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 Réunion au Sommet [INTRIGUE]

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L'étrange sous la normalité : Réincarné par l'Archange Rémiel, je suis Adolf Hitler. Je suis le possesseur de Longinus.
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1er avril, fin d’après-midi

Un souffle, dans le froid ambiant, glacial. Demeuré dans le hall avec le gros des rebelles, Nikolaïs avait pris le commandement de ces troupes, la disparition du Réanimateur servant cet intérêt. Il n’avait franchi le seuil de la Chambre que pour récupérer le corps d’Aneksi et le ramener à ses côtés. Ils savaient tous ce dont il était capable à présent et aucun n’avait bronché contre son aller-retour. Pas un ne s’était opposé pour mettre en chaînes l’oiseau noir. Il valait mieux ainsi et c’était la raison pour laquelle il y avait été personnellement plutôt que d’y envoyer ses hommes. Si chacun se penchait sur les blessés, si chacun se mélangeait un peu plus et cherchait à comprendre ce qui se passait, force était de constater qu’une tension latente était jugulée et quelle se faisait sentir lentement de plus en plus forte. Il fallait désamorcer tout cela avant que cela ne prenne une ampleur de suspicion nocive et mette en péril leur fragile équilibre. Et surtout : il leur fallait trouver une issue à la dimension de poche car bien vite on lui avait fait état du lieu dans lequel ils se trouvaient. Des recherches dans les autres étages n’avaient pas encore eu lieu. Il fallait stabiliser celui-ci avant toute chose.

Lorsqu’on vint porter à sa connaissance que les hauts dirigeants du Cénacle se réunissaient dans les prochaines minutes, il avait poussé ce soupir, ce souffle chaud de son humanité formant une buée devant ses lèvres meurtries par le froid. Il acquiesça de la tête pour signaler qu’il avait entendu, mais ses yeux encore nimbés d’étoiles de l’Ailleurs s’étaient baissées vers le sol pour poser sa réflexion. Tel un funambule, il n’avait pas le droit à l’erreur. Si sa vie n’était pas en danger car il savait que Nyarlatothep l’emporterait au loin, celles de ses alliés dépendaient de ses décisions. Et il avait besoin de ces alliés. Il sentit le poids du monde se reposer comme jadis sur lui dans un mélange de crainte et sa satisfaction. La pression du peuple et la jouissance de son contrôle. « Je vais m’y rendre. » fit-il aux siens. « Seul. » Hors de question de s’y rendre avec une armée. Il avait levé ses prunelles vers Aneksi : « Vous pouvez venir avec moi si vous le souhaitez. Ou rester ici, nous demeurerons en contact. » Le bracelet qu’il portait au poignet était un contact des plus prenants. Il lui laissait toutefois le choix de se présenter à ses côtés ou non : elle avait perdu Anthony et il comprendrait sa volonté quelle qu’elle soit.

Las par cette journée en si grande proximité de son peuple alerte, il raffermit sa poigne sur Longinus et engagea le pas vers la Chambre du Cénacle. Comme lorsqu’il avait été chercher Aneksi étendue au sol, chaque hère le suivait du regard dans un silence suspicieux, comme s’il était un OVNI ou qu’il s’apprêtait à massacre. Si le premier était vrai, le second n’était pas dans ses intentions. Les dirigeants se regroupaient, il était évident qu’il en faisait partie. Que cela en déplaise à Pryam, Nikolaïs avait dans sa poigne une assez grande frange de la population, certains l’ayant même rejoint après la bataille, à la connaissance des actes litigieux du Cénacle. Amères de la tromperie. Il n’eut pas de mal à trouver le Patriarche Earl qui commençait à s’entourer de ses plus proches bras droits pour ce sommet auquel il s’invitait. Chaque pas était rude pour son cœur, il jugulait son assentiment envers celui qui avait commandité l’assassinat de sa mère.

Il s’inséra dans le cercle et il se satisfaisait de pouvoir y entrer légitimement. Il faisait face à Pryam et ses yeux verts tapissés des étoiles de l’Ailleurs se relevèrent vers lui. « Bonsoir Pryam. » Un prénom, une salutation emprunte d’une certaine proximité alors que c’était la toute première fois qu’ils se rencontraient. Il ne pouvait lui octroyer ce titre de ‘Lord’, quant à prononcer le nom ‘Earl’, c’était s’assurer d’un ulcère ou d’une crise de rage. Il l’avait appelé ‘Pryam’ plus par défaut en définitive, mais cela lui convenait que de le rabaisser au rang de simple camarade de jeu, de noblesse dépourvu. Quant à saluer des autres… Il leur adressa un simple mouvement de tête poli, pour la forme mais il n’y avait que deux dictateurs dans cette pièce et leur entrevue promettait d’être musclée. Ses prunelles étoilées, trahison de son allégeance, fixaient le Patriarche avec une force rivalisant avec celle de son vis-à-vis, de détermination bordé et la tension entre les deux hommes était très nettement palpable.

Qu’un seul ose le mettre hors de cette réunion, et il se ferait recevoir en bonne et due forme. Quant à Pryam, cet homme avait tout les défauts du monde, mais il n’était pas stupide. Le couper des décisions qui seraient prises pour la population n’était pas à envisager s’il ne voulait pas d’un nouveau bain de sang. Aussi entama-t-il d’entrer dans le vif du sujet : « Nous devons stabiliser la situation. J’ai pris le commandement de la Rébellion. Je dirige ces hommes et je réponds de leurs agissements. » Ça n’allait pas plaire à Pryam qu’il s’octroie une partie de la population qui lui appartenait… Mais il lui fallait pourtant l’accepter : aucun d’entre eux ne suivrait un ordre donné par le nécromant. « Si vous êtes prêts à en faire de même, je réclamerai à mes hommes que la paix installée par l’urgence perdure et je réprimerai mes bellicistes. » Il clôturait chaque phrase d’un silence ferme. Son pouce caressait lentement le bois de la lance comme si ça le démangeait de la planter au travers de cet homme répugnant et qu’il se jugulait admirablement : sa voix était ferme, claire et ses phrases avec une syntaxe nette à l’accent guttural. « Nous n’avons pas entamé des recherches dans les autres étages pour l’heure car celui sur lequel nous nous trouvons est déjà en proie à des incertitudes. Les créatures et sorciers en phase avec les minéraux ou la végétation devraient pouvoir stabiliser, en unissant leurs forces, la partie qui menace de s’écrouler dans le vide. Établir des renforts avec de la magie quand le nexus est si instable c’est bâtir un colosse sur des pieds d’argile. Il nous faut un soutien qui n’en dépende pas. » Il y avait tant de sujets à évoquer… Ils viendraient, tour à tour. Dont l’épineux soucis sur la disparition du Réanimateur.

Lun 23 Jan - 22:41
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Patriarche Earl
Assis au milieu des siens, le Lord devait être, de ceux qui s'y trouvaient présents, celui dont l'allure inspirait le plus la stabilité. Inébranlable. La fatigue et la colère avaient beau alourdir son corps et son âme, il n'avait rien laissé paraître. Le Grand Froid installé, il n'avait pas perdu le Nord, s'était promptement redressé pour guider ses brebis égarées dans un monde nouveau. Il avait donné les ordres, ceux pour les soins, ceux pour l'organisation. Il avait envoyé des Hommes faire le tour de la dimension de poche, et attendait un rapport. Il attendait fébrilement les informations concernant ses fils. L'inquiétude le rongeait, mettait ses nerfs à vif. Il avait pris soin, pour l'heure, de séparer ceux qui avaient jadis été ennemis, sans pour autant négliger les siens. Quant à sa blessure à l'épaule… Ce n'était pas le moment de s'en occuper. Parlant blessure, il était bien étrange que le Loup ait disparu. Il devait bien être quelque part…

Le dos droit, le visage de marbre, l'assurance d'un roi, et le tyran laissait son regard parcourir l'assemblée, en apparence serein. Il attendait une dernière personne, qui n'aurait su tarder. Ils n'étaient pas au bout de leurs peines. Si le Lord s'était attendu à tout cela ? Non. Clairement pas. Mais il s'était attendu au Secret révélé, s'était déjà préparé psychologiquement, avait déjà ses plans bien définis. Les suivre aidait à ne pas se soucier de l'absence de ceux qu'il aimait, aidait à ne pas se soucier du gouffre sinistre dans lequel il pouvait tomber au premier faux-pas.

