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 Murderers | Pryam

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L'étrange sous la normalité : Je suis l'Oeil d'Horus
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18 mars 2016

Ce château n’avait pas changé. Les siècles allaient et venaient et sa noirceur ne ternissait au fil du temps. Ce qui était réfractaire finissait par être explosé quand la douceur vaine ne laisse d’autre choix que celui de la violence. C’était Leah Earl qui l’avait fait rentrer. La petite n’avait pas su résister à la bouille de chaton noir. C’était une enfant et Iâh savait parfaitement en jouer. Ainsi passa-t-il les barrières qui gardait bien précieusement la famille royale de l’Envers. En fin de matinée, le chaton s’était échappée des caresses de la petite quand il avait commencé à être question de lui donner un bain. Qu’il lui ait brisé le cœur par sa disparition ne lui importait que peu. Elle s’en remettrait. Les humains avaient un cœur sensible et fort à la fois. Et lui n’aimait pas les bains. Du moins, son avatar à quatre pattes n’aimait pas les bains. Iâh avait appris à apprécier ce plaisir depuis l’époque antique. L’odeur des cuisines l’avait attiré, usant de son regard émouvant aux pupilles dilatées pour se voir servir un bon morceau de poisson dans une petite assiette de porcelaine. Comme ces humains étaient faibles, facile à apprivoiser, à duper. Un miaulement adorable, une tête penchée sur le côté pour augmenter le quotient d’attendrissement et il avait un repas servi, les grattouilles en extra. Il avait rendez-vous avec Lord Pryam Earl. 14h45 très précisément. Le Seigneur du château devait être un homme fort occupé, avec un agenda de ministre et une bataille à préparer. Un regard sur la grisaille extérieure, la neige qui tombait sans cesse, même au mois de mars. Le Caire lui manquait déjà. Le froid le faisait frissonner et le soleil manquait à sa peau tant qu'à ses poils.

Le bureau de Pryam était un endroit impressionnant. Toujours le même, génération après génération, seuls changeaient le maître des lieux, la disposition de quelques ornements, une partie des ouvrages, parfois. Le chaton noir s’introduisait dans l’antre, son corps rasait le sol avec prudence. Son pas, sur le parquet, était lent, discret, à peine audible. Sa présence ne fut remarquée qu’au grincement d’une lame lorsqu’il arriva à proximité du siège et de son occupant. Échange de regards. S’il hésitait encore, Lord Earl aurait le temps de le congédier. Il ne lui en laissa pas l'occasion. Remuant du derrière comme si on remontait un mécanisme, ses muscles se tendaient, se préparaient à la détente qui vint rapidement et projeta l’animal sur les genoux du Seigneur de l’Envers. Là, il se roula en boule et commença à ronronner. Oh, il n’allait tout de même pas le virer ? Il était 14h. Il avait le temps d’une sieste. Il fut réveillé vers 14h50 en sentant la tension exaspérée venir du Lord. Les dossiers s’étaient succédés. Trois fois, on était rentré dans le bureau. Un domestique. Une épouse. Un traître. Il l’avait senti, le chat, ces effluves de la trahison, l’hésitation fine, à peine sensible, mais une tension saisissable pour l’instinct d’un animal. Le domestique avait renversé le thé dans le plateau et avait tenté de la cacher. Il avait un lacet défait. L’épouse… Miw avait mentalement fermé son esprit à l’échange. Non pas qu’il ait revêtit un caractère particulier, mais il estimait que ce qui se passait entre le Lord et Lady Victoria ne regardait que le Lord et Lady Victoria. Le traître par contre, il s’était régalé de ses paroles, de la finesse de son propos, du mensonge si bien dissimulé. Ça avait bercé sa somnolence. Ses yeux scrutèrent l’écran de l’ordinateur et il descendit des genoux. Ça valait le coup d’arriver tôt pour se planter à 5 minutes de retard.

Les os et muscles du chaton se déployèrent en un homme, un genou à terre, tête baissée : « Lord. » fit-il respectueusement avant de se relever. Il n’était pas très grand, atteignait à peine le mètre soixante. Sa tenue sombre recelait de lames camouflées. Ses yeux enténébrés croisèrent les prunelles noires de l’homme qui était à la tête du Cénacle. La respiration du métamorphe était basse, à peine plus audible que les battements de son cœur. Une habitude prise au fil des millénaires. Ses mains gantées se rejoignaient dans son dos, alors que sa posture se faisait droite, rigide, tête haute. Parfait soldat. « Naseem Sarrafi, mon Seigneur. » Oui. Naseem Sarrafi, c’était le nom qu’il portait depuis quelques années à présent. Il changeait souvent. Si son prénom avait une consonance arabe, le nom perse était un souvenir ramené d’Iran. Là où il avait préservé le petit prince Kaveh des affres des bombardements. « Vous aviez demandé à ce que nous nous entretenions. » Son anglais était parfait. Trop parfait. Aucun accent, aucune intonation reflétant sa personnalité ou ses origines égyptiennes. Un anglais académique. Pur. Le genre d’élocution blanche dont on se servait pour enregistrer les cours d’anglais à l’étranger.

Mer 14 Sep - 20:06
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Patriarche Earl
Dans l'emploi du temps du Lord, la case "entretien avec le nouvel assassin" arrivait précipitamment après la case "traiter les dossiers de la liste grise". Et après, mini-pause, avant de reprendre de plus belle ! Le patriarche était enfermé dans le silence e la solitude e son bureau, seul avec ses pensées, soucieuses, rigides, organisées. Elles avançaient comme de vrais petites soldats de plomb. Un dossier, un autre, un mail à envoyer, des ordres à donner, un coup de fil à passer… Et bon sang, s'il recevait ENCORE un de ces spams pour du viagra, il allait vraiment payer un informaticien pour faire exploser ces boîtes qui créaient les spams. Sa libido se portait très bien, Victoria pouvait témoigner ! Ne lui avait-il pas donné trois fils ? Dont un de trop. Un qui lui donnait beaucoup trop de travail, qui poussait à surveiller plus étroitement encore l'envers. En témoignaient ces quelques personnes qui glissaient de la liste grise à noire, et qui n'allaient pas tarder à glisser de la vie à la mort. Quelle tristesse… Pianotant sur son clavier, le Lord songea qu'au moins, l'Endroit avait son lot de guerres et d'attentats pour maintenir le quota d'êtres de l'Endroit et de l'Envers à un pourcentage stable.

