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 Juste et Damné | Nora

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L'étrange sous la normalité : Réincarné par l'Archange Rémiel, je suis Adolf Hitler. Je suis le possesseur de Longinus.
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Nuit du 26 au 27 mars 2016

Raide était le fil de son existence, tendue à outrance, sensible à la moindre vibration, à la moindre sollicitation. La colère de Nikolaïs n’avait pas désempli et son cœur se trouvait contraint à la douleur, comme si d’une main on le pressait, l’exsanguait et lui, se vidait sans pouvoir se remplir de nouveau. Il avait hurlé, le premier jour, il avait extériorisé une rage qu’il ne faisait que trop contenir. Le mobilier de son logement précaire avait souffert d’une maltraitance extraordinaire. Le souffle qui les avait ravagé n’était pas réel, pas physiquement réel, il se déployait immatériellement, comme une tornade vengeresse… Qu’il étouffait à nouveau. Non, ça ne devait pas sortir. Tout le chaos qui rampait en lui ne devait laver les pavés de Last End. Pas tout de suite… Cela viendrait en temps et heure et il aurait le dédommagement pour cet affront. Il y aurait rétorsion. Pryam Earl ne payait pas pour attendre. Mais plus que le désir de représailles, c’était le déchirement de l’épreuve qui l’arasait. Il se sentait déraciné, il se sentait vide, il se sentait si triste, si tourmenté que nulle consolation, pas même la promesse de vengeance, ne parvenait à calmer la tempête. Le deuxième jour, il avait pleuré, refusant qu’on le dérange pour quelques motifs que ce soit mais lorsque son téléphone avait sonné… Il avait répondu. Nora demandait à le voir et au son de sa voix, il n’eut pas le cœur, pas plus que le courage de lui refuser. Sa voix était pâle et faible, lorsqu’il lui avait simplement indiqué un : « Cette nuit. Je t’envoie mes hommes. Sois confiante. » avant de raccrocher et de laisser exploser un sanglot. Il était dévasté, perdu en plein océan sans phare vers lequel s’orienter. Et puis dans la soirée, il était devenu morne. Ses yeux avaient rougi et gonflé sous les joug des larmes. Il était abattu, ténébreux et insipide. Dans le fauteuil d’un salon, il avait fini par trouver enfin le sommeil en lugubre torture.

On vint sonner à la porte de Nora, au beau milieu de la nuit. Deux hommes, fondus dans les ombres, avaient annoncé venir sur les ordres de Nikolaïs. Elle put monter en voiture, une sombre berline qui semblait savoir se camoufler dans l’obscurité. On banda les yeux de la jeune femme le temps du trajet et on l’aida à descendre de la voiture. Encadrée par ces deux inconnus à qui Nora devait faire confiance, la situation ne devait pas être plaisante, elle devait même être déroutante… Mais elle devait bien se douter que retrouver un homme placé sur liste noire et désigné comme un être dangereux à abattre ne serait pas un jeu d’enfant. On descendait des marches et l’odeur d’humidité dans le premier hall sut la renseigner : ils étaient sous terre et elle entrait dans un bunker magique. Voilà bien des années que Nikolaïs l’avait préparé en vue de son arrivée ici. Il ne pensait pas avoir à l’utiliser si tôt. Il avait sous-estimé les informateurs de Pryam. Lourde erreur. Un peu plus loin, après quelques salles et couloirs traversés, on lui ôta le bandeau qu’elle portait sur les yeux. Elle se trouvait devant une porte et l’endroit était assez étouffant. Probablement parce qu’on était sous terre et qu’il n’y avait aucune fenêtre. Les murs étaient gris, ternes. La porte était sombre et de métal était sculpté une épée reposant sur la croix de Wotan. Une croix qui avait des ressemblances terrifiantes avec la célèbre croix gammée. L’emblème était celui de l’Ordre de Thulé. Le ton était donné et Nora pouvait toujours partir en courant. On ouvrait la porte et la pièce dans laquelle Nora entrait était déjà plus chaleureusement aménagée que les couloirs. Le canapé s’annonçait confortable mais l’homme qui s’y trouvait était sinistre. Dos voûté, tête basse, les coudes de Nikolaïs s’appuyaient sur ses genoux, le corps en avant. Ses yeux verts étaient ternes. Il ne releva pas la tête : « Mein Führer. » fit l’un des hommes, achevant de dévoiler son identité cachée jusqu’alors à Nora. Elle aurait fini par apprendre les raisons de son passage en liste noire. Et son nom aurait été un argument pour favoriser la haine à son encontre. Au titre, Nikolaïs ferma les yeux sans relever la tête, s’accordant de principe qu’elle allait le détester. « Lass uns.* » répondit-il pour congédier l’homme qui referma la porte derrière Nora, les laissant seuls.

