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 Retour vers le futur | Lowell

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PROFESSION : Chef de projets et de la section de recherche
Crédits : Firat Celik
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S'il avait put éviter de se mêler aussi ouvertement des très prochaines hostilités entre le Cénacle et la bande du Réanimateur, il l'aurait fait, et fort volontiers. Le problème étant que justement, il ne pouvait pas vraiment refuser de s'en mêler. Ce, non seulement en raison de son poste au sein des Hautes Administrations, mais également de son appartenance aux rangs du Concordat. Il était un prince sorcier, l'un des héritiers d'une des huit grandes lignées. De quoi aurait-il l'air s'il ne prêtait pas son concours aux besoins présents ? On commencerait à le suspecter et il ne faisait pas bon être suspect, aux yeux du Cénacle, encore moins en de récents instants. Depuis le premier Mars, la répression s'était durcie, à juste titre puisqu'il ne fallait rien abandonner aux rebelles. Il le comprenait, il y adhérait, mais ça le plaçait dans une situation particulièrement délicate puisqu'il n'était pas le plus blanc des sorciers… Aussi se devait-il de paraître irréprochable, histoire que l'on ne vienne pas fouiller dans son passé et dans ses dossiers. Cela mis à part, il n'avait pas non plus envie de voir les rebelles mettre la main sur ses projets, pas alors qu'il avait enfin obtenu les autorisations nécessaires pour mener certaines expériences clefs dans l'avancement de ses théories sur divers sujets, allant de la redécouverte des Sanctuaires à l'usage utilitaire que l'on pouvait faire des noyaux de créatures. C'était trop précieux pour qu'il accepte de l'abandonner. C'était trop important à ses yeux pour qu'il puisse arrêter maintenant. Alors malgré ses réticences, il coopérait avec le sourire et autant de bonne volonté qu'il pouvait en invoquer. Les Feng y arrivaient bien non ? Alors lui aussi y parviendrait. Tout était dans l'expressivité.

Le directeur de Scotland Yard avait demandé à le rencontrer, une requête bien difficile à refuser, aussi avait-il invité le vieux lord anglais à descendre à son étage du Siège. Les Hautes Administrations étaient sur le pied de guerre à l'heure qu'il était, même si les services les plus nécessaires à la population magique étaient maintenus afin de ne rien céder au Réanimateur. Cependant, malgré cette agitation, la section de recherche était un lieu paisible. Cela tenait non seulement au caractère très discret de leur groupe, qui n'avait aucune existence officielle même pour le Cénacle et le monde magique, mais également au fait que beaucoup de leurs groupes de travaux actuels avaient dû faire halte, le temps de la crise. Il n'était tout simplement pas possible de se concentrer correctement sur les propriétés de l'énergie naturelle dégagée par la fourrure de loup-garou à la pleine lune ou sur la création d'artefacts lorsqu'un fou dangereux vous menaçait. Dans ces moments-là, on tendait plutôt à vouloir se pencher sur quelque chose d'immédiatement utile. Comme le renforcement des boucliers de protection du Siège. Il pouvait comprendre. Lui-même avait déjà transmit quelques idées pour assurer la protection des Hautes Administrations le jour J. Mais là, c'était autre chose. Les membres de la section de recherche n'étaient pas, en règle générale, sollicités pour des questions de sécurité, c'était le travail des sections spéciales d'exécutions et d'investigations. Ou de Scotland Yard. Qu'un dignitaire veuille faire appel à leurs connaissances n'était pas banal.

L'étage du Siège consacré à la recherche était bien plus sobre, et plus utilitaire que le reste de l'immense dimension de poche. Aussi immense que la moitié de la ville de Londres, l'étage se composait d'une succession de laboratoires, de centres d'analyses, de salles d'études, de salles d'exercices et de testes, de salles fermées pour contenir les cobayes et les sujets en cours de traitement, et de nombreuses autres accommodations parfois fort biscornues mais que les génies de la section avaient juré être indispensables à l'avancement de leurs études sur les mystères magiques. Les architectes magiques pliaient à leurs demandes sans trop traîner la patte, mais leurs exigences n'étaient sans doute pas si extravagantes en comparaison de ce que le bureau principal du Cénacle pouvait parfois demander. Hey… s'ils étaient capables de construire le Siège, une salle d'analyses ce n'était pas la mer à boire, n'est-ce pas ? L'allée centrale s'étalait, paresseuse, depuis la place du portail, éclairée par des ensembles de lampadaires et occasionnellement par un lampion central créant une tâche de lumière dans le ruban continue. Le portail de téléportation se trouvait au centre de la place, sur son piédestal, vibrant d'énergie magique. Par esprit ludique, il avait demandé lors de sa prise de direction au sein de la section que l'apparence du portail en question soit modifié pour ressembler à la porte des étoiles de Stargate SG-1. Campé devant l'entrée, bras croisés, il ne pouvait, malgré la gravité de la situation générale, s'empêcher de sourire devant son méfait.

Un sourire qui l'accompagnait encore lorsque deux silhouettes et une garde rapprochée apparurent devant lui et il prit quelques instants pour leur permettre de se remettre avant de s'avancer vers eux d'un pas qui se voulait énergique. « Lord Grayson ? C'est un plaisir de vous rencontrer, je suis le second directeur de la section de recherche, Kaveh Amasis. Je m'excuse de ne pas avoir donné suite plus tôt dans la journée, mais nous avions quelques problèmes pour boucler dans les coffres de protections certaines de nos expériences récentes et en l'absence de mon collègue, je ne pouvais pas prendre seul la décision de vous imposer les possibles désagrément d'un sujet s'échappant de son espace de confinement…  » Puis, se tournant vers la jeune femme qui l'accompagnait, il s'inclina galamment. « Un plaisir également… Miss Grayson, si j'ai bien compris ? Il est rare que nous ayons des non-mages ici, mais je ne doute pas que vous soyez au fait de la situation si on vous a obtenu les autorisations d'entrées… » Un bref instant de silence pour ponctuer son discourt puis il indiqua un engin qui ressemblait vaguement à un porte palette, avec une surface de sol faite de métal brossé, sur lequel était installé un cadran cuivré semblable à celui d'un navire du 20ème siècle, rond, aux mesures inscrites en latin. Sortait également de la base de métal des barres d'accroches, sur lesquelles les passagers pouvaient s'arrimer pour ne pas tomber. « Si vous voulez bien monter… discuter en plein milieu du hall d'entré n'est pas vraiment la chose à faire, même ici. Mon bureau sera plus indiqué »

Dim 28 Aoû - 17:29
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Là, devant la porte rutilante de l'Hôtel de Ville aux armoiries de la riche Angleterre, se tenaient deux personnages que tout opposait. Un lien invisible les unissait pourtant ; celui du sang.
Il n’aurait point été possible de deviner ce lignage incongru, sauf si un œil observateur avait perçu l’éclat presque identique de leurs yeux. Se faisaient alors front la jeunesse et la vieillesse, un style vestimentaire absolument différent.
Lui, toujours tiré à quatre épingles, d’une ancienne mode, en costume gris poudré agrémenté de touches violines et à la longue gabardine ; elle, vêtue d’une veste de tailleur, d’une paire de jeans et de bottines noires, ainsi que d’un t-shirt Deadpool carmin très voyant. La jeune femme se demandait ce qu’ils pouvaient bien foutre dans cet endroit, alors qu’ils étaient censés approcher, suite à leurs interminables conversations autour de la Novlang et d’Orwell, une personne capable de trouver une solution à l’alliance que tout séparait de la magie, et de la technologie.

