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 Ut digni efficiamur promissionibus Christi | Antius [Intrigue] - Terminé

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L'étrange sous la normalité : Exorciste, je suis la main de Dieu : je porte la Marque de la Miséricorde.
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* Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ. [Extrait de l'Angélus qui se termine d'un ''Prions. Daigne, Seigneur, répandre ta grâce dans nos âmes, afin qu'ayant connu par la voix de l'Ange Gabriel l'Incarnation de ton Fils Jésus Christ nous puissions parvenir par sa Passion et par sa Croix à la gloire de sa Résurrection. Amen.'']

Dimanche 3 avril 2016

« Tu es Pierre et sur cette Pierre, je bâtirai mon église et je te donnerai les clefs du royaume des cieux. » Un écho de son apprentissage qui s’échappait de ses lèvres, dans un murmure, alors que ses pieds foulaient pour la première fois de son existence la Place Saint-Pierre du Vatican. La foule était  dense. Plus que d’ordinaire. L’hiver qui s’étendait de l’Angleterre terrorisait les fidèles, réunis ici en masse pour l’Angélus. Cent cinquante mille… Deux cents âmes. Mary n’en avait aucune idée mais les visages qu’elle observait étaient ternes, apeurés, la prière en refuge de ce que les médias appelaient la fin du monde. Qu’avaient déclenché l’Envers… ? Avait-elle échoué ? Parvenait-elle à son but trop tard ? Gabriel pouvait-il encore être sauvé ? Son cœur en détresse lui criait un ‘oui’ à l’unisson d’un millier de voix intérieures mais...Vraiment ? La vague de froid s’étendait, prenait de l’ampleur, lentement mais sûrement, comme le compte à rebours de la fin des temps. « Et concepit de Spiritu Sancto. » répondit-elle au Pape François comme les milliers de fidèles. L’Église avait besoin des croyances, de la foi pour la naissance de l’enfant de Dieu. L’Ange du Seigneur avait apporté l’annonce à Marie. Et l’exorciste portait en son cœur le message aujourd’hui. Un message qu’elle avait gardé pour elle-même, en silence. Cela avait été les consignes de Gabriel. Sa parole devait être portée à l’Autorité Suprême directement. Et Ian lui en avait voulu pour ce mutisme. Le trouver n’avait pas été une mince affaire. Le convaincre d’autant plus. Il n’y avait que l’enochien gravé dans sa peau et la grâce de Gabriel qui avaient fini par avoir raison de lui.

Mary portait son enfant dans ses bras, son époux en faisait autant avec le second, conscients que ce serait perdre leurs ouailles que de les laisser dans cette foule. Ils ne pourraient pas entrer, pas pour l’heure. Les fidèles étaient bien trop nombreux pour envisager de se faufiler. La prière était leur Salut. L’annonce de Gabriel portait en Mary les espoirs de l’enfant de Dieu. Il fallut quelques longues minutes au terme d’un Amen pour que les fidèles reculent et rejoignent leur foyer. Leur pèlerinage s’achevait, celui de l’exorciste débutait. Par la porte des Saintes, ils pénétrèrent dans la Basilique, le visage de Judas en passe-partout. Elle commençait à trembler et tâchait de le camoufler pour que la peur ne forme aucune contagion vers ses enfants. En particulier celui qu’elle avait dans les bras. Les visiteurs et croyants se firent de plus en plus rares à mesure qu’ils avançaient et s’engouffraient en des chapelles et couloirs plus privés. Toujours aussi splendides au demeurant. Les lumières, les dorures, peintures, sculptures. Si Mary n’avait pas été aussi tétanisée, elle aurait peut-être pu admirer tout cela. Pour l’heure sa démarche était raide et les talons de ses bottes claquaient sèchement le sol. Elle laissa ses enfants à son mari lorsque leurs routes durent se séparer. Elle continuait de suivre Ian jusqu’au Monastère Mater Ecclesiae, Marie mère de l’Église. Elle dut quitter vêtements et armes, revêtir la robe noire des sœurs, ainsi que le voile pour se mêler aux visitandines de l’ordre monastique.