Pour autant, il ne relevait pas la tête, demeurant dans cette position abattue. Combien de temps avait-il dormi depuis la tragédie ? Une heure, peut-être deux ? Ses mains pendaient dans le vide et il les fixait sans qu’elles n’aient d’intérêt pour autant. Le silence se fit lourd avant qu’il ne reprenne la parole d’une voix fatiguée : « Tu voulais me voir… Je suppose que ce n’est pas vraiment ce à quoi tu t’attendais. » Il relevait la tête, fixant le vide devant lui, sans tourner la tête vers elle. « Les bonnes intentions que tu souhaitais avoir à mon égard se sont envolées, n’est-ce pas ? Je te comprends. C’est difficile d’avoir de la compassion pour un dictateur qui a déporté et exterminé sept millions de vies humaines.  » Il aurait probablement réagi de façon identique à sa place. Si elle souhaitait partir, elle n’avait qu’à lui dire. Il accepterait. Il avait déjà suffisamment mal pour ne plus rien ressentir. « Frieda posant pour Adolph Hitler… On dirait une mauvaise blague et pourtant les anges n’ont aucun humour. Rien qu’un implacable doigté pour placer leurs réincarnations de telle sorte qu’elles accomplissent ce qu’ils ont calculé… Sans comprendre le sens de nos sentiments, leur force, leur singularité. » Il se mit à rire, mais c’était un rire fiévreux, un rire dément, le rire d’un homme qu’on était en train de brûler à petit feu et qui délirait dans sa tourmente. Un rire qui disparut dans le silence, les larmes coulaient à nouveau sur ses joues alors qu’il fixait le vide. « Nora… Oh Nora… J’aurais du m’en douter, j’aurais du le savoir… J’aurais du l’éviter. Notre rencontre. J’aurais du voir qu’il y avait trop de prospérité dans les heures que nous passions ensemble pour qu’elles ne soient qu’un heureux concours de circonstances. Un damné devant une Juste. Un damné devant la félicité… Je l’ai accepté. Je t’ai acceptée. Je suis désolé... »

* Laisse-nous.

Ven 19 Aoû - 22:20
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Assise devant le chevalet, elle était restée de longues heures le pinceau levé, habituellement elle ne sortait pas un grand support, mais il y avait bien trop à peindre pour une miniature. Nora avait tenté de rassurer sa fille, ses larmes, elle sentait la tension en elle, ses gestes moins affectueux, plus brusques. Elle avait longuement caressé ses cheveux, s’était même couchée près d’elle dans le petit lit, le regard vide. Lorsqu’elle se réveilla, la main dans les cheveux de Christina, elle réalisa que sa fille s’était endormie il y a longtemps et qu’elle n’était pas restée éveillée malgré sa promesse.

Nora se tira doucement hors du lit, sans faire un bruit, elle parvint à ne pas réveiller son enfant. Les hommes de Nikolaïs venaient la chercher cette nuit et cette toile n’était pas terminée. La jeune femme prit sa palette en main, constatant l’acrylique séchée, elle reprit le tube de peinture rouge, ainsi que le noir et le blanc. Nora dû refaire ses couleurs brunes et beiges, pour mêler le sang à la boue sous le visage pâle de Selene Moore.

Ses mains se serraient ensemble alors que le bandeau se posait sur ses paupières. Elle eut envie de s’opposer, jusqu’à se souvenir des mots du peintre au téléphone. « Sois confiante » se répéta-t-elle intérieurement. Effrayée, elle l’était, mais elle était devenue morne, nul tremblements ou réflexes inutiles ne traversaient son corps. C’est lorsqu’on lui enleva le bout de tissus qu’on put voir son regard inquiet devant ce symbole qui avait été diabolisé par l’histoire.

Elle avança faiblement, difficilement, son regard ne quitta pas le corps abattu du sorcier. Une envie viscérale de le prendre dans ses bras, de le réconforter. Mais cette émotion se frappait aux doutes et au sentiment angoissant de trahison. Son visage se décomposa lorsqu’elle l’entendit prononcer son titre. Ce n’était qu’un poste, mais tous ces signes et ses propres mots. Non, elle ne pouvait plus l’approcher, si simplement, comme si elle n’avait rien vu.