*
* *

2 mars 2016, Hôpital de Last End


C’était lorsque Lowell se trouvait à l’hôpital, suite à ce malaise cardiaque causé par les nerfs d’avoir trop entendu le Réanimateur. Une calme soirée où Olivia était venue lui tenir compagnie après ces interminables heures alitées. Une conversation, franche, à propos de ce qui s’était alors passé.

« Tu n’as pas voulu me dire ce qui t’a rendu si colère, lorsque tu étais aux…
- Je ne veux pas en parler. »

Olivia, consciente que l’image de son grand-père sur le trône devait être une sorte de tabou aristocrate, reprit ses mots.

« Lorsque tu as hurlé et fait cette crise cardiaque.
- Je t’avais parlé du cas du Réanimateur. Il en est venu à nous transmettre un message gravissime, par télépathie. Ce foutu emmerdeur notoire, cet extrémiste, ce malade mental a menacé d’atteindre à la vie des membres du Cénacle ! »

Les bips de l’électrocardiogramme s’emballèrent, déclenchant une alerte et coupant court à leur conversation… Jusqu’à ce que tout fut calmé et rentre dans l’ordre. Il ne devait plus s’exciter de la sorte, il le savait. Le vieux sorcier expliqua donc à sa fille ce qui s’était déroulé. Puis, la soirée passa, les conversations s’ensuivaient.  Vint alors un échange littéraire houleux, parfois passionné, de chefs d’œuvres de la littérature ou de traditions plus obscures. Si Olivia n’était point dénuée d’esprit, elle ne connaissait point ses classiques, et, Lowell lui fit promettre d’aller regarder sa bibliothèque, sur son temps libre, afin de mettre à jour des cultures qui ne lui avaient pas été inculquées…


*
* *

4 mars 2016, Hôpital de Last End


Le mois de mars allait sur son quatrième jour. De sa chambre, Lowell avait été mis au fait d’intentions louables de la part de l’un des Sorciers et membres de Scotland Yard, sire Von Schwarzwald, d’un plan à mettre en place qu’il suivait, malgré son repos forcé, de très près. Les rouages de ce plan ne lui étaient point inconnus. Néanmoins, de grands doutes assombrissaient sa conscience en alerte. La magie seule ne suffisait pas. C’était alors qu’il demeurait troublé, soupirant entre les tas de feuilles posées sur lui et sur son lit, que sa prunelle arrivait, lui apportant un repas dignement mérité.

« McDonald…
- Je suis désolée papi, je n’ai pas pu m’arrêter à ton restaurant favori, les rues étaient totalement embouteillées, c’est tout ce que j’ai trouvé. »

Il aurait peut-être préféré déguster les plats de l’hôpital mais, en bon grand-père, accepta le modeste présent. C’était infect. Il ne pipa mot à ce sujet.

« J’ai lu un des livres que tu m’as conseillés, papi. 1984, de Georges Orwell.
- Il m’a beaucoup fait penser à tes talents. J’ai pensé qu’un si vieil ouvrage te donnerait un aperçu sur le monde tel que je le vois.
- Et je le comprends. Il n’était pas loin de la vérité d’aujourd’hui, même si c’est bien plus tardif en terme technologique. C’en est presque effrayant.
- Et tu l’es aussi pour moi, comme tu l’as été lorsque tu as appris pour le Secret. Nos mondes diffèrent et ne sont pas compatibles. Mais je ne vais pas tergiverser, je sais que tu comprends les enjeux et pourquoi tu dois tenir ta langue. »

Pensive, Olivia l’était. Néanmoins, la blessure que ces dernières palabres lui avaient infligées demeuraient visibles sur ses expressions et sur son regard azurite.

« Pourquoi faut-il que vous pensiez que vous n’êtes pas miscibles à la population ?
- Sauf preuve du contraire, nous avons très bien réussi à nous intégrer et à nous dissimuler et ce combat est le nôtre, pas le tien, Olivia… Ni même celui de tes semblables. C’est au-delà de ce que vous pouvez appréhender.
- Ce n’est pas ce que j’ai voulu dire ! Tu sais très bien que de grands hommes, qui n’avaient rien de sorciers, ont fait de grandes choses, tout comme je suis capable d’entrer dans n’importe quel système, tout comme je suis capable de contrôler les faits et gestes de qui je veux, lorsque je le veux. Mais le monde des hommes c'est le nôtre... Vous là, vos machins magiques, je suis certaine que vous êtes bien moins nombreux que nous, les Moldus. Donc si vous voulez vous battre contre quoi que ce soit ou contre qui que ce soit, pourquoi vous reniez constamment ce que les hommes ont inventé ? Par orgueil ? Par fierté ? »

Le visage du vieil homme s’assombrit. Des frissons parcoururent son échine, remontant jusqu’à ses bras et le long de ses mains. Les paroles de sa petite-fille lui firent l’effet d’un coup de sabre dans la nuque.

« Es-tu contre notre Secret, Olivia ?
- Non mais… Rho. »

Un soupir, deux doigts graciles qui se massent les tempes, une chevelure flamboyante se secouant de contrariété. Lowell, quant à lui, était pris d’une crainte sans précédents. Si elle s’élevait contre lui, quel autre choix aurait-il ? Comment justifier cela à cette famille et à ce nom ? Les possibilités se mêlèrent, les idées se chevauchèrent, un haut le cœur le prit. Il était dans la tourmente, mais elle reprit bien vite.

« Papi, pour les gens comme moi, il ne s’agit aucunement de vérités qui peuvent être remises en question. Mais pour 99% des autres, je suis consciente de l’hystérie collective qui en résulterait. Vous seriez les sujets d’une chasse aux sorcières sans précédents, maintenant que nous avons atteint ce degré de technologie. L’armée vous convoiterait pour devenir des armes, pour encore plus atteindre les droits humains qui ne sont, malgré les écrits, pas toujours respectés. Les guerres, les massacres, il y en a déjà, il y en a encore alors qu’on peut se targuer d’être des créatures évoluées. J’ai conscience que ce serait éminemment pire si vous veniez à vous alléger du fardeau du secret… Et ce n’est pas ce que je souhaite pour le monde. Toutefois, les 1% qui restent pourraient vous permettre, à vous sorciers, créatures ou autres choses, de maintenir un équilibre précaire sur cette Terre. Ce n’est pourtant pas sans risque et je comprends vos réactions… Faudrait-il encore trouver des humains hautement fiable, vos élus, qui seraient capables d'encaisser ces infos, de préserver votre secret pour préserver le monde dans lequel ils vivent c'est à dire : le monde que les hommes, non les sorciers, ont conçu… »

Le soupir de soulagement du sorcier était audible, il se redressa quelques peu, les pensées chaotiques furent balayées par ce monologue, doté d’une grande sagesse. Cela ne résolvait pour autant pas les problématiques liées à l’attaque d’Evans. Le regard de la rousse se porta alors sur la pile de papiers.

« N’y pense même pas.
- Je suppose qu’il s’agit d’un plan de défense ? »

Lowell aurait pu lâcher un juron, mais s’en retint fermement.