Un grincement. Celui que faisait ce foutu parquet lorsque l'on marchait sur un endroit en particulier. Qui était là ? Le regard noir du patriarche se tourna à l'endroit prévu, et… Rien. Un sourcil haussé, il baissa les yeux, et eut tout juste le temps de constater la présence de la toute petite chose. Quand était-il rentr- ah bah… Il était sur ses genoux. Pas même eu le temps de se questionner. Allons bon… Pouvait-on refuser quelque chose à aussi adorable créature ? Avec ses grands yeux et ses moustaches ? Le Lord n'avait de toutes façons que peu de temps à lui, et il se refusait à le dépenser à mettre cet animal dehors. Il partirait très bien tout seul. Il ouvrit un document, commença à le lire… Songea qu'il était bien étrange qu'une créature vivante vienne ainsi à lui, de façon presque… Affectueuse ? S'il jaugea par ses liens avec ses fils, il aurait juré que cela était impossible. Bon… Il accepta donc cette rare affection. En retour, le chaton eut des grattouilles, des caresses distraites. Il fallait reconnaître que ses ronrons avaient quelque chose de relaxant.

Un domestique était passé, lui apporter sa recharge de thé. Le Lord l'avait remercié. Victoria était passée. Ils avaient brièvement discuté. Il l'avait regardée partir, avec un léger sourire amoureux qu'il ne s'autorisait que seul. Une autre personne était venue, ennuyeuse au possible. Elle avait quelque chose à lui demander… Mais oui, bien sûr. Qu'i passe par le secrétariat, comme tout le monde. Le Lord devait avoir un créneau dans… Six mois ?
Un coup d'oeil à l'heure. Mh… Avec tout cela, il avait pris un peu de retard. C'était bien une chance, pour le coup, que l'assassin en ait aussi. Nonchalamment, le patriarche ouvrit le dossier dudit assassin. Naseem Sarrafi, recommandé par les Amasis, avec également des talents en torture… Mhmh… Métamorphe chat… Mhmh… Attendez. Métamorphe chat ?
Une crainte passa dans l'esprit de Pryam. Oh non, ce n'était tout de même pas…! Si si. C'était cela. Le chaton se changea, petit à petit, en cette figure égyptienne à la diction impeccable qu'était celui qui allait devenir son assassin.

Le Lord le dévisagea, de haut en bas. Il aimait bien sa façon de se tenir, de s'incliner, de parler. Oui, ce petit avait plein de qualités. Il était juste profondément dommage que le Lord ne parvienne à se défaire d'un sentiment de gêne, à son sujet. Il avait abusé de lui, en l'écoutant ainsi parler, en l'observant ainsi travailler. Et surtout… Par la faucheuse ! Le Seigneur de l'Envers n'avait aucunement envie d'une relation faite de caresses envers son assassin ! Par chance, Pryam ignorait comment manifester de la gêne, et restait de marbre devant cet homme qui se présentait à lui le plus naturellement du monde, comme si avoir fait la sieste sur les genoux de l'Homme qui tenait l'Envers dans le creux de sa main était quelque activité courante et sans risque.

"- Exact. Et vous observerez également que je n'ai pas demandé à ce que vous dormiez sur mes genoux." Les mots étaient secs, durs. Un ordre dissimulé, un reproche dissimulé, une menace encore innocente. Le Lord se fit néanmoins moins violent par la suite: "Vous m'avez été chaudement recommandé par les hauts membres de la famille que vous servez, en tant qu'assassin, espion, et tortionnaire. Si vous êtes prêt à vous mettre au service du Cénacle" -et il le serait- "j'aurai deux missions à vous confier. Voyez cela comme une façon de faire connaissance. Votre première mission consisterait en l'assassinat de la déesse Hécate. Votre Seconde… Consisterait à expliquer au responsable de la sécurité de mon château les failles qui s'y trouvent."

Dim 18 Sep - 19:20
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Pas demandé qu’il dorme sur ses genoux, hein ? Et pourtant ce tout Puissant l’avait laissé faire. Plus que cela, il l’avait gratifié de caresses auxquels Naseem avait répondu de ronrons. C’était étrange, quand on y pensait… Mais Miw avait cette habitude trop ancrée en lui, avec les Amasis, pour que cela ne le dérange vraiment. Ça n’était pas au goût de Lord Earl toutefois. S’il fut surpris de la première mission qu’on lui donna, il eut un sourire en coin à l’évocation de la seconde et baissa la tête pour dissimuler son amusement. C’était un jeu pour lui que de contourner les problèmes, les protections, les murs qui ne plaçaient entre lui et son but. Il analysait, méticuleusement, parfois longuement, et la faille se manifestait d’elle-même comme une évidence. Il avait eu 6000 ans pour apprendre ce que ces êtres créaient en un temps moindre. « Je crains vous décevoir, Lord Earl, comme j’ai déçu feu-votre père et beaucoup de vos aïeux. Il n’y a rien que je puisse enseigner à ceux qui œuvrent à votre sécurité. Ils sont excessivement doués, sincèrement dévoués mais ils ne me posent que des énigmes pour lesquels j’ai eu des millénaires pour en découvrir la clé. » Il marqua une pose avant d’expliquer plus concrètement. « La manipulation, Lord. Si je ne parvenais à déjouer, briser les volontés qui se présentent à moi, je ne serai pas devant vous. » Dans tout les sens du terme. Aussi bien physiquement car il n’aurait pu entrer dans le château à moins de montrer patte blanche, que de façon plus abstraite : ses compétences n’auraient pas été recommandées au Seigneur de l’Envers et cet entretien n’aurait eu aucune existence. « Lady Leah Earl est une enfant pleine de vie. » Bien qu’il peine encore à saisir les raisons qui puissent pousser les humains à vouloir donner un bain à un chat. Le sadisme ? L’ignorance ? « Le poisson est très bien cuisiné dans votre château. Et... »