Elle aurait dû le voir en d’autres circonstances, elle aurait dû poser pour lui, encore, elle aurait voulu le peindre. Mais il était bien trop tard pour réaliser que rien n’allait se passer comme elle l’aurait voulu.

« Ne m’appelle pas comme ça. »


Son regard croisa le sien, elle n’avait pas réalisé avant ce moment que les larmes avaient coulé. Quand l’eau était-elle apparu sur les joues de Nora? Le silence se comblait du bruit de sa respiration sous les larmes.
«Mon nom est Frida. Je l’ai déformé, lorsque j’avais mal, lorsque j’étais près de la mort, lorsque mon père était déjà parti. *Frieda, par révolte, par résistance contre toi. Je t’interdis de le prononcer ainsi. »
Le dégoût avait teinté ses paroles, non elle n’était pas en mesure de lui ordonner quoi que ce soit, mais elle pouvait aussi partir. Et elle se fichait des conséquences, à présent, elle l’avait suivi jusqu’ici, pour la faq de médecine, elle était venue et elle n’était même pas arrivée à tout mettre ensemble.

« Je n’en ai sincèrement rien à foutre des anges, Nikolaïs. Cesse de me parler des anges. Je ne suis pas félicité, je me suis battue toute ma vie, j’ai eu mal toute cette vie-là. »


Le regard plein de rage, son visage transparaissait la tristesse, elle avait reculé, par peur, par mépris, par distance. « Tu m’as emmené jusqu’ici, malgré le danger, malgré ce que tu voulais faire. Je t’ai suivi et j’ai emmené ma fille avec moi, je vivrai au cœur du champ de bataille, à cause de toi. Je ne pourrai pas protéger ma fille, tu me l’as dit. » Elle haussait le ton, en avait-elle seulement connaissance ? Frida hurlait, criait sur cet homme qu’elle avait haï viscéralement. « Tu ne me protégeras pas, si je te hais, du plus profond de mon âme, n’est-ce pas? Et toi, Hitler, me déteste tu ? Une communiste, féministe, militante. »

Elle baissa la tête, ayant atteint le mur derrière elle. La jeune peintre croisa les bras, inutile d’effacer ses larmes, cela ne ferait qu’abimer encore plus le noir qui avait déjà coulé sous ses yeux. Elle avait mal, elle avait si mal, maudissait Rémiel. S’il l’avait mise là pour cette raison, pourquoi cela devait-il être aussi douloureux ? Voir son amitié brisée dans les cris et les larmes, pourquoi l’avaient-ils rapproché de lui ?

« Je t’aime aussi, comme un frère, pourquoi ? »

Levant la tête, c’est un regard sombre, rempli de détresse qui rencontrait les yeux verts de son ami, si elle pouvait encore l’appeler ainsi. Cette question qu’elle lui adressait avait bien plus d’un sens. Mettant de côté l’existentialisme, elle restait désillusionnée.

« Lorsqu’on s’est retrouvés, tu m’as dit…que l’histoire était gorgée de mensonges. Explique-moi, Nikolaïs, cesse de me mentir…Avant que je ne prenne cette porte. »

HRP:
 