« Je fais partie de ta famille, mais aussi de Scotland Yard, quoi qu’officieusement… Tu peux même lire dans ma tête si tu doutes de moi, faire ce que tu veux, me soumettre à la question, tu sais ce que je ressens pour toi, pour mamie, et même pour mes parents… Jamais je ne pourrai laisser filtrer la moindre information.
- Toi non, mais si tu tombais entre les mains d’un sorcier capable de lire dans ta tête… »

Elle resta pantoise, elle n’y avait pas pensé…

« Nous sommes soumis aux mêmes risques. Je suis plus vulnérable, tu me cacheras, donc, avec l’aide de tes amis sorciers, le temps que vous réussissiez à stopper l’attaque. Cesse de me repousser sans cesse. Il y a des solutions. Dussé-je… Oh putain papi ! J’ai utilisé une putain de conjugaison ! Merci les bouquins ! Avoue que tu préférerais que je parle comme ça tout le temps ! »

Lowell posa le plat de sa paume sur son front, les yeux rivés vers le sol, affligé…

« Dussé-je être cachée dans le plus grand des bunkers pendant ce temps. Hey c’est trop classe ! »

Il fallait donc, en effet, réfléchir à la question.


*
* *

5 mars 2016, Hôpital de Last End


Le lendemain, elle arriva en trombe, espérant de tout cœur que son grand-père ait ravisé sur sa position de lui dévoiler ce qui ne devait l’être, et fut récompensée de sa patience.
Elle étudia donc avec lui divers plans, quitte, de son esprit mathématique et analytique, à lui donner quelques préconisations. Puis son regard se porta sur le livre, posé sur la table de chevet de Lowell qu’elle lui avait ramené, car elle avait terminé de le lire, et ses yeux s’écarquillèrent, elle hurla :

« OH PUTAIN DE MERDE !
- Quoi ? Quoi ?
- Putain de putain, j’ai une idée… Je sais même pas si c’est faisable ! »

Voilà comment l’idée avait germé.


*
* *

En effet et, pour se préserver de toute atteinte, Olivia avait été confinée à un lieu hautement sécurisé par des amis de Lowell et partisans du Secret, membres du Cénacle. Il s’agissait ainsi de sa seule sortie depuis de nombreux jours, sous couvert de ceux qui se tenaient, en retrait mais bien visibles, près de cette porte. Une fois celle-ci passée, ils seraient tous deux en sécurité. Il avait fait mander Kaveh Amasis. Il ne prit pas la peine d’expliquer à la jeune fille ce que ce nom pouvait représenter dans les hautes sphères, mais elle savait qu’elle allait devoir se tenir bien, et également tenir sa langue.

Les portes furent enfin passées.

Au travers de corridors, des enfilades de salles, jusqu’à une sorte de bureau modeste, sans prétention. C’est alors qu’il indiqua à Olivia un placard, d’un geste élégant.

« Tu te foutrais pas de ma trogne ?...
- Loin de moi l’idée, Olivia…
- Non, arrête, jure. Tu vas me faire le coup de Narnia ?
- De ?
- Laisse tomber… J’hallucine. Me dis pas qu’on passe ailleurs via un placard… »

Sans demander son reste, elle ouvrit. Sans réaction supplémentaire, elle poussa le panneau de bois, retournée vers son grand-père, avant de parcourir du regard une salle aux dimensions incommensurables.
Elle manqua de tomber, les yeux levés vers la voûte, vers les colossales décorations, regardant enfin à l'intérieur où se trouvait encore son aïeul, regardant encore une fois devant elle et constatant la taille considérable de cette sorte d'intérieur, qui s'étalait à perte de vue…

« Putain de merde. C'est comme la salle sur demande ! Comme la tente d'Hermione ou son sac, comme les… Oh putain. Oh putain. Oh putain… C'est. Juste. ÉNORME ! »

L'éclat de sa voix ne retentissait pourtant pas dans ce lieu bondé de gens affairés, marchant vers d'autres destinations. Elle ne retenait pas ses émotions, ses yeux étaient rougis, brillants de larmes de joie et d'excitation. Lowell, quant à lui, demeurait soucieux. Sa jambe prise par quelques crises sciatiques le faisait souffrir, et il se mit en quête, sans attendre son reste, d'un architecte magique.

« Tu vas où ?
- Il nous faut une monture.
- Une… Hein ? Papi, une monture ? Genre comme dans les MMO ?
- Je suppose que tu n'as pas envie de marcher sur des lieues… Moi non, en tout cas. Suis-moi. »

Après maintes recherches, hélant au passage de nombreux hères, qui leur indiquèrent des directions et leur firent perdre bien dix minutes, ils trouvèrent un homme convoité. Il aurait eu tout l'air d'Hercule Poirot, avec son crâne quelque peu dégarni, son costume d'un autre âge et sa moustache. Lowell s'enquit donc d'une monture, comme convenu.

« Quel type souhaitez-vous ?
- UNE DELOREAN ! »

Lowell était perplexe. Pourtant, l'architecte sourit aimablement et, dans un écran de fumée, une sorte de voiture grise au design horrible et aux turbines visibles jaillit de nulle part. Déjà prête pour sa destination.

« 88 MILES À L'HEURE, MARTY ! »

Suivit d'un somptueux éclat de rire alors que s'engouffrait la demoiselle, sous la porte automatiquement relevée, dans la voiture sans pédales, ni volant.

« Oh, l'arnaque…
- Il faut simplement lui dire où nous voulons aller. Ce sera, s'il vous plaît, jusqu'au téléporteur central.
- Ça consomme de l'essence ordinaire ou du super ? »

Fière de sa tirade, quelle ne fut pas sa surprise, quand une voix d'homme âgé retentit.

« Ni l'un ni l'autre ! Il faut un carburant qui ait plus de pêche : du plutonium ! »

Le sang d'Olivia ne fit qu'un tour.

« PUTAIN, c'est la voix de Doc ! Je veux plus jamais me réveiller, c'est juste, génial, oh mon dieu, oh mon dieu ! Hey, mais comment ce vieux connait Retour vers le futur… ? »

Ce à quoi il n'y eut aucune réponse, et la Delorean démarra. Après un trajet qui fut finalement court, ils arrivèrent jusqu'à un autre lieu, tout aussi immense, où attendaient quelques personnes.

« 26ème étage, s'il vous plaît. »

Lowell ne retenait plus son sourire amusé. Voir une enfant, même si elle était déjà une adulte en ces termes, avec cette étincelle dans les yeux, lui rappelait les Noël passés à attendre Santa Claus, les dîners chaleureux d'autrefois. Tant de souvenirs imprégnés et doux qui refirent surface.

Puis c'est alors que le portail apparut. Olivia venait de tomber parterre, sur son séant, les yeux rivés sur l'immense porte ronde aux symboles abscons, et aux huit losanges ouvragés qui laissaient transparaître un orange luminescent. Quelque peu inquiet alors qu'il la voyait tendre un doigt accusateur, vers le centre bleu lumineux.