La star de la soirée se présenta enfin. En retard, pour une fois. Le Lord le jaugea, de haut en bas, comme pour vérifier qu'il avait prévu une tenue adéquate pour sa petite soirée. Anxieux ? Pas vraiment, mais il ne pouvait nier que la présence de Longinus n'était pas pour le rassurer. Il savait les voeux de Werner, savait qu'il aurait suffit de bien peu pour qu'un habile jet de lance n'amène son âme à rejoindre cet Anthony disparu. Son bouclier lui aurait été bien inutile. Le Lord ne voulait pas mener ce combat, pas maintenant. Il avait plus important à faire. Nikolaïs, le savait-il ? Voyait-il enfin en lui quelqu'un de nécessaire, au moins pour l'heure ? Ou était-il juste suffisamment adepte de l'esthétique et de la théâtralité pour accepter de ronger son frein ? Pryam, lui, avait fait son choix. Il se moquait éperdument de la théâtralité qu'aurait la mort de Werner, était prêt à le traîner dans la boue comme feue Hécate. Pour l'heure, il avait besoin de lui, de cet homme du passé. Et, éventuellement, il manquait encore de moyens de lui faire face.

"Pryam". Par la Faucheuse, voilà que les gamineries et les piques commençaient. Espérait-il finir par le provoquer, l'agacer suffisamment ? Le Lord ne lui offrirait pas ce plaisir. Mais bon sang, est-ce qu'il l'appelait "Dolfie", lui ? Ce Sommet allait être pénible… Enfin. Lui au moins avait droit aux salutations. Alors que le pseudo-guide vers l'apocalypse offrait un signe de tête aux autres personnes ici réunies, son meilleur adversaire nota ce subtil changement en lui. Des paillettes… Ah, le faible ! Même Pryam n'avait pas osé prostituer son âme et ses valeurs pour cette puissance-là. C'était flatteur, tant d'attentions, pour mettre fin à son existence, ainsi qu'à celle du Vatican.
S'il flattait l'égo du Lord, il baissait également dans son estime pour ce dangereux et puéril lien, et remettait en question l'intelligence qui lui était accordée. Car oui, Pryam le pensait sincèrement intelligent. Il devait lui reconnaître bien des qualités en tant que dirigeant, ainsi qu'un sérieux et un pragmatisme qu'Anthony n'avait pas. Il préférait nettement collaborer avec lui pour l'Envers qu'avec son fils adoré. Car il était bien question de collaboration, n'est-ce pas ?

Les premiers mots de Werner rassurèrent son allié-ennemi. Bien, ils étaient sur la même longueur d'ondes. Et si la possibilité d'un assassinat restait réelle, celle d'une entente et d'un commun combat l'était également, ce qui était bien plus profitable. Un signe de tête affirmatif accueillit l'appropriation des Anti par la Réincarnation. Certes, le patriarche aurait préféré avoir le loisir de tenir leur laisse, de leur imposer ses lois et ses manières, de les obliger aux manigances secrètes. Mais l'actuelle situation avait ses avantages également, tant démagogiques que stratégiques. Cela lui convenait. Il attendit sagement qu'Hitler ait fini de parler pour prendre à son tour la parole. Après tous, n'étaient-ils pas entre adultes civilisés ? Sa voix se fit aussi ferme que l'avaient été les silences de son interlocuteur, aussi claires, à l'élocution aussi travaillée. Il avait juste un accent anglais impeccable de plus.

"- Nous devons stabiliser la situation. Mes Hommes n'attaqueront pas les vôtres. J'ai envoyé quelques-une de mes unités dans les autres étages, à la recherche de nos disparus." Son fils, Howard, sa nièce Haley, son chaton Miw, notamment. Si main basse pouvait être faite sur le Réanimateur ainsi que sur Imrinn, le Lord n'en aurait été que plus satisfait.
"- Je suis également de votre opinion concernant la stabilisation de nos étages. Mes alchimistes devraient pouvoir proposer des potions de renfort de magie à nos élémentalistes." Ne pas retrouver le gratin de l'Envers enseveli sous les gravats d'étages non-consolidés était effectivement un avenir à éviter. Une fin aussi stupide que triste. "J'ai également demandé à rétablir le contact avec l'extérieur. Nous devons pouvoir sortir, et nous devons pouvoir être alertes de ce qui nous entoure. Je ne serais pas surpris de voir le Vatican bondir à nos portes sitôt qu'il saura la nouvelle." Il ne demandait pas l'avis d'Hitler. Il conchiait son avis. Son soutien, en revanche, était bien plus intéressant. Ceci, Pryam l'attendait, et escomptait bien se l'entendre proposer spontanément.

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Mar 24 Jan - 22:42
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Les prunelles étoilées de Nikolaïs ne quittaient pas un instant le Patriarche Earl, le toisant de sa hauteur, posture droite, menton légèrement relevé par de dédain qu’il tâchait malgré tout de juguler. Ce Seigneur l’agréait et, au moins n’aurait-il pas s’égosiller pour concentrer leurs forces sur un impératif prenant. Pour ce qui était du reste… Nikolaïs resta quelques secondes incrédule, se demandant si c’était une farce qu’on lui servait là et il attendait avec impatience que Pryam se mette à rire ou à lui confirmer que non, il n’avait tout de même pas songé à sortir. Quant au Vatican… L’allemand frissonnait encore de Sa renaissance. « Je crois qu’il serait préférable que nous discutions seul à seul. » Voix grave, sertie d’aucune menace mais l’unique nécessité d’échanger librement et sans enrobage de pensées. Il attendit que le cercle restreint se dissolve en un conseil plus restreint encore. Restant debout face au Patriarche quelques secondes, il finit par donner à Longinus l’illusion d’une canne. Une canne très singulière car elle ressemblait au détail près, à celle d’Howard Earl. Oh Pryam n’avait pas encore retrouvé le jumeau aîné ? Quel dommage de remuer ainsi le couteau dans la plaie en lui rappelant ce qui lui manquait…

Un soupir et il vint s’asseoir aux côtés du nécromant, laissant retomber mollement le pommeau de la canne contre sa cuisse pour venir frotter ses mains ensanglantées l’une contre l’autre, le buste penché en avant, coudes sur le haut des genoux. « Ainsi donc vous n’avez strictement aucune idée de ce que vous avez déclenché ? » Pas de moquerie pour autant, chacun avait ses domaines de prédilection et pour ce domaine là, Pryam avait toujours pu se reposer sur l’éclairage d’Austar Sihvonen. Mais aujourd’hui, Austar manquait à l’appel. Le ton de sa voix était grave et il avait relevé son regard vers les obsidiennes de marbre de son interlocuteur. S’il n’y avait pas d’inimitée entre eux, on aurait plus songer à deux frères assis là en confiance que l’autre ne l’attaquerait pas, discutant de confidences. « Ne croyez pas que j’ai eu la délicatesse d’éloigner vos sbires pour vous épargner le ridicule de votre ignorance par pure charité. Vous m’êtes utile. Il me plaît que vous restiez encore au pouvoir alors que tous connaissent à présent la noirceur de vos dessins. » Il voulait qu’il s’accroche au pouvoir, qu’il resserre sa poigne sur son empire et Pryam ne pourrait pas s’en empêcher. A son opposé, les vêtements de Nikolaïs étaient tâchés de sang, mais pas une goutte de son propre carmin : plus que de donner des ordres, il avait porté des blessés aux plaies béantes, il avait sorti ce peuple hors des bras de la mort en le prenant à bras le corps… Et lorsqu’il s’était réveillé, ce peuple avait vu son visage tel celui d’un sauveur. Il avait toujours eu l’art de la propagande. S’il aimait son peuple, il n’avait pas agi que par amour pour eux, mais bel et bien par intérêt.

