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 Before the end of all things | Mary

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L'étrange sous la normalité :
“L'ange ne diffère du démon que par une réflexion qui ne s'est pas encore présentée à lui.”

Tell me More : Écuyer des Earls, Archange s'ignorant
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La lande était agréable, ensoleillée par cette belle journée d'un printemps doux, où la chaleur était tempérée par le souffle d'un vent qui faisait ondoyer l'herbe, comme une mer verte et mouvante. Il n'y avait rien à perte de vue, pas de villes, pas de forêts, juste la falaise rocheuse qui plongeait dans l'océan, et cette mer végétale semblant sans fin. L'odeur de l'iode emplissait l'air, se mêlant aux effluves de la terre. Le ciel azuréen n'était piqueté que de quelques nuages blancs et cotonneux. Une mouette vint se poser près de la jeune femme, puis s'envola de nouveau. Installée sur une pierre, elle observait le blanc de l'écume en contre-bas, avec le chant de la mer pour seule compagne. Tout du moins était-elle la seule pendant ce qui sembla être de longues heures, avant qu'il ne soit subitement là, présent comme s'il l'avait toujours été. Ses traits étaient ceux de son hôte actuel, Johan, mais son expression et sa contenance le vieillissait. Il portait un costard bleu sombre et argenté, et ses boucles sombres étaient sagement retenues en arrière, nettement retenues. Ses yeux étaient d'un bleu plus gris que pâle mais sa pâleur rappelait celle d'un homme malade. « Bonsoir Mary » Ses lèvres s'étirèrent en un sourire qui ne se communiqua pourtant pas à ses yeux, laissant son regard fixe et sérieux quoi que dépourvu de sévérité. Pendant quelques instants, il resta silencieux, à l'observer, avant de détourner enfin la tête vers le large. « Oui… je conçois que ce soit une étrange salutation pour ce décor... » Il soupira profondément, semblant vider l'air de ses poumons et se plier légèrement sur lui-même. Ses traits se durcirent en une expression lasse et déçue. « Tu rêves, Mary, je me suis introduis dans ton esprit par d'autres moyens que ceux dont j'usais avant de m'incarner » Sa voix était tranquille mais, pareille à celle d'un père éreinté, elle était marquée, lourde d'une immense fatigue. Difficile de ne pas avoir l'air épuisé, cependant, quand on était emprisonné et qu'un mortel avait l'intention de vous détruire. Les choses ne s'étaient pas du tout passées comme il l'espérait mais ce n'était pas grave. C'était décevant, mais pas grave en soi. Pryam Earl avait beaucoup d'ambition mais une compréhension limitée de ce qu'il désirait atteindre. Le vent se leva une nouvelle fois, faisant danser des mèches devant son visage, et il se leva enfin en lui tendant la main calmement, ses gestes impeccables, doux, mais d'une fermeté évidente. « Vient, marchons un peu toi et moi… »

Le pas était tout aussi paisible, et pourtant il reprit rapidement, brisant le silence de la nature de sa voix grave et solennelle : « Tu es mon élue, Mary. J'ai placé ma confiance, mes conseils et mes enseignements en toi. Et toi seule a eu la clairvoyance de me retrouver en ce corps de mortel, là où tout autre m'aura abandonné…. » Ils étaient alors bras dessus, bras dessous, mais Gabriel observait toujours fixement l'horizon face à lui, tandis qu'il lui confiait la situation. Il lui parla de Pryam Earl, de la proposition faite par Johan de l'enfermer et de prendre ses pouvoirs pour les utiliser pour le bien du Secret, et finalement du rituel qui s'accomplirait le lendemain et qui était destiné à le tuer. Il lui parla des troubles présents au sein du Secret, de la véritable teneur des intentions du Réanimateur. Il lui parla de l'appel, de ce qui devait advenir le 31. Toutes ces informations que son hôte possédait, il les transmit à la jeune mortelle, parlant pendant ce qui semblait des heures, alors que dans le monde réel, il n'était que deux heures du matin. Elle serait épuisée au réveil, mais c'était absolument nécessaire. Quant bien même les intentions de ses frères archanges lui étaient trop sanglantes, il devait les prévenir, car ils restaient sa famille. Finalement, il s'interrompit de nouveau, immobile côté falaise et se tourna vers elle, prenant ses deux mains dans les siennes, les joignant entre eux. « Je n'ai que toi, mais je ne souhaiterais nullement qu'il en fut autrement. Tu dois m'aider. Tout ce que je viens de te dire, tu dois aller le transmettre à Rome. Tu dois mettre Ian et l'Autorité au courant… » entrelaçant lentement ses doigts aux siens, il la rapprocha de lui, son regard plongeant dans le sien comme une chute d'eau, comme un ancrage physique, presque comme un pal. « Si je me suis incarné dans le corps d'un sorcier, c'était pour espérer offrir à l'Envers une seconde chance… mais regarde donc ce qu'ils font de cette chance, de mon offre de rédemption. Porte ma parole à Rome et dit leur… ce nouveau péché » Michael avait sans doute raison, en fin de compte et il s'était probablement fourvoyé. Son père l'avait fait miséricordieux et doux envers les mortels mais il semblait qu'en ces temps, ce ne soit pas la réponse appropriée à leurs agissements.

