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 Keep your mind open | Eun-Ae

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L'étrange sous la normalité :
Créature, disent-ils, se targuant de le classer, de le comprendre et de l'adresser, pensant, sans doute, ses ailes étriquer, son esprit évincer, par l’appellation écrasée… Il ne l'est pas, ne le sera jamais. Les mots, les noms portent plus qu'ils ne peuvent l'appréhender, et son être au chemin lézardé d'impacts de destins aussi divers qu'altérés, porte déjà l'empreinte d'un concept unique : il est un Aîné, l'ailleurs son royaume par tant de vermisseaux occulté.

Tell me More : Douce et délicate petite chose que le secret, comme les ailes d'un papillon qu'il s'amuse à trouer de la pointe d'une aiguille.
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Il ne s'était pas attendu à recevoir une recommandation d'un de ses contactes universitaires, pas à cette période de l'année en tout cas. Qu'on lui adresse le dossier d'un étudiant prometteur cherchant un emploi pour lancer sa carrière n'avait rien d'inhabituel, il brassait tellement de CVs qu'il aurait pu allumer tous ses feus de cheminée pour l'année avec, s'il n'avait pas eut la bonne idée de passer au numérique dès son apparition. Mais en règle générale, cela se faisait aux fins d'années universitaires, non en Janvier. En cela, les hommes étaient des créatures d'habitudes, des automates bien réglés. Alors devant cette entorse à l'habitude, il avait consentit à étudier le profil qu'on lui soumettait. D'après celui qui la recommandait, il s'agissait d'un élément intéressant et plein de potentiel disposant d'un dynamisme singulier en comparaison du reste de la fournée, des idées novatrices. Cependant, il fallait plus que cela, pour le convaincre de prendre un scientifique sous son aile. Ce siècle avait vu une prolifération de réceptacles potentiels à ses idées et il devait faire le tri, ne garder que ceux qui l'intéressait vraiment. Alors il avait demandé à l'un de ses employés de s'informer davantage sur le passé de la jeune femme qui recevait tant d'éloges de la part de ses tuteurs. Le résultat n'était pas celui qu'il aurait put attendre de cette faveur qu'on lui demandait, mais il n'en était pas moins digne d'intérêt. Alors pourquoi ne pas lui donner sa chance ? Il avait accepté, l'avait contacté, et lui avait transmit une invitation formelle. Last-End accueillerait cette nouvelle employée en Février, le temps de préparer ses affectations.

Et le jour dit était finalement advenu, aussi inexorable que la mort des éphémères sur cette planète. Sa nouvelle acquisition recevrait une attention bien dosée. Un chauffeur l'attendrait à l'Aéroport, elle serait conduite jusqu'à la propriété qui accueillait la loge, recevrait ses quartiers et une visite de l'ensemble des locaux en dehors des laboratoires, puis elle serait invitée à se reposer et se remettre du décalage horaire jusqu'au lendemain, où ils se rencontreraient enfin. Lui-même devait régler quelques affaires, avant de pouvoir prétendre à une quelconque mondanité. Mais il ne manquerait pas de demander les premières impressions au guide qu'il comptait lui fournir. Lorsqu'il lui proposa de venir, ce fut une invitation dans son bureau, formelle, après la sixième heure de la journée suivant son arrivée. On l'emmena jusqu'à lui et il l'accueillit en ouvrant la porte, un sourire courtois et tranquille accroché à ses lèvres rouges.

« Mademoiselle Yi, c'est un plaisir »

Il lui tendit une main, pour la saluer, puis lui proposa d'entrer et referma la porte derrière elle. Lui indiquant son bureau, il se réinstalla lui même.

« Prenez une chaise »

Croisant les jambes autant que les doigts, Meyrick prit le temps d'observer sa nouvelle recrue quelques longs instants, avant de reprendre la parole d'une voix tranquille :

« Je suis Meyrick Vetrov, directrice de la loge scientifique pour laquelle vous allez travailler, Mademoiselle. Si je vous ai demandé de venir, c'est parce que nous devons échanger, vous et moi, avant que vous ne commenciez à officier ici »

Il soupira doucement, appela un serviteur, demanda un thé, proposa une boisson à sa vis à vis puis attendit que l'homme soit repartit pour reprendre sans se presser.

« Néo Lux ne recrute que de très bons éléments, mais nos profils sont plus… exotiques, que cela. Nous ne recherchons pas seulement de bons cerveaux et des théoriciens capables. Ce que nous voulons, avant tout, ce sont des individus capables d'aller plus loin que les courants de pensées et de conceptions globalement acceptés et reconnus. Ce cela, qui vous distingue de mes autres candidats... »

Il pencha légèrement la tête, le regard pénétrant, et termina cette entrée en matière avec ce même sourire confiant :

« Aussi… j'aimerais beaucoup que vous m'exposiez vos propres projets... »

Lun 29 Aoû - 22:52
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EN RETARD ! Voilà, elle était en retard, ou du moins allait-elle l’être sans tarder si elle continuait ainsi ; tel était le verdict après une réflexion, pas très longue, sur la chose. Brosse à dents encore dans la bouche, Eun-Ae se hâta de vérifier l’état de ses cheveux et de son visage en général avant de se rincer l’environnement buccal à grandes goulées d’eau froide. Un sourire ? Hum, hollywoodien même. Cela lui éviterait le regrettable accident du morceau vert, noir, orange ou violet à pois rouge, coincé entre deux dents, en plein entretien avec son patron. Enfin, patronne, dans le cas présent. Enjambant habilement les vêtements qui trainaient au sol après la séance « qu’est-ce que je vais mettre ? », la jeune femme attrapa ses escarpins fétiches ‒ceux qui étaient assez élégants pour la faire ressembler à une véritable employée presque modèle, tout en ayant des talons suffisamment décents pour qu’elle ne manque pas se tordre la cheville à chaque pas‒ et, ouvrant la porte après une grande inspiration, sortie rencontrer son destin. Ou plutôt, sa cheftaine, qui ne s’appelait pas même Destinée.
Allez, une inspiration, une expiration, tout se passerait bien ! Debout devant la porte, elle s’essuya discrètement ses paumes moites sur son pantalon de tailleur noir. Pas question de laisser une mauvaise première impression.

