berce un long moment, accompagnant votre sommeil comme le chant d'une mère aimante, le son rassurant s'éloignant peu à peu, sans hâte aucune, s'étiolant dans l'océan de votre inconscient jusqu'à s'y noyer, s'y dissoudre sans vous affoler. Et lorsque l'ultime froufrou s'efface enfin débute vos éveils à cette nouvelle réalité. Dès que vos yeux s'ouvrent, vous vous sentez alertes et même bien davantage, plein de vigueurs, vos blessures disparues et vos peines effacées. Un seul d'entre vous n'est pas tout à fait gracié, Imrinn na pas échappé à la malédiction que Pryam lui a lancé, sa vision teinte du carmin des trépassés. Vos consciences affûtées se remplissent certainement de questions pourtant bien vite étouffées devant la surprise que votre entourage ne peut que provoquer. Plus de Siège, de Cénacle, plus de morts et de glace, non, plus rien de tout cela, car en lieu et place du sinistre tableau que vous avez laissé quelque part, sans savoir où, il n'y a que l'obscurité. Ou… pas tout à fait. Un fragment d'espace semble éclairé, celui près duquel vous vous tenez. Car vous n'êtes pas seuls, et c'est bien vite que vous vous en apercevez. D'autres silhouettes se dessine à vos côtés : Seth, Imrinn, Aslaag, Elis. Vous prenez lentement conscience de votre proximité, sans qu'elle ne vous permettre de déchiffrer l'énigme de votre lieu de repos.

La lueur qui vous permet de mutuellement vous jauger provient d'une vasque de pierre, en forme de large feuille sculptée, aux bords rongés par le temps, en partie ébréchée, et envahit d'un lierre aux reflets argentés dont le corps cours le long de la falaise à votre droite, et rampe le long de la parois rocheuse plongeant à votre gauche vers une abysse en contre-bas, aux contours impossibles à discerner. Lorsqu'un vent de passage vient vous accueillir, caressant vos peaux, cheveux, fourrures, la végétation bruisse de nouveau, comme un chant évanescent. Un impalpable dextre balaye sensiblement la plate-forme rocheuse, semi circulaire, qui vous supporte et la lueur vacille lorsque l'eau se ride d'une onde paresseuse. La lueur alors ondoie, semblant danser, avant de se calmer, et le jeu de la luminescence dans l'air alentours instille en vous cette sensation d'immensité par les ténèbres dissimulée. Quoi que soit ce lieu, il est loin du chaos provoqué par le Réanimateur. Et vous de même…

Informations HRP


Vos personnages ont disparu du Siège brutalement et sont tombés dans un profond sommeil. Ils se réveillent dans un lieu inconnu et ne savent pas comment ils sont arrivés là, ni d'ailleurs où et ce qu'est ce 'là' exactement....
Cette intrigue se fera avec accompagnement du MJ, qui postera entre chacun de vos tours et pourra intervenir également ponctuellement pendant ceci, si le besoin s'en fait sentir.

Objectifs principaux


Ils vous sont encore inconnus, leur apparition dépendra de vos décisions, c'est vous qui avez la main !

Tour de jeu


- Imrinn
- Elis
- Aslaag
- Seth



Lun 23 Jan - 23:02
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L'étrange sous la normalité : La Bête du Gévaudan
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Les oreilles de la créature frémirent une première fois, intriguées par le bruissement du feuillage qu'elles percevaient et ce, même dans le brouillard de son inconscience. En réponse, ses pattes remuèrent en spasmes nerveux avant que de bas grondements n'échappent à ses babines et ne viennent faire trembler ses vibrisses. Rêvait-il de courir dans les Highlands de son enfance ou fuyait-il le courroux du Patriarche Earl, lui-même fut incapable de le dire lorsqu'il s'éveilla d'un sursaut paniqué. Oubliés ses songes, disparus ses cauchemars, il n'y avait que l'obscurité et le silence. Paupières écarquillées, allongé en position du sphinx, l'immense loup resta parfaitement immobile alors qu'il rassemblait ses pensées, qu'il étouffait sa panique et surtout ; qu'il ravalait les instincts de la Bête. Vint ensuite le souvenir de sa brève confrontation avec le nécromant qui lui hérissa les poils du dos, lui faisant claquer des mâchoires avec agacement, mais aussi frustration. Ce pauvre fou ! Comment pouvait-on réagir de la sorte et se clamer Secrétaire Général du Cénacle !? Non seulement venait-il de fragiliser ses positions en répondant si vulgairement à ses accusations, mais il ne faisait que confirmer les craintes d'Imrinn quant au sort funeste qui attendait l'Envers s'il maintenait sa place.

Ruminant sur la situation qu'elle avait laissé en plan malgré ses intention et si son odorat l'avertit qu'elle n'était point seule, comptant trois autres personnes avec elle, la créature n'en fit pas grand cas et rapidement sa tête se tourna en direction de leur unique source de lumière. Due-t-elle paraître salvatrice au regard des autres, elle n'était, dans son cas, que la confirmation de ses angoisses : la malédiction de Pryam n'était pas le fruit de son imagination. Elle était bien là, déformant sa perception du monde et faisant sourdre en lui une peur viscérale : combien de temps tiendrait-il avant de devenir fou ? Avant de tomber dans la frénésie de la Bête ? Si le rouge de sa vision n'était pas absolue, épargnant de peu la dégénérescence de son cerveau, elle attisait en lui un besoin de violence et de chair fraîche, juvénile, au rappel malheureux de ses déviances frustrées lors du massacre de Gévaudan, quelques siècles passés. Nerveusement, Imrinn passa une langue sur le devant de sa truffe et contracta les muscles pour étirer son corps sans avoir à se lever, tremblant brièvement avant de se détendre et d'entreprendre une étude plus poussée de son environnement immédiat.

La vasque de pierre lui paraissait d'un rouge terne, presque délavé tandis que la végétation qui rongeait ses bords lui semblait d'un rubis scintillant, lustré et captivant. S'agissait-il de lierre ? C'était difficile à confirmer à cause de la couleur revêtue au regard du Loup. La lueur quant à elle était d'un rose nacré iridescent, vaporeux dans les ténèbres qui semblaient forgés à même d'une rouille qui s'estompait ensuite en un voile trop sombre pour que même le drapé sanglant qui couvrait ses iris ne puisse l'y teinter. Avec un soupir, il se détourna du réceptacle et vint à se lever pour enjamber les corps, sans égard aux susceptibilités, approchant du premier gouffre afin d'en jauger le fond. Oreilles plaquées en arrière, il écoutait les moindres sons et mouvements qui lui parviendraient du reste de la troupe, méfiant à leur égard bien qu'il préféra continuer son inspection du territoire qui leur était présentement alloué. Son museau s'abaissa jusqu'aux treillages de la végétation rampante et il en huma le parfum dans l'espoir d'y reconnaître sa nature. Lentement, il remonta jusqu'à la vasque et la surplomba de sa silhouette massive, hésitant à en boire une gorgée avant de se rappeler qu'une telle surface luminescente ne pouvait provenir que d'un artefact. Hors ces objets là étaient rarement comestibles et certains même, possédaient une susceptibilité prononcée : un coup de langue était donc vivement déconseillé.

Préférant prendre une petite pierre dans sa gueule, il tourna de nouveau la tête vers les mortels et les contempla depuis sa hauteur. Encore proche du récipient de pierre, il apparaissait clairement dans sa fourrure aussi noire que les ténèbres environnant à l'exception d'une unique tâche d'argent sur le poitrail. Ses yeux semblaient être couvert d'une cataracte rouge, déshumanisant totalement la créature dont l'encolure mesurait un bon mètre cinquante. Lorsqu'il eut terminé son inspection des infortunés qui l'accompagnaient, il s'en détourna pour gagner le bord du précipice. Il lâcha la pierre dans le vide et vint à pencher la tête sur le côté, une oreille redressée en direction du précipice et se fit attentif. Il attendit dans l'immobilité la plus totale, sourd aux autres stimuli, espérant entendre le projectile tomber quelque part, ne serait-ce que ricocher, pour lui apprendre ainsi la profondeur exact des bords de leur prison. Si ce n'était pas trop profond et que l'écho était celui d'un sol ferme, il pourrait tenter d'y plonger pour trouver une sortie. Si jamais le retour parvenait de plus loin ou si l'écho était celui de l'eau ou d'une autre substance, il pourrait toujours user de télékinésie pour faire léviter l'un des humains en contrebas... Pour l'heure, il n'osait pas créer des lumières féeriques, ne sachant pas si d'autres créatures sommeillaient dans cette grotte.

Mer 25 Jan - 14:45
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Ses petits yeux s'entr'ouvrirent timidement sur les ombres. Autour d'elle, le souffle lent de respirations endormies. Elle n'était pas seule… Et ne se sentait pas prisonnière. Deux bons points, déjà. Pourtant, ils ne suffisaient à la rassurer. Le sol qu'elle sentait sous ses mains n'était pas celui du Cénacle, ni du Fort. Quand bien même il l'aurait été, jamais les multiples gardes qu'elle avait, jamais son père lui-même ne l'aurait laissée ainsi sur le sol, au milieu d'autres endormis. Une absence qui, si elle avait été volontaire, aurait pu être une véritable libération. En cet instant, en ce lieu, elle n'était que le signe angoissant que quelque imprévu avait dû survenir, hors de contrôle de ses protecteurs. Quelque imprévu puissant. Alors la sécurité qui avait toujours entouré la fille d'Austar n'était plus. Si elle avait peur ? Une Sihvonen n'a jamais peur. Elle a juste un état d'esprit plus propice à songer à sa survie que la plupart du temps.

Elle vit la silhouette du loup, debout, le poil éclairé par la lueur de cette vasque. Un loup immense… Imrinn. À tous les coups. La légende disait qu'il avait des puces. Mais pourquoi lui, pourquoi ici ? Etait-il son nouveau baby-sitter ? Il avait d'autres personnes, encore endormies. Inconnues. Un beau gosse et une belle gosse. Bon, dans le pire des cas, ils pourraient toujours s'entre-draguer et trouver de quoi s'occuper. C'était toujours ça. Youpi. Imrinn avait l'air occupé.
Elis fit rapidement la déduction qu'ils devaient être sur un pan de falaise. Impossible de dire à quelle hauteur, impossible de dire où. De la vasque, la sorcière faisait la déduction un peu rapide qu'ils n'étaient pas là par hasard. S'ils n'avaient été capturés, ils avaient effectivement pu être mis à l'abri en ce recoin isolé, le temps qu'un danger se passe. Mais pourquoi eux ? Freyja n'était pas là… Qui pouvait vouloir d'Elis sans vouloir de Freyja ? Non, l'hypothèse d'une présence qui ne soit pas amicale n'était pas à exclure. Elis se redressa le plus silencieusement possible, reculant vers l'ombre. Si elle avait pu être oubliée, ç'aurait pu être parfait. Peut-être pourrait-elle alors songer à se forger elle-même sa sécurité. Car on n'était jamais mieux servi que par soi-même. Lorsque cela serait fait, elle pourrait alors songer à rejoindre les siens, et…

Son esprit s'élança vers celui de Loki, comme elle avait appris à le faire. Elle voulait lui parler, l'appeler de ses prières, et entendre le son rassurant de sa voix, sa présence si douillette… Elle ne trouva rien, que ce grand vide, ce silence, et cette absence qui l'avaient hantée jadis. Oh, non… Là, définitivement, elle était seule. Comme mise à l'épreuve. Elle comptait bien s'en sortir, cela ne faisait pas de souci, mais… Les êtres qu'elle aimait avaient intérêt à être vivants. Ces silences et ces absences lui faisaient redouter le pire. L'inquiétude venait, et avec elle l'impatience de découvrir le fin mot de cette histoire.
Comme Imrinn, Elis guetta le son du caillou. Mais l'environnement n'était pas tant ce qui l'inquiétait. Un bref regard au ciel, pour voir si un quelconque danger pouvait venir d'en haut, un bref regard sur leurs flancs… Après, il y avait peut-être un moyen plus simple de savoir s'ils étaient observés. Il suffisait que les autres s'agitent assez pour déclencher une réaction de leurs geôliers, bienveillants ou non, normalement.
Elis s'empara d'un petit caillou, qu'elle jeta avec force sur la tête de la belle gosse. Un autre caillou, elle le jeta sur la tête du beau gosse. Là ! Il y allait bien en avoir un pour s'agiter sans qu'elle ait à le faire, non ?

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"Le patriarcat va pas se détruire tout seul" - Nora Edvardsen

Jeu 26 Jan - 21:06
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Quelques flashs se succédèrent. Un couloir vide, deux hommes inconnus, une salle comportant d'importants documents, cette sensation de ne plus avoir conscience des mouvements qu'elle produisait. Elle avait découvert quelque chose, cependant, le contenu exacte lui échappait, il ne restait que quelques vagues bribes d'images, de dossier et puis... Le vide.

Aslaag commençait à prendre conscience de son état, elle n'était ni éveillée, ni endormie, elle sortait peu à peu et lentement de son état d'inconscience. Elle sentit la roche sous ses doigts lorsqu'une douleur lancinante acheva brutalement de la réveiller. Dans un mouvement d’incompréhension, le jeune rousse se releva et chercha ce qui l'avait frappée. Un caillou était proche d'elle et il ne fallut pas longtemps pour qu'elle comprenne sa provenance. Une femme blonde se tenait debout, à quelques mètres.

- Mais ça va pas ? C'est quoi votre problème ?

Aslaag regarda ensuite en direction du jeune homme qui semblait avoir subit le même sort qu'elle et demanda :

-Vous allez bien ?

Elle observa ensuite autour d'elle et réalisa qu'elle n'avait aucune idée de l'endroit où elle se trouvait. Comment était elle arrivée ici ? La dernière chose dont elle se rappelait était ce bureau dans lequel elle ne pouvait s'empêcher de chercher quelque chose, comme pour se rassurer de ne pas être venue jusqu'ici pour rien. Et plus cette journée avançait, plus elle avait l'impression qu'il y avait bien des choses étranges dans cette partie du monde. La jeune femme se releva alors avec peine et sentit sa tête tourner en se demandant si c'était une bonne chose ou non. Elle vit le vasque de pierre d'où semblait provenir une lumière à peine assez puissante pour qu'ils puissent se discerner et se dit qu'elle avait rarement vu un endroit comme celui ci. Une falaise avec cette légère végétation, que le souffle du vent parvenait à atteindre. Ce n'était pas désagréable. Elle l'aurait même largement apprécié si la manière dont elle était parvenue ne lui était pas totalement étrangère.

Elle sentit un frémissement dans son ventre. Elle y était réellement, tout ce que son père avait voulu découvrir, les mystères de ce monde, cette pointe de surnaturel qui ne pouvait pas être simplement le fruit de l'imagination humaine. Elle pouvait le rendre fier. Cette pensée l'envahit, à tel point qu'elle ne remarqua pas l'énorme loup qui se tenait près d'eux lorsqu'elle s'avança vers la source lumineuse.

Jeu 2 Fév - 19:55
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L’impact du caillou le frappa, le sortant du songe sans rêve qui l’emprisonnait aussi sûrement que le bruit d’une détonation. Alerte, à peine avait-il ouvert les yeux qu’il parcourait déjà fiévreusement les alentours du regard, notant l’étrangeté du lieu en même temps que les nouveaux compagnons que le hasard avait jetés à ses côtés. Il secoua la tête, pris note de la question qui lui semblait adressée, et hocha lentement la tête en réponse

« Je me sens mieux que bien, ce qui est… plutôt inattendu, je dois dire. »

Jetant un regard oblique à la pierre qui l’avait frappé, il se massa vivement l’arrière du crâne pour appuyer ses propos, puis resta bouche bée en remarquant enfin la silhouette imposante et inhumaine qui se tenait non loin.

Voyant la jeune femme rousse s’avancer en direction du loup, il tendit la main comme pour l’arrêter, avortant son geste avant de le mener à terme. Il en avait marre, plus que marre, d’être mêlé à des affaires externes. Que celle-ci se fasse donc dévorer si ça lui chantait, elle ferait un appât parfait pour mesurer le degré d’agressivité de la bête gigantesque.