Il s’arrêta dans la liste des lacunes de la dite sécurité, hésitant sur le dernier point qui avait pêché : le Lord lui-même. Et c’était ce point précisément qu’il ne pourrait expliquer aux hommes qui composaient la garde royale, car il n’était attaché qu’à la conscience du Patriarche et à nul autre. Lorsqu’on était une cible et qu’on trépassait, certainement que la garde avait failli… Mais la cible toujours. « Vous n’êtes fait de marbre. » Ce marbre mortuaire qu’on associait aux Earl. Probablement était-il aussi dur que sa royauté le réclamait, mais ses gestes avaient trahi une affection, une faille que l’assassin avait exploitée sans être certain du résultat. Il haussa finalement, doucement les épaules en preuve qu’il n’y portait aucun jugement, qu’il avait vu des hommes dans toute leur splendeur, avec leur forces et leurs faiblesses… Et Pryam n’était qu’un homme, un roi, comme Iâh en avait côtoyé des centaines. Il baissa les yeux, un bref instant, le temps d’incliner respectueusement le chef. Ses yeux se reportaient sur le Seigneur, une lueur rougeoyante avait traversé le sombre iris de son œil gauche, comme la promesse d’une protection et d’un secret à jamais gardé. Estimant avoir suffisamment flirté avec le suicide (ça n'était pas parce qu'il avait neuf vies qu'il devait les jeter par la fenêtre), son attention se tournait vers la première mission, volontairement laissée de côté pour s’accorder la temps de la réflexion. C’était un ordre grave qu’on lui donnait, un acte historique, jusqu’alors jamais réalisé. Et Naseem avait déjà pris sa décision comme s’il y avait déjà songé par le passé. Comme s’il s’était attendu qu’un jour, proche ou lointain, on ne lui donne cette mission en main. « Hécate trépassera, Lord Earl. Dois-je également faire disparaître sa dépouille ou désirez-vous qu’elle vous soit remise ? Sous quel délai voulez-vous voir cela réalisé ? » Avant, après la bataille. Le tout pourrait avoir un impact et les questions de Naseem n’étaient au final, pas tant anodines et utilitaires. Il creusait au-delà des ordres tout en le camouflant par un intérêt pour les ordres.


Mar 20 Sep - 22:58
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Patriarche Earl
Bien tenté, petit assassin. Mais son amusement ne passa pas inaperçu devant le seigneur de l'Envers. Qu'il s'amuse, le chaton, qu'il s'amuse… Si en cet instant et en ces mots Pryam avait deviné qu'il risquait d'obtenir cette réaction, il s'imaginait qu'elle serait enterrée par la précédente remarque, l'ordre et le reproche de l'avoir ainsi abordé. Sarrafi était bien un chat, pour avoir ainsi cette audace. Qu'il n'aille néanmoins pas s'imaginer que sa bouille de chaton lui permettait d'outrepasser les limites du Lord. Il ne serait pas plus tendre envers lui qu'envers un autre.
L'avis du patriarche sur ce potentiel nouveau pion restait encore entre deux eaux, mitigé. Il ne voulait s'arrêter aux premières paroles, voulait mieux connaître cet animal. S'il avait survécu à ses ancêtres il devait, d'une façon ou d'une autre, en valoir le coup. De marbre, Pryam Earl écoutait cet enfant du soleil reconnaître la valeur de sa sécurité pour, enfin, dévoiler une des parties intéressantes de son CV. La manipulation. Ce chaton savait par quel faiblesse prendre les humains, comment en faire ce qu'il voulait. C'était donc cela, sa qualité, son atout… Soit. Il était donc assez dangereux pour être intéressant. Le maître des lieux prit néanmoins note de convier les siens à se montrer plus vigilants, y compris à l'encontre des créatures les plus innocentes d'apparence. Il prit également note pour lui-même. La faiblesse dont il avait fait preuve, il ne voulait plus la reproduire. C'était tout de même un pincement au coeur que ce constat. Il avait cru pouvoir, en ces êtres à l'apparence pure de tout enjeu d'importance, accorder à son âme un peu de répit. Quelle erreur…

Pas un froncement de sourcil, pas une grimace, alors que Lord Earl encaissait la constatation comme on encaissait une insulte, la démonstration d'un exercice manqué. Voir le chaton baisser les yeux le rassura, néanmoins, sans qu'il y porte grande attention. La lueur rouge, en revanche, parvint à arracher un sourire en coin au patriarche. L'oeil d'Horus. Puissance et pouvoir dans un éclat minuscule, dans un être vivant… Le lire était une chose. Le constater en était une autre. Pryam ne pouvait qu'être attiré par la possession de cet être, de cet oeil. Il le lui fallait. À lui. Pas aux autres. Pas à ses ennemis. Et si Sarrafi n'étai pas de son camp, il était toujours mieux à portée de surveillance. Oui, oui… Pourquoi hésiter ?
Les questions de l'assassin parvinrent à apaiser les fantasmes de puissance du Lord. Effaçant son sourire, il se redressa, pour répondre, sans la moindre once d'inquiétude, de regret ou de remord:

"- Vous laisserez son cadavre au marché des trolls. Bien en évidence. Qu'on ne puisse passer à côté. Aucun hommage n'est nécessaire."