« Je connais pas le sorcier qui a conçu ça, mais je crois que je suis amoureuse… »

Quelque peu gêné par la surprenante attitude, il l'aida à se relever, stoïque comme toujours, et l'entraîna à travers le portail derrière lequel l'attendait déjà l'Amasis. Pourtant, le regard d'Olivia était encore tourné vers le portail à travers lequel elle venait de vivre l'expérience la plus intense de toute sa vie…

« Lord Grayson ? C'est un plaisir de vous rencontrer, je suis le second directeur de la section de recherche, Kaveh Amasis. Je m'excuse de ne pas avoir donné suite plus tôt dans la journée, mais nous avions quelques problèmes pour boucler dans les coffres de protections certaines de nos expériences récentes et en l'absence de mon collègue, je ne pouvais pas prendre seul la décision de vous imposer les possibles désagréments d'un sujet s'échappant de son espace de confinement… »

Les paroles la firent se retourner. Lowell, quant à lui, s'inclina très aimablement afin de saluer l'homme qui leur faisait alors face, lui répondant.

« C'est un honneur, sire Amasis. Si le temps nous manque, je ne vous en tiens aucunement rigueur, je comprends vos responsabilités. »

Il reporta son attention sur sa petite fille.

« Un plaisir également… Miss Grayson, si j'ai bien compris ? Il est rare que nous ayons des non-mages ici, mais je ne doute pas que vous soyez au fait de la situation si on vous a obtenu les autorisations d'entrées…
- Oui, enchantée, également… »

Quelque peu pantoise, bouleversée par tout ce qu'elle avait pu ici voir, elle n'ajouta rien. Kaveh leur indiqua alors une sorte de monte-charge, sur lequel était disposé un cadran cuivré. Ils y montaient, à la demande de ce sorcier.

« Un astrolabe… Oh…
- T'y connais-tu ?
- Oui, faute de connaître mes classiques en littérature… Les ingénieries du passé m'intéressent. »

Échange fugace entre un grand-père et sa fille, un autre voyage allait commencer. Lowell se terrait dans un silence, voilé de secret, car tout n'était pas bon à entendre ; des oreilles pouvaient traîner.

Mer 7 Sep - 15:20
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Ils rejoignirent lentement le glisseur, laissant derrière eux la porte encore éclairée mais qui ne tarderait pas à s'éteindre, comme dans la série dont elle était issue. Montant à l'avant, il sécurisa l'engin, activant la sphère protectrice qui engloba leurs trois formes afin de leur épargner l'effet d'aspiration et de suffocation que la vitesse de l'engin risquait de provoquer dans quelques instants. Jetant un coup d’œil amusé au duo de ses invités, il glissa pendant l'ajustement des aiguilles de l'astrolabe qui servait de gouvernail à l'engin :

« Celle-ci est une reproduction d'une astrolabe persane datant du 13eme siècle. On utilise les aiguilles pour indiquer les coordonnées que le glisseur doit rejoindre, puis, une fois la machine activée, on la laisse faire et on s'accroche »

Joignant le geste à la parole, il attrapa fermement l'une des barres d'accroches, avant de relever le levier d'activation de leur véhicule qui démarra immédiatement, avec la vélocité d'une Ferrari. Dans un bruit velouté, ils engloutirent la vaste avenue éclairée qui n'était plus que couleurs et formes déformées par la vitesse. Au bout de celle-ci, une intersection fit ralentir l'engin, qui prit à droite et fila de nouveau en un clin d’œil avant de s'arrêter devant un immense laboratoire à la blancheur aseptisée. Kaveh baissa le levier, bloquant le glisseur en place, et retira la sphère de protection pour laisser descendre les deux Grayson, avant de faire de même.

De nombreux membres de la section de recherche s’affairaient toujours comme autant de fourmis zélées qui ne jetaient que des rapides coups d’œil dans leur direction tandis qu'il conduisait le duo jusqu'à son bureau. Refermant la porte derrière eux, il les invita à s'installer, contourna la large plate-forme de travail et s'assit dans son fauteuil. « Juste le temps de verrouiller notre espace... » fit-il, en sortant une télécommande de sous une pile de documents reliés avec une minutie qui frôlait la maniaquerie. Écartant une boite d'échantillons, puis un rapport préliminaire dans sa pochette bleu foncé, il regarda ses boutons de commandes, trouva celui qui l'intéressait et…

« OPPA GANGNAM STYLE ! »  Click

Silence gêné. Il s'était trompé de bouton, évidemment, ça n'aurait pas été drôle autrement. Entre eux trois, on aurait pu entendre les criquets crisser, ou les chérubins passer. Après ce qui lui sembla une éternité, il osa enfin retirer le poing pressé devant ses lèvres et se racla légèrement la gorge…

« Veuillez m'excuser, nous essayons de nous détendre comme nous le pouvons entre deux opérations »

Et comme pour prouver ses dires, résonna à la suite, dans la pièce voisin, l'introduction de Starwars puis la chanson du poireau, avant que tout ne redevienne silencieux. L'alchimiste se fendit d'une expression mi-désolée mi-amusée, et il décida tout simplement de faire comme si de rien n'était. De toute façon, la venue de ces deux figures n'étaient certainement pas motivée par des broutilles, le sujet serait donc suffisamment sérieux pour éclipser ce qui venait de se passer. Il était d'ailleurs fort curieux de savoir ce dont il s'agissait exactement.

« Les informations sont excessivement compartimentées depuis l'appel du Réanimateur, je suis donc au regret de vous avouer ne pas connaître la raison de notre rencontre, l'on m'a uniquement affirmé que c'était très urgent, ce dont je ne doute pas... »

Tout ceci n'avait rien d’orthodoxe, s'il pouvait se permettre d'user de cette formulation. La présence du Directeur de Scotland Yard ici n'était pas courante, et celle d'une humaine sans pouvoirs encore davantage. Mais la menace pesant soudain sur le Cénacle ne l'était pas davantage. Il y avait un terroriste, là au dehors, et il comptait recruter une armée pour défoncer les portes de l'institution qui protégeait ces fous depuis des milliers d'années. Un peu d'initiative et de bouleversement des habitudes n'étaient que des moindres maux, si cela permettait de préserver l'intégrité du Secret.

« Sachez néanmoins que, quoi que souhaitiez, si c'est en notre pouvoir, nous l'accomplirons. La section de recherches n'a, comme vous le savez, pas d'existence officielle, mais elle est une chance pour ceux d'entre nous qui souhaitions-nous dédier au futur de travailler en paix loin de la réprobation du reste de la communauté »

Il s'adossa lourdement contre le dossier de son fauteuil et laissa son regard doré, de vert mouchetés passer de l'un à l'autre, tout prêt à entendre ce qu'ils jugeraient bon de lui confier.  



Ven 9 Sep - 16:44
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Le visage d’Olivia était encore tourné vers la porte des étoiles, téléporteur habilement drapé de fantaisie pour régaler ses yeux de mystère. Elle s’était finalement éteinte, une vague bleue puissante des deux côtés, comme dans la série.
Un soupir, un murmure, un « awesome… » avait pourtant été étouffé par la description de l’astrolabe sur lequel elle reporta son attention. Et sous ce manège de découverte enfantine, Lowell souriait. Lui n’était que trop habitué au mirifique pour pouvoir encore s’en étonner. Il demeurait ainsi une mélancolie de ne plus s’extasier devant un coucher de soleil parce qu’on en avait trop vus, tout comme d’observer les formes les plus belles ou les plus comiques de la magie telle qu’elle était.