Mardi 5 avril 2016

Le reste dura des heures, des jours de jeûn et de prières. L’instinct maternel, en elle, hurlait de n’avoir aucune nouvelle de sa progéniture. Elle n’avait plus aucun moyen de contacter l’extérieur et elle tâchait de se rassurer en se répétant en litanie qu’ils avaient été bien reçus et bien traités. Mary n’avait jamais autant prié que ces derniers jours, pour sa famille, pour Gabriel. Elle savait que l’archange priait pour elle en retour. Elle l’espérait et s’en consolait. La prière devenait défouloir et poison, s’infiltrait dans ses sens, en elle, pour lui apporter purification et endoctrinement. Elle se savait épiée, observée, calculée. Certains et certaines ne s’en cachaient nullement. Elle avait le sentiment de devoir à chaque instant, dans tout faits et gestes, justifier de la véracité de ses paroles. Gabriel l’en avait prévenue, mais ça ne l’empêchait nullement de s’en sentir agressée. La petite chapelle n’avait pas beaucoup de lumière, quelques rais du soleil parvenaient des rares vitraux et Mary y baignait autant qu’elle en nécessitait. Elle se sentait telle une souris en cage, la foi en seule moyen de tenir bon. Les bancs de bois étaient bruts, sans gravure, juste impeccablement vernis. Assise là, son regard se perdait dans la passion du Christ, autant qu’elle-même souffrait, le poing refermé sur l’écu d’or de l’Ordre qui l’accueillait. Au bruit de pas sur le sol de dalles crème, elle tourna la tête, brusquement, comme un animal farouche qu’on avait terrorisé. La teinte des yeux de cet homme était si semblables à ceux de l’exorciste, comme un lien filial le retenait à Mary. Et elle le sentait. De la même manière qu’elle avait reconnu instinctivement Gabriel dans le corps de Johan, elle le reconnaissait Lui.

« C’est Vous. » souffla-t-elle faiblement avant de se relever. Le vertige l’appelait, les points noirs dans sa vision. Elle ferma les yeux pour mettre un terme au malaise et les ouvrit à nouveau quelques secondes plus tard, quittant les bancs pour rejoindre la partie centrale. Dans son dos, trônait la croix du Christ et devant elle l’Autorité du Vatican. « Gabriel m’a demandé de venir à vous pour vous faire part d’une menace mais... Je suis arrivée trop tard pour cela et je n’ai… Aucune idée de ce qu’ils ont déclenché ni… De ce que mon tuteur est devenu. » Elle déglutit. Ne pas songer au pire. Elle sentirait son absence si c'était le cas, non ? Elle inspira profondément : « Comment vont mes enfants ? » C’était égoïste, mais tellement naturel et humain. Ses petits jumeaux étaient la prunelle de ses yeux, en être séparé et ignorer leur devenir l’inquiétait au plus au point, autant que cette période glacière qui s’annonçait et prenait de l’ampleur.

Dim 25 Sep - 15:15
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Il se tenait là, face à elle, présence éthérée et silencieuse mais infiniment bienveillante, dont le regard aigue-marine la couvait tranquillement, sans jamais ciller, alerte dernière la paix qui s'en dégageait. Sa haute silhouette souple n'était ornée que de la robe cléricale traditionnelle des prêtres catholiques, fermé par un col romain impeccable. Le noir et l'austérité du vêtement rendait néanmoins sa peau très pâle, presque translucide, laissant se diffuser une lueur douce des tréfonds de son être, comme une veilleuse pour un enfant ayant peur du noir, ou une luciole pour guider les voyageurs égarés dans les landes la nuit. Son sourire lui-même était une lueur, paisible, qu'il lui dédiait, à cette jeune femme, cette enfant apeurée et malmenée par les événements. La surprise dans l'attitude de la visiteuse, puis sa reconnaissance, attisèrent encore l'expression alors qu'il la quittait un instant pour observer la croix de la passion, suspendue au mur avec l'icône du crucifié, et qu'il penchait sensiblement la tête, en approchant lentement, pour se trouver face à elle. Nostalgie le caressa un bref instant, avant que sa suppliante ne prenne à nouveau la parole, brisant l'auguste silence des lieux. Son inquiétude pour sa progéniture lui fit plisser les yeux en une expression compatissante et affectueuse. Élevant une main immaculée, il frôla son visage et vint poser sa paume à l'emplacement de son cœur, diffusant en elle les bienfaits de la lumière et de la pureté qu'elle avait cherché en se soumettant aux rituels traditionnels. En elle vint fleurir une nouvelle force, qui chassa la fatigue, le froid et le doute.

« Ils vont bien. Mes ouailles ont offert un logement à ta famille au sein du palais apostolique, à l'intérieur des protections de la colline de Saint-Pierre »

Il s'interrompit en faisant cesser le contact délicat de sa dextre, la laissant retomber avant de se détourner pour s'asseoir sur l'un des bancs de bois vernis. Il lissa le tissu couvrant ses genoux, et ramenant entre ses doigts le chapelet de sa ceinture. Il y avait tant d'effervescence condensée en ce petit esprit.

« Gabriel existe toujours, lui aussi. Il se trouve toujours à Last-End, est a trouvé un havre temporaire pour l'accueillir pendant qu'il cherche un moyen de retrouver ce qui lui appartient »

Sa voix était tout aussi tranquille que son attitude, digne et composée, comme si rien, au dehors, ne sonnait la fin du monde. Et ce ne serait effectivement pas la fin, il comptait bien s'en assurer. C'était là son devoir, envers la création de Dieu. L'humanité et la terre perdureraient au-delà de cet hivers magique, et n'en seraient que plus magnifiques que d'avoir survécu aux ténèbres et au désespoir. Son souffle s'échoua un bref instant alors que le tintement argentin des prières lui parvenait, vibrant dans son cœur et provenant du monde entier. Cet événement renforçait la foi des croyants et convaincrait bien des incrédules… et c'était pour le mieux. Se tournant vers elle, il la choya d'un nouveau sourire, plus enfantin.