-Enchantée, je vous remercie de m’accueillir ainsi.

Serrant la main tendue avec un sourire des plus naturels, la demoiselle s’avança dans la pièce à la suite de son hôte, observant autour d’elle avec intérêt, quoi qu’une interrogation des plus primordiales à l’esprit : est-ce qu’elle devait se présenter également ? Son interlocutrice savait qui elle était, ce n’était donc pas nécessaire, mais qu’était-elle censée faire que dictait la politesse ? Bientôt assise sur la chaise qui lui avait été présentée, Eun-Ae croisa les mains entre ses genoux, le dos droit et déjà transpirant. Pitié, que sa supérieure ne remarque pas sa nervosité ! Déjà étudiante, passer un oral simple s’était toujours avéré être un calvaire, alors cet entretien professionnel pouvait sans nul doute relever de ce que l’on nommait barbarie ou torture, au choix. Torture barbare, ca fonctionnait aussi.
A la présentation de la belle blonde, la biologiste eu un hochement de tête mécanique, se concentrant sur ses paroles pour se reprendre ses esprits, demandant un simple jus de fruit avec reconnaissance lorsque ce fut son tour de choisir... Avant de ciller deux fois lorsque son brillant cerveau parvint à analyser le fond des propos qui suivirent. Des projets ? Plus loin que les conceptions globalement reconnues ? Ce qui la distinguait des autres candidats ? Est-ce que son professeur se serait moqué ou cette femme souhaitait-t-elle réellement que sa nouvelle employée lui parle tout de go de ce qui avait pendant tant d’années été jugé comme enfantin et stupide ?

-Oh, oui, euh, je vous remercie ‒elle toussa légèrement, prenant soin de se couvrir la bouche ; s’excuser, elle l’avait déjà fait, mais c’était quoi déjà, la suite de son texte ? J’espère pouvoir vous satisfaire dans mon travail et apporter quelque chose à votre loge.

Oui, c’était bien, ca, très bien même. Et pas tout à fait ce que l’on pouvait appeler un projet professionnel concret. La directrice avait sans nul doute entendu parler de l’intérêt atypique de sa candidate pour la magie, mais n’était-ce pas là un piège qu’il lui fallait éviter ? D’un autre côté, un employeur ne perdait pas son temps à interroger une personne tout juste diplômée s’il savait dès le départ que le profil ne l’intéressait pas. Non, il fallait qu’elle soit acceptée avec tout ce qu’elle voulait, tout ce qui lui tenait à cœur. Après tout, elle attendait ce type d’occasion depuis longtemps, pas questin de renoncer et d’échouer maintenant ! C’était sa chance ; mais qu’est-ce que c’était stressant ! Elle s’humecta les lèvres avant de reprendre, le cœur battant mais retrouvant l’assurance que l’espoir d’un rêve se réalisant pouvait apporter.

-Je sais que cela peut vous sembler absurde ou même étrange, débuta-t-elle prudemment, mais j’ai l’intime conviction que certaines choses n’ont jamais été découvertes par l’Homme. Je veux dire, pas dans le sens où nombre de scientifiques le pensent, mais plutôt qu’il nous tout un pan entier de vérité dans lequel nous évoluons. Ce ne sont pas seulement des éléments indépendants les uns des autres qui nous échappent mais un ensemble entier, un univers à part qui nous échappe et, parce que trop peu s’y intéressent, demeure totalement inconnu. Et pourtant je ne peux m’empêcher de songer que quelques individus en détiennent le secret. Ce serait… un art totalement à part et qui pourtant trouverait parfaitement sa place dans notre monde, un lien manquant entre la nature et l’humanité, une science que l’on ne connait pas. Elle reprit son souffle, avec la désagréable impression qu’elle allait périr de chaud dans les minutes à venir. J'ai conscience que cela peut être inattendu et même une pensée audacieuse, mais j’ai mené plusieurs recherches à part et je suis certaine que certains évènements qui à nos yeux semblent réellement mystérieux trouvent en réalité leur source au cœur de cette équation que l’on ignore !

Bien, son interlocutrice ne lui avait pas encore rit au nez ni fait mettre dehors. Une bonne chose, non ? Enfin, à moins qu’elle n’ait prévu de la faire enfermer après. Il n’y aura pas d’hommes en blouse blanche qui viendrait pour l’interner, quand même ? Bouh, de toute façon, autant terminer, elle en avait déjà trop dit pour s’arrêter là. Mais le regard profond qu’elle avait face à elle était incroyablement déstabilisant, et à présent qu’elle s’était arrêter de parler, reprendre s’avérait plus difficile.

-Mon but est, enfin, j’aimerai réussir à le trouver, euh, à le prouver, que cette science existe. Si je parviens à le démontrer et bien, je pense que l’on pourrait s’en servir pour aider les gens mais aussi pour soigner notre planète et régler certains conflits des plus périlleux. Bien sûr, il faudrait également en trouver les limites, découvrir ce qu’elle peut accomplir mais au-delà ce que la majorité nomme magie, je suis persuadée qu’il y a là des phénomènes scientifiques qui peuvent trouver une véritable explication et dont certains paramètres peuvent totalement modifier la vie que l’on connait.