Et le voyage commençait. Olivia laissa s’échapper un :
« Oh putain… C’est comme le ministère de la magie d’Harry Potter… Mais… J.K Rowling, c’est une des vôtres ou ???.... »

Ce à quoi son grand père répondit par un tendre sourire, sans parler. Elle fit la moue et se tut pour bouder un moment. Ils arrivèrent finalement à destination tandis que Lowell, toujours flegmatique, déambulait nonchalamment en regardant sa pupille se tourner dans tous les sens pour observer tout ce qu’elle pouvait. Une véritable gamine… Il y avait des gens affairés, partout. Des petites explosions magiques colorées ici et là qui ne firent qu’écarquiller les prunelles de la jeune femme qui ne pipait mot, trop incombée à répondre favorablement à la demande de tenue de son grand-père. Ils arrivèrent finalement à bon port et s’installèrent sur les chaises confortables qui attendaient les hôtes de l’Amasis. Alors qu’il allait verrouiller la porte, un air bref se fit entendre.

« OPPA GANGNAM STYLE ! » Click.

L’arrêt de celle-ci fut prompt, sous les yeux encore bien ronds de la jeune Grayson tandis que le vieux, lui, feignait de ne pas avoir remarqué. Elle était pourtant sûre d’avoir entendu, pendant ce moment de flottement de gêne, quelques criquets…
Il expliqua alors succinctement en se raclant la gorge, qu’ils trouvaient leur salut dans la détente musicale. Ce qui n’était aucunement pour déplaire à Olivia qui était du même genre. Mais résonna alors que tentait la rouquine de garder sa prestance, l’hymne de Star Wars et la Leva’s Polka, titre mondialement connu pour sa reprise au poireau tirée du manga Bleach…
Le rire montait et tentait de s’extirper d’elle par d’horribles renâclements. Elle sentait ses yeux se mouiller de larmes de douleurs de tant intérioriser… Mais le regard de Lowell lui empêchait de poursuivre sa subite crise de rire intérieure. Kaveh se mit alors à s’exprimer, la mine profondément désolée de ce qu’ils avaient pu voir des laboratoires.

« Les informations sont excessivement compartimentées depuis l'appel du Réanimateur, je suis donc au regret de vous avouer ne pas connaître la raison de notre rencontre, l'on m'a uniquement affirmé que c'était très urgent, ce dont je ne doute pas... Sachez néanmoins que, quoi que souhaitiez, si c'est en notre pouvoir, nous l'accomplirons. La section de recherches n'a, comme vous le savez, pas d'existence officielle, mais elle est une chance pour ceux d'entre nous qui souhaitions-nous dédier au futur de travailler en paix loin de la réprobation du reste de la communauté. »

Pour une fois, Lowell resta silencieux. Il souhaitait voir Olivia à l’œuvre, la mettre à l’épreuve, tant qu’à faire, pour voir comment elle gérerait ses demandes et la situation. Il lui offrit alors un sourire et d’un geste tranquille, lui fit comprendre de se prononcer.
Elle se racla la gorge, gênée.

« C… Comme v… Vous le savez. »

Une voix fébrile trahissant le malaise de s’adresser à une personne qu’elle ne connaissait pas était accompagnée de quelques tremblements de ses mains et de la rougeur de son visage. Sûrement était-elle en train de réfléchir à quoi dévoiler, ou non… Un jeu habile auquel il avait toute confiance, vieux sorcier qu’il était. Elle était loin d’être une tanche.

« Nous avons besoin de nous préparer afin de protéger le… Cénacle suite à la menace que le Réanimateur a proféré et… Je souhaiterais mettre mon talent à profit pour vous aider. »

Elle baissa la tête, confuse et pivoine, essayant de ne croiser le regard de quiconque. Avouer ses méfaits était autrement plus difficile que de dissimuler la teneur du plan Orwell.

« Je suis… Spécialisée dans l’inform… »

Un regard de son grand-père et techniquement supérieur.

« Le hack de système de sécurités…………………………………….. »

Silence éhonté. Elle était bredouille et son visage n’avait aucunement perdu les belles couleurs cramoisies qui hantaient ses joues et son front.

« Et je me demandais comme s’il s’agissait de capteurs de température, ou photosensibles, ou autre, s’il était possible de concevoir telles cellules qui capteraient non seulement la magie, mais aussi permettraient de déclencher sur commande sans le concours d’un Sorcier, un sort déjà en place et en stase… »

La dernière tirade avait été dite d’un souffle. Elle était maintenant soulagée.

Dim 18 Sep - 19:56
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Est-ce qu'elle allait bien ? L'inquiétude le parcourut quelques instants en la voyant renâcler aussi inélégamment. Est-ce qu'il avait dit quelque chose ? Est-ce qu'elle faisait une réaction allergique à un type de magie ? Après tout, il n'était pas familier des sangs pauvres, en règle générale, et en dehors de quelques cas particuliers, comme cette demoiselle, il s'agissait d'individus que sa classe sociale méprisait. Moins que les créatures, mais tout de même. Il n'avait pas beaucoup d'informations sur ces héritiers de sorciers qui ne possédaient plus de le moindre pouvoir. Mais non, à bien y réfléchir ce devait simplement être la musique… elle ne serait pas la première à manifester des signes alarmants de trouble du comportement en raison de leurs affinités musicales. Si ce n'était que cela cependant tout allait bien, il ne s'en formalisait absolument pas. Ce qui aurait été dommage, ça aurait été que sa santé soit en danger. Rassuré sur l'origine de ces bruits intempestifs, l'alchimiste entreprit d'aller droit au but puisqu'il ne pouvait hélas pas leur consacrer toute sa journée, noblesse ou non.

Patient, il attendit d'obtenir une réponse, de l'un ou de l'autre, puisque réponse il faudrait bien avoir. Le contraire aurait été absurde, puisqu'ils étaient spécialement là pour obtenir quelque chose de lui, et qu'il était incapable de deviner quoi s'ils ne le lui avouait pas. Son art était celui de la transmutation, non de la divination. Et enfin, vinrent les mots tant attendus, qu'il salua d'un hochement paisible du chef, confortablement installé et pas impatient le moins du monde. Un léger sourire finit même par fleurir sur ses lippes brunies par le soleil tant les changements d'attitudes drastiques de cette jeune fille étaient attendrissant. On aurait dit l'une de ses cousines voilà quelques années. Et puis elle était mignonne, avec un joli profil et de beaux yeux. Oui et bien ? Il regardait les yeux plus que les fesses. S'il voulait des fesses, il allait voir une succube. Il haussa les sourcils en la voyant soudain fuir leur regard, bafouiller et se reprendre sous le coup d'oeil sévère de son grand-père, et pouffa de rire, l'admiration nullement atténuée par le caractère adorable de la scène.

« Impressionnant »  

Ah il n'était pas sensé approuver ? Tant pis, il approuvait tout de même, ce n'était pas un domaine destiné aux pauvres d'esprits et aux individus sans talents, aussi se permettait-il de saluer la performance. L'éducation et la capacité, quelle qu'elle soit, ne devait selon lui pas être bridée. Étrangement, son opinion n'était pas très populaire. Il se demandait encore pourquoi. La question cependant, balaya ses pensées et il fronça les sourcils longuement perdu dans ses pensées. Voilà qui était curieux, comme demande. Des capteurs de magie existaient bel et bien, mais quand au reste…. Après un long moment de silence, il croisa les jambes et se mit à jouer avec une boule en métal pour s'occuper les mains.