« As-tu déjà étudié la mythologie Scandinave à l'école Mary ? Je ne sais pas du tout ce qu'ils vous enseignent en cette nouvelle ère »

Il attendit quelques instants, puis lui donna enfin la réponse, sans moquerie aucune, mais avec un détachement langoureux.

« Fimbulvetr. Dans les mythes des terres du nord, il s'agit de l'hiver de trois ans qui précède le crépuscule des dieux et la grande bataille aux portes d'Asgard entre les forces des Ases et celles de Loki, dieu de la discorde. Peu sont ceux qui, au fil des ans, se sont souvenus que Fimbulvetr, comme bien d'autres concepts, était un être réel, et que ses terribles pouvoirs, nourris pendant des éons, pouvaient réapparaître si les bons augures étaient réunis »

Dans le silence des lieux, ses paroles semblaient prendre des ondoiements palpables, malgré la pureté du sol sacré et de la présence illuminée. Le visage grave, il reprit :

« Dans les textes anciens, le principal augure relatif à fimbulvetr s'avère être le combat de parenté, ou 'le frère tuera le frère'… »
 

Mar 1 Nov - 15:44
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Hypnotisée, Mary fixait Antius dans un silence religieux. Le regard de son interlocuteur était saisissant… Et si ça n’avait pas été un comble, elle aurait bien donné l’adjectif ‘ensorcelant’. La main effleura sa joue avant de se poser sur son cœur. La douleur s’éloigna, comme sous l’effet d’une drogue, elle s’apaisait, ses épaules retombaient lentement. Elle peinait encore à en croire ces yeux. Elle n’était pas aussi écervelée qu’une groupie mais elle en avait finalement la parole coupée. Hésitante, elle ne savait trop par quel bout commencer. Elle avait tant de questions, d’interrogations qu’elle risquait de tout sortir en même temps et de rendre son élocution impossible. Elle tâcha d’organiser ses pensées. Elle imaginait ses bambins bien à l’abri avec leur père. « Merci. » souffla-t-elle, reconnaissante avant de venir lentement s’installer à ses côtés sur le banc : si elle restait encore cinq minutes debout, elle allait tomber dans les pommes. Les nouvelles de Gabriel la soulageait un peu plus. Ça n’était pas les meilleures nouvelles qui soient mais au moins, il était en vie et pouvait être sauvé. Elle avait des questions. Elle les taisait pour l’heure. Antius n’avait pas fini de répondre aux précédentes pour qu’elle se montre aussi impatiente. Elle avait de quoi mais ce que lui avait fait cet homme l’avait apaisée et l’aidait à prendre son mal en patience. « Oui un peu… Mais pas à l’école. Au programme, on y trouve les divinités égyptiennes et… Greco-romaine. Surtout pour le cours de latin. C’est un comble quand on y pense. » Fidèle à elle même, ses pensées s’éloignaient du sujet actuel. Mais c’était vraiment un comble : elle avait appris le latin pour les prières et on lui avait fait manger du paganisme. Il fallait certes connaître ses ennemis… mais elle connaissait vraiment leurs petites querelles par cœur avec autant de désintégré et de puérilité qu’un épisode des Desperate Housewife. Elle secoua finalement la tête de gauche à droite, désolée et le laissa poursuivre les explications sur le sujet.

« Pryam Earl et le Réanimateur… Père et fils... » Les vidéos avaient fait le tour du monde. Elle tritura ses doigts, de nouveau nerveuse. « Leur colère l’un envers l’autre devait être… Écrasante. » Elle baissait les yeux sur ses mains. Et dire qu’elle avait défendu Pryam devant Gabriel. « Est-ce… Est-ce qu’il y a un moyen d’arrêter cette chose ? Est-ce qu’il est possible d’empêcher les gens de mourir ? Tant par le froid que… la fin des Temps. Est-ce que Vous… Vous pouvez l’arrêter ? C’est... » Elle posa son regard sur les mains d’Antius alors que son esprit actionnait les rouages d’une réflexion chaotique et terrorisée : « De la magie ? Comme celle des anges ?  Vous… Soignez. Mais, vous avez fait d’autres choses, n’est-ce pas ? Marcher sur l’eau… Je… Même avec toutes les prières du monde, j-je vous assure que je coule, moi. » Oui, elle avait essayé. Une fois. Elle inspira profondément, cherchant à se calmer et éteindre le flux de ses questions. « J-Je suis désolée. J-Je ne sais pas où je vais et… J’ai laissé dernière moi des amis-là bas. Des personnes qui combattent. Des chasseurs, des exorcistes… Ils ne méritent pas de mourir. Il y avait tellement de monde pour l’Angélus… Des humains qui se tournent vers l’Église et qui espèrent. V-Votre histoire de fin du monde, elle fait flipper. L-L’humanité est terrorisée au-dehors et elle ne sait pas encore ce que je viens d’entendre. A-Alors c-c-comment vous faites pour être aussi calme ? » Sa sérénité était royale, magistrale... Et aussi terriblement stressante alors que c’était la panique à bord. Elle tremblait de la tête aux pieds. L’effet d’apaisement s’était vite dissipé tant elle était stressée. « Je devrais me calmer aussi en fait... » murmurra-t-elle pour elle-même. Une inspiration, un souffle, prière intérieure. Oui, voilà, le latin, c’était le bien.