Comme désinhibé, le déchu commençait tout juste à réaliser l’ampleur du problème. Ils avaient été projetés au beau milieu de nulle part, sans indication à suivre, sans piste, sans indice aucun mis à part cette vasque qui luisait faiblement dans la pénombre. Ses mains serrèrent convulsivement le voile qu’il tenait toujours, entrelacé à ses doigts. Il était au moins une chose sur laquelle il pouvait compter, bien qu’étant bien incapable de jauger avec exactitude l’étendue du pouvoir de l’artefact qu’il avait subtilisé sans le vouloir.

Sans plus attendre, il s’avança à la suite de la rousse, conservant tout de même une certaine distance de sécurité.

Le déchu n’aurait pas eu l’air bien malin si le loup décidait d’attaquer subitement, et il tenait à se préserver de la trajectoire directe de toute charge quitte à ce que l’humaine devant lui ne serve de bouclier. Humaine, l’adjectif s’était imposé de lui-même, sans que l’ange ne cherche à deviner la nature de la propriétaire de la chevelure flamboyante. Elle aurait aussi bien pu être une fée qu’il n’aurait pas hésité à se servir d’elle pour se protéger. Les humains sont faibles, les monstres s’en nourrissent, et il faut bien se protéger des monstres, n’est-ce pas ? Ainsi raisonnait-il, approchant à petits pas prudents et déjà prêt à déguerpir si le besoin s’en faisait sentir.

Déjà en lui s’installait cette certitude déjà ressentie qu’il ne pouvait pas mourir. Mais on n’était jamais trop prudent.

Il s’arrêta à quelques mètres de distance, peu désireux de pousser sa chance, et lança à la cantonade sans pour autant quitter le loup des yeux

« C’est super sympa ici, quelqu’un a de quoi faire un pique-nique ? »

Il nota bien que personne mis à part lui ne semblait réellement craindre le loup d’obsidienne qui se tenait non loin, mais pour le moment, seule comptait la menace visible. Une fois ce nœud démêlé, il aurait bien le temps de fouiller les alentours et de se soucier des raisons qui les avaient amenées ici, tout comme des conséquences de la fin de la bataille, qu’il pressentait sans pouvoir rien affirmer.

Dim 5 Fév - 13:29
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Perdus



L'éclat de roche fut rapidement engloutis par les ténèbres qui voilaient ce qui se trouvait hors de l'escarpement qui les accueillait, chutant librement dans l'air environnant et s'éloignant de celui qui lui avait soudainement donné la capacité de voler. Il plongea profondément, et racla plusieurs fois contre la parois et diverses formations rocheuses, renvoyant un écho qui s'éloigna jusqu'à disparaître entièrement, se fondant une nouvelle fois dans le silence environnant et privant ainsi le lupin de la finalité de la quête qu'il avait lancé, mais l'informant tout de même partiellement sur l'étendue au-dessus de laquelle leur corniche siégeait, certainement un ravin montagneux de plusieurs dizaines de kilomètres, sans doute même une bonne centaine. L'absence de chute définitive empêcherait certainement d'estimer plus précisément leur altitude, de même que l'absence des signes habituels si caractéristiques d'un repos élevé : respiration écourte, vent plus agressif… D'autres signes, néanmoins, sauraient certainement faire jour pour peu que les conditions soient réunies, comme elles le furent lorsque les voix des éveillés retentirent soudain. Des signes qui échappèrent à ces passionnées créatures, mais qui sauraient sans doute faire leur chemin à l'esprit du loup expérimenté. L'écho de leurs voix par la roche renvoyée, par exemple usité. Un écho qui mourut cependant bien vite, replongeant l'immense espace dans un silence mitigé.

La mouvance des ombres à peine esquissée par la chiche mais douce luminosité dansa tandis que leurs formes se mouvaient, et à l'approche de la jeune humaine, l'aqueuse lueur sembla se vivifier, se renforcer. Aux yeux innocents se découvrit une vasque profonde, à l'intérieur gravé d'entrelacs floraux et d'arabesques rappelant les inscriptions celtiques à présent largement diffusées par les nouvelles technologies de partage du savoir, sans pourtant que leur vérité soit jamais percée. Aslaag, en sa confiante venue, pu découvrir que l'exacte provenance de la source lumineuse se trouve être de petites plantes dont les feuilles d'un vert argenté ondoient paresseusement dans le fond d'eau qui les berce et ne semble pas s'échapper. A la source de chaleur humaine venue les observer, ces plantes délicates se tendent vers le haut, semblant suivre les mouvements de la jeune femme, comme attirées. La danse de la lueur dans l'eau est apaisante, et presque hypnotique, et les délicats haubans scintillant lui touchent le cœur et l'âme comme de petites mains discrètes et furtives. Le chant lointain et frêle de l'eau, son chuchotis dans les remous paresseux viennent noyer ses oreilles de leur lente mélopée…. N'est-elle pas belle ? N'est-elle pas unique ? Ne semble-t-elle pas fraîche à voir, et ne l serait-elle pas, glissant dans sa gorge, pour venir parfaire le tableau paisible de ce lieu assoupis ?

Voilà un chant que le déchu Samaël n'entend pas, aveugle et sourd qu'il est à ces vibrations naturelles. Mais l'entité détentrice du voile d'Ino avait, fort heureusement d'autres atouts… et d'autres défauts. Soudainement, une visse d'acier lui écrasa la tête, une migraine magique qui lui fit monter les larmes aux yeux et menaça de lui faire exploser le crâne sous la pression ignoble qui l'envahissait. L'ondoiement dans l'air alentours se fit plus palpable, plus dense, comme une puissante hallucination collective alors que le lupin et la scandinave, tous deux très liés à la magie, pouvaient sentir leurs cortex s'alarmer. La silhouette de son voile drapée luisait à présent, éclairant plus franchement l'espace alentours…La magie se fait visqueuse, vous montant tous trois à la tête comme si vous veniez d'engloutir des litres d'un alcool terriblement fort. Et au sol, sous la poussière et la végétation, quelque chose semble à son tour pulser…



Dim 5 Fév - 16:44
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L'étrange sous la normalité : La Bête du Gévaudan
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Oreilles dressées vers l'avant, l'immense loup faisait face au gouffre sans craindre le vertige ou l'inquiétude d'y plonger par accident. Ses pattes étaient fermement ancrées sur le python rocheux qui les accueillait, muscles frémissant dans l'attente plus qu'impatiente des réponses espérées. Au caillou chutant toujours plus loin, l’écho diffus de ses rebonds ne furent malheureusement d'aucune aide pour la créature du Gévaudan. Ses oreilles frissonnèrent à chaque fois qu'elles percevaient le bruit de plus en plus lointain de l'offrande lancée pour cette gueule d'obscurité insondable et ce, jusqu'à en perdre le moindre trouble à l'onde de son audition sensible. Ses babines se retroussèrent dans la mimique involontaire de sa déception, le tout lacé d'une frustration sourde et guidée par la Bête qui persistait à gratter à l'arrière de sa conscience épuisée. Si son corps se portait étrangement bien, considérant qu'il avait guidé le Front aux portes du Siège et confronté le patriarche Earl avant de subir de plein fouet une explosion de magie... son mental quant à lui vacillait dangereusement entre le sorcier et une créature assoiffée de sang. Après tout, l'odeur ainsi que la vue d'une chair aussi tendre que vulnérable en la présence de cette petite rouquine, n'étaient pas pour apaiser ses appétits et seule l'aura de la jeune Sihvonen jouait le phare du bon sens dans son cœur pris aux affres du doute et de la fatigue. Il n'était pas l'animal des légendes, ni le monstre qui hantait les mémoires. Il désirait être plus que cela et la présence d'un autre de ses pairs l'aidait à s'en rappeler... du moins, pour l'heure.

Captif, voire hypnotisé sous le regard aveugle et insondable du gouffre, Imrinn resta parfaitement immobile quand bien même la mortelle se mit à se plaindre, puis à interroger son entourage. Qu'elle l'ignora pour l'heure lui convenait, car la Faim creusait autant son estomac qu'il rongeait les barrières de plus en plus maigre de sa volonté. La salive lui remplissait la gueule, mouillant ses babines toujours retroussées sur des crocs ivoirins. Le souffle lui manqua, cependant, quand la peur du mâle -à présent éveillé et conscient de son entourage- vint à chatouiller la finesse de son odorat. Le bipède semblait bien être le seul à craindre leur colocation forcée, hors cette réaction de proie n'aida guère la créature dans ses tentatives d'apaisement intérieur. La dualité de son noyau se renforça, ses craintes se mirent à sourdre et il trembla un instant à l’abri de sa fourrure aussi dense que ténébreuse. Ses yeux se plissèrent, mais ne se détournèrent pas du précipice dont l'absolu l'aidaient à se focaliser. Ses pensées tentèrent ainsi de s'accrocher aux informations qui lui parvenaient, fouillant sa mémoire à la quête de réponses, à la recherche d'un savoir qui saurait les aider pour sortir de cette situation de plus en plus délicate. Le danger pouvait venir de tout endroit, pour ce qu'il en savait, mais une chose était sûr : il allait devenir un danger s'il s'attardait de trop en leur compagnie.

Déglutissant avec peine, la Bête leva la tête en direction des hauteurs toutes aussi insondables et laissa ses yeux voilés de carmin en caresser pensivement les courbes. Il ne percevait, chez ses compagnons d'infortune, aucun souffle laborieux qu'une certaine altitude aurait dû leur provoquer : ils n'étaient donc pas en des hauteurs aberrantes. De plus, l'absence d'un vent froid ou ne serait-ce même que de bourrasques virulentes, laissaient à supposer qu'ils se trouvaient probablement dans une grotte ou bien une dimension de poche. La seconde option était la plus viable si l'on considérait qu'il se trouvait quelques instants auparavant dans le cœur du Siège de Last End... juste au dessus de son Noyau. Les perturbations provoquées par l'Archon ou Anthony Earl avaient pu provoquer bien des instabilités et envoyer quelques pauvres ères en des lieux qui n'auraient jamais dû connaître une conscience éveillée autre que celles des Patriarches ou Matriarches du Concordat. L'idée de trépasser un lieu interdit vint à hérisser le poil du grand loup qui ravala, cependant de justesse, un grondement inquiet. Au lieu de paniquer, il préféra continuer ses réflexions à commencer par la présence du lierre. Dans toute sa pâleur, l'on pouvait supposer qu'aucun soleil n'en avait jamais caressé le feuillage, renforçant la théorie du lieu où ils se trouvaient. En ce qui concernait la vasque, le fait qu'elle ne déborde jamais, mais qu'elle puisse alimenter la végétation au point de lui permettre une telle croissance, en plus de ne trouver nulle source vu la géographie de cet endroit, donnait toutes les raisons de l'assimiler à un artefact ou, au pire, la conséquence d'un artefact proche.

Les pensées d'Imrinn furent cependant interrompues et ce, avec guère de délicatesse. N'ayant ni suivi, ni accompagné l'approche des bipèdes auprès du récipient de pierre, la soudaine montée de magie le gifla avec autant de force et de sournoiserie qu'une cuite récoltée après l'ingurgitation de plusieurs gallons d'ambroisie volé aux Dieux. L'immense créature tituba, le regard voilé d'ivresse en plus de sa malédiction et alors qu'il tentait de retrouver son équilibre, l'une de ses pattes manqua de glisser sur le bord escarpé de leur terrasse. Le soudain appel du vide, semblable au chant des sirènes, vint à soulever l'estomac du loup d'une peur instinctive qui le fit brutalement, et sans aucune grâce, reculer. Titubant malgré ses quatre appuis, il tourna une gueule crispées dont les crocs grinçaient, en la direction approximative de la vasque et vint à écarquiller les yeux au spectacle qui lui fut offert. Un grondement roula immédiatement hors de sa gorge et il vint à engloutir la distance qui le séparait d'Aslaag de quelques foulées. Il la dominait sans peine, l'encolure à plus d'un mètre soixante du sol et le flanc râpant aux bords du récipient de pierre, cherchant à rompre la fascination de l'humaine à l'égard de l'objet. Malgré la brusquerie de son approche, ce fut avec une délicatesse émoussée par la sensation d'ivresse et de nausée, qu'il lui attrapa la taille de son immense gueule. Les crocs s'accrochèrent à ses vêtements, sa langue mouilla les fibres avant que son souffle brûlant ne vienne à s'échouer sur le ventre doux de l'humaine. Un instant, une crispation douloureuse marqua les mâchoires de l'immense Bête alors qu'elle réprimait la soudaine pulsion de déchirer ce corps moelleux et fragile pour s'en repaitre. Il la souleva plutôt du sol et la jeta en la direction de la jeune Sihvonen, comptant sur cette dernière pour l'empêcher d'approcher à nouveau de la vasque.

« - Reculez tous. En l'instant ! »

La voix tonna enfin de son timbre rocailleux alors que la Bête se tenait interposée entre la source et les trois bipèdes, encolure basse et museau au ras du sol. Un souffle laborieux venait à faire trembler ses flancs et de la bave coulait de sa gueule aux babines retroussées pour mouiller la poussière du sol. Oreilles plaquées en arrière, sa queue se courbait entre ses postérieures alors que la fourrure de son dos se hérissait avec malaise et colère. Après quelques secondes à reprendre son souffle et pour vérifier si l'écart de l'humaine changeait quoi que ce soit à la soudaine agitation ambiante, Imrinn finit par regarder par dessus son épaule et plonger toute son attention à l'intérieur de la vasque. Pourquoi avait-elle réagit aussi sincèrement à la présence de la rouquine !? Son approche n'avait rien provoqué quelques instants plus tôt... fallait-il une âme pour invoquer l'intérêt de cet objet ? Qu'était-il exactement ? Où étaient-ils tombé ?

Mer 8 Fév - 17:54
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Elis était relativement d'accord avec le joli monsieur: l'ambiance était idéale pour songer à un pique-nique. Principalement parce que, n'ayant aucune idée du temps qu'ils allaient passer ici, songer à la nourriture allait vite devenir une priorité. Mais la petite scandinave hésitait encore à sortir ou non de ses ombres. Certes, elle avait été remarquée par ses camarades d'infortune, mais rien ne prouvait encore que ceux qui les observaient, s'ils existaient, ne connaissaient sa position.
Elle y réfléchissait encore, lorsque la magie se mit à pulser assez fort pour engourdir son esprit. C'était… Oh, pas mauvais ! Elle en aurait bien pris encore un peu, si ce n'était pas aussi alarmant. L'humaine avait dû déclencher quelque piège ou mécanisme. Comme si l'hypothèse ne suffisait à l'inquiéter, elle vit le loup manquer de tomber, ses pattes glissant comme s'il en avait brusquement perdu le contrôle. Elle fit de son mieux pour focaliser son attention sur la Bête, comme si cela pouvait aider cette dernière à mieux tenir debout. Etrangement, la tactique sembla fonctionner. Les ombres, et cette magie qui saturait l'air, y battant comme le coeur de la terre, rendaient la vision d'Elis un peu flou. Non. Il était plus juste de dire que sa conscience était floue. Malgré son angoisse, elle souriait, bêtement, par réflexe. Peut-être qu'au fond, le danger et les surprises de leur nouvel environnement lui plaisaient.

Le loup se mut, Elis eut la sensation que c'était sous ses propres quenottes que venait s'insinuer la chair de l'humaine. C'est vrai qu'elle avait l'air à croquer, c'est vrai que pour le pique-nique, elle était plus que bienvenue. Les réflexes lui manquèrent lorsqu'Imrinn projeta la jolie rousse en sa direction. Du moins, ils ne furent pas ceux escomptés. Elis se protégea d'un éventuel choc, et le corps de l'humaine vint percuter son bouclier, pour une sensation qui n'allait sans doute pas lui être agréable. Il fallut le cri du druide pour lui indiquer ce qu'il avait attendu d'elle exactement. Alors, vivement, un sort de télékinésie vint coller le corps de la rouquine contre celui de la Sihvonen. Elis la prit dans ses bras comme une poupée.