Il était bien confiant, cet assassin, pour rentrer directement dans d'aussi pragmatiques considérations. Confiant et professionnel. Le patriarche était bien curieux de constater le résultat de son labeur. Quoi qu'il advienne, il avait prévu ses prochains mouvements. Les communiqués, les démarches à suivre. La question que lui voulait poser lui revint alors, la raison de son hésitation, à laquelle la réponse importait tant. "Le vingt-cinq serait la date idéale. Si vous désirez agir plus tôt et ne montrer la dépouille que le vingt-cinq, cela me convient également." Il avait parlé sans même réfléchir, tant son texte lui était connu. Il ne serait pas dit que le seigneur de l'Envers agissait à l'aveuglette, en hésitant, suivant ses envies. Il laissa un temps à Sarrafi, celui de s'approprier ces mots, les considérer dans leur ensemble, se faire son avis. Un temps durant lequel il l'observa attentivement, dans l'espoir de reconnaître quelque indice de ses pensées, avant d'en faire explicitement la demande, sans le quitter des yeux, sans se défaire de son sérieux: "Je sais votre lien avec Horus, je sais celui d'une partie des Amasis aux dieux égyptiens. J'imagine que même si Hécate n'est de votre panthéon, elle demeure tout de même parmi les semblables à ceux que peuvent vénérer les vôtres. De ce point de vue, comment considérez-vous votre mission ?" On eut dit que ses prunelles d'encre cherchaient à transpercer le chaton. Autour d'eux, l'atmosphère semblait plus lourde, comme si l'air lui-même comprenait les implications d'une telle demande. La place qu'occupaient les dieux auprès de Miw, sa vision d'un tel travail, seraient déterminantes.

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Sam 1 Oct - 23:06
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Naseem demeura droit, son regard sombre planté dans l’ébène lisse du Lord, les mains dans le dos. Il avait à peine cillé et si on avait fermé les yeux, on aurait pu se croire seul dans la pièce tant l’assassin ne manifestait sa présence. Attentif, il avait noté l’intérêt du Seigneur de l’Envers, ce qui le happait sans aucun scrupule. Ainsi donc l’éclat d’Horus attisait sa convoitise. Intéressant. Il n’était pas le premier, mais comme à bien d’autres, Naseem se montrerait enclin à le lui faire miroiter comme atteignable mais jamais… Non jamais, il ne l’aurait. Là commençait son jeu de séduction avec Pryam Earl. Il y avait déjà joué, toujours gagné ou presque. Hitler était l’unique exception gagnante. Mais peut-être que cet humain-là serait plus fort, cette fois, à sa hauteur. Il fallait croire que s’être brûlé les ailes lors de la seconde guerre mondiale ne lui avait pas servi de leçon. Il était un chat. Il ne retenait jamais les leçons, il n’y avait que sa loi, ses jeux à lui qui comptaient et à force de persévérance, il parvenait à les imposer, son entourage ployant à son caprice félin.

Il finit par acquiescer de la tête aux demandes, comprenant sans heurts ce qui se cachait dernière ces détails. L’horreur et la magnificence. Il appréciait ce Seigneur. Il avait la poigne d’un roi, les décisions droites et pleines de conscience comme au temps de l’Égypte Antique. Il était drapé de ténèbres là où ses pharaons baignaient dans le soleil. Et dans un même temps, il était humain. Dans les directives vers lesquelles il s’engageait, il y avait des détails qui lui échappaient. Il comprendrait, tôt ou tard, combien le trépas d’Hécate s’en trouvait contre-productif sur le long terme. Naseem n’avait pas à contester les ordres. La mort de la déesse servirait Horus. Cet ordre allait générer une brisure dans le temps et cet humain n’en avait pas conscience. Qu’importe, il verrait. Il lui en voudrait peut-être de ne pas l’avoir prévenu. Alors il allait le faire. A demi-mots. ]« Vous l’avez dit vous-même Lord Earl. Hécate n’est de mon Panthéon. A ce titre, elle n’a pas plus de valeur à mes yeux que le Dieu des Chrétiens. Elle n’est qu’une pâle copie des mythes plus anciens des miens et… Entre nous, je n’aime pas vraiment les grecs et les romains. Ils ont mis un terme à la régence des pharaons, je n’ai aucune raison de me montrer tendre avec eux. » Ton mielleux, doucereux d’un sadisme dérangée.

Il mentait à merveille dans sa sincérité coupable, apposait des arguments vraisemblables et factices. Il tenait aux déités, Hécate comprise. Mais elle avait moins de valeur que ceux du panthéon égyptien. A choisir, il protégerait les siens. En définitive, il ne mentait qu’à moitié. Il approcha du bureau, y déposant une petite besace de cuir noir qu’il ouvrit avec un soin méticuleux. « Puis-je ? » demanda-t-il. Il ne poursuivit qu’après avoir obtenu l’approbation et sortit une petite râpe de métal et un bâton d’écorce de cannelle. La poudre tombait en un petit cercle sur un espace du bureau. Puis le cumin et l’oliban comme un lit de poussière colorée et texturé sur lesquels il fit reposer de l’anis étoilé et une feuille de chêne en son milieu. Des ingrédients protecteurs. Le Lord reconnaîtrait tout cela, sans nul doute. Il sortit une pièce en or. On aurait pu la prendre pour une pièce de monnaie mais elle n’était frappée et sa surface était parfaitement lisse. Il la fit glisser entre ses doigts gantés, la retournant pensivement, tantôt pile, tantôt face, jusqu’à ce qu’un sourire amusé se dessine sur ses lèvres pâles et qu’il explique le sujet de la plaisanterie.