Dim 21 Aoû - 16:10
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C’était reposant. Voilà bien longtemps qu’elle n’avait pas fait un tel rêve. Cela remontait aux heures où, insouciante, elle vivait chez ses parents. Son horizon s’était gâté après cela, le ciel avait saigné et la pluie s’était faite larmes acides détruisant la verdure pour n’y laisser que des cendres. Son cauchemar, son puits sans fond. Elle avait dégagé les cendres, retourné la terre, ajouté du terreau et une graine. La plante avait doucement grandi, mais elle était seule, abandonnée… Et tellement fragile qu’il en aurait fallut de peu pour que son univers bascule du tout au tout. C’était Gabriel qui lui avait donné cette graine, il y a quelques années déjà. Il lui avait donné cet espoir, cette main tendue à laquelle elle s’accrochait. Un jour, elle l’espérait, elle aurait un grand jardin dans ses rêves, peuplé de mille et une variétés colorées dont les senteurs florales se mêleraient aux embruns de l’océan. Un jardin magnifique où ses enfants pourraient jouer en toute quiétude. Un jardin où le Mal aura été défait de ce monde. Un jardin d’Eden. Pur.

Ça n’était pas son rêve, cette nuit, pas véritablement. Mais il lui faisait du bien, même s’il était artificiel. Les heures passées devant le grand bleu, bercée au son des vagues grondantes ne seraient nullement une perte. Elle avait besoin de cette parenthèse. L’avenir se faisait incertain et sans lui, sans son Archange, elle ne savait en quelle direction elle devait mener ses pas. Gabriel avait toujours fait le lien entre elle et le Vatican, lui donnant la direction la plus sûre pour faire son chemin, en sécurité. Aujourd’hui, elle n’avait aucune idée de la position de l’Autorité Suprême sur les derniers événements et par voie de conséquences, la manière dont elle se devait d’y réagir. Elle avait prié. Elle avait passé des heures à cela. Mais ça n’était pas suffisant et elle n’avait pu obtenir aucune réponse qui ne s’avère suffisante. Elle poussa un soupir, ses yeux azurés suivant la blanche écume qui couronnait les vagues. Un sursaut. Elle ne s’attendait pas à lui : « Johan ? » fit-elle au son de sa voix, aux traits de son visage… Et puis, cela lui donna une autre impression. Il y avait dans ces traits une sagesse plus ancienne, plus ancestrale. Son sourire s’élargit sensiblement, avant qu’elle ne souffle en conclusion un « Gabriel... » Enfin, il était là, ils se retrouvaient. Si la fatigue qui ornait le visage de son archange la frappa, elle ne l’interrompit nullement. Son cœur battait si fort, il était là, son guide, il se réveillait… Elle avait tant attendu, s’était tant inquiétée. Johan n’était pas revenu vers elle depuis plus d’un mois sans qu’elle n’ait eu le courage d’elle sonner à la porte du château des Earls. De quoi aurait-elle eu l’air ?