"- Salut Beauté. Vous pillez encore avec vos parents ?"

C'était d'un ton amusé qu'elle avait tenté une pick up line viking, davantage pour apaiser ses propres tourments que pour calmer la petite -dont l'état d'âme lui importait peu. Ainsi blottis dans les ombres, immobiles, ils obéissaient à l'ordre de celui qui, du haut de ses multiples siècles, était censé être le plus sage. Le voyant lorgner l'intérieur de la vasque, Elis se souvint de sa manière de patiner au bord du vide. Le plus sage… Ou pas. Au final, il n'était pas exclus qu'il soit aussi perdu qu'eux. Ils étaient bien dans le crottin.

"- Imrinn, ce n'est pas vous qui nous avez amenés ici, n'est-ce pas ?"

Elle essayait de garder un ton assuré. Levant le nez vers le ciel, à nouveau, elle chercha encore sa divinité… Absente. Mais n'avait-elle pas survécu des années sans même être sûre qu'un jour il se présenterait à elle ? Elle devait rester digne de lui. Elle devait se sortir d'ici… Si une sortie était possible. Et si tout cela n'était que le Cénacle, effondré sur lui-même ? Le monde avait-il trouvé sa fin, étaient-ils les seuls survivants ? Sans même le réaliser, Elis raffermit sa prise sur sa rouquine, officiellement nommée "nouvelle peluche en attendant que je retrouve Loki". Songeuse, elle proposa:

"- Peut-être nous faut-il sacrifier un humain dans la vasque… Nan, ne me regardez pas comme cela, je suis sorcière, ça ne marchera pas." Autant se mettre à l'abri tout de suite. D'autant plus que si le plan ne fonctionnait pas, mieux valait garder quelqu'un avec des pouvoirs pour sortir ceux qu'ils resteraient de cette situation. "Ou peut-être nous faut-il escalader. Je peux vous porter, Imrinn." Pas à mains nues, comme le reste de sa famille, mais au moins avec un peu de télékinésie. Peu à peu, elle reprenait de l'assurance, motivée par un instinct de survie qui faisait de son mieux pour percer au travers de l'enivrement magique alentours.

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Jeu 9 Fév - 12:53
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Les paroles du jeunes homme furent vite oubliées par la jolie rousse dont l'attention se focalisait sur l'intérieur de la vasque. Quelles étaient ces petites merveilles ? Leur apparence laissait fortement penser à des petites plantes d'un vert profond parsemé de reflets argent. Mais jamais elle n'avait vu ce genre de fleurs. Croyant tout d'abord que son imagination lui jouait des tours, elle leva son bras et l'approcha lentement des plantes. Non, elle ne rêvait pas, les petites pousses semblaient réagir à sa présence et ses mouvements les entraînaient dans un balancement harmonieux. Aslaag se sentait de mieux en mieux, comme si elle avait trouvé l'endroit où elle devait être, comme si sa vie s’effaçait l'espace de cet instant qui lui parut soudainement suspendu. Elle avait l'impression qu'elle pouvait passer des heures à regarder ces petites choses, c'est d'ailleurs ce qu'elle eut l'impression de faire.

Ainsi, elle ne remarqua d'aucune façon les mouvements étranges de ses compagnons d'infortune. Sa découverte qui lui semblait à la fois féerique et anodine provoqua en eux des réaction qu'elle n'aurait même pas pu comprendre si elle avait été attentive à ce qui l'entourait. Son attention changea subitement lorsqu'elle sentit une force animale se ruer sur elle et l'envelopper. Elle mit quelque seconde avant de réaliser que l'immense masse noire qui l'enserrait n'avait l'air ni naturelle, ni d'une bête lambda.

Une terreur soudaine l'envahit. Est-ce que c'est de cette manière qu'elle allait terminer sa vie ? Dans la gueule d'un animal qu'elle n'avait pas même pu esquiver ? Elle sentait ses croc s'enfoncer légèrement dans ses flancs. Sa condition lui parut alors très fragile. Il aurait été très facile de la déchirer en un rien de temps. Elle pouvait même sentir la bave de l'animal traverser le tissu de sa robe. Mais bon sang, où était-elle tombée ? Qu'avait-elle fait pour ça ?

Un élan de force la propulsa dans une autre direction et le choc assomma presque la rouquine qui tomba lourdement. Est-ce la grosse boule de poil venait de parler ? Une douleur lancinante lui envahit le crâne, l'empêchant de penser correctement. Elle sentit son corps se rapprocher d'un autre de manière peu naturelle. Puis la chaleur d'un corps la rassura, semblant la protéger. Elle se surprit à apprécier l'étreinte, c'était bien la seule chose un peu douce qu'elle avait eu depuis longtemps. Sans vraiment comprendre les mot que la jeune femme lui avait adressée, elle murmura un "Non" peu assuré.

C'est lorsqu'elle entendit les mots "Sacrifier un humain" et "Sorcière" qu'elle parvint à sortir un temps soit peu de sa somnolence. Ah non ça non, hors de questions. Dans un élan de recul, elle tenta de se libérer de l'emprise de la jeune blonde. Ce qui eut pour effet se la repousser quelques peu lamentablement, sans pour autant pouvoir se remettre sur ses pattes. Toujours dans ses bras, elle dit avec ce qu'elle voulait être de la virulence :

- Lâchez moi ! Vous êtes quoi vous ? Est-ce que cette chose parle ? Et vous lui répondez ? Pourquoi est-ce qu'il y a des plantes qui brillent et une bête géante ? Et bordel qu'est-ce que je fais là ?


P.S. : Désolée pour mon petit retard, j'ai eu une semaine assez chargée x.x

Ven 17 Fév - 1:53
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Peine perdue, hélas, que d'éloigner la jeune femme de la vasque, au moins au regard de la puissance qui palpitait dans l'air, et qui s'insinuait en eux, sous leurs peaux, dans leurs esprits. La magie frémissait comme une bête vivante que l'on aurait dérangée, et elle compressait les corps, ondoyant dans l'air comme une chape précieuse et dorée… plus de magie que même l'héritière du Concordat n'en avait jamais vu. Cette puissance eut provisoirement raison de la conscience du déchu, qui n'était plus habitué à être le réceptacle d'un si grand potentiel. Il s'effondra au sol, et le voile qui s'accrochait à lui se détacha pour venir giser près de lui, sans un bruit, légère comme un souffle, et presque transparente. Le corps humain semblait exsuder la magie, comme des fumerolles à la couleur soutenue et ignominieuse. Les manifestations semblaient moins éthérées que ce qui troublait la vision dans l'air, plus physique, offrant une impression à la fois liquide, huileuse et agile, des langues d'un doré ternis d'un lustre noir. L'environnement autour de l'apparition semblait noircir également, les ténèbres paraissaient plus profondes encore, plus fugitives, couvrant le bord de la plate forme rocheuse d'un voile supplémentaire. En une harmonie éphémère, la lueur de la vasque se fit plus soutenue, plus tenace, son halo iridescent dessinant des formes aqueuses sur le mur rocheux auquel elle était accolée.

Le regard rouge d'Imrinn fit pourtant reculer la végétation qui se tassa sur elle-même en un geste de replis craintif. Sous les prunelles de la créature se dessinèrent dans les longues feuilles courbées de petites silhouettes délicates, aux corps minuscules, aux membres aussi fins que des tiges, qui se cachaient à demi. Les corps avaient un dessin parfait, des proportions admirables, des détails si précis et pourtant si minuscule qu'aucune main humaine ou même sorcière, ou même d'ailleurs divine, ne pouvait les avoir conçus. Leurs peaux avec la douceur des pétales, et des couleurs subtiles, des verts bleutés, des crèmes rosées, des bruns moucheté d'or… il y en avait même une entièrement tigrée, dans un camaïeu de noir, de bleu profond et de gris argenté. Toutes les autres, sauf celle-ci, étaient pastelles. Leurs petits yeux sans pupilles ni iris avaient la forme d'amandes, ou de gouttes de pluie, et leurs chevelures étaient des corolles de fleurs allongées à la douleur d'un vert tendre ou profond, possédant les mêmes illuminations que les algues véritables. Elles regardaient la chose lupine avec appréhension, s'enroulant dans les algues lumineuses comme pour s'en faire des boucliers. Leurs petites mains pas plus grosses que des graines de lentille étaient presque invisibles sur les feuilles plus larges.

L'ouïe puissante de l'ancien druide pu percevoir un bourdonnement venant d'elles, un bruissement presque imperceptible, mais qu'il entendait bien. Impossible cependant de les comprendre. L'une d'elle, la petite grise, plus aventureuse, tend une main vers l'extérieur de la vasque, ses grands yeux mangeant presque son visage noirs comme ceux d'une souris. On y lisait une urgence presque impérieuse. Une urgence que perçut également Aslaag tandis qu'elle posait ses questions. Mais la jeune femme, prise d'un profond doute, quand à ce qui se trouvait au-delà du bord de leur actuelle location, était cette fois libre d'agir ou de mettre ce sentiment de côté, bien qu'une frayeur primaire et une morbide curiosité titillaient les limites de sa conscience. Cet endroit quoi qu'il soit n'était pas sain, et certainement pas sauf…



Dim 26 Fév - 8:37
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Urgh. Il fallait bien que l'humaine soit de l'Endroit pour parvenir à s'agiter autant, alors que l'air saturé de magie pesait sur les pensées d'Elis, empêchant cette dernière d'emmener ses hypothèses bien loin dans son imagination. Instinctivement, elle retint Aslaag plus fort contre elle. Les moldus ne savaient jamais prendre de bonnes décisions, de toutes façons. Alors qu'elle reste gentiment à sa place ! Et… Oulah. Et qu'elle ferme la bouche, aussi. Ce n'était point question de préserver le nez de la sorcière, plutôt de préserver l'intégrité physique de la jolie rousse. Elis tenta maladroitement de rattraper cela, n'ayant point envie d'y dépenser trop d'énergie:

"- Je suis la garante de ta survie. Et le grand loup avec les yeux cerise, c'est Imrinn, dieu de la mort. Il est très gentil, tant qu'on ne l'insulte pas. Sinon il te mange, et tu rejoins son royaume. Méfie-toi, j'ai cru comprendre qu'il te trouvait appétissante. Quant au bordel, il se trouve que…"

Le bruit d'un corps chutant l'interrompit, par chance, l'empêchant de déblatérer une nouvelle ode au frère d'Odin. Son regard se tourna vers le beau gosse, dont le nez venait de rentrer en contact de façon douloureuse et soudaine avec la pierre qui les soutenait. Ca ne devait pas être agréable. Enfin, il ne devait pas vraiment l'avoir senti, mais quand même. Son fichu chu, sans qu'Elis ait eu le temps d'en comprendre l'importance et l'intérêt, occupée qu'elle était à se demander si elle et Imrinn ne risquaient pas de subir le même sort. Alors seule l'humaine survivrait… Ce qui était un peu la honte. Avec un peu de chance, ils étaient seuls, il n'y aurait aucun témoin.

Mouvement de végétation, et l'attention d'Elis revint vers cette vasque qui était également le centre de leur monde. Elle y vit du mouvement. Des petites choses qui y grouillaient. Ennemies ? Danger, comme la magie alentour ? Difficile à dire. Au sein du petit coeur de la petite sorcière, la curiosité brûlait, fauve encore retenu. Mais sa bride sauta d'un coup: au diable la prudence ! S'ils devaient tous y passer, alors il ne serait pas dit qu'ils n'avaient approché leur unique moyen de survie, se contentant de l'observer d'un air terrorisé  ! La jolie rousse, trophée et peluche, fut donc honteusement délaissée par celle qui, désormais, se sentait l'âme d'une aventurière, d'une exploratrice ! De ces gens courageux qui affrontaient mille dangers pour la science, pour la connaissance ! Du moins, si ces gens-là avaient, tout de même, un peu le trac.

Les grands yeux bleus d'Elis se penchèrent au-dessus de la vasque, au-dessus du petit peuple. Alors, un murmure tout de maturité vêtue lui échappa:

"- Ooooooooh !"

Comment était-elle censée réagir autrement devant d'aussi petits êtres ? Comme de nombreux êtres dotés d'âme, elle était sensible à la beauté autant qu'à la mignonnerie, et ces créatures étaient, à son goût, un merveilleux mélange de ces deux atouts. Ils récoltaient son admiration autant que son adoration. Ils semblaient tous si délicats, si fragiles, qu'elle n'osait respirer trop fort, de crainte de les renverser, que sa voix s'était faite basse de crainte de les assourdir. Pareilles créatures se devaient d'être protégées, c'était l'évidence même !
Une petite créature tendit la main. On aurait dit qu'ils avaient besoin d'aide, non ? Eh bien, qui seraient-ils, eux, les Grands, pour refuser de leur offrir ce qui était à leur portée ? Sans même consulter ses autres compagnons, Elis approcha timidement sa main de la vasque. Le poignet refermé, excepté le petit doigt, elle maintint un bref instant une distance et une immobilité respectueuse, signe de non-agressivité, avant d'essayer de glisser le bout de son petit doigt dans la toute petite paume qui lui était tendue. Alors seulement elle se demanda dans quelle histoire elle s'embarquait, puis se consola en songeant que c'était peut-être la seule histoire qui lui permettrait de survivre à celle qui l'avait déjà happée.

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Sam 4 Mar - 22:24
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Rêvait-il ? Si la question paraissait grotesque, elle n'en était pas moins légitime au regard des découvertes que fit l'immense loup à la coupe de cette vasque. Dans ses girons, sous la dentelle d'algues, d'incroyables petites créatures se découvraient au regard ahuri de la bête. Il était malheureux que le voile de ses yeux vienne à teinter la beauté, la grâce subtile de ces minuscules petites féeries dont les couleurs n'auraient pas manqué de l'émerveiller bien plus encore. Toutefois, le cœur d'Imrinn sur se régaler de ce qui lui était donné d'observer. Celui-là même abîmé par des décennies de déception, crevé à la vision d'agonie d'un Envers de plus en plus stigmatisé... ce cœur alourdi du chagrin d’innombrables deuils et d'abandons, transpercé par la trahison d'un Cénacle corrompu et touché par le récit d'un homme trahi : ce cœur là su se regonfler d'un émerveillement presque enfantin. Les oreilles triangulaires du loup se dressèrent avec l'attention vibrante d'une excitation tout juste contenue au nœud d'émotions qui enserrait sa gorge. Alors que ses babines se gonflaient d'un souffle plus rapide et presque vibrant d'un grognement de joie, il n'osait cependant pas l'échapper de crainte d'effaroucher son auditoire. Sa fourrure se secoua d'un long frisson, gonflant à la chair de poule qui couvrait son épiderme alors que lentement, presque timidement, sa queue se mettait à remuer entre ses postérieurs. Il ne souhaitait pas briser ce moment et voir disparaître ces petites damoiselles, les confondant avec les fées aquatiques de ses légendes celtes, aussi Imrinn s’efforçait-il d'être le plus calme et chose plus compliquée : le moins impressionnant possible.

Bien trop focalisé par les secrets qui nageaient dans les eaux magiques de la vasque, il ne vit ni n'entendit la chute du mâle et, chose encore plus surprenante mais ô combien démonstrative de l'attraction que le loup envers les petites fées : il n'entendit pas approcher la sorcière. Hors il s'agissait d'une Sihvonen, qui plus est l'enfant de la Discorde... non sans mentionner qu'elle était une adolescente du 21ème siècle ! En temps normal, la Bête l'aurait entendu à des kilomètres à la ronde, cependant la vue d'une des créature tendant la main hors de l'eau, en sa direction, enferma ses sens à cette unique et touchante scène d'un appel silencieux, impérial dans son besoin. Imrinn se mit à remuer davantage encore la queue et tendit le cou avec l'intention de venir presser sa grande truffe sombre contre l'adorable petite mimine. Qu'importe les dangers, qu'importe l'invraisemblable et l'absurde de cette situation ! Dès qu'il entrerait en contact physique avec la délicate créature, il pourrait lier son esprit au sien dans un pont d'empathie et ainsi découvrir ce qu'elle souhaitait, apprendre la raison à leur présence ici, voire même décrypter les secrets de la vasque ! Lentement, pour ne pas apeurer la petite fée tigrée, son souffle vint à effleurer la surface de l'eau et, à seulement quelques millimètres des doigts tendus, l'immense créature lupine vit enfin apparaître dans son champ de vision périphérique le visage d'Elis. Un sursaut vint à secouer la carcasse sombre et il se redressa vivement avec un grondement lacé d'un hoquet de surprise, babines retroussées et oreilles plaquées en arrière.