« Cela me plaira d’avantage lorsque vous serez totalement embourbé dans les Ténèbres que vous avez éteintes. » Il parlait indéniablement d’Hécate et de sa symbolique ainsi que de sa rancœur. Il ne doutait pas du proverbe d’arroseur arrosé. « J’ai combattu et défait Austar Sihvonen. Il avait fait appel aux tréfonds de la magie scandinave pour un combat de fratrie contre Loki, ouvrant une cavité sur les étendues glacée d’Yggdrasil. S’il ne reste de lui rien, c’est parce que j’ai désamorcé cette première bombe avant qu’elle n’explose sur nous tous… Et votre fils, Morghann, en première ligne. » Il avait sauvé son fils, il avait même fait plus que cela. Il ne voulait pas de médaille, mais il y avait des détails qu’il devait parfaitement ancrer dans l’esprit du Patriarche. « Alors que je m’échinais sur ce point, vous attisiez la flamme d’un autre danger. L’âme dont Anthony a usé était à la hauteur du sang qu’il tient de vous. Et son instabilité tout aussi grande. Une âme instable… Fait des dégâts considérables. Je pensais que le coma d’Howard vous aurait fait retenir cette leçon. » Il se redressa et vint appuyer son dos contre le fond de l’assise. De toutes évidences, non, ça ne lui avait pas servi de leçon. Ou peut-être ne l’avait-il pas compris à sa juste mesure. Son pouce caressait le pommeau de sa canne, comme une sécurité. « Lorsque je ne suis tourné à nouveau vers cette Chambre, j’y ai vu votre fils penché sur son frère et je me suis souvenu de ces destins tracés dans l’Edda : lorsque le frère s'opposera au frère, que le sang des pairs coulera… » Même si Nikolaïs l’ignorait, c’était mot pour mot les dernières paroles d’Anthony.

« C’était comme si toutes les conditions étaient réunies, les étoiles parfaitement alignées. » Ses prunelles se levèrent vers la voûte glacée comme s’il espérait vainement y voir les étoiles dont il parlait. Étoiles qu’il vénérait tout païen qu’il était, de chaos imbibé. « Hors des dimensions terrestres, j’ai été conduit lorsque la vague de froid à ébranlé ce nexus. Et lorsque je me suis à nouveau dressé au milieu de ce hall, d’aucun était debout. Austar avait disparu. Mais pas Anthony. » Il savait. Mais il n’avait pas cherché à reprendre le Réanimateur. Il avait laissé cet homme à sa place. Il avait choisi de le vendre. « Quant à vous… Il aurait été aisé que vous prendre votre vie. Puis celle d’Anthony. » Preuve qu’il avait également connaissance du lien de cet âme avec le corps du fils. Mais il ne l’avait pas fait. Encore une fois, il n’appelait pas à une médaille pour bonne action. Les faits étaient ainsi et Pryam aurait été endetté jusqu’au cou s’il avait été enclin à paiement.  « J’ai fait des choix, hier comme aujourd’hui. » Des choix qui avaient très clairement permis aux Earls de vivre, alors que paradoxalement, il aspirait à leur destruction. Peut-être que Pryam comprendrait un jour les raisons, les motivations de tout ceci : Nikolaïs se mettait des bâtons dans ses propres roues car s’il venait à se trouver à la tête de l’Envers… Alors celui-ci tout entier serait à la merci du Vatican : tant que Nikolaïs était lié aux anges, à l’Autorité, il pouvait à tout moment devenir leur marionnette.

Il ne doutait pas qu’à la lumière de ces éléments, Pryam finisse par comprendre de quoi il encourait : mythes scandinaves, froid terrible et le combat de parenté ne menaient qu’à une seule et horrible piste. Ils avaient déclenché la fin du monde nordique. « Vous allez trop vite, Pryam. Je ne doute pas que la chair de votre chair égarée vous fasse manquer des étapes dans l’appropriation et la réhabilitation de ce Siège... » Il parlait inévitablement d’Howard. « Mais vous ne devriez pas pour autant délaisser ce que vous avez déjà sous les yeux. Les réponses à nos questions sont souvent moins éloignées que là où l’on s’évertue à les chercher. Sortir… Sortir d’ici serait une folie. J’ai ouvert les portes du Siège vers l’extérieur et j’ai condamné l’Humanité de la ville pour que l’Envers en son sein… Survive. Si vous espériez retrouver le salon douillet du château de vos ancêtres, vous serez certainement déçu. A l’heure qu’il est il est assez probable qu’il ne s’agisse que d’un tas de ruine rongé par le froid. » Cela ressemblait à un certain tableau, la glace en plus.

« Quant au Vatican... » Il poussa un soupir, serra les mâchoires, visiblement contrarié. « Il y a un élément qu’il me faut porter à votre connaissance : l’Autorité a été réincarnée. La dernière fois remontait à l’Inquisition si cela peut vous donner un ordre d’idée de ce qui nous attend. » Une véritable catastrophe en somme. « Nous ne sommes pas prêts, désorganisés, en proie à nos guerres intestines, là, à devoir gérer nos erreurs passées pour nous consacrer à notre avenir. Il y a huit décennies, j’ai tendu une main à vos ancêtres. Ne faites pas la même erreur qu’eux en me la refusant également lorsque je serai prêt, à nouveau, à vous la tendre. » Il serra les mâchoires, observant de façon floue le décor devant lui. « Vous avez beaucoup à payer avant cela. » La mort de sa mère notamment. Et de se défaire de la stupidité de ses ancêtres.

Mer 25 Jan - 23:26
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Un signe de tête, et Pryam avertissait les Siens qu'il voulait offrir à Nikolaïs ce que ce dernier désirait. Qu'ils les laissent seuls, et véritablement seuls, où il se fâcherait. Et chacun avait vu la forme que pouvait revêtir sa colère. Le Patriarche s'installa plus confortablement, soulageant ses membres encore meurtris par les affrontements et la fatigue. Sa colère, en voyant son cher allié le narguer de sa canne savamment stylisée, il la retint, serrant plus fort encore la bride de ses émotions. Qu'il craque, cela aurait fait bien trop plaisir à ce foutu Führer, et bien trop de mal à son précieux Envers. Si précieux… Mais nul ne croyait, désormais, à leur amour, si ce n'était quelques braves et fidèles partisans. Le Lord ne se faisait pas d'illusions.
Le Seigneur de l'Envers gardait le dos droit, et toujours son masque de marbre pour maintenir son expression dure et froide, son regard de ténèbres accroché au porteur de Longinus. Sa première question n'eut aucune réponse, pas même un haussement d'épaules ou de sourcils. Pryam attendit, sagement, la suite, croyant à une simple question rhétorique pour tenter d'établir une hiérarchie entre eux. Il savait exactement ce qu'il avait déclenché. Il avait teinté de carmin le regard d'Imrinn. Il avait protégé vainement son fils. Il avait perdu l'autre. Il avait jeté Anthony dans le Hall des Ténèbres après que ce dernier ait déclenché une violente vague de froid, après qu'il ait poussé les Frères à s'entretuer, après qu'il ait mis chacun en danger par la révélation du secret. Tout ce que Pryam avait toujours désiré, n'est-ce pas ? Allez. Intérieurement, il commençait à parier sur le temps qu'allait mettre Werner avant de lui reprocher tout cela. Les Anti et leur vision "personnelle" du monde… Pitoyables. Que cette alliance allait être pénible.

De même, pas un frémissement de moustache n'accueillit la grande annonce de Nikolaïs quant à ses véritables desseins. Vraiment ? Pryam lui était utile, et il ne venait pas à lui par pure amitié ? Quelle surprise, et quelle déception. Un bref instant, le patriarche se demanda si, vraiment, il avait l'air aussi naïf. Puis il eut, enfin, mieux à songer, au nom du patriarche du Nord. Ainsi il était donc… Défait ? Mort ? Impossible. Pas Austar. Pryam ne pouvait associer au visage de cet Homme, à ses mimiques lorsqu'ils conversaient tout d'eux, l'idée de disparition. Un allié précieux, et plus encore. Et cet idiot de Nikolaïs qui venait fièrement s'en vanter et, pire, prétendre avoir bien fait. Bien sûr. Ne voulait-il pas une petite médaille, avec l'inscription "félicitations, vous avez tué un des miens" ? Sur l'instant, le Lord n'avait qu'une envie: que Morghann se réveille, et avec lui la vérité. Une aussi sordide histoire, venant de son ennemi… Non seulement le patriarche ne voulait y croire, mais il pouvait ne pas y croire. Il suffisait d'un peu de mauvaise volonté, et d'une confiance forte en un lieu, manquante en un autre.
Par la Faucheuse, Nikolaïs cherchait véritablement à l'énerver. Les poings serrés, le patriarche se soulagea en s'imaginant claquer comme il se devait la joue de cette enflure monotesticulaire qui osait s'intéresser de trop près aux faiblesses de sa famille. Qu'il évoque une fois encore, juste une fois, et même subtilement, le coma d'Howard, et le Lord se jurait de proprement le remettre à sa place. S'il désirait véritablement pouvoir se servir de lui, il allait devoir revoir ses méthodes.