« Ceci n’existait pas autrefois. La monnaie. Le shât était une valeur étalon, fictive. Telle étoffe valait tant de shâts et cette équivalence permettait de jauger la valeur d’un objet par rapport à un autre. Ce sont les grecs qui ont apporté la monnaie physique en Égypte. » Voilà ce qu’il y avait de risible au final et qui faisait lien avec ce qu’il lui avait dit un peu plus tôt. « Savez-vous pourquoi cela a mis tant de temps à arriver en Égypte alors que nous étions précurseurs dans tant d’autres domaines ? » Il déposa la pièce d’or vierge sur la feuille de chêne.  Il défit délicatement le gant de sa main droite, dévoilant une dextre fine, méticuleuse et gracieuse. Une unique bague ornait ses doigts, un sceau, petit. « Pour des raisons symboliques et métaphysiques. Dans nos croyances, les métaux sont le corps des Dieux. L’argent représente leurs os. L’or, leur chair. C’est un blasphème que nous ont porté les grecs, la déchéance des croyances dont les miens se sont emparés, voraces, cupides. A la lumière de ceci, la naissance de la seconde branche des Amasis n’est plus tout à fait anodine. Lorsque les Dieux mourront, la première branche tombera, la transition se fera et mes chers Princes alchimistes pourront vivre et grandir en manipulant les dépouilles, les os et les chairs du Panthéon Égyptien, comme dans un terreau fertile. »

Il avait protégé le premier canard noir, le premier alchimiste. Il avait veillé à la transition pionnière de cette famille. Tant d’autres devraient suivre la même voie ou… S’éteindre. Ainsi, il avait avoué le sort réservé aux liés des Dieux. Il le savait mieux que tout le monde et avait sur lui-même, ressentit les impacts du délitement sur sa longévité. Il apposa le sceau contre la pièce en or, s’y enfonçant magiquement comme dans du beurre. Les ingrédients protecteur furent absorbés par le métal qui s’en nourrissait et lorsqu’il retira le sceau, l’Oudjat luisait d’un rouge écarlate au milieu de l’or jusqu’à brunir, durcir et se figer, marqué par l’œil d’Horus. « Je suis mort, Lord Earl. Deux fois. J’ai marché au cœur des terres empruntes de violence et de destruction du Purgatoire et la sortie s’est imposée à moi comme une évidence. Un jour, je ne reviendrai pas et je ferai face aux créatures et déités que j’y aurai envoyées. Tous ces êtres, sans âmes. Lorsque je terrorise une cible, lorsque je torture une cible, lorsque je tue une cible… Je ne me pose pas la question de savoir si cela est bien ou mal. Je sais que c’est mal. Je sais aussi que je ne pourrais pas me cacher dans l’ombre une fois là-bas et que je paierai pour mes crimes. »

Il remit son gant et prit la pièce nouvellement créée, imbibée de son essence protectrice et d’un lien avec l’assassin. « Comme tout le monde. » Comme Pryam lui-même mais pour l’heure, il le protégerait : il lui tendait la pièce qu’il déposa sans bruit devant le Seigneur avant de ranger ses affaires dans la petite besace. Il l’observa quelques longues secondes avant de reprendre : « Ceci est tout ce que je peux apporter à votre garde, Lord, comme vous me l'avez demandé. Elle est liée à moi et pourra vous apporter mes attributs autant qu’il me sera possible : la protection. Portez-le sur vous. » S’il le souhaitait. Ses paroles n’avaient rien d’un ordre, c’était d’avantage l’énonciation d’une notice d’utilisation. Quant aux effets, il n’en parlerait que si le Lord désirait le savoir. La protection pouvait revêtir bien des formes et impliquait des règles. « Et j’interviendrai lorsque cela s’avérera nécessaire. » En significatif péril de mort. « Y a-t-il autre chose que je puisse faire pour vous, Lord Earl ? D’autres réponses aux questions que vous vous posez ? »Avait-il éveillé son intérêt ?

Mar 11 Oct - 16:15
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Patriarche Earl
Le Lord avait libéré le chaton de son regard pour poser ce dernier sur la besace sombre. Par éducation autant que par précaution, il ne toucha pas de prime abord aux objets qui en sortirent. Un ancestral savoir sorcier disait en sa mémoire: "fais attention, ça peut péter". Un fragment de logique venait ajouter: "surtout quand ça vient d'un assassin". Sa curiosité était piquée sans pour autant se parer d'une excitation démesurée. Pour que Sarrafi ait songé à amener ceci, pour qu'il le présente ainsi, ce devait être une simple partie de son curriculum vitae. N'était-ce pas à cela que servaient les entretiens d'embauche ? Soit, qu'il argumente donc en sa faveur, qu'il rassure ce brave Pryam Earl. Ce dernier lui avait, de toutes façons, déjà offert du travail. Si au lieu de travail il cherchait la confiance du patriarche, le chaton était équipé de beaucoup de courage, et d'ambition.

Silencieux, le patriarche laissa son nouvel animal de compagnie lui offrir ce spectacle qu'il devait avoir préparé. Discrètement, son nez remua. Ces épices… Il n'en détestait pas l'odeur. Restait à espérer qu'elle n'imprégnerait pas trop le bois de son bureau. À l'usure, ce pouvait être fort agaçant. Il reconnut ces ingrédients pour leurs attributs occultes. Oh, n'était-ce pas adorable ? Le chaton qui achetait sa confiance avec des promesses de protection. Quelle délicate intention. Si le Lord ne pouvait s'en émouvoir, il devait admettre que c'était là une proposition qui ne se refusait pas, tant qu'elle ne masquait pas une entourloupe. La pièce, en revanche, apparut comme une intruse. Certes, l'argent pouvait protéger, dans certains cas… Mis pas exactement de la même façon que le reste du contenu de la besace.