Elle se leva à la proposition, passant son bras à sa taille, comme elle l’aurait fait avec un très bon ami. Sa tête reposait contre lui alors qu’ils marchaient, bonne élève, elle l’écoutait. Sa tête s’emplissait de nouvelles, bonnes ou mauvaises. Les informations étaient complètes et elle tâchait d’en saisir impeccablement tout les tenants et aboutissants. Puisque la demande tomba : transmettre. Elle n’avait aucune idée de la manière dont elle devrait s’y prendre. Devait-elle aller toquet à la porte de sa Sainteté le Pape ? La laisserait-on seulement entrer ? Elle le devait pourtant, le voyage serait salutaire. Il y avait tant d’informations à transmettre… Et en même temps, Gabriel n’allait les transmettre lui-même. Ainsi donc était-il bloqué ? Cela expliquait beaucoup de choses et en obscurcissait d’autres. Au terme des mots de Gabriel, elle serait ses mains, tendue et attentive : « Je… J’irai. Je ne sais pas comment mais je prendrai le premier vol si c’est ce que tu souhaites. Mais... » Comment lui dire ? Lui expliquer ? Les sentiments humains dans toute leur splendeur ? L’égoïsme, la peur, la fidélité ? « Tout n’est pas à jeter. Ça n’est pas un échec. Johan est un gentil jeune homme. Il est droit, il a le cœur bon et il fait fausse route parce qu’il éprouve beaucoup de reconnaissance à l’égard de Pryam Earl. Orphelin, il s’est vu offrir un toit et une éducation très fine.  Il aurait été ingrat de sa part de refuser à son bienfaiteur la possibilité de frapper l’ennemi qui les tenailles. Car même si tes intentions étaient de leur offrir une seconde chance, ils ne sont pas toi et moi-même je n’ai pas compris ton choix. Le Vatican s’est depuis des siècles dressé contre le Cénacle et vice-versa. Ils ont réagi à ton arrivée comme une intrusion non annoncée et leur volonté à te détruire est probablement mue par un désir de protéger les leurs. »

Elle serra ses mains, caressant ses doigts, ouvrant la bouche sans trouver ses mots. Il était mal aisé de retranscrire les sentiments humains, la vision humaine de la situation : « Tu me demandes toi-même d’aller rapporter les informations que tu as pu obtenir à travers lui au Vatican. Comment pourraient-ils te percevoir autrement que comme un espion ? Un espion dans le corps de l’un des leurs. Comprends-tu qu’il était évident pour eux de te détruire ? Que tu représentes l’ennemi, un danger pour eux ? » Peut-être était-elle trop bonne, trop douce, qu’il y avait de mauvaises intentions également dans le cœur de Pryam et dans celui de Johan. « Accordes leur le bénéfice du doute. Si tu souhaites vraiment leur donner cette seconde chance, il te faut le leur dire et le leur faire comprendre. Ils ont de la méfiance à ton égard qui doit disparaître. Ça n’est pas facile pour eux et ils ont peur. »  Elle se mordit la lèvre inférieure : « Tu m’as appris la miséricorde. Tu m’as enseigné le pardon. Tu m’as montré la voie d’une rédemption. Il y a des choses bonnes en eux. Ce sont des humains corrompus par la magie. Ils peuvent en être libérés. Ils peuvent être purifiés. C’est la mission que tu m’as confiée. N’y mets pas si promptement un terme pour me faire entrer en guerre. » Son cœur se serrait à l’idée d’une nouvelle chasse. Pas maintenant, c’était trop tôt et les larmes qui commençaient à glisser de ses yeux en étaient l’aveu : « On peut encore les sauver, c’est pour cela que tu m’as choisie. »