Elle se massait les tempes et tâchait de mettre un terme aux tremblements. Après quelques secondes, elle ouvrit de nouveau la bouche : « Ok, on reprend. Si Gabriel est là-bas… Peut-être, y a-t-il un moyen de le contacter et de le sortir de là où il est ? De le ramener ici, sain et sauf ? Je… je ne sais pas comment le contacter. C’est lui qui vient à moi quand je l’appelle et… Ces derniers mois, je tombe plus sur son répondeur que sur lui très honnêtement. Son incarnation s’est pas très bien passée, je crois… Johan n’était pas… C’est un gentil garçon pourtant, je ne comprends pas pourquoi il est si borné. Dès que Pryam Earl ouvre la bouche… C’est comme si c’était un évangile pour lui. » Elle bafouillait à nouveau. Respiration, concentration, prière. « Gabriel est venu me parler, c’était comme dans un rêve mais… Il était là. Il voulait absolument que je vous dise que son hôte avait pu apprendre… Mais pas à Ian, je ne sais pas pourquoi. Il est un peu bourru et tête de mule mais je suis sûre que c’est une façade, vous ne croyez pas ? » Elle se mit à faire ce qu’elle faisait le mieux : parler. Elle récitait du mieux qu’elle le pouvait les paroles de Gabriel, veillait à ne rien oublier. Elle ne voulait pas avoir fait ce chemin en vint. Elle voulait retrouver son Archange et empêcher l’humanité de finir comme glaçon dans le cocktail de ce cher Fimbulbetr !

Mar 15 Nov - 18:09
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Un clignement d’œil et l'ébauche d'un sourire pour toute réponse à ses remerciements, ne s'y attardant guère alors qu'ils avaient bien davantage à discourter. Il s'agissait simplement de l'apaiser, car elle le nécessitait, mortelle enfant saisie et transies de ces émotions qui liaient l'humanité. Sans cette assurance, son esprit ne serait jamais entièrement tourné vers sa tâche, hors il avait besoin qu'elle le soit, sans pour autant condamner l'instinct qui la poussait à la préservation des siens. Il s'agissait d'une vertu de l'humanité que de penser aux leurs. Et il était heureux de voir que ses pensées se tournaient tout d'abord vers eux. Il n'était pas étonnant qu'elle eut été choisie par Gabriel. Digne élue. Jusqu'ici, elle était exemplaire en bien des points, les plus importants. Qu'importait en fin de compte les petits défauts correctibles, tant que l'âme restait majoritairement pure et intouchée ? Il n'était pas dépourvu de pitié ou de merci, bien au contraire. Et il aimait les hommes.Il la regardait, tandis qu'elle parlait, mais une large part de son intellect restait concentrée sur le passé de cette jeune femme, sur les agréables moments en famille autant que sur la tragédie. Comme la caresse d'une plume, son immense esprit remontait lentement le flot de son âme et de son cœur vers l'étincelle primordiale qui avait allumé son existence, et son sourire se fit tendre, tandis qu'il la couvait du regard. Puis subitement, il se rendit compte du silence entre eux. Elle lui avait posé des questions, mais il n'avait pas encore répondu, trop occupé à l'examiner et soupeser sa vie et ce qu'elle en avait fait. Pourtant, il revint alors au présent, et d'un lourd soupire, il reprit l'ascendant, énonçant enfin une réponse pour celle qui l'attendait.

« Ian n'est pas un être mauvais, mais sa destiné est… complexe, et il est vulnérable au vice et à la traîtrise, bien malgré lui »

Rien n'était inimité, en son affirmation. Il ne s'agissait que du factuel, de la vérité. Ian avait provoqué nombre de désastres sans même se rendre compte de ce qu'il perpétrait. Aussi fallait-il se montrer prudent, de peur qu'il ne détruise cela aussi. Gabriel n'avait pas eut tort d'agir avec pondération. Pour autant, il aurait grandement aimé qu'Ian puisse enfin être sauvé, complètement libéré. Il aurait donné beaucoup pour cela, serait même mort une troisième fois.