L'espace d'un instant, il manqua d'attaquer pour viser la gorge. L'espace d'un instant, la bulle de fascination et d'émerveillement éclata pour ne laisser place qu'à la gifle électrisante d'un brutal retour à la réalité. L'échine légèrement ployée sous lui, poitrail en avant et gueule rabattue au devant de sa gorge en une posture défensive, Imrinn regarda autour de lui avec des yeux écarquillés, le voile rouge assombri par la peur et l'incompréhension. Que se passait-il !? Pourquoi le mâle était au sol avec tant de manifestations révulsantes ? Pourquoi... sentait-il la délicieuse odeur du sang !? Combien de temps s'était-il passé depuis qu'il avait plongé dans son état de béatitude ? La gorge soudain sèche et le ventre crispé d'une faim morbide, purement animale, il regarda encore une fois autour de lui avant d'arrêter son attention sur la sorcière. Il ouvrit la gueule dans l'intention de l'arrêter, mais devait-il vraiment s'atteler au babysitting d'une sorcière du concordat ? A ses yeux, elle était déjà suffisamment âgée pour avoir époux et enfants. Se montrer paternaliste à son égard risquait de la braquer, hors le loup souhaitait éviter toute tension inutile, surtout dans un lieu aussi restreint, dont les propriétés encore inconnues -bien que l'aura pulsante de pouvoir et la vasque n'étaient pas des indicatifs très reluisants- pouvaient être à elles-seules un danger bien suffisant. Au poids de ses propres arguments, Imrinn décida de laisser la sorcière à ses affaires, bien qu'il regretta d'abandonner cette chance unique d'approcher une nouvelle espèce et donc, par la même occasion, d'étancher sa soif inextinguible de savoir. Au lieu de ruminer ou d'aller dévorer la petite humaine dont la saveur résidait encore en ses papilles, la Bête du Gévaudan approcha du mâle inconscient pour le renifler malgré l'aspect peu reluisant des fumerolles. Ses instincts ne pouvaient pas être délayés plus longtemps : il était encore en son âme -ou noyau- et conscience un druide faith. Il devait aider ceux dans le besoin.

Dépourvu de pouces opposables ou d'une morphologie réellement propice à la plus basique des auscultations médicales, la créature fut contrainte d'utiliser des méthodes bien moins indiquées mais qui se révéleraient, il l'espérait, tout aussi efficaces. Il vint coller son oreille contre le torse de l'homme après l'avoir rouler sur le dos. Fermant les yeux, essayant de contrer la nausée et la migraine causées par la saturation magique dans l'air, il s'assura d'entendre un battement de cœur puis dévia légèrement son attention d'un poumon à l'autre dans l'espoir d'écouter le souffle d'une respiration qui serait saine et profonde. Le saignement du nez pouvait indiquer bien des symptômes, surtout lorsque l'on se confrontait à la magie aussi fut-il délicat d'établir un diagnostique. Assuré cependant que les fonctions primaires et vitales de son « patient » ne soient pas en danger immédiat, il attrapa délicatement et du bout de ses quenottes l'étrange voile pour le repositionner sur l'homme -voire l'enrouler dedans si c'était possible- puis les hissa tous deux sur son dos afin que le mortel ne soit plus en contact avec la source immédiate de toute cette magie pulsante et inquiétante. Il espérait aussi le détacher des langues huileuses qui s'agitaient autour de lui. S'aidant d'un peu de télékinésie, il l'allongea de sorte à ce que son visage soit calé entre ses omoplates et que ses bras, autant que ses jambes, pendent de part et d'autre de ses flancs. Ainsi positionné et avec un peu de magie en ersatz de sangles, son nouveau « cavalier » ne risquerait pas de tomber et, espérons le, retrouvera conscience bien assez vite pour descendre tout seul. Une fois cela terminé, n'ayant pas perdu plus de quelques minutes, Imrinn reporta son attention brièvement sur l'humaine et la toisa de toute sa hauteur, poitrail gonflé et collier de fourrure encadrant son faciès régalien, oreilles droites et regard carmin inflexible.

« - Apaise tes craintes. Aucun de nous ne te fera de mal tant que tu sauras te montrer sincère et inoffensive. »

La voix grave, rocailleuse, était semblable à la caresse rêche et chaude d'une fourrure glissant au creux des tympans. Elle venait du loup immense, mais semblait aussi résonner directement dans l'esprit, comme un écho couplé aux sens auditifs. Une fois l'avertissement énoncé sans aucune hostilité lacée dans le timbre de sa voix, Imrinn tourna la tête en direction de la vasque et plus particulièrement de la jeune sorcière. Où en était-elle ?

Lun 13 Mar - 15:40
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Les gravures ne prenaient leur sens qu'au travers de cette éphémère féerie, l'annonce des runes gravées et agencées dans un style proche de celui des celtes d'antan, d'une porte du sommeil baignée de ténèbres et de lumière, à la limite de la conscience, sur le pas d'une porte impalpable et au devant du danger sans visage, qui rampait dans l'ombre. Une ombre que la créature indiquait de la main, sans pouvoir davantage s'exprimer, dépourvue de la parole telle que les êtres humains en jouissaient. Elle faisait de son mieux, pourtant, encouragée par la présence de la jeune humaine dont l'âme rayonnait d'innocence, une âme qui les appelait comme une litanie, une source de merveilles qui n'était encore jamais entrée dans un tel lieu. Elle et ses sœurs auraient tant aimé garder cette créature inconnue avec elles, près d'elles, pour goûter la puissance qui s'échappait d'elle. Mais ces intrus étaient dangereux et ils avaient attiré l'attention sur eux, et les féeries ne désiraient pas voir l'humaine périr. Ça aurait été tellement dommage. Mais l'enfant ne répondait pas à l'appel qu'elles lançaient, et en voyant soudainement apparaître la sorcière, si proches d'elles, elles prirent peur, disparaissant dans la vasque en se mêlant aux algues et emportant avec elles la lumière tissée dans l'eau. La plate forme fut plongée dans l'obscurité la plus totale, les ténèbres se refermant autours d'eux comme des bras aimants. Le bruit de l'eau, si discret, s'étiola jusqu'à disparaître totalement, ne laissant après lui qu'un silence dépourvu des murmures du vent, profond et compact. Cette obscurité profonde n'était qu'un mur que l'on ne pouvait transpercer, mais en celle-ci naquit, après de longues minutes, l'impression d'une observation attentive et froide, comme une main glacée…

Une main aux longs doigts maigres et griffus et au cuir légèrement huileux, qui se referma soudainement, et brutalement… et simultanément sur les quatre infortunés, les tirant avec une force irrésistible vers le bord invisible de leur havre, loin de la vasque. Le vide les appela rapidement, et ils tombèrent un moment avant d'être de nouveau attrapés, transportés dans les airs. Une lueur qui n'en était pas une, irradiant de la roche et d'une profondeur abyssale, vint bientôt dessiner les contours de leurs agresseurs, des choses longues dont on ne distinguait pas très bien la tête de la queue. Elles étaient lisses, sans poils, sans plumes, sans écailles, juste une peau sombre et froide, des muscles secs, comme ceux d'un humain momifié, avec de courtes ailes de peau, et de longues pattes maigres et anguleuses, des doigts longs aux griffes squameuses, le derme étrange et parcheminé suintant légèrement d'un fluide inodore et incolore. La lueur blême aux accents verdâtres jouait sur ces formes sèches, qui se déplaçaient avec une grâce silencieuse entre les pics d'une roche effilée et rongée par l'eau. Dès qu'un de leur prisonnier bougeait un peu trop à leur goût, elles le pinçait de leurs doigts, cruellement, semblant chercher les nœuds de nerfs pour appuyer dessus jusqu'à ce que la proie cesse enfin. Elles planaient alors sans mal, portées par des courants d'air poussiéreux. Alors qu'elles plongeaient soudainement, l’essaim transportant Imrinn et Elis se détachèrent des autres, et prirent une route différente. Naviguant entre des pics de plus en plus serrés et proches, les créatures gagnèrent bientôt une large et profonde abîme où sourdait cette même lueur maladive.

La profonde enclave était percée en son centre d'une estrade de pierre lisse et grossièrement taillée, sur lequel se trouvait trois trônes. Le premier, au centre, semblait fait de bois, d'ambre et de feuillages, ainsi que de terre et d'humus. Il était large, et son aspect rappelait un hasard naturel plutôt que la création de l'homme. Son dossier était une grande plaque d'écorce tordue, enlacée dans un entrelacs de branchages encore feuillu. Le second, à droite, était de métal fondu sous l'effet d'une puissante chaleur. Le dossier était lisse, mais les contours, les accoudoirs et les pieds avaient coulé avant de se solidifier dans cette impression de lave ou de bougie entamée. Son assise était zébrée de balafres causées par de larges griffes. Enfin, à gauche, le troisième trône était de pierre de lune, d'opale et d'os, magnifiquement gravé et construit, et frappé d'un emblème à présent brouillé par le temps et l'usure. Et à l'image de ces assises, les murs et la face de la montagne avaient été creusés, embellis par un art à la fois délicat et grossier, comme si un artiste avait uniquement ébauché son œuvre, mais y avait passé des années, à travailler cette ébauche sans jamais la dégrossir. De nombreuses portes perçaient au niveau du sol, dans la cuvette, bien que certaines soient à demi écroulées. Une brume persistante s'amoncelait également aux pieds de l'escarpement des trônes, où les deux intrus avaient été déposés, et elle masquait le sol comme un voile, le refusant à leurs yeux égarés. D'Aslaag et Seth, il n'y avait plus traces.




Mar 4 Avr - 19:56
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Par la barbe de Merlin ! Ne pouvait-il pas se détourner cinq minutes sans qu'un drame ne se réalise ? La soudaine obscurité, la fuite des petites créatures, cette sensation oppressante d'être abandonné... Aurait-il été trop compliqué d'agir avec considération pour la précarité de leur situation ? Lui qui pensait être encore capable de lire le cœur des gens et les estimer à leur juste valeur, réalisait combien Elis n'était en réalité qu'une enfant écervelée. Était-ce le pendant à toute sa génération en ce 21ème siècle ? Pensaient-ils tous être dans un espèce de jeu où leur vie ne serait jamais réellement en danger ? Comme si un miracle allait survenir et les sauver d'une mort certaine... vivaient-ils tous dans un monde si idyllique, pétri du mensonge vicieux d'une sécurité omniprésente, au point que l'instinct de survie le plus élémentaire soit absent de leur esprit !? Les babines de l'immense loup se retroussèrent avec colère, dépit, alors qu'il se rapprochait de l'humaine pour essayer de la protéger de cette menace invisible en faisant bouclier de son corps. Bien qu'il portait déjà un fardeau sur ses épaules, littéralement en l’occurrence, il ne pouvait pas négliger une vie innocente quand on l'agitait sous son nez... aussi délicieuse à croquer semblait-elle.

Ce silence étouffant, comme une main invisible qui plombait leur petit refuge comme une chape de plombs, se fit soudain sensation palpable lorsque de longs doigts griffues se refermèrent sur sa fourrure. Imrinn écarquilla les yeux et poussa un glapissement de surprise alors qu'il ramassait l'échine sous lui et plaquait la gueule à sa gorge pour la protéger d'une quelconque attaque. Crocs découverts et grondement lacé, il chercha frénétiquement des yeux quelles étaient ces choses qui tentaient de le tirer vers le bord. Son cœur battait à tout rompre et il planta les griffes autant que possible sur la roche, poussant de toute sa force en contrepoids de la traction implacable qui le faisait glisser vers le précipice. Il sentit le corps du mâle lui être retiré, il pu entendre les filles crier et lui... lui plaqua les oreilles en arrière et retint son souffle lorsque finalement le vide se présenta à ses pattes raides. Il ferma les yeux dans un sursaut, un refus d'affronter la mort en face et serra les mâchoires avec force, pris d'un tremblement sourd. Il sentit un léger appel d'air, une chute brève avant de plusieurs mains ne s'accrochent à lui pour le maintenir au dessus du gouffre. Une fraction de seconde plus tard et la brise glacée effleura sa fourrure, signe qu'il était en mouvement.

Abasourdit, il ouvrit des yeux ronds cette fois et regarda prudemment autour de lui. La révélation chiche des créatures le laissa sans voix et il profita de leur étrange traversée pour les observer tout à loisir. Il n'avait jamais entendu parler de telles « choses », mais le fait qu'elles se déplacent en nuée était la preuve d'une certaine structure sociale et donc d'une intelligence soit commune et instinctive, soit dominée par un alpha ou un esprit supérieur au leur. Qu'ils n'aient pas été déchiquetés sur place laissait aussi penser au besoin de nourrir leur progéniture, de répondre à une volonté tiers ou de les capturer pour de l'esclavage... ou pour une réserve de nourriture sur le long terme. Les oreilles redressées, il tenta d'écouter leur souffle ou de capter dans les vents qui sifflaient à ces gorges rocheuses, le moindre indice auditif utile. Sa truffe se mit aussi en action alors qu'il tournait lentement, centimètre par centimètre, sa gueule vers l'une des longues pattes anguleuses. S'il pouvait retenir leur odeur, il espérait pouvoir les sentir venir. Malheureusement, il y avait une huile étrange qui suintait de ce cuir craquelé, mais aucune odeur n'en ressortait : réduisant les espoirs du druide à néant. Imrinn décida toutefois de bouger pour s'en maculer la fourrure, espérant l'inspecter plus tard s'il leur venait la chance de pouvoir survivre, genre en goûtant cette mucosité d'un coup de langue, mais à petite dose si c'était venimeux. La curiosité tua le chat, disait-on... mais pour l'immense loup maudit, elle lui récolta un vilain pincement qui le fit gronder, oreilles couchées avec mauvaise humeur. Il n'était pas stupide pour essayer de fuir ! Où irait-il avec un gouffre insondable sous les pattes ? Il ne savait pas encore voler et sa télékinésie s'était excessivement réduite au fil des siècles bloqué dans la peau d'un animal.

Rendu immobile par l'avertissement silencieux de ses kidnappeurs, n'ayant pas envie d'être pincé à mort, il continuait d'observer ses alentours, inquiété par la lueur malsaine qui grandissait au fur et à mesure qu'ils approchaient d'une grande enclave. La sensation de descente lui souleva légèrement l'estomac et il plissa des yeux en redoutant une chute violente dans quelques nids infestés par la progéniture de ces choses. Ou bien des cages... voire un chaudron bouillonnant qui n'attendait qu'eux pour se transformer en ragoût. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'ils furent déposés devant des... trônes. Abasourdit quelques secondes, il détourna le regard des trois sièges singuliers pour s'assurer que ces choses ne rôdaient plus aux alentours, queue rentrée entre ses postérieurs et posture méfiante. Il n'y avait plus que la petite sorcière pour protéger ses flans et il doutait de pouvoir lui accorder la moindre confiance. Elle ne semblait pas avoir tous ses esprits, la pauvre enfant. Seul le silence et l'obscurité répondirent à ses recherches et il se détendit très sensiblement. Les créatures n'avaient pas montré de réelle hostilité à leur égard, à présent qu'il n'y avait plus signe d'elles, Imrinn vint à s'approcher prudemment des trônes. Dressant les oreilles, il se dirigea d'instinct vers celui du milieu autant par sa végétation que son parfum.