Dim 21 Aoû - 18:17
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C'était pour cela qu'il l'avait choisit, elle en particulier, et jamais elle ne l'avait déçu. C'était certainement pour cela qu'il la laissait s'exprimer librement, essayer de transmettre ce qu'elle ressentait, essayer de changer son jugement. Elle avait des sentiments, pas lui. Lui était un ange, une création pure de dieu, et il n'était pas doté de ce qui rendait les humains si… spéciaux. Pourtant, c'est bien d'un sourire dont il se para au terme de son discourt et d'une de ses mains, il lui caressa la joue, écartant une mèche de cheveux venue se perdre devant son front, puis venant chasser ses larmes… Elle était innocente, d'une façon bien particulière, en comparaison des progénitures encore jeunes, ou de ceux qui dédiaient leurs vies entières à la conduite des mystères de la lumière divine. Elle avait l'espoir et c'était une très bonne chose. Cela contrebalançait la vision des siens, et au jour du jugement dernier, ce serait un moyen précieux de jauger de l'humanité en toute impartialité. Mais pour l'heure, la situation était loin de cet idéal. « C'est vrai, c'est pour ça que je t'ai choisie » fit-il d'une voix égale, et tranquille, une transposition étrange de sa voix véritable qu'elle seule était capable d'entendre sans en périr. Le problème était, cependant, que rien n'allait dans le sens de ces créatures et qu'il n'était plus apte à juger de tout cela. Il avait une conclusion, qui ne lui plaisait guère, cela aussi était vrai, mais il en avait une. Elle devait aller jusqu'aux oreilles de l'Autorité. « Mais je n'ai en l’occurrence rien à leur offrir de plus, Mary. Je pourrais porter auprès d'eux la parole sainte et renouveler mon offre… s'ils pouvaient même écouter. Mais ils ne le peuvent pas. Ils ne le veulent pas. Aussi n'est-ce plus de mon ressort... » Détournant de nouveau la tête un instant, comblant de silence l'espace entre eux, il se fit pensif. Contrairement à ce que les sorciers semblaient penser, il avait tout vu et entendu, et avait été très gêné. Pas de la gêne mortelle, mais bien gêné dans ses plans. Pryam Earl agissait par possessivité importune et malvenue envers Johan, et si celui-ci suivait effectivement sa reconnaissance envers la famille des nécromanciens, il acceptait volontairement de s'aveugler à certaines vérité, faisant preuve d'une lâcheté qu'il n'avait pas escompté de sa part. Et il y avait leur objectif… ce qu'ils voulaient faire de ses pouvoirs, et qui était une insulte. Les utiliser pour vaincre les anti-secrets…

« C'est également pour cela que je ne ferais pas leur procès devant toi, ni n'irait plus loin dans mon jugement. C'est l'Autorité qui décidera. Elle-seule possède la sagesse suprême, et nous devons nous remettre à elle. Ses mots guideront nos gestes futurs » Il n'avait pas pensé devoir en arriver là si rapidement, lorsqu'il avait décidé d'investir le corps de Johan. Mais il était évident que les choses étaient au-delà de ses seules capacités. Pour autant, et même si son frère avait certainement raison, ce ne serait que la voix de l'Autorité qui pourrait sceller la vérité pure. « Demain matin, tu prendras un vol pour quitter le pays. N'utilise pas l'Aéroport de Londres. Tu vas te rendre en France, et y retrouver le champion de l'église. Tu lui diras venir de ma part et qu'il doit te conduire lui-même devant notre maître à tous. Ne lui transmet rien d'autre tant que vous serez hors de Rome, absolument rien, c'est très important » Il ne faisait pas réellement confiance à Juda tant que celui-ci n'avait pas la laisse la plus courte possible à disposition, il était trop… imprévisible. La déloyauté battait en son âme. « Tu seras sans doute soumise à quelques observations, afin que les serviteurs de mes frères soient certains que tu es bien qui tu dis être, ne t'en offusque pas. Ils ne font que protéger le saint siège » Il soupira, revint lui faire face une fois encore, le regard grave et profond. Il ne savait pas comment elle serait reçue exactement, il espérait simplement qu'elle serait bine traitée malgré les dissensions qu'il avait causé. Elle était sa seule élue après tout. Peut-être refuserait-elle de porter plus longtemps son sceau après cette visite à Rome, mais il avait foi en elle. Autant qu'il pouvait avoir foi en un être humain. « Tu dois être forte. Il te sera donné l'occasion de plaider en leur faveur lorsque tu transmettras mes mots. Mais tu dois être forte et t'en remettre à notre inspiration divine… t'ai-je jamais mal guidé, ma fille ? » L'avait-il jamais guidé vers quoi que ce soit qui ne fut pas la volonté du seigneur ? L'avait-il poussé à pêcher ? Jamais. Il était l'ange de la compassion, s'il en venait à lui demander tout cela… ce n'était pas sans raisons.