« Ce que vous me demandez n'a encore jamais été fait. Des capteurs existent effectivement, mais rendre un système magique utilisable par un humain sans le moindre pouvoir… Du moins j'imagine qu'il s'agit là de votre question précise, à moins que la gestion du système ne soit donnée à une créature… Et bien, cela est du domaine de l'inconnu pour le moment »

Avec un geste large des mains, il poursuivit :

« Voyez-vous, en l'état des choses, les humains sans pouvoirs peuvent déclencher par erreur certaines formes de magies, telle que… disons, un piège magique, ou le cercle évocatoire d'un démon des croisements, ou même un haricot magique d'ailleurs, parce que la magie ne dépend pas d'eux. Elle provient de l'extérieur. Hors les sortilèges, les exercices de l'usage de la magie que nous désignons sous cette appellation, ne sont pas accessibles aux humains 'normaux' car ils nécessitent la magie de l'officiant. Je ne rejette pas l'idée de pouvoir à terme construire un mécanisme qui pourrait en partie pallier au besoin de cette énergie et de l'accès à la trame, mais il me faudrait davantage de détail sur ce que vous imaginiez exactement »

Il attendit un instant puis ajouta, peut-être pour lui permettre de mieux comprendre la question :

« Si vous voulez, il existe un moyen pour nous, sorciers, de placer un sortilège à un endroit, de l'ancrer dans autre chose et de faire en sorte qu'il se nourrisse d'énergie tierce. Mais il faut alors placer des conditions pour son activation, et celle-ci devient automatique. En fonction de la nature exacte des sortilèges et des enchaînements de causes à effets que vous vouliez construire, il serait, ou non, possible de modifier ce principe. Cependant, il n'est pas heureux de choisir cette méthode, mettons pour un sortilège dit mental, car ils sont plus délicats à contrôler. Il nous faudrait alors partir de rien. De plus, il sera plus aisé d'imaginer un système pour des effets purement physiques… »

S'interrompant de nouveau, il lui fit un geste de passation, attendant ses réactions, partant du postulat qu'elle avait déjà une idée précise en tête. En général, c'était ainsi que le Cénacle procédait après tout.

Mar 20 Sep - 22:40
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« Impressionnant. Ce que vous me demandez n'a encore jamais été fait. Des capteurs existent effectivement, mais rendre un système magique utilisable par un humain sans le moindre pouvoir… Du moins j'imagine qu'il s'agit là de votre question précise, à moins que la gestion du système ne soit donnée à une créature… Et bien, cela est du domaine de l'inconnu pour le moment »

L'Amasis fit un geste, avant de continuer. La torpeur s'installait sur les interrogations de la jeune fille, qui semblait extrêmement concentrée. Sûrement dans ses mondes de réflexion, comme Lowell le constatait souvent. Il saisissait ses paupières froncées, sa couleur écarlate qui, avec les minutes, se dissipaient. Elle se mettait ainsi à l'aise, un peu. Et lui souriait, toujours placide comme les eaux d'un lac tranquille, les deux mains sur le pommeau de sa cane penchée.

« Voyez-vous, en l'état des choses, les humains sans pouvoirs peuvent déclencher par erreur certaines formes de magies, telle que… disons, un piège magique, ou le cercle évocatoire d'un démon des croisements, ou même un haricot magique d'ailleurs, parce que la magie ne dépend pas d'eux. Elle provient de l'extérieur. Hors les sortilèges, les exercices de l'usage de la magie que nous désignons sous cette appellation, ne sont pas accessibles aux humains 'normaux' car ils nécessitent la magie de l'officiant. Je ne rejette pas l'idée de pouvoir à terme construire un mécanisme qui pourrait en partie pallier au besoin de cette énergie et de l'accès à la trame, mais il me faudrait davantage de détail sur ce que vous imaginiez exactement. Si vous voulez, il existe un moyen pour nous, sorciers, de placer un sortilège à un endroit, de l'ancrer dans autre chose et de faire en sorte qu'il se nourrisse d'énergie tierce. Mais il faut alors placer des conditions pour son activation, et celle-ci devient automatique. En fonction de la nature exacte des sortilèges et des enchaînements de causes à effets que vous vouliez construire, il serait, ou non, possible de modifier ce principe. Cependant, il n'est pas heureux de choisir cette méthode, mettons pour un sortilège dit mental, car ils sont plus délicats à contrôler. Il nous faudrait alors partir de rien. De plus, il sera plus aisé d'imaginer un système pour des effets purement physiques… »

Elle fit une moue plissant plus encore ses paupières à chaque mot, chaque notion que l'Alchimiste décrivait. Et soudain, le vieil homme vit une illumination lorsque les mains fragiles se contractèrent. Elle ouvrit les lèvres, à peine, se ravisa afin de formuler au mieux.

« Je comprends les interrogations que relèvent finalement vos mots. En vérité il ne me semble pas impossible que vous puissiez concevoir tels artifices. Je m'explique. »

Elle se racla la gorge, discrètement, en dissimulant ses lèvres de rose de son poing, puis posa la main sur ses genoux en se redressant un peu. Lowell ajouta.


« Faites attention cher Kaveh, elle demeure sérieuse lorsqu'elle se met dans cette posture… »

Un léger rire de sa part, attendri. Il attendait, bienveillant, les idées qui germaient en elle. Sûrement tout comme l'Alchimiste. Après tout, quelle idée folle de lier ainsi les plus hautes technologies et la magie ?
Mais il craignait un cours magistral sur des mathématiques avancées que lui-même n'aurait pas compris. Ainsi, et il le savait, voilà pourquoi elle les mettait dans cet atermoiement : elle formulait dans son palais intérieur chaque mot afin d'en simplifier grandement les notions. De trouver les métaphores adéquates afin que chacun puisse comprendre…

« Selon moi, la magie est une essence naturelle, vu qu'elle existe. »

Elle souligna le dernier mot, comme une révélation qui la confortait elle-même dans sa vision de la chose.
« Or, les humains ont fait de grands progrès dans la canalisation des énergies. Je pensais à l'électricité, au solaire, à tant de choses qu'il est capable d'utiliser, d'emmagasiner, mais aussi, de libérer suite à son stockage. Si la prouesse est donc, à ce que j'en ai compris, impossible aux simples humains tels que moi c'est parce que nous sommes dépourvus d'une certaine essence liée au monde du Secret. »

Ses yeux se plissaient davantage. Si elle avait pu en faire sortir un laser, elle l'aurait fait en fixant ainsi l'Amasis. Et le vieux sorcier ne put réprimer un rire de la voir si sérieuse. C'était si rare mais, c'était de son essence à elle ; les hautes technologies, les ingénieries du genre étaient le milieu dans lequel elle était le plus à l'aise. Réfléchir aux conceptions, mais aussi à la manière de les détourner et de les détruire… Un bien beau modèle qu'avait créé le MIT.

« Ainsi, je suis sûre que tout comme pour les cellules photovoltaïques, vous qui connaissez l'essence de votre éther, vous pourriez créer des cellules capables non seulement de capter cette énergie, mais aussi de la rediriger en lieu et place d'un endroit de stockage qu'il vous conviendra et un système, à la mesure des grandes centrales électriques ou nucléaires, capable de les relâcher. »

Son regard la trahissait. Elle était persuadée que tel prodige aurait pu être possible à créer et Lowell en demeurait fortement amusé.