« Gabriel n'est pas en danger immédiat. Il n'est pas celui dont il faut se soucier dans l'immédiat. Son existence est puissante, même dépourvue de ses pouvoirs. Il perdurera »

Quand à savoir pourquoi Johan Rosemary agissait comme il le faisait, et bien… l'amour, tout simplement, et une loyauté indéfectible, alliée à l'aveuglement candide. Rien qui ne soit une tare, en réalité, rien que du très humain, magnifiquement humain, bien que cela soit si frustrant. La magie pervertissait ses vertus mais il pourrait être sauvé en temps et en heure, surtout s'il acceptait finalement la présence de Gabriel. L'ange pourrait le guider et le conseiller, le préserver. Quelque chose lui disait qu'il n'y avait pas à s'en faire pour cela.

« Pour l'instant c'est l'humanité qui est en danger, alors… concentrons-nous sur elle, d'accord ? Il est possible d'arrêter Fimbul Vetr, du moins je le crois. J'ai déjà établis un bouclier protecteur autours de cette ville afin d'en protéger les habitants. Mais… à l'heure actuelle, je ne peux faire de même pour le monde entier, et l'humanité ne peut s'entasser dans un espace si réduit »

Un froissement de contrariété troubla le visage pâle de l'homme alors qu'il observait de nouveau la croix, le souci clairement visible au travers de ses traits.

« Hélas, il va nous falloir retourner à Last-End et chercher là-bas. Je ne peux être efficace si je reste si loin du théâtre des événements. Il est terriblement dommageable que je fus réincarné si tard… »

Les choses auraient dû être différentes, il aurait dû être présent bien plus tôt… pour guider le Réanimateur, par exemple. Le pauvre était la victime de la magie honnie, de sa cruauté, et de celle de ces êtres pervertis et déformés par elle. Ses intentions étaient originellement vertueuses mais à présent… à présent, il ne savait pas s'il parviendrait à sauver quoi que ce soit de cet homme. En vérité, il ne savait pas s'il serait capable d'aider les hommes en quoi que ce soit, mais là encore, il aurait accepté de se sacrifier de nouveau s'il avait été certain du résultat. En l'état, les enfants avaient apporté un chaos réellement préoccupant. Un chaos qu'il aurait beaucoup de mal à gérer.

« Acceptes-tu de m'aider ? De revenir à Last-End avec moi pour soutenir ceux des nôtres qui s'y trouvent encore ? »

Il s'adoucit, sourit à nouveau et vint poser une main sur la sienne, avec cette même tendresse que ses yeux manifestaient. De nouveau, il la baigna dans son aura de calme et de tranquillité, ses doutes parfaitement dissimulés, avec une maestria que même un Earl n'aurait pas égalé.

« Même quand je marcherais par la vallée de l'ombre de la mort, je ne craindrais aucun mal; car tu es avec moi... »

Psaume 23:4 …



Mer 14 Déc - 20:27
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Le silence s’était étendu, laissant choir ses questions inquiètes dans un vide dont elle ne nécessitait nullement. Ses yeux azurés s’étaient baissés sur ses propres mains, un instant confuse de l’avoir de la sorte agressé d’interrogations, et en un même temps, touchée et transpercée par le regard tendre qu’il lui offrait. Il était troublant. Terriblement troublant dans son calme divin, sa prestance poignante et ce qui lui semblait être de la bienveillance. Elle avait ce sentiment présent à chaque instant qu’il était capable de voir au travers d’elle, au-delà de sa chair et de ses os. Les réponses vinrent progressivement. La première était au sujet de Ian et en définitive le sujet qui pouvait se clore en premier. Il y avait plus important à faire que de tergiverser sur les penchants du chasseur, ses difficultés à se maintenir dans le droit chemin. Au fond, c’était un combat que menait tout un chacun pour rester dans la lumière, dans la morale. Dans les mots de son interlocuteur, elle comprenait toutefois que cette bataille était plus rude que pour d’autres. Elle acquiesçait de la tête, approuvant son propos à défaut de pouvoir en émettre un avis. Elle appréciait toutefois le ton dénué de jugement avec lequel il s’exprimait. Tout autre lui aurait jeté la pierre. Mais Antius n’était pas ce genre d’homme. Ni aujourd’hui, ni jamais.

Elle avait confiance en lui, et c’était la même confiance qui la poussait à croire que Gabriel pourrait s’en sortir. Sa condition n’était pas des meilleures, mais elle était une transition provisoire avant sa libération, le temps de gérer des dossiers bien plus brûlants avant. Son cœur manquait de l’archange à ses côtés, son absence l’angoissait de la même manière qu’on quitte pour la première fois le doux cocon familial. Elle devait voler de ses propres ailes et Gabriel lui avait souligné qu’Antius saurait prendre les décisions les plus justes et les plus adéquates dans leur situation. Elle avait foi en son jugement et qu’il saurait la guider et guider l’humanité hors de cette impasse. La protection qu’il avait déjà établi pour la Cité du Vatican ne pouvait, pour l’heure, s’étendre au-delà. Son mari et ses deux enfants pourraient certainement y demeurer. Elle doutait qu’Antius les renvoie à Last End en de pareilles circonstances : de foyer, ils n’avaient plus à l’heure qu’il était, détruit par la glace dévorante. Mais pour elle, il en serait autrement. L’homme à ses côtés lui proposait de l’accompagner dans la ville gelée. Sa première réaction fut une peur, une peur humaine et évidente face au danger qu’elle braverait. S’il était capable de protéger le Vatican, Antius saurait les préserver de l’hiver final. Il n’en demeurait pas moins vrai que les difficultés pourraient toujours être rencontrées et à côtoyer ceux de l’Envers, Mary finissait par connaître leur redoutable capacité à déclencher des catastrophes auxquelles elle n’avait pas envie d’être mêlée.