Mer 24 Aoû - 18:24
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Le pastel noyé de larmes de ses yeux ne quittèrent le visage calme de Johan, comme si elle y cherchait la voie, la solution, un réconfort. Il lui en avait apporté tant quand elle n’était perdue, dans sa haine, dans son désir de vengeance. De-là, il l’avait extirpée, placée hors du péché. Après qu’il eut séché ses larmes, elle ne coulèrent plus.Mary les retenait, déglutissait avec difficulté, se gavait de ses paroles qui avaient pourtant du mal à passer. Ça n’était ni aisé à entendre, ni à assimiler. Elle aurait droit de défendre ses convictions mais devrait s’en remettre à la décision de l’Autorité. Si cette décision allait dans le sens de ses propres affects, de difficulté, il n’y en aurait aucune. Si elle devait céder son libre arbitre pour sa remettre au sien… Il avait fallu du temps à Gabriel pour faire comprendre à l’exorciste qu’elle se fourvoyait, que son salut ne résidait pas dans une vaine vengeance. Aujourd’hui encore, elle était capable de laisser son mari dans la voie qu’elle avait elle même quittée. Le travail serait long, mais elle avait su faire confiance à l’Archange et n’avait jamais regretté ce choix. « J’irai. » souffla-t-elle, sans savoir encore très exactement ce qui l’attendait. Ça n’était pas le champion de l’Église, ni même la manière dont elle serait traitée une fois à Rome qui la faisait tant trembler. C’était la crainte de la guerre, celle qui se profilait, celle qui avait fait écho depuis des milliers d’années et à en juger par ce que lui avait remis comme informations Gabriel, la bataille qui aurait lieu dans l’Envers pourrait avoir des répercussions graves. Elle vint se blottir contre lui, l’enserrer de ses bras, qu’importe s’il n’en avait pas l’habitude et qu’il se retrouvait les bras ballant sans savoir quoi faire ; elle, elle aurait eu son câlin et ça lui faisait du bien.

Les yeux clos, la joue contre son torse, elle laissait les secondes s’envoler et son cœur se calmer. Elle aurait besoin de courage. Il lui en faudrait, la route serait longue et elle ne savait pas quand, exactement, elle parviendrait à Rome. Pas plus qu’elle ne savait pour l’heure comment mettre la main sur le champion de l’Église. Elle trouverait en temps et heure. La traque était devenue une spécialité. Une spécialité d’autant plus aisée qu’elle avait tout de même une idée de la porte à laquelle elle pourrait frapper. Notre-Dame de Paris pour commencer. La France comportait ces lieux Saints. Elle trouverait. Cela pourrait même être plus facile qu’elle ne le pensait. Elle poussa un soupir et sans le quitter, plus que d’ouvrir les yeux, elle l’interrogea enfin : « Que t’est-il arrivé ? Comment se fait-il que ton hôte se soit montré si… Eh bien disons… Peu enclin à accepter ta présence ? » Elle se détacha lentement, relevant la tête vers lui, comme une enfant vers son père spirituel qui cherchait des réponses à ses silences : « Pourquoi était-ce la seule à te sentir… et pas… Lui ? » Elle secouait la tête de gauche à droite sans comprendre, les sourcils légèrement froncés : « Je me suis inquiétée pour toi, je ne savais pas ce que tu étais devenu… Ta disparition a été si soudaine, sans rien pour me prévenir de ce qui se passait… J’ai cru qu’il t’était arrivé quelque chose de grave. Qu’en est-il ? » Elle se mordait la lèvre inférieure en se disant qu’elle avait injustement frappé Johan à cause de cela. Il faudrait qu’elle lui demande pardon à son retour…

« Est-ce qu’ils vont te faire du mal, les Earls ? As-tu les moyens de résister ou de… leur échapper ? Enfin… Je suppose que si tu en avais le possibilité de partir tu aurais été prévenir toi-même l’Autorité, n’est-ce pas ? Rien ne s’est passé comme prévu au final... » Elle baissa les yeux le temps de la réflexion.