Il pouvait sentir l'humus et la sève fraîche, apaisant ses angoisses et venant ourler ses babines sombres d'un sourire bien singulier. Il lui tourna autour pour l'observer sous toutes les coutures, mais n'osa pas grimper sur son siège ou le toucher encore. Il jeta un coup d’œil prudent vers Elis, pour surveiller ses propres fais et gestes, mais finit par se concentrer sur le trône végétal et vint à s'allonger devant lui, avec un lourd soupir échappé à sa gueule entrouverte. Il tira la langue pour respirer plus profondément, oreilles droites et en posture du sphinx, prêt à bondir sur ses pattes au moindre signe de mouvement. Puisqu'il avait terminé de regarder sous toutes les coutures le sièges d'écorces et de branches, il s'intéressant au reste de l'enclave alors qu'il humidifiait sa truffe d'un grand coup de langue avant de se lever et d'approcher du bord de leur estrade. Cette brume ne lui inspirait pas confiance et il hésitait à illuminer les lieux de quelques feux follets celtes, l'un des derniers héritages de sa lignée de sorcier. Il n'osait pas faire de bruit, ne souhaitant pas attirer de nouveau les créatures ou pire : l'esprit qui les dirigeait, leur chef ou quoi que ce soit qui les ait incité à les emporter jusqu'ici. Il ne voyait pas le sol au delà de leur hauteur et n'avait pas franchement envie de plonger dans cette brume... regardant autour de lui, il chercha un caillou -encore- ou quelque chose qu'il pourrait jeter dans l'inconnu de ce brouillard. Toutefois, Imrinn prit bien garde de ne pas casser, arracher ou même cueillir quoi que ce soit du trône végétal ou des autres. S'il n'y avait rien, alors tant pis, il pourrait toujours demander à Elis de jeter un bout de sa tenue et voir ce qu'il se passait...

Jeu 6 Avr - 12:16
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Entre ces mains huileuses, Elis avait eu la bonne idée -et l'instinct de survie nécessaire- pour ne pas bouger. Venant d'elle, c'était un relatif exploit. C'est qu'elle ne tenait pas tant que ça à tomber, et que cramer la Chose était autant prendre ce risque que prendre celui de s'attirer les foudres de ses congénères. Non, vraiment, elle resta sage, s'essayant tout juste à apercevoir ses camarades d'infortune. Elle hurla quelque chose comme "rouquine ! Beau gosse !" quand ces derniers s'éloignèrent, dans un vain espoir de les ramener, ou de signaler qu'elle n'appréciait guerre d'être séparer d'eux. Imrinn, en revanche, restait non-loin. Dommage. En cas de nécessité reproductive, ce n'était pas avec le loup qu'Elis allait faire des miracles.

Lorsqu'enfin son petit corps rejoignit le sol, son regard était toujours attaché au centre de l'attention, à ces trônes. Il y avait bien ces autres portes, qui pouvaient servir d'échappatoire, mais elle n'y croyait pas. S'ils étaient entouré d'un essaim, leurs chances de fuir étaient minces. Surtout: s'ils avaient été déposés là, il devait y avoir une raison.
Elis suivit Imrinn dans ses premiers pas en direction des trônes. Comme lui, elle les observa, mais sans s'en approcher autant, néanmoins. Et sans renifler. En bonne humaine, elle n'avait pas ce réflexe. Elle n'en voyait pas non plus l'utilité, à moins que les trônes furent marqués de l'odeur d'une personne, ou de la mort. Ce ne devait pas être le cas, le loup ne lui transmit aucune découverte. Elis observa un instant l'emblème sur le trône de gauche, cherchant à le reconnaître, sans y parvenir. Hmpf. Lorsqu'elle observa à nouveau Imrinn, ce dernier cherchait un caillou. Mais quel chiot celui-là ! Ce n'était pas l'heure de jouer à la balle ! La sorcière leva les yeux au ciel, bras croisés.

"- Ces trônes ne sont pas à nous." Et ils n'étaient pas pour eux, fondamentalement. Elle en était certaine. Déjà, parce qu'il y avait trois trônes, et qu'ils étaient deux, avec une seule personnalité chacun -normalement. Ensuite… Elle n'aurait su le définir. Une sorte d'instinct lui soufflait que si un essaim déposait des individus devant des trônes libres, ce ne pouvait être que parce que leurs suzerains leurs manquaient. Elle passa à nouveau devant les deux autres trônes.
Pour elle, c'était clairement une demande. Une demande à devenir leurs régents. Quoi de plus logique ? Des trônes vides étaient des trônes attendant une paire de fesses. Dire qu'elle avait toujours fui l'idée de prendre la suite de son père… Elle ne pouvait pas, ici, décemment refuser. Pas si elle tenait à sa vie, ou à revoir les siens. Alors soit, elle acceptait le rôle, aux risques et périls de ce peuple. Le trône au centre seyait mieux à Imrinn, pour sûr. Celui de métal fondu lui irait à elle. Restait ce trône lunaire… Il allait manquer quelqu'un. Etait-ce grave ? Est-ce que cela empêchait la cérémonie, le couronnement ? Elis espérait que non. Elle n'avait pas encore le pouvoir d'invoquer à elle quelques lycans, créatures de Lune, ou déités.

"- Mais ces créatures me semblent chercher des régents. Venez, Imrinn,  prenez donc place qui vous sied."

Un regard autour d'elle et, lentement, solennellement, Elis se glissa vers le trône de métal fondu, où elle s'assit, bien droite, les bras posés sur les accoudoirs. D'un mouvement de main, elle s'offrit même une couronne de flammes, flottant au-dessus de sa tête. Voilà qui flattait son orgueil. Elle eut un grand sourire, finalement ravie d pouvoir ainsi se pavaner. Son regard se tourna vers Imrinn, guettant autant sa réaction que celles de leur environnement quand le loup viendrait à prendre la place qui, assurément, lui revenait.

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Jeu 6 Avr - 13:31
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Perdus



Le trône végétal semblait exsuder un très léger parfum de fleurs fanées, comme si le haut dossier avait un jour été orné d'une luxuriante végétation à présent dissipée, dont il ne restait qu'une légère empreinte mélancolique, telle que l'on en trouvait dans les maisons en deuil et les lieux de recueillement. La senteur se perdait dans celle que les lieux dégageaient, cette ambiance de délitement, d'ancienneté, l'humidité érodant lentement les autres saveurs que l'enclave avait pu abriter. Toute l'enclave transpirait de cette impression de perdition, les fresques des murs disparaissant lentement, les couleurs ternies et en partie disparue, les gravures érodées, ou morcelées, la brume dissimulant certaines formes ou dimensions, appauvrissant encore les lieux. Aucune lueur ne faisait réellement le compliment de l'ensemble, et la seule raison pour laquelle les deux intrus pouvaient observer leur entourage provenait de cette source invisible d'une luminosité sinistre, filtrant au travers de la pierre, émanant des formes qui s'ébauchaient… Il n'y avait aucune trace d'un quelconque brasero, ou du moindre lampion, comme si le lieu n'en avait jamais connu. L'espace était pourtant assez large pour permettre d'installer de nombreux lustres si l'envie s'en était dévoilée. Les trônes se trouvaient au centre de l'espace circulaire, en hauteur, en comparaison de la cuvette qui se creusait, s'emplissant alors de brume, puis s'élevait de nouveau vers les sorties, six en tout. Des constructions de bois écroulées ne donnaient pas le moindre indice sur ce qu'elles avaient pu être par le passé, le bois était rongé et vermoulu, presque croulant par instant.

De nombreux petits morceaux des marches de pierres gisaient, fracassés, alentours, crissant parfois sous les pieds et les pattes. La chute du corps menu sous la brume prit fin rapidement, dans un petit claquement matifié. Il n'y avait pas un mètre entre le bord de l'estrade et le sol, et rien ne bougea en réponse à cette légère sollicitation. Quoi que dissimule la brume, cela n'était pas animé. Pas plus que les trônes, qui se tenaient là sans bouger, comme des reliques perdues. Ce qu'Elis put voir de l'emblème de gauche ressemblait vaguement à un entrelac d'arabesques mais l'imagerie était bien trop attaquée pour que son sens et sa forme exacte puissent transpirer. Lorsque la jeune sorcière commença à s'installer, ce qui restait du sceau commença à briller, lentement, à pulser, comme d'un cœur battant. Une douleur brûlante vint exploser dans le corps de la sorcière, dont la peau fut soudainement marquée au fer rouge de la marque du trône, le haut dossier refusant soudainement qu'elle se relève, l'emprisonnant d'une magie puissante et impossible à dissiper, comme des griffes de fer et d'acier qui plongèrent bientôt dans son esprit, fauchant ses pensées et la projetant au travers d'un espace dimensionnel incompréhensible. Les yeux d'Elis se révulsèrent, son corps se raidit alors que la connaissance, les souvenirs, affluaient en elle comme un torrent de montagne vif et impitoyable….

Les images défilèrent, d'abord cette même enclave, brillante, chatoyante de couleur, emplie de formes de vies variées, rayonnantes de magie. Certaines étaient connues d'Elis, des fées, des gobelins, des trolls, d'autres étaient inconnues et étranges. La sorcière voyait par les yeux de celui ou celle qui avait siégé sur le trône. Elle tournait la tête dans des mouvements qui n'étaient pas les siens, se relevait, discourtait dans une langue qu'elle ne comprenait pas. La foule l'acclamait. La scène changea alors, se faisant sombre, seuls des feux follets illuminaient les lieux, la foule des créatures semblait apeurée, hagarde… Elis ressentait en elle-même les sentiments qui se dégageait de l'image tremblotante mais vive, le sentiment d'urgence et de résignation, une terreur sourde, tellement viscérale qu'elle déchirait les tripes, emplissait chaque recoin de son être. Une intense conscience d'un trépas inévitable et tout proche la tiraillait. L'être qu'elle incarnait avait su, sans le moindre doute possible, qu'il allait mourir, que rien ne le protégerait. Le sentiment d'impuissance, de ne pouvoir s'enfuir nul part, était aigre, rongeant une volonté pourtant de fer, mobilisée toute entière pour le faire rester sur place. De nouveau, la scène changea, la brume s'élevait lentement dans la salle vidée, ne restait que l'être, et deux autres présences toutes proches. Les ombres s'allongeaient… Le sentiment de terreur atteignit son paroxysme, si atrocement présent qu'il pénétra la salle dans la réalité et se transmit à Imrinn qui, à son tour, pu contempler l'avancée des ombres dans le souvenir éveillé par la jeune fille.

Tous deux n'eurent qu'un très bref aperçu de ce qui s'avançait, une forme distordue, avec un long cou, et de longs membres maigres, non sans relations avec les choses qui les avaient portés jusque là… Puis soudainement, une monstrueuse folie s'empara d'eux, et ils furent repoussé vers la réalité. La lueur de l'emblème s'éteignit, et dans un craquement morbide, le trône se fendit en deux….



Dim 9 Avr - 20:45
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L'étrange sous la normalité : La Bête du Gévaudan
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Il aurait aimé que ses yeux le trompent, qu'il ne voit pas cette jeune pimprenelle s'asseoir sur l'un des trônes étranges comme si cet endroit lui appartenait. L'apparition de la couronne enflammée, son air satisfait et ce sourire qu'il aimerait lui faire ravaler... L'immense Bête du Gévaudan coucha les oreilles en un mélange de dépit et de colère sourde. Le voile pourpre à ses yeux plissés se couvrit d'un lustre plus sombre, bien plus ferreux alors que ses babines se gonflaient d'un grondement à peine esquissé. Par les Dieux ! Ne pouvait-elle prendre toute cette histoire au sérieux pendant plus de cinq petites minutes ? Les poils en son dos se hérissèrent et il courba légèrement l'échine d'un frisson de mauvais présage. Ce lieu n'était pas le leur ! Il tombait dans l'oubli des mémoires, l'oubli que même le temps répugnait à en laver la présence, réluctance immuabilité dont les affres rongeaient arrêtes et motifs aux sculptures qui les surplombaient. Une sourde inquiétude vint à nouer les tripes de la créature, pattes fermement plantées sur la roche lisse de leur estrade, sens aux aguets sur les quelques secondes qui précédèrent l'incident. Il ignora l'invitation de sa cadette, refusant de poser ne serait-ce qu'un coussinet, une griffe ou même une moustache, sur le siège du trône végétal. L'odeur pourrie des fleurs de jadis lui retournaient l'estomac dès qu'il y pensait et pour rien au monde il ne voudrait à nouveau s'en approcher. Cet endroit était mort et si ce n'était par la force des événements, jamais l'ancien druide n'en aurait dérangé le repos mélancolique.

La soudaine pulsation, en partie effacée, de l'entrelacs qui ornait le vestige à l'extrême gauche, vint à faire sursauter l'immense loup dont les poils se hérissèrent davantage encore à la surprise et la vive inquiétude qui le saisirent. Sa truffe remua, cherchant à l'instinct les relents d'une magie quelconque tout en sachant qu'aucun sens mortel ne pourrait l'identifier. Puis ce fut un autre sursaut, un autre corps pris au dépourvu de cette soudaine réaction, qui fit tourner le chef à l'animal à l'opposé du trône lunaire. La vue d'Elis, fixe comme une statue, aux yeux révulsés et aux muscles contractés, suffit à secouer l'ancien Druide qui chercha à s'élancer vers elle pour l'expulser de ce mauvais tour. Qu'avait-elle donc provoquée !? N'était-elle jamais las de créer uniquement des ennuis où qu'elle se trouva ? L'inquiétude pour l'enfant surpassa la colère de son acte irréfléchi, bien qu'Imrinn aurait aimé pouvoir autant la serrer dans ses bras que lui administrer la gifle qu'elle méritait cent fois pour son imprudence. Il ne lui fallu qu'une poignée de foulées pour attendre les abords du trône de fer et alors qu'il ouvrait la gueule dans l'idée de saisir l'enfant par le devant de son habit, il fut foudroyé par un sentiment que trop éprouvé au court de sa longue vie : la peur. Yeux écarquillés, la carcasse du loup noir se figea avant de se mettre à trembler aux visions qui lui étaient imposées. La Bête gronda, tenta de secouer du chef de droite et de gauche, comme si l'agitation de ses pensées permettrait à celles ci de s'éclairer à nouveau au regard de sa propre lucidité.

Peine perdue cependant. La vue de cette créature de cauchemars s'imprégna à son esprit comme la marque d'un fer rouge en son cuir. Un cri étouffé par sa gorge serrée ne lui arracha au final qu'un hoquet étranglé, nerveux et il fut pris d'un tremblement brutal. Papillonnant des yeux quelques secondes, le craquement sinistre du trône suffit à lui faire reprendre ses esprits ; sa gueule se ferma sur les vêtements d'Elis et il l'arracha au siège de métal pour la jeter sans aucune douceur au sol de roche à quelques mètres de lui. La sorcière semblait inerte, peut-être en catatonie ou bien en arrêt respiratoire ou cardiaque... D'un bond puissant, il fut au dessus d'elle et l'observa avant qu'il ne vienne lui administrer un massage en pressant d'une patte ferme sur son thorax, au rythme d'un cœur vigoureux devrait posséder. Il ne fallu qu'une poignée de secondes à cette stimulation hâtive pour que la fille du nord ne reprenne un souffle rauque et ne semble à nouveau marcher parmi les vivants. Plus que jamais, Imrinn regrettait de ne pas posséder de mains tant il aurait aimé la serrer dans ses bras sur l'instant. Posté au dessus d'elle, la couvant de sa silhouette massive, il ne pu s'empêcher de lui aboyer d'une voix rauque et rêche d'inquiétude lacée à la colère d'une peur rarement éprouvée :

« - Imbécile !!! Que croyais-tu faire !? Ce lieu n'est pas un terrain de jeu !!! Nous ne sommes pas les héros de quelques contes, entends-tu mes mots !? Cesse de prendre tout cela à la légère ou tu finiras par nous faire tuer ! Cette chose... cet endroit tout entier a subit un délitement ou pire... il s'est confronté à une créature dévorant les Dieux ou leur équivalent !!! Nous ne sommes... Nous ne sommes que des miettes en comparaison et nous devons réfléchir pour espérer sortir d'ici. »

Gueule entrouverte sur un souffle chaud, babines retroussées sur une gencive rouge parée de longs crocs ivoirins, il aurait pu lui arracher la tête d'un coup de mâchoire s'il l'avait désiré. A la taille d'un cheval, bouclier érigé en une particule vague à la couleur d'un ambre chaud, la Bête du Gévaudan lui lança un dernier regard courroucé.