Enfin, le lien se fit. Ce que, prétendument, lui, Pryam Earl, avait provoqué. Fimbulvetr. Allons bon. Ce que lui croyait, surtout, c'était bien qu'Anthony avait encore joué avec une puissance qu'il ne pouvait ni contenir ni maitriser. Voilà également pourquoi révéler le Secret était dangereux. Les moldues allaient désormais pouvoir connaître ce qu'il était si délicat d'approcher. Combien de temps mettraient-ils avant d'appuyer sur un bouton interdit ?
Anthony… Un bref instant, Pryam songea à cette époque lointaine où, inexpérimenté, il s'était retrouvé avec cet enfant sur les bras. La chair de sa chair, le sang de son sang, pour la première fois… Cet Oublié. Cet instant où les regards s'étaient tournés vers lui, attendant une décision, une réaction. Cet instant où il avait essayé d'observer son mini-lui en se disant que le tuer serait plus simple. Cet instant où il ne l'avait pas fait. Aurait-il seulement agi différemment, si la vision lui était venue de cette sanglante fin de Mars ? Nikolaïs n'avait peut-être pas tort sur un point. Tuer Anthony jadis aurait pu empêcher Fimbulvetr, oui. Mais il aurait également suffit que cette cervelle d'oiseau comprenne le choix de son père, comprenne ses raisons, et se fasse de son camp. Pourquoi diantre cela paraissait-il si complexe, pour le peuple, d'admettre simplement que le dirigeant avait ses raisons, sa sagesse..?

Austar avait donc "disparu" ? Est-ce que ce bas-monde avait prévu de laisser Pryam entrevoir la vérité un jour, ou préférait-il se jouer de lui jusqu'à sa mort ? De même, le Lord se refusait à s'imaginer une quelconque dette envers Nikolaïs. Il l'avait laissé en vie,certes… Mais pouvait-on parler de désintéressement ? Certainement pas. Le Lord ignorait encore ce que Werner voulait précisément lui réclamer, mais le négoce était mal engagé.
Il avait condamné l'extérieur. D'un point de vue purement calculatoire, Pryam ignorait encore si c'était vraiment là le Salut de l'Envers. Combien de ses membres pouvaient se trouver à l'Extérieur, combien survivraient si ce froid perdurait ? Si l'extérieur était gelé, d'autres questions se posaient également. Celles-là pouvaient peut-être se poser à Nikolaïs, en revanche.
Quant au Vatican… C'était pire que ce que Pryam avait imaginé. Le patriarche aurait volontiers recompté ses ennemis, puisqu'il s'en ajoutait un peu plus à chaque seconde. Mais sans doute serait-il plus simple, plus rapide, de compter ses alliés. Du moins, ses vrais alliés. L'envie de se masser les tempes en soupirant d'un air las le prenait, mais il savait quelques discrets regards posés sur eux, guettant sa réaction. Se démonter était la dernière des choses à faire.

"- Vous êtes aussi impatient que moi, Hitler." Impatient de le voir payer un prix qu'il n'avait à payer. Ridicule petit bonhomme à moustache. "Il serait assurément plus probant d'obtenir de moi tout ce qu'il y a à obtenir avant d'aborder un quelconque prix. Je suis votre Homme et votre alliée face au Vatican. Il va falloir nous préparer à cet affrontement. Reconstruire tant nos Hommes que nos défenses. Les charognards…" Lui, mépriser le Vatican et la chrétienté ? Pas du tout. C'était bien au-delà du mépris. Sa voix reprit un timbre plus neutre, mesuré et posé. La voix de l'Homme qui réfléchissait, et prenait les décisions. "Nous avons également un second impératif d'urgence. Fimbulvetr. Si nous ne stoppons pas cette apocalypse, nos voeux pour l'Envers seront bientôt obsolètes. Vous dites que la ville est sous la glace. Sauriez-vous estimer l'avancement de cette glace ? J'ignore de combien de temps nous disposons…" Accoudé sur son bras valide, le patriarche caressait nerveusement sa moustache, songeur. "Austar Sihvonen me parait indispensable, dans la situation que nous traversons. N'avez-vous pas la moindre idée de ce qui est advenu de lui ? Ou de ce que l'Edda pourrait dire d'autre quant à ce qui nous accable ?"

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Mar 31 Jan - 0:09
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L’ancien dictateur s’amusait beaucoup du silence et du marbre que lui exposait le Patriarche Earl. Il savait qu’au fond de lui, cela remuait. Qu’en son for intérieur, il avait envie de l’étrangler. Qu’il continue donc, qu’il s’y évertue, car de toutes évidences, il avait très bien compris qu’un nouvel affrontement leur ferait du tord. Nikolaïs comptait cependant bien s’amuser avec ses cordes sensibles pour le pousser, tôt ou tard, à une erreur. Anthony avait eu tord : mettre à mal le Patriarche, pointer du doigt ses erreurs et jouer le détracteur n’avancerait à rien. Il fallait que Pryam se décrédibilise de lui-même et Hitler comptait bien l’y pousser, doucement, tout doucement. Mais assurément. La satisfaction de son maître, Nyarlathotep le réclamait et sa propre satisfaction y concourrait. Il écoutait ses désirs, ses sous-entendus. Il en appréciait pour beaucoup et en son for intérieur, il se disait que s’il ne désirait pas tant l’extinction de la famille Earl, il aurait peut-être fait de Pryam un allié avec lequel il s’entendrait à merveille. « Je vous en prie… Je n’ai rien d’un impatient, j’ai attendu le temps qu’il me fallait et ce que j’ai refusé de vous prendre de force au cours de votre inconscience, vous allez me le donner. De vous même. Vous et moi savons très bien qu’il nous faut travailler ensemble. Nous affronter ici serait un suicide et… Le pire dans tout cela, pour vous, c’est que vous n’aurez pas ma peau. » Nyarlathotep l’éloignerait du trépas. « Alors, honnêtement… Qu’ai-je à perdre ? » Il avait sourit comme si le Lord venait de lui narrer une bonne blague, celle de l’homme qui souffre.

Un soupir acheva ce bref instant d’amusement. « Ce qui est embêtant avec un homme à qui on a déjà tout pris, c’est qu’il n’a plus rien à perdre. A l’occasion, je vous expliquerai un jour ce que signifie ma renaissance pour les anges. Et ce qu’elle signifie pour moi. Et ce que cela donne quand il me faut marcher avec l’habilité d’un funambule entre ces deux volontés. » Il doutait que le Patriarche soit totalement stupide. Il y avait des choses qui pouvaient se déduire, se comprendre. La position de Nikolaïs n’avait rien d’enviable et le trépas n’était qu’un désir parmi d’autres qu’il embrasserait le jour venu… Mais dont il se prémunissait pour cette heure prématurée. « Austar s’est transformé en incarnation de pure magie. Ce qu’on peut nommer un archon. Tout ce qui pouvait l’attaquer dans la magie de notre monde, il l’absorbait et s’en renforçait. Il n’y avait qu’une magie qui échappait à sa compréhension qui puisse le vaincre. Celle du Seigneur ou… Celle de l’Ailleurs. » Et Nikolaïs disposait de l’une d’entre elles. Il avait embrassé le chaos et la destruction. Il ne pourrait s’en défaire : là était encore une troisième volonté qui influerait sur son existence et qu’il lui faudrait également contenter et rassasier. Ainsi Pryam avait-il toutes les cartes du chemin que traçait Nikolaïs. Livré sur un plateau en argent et pour une seule et très bonne raison : Hitler ne se faisait pas confiance lui-même. Et s’il ne le dérangeait de courir après ses propres volontés ou encore celles de Nyarlathotep dont le chaos était intrinsèquement en lui, obéir à l’Autorité réincarnée lui hérissait le poil au plus haut point.