Dim 4 Sep - 15:48
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Il ne s'attendait pas à cette étreinte, au contact intime qu'elle lui dédiait et en était sensiblement gêné. Ce n'était pas une attitude décente de la part d'une ouaille envers son protecteur sacré. Mais en même temps, il savait que Mary était pure et n'avait aucune mauvaise pensée lorsqu'elle se blottissait ainsi contre lui, il avait l'absolue certitude que son acte n'était pas dicté par le pêché. C'était l'acte innocent d'une enfant qui cherchait du réconfort. Et s'il n'était nullement partisan de telles démonstrations, il ne lui refusa pourtant pas ce qu'elle demandait, l'entourant d'un bras ferme et solide, plus que la frêle forme de son hôte ne le laisserait deviné. Il la tint là, contre lui, tout le temps qu'elle le désira, la laissant seule juge de cet échange qu'elle maîtrisait plus que lui. D'un regard posé, les traits neutres, il l'observait sans un mot, attendant avec patience qu'elle parvienne à faire la paix avec ce qui lui arrivait et ce qu'il demandait. Puis virent les questions tandis qu'enfin, l'humaine s'écartait de lui et qu'il reprenait sa posture composée, reculant légèrement pour l'observer d'une distance plus éduquée. Sa tête était pleine de question, comme elle l'avait toujours été. La pensée lui réchauffa sensiblement les yeux et son visage se peignit d'un nouveau sourire. Là encore, elle eut tout le temps qu'elle nécessitait pour lui poser des questions, et en la voyant ainsi, mine basse, il étendit une main, lui relevant délicatement le menton pour qu'elle plonge son regard dans le sien. C'était de bonnes questions. Mary n'était pas du tout une idiote. Il n'aurait pas choisi une idiote.

« Mon arrivée auprès de Johan a été perturbée par Michael. Je n'ai pas pu entrer en contact avec lui comme je l'aurais désiré et il est tombé dans le coma… Son acceptation de ma présence s'est faite dans un accès de fièvre, son consentement n'était donc pas totalement pur »

Son bras retomba, et son expression se ferma en une lueur grave et désolé. Il n'avait pas voulu lui faire du mal ou l'envahir, s'il avait saisit cette chance, c'était tout simplement qu'il n'avait pas eut le choix. Johan était le seul véhicule viable pour son essence à l'heure actuelle. Et la brouille qu'il avait avec Michael l'empêchait alors de revenir au Paradis.

« J'étais en lui mais il ne se souvenait plus de son acceptation ou de moi et je n'avais plus de moyen de lui faire sentir ma présence. J'étais enfermé, bridé… toi seule, mon élue avait encore un lien suffisant avec moi pour savoir que je me trouvais là »

C'était désolant et en un sens, il soupçonnait ses frères de l'avoir laissé là pour le faire changer d'avis quant à leurs récentes décisions. Ce n'était pas exclus, mais il ne voulait pas en parler avec Mary, car c'était pêché que de salir le nom de sa famille. Et il suivait les lois. Il aimait sa famille quoi qu'elle fit. Pour cela, on le considérait comme doux et trop miséricordieux. Parce qu'il était prêt à continuer de s'inquiéter et de regretter la chute de ses frères et sœurs, leur transformation en démons, la perte de leurs grâces… Mais tout cela, Mary ne pouvait le savoir. Elle était sa pupille et il se devait de la protéger et de la guider, elle ne devait pas porter le fardeau de son propre devoir et de ses choix.

« Pryam Earl souhaite me tuer. Il n'y parviendra pas. Mais il va donner mes pouvoirs à mon hôte pour le transformer en arme contre le Réanimateur et les rebelles. S'il parvient à les maîtriser à temps, il sera la cause de nombreuses morts inutiles »

Et il y avait une chance que sa grâce en soi souillée, mais s'il lui disait cela, alors elle risquait de paniquer et de vouloir le sauver plutôt que de rejoindre Rome. Hors il était primordial qu'elle contacte l'Autorité. Rien n'avait plus d'importance que cela. Même s'il devait vraiment périr, tant qu'elle mettait le pied dans la ville sainte, alors son sacrifice n'aurait pas été vain. Il aurait accomplit jusqu'au bout la volonté de son père : préserver l'humanité et son innocence.