Toutefois, elle acquiesçait de nouveau de la tête. Son amour pour l’humanité était plus fort que ses peurs. Il en avait toujours été ainsi à partir du jour où elle avait décidé de tuer les créatures nuisibles et de les affronter. Vie risquée, elle n’avait pas espéré voir sa vie perdurer et s’était satisfaite d’avoir fait un pas de plus vers la levée du danger que représentait certaines facettes de l’Envers. Elle se rassurait également à l’idée que son mari veillerait sur leur deux enfants, ici, si elle venait à s’éteindre. Elle relevait ses yeux clairs sur la réincarnation. Un part d’elle même peinait à réaliser qu’il s’agissait de lui. Son aura ne lui faisait que trop comprendre combien il avait été capable de soulever le cœur des foules, jadis. Un sourire triste marqua un instant des lèvres. S’il avait été réincarné plus tôt… Peut-être n’auraient-ils pas été projetés dans un tel embarras. Une part d’elle-même se sentait coupable de ce retard mais elle doutait au final que quelques jours auraient pu rendre la situation différente. « Bien sûr. Ne perdons pas de temps, je suis prête. » Une part d'elle brillait d'un bonheur étincelant : marcher à ses côtés. Le pèlerinage à Lourdes pour être bénie par le Pape était une broutille à côté. Elle ne savait même pas si elle avait envie de dire adieu à sa petite famille. Elle avait envie d’avancer sans réfléchir, parce que c’était ce qu’elle devait faire. Si elle se mettait à réfléchir face au danger, elle aurait plus d’une fois pris ses jambes à son cou, sa raison rationalisant les motifs légitimes de sa peur. Dire au revoir à ses enfants et son mari aurait été une manière de réaliser ce qu’elle risquait de perdre et les conséquences de son trépas pour les siens.

« Enfin, je ne vous cache pas que la tenue des visitandines ne va pas être tout à fait pratique. » Une manière de lui dire qu’elle préférerait d’avantage retrouver ses propres vêtements que ceux-ci avant de faire route. Un sourire, enfin, elle tâchait de se détendre et de ne pas penser à ce qui les attendait. « Et pour vous non plus je pense. » Connaissait-il les pantalons ? Elle aurait presque eu envie de rire à cette idée, celle d’une personnalité de l’ère classique projeté dans les méandres du 21e siècle. Elle perdit lentement les traits de son sourire avant de poursuivre : « Longinus est à Last End également il semblerait... » souffla-t-elle, évoquant les informations dont elle avait pu disposer à ce sujet. « Ne la craignez-vous ? » Il aurait été stupide de ne pas craindre une arme capable de vous détruire, mais Antius semblait tellement être au dessus de tout cela, comme une princesse Disney prête au sacrifice d’elle même à qui il n’arrive que des fins heureuses.

Mar 3 Jan - 11:22
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Non, il n'était pas question de perdre du temps, et pourtant, il leur faudrait encore sensiblement délayer leur départ, pour permettre à la section Iscariote d'achever ses préparatifs, ainsi que pour poser le premier jalon d'une nouvelle ère. L'humanité survivrait, ainsi l'avait-il décidé, mais elle devait à présent passer un nouveau cap dans son évolution, une nouvelle clef devait lui être remise, qui la conduirait vers les premiers instants d'un chemin tout juste tracé. Ce ne serait l'affaire que de quelques heures, fort heureusement, un temps qui serait consacré avec complète utilité. Son regard doux se posa une fois de plus sur la jeune femme, jaugeant ce qu'il voyait d'elle, ce que son âme chuchotait, et avec un soupire léger, il lui serra la main avec précaution, prenant garde de ne pas lui faire de mal, même inconsciemment. Son réceptacle mortel n'était similaire aux humains qu'en apparence, et il serait dommageable qu'il commette un impaire alors qu'il n'avait, à son égard, comme à celui de tous les autres, que de l'affection. Son silence s'attarda pourtant, quant bien même il aurait pu lui annoncer sa décision sur l'instant. Elle avait encore des pensées en elle qu'elle désirait partager, des inquiétudes qu'elle devait exorciser, évacuer, aussi ne voulait-il pas s'exprimer au risque de l'empêcher de parcourir la juste route qui lui ferait donner corps à ses doutes. Un cillement de ses yeux, un instant aveuglés par la lueur projetée par les vitraux de ce lieu sacré, vint ombrer les orbes claires et il tourna la tête, le raie conduisant immanquablement à la silhouette enténébrée qui se tenait, coite, à l'entrée de la salle. Sans un mot, il l'observa pendant quelques instants, ne cherchant pas à le renvoyer. Était-ce une coïncidence, qu'elle voulut s'exprimer au sujet de l'arme, et qu'il apparaisse pour en être témoin ? Non, certes, rien n'était réellement une coïncidence ici. Il devait avoir su, attiré par ses liens. Longin. La lance qui était venue se gorger de son sang sur la croix, à cause de lui. Invisible à Mary, le regard de ciel se fit froid et pénétrant, plongeant dans les tréfonds de l'être tourmenté, le retenant là, défait de rancune à son égard, mais condamnant la faiblesse qu'il montrait en l'instant.