« Il n’est pas mort. Seulement en dormance. Nul doute que lorsqu’il reviendra, il sera un atout de choix dans votre manche… Et il sera très en colère contre moi. » Sourire en coin, amusé par le challenge qui se présenterait à lui, bientôt. Et qu’il déferait à nouveau car les forces de l’Ailleurs lui seraient toutes aussi inconnues demain qu’hier. Il ne le craignait pas. Pas plus qu’il ne craignait Pryam. « Toutefois, je doute qu’il ne revienne avant que nous soyons devenus des statues de glace. » Un nouveau sourire : « Enfin, vous. » corrigea-t-il. Lui, il pouvait partir d’ici quand il le voulait. L’Ailleurs avait ses atouts. « J’ignore l’état de la ville, ni même l’avancement de cette vague de froid. Quant au temps dont nous disposons… Et bien trois ans. Fimbulvetr est un hiver de trois ans au terme duquel le Ragnarok détruira toute vie sur cette planète. Ce qu’il nous est possible de tenter, c’est de ralentir le phénomène. Opposer à la destruction, la fertilité et la création. Opposer au froid, la chaleur d’une flamme. Opposer aux guerres fratricides, l’union et la collaboration. Cette dimension est partiellement protégée des effets de l’hiver. Il est opportun d’en faire un fief, de l’aménager de telle sorte que l’hiver peine à percer. Avec un peu de chance, nos actions auront un impact en dehors d’ici. » Il marqua une pause pendant laquelle ils se fixèrent en silence. « Loki a survécu à la bataille. Dans un piètre état, mais je tâche de le remettre sur pied. D’après l’Edda, c’est lui qui conduira la dernière bataille contre Odin et les hommes… Il n’est pas à exclure qu’il sache ce à quoi nous avons très exactement à faire et je pense qu’il s’expliquera d’avantage à moi qu’à vous. » Une évidence sur laquelle il n’insista pas. Lorsqu’il aurait un peu plus d’informations, il aviserait.

« Pour l’heure, tâchons de stabiliser ce Siège, fouiller les étages, organiser la vie en ce lieu et l’immuniser de l’Hiver. Car nous risquons d’y passer un certain temps et nous ne devons pas déclencher un second affrontement. » Les camps s’étaient établi naturellement : le Cénacle dans la Chambre et les Rebelles dans le Hall. Ces positions pourraient être gardées le temps nécessaire. « Dès que possible, je m’entretiendrai avec Loki et je vais reprendre contact avec mes hommes présents au marché des Trolls. Il est possible de penser que si notre dimension a su résister au froid, les autres également. Il sera plus viable de se déplacer de dimension en dimension que de se risquer à aller au dehors. » Il y avait des dimension mêmes à travers le monde. Enfer, le nexus de France était une échappatoire à laquelle il songeait promptement. « Gardez Anthony. Il ne m’intéresse pas. Faites en ce que vous voulez. Il y a toutefois une promesse que j’ai formulée à son égard et qu’il me faut tenir si je veux obtenir la confiance de ses plus proches alliés. » Une confiance qui leur était nécessaire s’ils ne désiraient pas que quelques électrons libres ne s’affranchissent de la volonté du Führer pour rompre l’accord de paix qu’ils avaient agréé. « Je dois rompre le lien entre votre âme et son corps. » Longinus avait repris une forme originelle, gorgée d’une magie dont son possesseur se s’emplissait silencieusement. C’était comme un grondement lointain d’abeilles et ses prunelles étoilées fixaient le Patriarche. Il n’agissait pas toutefois. Il attendait un accord de toutes évidences, mais une approbation qu’il n’attendrait pas indéfiniment. Ses yeux toutefois s’attachèrent à la blessure de Pryam. Il lui manquait encore une pièce du puzzle : « Que s’est-il passé exactement dans cette Chambre ? Comment Evans a-t-il pu faire déferler l’Hiver ? » Rien que des vidéosurveillance ne pourraient exprimer. Le récit de Pryam l’intéressait toutefois.

Mar 31 Jan - 16:20
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Patriarche Earl
Il était mignon, Werner. Sincèrement, hein ! Un grand enfant. Il lui rappelait un peu son Anthony, d'une certaine façon. Ces mêmes utopies, et ce même orgueil. Rien de surprenant à les retrouver dans le même camp. Rien de surprenant non plus, eu égard à leur commune haine pour la même personne. Il était mignon, ce dictateur, à se croire encore au sommet d'une gloire passée, quand il n'était jamais que le remplaçant d'un camp blessé, encore loin de sa victoire. Il était mignon à se croire tous les pouvoirs, à s'octroyer les droits, alors que le pouvoir et la loi ne revenaient pas à cet homme-ci.
Ils revenaient à Pryam Earl.

Et le patriarche commençait doucement à en avoir assez de ces gens qui s'imaginaient posséder ce que seul lui savait tenir. Il était bien charismatique, Werner, il savait bien parler, certes. Mais pour l'heure, il n'avait rien fait, si ce n'était agiter un bâton. Woah. Une majorette savait également le faire. Croyait-il effrayer le Lord ? Et croyait-il que ses jolis mots le toucheraient, lui feraient ressentir peur ou admiration ? Avant de continuer quoi que ce soit, il allait falloir remettre les points sur les i. Même si, franchement, Pryam aurait préféré mettre un poing dans le Nikolaïs.
Se penchant davantage vers l'ancien dictateur, sa main posée sur l'accoudoir ouverte dans une incitation à se taire, le patriarche reprit la parole, d'une voix qui, si elle restait neutre, aussi lente et posé que ses précédentes, était infiniment plus sèche, le ton plus impérieux et implacable. Comme si chaque mot était un ordre, chaque mot était placé de sorte à rappeler qui, ici, possédait le titre de Seigneur.

"- Je vous arrête tout de suite, Adolf." Son regard noir de mort s'accrocha à son interlocuteur. Oui, c'était à son tour d'utiliser les prénoms. Mais venant de lui, c'était davantage par infantilisation. Si Dolfie faisait l'enfant capricieux, ils serait traité comme tel. "Je ne suis ni un de vos Hommes, ni un de vos sujets. Gardez vos obligations pour eux. Je ne vous dois rien. Vous m'avez laissé en vie ? Fort bien. Je ne vous l'avais demandé, et cela sert vos intérêts. Vous me laissez la vie maintenant ? Si cela vous ennuie tant, vous n'avez qu'un mouvement de poignet à faire pour avoir ma mort. Je ne vous en empêche pas." Se penchant un peu plus, faisant fi de la douleur qui irradiait son épaule, il ajouta, plus bas: "De nous deux, je suis celui qui n'a rien à perdre. Le Secret pour lequel se battaient mes ancêtres s'est brisé. Vous, en revanche, vous avez à perdre un joli pion avec ma mort autant qu'avec l'absence de mon soutien. Est-ce ce que vous désirez ?" Il se redressa, dans un élan de pitié pour sa pauvre épaule, refrénant une sorte de grimace. Plus qu'un pion, Werner risquait également de perdre l'Envers. Ils le savaient tous deux. Mais le Lord s'en moquait. Lui, il trouverait toujours un moyen de récupérer le pouvoir, de jouer avec la mort, et baste pour son "peuple". N'était-ce pas ce même peuple qui s'était montré si ingrat envers lui ? "Notre collaboration ne se passera pas ainsi, Nikolaïs. Amusez-vous seulement à essayer d'obtenir ma servitude à renforts de "vous me devez ceci", et je vous laisserai à votre solitude."

Bref regard autour d'eux. Ses alliés percevraient-ils le fiel qui s'était peu à peu insinué dans ses murmures, ainsi que les subtiles crispations de ses poings ? Difficile à dire, à cette distance. "Je ne crois pas à votre promesse envers les alliés d'Anthony. Vous savez aussi bien que moi combien il est aisé de mentir. D'autant plus que là où il est, Anthony ne pourra vous démentir." Qu'il devait être seul, ce pauvre Anthony, dans son Hall des Ténèbres. L'écho seul devait lui répondre, et l'hypoglycémie devait le guetter.
Les mains croisées sur son ventre, le regard porté au loin, le Lord réfléchissait. Ces saines bases étant désormais posées, peut-être pouvaient-ils à nouveau se soucier de l'Envers au lieu de leurs vaines querelles personnelles. "Nous en sommes venus à nous battre. Lui usait de sa magie empruntée à l'hiver, moi de mon alliance avec l'outre-monde. J'ai fait de mon mieux pour le pousser à l'épuisement. J'ai gardé mon énergie, je l'ai laissé me blesser à l'épaule. Je l'ai hanté des morts qui étaient siens, et j'ai exalté son orgueil. Je suis parvenu à avoir sa tête sous ma botte." Et ç'avait été si bon ! Une vision qui lui tiendrait chaud pendant tout l'hiver. Cela ne valait-il pas le coup, au fond ? Un Ragnarök, contre une tête d'Anthony écrasée ? "Mon fils Morghann est venu le voir. Anthony l'a supplié…  Puis ce fut comme s'il avait retrouvé une grande puissance magique. J'ai essayé de protéger Morghann, il m'a fallu tourner le dos à Anthony. Je me souviens néanmoins de sa voix, différente… Et je me souviens d'un Nexus qui lui obéissait,jute avant le cataclysme." Il appuya sa tête, lourde, sur le poing de son bras valide. "Il a dû s'abandonner à quelque puissance envieuse du Ragnarök, sans doute. Voilà ce qui advient d'un pouvoir entre de trop malhabiles mains." Voilà pourquoi il avait tenté, également, de protéger le Secret. Que d'autres stupidités de ce genre adviennent ne le surprendraient même plus.
De toutes façons, il avait signé pour toute une floppée de mauvaises journées.