« - Songe à ta famille, enfant du Nord. Si tu désires la revoir, cesse de jouer et rassemble tes esprits. Nous devons agir ensemble et communiquer avant de faire n'importe quoi. »

Il releva le museau vers les alentours, craignant que la brisure du trône n'ait attiré de mauvaises intentions.

« - Cette chose dans la vision... semble familière à celles qui nous ont entraîné ici. Ces créatures ne cherchent pas à nous voir sur les trônes, mais probablement... à la digestion de leur alpha... ou que sais-je. Qu'as-tu vu d'autre, petite ? Qui étaient les seigneurs de ces lieux avant l'incident ? »

Imrinn s'écarta d'elle et renifla l'air avant de dresser les oreilles et d'écouter les secrets lacés dans les échos de cette immense enclave.

« - Je peux éclairer cet endroit de feux follets. Cela peut être à notre avantage, mais indiquera aussi notre position pour les rares choses qui n'en avaient pas encore connaissance. »

Il désigna du chef l'une des sorties.

« - Nous devrions chercher le couvert de ces couloirs. Je ne désire pas être à nouveau emporté dans les airs et pincé par ces monstres... »

Mar 11 Avr - 16:48
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Le retour à la réalité fut douloureux. Si Elis n'avait pas été aussi engourdie par ce qu'elle venait de vivre, sans doute aurait-elle dressé son bouclier d'un coup, expulsant le loup qui la sauvait au loin. Elle avait toujours été ingrate, cela ne l'avait jamais vraiment dérangée. Ce qui la dérangeait, en revanche, c'était le poids de ses sales pattes sur son torse ! De même, s'il avait pu cesser de hurler en sa tête, ç'aurait été un bienfait. La fille du Nord avait eu peur, elle avait craint et observé la mort, contemplé le visage de la folie. Elle aurait voulu hurler, pour que l'unique son de sa voix la protège de tout. Elle ne l'avait pu. Son coeur battait encore trop fort, elle avait encore peur. Elle avait mal, dans son dos, là où le sceau s'était ancré. Ses muscles ne lui répondaient pas encore, les traits de son visage restaient inertes, ses yeux seuls témoins de sa terreur. Elle aurait voulu retrouver son dieu, même mentalement, pour se blottir contre lui. Ou Kaveh. Il l'aurait consolée, à sa façon, c'était sûr. Et lui au moins, il faisait attention à son haleine.

Le loup parlait trop vite à son goût. Elle parvint néanmoins à accrocher quelques mots, le temps de parvenir à tous les saisir. Cesser de jouer… Elis voulut parler, n'y parvint pas tout de suite. Sa bouche lui semblait aussi pâteuse et molle qu'après une nuit complète de sommeil. Elle l'humecta comme elle le put, mais déjà le loup était reparti à parler… Dommage. Parce qu'elle avait exactement la réplique adéquate pour ces situations où on lui donnait des ordres:

"- Je n'obéis pas même à mon père, crois-tu vraiment que je vais t'écouter ?"

Lentement, Elis se redressa. La douleur qui lui parvint lui indiqua exactement de quel côté le loup l'avait faite tombée. Bigre, elle avait vraiment laissé son bouclier de côté ? Ce n'était pas bon, ça. D'une main, elle massa son épaule endolorie, tout en observant son camarade de mésaventures. Lorsqu'enfin elle se sentit à nouveau apte à parler, lorsqu'enfin le loup lui laissa un fragment d'air pour y mettre le son de sa voix, elle répondit alors, d'une voix plus faible néanmoins que précédemment:

"- Ne te fatigue pas, je m'occuperai de la lumière. Pour moi, il y a différents individus, avec des buts différents. Ceux qui nous ont emmenés ici n'ont pas les mêmes buts que… L'Autre." Il n'y avait pas de nom, et rien pour décrire cette forme immense qui avait figé d'horreur son réceptacle. "Nous avons été emmenés ici pour que ce lieu reprenne ses couleurs. Et ceux qui trônaient jadis en ces lieux ne nous ont pas laissés sans armes. Ils avaient prévu quelque chose." Sans plus de cérémonie ou de pudeur, Elis retira ce qui lui servait de haut, montrant à Imrinn la marque gravée sur sa peau, en son dos. L'emblème. Elle l'avait senti se graver en elle avec tant de puissance qu'elle aurait pu le dessiner, désormais, sans jamais l'avoir vu. "Il doit avoir son écho quelque part, ailleurs, dans un endroit protégé. Nous n'avons plus qu'à le trouver, et… J'imagine que cela activera la dernière sauvegarde, ou quelque chose du même genre."

La vérité ? Elle espérait sérieusement que c'était bien cela, et que d'anciennes puissances avaient prévu quelque mécanisme pour vaincre ce qui ne pouvait l'être. Sans quoi, elle doutait que leurs deux fragiles forces puissent faire quoi que ce sont. Enfin, si, elle avait bien une autre idée, mais encore moins fiable que celle-là -c'est dire.
Se levant, la jeune femme ramena son t-shirt contre elle, à la manière d'un doudou, tout en observant les alentours. Elle s'accrochait à cette marque qui lui brûlait le dos comme à un unique espoir, une unique protection. Si les monarques avaient bien conçu leur filet de secours, peut-être même cette marque pourrait-elle leur mettre en évidence un chemin qu'eux seuls pourraient voir. Enfin, "eux"… Elle, en tout cas. Pour le moment.

"- Les seigneurs de ces lieux.. Ce sont nous. Allez, Imrinn. Récupère ta marque, toi aussi, et allons chasser la partie manquante."

Elle ne lui laissa pas vraiment le choix, mais c'était là de bonne guerre. La sorcière tendit une main vers la bête du Guevaudan, la souleva de Terre comme un vulgaire chaton, pour la diriger au-dessus du trône végétal. Alors, seulement, elle le fit s'assoir, avec une douceur toute relative à celle dont le loup avait jadis usée à son encontre.

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Lun 17 Avr - 19:14
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Perdus



L'immense loup fut saisi par les griffes invisibles et impalpables de la magie, par cette même puissance qui s'était précédemment emparée de la jeune sorcière. Mais là où le trône de fer s'était fait violence, le trône de terre se fit impérial, appelant l'esprit du grand loup vers les souvenirs contenu en son cœur profond et caché, tandis que sur la peau lupine, le sceau se gravait. La scène apparue bientôt, vivace, vibrante, d'une magnifique salle encore pleine de nature, la roche couverte de plantes, des arbres poussant au bas des marches du piédestal… Le lieu était inondé de soleil, lumineux physiquement et psychiquement, et plus encore par les yeux qu'Imrinn emprunta. La conscience que l'ancien druide venait de rejoindre était profonde, ancienne, et bienveillante, paternelle, bien que royale dans sa vibration unique. Les yeux se tournaient de droite et de gauche, puis, effectuant un tour complet, vinrent à prendre la mesure des trois trônes. Une certitude naquis à cet instant dans le cœur de l'entité, une assurance et une plénitude sans ombres… Ces trois objets représentaient le centre du royaume, des dons, reçus des trois peuples majeurs des vallées de lumière. Seul le trône de terre et de bois était occupé, lui seul avait trouvé son possesseur, mais les autres viendraient en temps et en heure. L'entité le savait. Elle n'avait pas peur. Une puissante odeur d'humus, et le parfum des fleurs s'éleva avec une soudaine bourrasque qui fit danser les ramures, bruisser les feuilles… Au loin, les rires d'un enfant tintèrent, plus précieux que le plus précieux des chants d'oiseau.

Puis l'image changea une première fois, la lueur se fit plus ténue, ambrée, profonde, baignant la large enclave, alors qu'une cour bigarrée et étrange s'y ébattait. Les créatures étaient, pour certaines connues, fées, faunes, elfes… d'autres étaient inconnues, du druide mais non de l'entité qu'il avait rejoint et qui les observait. C'était l'automne et les feuilles tombaient, dorées, sur le sol de pierre blanche. Une douce musique jouait, apaisante, et pourtant lorsqu'une vox s'éleva à sa droite, le coeur de l'entité se serra douloureusement, comme dans l'attente de quelque inévitable malheur. « J'ai fais un rêve cette nuit » fit une voix flûtée, qui ressemblait à une trille d'oiseau. La vision montra une femme, intemporelle, petite et menue, aux longs membres délicats. Elle avait la peau blanche, et vert de mousse par endroit, et elle était nue, sans attributs sexuels visibles. Son visage étroit avait une beauté étrange, loin des canons humains, avec des traits très affirmés, un visage rappelant vaguement une feuille par sa forme, et de longues cornes annelées et courbées. Ses yeux immenses étaient virides, et cerclés de noir. Ses lèvres comme de petits bourgeons bougeaient très vite quand elle parlait, plus vite que ce que le son humain parvenait à produire. Sans doute l'oreille de l'entité était-elle habituée. Sa lourde chevelure d'un roux passé, comme une feuille d'automne, tombait en larges boucles fournies sur ses épaules.

« J'ai vu le soleil plongeant dans l'eau, et la nuit qui ne s'étiolait plus » Elle semblait pensive, préoccupée, sa mine délicate froissée, et chassa avec une extrême prudence une feuille de son sein à peine dessiné, pour la déposer sur le bord du trône lunaire sur lequel elle était assise. « J'ai vu quelque chose qui n'était ni nuit ni animal, sortir de l'eau dans cette nuit sans fin… Frère ne voulait pas que je vous en parle, mais je suis curieuse. Croyez-vous qu'un nouvel œuf ait éclot ? » La réponse de l'entité se perdait dans les remous tandis que la vision changeait de nouveau.

Cette fois, l'enclave était nocturne, des feus allumés par les centaines de créatures effrayées rassemblées en contrebas. L'entité ne s'exprimait pas, c'était une voix d'homme qui parlait, haute et franche, musicale mais altérée, aux sens aigus du trône central, par une infime trace de peur. La voix haranguait la foule, semblant chercher par tous les moyens à lui donner courage. Puis elle se tut et l'entité se leva du trône de bois pour s'avancer à son tour jusqu'au bord de pierre. Ses paroles furent brèves, un ordre sans doute, car les créatures commencèrent à s'éloigner en murmurant entre elles. Lui se tourna vers la femme, la prenant à part. Ils marchèrent tous deux vers l'un des bords de l'enclave et un arbre à présent disparut. La créature était petite, à peine plus haute qu'un enfant de onze ou douze ans humain, mais elle n'avait aucun mal à soutenir le rythme de la marche et vint se percher sur le tronc argenté. « Êtes-vous certain de le vouloir père ? Nous ne savons pas si c'est seulement possible... » L'entité semblait agréer, et de nouveau, le reste se perdit. Une impression resta néanmoins, dans l'esprit et le cœur d'Imrinn, une résolution mêlée de résignation. Il revint à lui sur le souvenir imbriquer du rire enfantin, cristallin à en émouvoir les pierres… Un rire qu'Elis perçu à son tour, alors que dans l'éveil, la jeune sorcière s'était soudainement retrouvée en présence de plusieurs créatures aux longs membres, et de la jeune cornue.

Elle s'était approchée, furtive comme une ombre, sans avertir de sa présence, et s'était simplement tenue là, jusqu'à ce que le loup soit relâché par le trône, celui-ci se fendant dans un terrible craquement qui lui serra le cœur. Son petit visage, grave, ne frémit pas, pourtant, et elle se contenta de passer de la sorcière au grand loup sans un mot. Après un long moment, elle soupira, et s'exprima enfin : « Vous devez être épuisés, esprits du dehors. Accepterez-vous de me suivre ? »



Lun 17 Avr - 21:05
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De tous les mots qu'elle aurait pu choisir, de toutes les réponses qu'elle aurait pu lui donner... pourquoi dû-t-elle choisir ceux là !? Il ne cherchait pas à se faire obéir, seulement à se faire entendre et distiller dans l'esprit de la jeune fille une once de bon sens ! Qu'elle soit fille d'Austar ou bénie par le Dieu de la Discorde... cela devait-il forcément imposer à ses décisions une telle insouciance ? Choquée, l'immense créature observa la frêle mortelle avec des yeux légèrement écarquillés, non pas troublée par le fait d'être ainsi mouchée, mais bien par l'insolence absurde dont l'autre faisait preuve. Malgré ce qu'ils venaient de voir, de vivre... Leur cas n'était-il pas suffisamment grave pour qu'ils s'épargnent ce genre d'attitude rebelle et immature ? Lentement, Imrinn coucha les oreilles et retroussa les babines en la mimique du sentiment désabusé que lui inspirait sa compagne d'infortune. Puah ! La jeunesse de ce siècle... L'espace d'une seconde, il fut tenté de la laisser là et de partir quérir sa propre voie, sa propre liberté. Il n'en pouvait plus de ce lieu et de toute cette obscure mascarade. Il y avait tellement plus urgent à traiter dans leur réalité ! Qu'était-il advenu du Réanimateur ? Qu'était cette vague de froid ? Qu'en était-il du Cénacle et de Lord Pryam Earl ? Comment se retrouvait-il ici sans qu'aucune autre des personnes présentes avec lui dans le Siège ne soient à ses côtés ? Tant de questions, tant de temps perdu dans cette dimension inconnue ! Qu'était-il advenu des deux autres mortels ? Étaient-ils morts ou bien libérés de cet endroit ? Pourquoi avaient-ils été divisés de la sorte ? De nouvelles questions et si peu de réponses ! La curiosité d'Imrinn l'empêcha ainsi d'abandonner la jeune sorcière et il regarda une fois de plus les alentours, méfiant.

Truffe baissée sur le sol, le loup du Gévaudan finit par revenir aux abords de l'estrade et renifla cette fois la brume, n'écoutant Elis que d'une oreille distraite bien qu'elle prononça quelques hypothèses fort intéressantes, voire même pertinentes pour certaines. Il n'était cependant pas de son avis quant à l'idée saugrenue d'être ici pour remplacer de quelconques divinités ou seigneurs locaux. Ni l'un, ni l'autre n'en avaient les épaules et prétendre l'inverse serait une insulte pour les créatures qui avaient jadis trôné en cet endroit. Il tourna cependant la tête en l'entendant retirer quelques couches de vêtements et ce fut d'un regard lisse et désintéressé qu'il contempla la marque qui s'était gravée dans sa chair pâle comme un fer chauffé à blanc. Il retroussa légèrement la truffe avec dégoût, affligé qu'un corps si jeune ait déjà à porter pareille mutilation et coucha davantage encore les oreilles, cependant il refusa de s'étendre sur le sujet. Il avait été suffisamment clair sur ce qu'il pensait de ses actions et ne désirait pas y revenir. Sa désapprobation était cependant palpable alors qu'il détournait à nouveau la gueule pour s'intéresser plutôt à la géographie alentours et notamment aux nombreux couloirs bien plus prometteurs à son sens que les trônes. Il allait d'ailleurs descendre d'un bond souple quand il sentit la pression télékinétique de la jeune sorcière se refermer sur lui en une main immense et impalpable. Figé lors d'une fraction de seconde, estomaqué par l'audace de cette dernière, il poussa un grondement sourd d'avertissement alors qu'il luttait farouchement contre la volonté de sa cadette. Il arqua les pattes et planta les griffes dans la pierre, créant des sillons alors qu'il était traîné sur quelques mètres. Il confronta sa propre magie à la sienne, mais le gouffre des générations était bien trop important pour qu'il puisse vaincre.