Lun 22 Aoû - 8:49
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Ne pas l’appeler ainsi. Il aurait pu l’accepter mais c’était justement la forme déformée qu’elle avait construit contre lui qu’il était intéressant d’assembler à lui. La farce n’en était que plus grotesque, plus risible à qui voulait bien s’en dilater la rate. Lui n’en avait pas la moindre envie. L’idée l’accablait plus qu’autre chose et il se trouvait las de cette renaissance. Rémiel était doué, se parant de sa légitimité angélique, pour placer les âmes qu’il réincarnait en des lieux et dates qui coïncidaient à merveille pour la pire des chutes. Il n’était pas la seul dans ce cas. Ni le premier, ni le dernier. Les anges étaient de la vermine. Mais soit, il n’en parlerait plus non plus. Les larmes qui coulaient sur le visage de Nora avaient suffi à le dissuader. Elle haussait le ton et lui, il la laissait crier. L’un des siens ouvrit la porte, prêt à intervenir. D’un geste de la main, il le congédia. Elle n’était qu’une humaine. Réincarnée certes, mais lui également. Il était sorcier de surcroît et disposait de la Sainte Lance. Il n’avait rien à craindre d’elle, si ce n’était un déchirement dans son cœur mais cela, aucune garde ni aucune arme au monde ne pourrait l’en protéger. Le dégoût dans sa voix, la violence de ses paroles, les reproches qu’elle formulait à son encontre étaient autant de couteaux qu’on lui plantait au travers du corps. Ça n’avait rien d’agréable, mais il devait bien passer par là. C’était encore plus désagréable de l’entendre lui dire qu’elle l’aimait, non pas pour les mots en eux même, mais pour la souffrance que cela camouflait. Au terme de sa question, il laissa le silence reprendre ses droits entre eux. L’homme en noir finit par se lever, portant son deuil autant que sa royauté, il se tenait droit malgré un cœur abattu et meurtri. Il refusait de choir. C’était ce que les anges auraient voulu et il ne leur ferait pas ce plaisir, quitte à en finir avec un cœur de pierre.

Il poussa un soupir, joignit ses mains l’une à l’autre, au niveau de son ventre. « Je ne hais pas les communistes. Ils ont été mes ennemis à un moment de l’histoire où il était opportun pour moi de saisir l’idée, d’engager la haine, la révolte. La Bavière était en pleine crise aux mains de la République des Conseils, les assassinats fusaient et le communisme montait aussi rapidement que la peur de ceux qui n’y adhéraient se faisait virulente. On m’a demandé de faire de la propagande en juin 1919, et je l’ai fait. Mais il ne m’a fallu que trois mois, en septembre, pour orienter ma propagande vers mes véritables ennemis : les Juifs. Oh je sais… Des innocentes victimes et moi, l’abominable dictateur. » Pryam était aussi un dictateur. Mais personne ne se révoltait étrangement. Du moins, pas avant l’affaire du Réanimateur. Il n’irait pas plus loin sur le sujet. Il ne chercherait pas non plus à se justifier. La haine qu’il avait à leur égard était bien réelle, elle. Une haine contre laquelle bien nombreux seraient ceux qui s’insurgeraient. Il avait ses raisons, véritables ou erronées. « Je suis un païen, un défenseur des dieux anciens et ils n’auraient jamais du choir là où ils sont tombés. Leur place étaient en haut, au-dessus des hommes et c’est cela que je souhaitais restaurer. Que je souhaite toujours. Là est mon combat. Là sont mes croyances. Justes ou injustes. Sévères ou douces. Je ne pouvais leur rendre leur place… Je ne pouvais leur donner du pouvoir si je n’en avais moi-même. Il me fallait le saisir et je suis monté ainsi, Nora. Je ne suis servi de la haine qui se murmurait, je lui ai donné un sens, un cri, une bannière. Tu peux m’en blâmer, je sais que ce n’est pas ce qu’il y a de plus glorieux, ni moral. Je n’avais qu’une existence mortelle et un projet titanesque, il me fallait monter haut et vite… Et la haine, la terreur, sont des leviers aux forces incroyables que je manipulais sans la moindre empathie. Je ne pouvais faire autrement. Un génocide ne se déclenche pas dans un monde de confiance et de bontés. Le Vatican et ses croisades, ses chasses aux sorcières l’avait bien compris. Comme les Juifs et les plaies infligées à l’Egypte. Combien de nouveaux-nés ont péri à la dernière punition de Yaveh ? »