L'histoire que contait Sarrafi était un beau conte, un bon morceau de mythe. Les mythes se prenaient toujours au sérieux. Ils étaient trop nombreux à posséder une existence tangible pour être méprisés. Les croyances fondaient le monde autant que les Hommes qui s'y pliaient. À la lumière des mots du félin millénaire, les Amasis et leur avenir devenaient clairs comme de l'eau de roche. Naseem devinait-il que, pour l'heure, plus que la poudre qu'il avait éparpillé sur le bureau, Pryam appréciait surtout le cadeau de ses mots ? Toujours pris avec des pincettes, il restait bon à savoir, sur un domaine qui n'était ni son favori ni son point fort. Pour son humble défense, l'essence des Earl n'avait jamais été inquiétée de l'état de son origine.
La pièce s'orna d'un sceau aux veines protectrices. À nouveau, le regard de Pryam s'était fait perçant, comme s'il désirait voir le moindre défaut de cet artisanat magique. Après avoir ouï les diverses propositions de Miw, il tendit simplement la main, pour récupérer ce qui lui était proposé. Ce n'était pas encore une promesse, pas même une réponse. L'objet entre ses mains, il l'observa sous toutes ses coutures, sous tous ses angles, physiques ou non. Bel ouvrage. Sincère, de ce qu'il pouvait en percevoir. Faute de pouvoir offrir une pleine confiance, le patriarche offrit à cet assassin une "chance". Les chances chez lui étaient non pas une marge d'erreur, mais une marge de possibilités. Aussi dangereuse que la confiance, mais plus calculée. Moins aveugle.

"- Je vous remercie de cette protection, Sir Sarrafi." Le Lord était de ceux qui comprenaient les implications d'un acte au-delà de ce dernier. Le remerciement n'était pas protocolaire, cette fois. "Il me reste quelques questions. N'y voyez pas d'offense, sentez-vous libre de refuser d'y répondre." Et d'admettre que le Lord devait lui retirer des "chances" s'il tenait à sa survie. "Néanmoins, je ne vous cache pas que vos réponses me permettraient de mieux saisir comment nous pouvons au mieux travailler en semble. Alors dites-moi… Comment êtes-vous mort ?" Quelles erreurs avait-il pu commettre ? S'il osait seulement les évoquer, en qualités les métamorphoser. Les alchimistes lui avaient-ils appris cela ? "Quelle est la position d'Horus quant à la vôtre ?" Le dieu faucon devait savoir. Ce ne pouvait en être autrement. Le Lord n'avait pas cru un seul mot de ses explications quant au meurtre d'Hécate. Une simple histoire de panthéon, vraiment ? Il était impossible que Miw soit suffisamment stupide pour ne pas comprendre que tuer Hécate, c'était s'avouer du côté qui laissait les dieux mourir. Du côté qui pouvait, s'ils devenaient trop gênants, mettre fin au fantôme des dieux de l'Égypte. "Tenez-vous à lui ?"

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Mer 19 Oct - 22:17
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L'étrange sous la normalité : Je suis l'Oeil d'Horus
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Le métamorphe avait son attention, il l’avait capté, apprivoisé. Le chat s’en satisfaisait, dévorait ce regard qui lui offrait une marque d’intérêt, l’obligeance polie de lui accorder de son temps. Se voir approuver ces minutes de discussion avec l’actuel Seigneur de l’Envers valait certaines jubilations en son cœur. Il savourait les entrelacs qu’il nouait, la chance qui lui était agréée, le jeu dangereux auquel il acceptait de se prêter. Divertissement à la hauteur de ce qu’il convoitait. Le métamorphe était ravi et n’était pas près de lâcher ce fabuleux fil d’Ariane. Très cher roi, comme il l’amusait. Naseem laissa un sourire tendre marquer ses lèvres lorsque la dernière question fut posée. Doucereux. Il savait se montrer mielleux, habitué au rideau de strass et de paillettes des Amasis. Il ne pouvait s’empêcher de marquer l’attachement paternel devant cette être si jeune qui lui faisait face. Si puissant, si savant et dans un même temps si faible et ignorant. Ainsi était-ce la manière dont il avait toujours adoré les humains, ces vies éphémères si riches. « Je tiens à lui ? » demanda-t-il, répéta-t-il, comme pour faire entendre combien cela ne faisait nullement écho en son cœur de créature.

« J’ai été appelé à l’humanité, singeant ceux auxquels j’étais destiné, m’accommodant des coutumes, des habitudes, des… Sentiments. Que pourrais-je ressentir, Lord Earl, quand d’âme je ne suis doté ? Quand le moindre de mes sourires n’est que l’apparat des convenances, le moindre de mes gestes l’habitude maniérée acquise pour vous ressembler et vivre parmi les vôtres ? » Le ton de sa voix, la diction parfaite, modulée pour convenir à l’interlocuteur auquel il s’adressait. Les vibrations de son élocutions, les mouvements de ses expressions. « Je ne suis qu’une extension d’Horus. Pensez-vous que votre main éprouve un sentiment quelconque à votre égard ? » La question pouvait paraître stupide, mais la comparaison n’était pas anodine : Oudjat était réellement une partie du corps d’Horus. Un fragment de son œil. « Non… Non et pourtant, si vous veniez à périr, elle s’éteindrait comme vous. Elle a besoin de vous. » Tout comme il avait besoin d’Horus. Dans la théorie. Cela n’était qu’une théorie. Le délitement d’Horus ne l’avait pas autant impacté qu’Horus lui-même, laissant entrevoir là l’espoir d’un sursis. Dans le doute, son instinct de conservation préserverait la déité.

Une question répondue, il œuvra sur la suivante. Ou du moins la précédente. « J’ignore l’avis d’Horus, Lord Earl, il n’est pas encore informé de mon acte à venir. » Horus ne pouvait avoir de réaction à ce que Iâh n’avait pas encore fait. Néanmoins, Naseem accepta d’apporter une réponse complémentaire en gage de sa bonne foi calculée : « Je suis un protecteur du sang royal. Ainsi ai-je été créé et Horus ne peut l’ignorer. Entre les rois et tout autre chose au monde, je protégerai les rois. » Y compris si l’autre chose s’avérait être un Dieu ou sa propre personne. « Quand j’ai pris sous mon aile le premier des alchimistes pour qu’il vive et s’épanouisse, pour qu’il offre aux Amasis cette seconde branche pleine d’avenir... Le jour où j’ai fait ce choix, Lord, je ne suis inscrit dans une perspective de chute des Dieux. Cela arrivera, demain ou dans un millénaire. Je l’ai su lorsque mon Pharaon a libéré le peuple hébreux. » Son œil gauche avait pleuré, il se souvenait de la larme le long de sa joue. La larme d’Horus, la larme d’un être qui avait déjà compris, dans sa remarquable intelligence, qu’il était condamné. « Aujourd’hui, eu égard de l’agonie des divinités, cela ne signifierait rien pour vous mais… Autrefois... » Lorsque les déités avaient leur entière puissance : « Lorsque j’ai protégé l’alchimiste… Disons que si je n’ai pas été désintégré immédiatement et par neuf fois, je pouvais y voir une certaine forme d’approbation. » Ou qu’il avait été stupide mais Horus n’avait jamais montré ce trait de caractère.