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Lun 6 Fév - 18:59
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Il était mignon, Pryam. Sincèrement, hein ! Un grand enfant. Le genre de ceux qui atteignent l’âge du ‘non’ et qui en usent à tord et à travers pour renforcer leur propre orgueil. Nikolaïs relâcha l’éclat de magie qu’il maintenait prêt à charger. Cela retomba comme un soufflet raté, alors qu’il clignait des yeux hébété devant la réponse qu’on lui servait. Il devait d’ailleurs avoir l’air parfaitement stupide et dénué du charisme à tout épreuve qui était sien. Puis il roula ses yeux étoilés en désespoir de cause. Sans le cacher et il doutait très sérieusement que le Patriarche soit habitué à faire face à ce genre de comportement éhonté. Peu importait : qu’il se mange en pleine face son ingratitude désobligée, cela ne dérangeait nullement Nikolaïs. Sa réaction l’agaçait et un bref instant, il songea sérieusement à trancher ce lien de force, puis l’assassiner et laisser sa dépouille sur place. C’était à portée de main et son caractère sanguinaire le réclamait, autant que son plaisir sadique lui susurrait à l’oreille de patienter encore un peu pour savourer l’instant comme il le devait. Et non de le consumer en un si bref instant qu’il n’aurait à peine en bouche que le goût d’une amère vengeance. Une vengeance qui ne rassasiait sa colère. Une sourire vint finalement sur ses lèvres, par l’amusement de la situation : alors Pryam croyait qu’il avait son mot à dire. C’était bien un dictateur ça. Il ne pouvait l’en blâmer, il aurait certainement fait pareil lui-même. C’était d’ailleurs ce qui ne laissait sourire bien malgré la situation qui ne le réclamait pas. Il n’y avait pas à dire : l’un comme l’autre se ressemblaient beaucoup par moment.

Adolf ? C’était qu’il avait réussi à l’énerver pour que ce grand Lord se mette à l’appeler par son prénom. Nyarlathotep avait raison : c’était vraiment très drôle de jouer avec l’humanité pour voir comme elle réagissait. Et Nikolaïs n’était encore qu’un petit joueur en la matière. Il n’avait pas mis la bombe H entre les mains des américains. Quoiqu’il en soit, il ne voudrait pas de Pryam comme l’un de ses Hommes ou de ses sujets : non le nécromant se donnait trop de valeur. Il ne le voulait que comme ennemi à mettre en lambeau et c’était déjà bien cher payé que de tenir ainsi l’attention du nazi. L’invitation à l’assassiner était douce mais Nikolaïs n’était pas un sot pour laisser cette âme sombre aller se loger dans le corps d’Anthony, ayant ainsi double travail à faire. Alors que Pryam balayait le sujet comme clos, l’allemand arqua un sourcil. Il croyait pouvoir y mettre un terme ainsi ? Oh non, Ils y reviendraient très vite : Hitler ne comptait pas lâcher le bout de gras si facilement. Toutefois, c’était avec une certaine attention qu’il s’empara du récit qu’on lui narrait, l’analysant dans ses moindres détails pour en en extraire l’essence cachée. Cette histoire comportait bien des informations sous leurs tournures pragmatiques et fermes. Voilà que leur collaboration commençait donc à porter ses fruits. Il avait donné à Pryam et il commençait à recevoir. Voilà qui lui était utile. « Voilà ce qu’il advient d’un pouvoir dans les mains d’un homme au désir de vengeance exalté par vos soins et poussé dans ses derniers retranchements également par vos soins, Pryam. » corrigea-t-il avec la douceur d’un professeur envers un élève qui avait des difficultés.

« Je ne doute pas que vous soyez intimement persuadé d’avoir agi au mieux, comme je suis persuadé d’avoir agi au mieux... » Aussi ne lui jetait-il pas la pierre au risque de se prendre lui même un ricoché. « Il me faut toutefois porter à votre connaissance qu’aujourd’hui vos détracteurs sont nombreux et que la poigne, que vous aviez hier encore à manipuler leurs consciences pour qu’ils suivent tous votre raisonnement, se referme aujourd’hui sur quelque chose de visqueux, que vous pouvez retenir certes, avec un certain effort, mais qui passe nonchalamment entre vos doigts. » Ô comme c’était jouissif de prononcer ces mots tout en sachant combien ils étaient vrais ! La suprématie des Earls s’effondrait comme un château de cartes lentement soufflé. Nikolaïs prenait tellement de plaisir à le voir s’écrouler que cela finirait presque par passer pour de l’adultère à sa chère Eva. « Aussi trouverez-vous quelques voix pour s’élever et vous inclure dans ce qui a déclenché cet apocalypse meurtrier. Anthony… Oui, c’est Anthony qui a cédé à quelques puissances pour ne pas froisser son orgueil et ne pas souffrir plus encore… De votre main. C’est vous qui en avez fait votre ennemi, vous qui l’avez torturé, vous qui l’avez écrasé, vous qui avez pris tant de plaisir à le mettre sous votre botte. Au fond vous avez réussi à l’éduquer comme un Earl et à en faire un monstre d’orgueil… Un orgueil que vous avez exalté. Vous ne l’avez pas poussé à l’abandon… Chaque jour, chaque heure, chaque seconde, vous l’avez poussé à rechercher encore plus loin, encore plus fort, encore plus instable pour être en mesure de se dresser contre vous. »

Il poussa un soupir, s’installa au fond de son siège : « Vous aurez beau hurler votre blancheur, Pryam, en votre for intérieur, je suis certain que vous savez qu’ils ont raison. S’il est indéniable qu’Anthony a sa part de responsabilité, il sera bientôt indéniable que vous en portez votre quota également. Il vous restera deux choix : céder le pouvoir ou vous cloisonner dans votre tyrannie. Connaissant votre orgueil, je suis persuadé que vous ferez le second choix et que vous instaurerez une période de terreur avant d’être détrôné. Je suis le mieux placé pour savoir combien le chaos et la destruction ne sont que très peu tolérés par l’humanité. Tant est qu’elle vous ôte la couronne un beau matin. » Oh non, il ne lisait pas l’avenir. Il spéculait sur lui en fonction des plus fortes probabilités. Il était tout à fait possible que l’avenir prenne un autre chemin et que les statistiques soient revues. Mais cela lui semblait tant être une évidence qu’il aurait été burlesque qu’elle n’ait pas lieu. « Vous avez raison, Pryam. Vous être un pion. Un pion très intéressant sur l’échiquier. Mais comme tous les pions, vous pouvez très bien être sacrifié. La partie se verra plus complexe sans vous, mais pas impossible. Et quand on doit affronter des adversaires comme Fimbulvetr ou le Vatican, il est préférable de prendre soin de chacun de ses pions. » Il avait tout intérêt à travailler avec Pryam, Nikolaïs ne se donnerait pas toute cette peine s’il avait pu refuser ce confort en bonne intelligence.

« Mais quand les pions se refusent à marcher droit, il y a deux solutions. Sacrifier les pions ou les forcer à entrer dans le rang. Car contrairement à ce qu’il croit, le pion a encore des choses à perdre. Vous cherchez vainement Haley et… Il n’est pas exclure que vous ayez à chercher vainement aussi Morghann. Si la promesse que j’ai faite à Howard n’est pas parvenue à vos oreilles, entendez la de moi-même : je tuerai votre fils. Tôt ou tard. Ce n’est qu’une question de temps et il est à votre choix de décider si je dois le faire maintenant ou si vous m’êtes encore assez utile pour que je l’épargne… » Il ne mâchait pas ses mots et s’il avait agacé Lord Earl un peu plus tôt, il devait à présent sacrément titillé sa corde sensible. Le récit de Pryam lui avait livré ce détail sur un plateau d’argent. « J’ai bien conscience de ce qu’imposerait mes actes, mais voyez-vous… Il y a suffisamment de chaos et de haine en moi pour me faire commettre pareille folie. Il y a des ennemis desquelles il est presque vain de vouloir venir à bout… Alors si je dois mourir, que ne donnerai-je pour vous voir brisé ? » Il avait l’air complètement cinglé et ivre de vengeance. Il lui laissait entrevoir sa folie avant de se cloisonner à nouveau, tâchant de suivre une voie plus diplomatique.