Jeu 22 Sep - 11:31
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Il ébaucha un sourire, la ligne de ses sourcils bruns se contractant sensiblement en une expression à la fois amusée et interrogative, un tantinet perplexe. Ce qu'elle avait en tête l'intéressait, mais était-ce bien une réponse à ses questions qu'elle allait lui offrir ? Restant parfaitement attentif, quoi qu'esquissant parfois l'ombre d'une grimace ou d'un mouvement de tête dans sa posture par ailleurs figée, il attendit qu'elle finisse de développer tout ce qu'elle avait esquissé intérieurement, pour ne rien rater du fil de sa logique. Pour autant, elle touchait là à la limite actuelle des capacités 'humaines' telles que les sciences actuelles l'expliquait. Hochant posément la tête, il pondéra les choses un moment avant de penser formuler ses propres conclusions. Il se passa une main sur le bas du visage, frottant sa barbe bien taillée de la paume, le regard pensif avant qu'il ne revienne au moment présent et ne décoche un sourire franc : « Oui et non »

Il ne savait pas exactement comme s'expliquer car c'était comme d'expliquer le vent pour un oiseau, et pourtant n'était-il pas un chercheur ? Il aurait dû pouvoir s'expliquer plus aisément que cela. Faisant cependant contre mauvaise fortune bon cœur, il décida de reprendre simplement avec autant de simplicité et de logique que possible.

« La magie est effectivement une énergie naturelle. Et elle peut parfois s'accumuler, sous certaines conditions. Néanmoins ce n'est pas une énergie telle que l'électricité ou le solaire »

Ayant subitement une idée, il se leva et invita ses interlocuteurs à le suivre dans son laboratoire. Le lieu était accessible derrière une porte scellée magiquement qui s'écarta, se transformant en liquide devant eux, avant de se resolidifier une fois qu'ils furent passés. L'intérieur de l'immense pièce suivait une logique que seul Kaveh connaissait sans doute, et qui aurait pu faire avancer les études sur la théorie du Chaos. Il y avait des plans de travail encombrés à n'en plus finir d'instruments, de matières premières et de concoctions qui mijotaient, d'autres encore en composition, et d'autre semblant figées en pleine transformation… Des cages sombres étaient dissimulées dans un coin, alors que le centre de la pièce était occupé par un large réceptacle au-dessus duquel flottait un éclat de métal.

« Voilà, venez voir »

Il indiqua le fragment de métal d'une main.

« La magie est présente en rivières au travers du monde. Là où une rivière passe, la magie fleurit et peut s'utiliser. Les corps de certaines habitants du monde de l'Envers peuvent naturellement stocker l'énergie magique et la transporter. Cependant, la majorité des créatures pompent simplement dans l'énergie alentours sans en transporter. C'est pourquoi elles meurent, de nos jours, si elles sortent des havres encore actifs. Il existe cependant un autre phénomène... »

Il s'interrompit et prit un sachet de tissu sur l'une des tables. En prenant une poignée de la poudre qu'elle contenait, il la lança en l'air. Au bout de plusieurs poignées lancées, ils purent distinguer des ondoiements, comme des vagues impalpables, qui parcouraient la pièce. Ces vagues, cependant, se tendaient vers le morceau de métal au centre de la pièce.

«Voilà… Et bien, ça, c'est ce qui fait que la magie n'a pas encore totalement disparue. Parfois, les rivières magiques se rejoignent sur un point précis, soit un lieu naturel, soit une personne, mais plus généralement un objet. Le nœud des rivières s'appose sur l'objet, transformant la zone où celui-ci se trouve en Nexus. Un lieu comme cette ville, une sorte de… piscine de magie. Cependant si l'objet vient à être déplacé… le Nexus, et les rivières, se déplacent alors avec lui. Ce qui assèche la zone que l'objet occupait. Cependant, il n'est pas possible de réellement choisir quel objet ou quelle personne devient le coeur d'un Nexus. Personne à l'heure actuelle ne comprend le processus. Et c'est ce qui me ramène à ma réponse à votre affirmation… stocker de l'énergie dans un objet revient tout simplement à reproduire la création d'un nexus à très petite échelle. Nous ne savons pas quel matériel utiliser »

Il fut contraint de ne pas aller plus loin sur ce sujet, car le reste était classé secret défense. Pryam Earl risquait de le faire passer par une fenêtre s'il lui parlait plus avant de leurs théories.

« Il existe une seconde raison cependant pour expliquer que l'efficacité d'un tel système soit limitée… votre cortex. Voyez-le comme… une sorte de second système nerveux, parcourant votre corps et vous permettant de vous 'brancher' sur la magie environnante… et bien, vous l'avez parfaitement compris, vous n'en avez pas. Ce qui revient spécifiquement à mon hypothèse de départ : il me faudrait savoir ce que vous voulez faire exactement, car ainsi je pourrais produire un système automatique, tels qu'ils existent, qui se passeraient d'activation. Les deux seules alternatives seraient d'avoir quelqu'un pour activer à votre place… ou que je tente de vous greffer un cortex, sans aucune assurance d'y parvenir »

Il se massa la nuque, légèrement gêné, et jeta un coup d'oeil à Lowell, pour être certain qu'il n'allait pas se prendre un coup de canne.

« Si vous voulez, je peux vous montrer en pratique la différence entre les deux. C'est très simple avec le matériel que j'ai à disposition »

Changement de sujet…



Sam 5 Nov - 11:41
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« La magie est effectivement une énergie naturelle. Et elle peut parfois s'accumuler, sous certaines conditions. Néanmoins ce n'est pas une énergie telle que l'électricité ou le solaire »

Lowell avait d’instinct perçu le voile contrarié du visage de sa prunelle, laquelle se murait dans un profond mutisme, visiblement contrarié. Il ne prit pourtant aucunement part à l’explication de Kaveh car ici, la magie était bien son domaine, tout comme ses possibles évolutivités. Néanmoins, il pouvait en un sens comprendre l’expression boudeuse après tout, elle n’était pas le genre de personnes qui souhaitait laisser les choses incomprises et cette fois, il y avait un domaine sur lequel elle ne pouvait influer, qu’elle ne pouvait appréhender malgré les explications les plus simples qu’il donnait alors en lui montrant ce morceau de métal. Mais à cela, il ne put non plus comprendre le regard émerveillé qu’elle porta alors sur ces ondoiements fugaces et scintillements étranges tandis que l’Amasis lançait cette poignée de poudre afin de lui faire voir l’éclat de cette mer d’énergie, désormais palpable pour elle.

Elle poussa un soupir défait, désappointé, lorsqu’il l’informa de l’incapacité pour eux-mêmes de stocker cette essence. Et Lowell quant à lui, restait calme, attentif et réfléchissait aux plans mis en place par Diederich tout comme ceux qu’aurait pu tenter la jeune fille et qui le dépassaient amplement dans ses versants technologiques. Ils devraient s’en tenir aux fondations scrupuleuses de leurs schémas, usant de la présence des alliés du Cénacle.

Pourtant, à l’aube de ses réflexions, il fut pris de court par une seconde solution qui était inenvisageable et entrouvrit les lèvres. A cet espoir qu’il donnait à Olivia, le vieil homme secoua négativement la tête, ses paupières s’étaient ébrasées de sorte à leur donner une forme ronde et emplie de désapprobation. Ses lèvres usées et gercées de rides et de ridules complexes se pincèrent, imperceptiblement.
Il leva la main pour couper toute parole qui allait sortir de la bouche d’Olivia, car il avait perçu son infime inspiration.