« Non »

La négation dansa dans l'air avec légèreté, s'y délitant paisiblement tandis qu'il revenait à de meilleurs sentiments et tournait de nouveau son attention papillonnante vers l'humaine, lui dédiant son apaisement.

« Je ne crains pas Longin »

La lance du destin avait prit naissance en lui, par son être, imprégnée, tout comme Excalibur, d'une énergie qui n'était pas de la magie telle que l'Envers l'entendait. Mais cela, il ne pouvait encore le lui révéler, car l'heure n'était pas venue pour elle de sombrer dans de tels secrets. Longin était un bel outil, certainement, mais un outil ne pouvait en réalité pallier aux faiblesses de celui qui la maniait et Nikolaïs Werner restait un être faible aux milles défauts. Même s'il n'intervenait pas, l'ancien dictateur se perdrait en fin de compte, rompu par sa propre allégeance au chaos et à l'obscurité. Il aurait fallut un être parfait pour lui faire craindre la lance. Mais c'était là une pragmatique considération, il y avait plus encore à son absence de peur. Il y avait l'intime conviction que la mort ne serait rien, l'absolue certitude que mourir une fois encore, même percé par Longin, ne serait pas la fin. Comme le cycle de la lune, il reviendrait, comme le printemps, il renaîtrait, intimement lié à l'humanité, incarnation de tout ce qu'elle était. La lueur que chacun portait à la naissance, la capacité à ressentir, à changer. À évoluer de cette façon si singulière qui à eux seuls appartenait, que les entités magiques ne pouvaient même imiter. Tant qu'il existerait un seul homme, il serait, et il avait la certitude que celui qui désirait sa fin avait également comprit cela, longtemps auparavant, lorsqu'il avait brièvement été conduit sous l'arbre de vérité. Il savait, même s'il choisirait, dans sa haine aveugle, de l'ignorer et de le mettre de côté. Son esprit pourrait l'avoir involontairement occulté pour le préserver dans son intention, mais instinctivement, il se souviendrait. Le moment venu. Nul doute là-dessus.

« Et tu ne devrais pas la craindre non plus, Mary. C'est toi qui lui donne sa force. Ne craint ni ce que Longin pourrait t'apporter, ni les promesses des ténèbres de la magie. Ferme ton cœur à leurs suggestions, ferme ton âme à leur influences. Tu possèdes la lumière en toi, une part de moi »

Voilà quelque chose qu'il n'avait pas fait depuis très longtemps, mais ce serait une bonne leçon, tant pour elle que pour Ian, qui semblait avoir oublier tout cela. Il n'était pas étranger à cet oubli, bien entendu et se repentait de ce fait. Raison supplémentaire pour agir. Contre toute attente, il ne conduisit pas la jeune femme vers la sortie, mais vers l'autel de pierre.

« Élue parmi les hommes, tu possèdes la capacité à transcender tes pensées terrestres, en avivant la lueur de ton âme. Si tu parviens à faire taire toutes les pensées qui t'assaillent, ta logique comme la coque extérieur de tes sentiments et que tu plonges dans la lumière qui se trouve en toi, tu te rendra compte que la peur ne peut plus t'assaillir. C'est ce que tu as ressenti lorsque j'ai posé ma main sur toi la toute première fois, bien que ce soit alors de mon fait et non du tien. Si tu parviens à diriger cette lumière au travers de toi, tu te rendra également compte que beaucoup de cette nocive magie qu'utilise nos ennemis n'a plus domination sur toi. Les illusions, les biais, les faussetés, tes yeux passeront au travers. Tel est la force qui se trouve en tout homme et que l'Envers cherche à posséder et éteindre. Tel est le pouvoir de l'âme et bien plus encore »

L'ouvrage était apparu entre ses mains sans un bruit, sortit de nul part, et il plaça les mains de la jeune femme sur la couverture vieillie.

« Me croirais-tu si je t'apprenais que le chemin qui t'a conduit jusqu'à moi n'a rien d'une décision de Gabriel ? Que, même si tu n'avais pas vécu la tragédie qui t'a porté dans l'étreinte de mon serviteur, tu aurais tout de même fini par devenir exorciste ? »

Son sourire se fit plus large et il lui abandonna l'ouvrage, reculant sensiblement.