Ah, bah voilà, c’était dit. Mais il faisait quand même drôlement chaud, dans cette pièce, n’était-il pas ?

Ven 9 Sep - 15:32
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Restant silencieux, il attendit que la jeune humaine prenne ses marques et ne puisse développer sur le sujet qu'il lui imposait, très curieux de voir exactement ce qu'elle avait en tête et imaginait. Et il avait rarement été aussi satisfait. Elle entrait à peine dans sa loge mais il y avait là du potentiel, et il était certain qu'elle serait intéressante à suivre dans les prochaines années… Par jeu, il voulait déjà lui avouer toute la vérité, mais la lui jeter en pâture serait trop simple, aussi imaginait-il des façons détournées de lui ouvrir pleinement les yeux, imaginant la tête qu'elle ferait à ce moment-là. Et puis justement, en l'écoutant plus avant, il commençait à se dire qu'il serait peut-être possible de faire d'une pierre deux coups, et de lier deux projets qu'il nourrissait depuis un moment déjà. Finalement, lorsque l'asiatique eut terminé, il hocha doucement la tête et ouvrit un tiroir pour en tirer un épais dossier relié qu'il lui tendit. Puis, il referma le tiroir et s'adossa confortablement en prenant enfin la parole :

« Ceci, est un dossier qui date de deux ans. Le patient était atteint d'une hépatite fulminante en phase terminale. Il n'y avait aucun espoir de rémission. Pourtant, du jour au lendemain, cet homme était guérit. Pas seulement remit, lorsque les médecins qui s'occupaient de lui ont effectués des examens pour comprendre ce qui avait bien pu se passer, les analyses révélaient qu'il n'y avait absolument aucune trace qu'il fut un jour dans le couloir de la mort »

Il croisa les jambes, puis les bras, tranquillement, tout en achevant :

« Cependant, il est mort de nouveau quelque temps plus tard, d'une maladie foudroyante qui aurait pourtant dû prendre des semaines à se développer, qui aurait dû être présente, même à l'état de bourgeon, sur ces mêmes analyses. Et rien n'a pu expliquer ce qui s'est passé. Ça n'avait pas de logique. Cela n'avait pas de logique pour des praticiens formatés, en tout cas, mais peut-être que de nouvelles théories, plus ouvertes d'esprit, pourraient lever le mystère »

Avec un geste des mains, il la désigna. Oui, si elle trouvait la solution au bout de ce cas, alors elle saurait forcément la vérité, puisque c'était bien la magie qui avait présidé à la destruction de cet homme. Il le savait d'autant mieux que c'était lui qui avait fait cela. Mais elle ne le saurait pas avant longtemps, peut-être même jamais…

« Lorsque l'on regarde l’émergence de la médecin, de l'art de panser les corps, apaiser les maux physiques comme mentaux, on se rend vite compte que beaucoup de découvertes ont été effectuées sur des bases dites 'magiques'. Les médicaments d'aujourd'hui sont basés sur les plantes qu'utilisaient les dites sorcières à l'époque obscure »

Elle se leva et contourna son fauteuil afin de s'approcher de sa bibliothèque de gauche, écartant les pans de sa robe pour marcher plus aisément. Cherchant un livre au sein des rayonnages triés avec un soin maniaque, il poursuivit :

« Et ce n'est qu'un exemple parmi d'autres. Parfois, une avancée majeur ne peut être faite qu'en admettant comme possible ce que d'autres pensent impossible. N'y a-t-il pas eut une époque où penser la terre ronde et tournant autours du soleil était une hérésie et une aberration ? »

Trouvant enfin ce qu'il cherchait, il eut un sourire puis revint, déposant deux ouvrages sur la table près du dossier. Il s'agissait de deux traités universitaires au nom d'Anthony Evans.

« Ces deux ouvrages, si vous ne les avait pas déjà consultés, devraient également vous intéresser… Vous avez sans doute entendu parler de Monsieur Evans, après ce qu'il a fait en Septembre dernier… De façon tout à fait intéressante, il travaillait sur le même sujet que vous : le lien entre les sciences et la magie. Certaines de ses théories sont particulièrement intéressantes »

Puis, nonchalamment, il revint s'asseoir, posa les mains sur son bureaux, et l'observa attentivement. Il y avait énormément à dire, et très peu en même temps. Cette jeune femme était encore loin de la vérité tout en en étant fort proche… mais il ne pouvait pas agir avec elle comme il agissait avec le reste de ses employés plus ou moins au courant des faits depuis longtemps.

« Je souhaiterais que vous participiez à l'enquête sur le cas que je viens de vous fournir. Je pense que cela pourrait être un bon projet d'intégration à nos équipes actuelles. Qu'en dites-vous ? »