« Anthony est quelqu’un de très débrouillard. Et aussi buté que chacun des Earls...  Oui, c’était une insulte. Et non, il n’en avait plus rien à faire du respect envers l’homme à qui il s’adressait. S’il bouillonnait un peu trop, il pourrait lui proposer, à lui aussi, le tricot ? « Il reviendra. Plus entêté encore. Si ce lien n’est pas rompu, il en sera fini de ma collaboration avec les siens… Le mensonge est aisé… Oui. Mais je ne compte pas mentir pour vous protéger. Si je veux être en mesure de le désamorcer à sa prochaine stupidité, il me faudra sa proximité et je ne l’aurai en abusant de la confiance des siens. » Il reporta son regard étoilé, visage serein vers celui qui était encore le Seigneur de l’Envers. « Je suis déterminé à rompre ce lien. Il n’y a qu’à vous que cela tient pour se faire avec ou sans votre consentement. » Et si Nikolaïs s’échinait tant à obtenir son accord, c’était bien parce qu’il craignait que Fimbulvetr ne se nourrisse de leurs affrontements. Peut-être à tord, mais dans le doute… Et puis, il fallait bien avouer qu'il serait jouissif de pousser Pryam Earl à courber l'échine devant lui plutôt que d'user de la force pour l'écraser. Le fait qu'il le fasse volontairement avait ce petit goût de victoire orgueilleuse pour lequel il salivait. « Il me reste à savoir si vous êtes prêt à parier sur la vie des vôtres pour préserver votre seconde. »

[Suicidaire du soir, bonsoooooir ! Baston ♥]

Mar 7 Fév - 23:27
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Patriarche Earl
Les gouvernements de l'Endroit avait ceci de mauvais que, trop souvent, ils s'essayaient à faire cohabiter des camps opposés. Les résultats étaient chronophages autant que médiocres. Le Seigneur de l'Envers avait fait de son mieux pour épargner cela à son peuple, lui permettant d'aller en une seule et même direction, salvatrice. Au bris de cette règle, il prédisait déjà le résultat. Face à Werner, il puisait dans ses ressources pour ne pas laisser le manque d'espoir prendre le dessus. Il se devait d'en avoir, tant que de ses décisions il n'était pas le seul à dépendre.

Le Lord aurait dû mentalement lancer des paris, tant certaines remarques de Werner ne le surprenaient pas. Allez ! Voilà que le comportement d'Anthony était de sa faute ! Quel peuple ingrat n'avait jamais craché ces mots à la figure de leurs dirigeants ? Le passage des ans avait dû avoir un impact sur le charmant Hitler, pour que ce dernier en vienne à châtier des causes autres que la nature des êtres en eux-mêmes. Ce n'était pas pour arranger Lord Earl. Si ce dernier pouvait admettre, en bonne intelligence, avoir peut-être sa part dans les drames récents, il savait surtout que ce n'était pas une information qui soit importante dans sa révélation. À quoi cela les mènerait-il, de savoir qui avait causé Fimbulvetr ? Rien. Cela ne changeait rien. Chacun pouvait utiliser sa propre version pour convaincre des êtres déjà convertis à une cause ou une autre. Pour l'heure, le combat de Werner face aux Earl se devait d'attendre, ils avaient plus important à discuter… Bien que l'ancien nazi n'en sembla pas pleinement conscient.

Sa lourde tête toujours appuyée sur son poing, le patriarche posait sur Nikolaïs un regard sincèrement las et désabusé. Il parlait, il parlait, et donnait l'impression d'user de ses mots comme d'un moyen de masturbation psychologique. Pryam n'avait pas signé pour en être le voyeur, pourtant. Allez, qu'il lui dise encore combien sa poigne s'étiolait. Le Lord le savait parfaitement. N'en avaient-ils pas plus tôt parlé ? N'avaient-ils pas émis tous deux le voeu de la rétablir, la raffermir ? C'était à en douter.
Anthony aurait dû céder. Il aurait dû, à un moment, faire preuve de lucidité, et constater qu'il n'avait pas les moyens physiques de se mêler au monde des sorciers., et renverser son père. Nul ne surprendrait à nouveau Pryam à surestimer l'intelligence de qui que ce soit. De toutes façons, ils étaient tous idiots, incapables, et il passait bien des adjectifs, avant de se dire qu'il l'aimait, ce foutu monde d'abrutis. Il n'y avait bien que lui qui pouvait lui apporter pouvoir et immortalité. Contrairement à ce qu'il avait affirmé, oui, il avait des choses à perdre… Mais ce n'aurait pas été un discours prêt à faire changer de propos Werner. Qu'est-ce qui était le mieux, d'ailleurs ? Les menaces et chantages, ou ce babillage qu'il lui tenait ?

Si Hitler croyait véritablement aux deux choix qu'il prédisait, il allait être surpris. Sa propre expérience n'avait rien d'une fatalité. Depuis longtemps, Pryam avait déjà de nombreux plans établis, selon chaque changement que chacun pouvait subir. Parmi eux, il y en avait un spécial, où ses fils prenaient le pouvoir officiel, le laissant gérer les affaires les plus intéressantes dans l'ombre. De plus en plus, ce plan-là le tentait. Il allait vraiment falloir qu'il impose aux jumeaux de devenir ses stagiaires.
Ah, encore des menaces. Pryam en vint à se demander si elles ne faisaient pas simplement parties de la façon de s'exprimer du dictateur, s'il ne fallait pas purement et simplement passer outre. Pas le temps de mettre sa stratégie en pratique: Werner aborda un sujet sur lequel il était impossible de passer outre. La famille. Le poing libre du patriarche eut une imperceptible crispation. S'il apprenait que Werner avait touché à un seul cheveux des Siens, alors c'en serait fini de toute idée d'alliance. Il faudrait la mort de l'un d'eux deux, mais Pryam ne laisserait l'affront sans conséquences. Par la Faucheuse, il allait s'allier avec ce dément instable… Oh que l'Envers était tombé bas.

Qu'Anthony sorte du Hall des Ténèbres, Pryam n'en avait jamais douté. Il avait tout juste tenté de faire marcher Werner dans son sens en prétendant le contraire. Le Seigneur de l'Envers n'avait pas même pris la peine de concevoir davantage de chaînes au Réanimateur. À quoi bon ? Il ne craignait pas son retour. Pas plus que cela. Le Secret était révélé. Le lien entre eux, s'il venait à être rompu, donnerait à Anthony des raisons de tuer son père, c'était certain. Mais sérieusement, Lord Earl craignait-il qu'une personne de plus ou de moins veuille sa peau ? Absolument pas. Il était regrettable que Werner ne soit pas plus stupide. Voir Anthony revenir, et se plaindre du Lien, aurait été un charmant spectacle. Du baume au coeur pour Tyran.
Un temps de silence suivit les ultimes mots d'Hitler, durant lequel Lord Earl s'offrit le loisir de le dévisager, puis d'admirer le plafond du Cénacle, puis d'épousseter un peu sa veste, là où le sang la tachait. Il n'aimait pas être sale, ainsi… Et il commençait à avoir l'impression que le sang coagulait avec ses habits. Il aurait été bien mieux entre les mains d'un Khan que face à cette tête de mûle. Au bout d'un long moment, comme Werner ne semblait se décider, il dut expliciter:

"- Qu'attendez-vous pour rompre le lien ?"