« - ASSEZ !!! Relâche moi sur l'instant ! Elis Sihvonen, je ne goûte pas la plaisanterie !!! Arrête immédiatement ! Je ne VEUX pas toucher ce trône ! Tu m'entends !? Tu n'as pas... »

Il sentit ses pattes quitter la surface froid et il fut soulevé dans les airs comme s'il ne pesait rien, lui et ses quatre cents kilos. A la vision des trônes qui se rapprochaient, la Bête du Gévaudan rua et gronda de plus en plus fort, abandonnant le phrasé des hommes pour adopter celui des animaux. Sa conscience s'estompa dans la panique et la colère. Le rouge de ses yeux se mit à luire d'une haine et d'une rage incommensurable, d'une soif de sang et de souffrance pour la bipède qui forçait sa volonté sur la sienne. Il avait déjà vécu l'asservissement d'une sorcière et ne désirait pas le subir de nouveau. Les deux braises ardentes et bestiales se fichèrent dans celles d'Elis, lui promettant milles souffrances dès l'instant où elle relâcherait son emprise. Il la tuerait, romprait ses os et déchiquetterait ses chairs pâles, dévorerait son cœur et répandrait ses tripes sur le sol. Babines retroussées, les crocs d'ivoire se lustraient d'une bave affamée et la gueule entrouverte de l'énorme créature laissait entendre un râle lacé de grondements viscérales, roulant hors de sa gorge comme une avalanche sinistre. Tous les muscles bandés, sa silhouette sombre se sculptait sous la fourrure hérissée par sa colère, puissance tremblante à l'aune de ses liens invisibles comme autant de chaînes le muselant... pour l'heure. Puis ce fut l'obscurité alors qu'à la magie de la sorcière de feu, se succédait celle impériale du trône de bois. Les premières images, les premières secondes de cette vision furent gaspillées par la conscience animale de la Bête qui n'y comprenait rien. Les sons et les couleurs n'eurent pour effet que de l'apeurer, puis à la caresse de la présence du souvenir, de l'esprit séculaire de l'être ayant siégé ici au temps de jadis, toute la haine et l'incompréhension de la créature refluèrent et Imrinn fut à nouveau conscient de son environnement.

Les visions se succédèrent, créant en l'esprit du vieux Druide un sentiment confus entre ses propres émotions et celles de l'entité dont il avait brièvement occupé la réminiscence de souvenirs. Il sentait la marque chauffer son cuir, entre ses omoplates, brûlant la fourrure pour marquer ses chairs d'une nouvelle cicatrice indélébile. Les parcelles de mémoire que l'on venait de lui distiller, si elles n'eurent pas raison de sa colère, furent au moins suffisantes pour calmer sa frénésie. Ce fut donc sa part humaine qui émergea de cette transe forcée et alors que l'immense loup s'effondrait du trône brisé, il prit sur lui quelques secondes pour ravaler sa rancœur afin d'être capable de confronter Elis sans éprouver le besoin de lui arracher la gorge. Les yeux clos, il inspira profondément, puis expira tout aussi doucement avant d'enfin se relever sur ses quatre pattes. Échine courbée, il dressa les oreilles au bourdonnement de cette voix étrangement familière et posa sur la minuscule créature un regard désabusé et fatigué. Il ne s'agissait cependant pas d'un épuisement physique, mais bien celui du temps et du mental. Déçu par Elis, dont il refusait d'accorder la moindre attention tant que sa colère ne se serait pas apaisée, la Bête du Gévaudan était aussi dépité par ce destin qu'on lui forçait. Il soupira encore une fois et vint à s'asseoir sur ses postérieurs, contemplant les créatures obscures puis la petite femelle... ou quoi qu'elle fut en réalité. D'un ton de voix grave et solennel, il répondit à leur hôte :

« - Je vous présente mes excuses, il n'était pas de mes intentions d'en arriver à cette action. Je regrette sincèrement le saccage de vos trônes et l'insolence de nos actes quant à l'observation de vos souvenirs conservés en ces marques. »

Il marqua une pause, reprenant son souffle avant de poursuivre :

« - Personnellement, j'apprécierai davantage des réponses ainsi que l'indication d'un moyen de retourner dans notre propre réalité. Le temps presse, sachez-le et ma patience a été grandement épuisée depuis notre arrivée. Je coupe les civilités de façon bien peu courtoise, j'en ai conscience, cependant ce lieu n'est pas mien et j'aimerai avoir aussi peu d'attachement que possible... quand on m'en laisse le choix. »

Acerbe, le grand loup coucha les oreilles et posa un regard plein de ressentiment sur la jeune sorcière, museau légèrement plissé et poil du dos toujours hérissé. Il claqua de la langue avec mépris puis détourna la truffe de l'autre côté, essayant de ravaler ses pulsions carnassières et préféra se plonger dans la contemplation du trône végétal brisé, préférant sombrer dans la mélancolie qu'une nouvelle vague de rage.

Jeu 20 Avr - 15:05
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Entendre le druide séculaire râler et ordonner sans parvenir à se défaire de son emprise était un jeu ravissant pour la cruelle enfant. Elle eut un petit sourire, ravi, quelques fragments d'un rire juvénile. Comprendrait-il, ce grand louloup, que c'était elle la patronne ? Que si l'un d'eux pouvait décider pour deux, ce n'était pas celui avec la gueule pleine de croc qui serait obéi ? Pour une fois, Elis jubilait de la puissance dont elle avait hérité. Au final, qu'Imrinn comprenne par son geste que son idée était la meilleure, ce n'était qu'un détail. Elle s'amusait bien. Loki aurait été content. L'absence de leur lien n'impliquait pas qu'elle cessât de l'honorer comme il lui seyait.

"- Nan, je t'entends pas."

Cette insolence, dévoué, c'était la sienne. Une insolence de petite sorcière élevée au bon grain de discorde. Son habit serré contre sa poitrine comme si elle avait eu quoi que ce soit à cacher, elle admira le spectacle, s'avouant néanmoins déçue du soudain changement lorsque le trône s'empara d'Imrinn. Plus un geste, pas même une expression bizarre sur son faciès canin… Elle l'aurait imaginé, au moins, gigoter, parler tout seul, bref, lui donner quelque ravissante vision à se mettre sous la dent ! Et comment allait-elle savoir ce qu'il voyait ? Non, vraiment, ce grand druide la décevait. Un instant, il lui vint l'idée de tracer sur le poil de la bête du Guevaudan quelques moustaches qui lui aurait donné un air de vieil artiste, ou de jardinier, ou de ces cuisiniers français… Pour une fois dans sa vie, son instinct de survie s'activa, lui murmurant un "non" dont elle ne comprit ni l'origine ni la raison. Elle mit cela sur l'absence de peinture à sa disposition.

Il en mettait, du temps, l'animal ! Ses visions à elle avaient été moins longues… Dans son souvenir. Elis eut le temps de reprendre son souffle et son courage, se remettre un peu de ses émotions, puis commencer à s'ennuyer. Une fragile lumière au bout de ses doigts, elle avait commencé, curieuse, à faire le tour des trônes, chercher la trace des mécanismes magiques en eux, observer le plafond, le sol, autant que cela était possible, et les portes à leur disposition. Elle tenta d'entrevoir ce qui pouvait se cacher derrière certaines d'entre elles, et regretta d'être liée au feu plutôt qu'à la terre, à travers laquelle elle aurait pu entendre et deviner ce qui leur était caché. Oh, avec le feu, ce devait être possible aussi… À condition de tout camer. Cette fois-ci, ce fut son instinct d'archéologue qui s'offusqua, refusant que l'on abimât quoi que ce soit qui n'eut été décortiqué et disséqué au préalable.

Le rire fit sursauter Elis, la sortit de ses scientifiques tracas. La peur revint lui attraper son coeur, comme une épée de Damoclès au-dessus de ce dernier. La présence de ces silhouettes aux longs membres n'était pas pour la rassurer. Ses grands yeux de ciel virèrent vers Imrinn, réflexes d'une créature jeune à une plus ancienne, avant de remettre en question la capacité d'un loup qu'elle avait transporté comme une peluche à pouvoir les protéger. Au moins savait-elle maintenant que le loup était réveillé. Il devait s'être mieux débrouillé qu'elle, puisqu'il n'était point revenu seul. Mieux… Ou moins bien, selon la nature de ce qu'il avait ramené.

Elis avait remis son haut entre-temps, elle était présentable selon les normes sociales de l'Endroit. Elle fut tout de même ravie d'entendre Imrinn prendre la parole en premier, lui évitant ainsi d'avoir à bafouiller tant son esprit peinait à trouver ce qui lui était nécessaire de faire pour survivre. Pas d'indice, pas moyen de tricher, et pas le temps de faire des recherches… Les choix se feraient quoi qu'il advienne sans cette liberté qu'apportait la connaissance des conséquences et avenants à leurs décisions. Rien qui puisse apaiser ou conforter la petite sorcière. La "femme" qui leur faisait face avait une beauté qui lui était propre, ne semblait pas tant dangereuse malgré ses cornes; mais ses "amis" suffisaient à élever le doute quant à elle.
Il n'y avait que l'attitude du loup qui pouvait éventuellement faire sourire Elis mentalement et lui rappeler ses exploits. Mais les savoir plus ou moins dissociés n'était pas non plus le comble de l'apaisement. Elle félicita mentalement la bête du Guevaudan pour ses mots: au moins devinerait-on peut-être la position des créatures suite à leurs réactions quant à la profanation des trônes. Savaient-ils les conséquences de leurs actes ? Est-ce qu'Elis aurait dû enlever ses vêtements et leur montrer sa marque ? Mh. Nan. Clairement pas. Ou du moins, pas sans en savoir plus sur eux.

D'un point de vue plus sincère, Elis aurait volontiers accepté un fond de thé. Elle ignorait combien de temps s'était déroulé, mais ils ne tiendraient pas éternellement sans boire ni manger. Elle reconnut à nouveau l'intelligence d'Imrinn dans son refus, quoi qu'un peu rude. Ils ne pouvaient pas encore accepter d'avaler quoi que ce soit dont aucun d'eux ne connut la nature. L'empressement à retourner en leur réalité était partagé par l'Enfant du Nord de part la peur qui se tapissait en elle, mais se voyait également calmé par l'envie qu'elle avait de connaître cet endroit. Rentrer chez elle en ne pouvant que dire qu'elle avait été "quelque part", et sans pouvoir y retourner pour fouiller, cela l'aurait profondément frustrée. D'une voix plus douce que celle d'Imrinn, et bien plus polie que celle qu'elle avait pu employer envers ce dernier, elle demanda:

"- Où sommes-nous ? Comment avons-nous réussi à venir ici ?"

[HRP: Imrinn, je t'aime toujours, hein éè ]

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Mer 26 Avr - 18:36
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Perdus



Le délicat visage de la créature ne sembla pas changer d'expression, et pourtant, quelque chose, dans l'atmosphère proche d'elle, dans sa posture et dans la tension qui palpitait dans la pièce suite à l'éveil de la magie des deux trônes, indiqua qu'elle semblait plus amusée et maternelle face à la réplique que vexée ou contrariée. Dans ses grands yeux, c'était un doux regret qui scintillait tranquillement tandis que ses lèvres fines s'entre-ouvrait légèrement pour lui permettre une respiration inaudible. Lorsqu'elle prit la parole, après que la sorcière se fut également exprimée, ce fut sans précipitation aucune, tandis qu'elle semblait considérer une situation à laquelle elle ne s'était pas du tout préparée. « Je ne sais pas » L'aveu se délita doucement dans l'air avant qu'elle ne reprenne pour les éclairer davantage de cette affirmation brutale sous ses dehors pourtant simplistes. « Je ne sais pas comment vous êtes venus jusqu'ici, je sais simplement que vous n'êtes pas de notre royaume » Son regard glissa sur les deux formes étrangères, puis sur les trônes brisés. Quelque chose passa alors sur ses traits, une sorte de soulagement, mêlé de peur. Pourtant, elle ne se laissa pas gagner par ces sensations, ou par la surprise de trouver là de parfaits inconnus, des formes de vie qui n'existaient pas chez eux, qui ne pouvaient avoir été enfantées par leur monde… Après un instant, elle s'avança afin de rejoindre un cercle plus restreint face aux étrangers, les créatures aux longs membres restant en arrière, sans qu'il soit possible de savoir s'ils étaient alertes ou non.

« Mais vous êtes effectivement épuisés, tant physiquement que moralement. Je comprend » Sa voix portait un petit quelque chose de lassé, le ton d'un homme de pouvoir rassurant son peuple lorsque lui-même n'a plus d'espoir. Elle avança une main pour la poser sur la fourrure du grand loup, lentement, et ne chercha dans un premier temps, pas à le rattraper lorsqu'il eut un mouvement pour l'esquiver. A la place, un soupire naquit de sa bouche, et du bout de ses doigts une douce lueur ambrée scintilla un bref instant avant de mourir tranquillement. Elle avait soigné la brûlure de la marque même si le signe existait encore car contre cette magie-là, elle ne pouvait rien faire. L'entité fit de même pour la sorcière, lentement, avant de reprendre la parole. « Ne voulez-vous réellement pas vous reposer ? Si vous m'accompagnez, je pourrai vous offrir un havre, au moins temporaire, et répondre à vos questions. Je crains de toute façon, druide, que vous n'ayez obtenu une très forte attache à ce lieu, contre votre volonté… » Elle se tourna de sorte à pouvoir les observer tous les deux en une fois, sans avoir à tourner constamment la tête d'un coté et de l'autre. Elle savait d'ors et déjà qu'au moins l'un des deux ne prendrait pas bien du tout ce qu'elle venait de leur dire. « Quand au nom de votre présente location… je suppose que je dois vous souhaiter la bienvenue à Beth'Mooora... »



Sam 20 Mai - 18:50
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Il ne savait pas quoi répondre. Le monde qui l'entourait sembla s'estomper et ne devenir qu'un brouillard grisâtre et indistinct. Le sang bourdonnait à ses oreilles, tandis que le choc de la nouvelle pesait lourd sur sa conscience étourdie. Son regard préserva une fixité dérangeante, rivé sur les trônes qu'il ne voyait plus, prenant avec difficulté la réalisation qu'il passerait dorénavant l'éternité en ces lieux décrépis, oubliés de tous. Abandonné. Car après tout, si la seule créature douée de conscience, en ce royaume, n'avait pas la moindre idée de comment les aider, qui le pourrait !? Certainement pas la pimprenelle qui l'accompagnait... certainement pas lui. Imrinn sentit ses pattes flageoler et il secoua la tête pour retrouver ses esprits et ce fut à cet instant qu'il vit leur hôte infortuné tendre une main en sa direction. Aussitôt l'animal hérissa de plus belle le poil, retroussa les babines pour révéler ses crocs en un avertissement silencieux alors qu'il s'écartait pour fuir le contact. Seul le bout des doigts menus effleurèrent ses poils, lui créant quelques frissons sur le flanc. Il posa sur l'inconnue un regard sévère, son éducation étriquée de noble écossais ne supportant pas d'être touché de la sorte dès une première rencontre. Cependant, en comprenant ses intentions -quoique en retard, du coup- il sembla s'apaiser et vint à courber l'échine pour laisser la petite créature atteindre sa marque et le soulager de la cuisante douleur qui cisaillait ses chairs.

Un souffle plus tard, remerciement à peine audible et la Bête se redressait puis s'ébrouait vivement autant pour remettre sa fourrure en place que pour achever de s'extraire de sa catatonie passagère. S'asseyant sur ses postérieurs, il prit le temps de considérer sa situation et regarda longuement les trônes puis leur hôte, les monstres longilignes et enfin la petite peste. A la vue d'Elis, il coucha les oreilles de colère et darda sur elle un œil lourd de ressentiment. S'il ne cautionnait pas la violence et la vulgarité, Imrinn était un être excessivement rancunier, il ne comptait pas baisser sa garde ni pardonner à la sorcière de si tôt. Revenant à un sujet plus important -et intéressant- il pondéra la proposition et se fendit d'un retroussement de babines qui pouvait s’interpréter cette fois en l’ersatz d'un sourire.