Mer 14 Sep - 22:49
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Elle n’avait pas ri en l’entendant, ni même esquissé le moindre sourire moqueur, méprisant ou agacé. Pas plus qu’elle n’avait eu de mouvement de colère ou d’impatience tandis qu’Eun-Ae exprimait ses rêves et ses passions, fantasques prétendaient les uns, stupides pour les autres ; mais qui demeuraient son rêve et sa passion. Non, cette femme-là l’avait écouté, jusqu’au bout, avec toujours le même visage sérieux et attentif, comme si tout ce qui lui était relatait lui semblait possible. Pis, même : banal. Un sujet de réflexion comme tant d’autres, l’un de ceux qui nécessitaient que l’on se penche dessus avec la plus grande attention. Devait-elle y croire, elle petite scientifique venant d’arriver, que la directrice de ce lieu mystérieux serait celle qui définitivement lui offrirait la possibilité de mener à termes ses projets ? Qu’elle serait enfin le maître qu’elle recherchait ? Ohoh, elle sentait son arrière-train en frémir de joie à cette pensée. Elle avait tenu bon tant de temps et voilà que sa patience se trouvait récompensée. Avide, elle écouta chacun des propos de la directrice, les yeux brillants et les joues rouges. Un dossier ? Pour elle ? Décidément, c’était forcément trop beau. Faisant involontairement fi des informations suivantes, trop concentrée sur cette offre merveilleuse. Et tandis que l’excitation grandissait en son cœur, elle sentait poindre en parallèle un sentiment des plus douloureux : l’angoisse. Et oui, c’était bien beau de lui proposer un joli travail comme celui-ci, mais si elle n’y arrivait pas, comment feraient-ils ? Ou plus précisément, comment ferait-elle, elle ? C’était bien gentil le « qui ne tente rien n’a rien » mais si elle se faisait mettre à la porte pour avoir trop tenté, cela ne serait pas beaucoup mieux. Au contraire.
Allez, on respire, on respire. Euh, non, par le nez, pour éviter de ressembler à un poisson crevé en restant la bouche ouverte. D’ailleurs, c’était son tour de répondre, visiblement. Hum. Comment exprimer correctement ce méli-mélo de pensées, à présent ?

-Avec plaisir ! Non, là, c’était un peu trop expansif, un peu de calme quand même. Oui, j’accepte avec joie, reprit-elle donc plus paisiblement. Croyez-vous que je puisse rencontrer certains de ces scientifiques, notamment le médecin légiste ? Quelque chose a-t-il déjà été trouvé ou est-ce que vos équipes n’ont pas encore commencé ?

Oui, elle était curieuse, trop curieuse peut-être. Mais c’était tellement palpitant ! Non seulement elle travaillerait sur l’existence de la magie dans ce monde moderne où ils évoluaient, tous autant qu’ils étaient, mais en plus elle allait pouvoir jouer les enquêtrices amatrices d’une mort mystérieuse.
Ses yeux se posèrent sur les ouvrages qui jouxtaient le fascinant dossier, ceux-là même que Mme. Vetrov venait de déloger de leur douiller petit nid pour que la jeune diplômée en ait connaissance. Observant leur couverture, Eun-Ae fronca les sourcils avant de relever la tête.

-Je vous remercie pour ces livres mais… excusez-moi, est-ce que M. Evans a travaillé ici ? Croyez-vous que l’une de ses découvertes soit à la base de son comportement ? Osera, osera pas, osera, osera pas. Osera. Hum, est-ce que vous le connaissez ? Personnellement ?

Difficile d’empêcher ses yeux d’étinceler littéralement à cette idée. Mais si cette gentille dame l’avait dans ses proches, peut-être pourrait-elle permettre à son employé de le rencontrer ? Certes elle n’avait pas même encore lu ses livres, mais la simple idée d’échanger n’était-ce que quelques instants avec un être qui avait rédigé des œuvres sur ce qui depuis tant d’années intéressait la biologiste ne pouvait qu’être enchanteur. Qu’importait ce qu’il avait fait, après tout, chacun ses erreurs : elle voulait discuter avec ce qui ressemblait presque à son dieu magico-scientifique réincarné. Elle en était certaine, pour avoir écrit de la sorte, sur un sujet qui la touchait elle aussi, c’était qu’il y avait forcément quelque chose de concret qui attendait d’être découvert, une preuve irréfutable de ses théories de toujours ! Après tout comme disait Maitre Yoda, « A vos intuitions vous fier, il faut. »

Lun 26 Sep - 18:51
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Rester sérieux avec le regard qu'elle lui lançait était vraiment très difficile, et il n'imaginait même pas réussir à conserver son maintient le jour où elle allait mettre les deux pieds dans le plat. Ce jour-là, il risquait de rire tout son content pour des siècles. En attendant, il l'observait, patientant le temps qu'elle parvienne à répondre à ses sollicitations, l'encourageant d'un sourire bienveillant. Et bien ? Il avait toujours aimé jouer avec les scientifiques, et les paterner un peu. Ils étaient une molécule de ce que lui incarnait, sous une de ses formes. Et sa lippe s'accentua en la voyant saisir la perche à pleines mains. Bien, voilà qui était parfait et parfaitement effectué. La voir refuser aurait été bien dommage, et fort embarrassant pour la suite. Toute l'essence de son utilité se trouvait dans cette petite étincelle de plus qu'elle possédait et qu'il voulait voir évoluer. Sinon, il n'aurait probablement pas daigné jeter plus d'un regard à son profil. Sans cette petite chose qui en elle couvait, elle n'était qu'une parmi tant d'autres. « Commencé ? Ce serait dommage qu'ils aient commencé sans leur chef de projet, tout de même » fit-il avec une innocence parfaitement dosée, et une petite dose d'amusement. Encore un coup de plus pour lui faire ouvrir de grands yeux paniqués. C'était une lourde charge, mais ce serait formateur pour elle d’adopter immédiatement le rythme dans lequel les autres travaillaient. Plus elle s'y ferait rapidement et plus elle pourrait tirer de son environnement. « Quant à rencontrer ceux impliqués dans l'affaire que vous aurez en main, c'est faisable, s'ils acceptent bien entendu un rendez-vous. Mais pourquoi ne le feraient-ils pas après tout ? » Aucun n'avait quoi que ce soit à cacher et pour tout autre que ses équipes, tout cela était du passé. Elle ne devrait pas rencontrer tant d'opposition à son enquête et c'était fort bien ainsi.

