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 Rencontres du samedi soir / Pv Katherine Andrews

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Air enfumé, liquide ruisselant dans les gorges, voix tour à tour fortes puis feutrées au gré d'une conversation, la vie suit un cour des plus agréables au "Troll aviné". Un nom des plus amusants pour qui s'attardent devant l'enseigne mais dont le ton est vite démenti par la sélection à l'entrée. Incompréhensible pour ceux qui ne sont pas dans le Secret, tout simplement. Lieu dédié à la bonne entente et au confort des créatures de l'Envers, le pub n'en montre pas patte blanche aux yeux du monde extérieur : il est déconseillé à sa clientèle comme ses employés d'arborer trop ostensiblement une apparence inhumaine. Les vitraux colorés du pub à l'ancienne sont traités pour en rendre la vision à travers difficile, cependant la patronne ne désire pas avoir à jamais s'occuper des "hallucinations" qu'un mortel mal tombé pourrait avoir.



Pour qui y est sensible, soit la majorité des personnes attablées dans le pub, l'air picotent d'auras diverses, évoquant des forêts anciennes comme les grottes les plus profondes, les âges les plus anciens comme une énergie vive mais éphémère. Les discussions couvrent des sujets variés, terres à terres comme ésotériques, évoquant des temps qu'aucun être n'est censé pouvoir se souvenir, des capacités hors de portée des mortels... Et des évènements tout aussi déstabilisants. Avec sa décoration ancienne mais au satiné enchanté, les lieux offrent une parenthèse, toute relative, au monde humain, sans parler du comptoir qui offre des breuvages, aux recettes déclarées disparues par bien des historiens et connaisseurs, qui ravissent des palais avides d'un passé qui n'est plus.

Dans cette havre douillet, un être ne tente pas de se faire discret. Difficile de l'être quand le seul liquide qu'il a réclamé dans son verre est de l'eau. Sa présence a d'abord intrigué, ce choix et son absence de tentative de communiquer faisant s'interroger vaguement certains, puis son inaction et sa tranquillité ont ennuyé. A présent, il occupe simplement une place au comptoir, sous l’œil perplexe de la patronne, à la carrure volumineuse, au même titre que sa musculature. Habituée à voir de tout, elle n'en demeure pas moins ravie quand des habitués font montre de davantage de raison que l'individu et commandent leur lot de divins - littéralement pour quelques-uns - breuvages.

Prêtant toujours attention au bien-être ambiant, c'est tout juste si elle note à l'occasion une grimace de contrariété sur le faciès bourru du drôle d'oiseau, sans jamais en saisir l'origine. Il faut dire que les autres occupants du comptoir offrent davantage de diversité, à commencer par le gars qui lui fait une cour rendue maladroite par l'alcool. La dame en a l'habitude, sans s'en montrée blasée, si ce n'est quand elle considère qu'il est temps de montrer le holà. Les jeunes êtres intimidés par elle l'attendrissent au plus haut point, les gars et femelles avides d'un bon public pour leur blague enrichissent son propre répertoire, déjà bien conséquent... A l'exception peut-être de cette blonde, dont la présence a quelque peu refroidi son entrain. Pour un temps seulement.

Alors que le séchage d'un "verre" aux dimensions prodigieuses occupent ses mains, et diverses questions relatives aux curieux énergumènes qui entrent parfois dans son pub, la patronne ne perçut pas le danger qu'une main n'abatte brutalement une tête blonde pâle sur le comptoir.

- MON BON VIEUX JASKIER ! braille avec une fausse joie un gringalet à la force surprenante. V'la qu'tu r'viens par d'chez nous ? Alors, qu'est-ce tu d'viens ? Et ta dette ? L'en est où ta d-
- Abruti ! clame la dame des lieux en abattant avec une vigueur calculé le verre devant elle. J't'ai pas versé assez d'absinthe pour que tu en sois là ! Relève-lui la tête à ce pauvre vieux ! Il a même pas une tête à s'appeler Jaskier !

L'air toujours méchant, l'intéressé s'exécute... Et vire tout à coup blanc-fesse quand il distingue plus clairement la figure hébétée de sa victime. Il lui relâche aussi le cuir chevelu en balbutiant.

- Bon sang d'bois, m'j'ai cru que...
- Tu te tromperas hors de mon pub la prochaine fois ! Je veux plus voir ta trogne avant un bon mois. Grogne la patronne avec une indignation palpable.

Battant en retraite, le bonhomme disparait aussi vite que son coup d'éclat a duré, un certain silence se prolongeant après son départ. Puis un éclat de rire général balaye les lieux, chacun y allant de son petit commentaire, les connaisseurs ajoutant quelques détails croustillants sur l'individu. Du côté du comptoir, le blond bourru se masse un nez qu'il a saignant.

- Pas bien compris... marmonne-t-il.
- Une histoire entre deux pov' cons. Malheureusement pour toi, l'un des deux t'a pris pour l'autre. Tiens, v'la de quoi te faire passer outre ces bêtises. répond la dame au comptoir, faisant glisser une poche de glaçons et un verre rempli d'un beau liquide vers le blessé léger.
- ... Sent l'alcool. dit avec une grimace le gaillard, après avoir reniflé le contenu.

La patronne le fixa avec des yeux ronds avant d'éclater de rire.

- V'là qu'y me dit ce que je met dans mes verres ! T'es un drôle de lutin mon grand. Enfin, prend soin de ta gueule pendant que je m'occupe de mes soiffards !

Tandis qu'elle s'exécute, allant de l'autre côté de son territoire alcoolisé, le "lutin" rive un regard perplexe, louchant un brin à cause de la poche, sur le verre. Finalement, après mûre réflexion, il le fait glisser vers la personne la plus proche. Un brusque éternuement lui vaut de salir encore un peu plus la surface devant lui. Avec un grognement de douleur, le voilà qui tente de faire disparaître la chose avec son vêtement... Qu'il a clair. Ce qui étale le rouge sur le comptoir comme sur le tissu. Un air des plus penauds lui fait alors diminuer drastiquement, pendant un instant, son potentiel viril.

Mer 7 Sep - 19:17
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