« Je sais à quoi tu penses, Olivia, c’est hors de question. »

Son ton était encore calme et pourtant, rien ne laissait autant présager la tempête que ce qu’ils allaient alors endurer.

« Non, là j’ai compris. J’ai un moyen de comprendre ce qui fait de vous des sorciers, il est hors de question que je laisse passer cette occasion tout comme la seule possibilité de vous aider et de transformer mes plans en…
- Il suffit ! »


Le ton était monté, sec et grinçant. Il aurait pu penser qu’Olivia resterait ainsi docile, mais à vrai dire, elle avait changé depuis son enfance et son adolescence passée aux USA et l’éclat de voix n’attendit pas.

« Alors non déjà, je dispose comme je veux de mon corps !
- Et bien sûr tu te laisserais ouvrir le crâne et risquer de perdre des fonctions en parfaite santé ? Je ne crois pas Olivia !
- Tu ne peux pas m’empêcher de… »


Il la prit avec violence par le bras en regardant Kaveh confus et la fit immédiatement sortir de la pièce tandis que son visage demeurait cramoisi de colère. Et pourtant, jamais les cris ne cessèrent au-dehors de cette porte. Peut-être étaient-ils en train de déranger l’intégralité des gens de ce laboratoire, Lowell n’en avait cure à cet instant.

« C’est hors de question Olivia ! Tu vas m’obéir ! Il y a une autre solution. Un autre mage à tes côtés pour…. !
- Pour faire ce que je DOIS faire ? Mais bien sûr ! C’est pas possible et tu le sais comme moi !
- Nous changerons de plans Olivia !
- NON ! J’ai pour une fois dans ma vie la SEULE CHANCE de vous comprendre et de comprendre pourquoi papa m’en a toujours mis plein la gueule ! D’être comme vous !
- Ce n’est pas une tare d’être humain, Olivia !
- Ah oui ???? Dis cela aux autres Grayson, hein ?????
- Tu ne te rends pas compte du danger que tu encours ni des changements que cela va causer dans ta vie ! Tu ne te rends pas compte de ce milieu dans lesquels tu veux mettre les pieds ! Et si quelque chose ripait dans ton cerveau ? Tu perdrais tout ce que tu es !
- Je m’en tape !!!!!!!! »


Et les hurlements de cette dispute ne firent que s’amplifier jusqu’à ce qu’Olivia parte en larmes dans les couloirs, abandonnant Lowell et ne sachant sûrement pas où se diriger dans ces méandres labyrinthiques. Lui tentait de pratiquer une respiration calme, comme durant ses cours nécessaires de sophrologie pour mieux temporiser ses nerfs et ses colères si rares et si dévastatrices pour sa santé.
Il entra immédiatement dans le bureau et pria Kaveh de l’excuser.

« Je vous remercie pour le temps accordé. Je vous prierai de ne rien faire à propos de notre conversation ou du moins, de votre seconde possibilité. Nous nous occuperons d’allouer un mage pour nos offices mais je crains de ne pouvoir vous exposer mieux les plans d’Olivia mieux qu’elle… Le concept serait simple, il faudrait que nous ayons un mage capable d’activer et de désactiver à loisir les différents capteurs que nous mettrons en place sous étroite surveillance. Serait-ce possible ? »

Mar 22 Nov - 13:17
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De toute évidence, c'était raté pour le changement de sujet, dommage, il avait au moins essayé ! Imperceptiblement, il raidit les épaules, ne pouvait guère rater l'évidente désapprobation du vieil homme et se retenant à grand peine de se faire tout petit dans son coin. Grayson avait beau lui être socialement inférieur, son âge et son attitude ne lui donnaient pas envie de risquer le mettre en colère. Non, ce n'était pas du tout son genre, ça, de chercher l'affrontement et ce quelque soit la raison. Il préférait autant régler un différent calmement autours d'un bon verre et ne plus en parler après ça… Et il n'aimait pas vraiment savoir que quelqu'un lui en voulait, ou ne lui agréait pas. Lâche ? Peut-être, ou juste pur produit de son éducation, même si en vérité, tout cela ne s'appliquait qu'aux individus qui comptaient… un serviteur du plus bas échelon dont il ne connaissait pas même le nom ne lui était d'aucun intérêt et ne l'aurait pas tant perturbé. Muet soudainement dans l'air asséché par la soudaine tension, il se demanda un instant si ses pouvoirs d'alchimiste lui permettrait de faire corps avec le mur le plus proche. Ce qu'il avait provoqué là sans le vouloir n'était pas une situation dans laquelle il avait vraiment son mot à dire, à part éventuellement pour s'excuser. Intérieurement pourtant, il ne pouvait pas blâmer la jeune femme pour vouloir essayer cette solution qu'il lui avait inconsidérément fait miroité… en vérité, il supposait que de nombreux oubliés seraient prêts à risquer leurs vies, pour avoir la chance de réveiller leur cortex. Si le Réanimateur lui-même n'avait pas été un Oublié, la guerre n'aurait jamais eut lieu, sans aucun doute. Mais il risquait de se prendre un coup de canne s'il osait proposer cette explication.

Définitivement, je vais me taire...

Le ton qui montait lui plaisait davantage pourtant que la tension latente dans l'air et s'il soutint la connexion visuelle avec le patriarche Grayson, il se garda d'afficher quelque expression que ce fut. Une fois seule, pourtant la façade tomba et il grimaça au rythme des éclats de voix, avant de regarder autours de lui dans l'espoir de trouver quelque chose pour avoir l'air d'être occupé et de ne pas suivre ce qui se passait. N'importe quoi ! Finalement, l'égyptien prit un bloc de feuilles vierges et se cala contre un des plans de travail, une jambe à demi relevée pour s'appuyer dessus, crayonnant des ébauches de schématiques destinés à servir les plans ambitieux des défenseurs. Lorsqu'enfin la dispute se calma enfin, et lorsqu'il entendit le bruit caractéristique de la porte, il releva la tête, craignant ce qu'il allait voir, et pourtant soulagé de ne pas s'être déjà prit un coup sur la tête. Un instant de silence plein de malaise suivit le discourt du vieil homme avant qu'il ne trouve enfin sa voix pour répondre : « Oui, c'est tout à fait possible. Je formerais la personne un peu en avance… et… enfin, n'hésitez pas à me solliciter de nouveau, ou un de mes collègues, si vous désirez ajouter quoi que ce soit une fois que...  » Une fois que la principale intéressée serait remise ? Est-ce qu'il oserait même lui faire remettre les pieds ici ?
« Je vous enverrais les plans, schémas et informations en temps utiles, pour validation… si cela vous convient  »

Il était largement temps que cette entrevue se termine. Pour autant, n'était-ce pas l'occasion de saisir au vol une possibilité qui lui échapperait probablement ensuite. S'il voulait lui poser la moindre question au sujet de Pryam Earl, c'était maintenant. Il le regarda un bref instant, tentant de trouver le courage de donner voix à ses pensées… puis abdiqua, et le salua simplement, détournant ses yeux dorés.

Dim 29 Jan - 16:41
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