Et enfin, le regard de la jeune mortelle face à elle tomba sur les ouvrages du Réanimateur. Son sourire se fit plus fin, son regard plus posé. « Il n'a pas travaillé ici, néanmoins il était un excellent praticien, très reconnu dans la région. Et j'ai effectivement eu l'occasion de le rencontrer » Il croisa les mains, doigts entrelacés. C'était un léger biais de la vérité. Il connaissait vraiment Anthony Evans, car le cœur de celui-ci était rongé par le Chaos. Son essence. Et il connaissait très bien ceux qui naissaient marqués par son souffle depuis le début des longs cycles des mortels. Alors oui, finalement, Evans n'était pas du tout un étranger à son esprit. « Il est actuellement en cavale, recherché par les autorités. Et nous sommes une institution légale et respectable… » Penchant légèrement la tête, elle prit un ton plus connivent « Néanmoins, s'il venait à se réfugier ici sans que nous l'ayons invité… peut-être acceptera-t-il de nous voir ? Qui peut savoir ? » Lui évidemment, s'il faisait en sorte que cela arrive. Mais ce serait là une récompense si elle se montrait prometteuse. Délaissant néanmoins le sujet, pour le moment du moins, il entreprit d'exposer un peu plus le fonctionnement de la loge, ainsi que les études diverses et variées qui étaient actuellement menées. Certaines étaient d'intérêt pour la jeune femme, et il lui proposa d'y jeter un œil quand elle serait posée et aurait débuté ses propres projets, afin de ne pas la troubler dans les premiers temps de sa prise de poste. Il lui confia également la somme mensuelle à laquelle elle aurait droit pour ses recherches et pour la poursuite de son projet. La somme était à la hauteur de la précision des sujets et du prestige de l'institution, mais il en traitait comme s'il s'agissait de quelques livres à peine.

Puis, finalement, elle conclut : « J'ai encore quelques petites choses à vous montrer… mais peut-être avez-vous d'autres questions avant cela ? »

Dim 30 Oct - 19:44
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Non, vraiment, elle était ravie d’intégrer une équipe de recherche, ravie de travailler sur un dossier pareil, ravie de savoir qu’elle pourrait commencer en même temps que tous les autres sur ce mystère. En revanche, la précision subtile qui résidait dans la réponse de son employeuse lui tira une brève mais irrépressible grimace d’inquiétude tandis qu’une étincelle de panique s’allumait dans son regard. Une telle responsabilité, elle si jeune, elle sans expérience ? Que diraient donc ses collègues, son équipe ? Elle ne pouvait pas se permettre de devoir jouer les policières dès le commencement. S’il s’agissait là d’une mise à l’épreuve, il faudrait à Eun-Ae se montrer prudente mais réfléchie dans sa façon de faire ‒ autant dire que ce n’était pas gagné d’avance.

Laissant momentanément de côté cette inattendue information, quoi que bien décidée à s’assurer auprès de ses futurs collègues qu’il n’y aurait pas de compétition entre eux mais un véritable travail d’équipe, la biologiste fut attirée par tout propos concernant le dénommé M. Evans sitôt que son nom fut prononcé et ses pensées expliquées. Il semblait être le maitre qu’elle avait toujours rêvé, plus incroyable même qu'Arthur Charles Clark, son Messie actuel. En cavale ? Dommage, mais après tout qu’importait pour la chercheuse si elle pouvait en lui trouver un précepteur dans son domaine ?

-Oh oui ! Hrm, euh, et bien si cela arrivait, il serait dommage qu’on ne puisse pas l’interroger… non ? Est-ce que ce serait vraiment illégal, de ne lui poser qu’une ou deux petites questions ?

Sinon, elle pouvait se taire aussi, ce lui serait peut-être, sans doute même, bénéfique. Pas de caméra, de micro ? Ne manquerait plus qu’elle passe pour une hors-la-loi. Mais après tout ce n’était pas de sa faute, n’était-ce pas Mme… ou Mlle ( ?) Vetrov qui la première avait évoqué semblable situation ? Pour autant, sa voix n’avait cessé de baisser au fil de l’enchainement des mots, ne terminant que par un mince filet qui n’attendait pas réellement de réponse de son interlocutrice.
Cette dernière ne s’attarda heureusement pas plus longtemps sur ce point et entreprit plutôt à sa nouvelle recrue les détails techniques qu’elle devait connaitre sur ce nouveau travail ; recrue qui prit soin d’ingérer les informations sitôt ces dernières sorties de la bouche patronale. Fascinée, Eun-Ae s’émerveilla de chaque sujet traité par la loge à l’heure actuelle, toujours aussi merveilleusement surprise de découvrir qu’il existait des êtres qui au lieu de se moquer et de mépriser ses idées peu protocolaires, pouvaient les encourager en faisant eux-mêmes leurs recherches sans se préoccuper de l’opinion extérieure. Pourtant sitôt qu’il fut question d’argent, elle ouvrit grand les yeux en découvrant le montant de la somme allouée à sa recherche. N’il y avait-il pas trop de chiffres à la suite ? Un détail, d’ailleurs, retint son attention, une question qui flottait à la lisière de sa conscience et qu’elle posa prudemment aussitôt que la possibilité lui fut donnée de le faire :

-Oh, rien qui ne nous empêche de marcher en même temps, sourit-elle nerveusement, mais je me demandais en effet… d’où proviennent les fonds ? N’y voyez nul méfiance ou suspicion de ma part, je vous en conjure, mais je suis encore stupéfaite de découvrir qu’il y a, et bien… un tel laboratoire qui puisse exister. Bien qu’étant jeune et sans vraiment d’expérience, je n’ai pu que constater combien tout ce qui peut toucher à l’extraordinaire ‒au sens le plus littéral du terme‒ pouvait fasciner les gens mais aussi combien ceux-ci pouvait mépriser les quelques âmes cherchant à s’y intéresser vraiment. Il y a-t-il donc des politiciens, des millionnaires, qui s’intéressent à ces projets ? Comment avez-vous pu réussir un tel… miracle, si j’ose dire ?