« Horus est sage, Lord Earl. Il est de ceux qui ont, depuis des millénaires, compris et accepté leur déclin. Il n’a pas l’orgueil froissé, il est intègre. » S’il essayait doucement, progressivement de sortir Horus de la liste noire ? Peut-être bien. Il en venait à la dernière question, au sujet de ses morts. « J’ai une une très longue et prospère première vie. Comme beaucoup de créatures, je ne suis suis pas éternel. J’ai trouvé le trépas lorsque mon corps ne put plus marcher d’avantage. » C’était un mensonge. Mais comment Pryam pourrait savoir que c’était le délitement qui avait engagé le vieillissement de Iâh. Personne ne le savait, personne ne l’avait senti, à l’exception de lui-même. Son second décès était moins aisé à évoquer. Sa fierté était froissée et son échec était cuisant : « Je suis mort la seconde fois en 1945. » La date n’était pas anodine et nul doute que cela créerait un lien dans l’esprit du Patriarche. Naseem aurait pu mentir mais… Évoquer sa proximité de jadis avec Hitler attiserait l’intérêt de Pryam. N’était-ce pas alors à ce jeu qu’il s’aventurait ? « J’étais aux côtés du Führer comme beaucoup avaient été séduits par l’idée d’un retour des Dieux. Lorsque le Cénacle a marqué son opposition, les Amasis m’ont donné l’ordre de rentrer. Ils m’ont indiqué ne plus soutenir cet homme que je côtoyais quotidiennement. »

La nouvelle l’avait fait blêmir. Et il n’avait pas su comment engager cette retraite désespérée. : « Lorsqu’on joue dans la Cour des Grands, le moindre geste peut devenir un crime de lèse-majesté. Plus on s’est rapproché du roi et plus la marge de manœuvre est mince. » Il s’était retrouvé dans une impasse. « Alors… Lorsque j’ai tourné les talons, il m’a tué. » Il l’avait fait tuer plus exactement. La nuance était faible. C’était encore une fois un mensonge. Naseem n’avait pas cherché immédiatement à fuir. Il était resté aux côtés du Führer parce qu’il espérait faire main basse sur Longinus, craignant que dans la débâcle, Hitler ne lance un assaut désespéré contre le Vatican et que la Lance soit stupidement perdue. Mais cela… Il n’y avait que Nikolaïs et lui pour le savoir. Il n’avait pas avoué sa cupidité aux Amasis. Il n’avouerait pas d’avantage devant le Lord. L’assassinat d’Hécate était une vengeance personnelle mais il ne voulait s’en acquitter que pour son unique satisfaction. Pryam venait de lui offrir l’occasion rêvée de l’accomplir pour protéger ses Princes. Le sourire s’élargissant sur ses lèvres ne faisait que dévoiler, enfin, la satisfaction d’œuvrer également pour lui-même.

« Je veux le détruire. Lentement. » Sa tête se penchait sur le côté, songeur, alors que ses yeux fixaient le Seigneur de l’Envers avec intensité. « Je veux lui montrer toutes les nuances du Purgatoire où il m’a envoyé. » Il n’était pas un fier soldat, il n’irait jamais l’affronter de front. Il ne saurait que lui retirer progressivement les armes. Il était tortionnaire et son inspiration lui était venue de ses propres morts, comme un traumatisme galvanisant. C’était cette souffrance étouffée qui le rendait dangereux. Il redressa la tête, un sourire de nouveau, fort de cette confidence savamment choisie. Nul hasard dans l’expression offerte. Il lui avait donné ce qui pourrait l’intéresser. Jusqu’à quel point Pryam se laisserait-il amadouer ? Jusqu’où le métamorphe pourrait aller ? Son instinct de chat convoitait la caresse sur la limite. Une part de lui s’amusait beaucoup à ce petit jeu, agitant aux yeux du Seigneur quelques cadeaux, de la poussière au yeux et aussi… Une portion de lui-même. C’était dangereux. Mais il était un chat et il aimait surtout jouer quand c’était dangereux. Probablement que Pryam avait déjà compris ce comportement chez lui.

Mer 26 Oct - 18:07
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Patriarche Earl
Pryam Earl était prudent. Très prudent. Ceux qui lui étaient proche lui avaient parfois proposé l'hypothèse qu'il en fasse trop. L'expérience lui avait appris que la plus grande des paranoïas n'était qu'un protocole, pour qui portait la couronne. Par malchance, le bas-peuple en confondait souvent l'éclat avec celui du soleil, et les ombres qui se projetaient sur eux leurs paraissaient toujours être dues à la couronne, bien plus facile à faire tomber que le soleil. Le monde entier pouvait lui en vouloir, pour une raison ou une autre, et chaque instant pouvait être celui d'une attaque fourbe de la plèbe, d'un assassinat grandiloquent de ses semblables.
Au final, et après cela, les clients mécontent n'étaient ni effrayants ni angoissants.
Mais là n'est pas le sujet ! Avec ou sans âme, le Lord se méfiait des attachements. Le lien qui unissait le chat au faucon, il voulait le connaître, en définir les contours. Si nulle émotion ne les reliait, qu'il en soit ainsi. Le patriarche aurait néanmoins préféré qu'ils ne soient également liés par de plus raisonnables arguments. Que leurs êtres ne soient pas aussi indissociables.