« Si je retraçais pour toi les méandres de tes ancêtres, tu découvrirais que tu descend de Salomon, le plus grand exorciste qui ai foulé la terre et suivit les préceptes de Dieu. Dans tes yeux, éteint pour l'heure, se trouve le sceau des sorciers, le symbole de ton hérédité. Sur notre route pour rejoindre Last-End, tu devrais étudier les écrits laissé par le Roi solaire. Tu as des facilités innées à développer l'état de grâce, ce serait dommage de te priver… et de risquer priver ta famille de sa mère »

Il y eut un léger silence avant qu'il ne conclut avec calme :

« As-tu des questions immédiates à poser ? Si ce n'est pas le cas, je vais aller place Saint-Pierre pour m'adresser à tes frères et sœurs. Je te retrouverais ensuite, avec Ian »


Ven 6 Jan - 21:10
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Il ne craignait pas cette lance. Les épaules, tendues, de Mary redescendirent sensiblement dans une forme de soulagement qui, plus qu’attendu, était surtout espéré. L’enseignement qui en découlait lui fit baisser les yeux dans une réflexion qui avait tout le mérite d’avoir lieu. Devant l’autel de prière, elle cherchait à délaisser, sur le côté, ses pensées. S’en dévêtir n’était pas aisé, surtout lorsqu’elle savait ce qui était en train de se produire à Last End, qu’elle savait les morts… Mais elle ne craignais aucun mal, car Il était avec elle. Et l’Humanité non plus n’aurait rien à craindre. Expirant silencieusement, ses prunelles azurées relevées vers la croix de la passion, elle tâchait de faire preuve de logique et de stabilité et surtout, de maturité. Elle ne pouvait pas simplement se laisser aller. Elle enveloppait ses sentiments d’une coquille encore bien fragile de cette raison qui manque à bien des Hommes. Sa famille ne craindrait rien puisqu’elle resterait au Vatican. Ici, en sûreté, sous la protection établie par l’Autorité. Quant à elle, il sautait la préserver, il ne doutait pas de sa bonté. Il n’était qu’amour. Et quand bien même elle viendrait à trépasser, elle ouvrirait les bras au paradis qui l’attendait, les cieux où Gabriel l’accueillerait et où sa famille la rejoindrait… Un jour, le plus tard possible.

Elle s’immergea au cœur d’elle même, au sein des ténèbres qui avaient jalonné sa vie, pour la détruire, pour la relever. Elle sentait cette lumière, l’éclat encore bien léger de ce qu’Il était en elle, une lueur tremblante qu’elle tentait d’atteindre. Elle sentait presque sa chaleur, mais pas comme on ressent pas chaleur du soleil, pas sur sa peau, pas sur son épiderme. La chaleur venait de l’intérieur, échaudant ses entrailles, sa chair bien plus de sa surface. Elle sentait le soulagement, l’apaisement venir, comme si elle tirait sur un fil avec délicatesse. Plus elle avançait et plus elle se satisfaisait de cela, ses sentiments revenant à la charge comme un buffle. Elle déglutit et ouvrit des yeux humidifiés qu’elle baissa, ébranlée, alors qu’on lui remettait l’ouvrage entre ses mains. Splendide ouvrage qui chassa le sanglot de sa gorge par la surprise de la découverte mais également par la question qu’il lui laissait. Bien sûr qu’elle le croyait, il avait probablement d’avantage le sens de tout cela. Elle ignorait pourquoi mais de la même façon qu’elle croyait en Dieu, elle croyait les propos de l’Autorité. Quand bien même la raison qu’il porta à sa connaissance avait toutes les allures d’une blague… Antius était définitivement sérieux. Il savait tout d’elle, comment aurait-elle pu remettre en cause son jugement ? Ses conclusions ?

Elle eut toutefois du mal à ouvrir la bouche pour bégayer un « N-non, p-pas p-pour l’heure. M-merci » Elle était secouée. Ravie, heureuse… Mais secouée. Il venait de lui parler de Salomon et lui avait remis entre les mains un ouvrage inestimable. Elle avait beaucoup de questions, mais elles ne ressemblaient à rien pour l’instant et elle était bien trop flageolante pour formuler quoique ce soit. Lorsque l’Autorité fut partie, elle leva son regard vers Ian planté là et il n’y eut aucune fierté pour l’aider à rester debout plus longtemps. Elle s’écroula sur le sol, ses jambes n’y tenant plus de cette rencontre, de ce qui les attendait, de ses ancêtres. C’était beaucoup. Elle mit de très longues minutes à s’en remettre, retrouver son sang froid puis sa famille et des vêtements convenables pour le départ. Elle allait retourner à Last End… Une dernière prière à son ange et elle rejoignit les deux hommes.

Ven 27 Jan - 16:53
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