Elle adressa une petite prière à n’importe quelle divinité qui accepterait de l’entendre et de répondre favorablement à son désir de ne pas embarrasser ou froisser l’élégante et distinguée dame qui lui faisait face, adressant un petit sourire crispé à cette dernière. C’était dans ces instants qu’elle regrettait de n’avoir su apprendre à contrôler son esprit pour ne pas sembler aussi impulsive qu’elle l’était ; mais comme Harry Potter, la jeune femme n’avait jamais eu la patience de le faire. Ce qui était aujourd’hui bien regrettable. Ne restait plus qu’à espérer qu’elle ne découvrirait pas que Mme. Vetrov se servait de cette incapacité pour lui faire croire que son parrain était torturé quelque part dans une pièce mystérieuse ; ce qui, en soit, ne risquait pas, puisque non seulement ce dernier était mort depuis plusieurs années mais en prime la directrice n’avait aucune raison de se comporter de la sorte. Bref. Elle s’embrouillait.

Dim 13 Nov - 16:21
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Le creux de sa dextre vint accueillir la courbe légèrement pointure de son menton, alors que l'amorce d'un sourire s'inscrivait sur ses lèvres délicates, à la fois amusé et secret. Ses yeux au bleu limpide pétillèrent doucement. « Je ne pense pas, après tout n'est-ce pas aussi ce que la police va faire s'ils viennent à l'attraper ? Et puis comment pourrions nous, frêles jeunes femmes que nous sommes, réussir à arrêter un dangereux criminel avec autant de meurtres à son actif ?  » Il suffirait de dire qu'elles tentaient de gagner du temps, dans le pire des cas. Et dans le pire du pire des cas, lui-même userait d'un peu de persuasion toute personnelle pour s'arranger avec leurs détracteurs. Il en avait les moyens, comme il avait les moyens de financer les nombreux projets de la loge qu'il dirigeait par fantaisie. Ce n'était qu'une toute petite somme à l'échelle de ce que nécessitait l’entièreté du programme Néo Lux, mais quelle importance ? La récompense serait, en fin de compte, largement à la hauteur de ce qu'il avançait. Il fut tiré de sa contemplation par la voix de sa nouvelle employée et releva son attention à sa hauteur, l'observant un long moment en la laissant s'exprimer pleinement. Ses lèvres tremblèrent un bref instant, tant aux pensées de ce petit esprit que par ses questions. Et bien, elle avait de l'imagination ! Ce n'était pas un mal, elle allait en avoir besoin, autant dans son travail que pour découvrir la face cachée de Last-End.

« Oui, certains millionnaires s'intéressent à ces projets. De nombreux hommes d'affaires se plaisent à satisfaire des lubies que le monde officiel mépriserait et qu'ils ne peuvent avouer sans se sentir ridicules. La discrétion dont nous faisons preuve est alors un élément qui les rassure, et notre efficacité, nos objectifs, apaisent de même leur culpabilité. En fin de compte...  » Elle sembla légèrement soupirer « Peu importe leurs raisons, tant que nous satisfaisons leurs conditions, souvent peu dérangeantes, nous sommes libres de profiter de leurs dons généreux…  » Elle n'avait pas besoin de savoir que de nombreux des projets menés étaient destinés à des usages militaires. Les gouvernements de nombreuses nations se vendaient pour les promesses que les lèvres de son réceptacle mortel convoyait. Le pouvoir surnaturel était difficile à résister dès qu'ils avaient la preuve qu'il existait. Oh, pas les présidences, ceux qui avaient un poids sur le long terme, les chefs des armées, les conseillers… et ainsi, ils entretenaient le chaos, le faisant couver, prêt à exploser. Il suffisait de tirer sur les bonnes ficelles ensuite. Mais… ils n'en étaient qu'à leurs débuts. Néo Lux avait besoin de davantage avant d'être opérationnelle.

Se levant, elle invita la jeune femme à la suivre, et contournant le bureau, ouvrit la porte pour quitter les lieux. Ses pas la conduisirent jusqu'aux laboratoires qu'accueillait le second bâtiment de l'ensemble ancien qu'il avait acquis pour les besoins de la loge. Le décor conservé et entretenu laissa bientôt place aux salles aseptisées, aux murs de verre et à un éclairage blanc et régulé pour ne pas impacter la vision humaine sur le long terme. Poussant l'une des portes, elle fit entrer la Coréenne devant elle et referma ensuite derrière elles. La salle dans laquelle ils se trouvaient portaient de nombreux équipements scientifiques, certains connus de la jeune humaine, et d'autres moins, voire pas du tout. « Voilà votre poste de travail. Il est entièrement équipé et l'IA centrale du bâtiment répondra à vos besoins et vos templates quand vous les aurez enregistrés. Vos collègues ne sont pas là à l'heure actuelle mais ils ne devraient pas tarder…. Il existe des procédures de sécurité très strictes au cours des recherches. Pour l'instant, ces pièces ne sont pas utilisées, quand vos aurez débutés, néanmoins, il vous faudra vous conformer à ces mesures afin de ne pas vous compromettre vous, ou notre loge… comprenez, de ce que nous en savons, vous pourriez très bien découvrir un germe magique mortel… donc prudence !  »

Il vint lui montrer la console centrale, puis acheva « Je travaille pour ma part à mi-temps au sein de mon équipe de recherche. L'autre moitié, je le consacre à des conférences, des rendez-vous commerciaux, ou à présider des cours magistraux au sein de certaines universités. Si je pouvais me passer de sommeil, j'en serais ravie. Je n'ai jamais assez de 24h pour venir à bout de mes plannings. Néanmoins je mettrais un point d'honneur à faire une revue rapide de votre avancement chaque fois que je reviendrais ici...  »