« - Je comprends. »

Gronda-t-il de sa voix basse et rocailleuse. Il se leva pour venir s'allonger près de la petite créature et l'invita d'un signe du museau à monter sur son dos afin de faciliter le trajet jusqu'au havre qu'on lui promettait. Il espérait aussi que ce geste pardonne sa méfiance de tantôt et qu'il puisse aussi composer avec la colère et la peur qui sourdaient encore au fond de son cœur. Le druide essayait de se raisonner : que pouvait-il réellement faire à présent ? Se morfondre dans un coin ou courir en tout sens ne servirait personne, surtout pas ses propres intérêts. De plus, une fois le choc de la nouvelle passé, vivre ici pour les siècles à venir n'était peut-être pas si mal que ça. Il y avait probablement tant à apprendre en ces lieux ! La curiosité viscérale de la Bête s'éveillait timidement aux possibilités immenses d'apprentissage qui s'offraient à lui. Ce sentiment familier agissait dès lors comme un baume sur ses craintes et ses terreurs.

« - Guidez-nous en ce cas. Je dois vous avouer que mon estomac cri famine, mais malgré mon apparence je ne suis pas un régime carnivore. Je prendrais volontiers tout ce que vous aurez à m'offrir. »

Il se releva, avec ou sans l'hôte sur son dos et commença à marcher d'une foulée longue et nerveuse, oreilles dressées alors qu'il passait à proximité des créatures aux longs membres. Il essaya encore de les renifler, mais abandonna bien vite.

« - Je me nomme Imrinn MacLéod. Il y a fort longtemps, j'étais effectivement un druide celtes... j'ai ainsi pu reconnaître quelques êtres merveilleux lors de mes visions, mais d'autres encore m'étaient inconnus. Le nom de ce lieu l'est tout autant ! Pendant un instant, je me suis cru en Arcadie... il s'avère que je me trompais. »

Il tourna la tête pour fixer leur hôte et l'observa plus attentivement, essaya de la renifler l'air de rien avant de se concentrer de nouveau sur leur chemin.

« - Je pensais avoir encore beaucoup à apprendre dans mon monde, mais je présume que celui-ci aura tout autant de secrets et de merveilles pour me distraire un long moment. Si vous possédez des règles, je m'efforcerai de les respecter. De même, je souhaite pouvoir m'entendre avec vous. Sincèrement. »

Il se résignait à son sort, essayant d'y trouver le meilleur pour apaiser l'amertume qui persistait à l'arrière de sa gueule. Il avait longuement vécu, il n'avait plus d'êtres chers qui l'attendaient : pas de famille, de compagne, d'enfants ou encore d'amis. Oh il ne pouvait ignorer l'inquiétude qui l'étreignait à savoir son monde en proie à une guerre intestine ! Il s'inquiétait pour Anthony Earl, pour la petite Meade aussi... mais si le destin préférait le savoir ici plutôt qu'ailleurs, il s'adapterait. Comme toujours.

Jeu 25 Mai - 11:57
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Le rappel à leur fatigue n'était pas pour rassurer Elis. Elle n'aimait pas particulièrement qu'on lui dicte ce qu'elle devait ressentir, et l'adolescence n'aidait en rien à cela. La créature était donc parvenue, malgré elle, à pousser l'enfant du Nord à la prudence, à éveiller son esprit de contradiction. Elle n'était pas épuisée, non-non… Elle pouvait encore explorer tout leur nouvel environnement de fond en comble, pas d problème ! Et elle pouvait aussi garder les yeux ouverts et veiller sur Imrinn quand ce dernier ronflerait, sans souci ! Le sommeil était une transe d'une telle faiblesse…
L'absence de douleur au niveau de sa nouvelle marque troubla Elis. elle essaya, comme elle le put, de passer sa main dans son dos, vérifier qu'elle était toujours là. C'est qu'elle y tenait ! C'était la marque de son passage en ces lieux, un souvenir et un outil d'étude qui portait la douce odeur de nouveauté. Miw en comprendrait peut-être une partie, lui qui était si vieux. Enfin, ça, c'était dans l'hypothèse où ils retrouvaient ce chaton.

Imrinn commença à prendre la parole, comme lui seul savait sans doute le faire. Songeuse, Elis regretta de n'avoir aucun lien mental avec son unique compagnon d'aventure. Elle ignorait s'il songeait vraiment accepter de la nourriture de l'amie-des-monstres, ou si ce n'était qu'un stratagème. Et surtout… Beth'Mooora ? Le nom titillait sa mémoire, sans parvenir à accrocher le souvenir adéquat. Elle aurait apprécié l'avis du loup, loin des oreilles à l'alliance douteuse. Beth'Mooora… Où l'avait-elle entendu ? Etait-elle seulement sûre de l'avoir entendu ?

Elis suivit Imrinn, jetant de temps à autre des coups d'oeil soupçonneux aux créatures filiformes. Elle ne put s'empêcher d'ouvrir de grands yeux lorsqu'Imrinn évoqua l'idée d'être distrait "un long moment". Vraiment ? Il ne tenait pas plus que cela à retrouver Last End ? Peut-être n'y avait-il pas d'attaches, pas de lien qui lui manquait en ce moment… Ou peut-être mentait-il. Son regard se leva vers le ciel à l'idée de règles à respecter, avant qu'elle se souvienne que ce n'était pas une attitude qui inspirerait confiance à leurs hôtes. Oui, Imrinn devait mentir… Il était un loup, pas un chien ! Qu'il réclamât l'obéissance d'Elis se concevait, qu'il offre la sienne… Obéir était une hérésie. C'avait toujours été une hérésie. Les règles étaient faites pour être brisées, l'obéissance était faite pour pousser à la rébellion.

Retrouver Last End, cela semblait compromis. Enfin, au moins n'étaient-ils pas dépourvus de magie, ici. Minute. De la magie, hors d'un Nexus ? Beth'Mooora, Beth'Mooora… Ce n'était pas un Nexus qui soit connu d'Elis. Non. Ce mot, elle ne l'avait d'ailleurs jamais entendu. Elle s'en souvenait, maintenant: c'était un mot qu'elle avait lu, une nuit sans sommeil, le coeur encore lourd de la perte de sa mère. Elle se souvenait des manuscrits, de l'ombre faiblissante de sa lampe de bureau, du bazar innommable qui encombrait son espace de travail. Elle se souvenait d'une longue énumération de noms, et celui-ci, mit à part.
Garder une expression neutre devint de plus en plus difficile, alors que son petit coeur d'humaine s'emballait. Ils n'étaient ni au sein de l'Endroit, ni de l'Envers. Ils étaient là où elle avait toujours rêvé d'aller. Sauf qu'elle avait surtout fantasmé le moyen de transport qui lui permettrait de tels voyages… Elle ignorait comment rentrer. Ces créatures l'ignoraient sans doute tout autant. Ils étaient condamnés. Mais jamais la condamnation n'avait été aussi scientifiquement excitante.

Elis ignorait totalement par où commencer. Elle dut reconnaître n'avoir pas suffisamment étudié son monde d'origine pour être certaine des différences avec celui-ci. Sa magie, était-elle la même ? Les lois qui régissaient cet endroit, étaient-elles semblables ? Y avait-il des failles dans la logique des mondes qui permettaient d'y transiter ? Etait-ce spécifique à certains lieux très précis, qui permettaient un passage ? Ç'aurait été étrange, en ce cas. Elle ne se souvenait pas avoir profité de la charmante compagnie de ses trois compagnons avant d'arriver ici. Etait-ce… Une émotion ? Non, les émotions étaient trop communes. Elle essaya tout de même, dans le doute, de ressentir à nouveau le soulagement qui l'avait étreint en bondissant dans les bras de Kaveh, essaya de voir si cela faisait vibrer quelque magie autour d'elle…

Sa main passa à nouveau dans son propre dos, en tâta la peau. Le geste avait été inconscient, mais il lui rappela les mots de la créature. "Une forte attache à ce lieu"… Les sourcils d'Elis se froncèrent. La créature ignorait-elle vraiment comment les renvoyer chez eux ? Puisqu'elle savait ce qui les retenait… Leur aurait-elle menti ?
Il était inadmissible que quelqu'un mentit mieux qu'Elis. Blessée dans son orgueil, inquiète et curieuse, la jeune sorcière profita d'un instant de "silence" pour glisser une question, s'efforçant de masquer son accusation derrière la politesse que sa noblesse lui avait inculquée de force:

"- Excusez-moi: ces marques que nous avons dans le dos, que signifient-elles ? Quelles sont leurs conséquences ?

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"Le patriarcat va pas se détruire tout seul" - Nora Edvardsen

Dim 28 Mai - 17:47
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Perdus



Patiente, la créature attendit, leur laissant le temps qu'il leur fallait, ne pouvant guère, en son sens, leur imposer de la suivre, mélange de politesse et de certitude, car si elle consentait de bon cœur à délayer leur départ, elle savait également qu'ils ne pouvaient pas aller bien loin à l'heure présente. Ils étaient des étrangers en ce lieu et leur monde… Elle ne savait même pas quel était leur monde, s'il existait encore, où il se trouvait… Elle ne savait rien d'eux si ce n'étaient les évidences et bien sûr ce qu'ils pouvaient montrer. Pour autant, il ne fut pas un instant question de leur faire sentir la dangerosité, le ténu de leur position, car l'entité féminine ne souhaitait pas les froisser, il y avait déjà bien assez de choses qui pouvaient les perturber et enflammer leurs tempéraments… Elle aussi, si elle s'était soudainement retrouvée dans un autre monde, elle aurait sans doute était très sensible. Ne faire à autrui que ce que l'on voulait voir faire à soi-même… n'est-ce pas ? Puis enfin, elle fut ôtée de ses propres pensées, de ses propres inquiétudes, en voyant le grand loup s'allonger près d'elle, lui tirant un sourire fatigué. « Je vous remercie » fit-elle, courtoise, avant de grimper sur le dos de l'ancien druide en s'accrochant à la fourrure fournie. Pourtant, elle ne pouvait pas lui faire mal, ne pesant presque rien, comme une simple feuille d'automne qui lui serait tombée sur le pelage pour l'orner. Ses petits pieds à quatre orteils la portait tandis qu'elle venait s'installer juste à l'arrière des omoplates, serrant doucement des cuisses, les doigts enroulés dans le pelage pour s'accrocher. Son petit corps délicat accompagna le mouvement lorsque la bête se releva, ondoyant comme sous un vent léger, avec grâce, avant de se redresser de nouveau. De mots tranquilles, elle lui indiqua la direction à prendre, vers la falaise rocheuse dont bien des entrées avaient été effondrées. Mais pas toutes..

« La majorité des Gens ne mangent pas de viande également, nous parvenons encore à faire pousser certaines plantes en cultures... »

Et ils partageraient avec plaisir le peu qu'ils avaient. Nul doute que ce serait bien mieux que rien du tout, dans leur situation. Elle avait répondue avec un peu de retard, considérant que lui donner la bonne direction s'avérait plus important sur l'instant, mais elle n'oubliait pas… Lorsqu'ils dépassèrent les créatures pinceuses, elles s'envolèrent de nouveau, pour l'entourer silencieusement, vigilantes gardiennes. L'entité attendit qu'ils passent dans le tunnel, tous ensemble, et dans l'obscurité, son corps se mit à luire doucement, d'un halo au vert tendre comme une jeune pousse, aux scintillement ambrés. Sa peau était parcourue de dessins naturels, comme les veines d'une feuille, qui pulsaient de cette lueur douce, et d'étoiles minuscules et dorées, bien que la lueur se dissolve progressivement vert le blanc. Sa lourde chevelure, elle était parcourue de liaisons rouges profondes, brunes, et noisettes, comme un arbre à la saison basse, avant l'arrivée de l'hiver. Détachant une main frêle de la fourrure, elle l'éleva, et d'elle de petites orbes de lumière vert-doré-rouge naquirent et virent à voltiger tout autours d'eux… La lueur ne permettait pas de tout voir, mais le chemin était néanmoins assuré et presque sûr. Ce passage était, encore pour un temps, protégé de ce qui rampait partout ailleurs… C'était la voie vers leur dernier bastion. Le boyau de pierre était long, et large comme trois ogres, bien assez pour qu'ils puissent traverser tous ensemble ou presque. Les créatures aux longs membres formaient une arrière-garde muette et attentive, préservant leurs dos tandis qu'elle continuait, doucement mais fermement, à indiquer la voie… Lorsque sa voix résonna de nouveau, elle était porteuse d'un très léger trémolo, comme la preuve d'une curiosité partagée ente admiration enfantine et l'intérêt avisé d'un adulte mûr.

« Je ne connais nul lieu qui se nomme Arcadie… est-ce votre berceau, druide ? Je pensais... » Il y eut un léger silence tandis qu'elle hésitait, puis poursuivait « J'ai toujours cru que l'art du druidisme ne venait que des royaumes frères, nos royaumes… C'est ce que mon père m'a toujours conté »

Si elle comprit le mouvement du loup, elle n'en fit rien, tranquille sur son assise. La créature portait un parfum de bois, de sève et de feuilles dorées au soleil, un parfum riche, profond, puissant malgré la délicatesse de son apparence. Plus caractéristiques, il y avait le léger baume des chênes. Il était clair que l'apparition d'Imrinn troublait ses croyances, mais elle ne réagissait pas avec violence… peut-être pas encore ? En vérité, il lui était plus perturbant encore de savoir que des druides pouvaient venir d'ailleurs que de voir des étrangers ici. Et tout au fond, une peur faisait doucement jour : peut-être était-ce parce que tout le monde les ignorait ou avait oublié que personne n'était venu à leur secoure voilà si longtemps… Peut-être son frère avait-il eut raison, en fin de compte… Son optimisme la fit sourire, avec une tristesse pleine de regrets.

« Vous êtes un être honorable, druide Imrinn… ou au moins, vous semblez l'être… Je crains hélas que vous n'arriviez au plus mauvais moment pour jouir de tout ce que ces lieux ont à offrir. Fut un temps... » Un lourd soupire, légèrement sifflant, s'arracha à ses lèvres rosées « Fut un temps, c'était un royaume magnifique, qui rivalisait même avec le grand Sidh, notre royaume frère qui nous éclipsa de tous âges. La nature resplendissait en des camaïeux merveilleux et incroyables… Et les Gens étaient beaucoup plus nombreux qu'aujourd'hui. Ceux qui restent sont un reliquat, les survivants de ce qui a abattu la civilisation que nous avions tous bâti. Oh il y a encore beaucoup à en apprendre mais… plus autant qu'autrefois. Les trésors se sont effrités pour laisser place à de sinistres mystères… nous-mêmes, après des centaines d'années à vivre sous l'ombre, nous ne parvenons pas encore à comprendre totalement ce qui s'est passé »

Elle se tut alors, semblant plongée dans ses pensées, et ne décida de s'en extraire qu'en étant questionnée par l'humaine. Tournant son regard vers celle-ci, elle sembla considérer la question de longues minutes, consciente qu'il s'agissait d'un sujet délicat… Puis, elle se décida enfin à répondre : « Ces marques font parti d'un rituel construit par mon père… Un rituel complexe, qui devait permettre de redonner la vie à Beth'moora… mais il n'a jamais été activé, jamais utilisé… » Ils arrivaient au bout du tunnel, qui s'ouvrait sur une très vaste cuvette plongeant profondément après un début de descente en pente douce, comme le début d'une colline. Il n'y avait rien de visible à plus d'un mettre des feux follets qui les accompagnait et la créature posa une main sur l'échine du grand loup pour lui demander de s'arrêter. Puis elle reprit, préférant finir avant d'entamer la descente. « Pour activer le rituel, mon père avait besoin de trois personnes. Trois individus devant chacun recevoir l'une des marques… Je porte moi-même la dernière, celle qui a été attachée à mon trône. Ces marques vous désignent comme les véhicules de la magie de ce rituel, en ma compagnie… s'il venait à être utilisé. Elles sont les trois marques de vie » De nouveau elle s'interrompit, mais cette fois pour observer l'obscurité au-devant avec souci. « Venez, je vous conterais l'histoire sur le chemin… la magie placée dans les trônes par mon père est si vieille que vous n'avez sans doute pas reçu l'héritage de souvenirs en entier… »

Sur cela, elle indiqua de nouveau la voie au druide en lui demandant de faire très attention. « Et surtout… s'il vous plaît… regardez droit devant vous, jamais sous vos pieds. Peu importe la sensation, ou les bruits, allez simplement de l'avant sans que votre attention de dévie de votre objectif…. »




Ven 2 Juin - 21:33
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