Puisqu'après tout, il n'était pas même question de choix.
Pryam Earl n'eut pas à patienter pour obtenir la réponse. Il eut le sentiment que sitôt le point de sa phrase posée, la maudite Lance venait déchirer cette partie d'âme qu'il avait mis tant de soin à créer. Ce lien, par-delà l'existence, cette marque profonde… Le Lord parvint à demeurer immobile, les yeux fermés. Mais ses muscles tendus et la violente douleur à son épaule ne mentaient pas sur l'hurlement de son âme, et sa tentative instinctive de se raccrocher à elle-même, en vain.
Adieu les longues heures passées à jouer avec Anthony, adieu c temps passer, suant, haletant, tremblant de fatiguer, à les lier. Adieu le doux réconfort d'une mort qui n'était une finalité, d'une âme qui pouvait échapper à l'appétit d'Eurynome. Le Lord n'avait pas prévu cela. En plus de l'absence du lien, ce membre fantôme, il n'avait pas prévu ressentir la perte d'un appui. Jamais il ne l'avouerait, pas même à demi-mots, mais il se sentait diminuer. Il ne pourrait continuer ainsi. Il allait lui falloir quelqu'un d'autre, une nouvelle vie de secours… Non. Non, il en avait eu la preuve, c'était là une idée bien trop fragile. Il lui faudrait quelque chose de neuf. Quelque idée qui ne s'appuyait sur personne d'autre que lui.
Le Lord reprit son souffle, lentement. Il faisait chaud, non ? Ah non, Fimbulvetr… Il devait faire froid. Mais lui, il avait chaud. Et mal. Il se sentait un peu nauséeux. La domination du monde ne pouvait-elle pas attendre ? Ils savaient tous deux quels ordres ils avaient à donner, ils n'avaient plus à discuter. Les muscles de Pryam se détendirent, peu à peu. Il ne rouvrit les yeux que lorsqu'il se sentit la force d'observer à nouveau, avec un aplomb aussi faux que joliment imité, le Führer. Alors il demanda, s'essayant au maximum de neutralité malgré son ton impérieux habituel:

"- Pouvons-nous discuter, à présent ?" À moins qu'Hitler ait d'autres doléances ? "Où sont Haley et Morghann ?"

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Ven 10 Fév - 17:29
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Patience était mère de sûreté… Mais pour l’heure, patience était très compliquée à retenir. Ce Lord anglais prenait bien son temps et Nikolaïs ne lâchait pas un instant l’obsidienne de ses yeux. Son pouce caressait le bois d’ébène de la Lance, effleurant les filaments de la puissante magie qui y logeait. Lorsque la demande tomba, l’allemand défit l’espace en une autre dimension, celle où à sa vision percevait les traits et liens, et l’âme enténébrée de ce cher Pryam aussi nettement que les astres de l’Ailleurs. Son souffle s’accélérait, autant que les battements de son cœur, tel un acte qui réclamait les efforts de son corps. Le sang pulsait à ses veines et, lui qui était un sanguin, un bref instant, il dut lutter contre ce désir brûlant de prendre cette âme, la serrer dans son poing et l’y sentir agoniser alors qu’il la contraindrait jusqu’à l’au-delà. Mais non… Non pas tout de suite, en lieu et place de cela, ses doigts en dessinèrent lentement les contours comme un artiste fasciné par le magnifique dans l’obscur et l’horreur dans la lumière. Un souffle et les filaments tremblaient alors il le retint en un instant éternel à sa seule vision. Pour le commun des mortels, cela ne durerait qu’un battement de cils, mais pour Nikolaïs, le temps n’était plus tant une commune mesure mais une perception humaine dont il peinait progressivement à en voir les contours. Ses doigts se refermaient sur le lien honni, un lien noir forcé par la torture et le temps. Un lien qui avait repoussé au loin les lois de la magie pour les enfreindre, les avilir et les souiller C’était avec une netteté chirurgicale qu’il le trancha de la lame de lance, n’y rencontrant aucune résistance car au fond… Les deux mariés avaient donné leur consentement pour le divorce. Avec plus ou moins de contraintes, certes. L’important était de parvenir à un consensus.

Retenant en sa main le lien qui menait à Anthony, il fouilla en son sein, faisant fi de l’intimité que le Réanimateur avait pu avoir avec son père. Il était le genre d’homme à être dépourvu de remords. Il voulait voir l’horreur, il voulait voir comment Pryam s’y était pris. Pour que jamais plus, il ne le puisse. Pour qu’il comprenne comment l’empêcher de jouer à cela. Il continuait de remonter dans le lien jusqu’à le trouver, lui, l’homme mortel emprisonné. Il voulait le voir, savoir où il était très exactement et dans quel état. A présent, c’était chose faite. Il était là. Il le sentait distinctement. « Te voilà un homme libre, Anthony... » souffla-t-il dans les entrelacs du lien. Une ironie quand il le savait à présent piégé dans le Hall des Ténèbres mais il était certain que cette emprise qu’avait alors Pryam sur lui était la pire des prisons jamais construite aux yeux de sa victime. Toute l’horreur du hall des ténèbres n’était rien à côté. Ou presque. Il en avait fait un homme libre… Et il comptait bien faire en sorte qu’Anthony s’en souvienne. Il le gravait en lui alors qu’il relâchait le lien pour laisser celui-ci fuir jusqu’à l’Oublié, l’endettant à son égard. L’espace revint à sa vision comme la Chambre du Cénacle. Il haletait et très vite il ouvrit ses yeux sur un Pryam mal en point. Comme il aimait cela. Comme c’était si bon. Il calma son propre corps, ses prunelles étoilées sur le Patriarche jusqu’à ce que celui-ci soit en mesure de lui faire face avec aplomb. Quelle jolie façade exposait-il là par orgueil. Lui et Nikolaïs savait très bien comme il était humilié. Et cela lui plaisait. A présent qu’il y avait goûté, il serait bien ardu de ne pas revenir s’en resservir un morceau. S’appuyant sur la Lance, il se releva, s’écarta de l’Earl. Ils en avaient fini… Et pourtant. Non. De toutes évidences, Pryam en réclamait encore ? Soit, Nikolaïs n’allait pas le priver d’humiliation et de mauvaises nouvelles, surtout lorsque c’était demandé si gentiment.

« Morghann est probablement à l’infirmerie à recevoir des soins. Je n’y ai pas encore touché. » Il n’aurait pas pris ce risque sans en avoir de très bonne raison. Aussi affichait-il un sourire large à l’idée d’avoir pu, à ce point, effrayer le Patriarche Earl. Il avait cru à un point faible, mais il ne s’était pas attendu à ce que ce soit LE point faible par excellence. Comme c’était touchant. Et comme ils se ressemblaient encore, tout deux, à avoir cet amour pour leurs familles respectives. « Quant à Haley… Elle a été portée hors de Last End avant l’assaut. Je ne connais pas sa position exacte et comme nous n’avons pas de contact avec l’extérieur, je crains ne pas être en mesure de le savoir d’ici là. » Et quand bien même il aurait des nouvelles une fois le contact rétabli avec l’extérieur, il aurait d’autres chats à fouetter que de venir en informer le Lord. Ce serait à Pryam de venir en ‘terres ennemies’ pour s’enquérir de cette information le moment venu. « Ce n’est pas l’Ordre de Thulé qui a commandité cet enlèvement, Pryam. Mais cherchez dans vos ennemis, vous finirez bien par trouver des responsables. Vous n’en avez pas tant que cela... » Une raillerie ironique. Le nécromant allait passer un bon bout de temps à repasser ses ennemis en revue pour déterminer qui pouvait avoir envie d’enlever Haley plutôt que de l’assassiner ou de tuer le Patriarche lui-même. Au fond, c’était même un très large indice que Nikolaïs avait la bonté de lui concéder, probablement mis en de très bonnes disposition par l’accord qu’on lui avait donné de trancher ce lien. Il semblerait qu’ils puissent commencer à travailler ensemble.

« Toutefois... » Comme il était gentil de lui donner cette information. Au fond, ça n’aurait été qu’une question de temps avant que Pryam ne l’apprenne une fois les communications rétablies avec l’extérieur alors… Autant voir la tête qu’il allait tirer à ce moment et quelle jouissance d’être celui qui lui assénait le coup de la nouvelle ! « Je pense pouvoir vous rassurer et vous affirmer sans me tromper qu’elle bénéfice que bons traitements malgré les barreaux de sa geôle… Au fond, vous et moi savons très bien comme les femmes de son rang sont des joyaux inestimables… » Il marqua une pose avant d’achever sa phrase en prononçant distinctement chaque mot avec enrobage de miel doucereux : « Lorsqu’elles portent un enfant. » Il ponctua sa phrase d’un sourire fin mais sans aucun doute ravi. Il n’avait pas plus d’informations à lui communiquer reprit-il le chemin auprès des siens, porteur d’une paix provisoire et d’objectifs à accomplir. Et puis… Il avait besoin de repos : il ne tenait debout que par orgueil.

Dim 12 Fév - 15:23
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Réunion au Sommet [INTRIGUE]
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