Jeu 26 Jan - 20:26
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Un sourire ravi étira son expressif visage, tandis qu’Eun-Ae se réjouissait des propos tenus par sa nouvelle directrice. D’aucuns auraient été offusqués d’une telle nonchalance et d’un mépris de la légalité ; la biologiste n’en trouvait la situation que plus excitante. Guère prudente, sans doute, mais de cela elle n’avait cure. De telles occasions se présentaient si rarement… Pour autant, elle n’en abandonna pas pour autant ses questions et s’approcha d’un point parfois considéré comme sensible et délicat : le financement. Cela n’empêcha guère son interlocutrice de garder contenance et amabilité tandis que, sans sembler à dissimuler quoi que ce fût à sa nouvelle recrue, elle répondait à la question. Millionnaires et hommes d’affaires… soit, la débutante se contenterait de tels renseignements. En vérité, elle préférait grandement une imprécision sincère qu’un rapport détaillé mais mensonger. Rencontrer un tueur et l’interroger sur ses convictions, elle ne s’en plaindrait point, œuvrer pour un laboratoire clandestin et/ou frauduleux de quelle que manière que ce soit, un peu plus. Elle avait ses propres dogmes et, aussi illogiques puissent-ils paraître aux yeux de certains, elle aimait à s’y tenir. Elle n’était pas dupe pour autant. Si des puissants de ce monde acceptaient d’user de leur précieux argent dans de pareils établissements, ce n’était sans doute guère par pure curiosité scientifique, quoi que certains puissent effectivement y faire exception ; la plupart des donneurs espérait sans nul doute obtenir un résultat suffisamment satisfaisant pour combler les dépenses effectuées dans la recherche. Après tout, de nombreux phénomènes et expériences avaient, peu d’années auparavant finalement, été qualifiées de sorcellerie ou magie par les ignorants, ainsi que l’avait elle-même soulevé Meyrick. Rien ne contredisait l’idée que de nouvelles manifestations jusque alors incomprises ne soient dans les années à venir expliquées et exploitées, ce qui actuellement relevait du surnaturel serait alors commun. Et la plupart de ces recherches n’étaient toujours motivées que par un même refrain : le bénéfice. Profit monétaire, influence politique, suprématie militaire, il y en avait pour chacun, mais peu nombreux étaient ceux qui le ferait dans l’espoir de sauver des vies, humaines ou animales, d’améliorer des conditions de vie ou encore protéger ce qui menaçait de disparaître à jamais. Et il était bien dommage que sa passion la conduise à œuvrer pour de telles individus.

Se levant à son tour, elle suivit sa supérieure pour découvrir la loge et ses espaces techniques, s’arrêtant avec émerveillement dans ce qui lui fut présenté comme son nouveau lieu de travail. Les yeux pleins d’étoiles, la bouche entrouverte comme un bouton de rose délicat cherchant timidement l’éblouissant soleil, elle se perdit dans cette merveille de technologie, trépignant en son for intérieur à l’idée de pouvoir tout essayer. Des boutoooons ! Des manettes ! Des écrans ! Elle mourrait d’envie de tout toucher, de tout tester, frôlant les limites de la prudence. Hélas. Rien de tout cela ne lui appartenait, il lui faudrait donc agir avec soin. Un jour, se promit-elle, elle se construirait un hangar empli des derniers appareils du genre pour avoir le plaisir de s’amuser et découvrir sans craindre de détruire des biens qui ne lui appartenaient pas. Mais pour cela… Il lui fallait de l’argent.

-C’est incroyable ! Enfin, je connais certains de ces équipements, mais il y en a tellement, certains que je n’ai même jamais vus… On pourrait trouver un monde, découvrir une civilisation entière avec cela ! Fébrile, elle reprit sagement, ou tenta de le faire, une voix plus calme et posée, tandis que l’inquiétude l’envahissait brusquement. Un pli inquiet apparut sur son front tandis que ses prunelles noires se teintaient d’appréhension. Je ne connais malheureusement pas tous ces instruments, Madame Vetrov. C’est un grand honneur que d’être chef de projet, bien sûr, mais je crains de… eh bien… que… qu’il puisse être difficile pour les membres déjà présents d’être face à une novice. Me serait-il par hasard possible de, hum, m’habituer à tout cela hors de la présence de l’équipe ?

La seule idée de diriger qui que ce soit lui donnait à cet instant le tournis, comme si la blancheur de la pièce venait à lui rappeler sa jeunesse et son manque d’expérience. Sous peu, dans quelques heures ou quelques jours, elle travaillerait avec d’émérites experts dont les années passant avaient affiné le savoir et les habilités. Elle craignait leur rejet comme leur acceptation ; si elle se trompait ? Si elle se perdait ? La directrice avait une aura apaisante, presque maternelle et à face à elle, elle aurait rougit de faire des erreurs mais n’aurait point eu peur de son regard, l’estimant comme patiente professeure. Face à d’autres en revanche, qui plus était, en nombre important ‒c’était à dire à partir de deux‒ elle craignait de perdre son sang-froid. Déglutissant difficilement, elle posa son ultime question, teintée de hâte et d’anxiété :

-Quand pourrais-je commencer ?

Jeu 16 Mar - 21:45
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L'étrange sous la normalité :
Créature, disent-ils, se targuant de le classer, de le comprendre et de l'adresser, pensant, sans doute, ses ailes étriquer, son esprit évincer, par l’appellation écrasée… Il ne l'est pas, ne le sera jamais. Les mots, les noms portent plus qu'ils ne peuvent l'appréhender, et son être au chemin lézardé d'impacts de destins aussi divers qu'altérés, porte déjà l'empreinte d'un concept unique : il est un Aîné, l'ailleurs son royaume par tant de vermisseaux occulté.