L'histoire de Miw se dessinait peu à peu en son esprit. Fragmentaire pour l'heure, elle devenait des plus intéressantes si l'on en recollait les morceaux. Le Lord s'empara d'un crayon à la pointe de plume, pour rajouter quelques notes dans le dossier de son assassin. Ce n'était pas contre lui, il ne devait en prendre ombrage. L'humilité d'Horus ne fut pas gravée sur le papier, pourtant soigneusement prise en compte. Un dieu, humble… Plus que rare, c'était un véritable oxymore, qui venait raviver la curiosité fatiguée de Pryam. Une discussion avec Horus était donc à prévoir, un jour ou l'autre, pour observer le spécimen. Il devait y avoir quelque plan à dessiner pour lui.

La suite attira à nouveau l'intérêt du patriarche, faisant naître une lueur dans l'abysse de ses yeux. La lueur ravie et malsaine de celui qui amoncelait les informations comme un trésor, et s'en voyait offrir de particulièrement croustillantes. Ils avaient donc un grand ami en commun, ce cher et tendre Dolfie, ce soit-disant Führer, si délicat et subtil qu'il en déclenchait des guerres mondiales. Les notes sur le dossier de Miw reprirent de plus belle, tant pour l'intérêt d'une obéissance aussi aveugle (l'était-elle encore ?) que pour l'attrait envers les promesses d'Hitler, sans préciser s'il était sien ou s'il émanait des Amasis. Suite aux aveux concernant Horus, il apparaissait plus évident que l'assassin n'avait fait que suivre les ordres de l'époque, encore dénués d'indications du Cénacle… Les Amasis avaient tout intérêt à ne plus se laisser tenter par le plaqué or de tels idéaux. Cette hypothèse n'inquiétait que peu le patriarche. Si les erreurs du passé venaient à se répéter, il avait de fidèles informateurs capables de l'alerter au premier écart. Il n'était pas impossible que Miw finisse par intégrer ces derniers, s'il s'en montrait capable.

Si le Lord avait su comment faire, il aurait sans doute répondu au sourire de Sarrafi. Pour l'encourager dans sa haine, lui faire comprendre son soutien. Au lieu de cela, le chaton reçut des mots, sobres, mesurés tout juste teintés de cruelle satisfaction.

"- Voilà une envie que nous partageons. Vous pouvez compter sur mon appui pour tout ce qui concerne la destruction de Nikolaïs Werner, ainsi que sur une récompense à la hauteur de l'exploit si vous y parvenez. Considérez sa mort comme un ordre permanent."

Les notes cessèrent. L'employeur installa ses coudes sur son bureau, croisa les doigts de ses mains, pour finalement annoncer la sentence.

"- Vous me semblez être un très bon élément, Sir Sarrafi. Je comprends pourquoi la famille Amasis tient tant à vous. Notre alliance sera assurément profitable à l'Envers."

Froissement de feuilles, des papiers qui sortaient d'un tiroir pour se glisser entre les deux protagonistes. Pas besoin d'aller plus loin: Miw était déjà engagé. L'administratif n'était qu'un protocole auquel le Lord lui-même ne croyait qu'à moitié.

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Dim 30 Oct - 12:36
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Les notes. Naseem se doutait bien de leur contenu. Il ne le craignait pas. Cela faisait parti du jeu. La partie se soldait pour aujourd’hui sur un consensus trouvé au sujet de Nikolaïs Werner. Iâh n’avait aucune prétention de parvenir à le tuer. S’attaquer à la réincarnation devait être fait dans la plus grande des prudences. S’il connaissait bien l’allemand, l’allemand le connaissait aussi beaucoup et ce qui était son avantage s’en trouvait être également une faiblesse. Du moins pour lui. Il pouvait dire ce qu’il savait au sujet de l’ancien dictateur pour que d’autres œuvrent et agissent. Il acquiesça d’un signe de tête et son cœur jubilait de cette approbation. On lui offrait un droit de vengeance, d’un droit de frapper tout en prétendant agir pour une autre cause, celle de Pryam Earl. C’était ce qu’il voulait, ce qu’il avait désiré obtenir en entamant cette conversation et il l’avait. Le premier pas avait été fait et il se voyait accorder les grâces qu’on pouvait attendre d’un favorisé. La royauté agissait de la sorte. Elle croyait récompenser ses fidèles, son peuple, ses obéissants sujets en leur donnant un peu de ce qu’ils désiraient pour leur demander plus encore la fois suivante. Naseem savait comment cela fonctionnait et il ne lui avait fallut pas plus de cinq minutes pour l’obtenir. Le temps d’une conversation, de quelques mots, quelques informations apposées dans l’élocution de sa bouche. Le trépas d’Hécate viendrait à les rapprocher plus encore. Il veillerait aux côtés de Pryam Earl ensuite. Il partagerait beaucoup de temps avec lui et il y avait des comportements qui parlaient d’avantage que les mots fallacieux. Pryam était un humain et ce qui faisait son essence serait trahi à sa connaissance, jour après jour, semaine après semaine. Il apprendrait à le connaître, comme il en avait tant appris de Nikolaïs pendant la seconde guerre mondiale.

Son regard se porta sur les papiers qu’on lui tendait. L’assassin demeura droit, ne leur accorda pas l’intérêt de la lecture. Avec le temps, ces contrats n’avaient pas changé. Le papier brûla, sans flamme, juste en bas à droite, la marque sombre carbonisée d’un soleil égyptien. L’œil d’Horus parfaitement exécuté, de magie auréolé. Il s’inclina respectueusement pour prendre congés. L’humain tourna les talons mais ce fut un chaton noir qui passa l’entrebâillement de la porte. Rares étaient ceux qui le voyaient se transformer. Seulement ceux que l’assassin voulait. Seulement ceux qui connaissait la nature entre le chat et l’homme. L’animal était souvent sa couverture, son moyen d’espionnage. Il aurait été sot de le divulguer à tout va. Une mission se devait à présent d’être honorée.

Sam 5 Nov - 14:55
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Murderers | Pryam
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