« Je vais tenter d'entrer en contacte avec un de mes frères… un ennemi de Pryam se trouvant à Last-End. Je lui confierais mon esprit le temps que le jugement soi rendu. Si je dois être secouru, alors je le serais à ton retour. Sinon... »

Il soupira et hésita un bref instant. Il avait une foi inébranlable en elle et en l'Autorité. Il serait sauvé. Mais juste au cas où… S'avançant, il vint lui embrasser le front, avec douceur, en entourant son visage de ses mains. Le rêve commença à s'estomper lentement et avec lui, sa présence. Il arrivait au bout de ce qu'il pouvait faire… en un dernier message, il apposa une petite partie de sa grâce en elle avant de disparaître.

« Garde la foi Mary. Je prierai pour toi, je crois en toi »


Ven 9 Sep - 19:22
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Son regard relevé vers lui et par lui se nourrissait d’une perplexité propre à la réflexion. Ses yeux azurés ne faisaient troublés, comme l’être égaré en pleine forêt, hors des sentiers battus dont il avait tant l’habitude. La réponse vint se loger dans son oreille sans qu’elle n’en mesure directement le plein ampleur. Elle savait Michel très expéditif, très radical et ses idées ne fondaient que rarement en alliance avec celles de son tuteur. De là à ce que cela entrave une incarnation. Mary fronça doucement les sourcils sans pour autant demander des explications. Le temps des questions viendrait ensuite. Elle acquiesçait seulement de la tête en signe de compréhension. Cela apportait des réponses à la réaction de Johan. Le sorcier n’avait pas bien vécu d’intrusion de l’archange. Seule l’exorciste avait pu le reconnaître mais Rémiel n’était-il pas à Last End. L’archange des réincarnation n’aurait-il pu venir au secours de son frère ? Non… Pas plus qu’il n’était venu prévenir son élue qui se rongeait les ongles à sang sur le devenir de son tuteur. Cette histoire ne tournait pas rond et si Gabriel ne saurait lui mentir, il ne lui disait, de toutes évidences pas tout. Il gardait pour lui des pans de vérités et cela l’inquiétait. Elle sentait son ventre se tordre, se tendre. Elle craignait la manière dont elle serait reçue par Ian et par le Vatican, mais cette terreur s’envola promptement quand l’archange lui dévoila les plans de Pryam à son égard. Une part d’elle-même refusait de croire que Johan aurait cette cruauté, qu’il n’irait pas jusqu’à user de ces pouvoirs pour tuer mais… Qui sait ? Cela suffisait à l’exorciste pour décider d’aller au Vatican, qu’importe son propre sort, tant que l’archange ne finisse pas en arme au profit de Pryam Earl. Ou pire. Le ‘sinon’ resté sans fin ne lui permettait pas d’espérer quoique ce soit si elle échouait. Elle se tendit plus encore.

Elle avait des questions. Terriblement nombreuses alors que le rêve s’estompait, le voix de Johan s’atténuait. Elle lui adressa un regard terrorisé. Comme un enfant en plein cauchemar. Elle aurait voulu retenir ce père spirituel, le garder auprès d’elle dans le long périple qui s’annonçait. En vain. Elle se redressa dans son lit, tremblante, faible, les larmes coulaient en abondance sur ses joues. Le soleil était levé depuis longtemps, elle entendait son mari lui expliquer qu’il n’avait pas réussi à la réveiller mais la jeune femme était obnubilée par le rêve qu’elle venait de faire, son intensité. Elle devenait sourde à ce qu’il disait. Il parlait, elle l’entendait, comme un bourdonnement de fond ; Les couleurs se mélangeaient. Le monde tournait, elle se levait, ses muscles ne répondaient. Elle fut au sol avant de s’en rendre compte. Elle sombrait dans l’inconscience, son âme humaine enserrant le petit morceau de grâce qui lui avait été offert et qu’elle chérissait. Elle était tétanisée. Il lui fallut en définitive une bonne demie-journée pour se remettre de ses excès de fièvre et affirmer avec détermination qu’ils prendraient un vol pour la France. Elle refusait de laisser son mari et ses enfants en arrière avec ce qui se tramait à la fin du mois. Autant les emmener en Syrie en pleines frappes de bombardements, l’effet aurait été le même. Malgré l’incertitude de là où elle se rendrait… Ce serait toujours mieux qu’ici.

Dim 25 Sep - 12:52
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