Tell me More : Douce et délicate petite chose que le secret, comme les ailes d'un papillon qu'il s'amuse à trouer de la pointe d'une aiguille.
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Que c'était attendrissant, que de la voir découvrir son nouvel univers avec ces yeux d'enfant innocent. C'était rafraîchissant, comme d'habitude, et tout le reste le serait certainement aussi, en particulier les éclats qu'elle aurait dans les yeux quand elle présenterait ses découvertes, puis la fierté qu'elle en tirerait… avant que les étoiles ne deviennent réelles, et qu'elle soit, comme les autres, marquée par sa présence à long terme. Ils l'étaient tous à divers degrés, on ne côtoyait pas le chaos sans être finalement affecté, c'était impossible et ceux qui se prétendaient immunisés étaient souvent les pires du lot. Croisant les bras, elle hocha la tête à la question qu'on lui posa, avant de doubler le tacite assentiment d'une réponse orale :
« Bien entendu, c'est à vous de gérer la présence de votre équipe. Quant à votre légitimité à la place qui est présentement la votre… je ne peux certes garantir que vous ne devrez pas vous imposer avec certains, mais la majorité sont des hommes de raison et de logique, et si je vous nomme à la charge de cette équipe c'est que je considère que vous êtes à votre place »

Un chef de projet ne nécessitait pas les mêmes qualités qu'un expert pratique, elle le découvrirait bien assez tôt. On lui demanderait sa vision neuve, justement, son manque d’à-prioris et de préconception ; on lui demanderait justement de ne pas être déjà entrée dans le moule de l'âge… mais elle aurait également des devoirs sociaux et d'organisation, ce qui, avec les mœurs coréennes, devrait parfaitement lui convenir. Pour l'instant, cependant, elle se faisait une image de son futur post et ses seules paroles ne sauraient entièrement la rassurer, alors autant la faire mariner dans une saine angoisse, le soulagement ne serait que plus poignant par la suite. A trop vouloir édulcorer ce qui faisait l'essence même de l'humanité, elle perdait tout intérêt. Pour tout le monde d'ailleurs, pas seulement pour lui. Les 'dieux' avaient beau soupirer après leurs vénérations perdues, il n'était pas certain qu'ils apprécient réellement l'énergie que les humains d'aujourd'hui pourraient leur transmettre.

« Prenez quelques jours pour vous installer, découvrir la ville, prendre vos marques, et puis ensuite, vous pourrez débuter… Vous n'êtes pas pressée par le temps, seuls vos résultats comptes, et pour avoir des résultats, mieux vaut mettre toutes les chances de son côté »


Sam 25 Mar - 9:41
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Elle déglutit, rongée d’appréhension à l’idée de la charge qui se trouvait soudainement sur ses frêles épaules. Rares étaient les fois où elle avait pu bénéficier, non seulement de la bienveillance, mais surtout de la confiance, d’adultes si socialement supérieur à elle. Non pas qu’elle-même ait mauvaise opinion de sa propre personne ; mais comment oser espérer pouvoir, si jeune, si inexpérimentée, se voir offrir telle place dans une entreprise manifestement reconnue ?

-Eh bien, merci beaucoup, enfin j’en suis très honorée, je ferais de mon mieux pour ne décevoir personne.

Intimidée à l’idée de bientôt diriger des individus dont l’âge et la pratique étaient largement supérieurs aux siens, Eun-Ae remercia humblement sa nouvelle directrice, une boule tenue pesant sur son estomac. L’excitation des premiers jours à venir, de la découverte de ce monde nouveau qui s’offrait à elle, le disputait à l’anxiété naissant nécessairement de ces mêmes éléments. A partir de là, elle recommençait une vie nouvelle ; l’apprentissage estudiantine était terminée, elle pénétrait pleinement dans l’univers du travail. Nouveaux appartements, nouveaux locaux professionnels, nouvelles tâches et nouveaux collègues… ce ne serait pas un mal, et l’amabilité de sa guide et supérieure la rassurait quant à l’ambiance pouvant régner.

La visite achevée, la biologiste se tourna vers Meyrick, attentive à chaque parole de sa part. Rassurée, également, d’avoir le temps de se préparer matériellement et psychologiquement à ce qui l’attendrait. Le simple mot « résultat » lui creusa un peu plus l’estomac, tandis qu’une bile acide lui brûlait la gorge alors qu’elle déglutissait comme une enfant devant ses premiers examens. Elle n’était pourtant plus novice, non ? La jeunesse ne l’avait pas encore quittée, mais commençait déjà à lentement s’éloigner. Elle avait affronté des jurys, des professionnels, des examinateurs de toute sorte. Non, elle ne serait pas intimidée par l’évocation d’un mot banal. Mais que se passerait-il, si elle n’obtenait pas assez vite ces dits résultats ? Serait-elle renvoyée, blâmée, méprisée ? Moquée par ses pairs, rejetée par ses amis pour cet échec ? *Respiiiiire*. Elle n’en était pas encore là. Pour l’heure, elle devait simplement se repérer dans ce nouvel environnement, apprécier la ville qu’elle n’avait encore pu parcourir.

Quelques instants plus tard, elle était de nouveau seule, les mains moites et les joues rouges. Ayant pris congé de sa guide, elle sourit aux nuages qui passaient, bien plus haut. Avec un sentiment d’avoir accompli une chose importante, Eun-Ae soupira de soulagement avant de se mettre en route pour… elle ne savait où. Elle était bien décidée à tout explorer de ces lieux inconnus.

RP TERMINE


Mer 7 Juin - 20:06
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