Il détacha ses mains, les laissant retomber le long de son corps avant de poursuivre : « Si la proportion de monothéistes diminuait, celle polythéiste, protégée dans les jeunesses hitlériennes, reprenait de la puissance. Il y a eu une inspiration profonde pour les déités, une regain de vie, un espoir que je tenais pour eux, pour nous, pour notre monde. » Si elle le prenait pour un illuminé ? Probablement. «  Je suis un païen avec une foi immense, une foi qui a fait de moi un assassin autant que les chrétiens, des juifs ou des musulmans extrémistes sont capables de tuer pour leur croyance. C’est un combat fou, sans fin, une lutte pour la survie… Car c’est bien cela le problème, Nora. Chacun s’insurge, rivalise de sang pour voir imposer ses croyances… Mais également sa survie. Dans le monde actuel, si aucune lutte n’est engagée contre les monothéistes, c’est l’Envers tout entier qui disparaîtra. C’est l’Envers tout entier qui étouffera, agonisera. Le sort des déités aujourd’hui n’est que l’image de notre futur. Je me suis battu pour notre futur, comme tu milites pour les droits des femmes, comme on se bat pour l’environnement. J’y ai mis… Oui, j’y ai mis plus de sang que toi, je le ferai encore. C’est ce qu’implique le pouvoir. C’est ce qu’implique les hautes responsabilités, celles qui peuvent changer la face du monde plus efficacement qu’un acte isolé. » Il fit quelques pas vers elle alors qu’il parlait, s’approchant progressivement pour réduire cette distance qui les séparait. « Je ne suis pas fier de ce que j’ai fait. Mais je l’ai fait. C’était mon devoir de les protéger tous, de trouver une solution au déclin de la magie, à l’extinction des Nexus. Je cherche encore. L’Ordre de Thulé cherche encore… Des sanctuaires. Des moyens de rendre la magie aussi vivace qu’elle l’était il y a quelques milliers d’années. Quant aux aryens… Ce n’est que l’archétype des nordiques, des païens de la vieille Allemagne. Les sorciers. Le Secret me censurait quand je criais mon désir de protéger mon peuple. Et de détruire ce qui n’en faisait pas partie. Je protégeais, je protège ma famille de la même manière que tu protèges ta fille. Je protége ma famille, avec des actes à la hauteur du danger qui les menace. Si un assassin venait à approcher sa lame trop près de Cristina… Ne prendrais-tu pas toi aussi un couteau ? » Il était arrivé près d’elle. Il ne lui avait pas encore parlé de sa chute, de la manière dont il était tombé. Était-ce cela qui préoccupait  Nora ? Non… Non, ce qui la préoccupait était les crimes contre l’humanité qu’il avait commis qui avaient de l’impact pour elle. Ainsi, elle savait pourquoi. Que derrière l’apparat du Secret qu’on montrait à l’Endroit, il s’était loger une bataille existentielle pour l’Envers. Et le pire dans tout cela… c’était que cela n’avait servi à rien, que l’Envers lui-même s’était tiré une balle dans le pied et le Vatican n’avait pas même eu à lever le petit doigt pour voir choir l’empire allemand.

« Je te protégerai, Nora. Comme je te l’ai promis. Lorsque je t’ai rencontrée je savais parfaitement à  quoi m’en tenir. Tes idéaux, ta volonté. Savoir que tu es Frida ne change pas grand-chose. A mes yeux, tu fais partie de ma famille. Que tu m’aimes ou me haïsses. Ou même les deux à la fois. » Il s’était arrêté, à un mètre d’elle tout au plus, ne la rejoignant pas d’avantage. « J’ai besoin de toi. Non pas dans cette guerre ou dans une autre. Mais pour moi. C’est égoïste, Nora. »

Sam 3 Sep - 15:27
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Le regard noir, mais la tête haute, elle ne fixait plus que le vide. Non elle refusait de le regarder, rajustant les fleurs qui étaient tombés de ses cheveux. Elle resterait intacte, elle resterait fière, peut-importe la défaite et les craquelures, les cris et tout ce qui resterait brisé. Le fascisme n’avait rien d’une révolte, Staline avait tué, peut-être moins mais tout comme hitler, il avait envoyé des soldats, beaucoup trop de soldats sans ressources à la mort. Il y avait des choses pour lesquelles ils fallait se battre, la mort était parfois nécessaire. Mais toujours fallait-il y avoir une raison de tuer.

L’humanité, se battre pour leur survie, pour garder vivante non seulement cette espèce mais cette valeur qui était utilisé à toutes les sauces même les plus ridicules. Ce que l’on définissait comme humain n’était que mensonges, ce qu’on condamnait chez Hitler arrivait régulièrement et les milléniaux avaient déjà critiqués ardemment leur propre génération sans seulement chercher comment se sortir de ce gouffre.

Son dos rencontra le mur, elle se laissa glisser pour s’asseoir au sol. Son opium s’inséra entre ses lèvres, elle avait gravement besoin de tabac pour digérer cette nouvelle. Sans même se soucier de la politesse, elle alluma la cigarette, il ne manquerait qu’un verre. Beaucoup de whisky et si possible, assez de médication pour oublier. Mais elle ne pouvait pas refaire ça, elle avait une fille et l’orphelinat n’était pas un avenir des plus envisageables. Mais hitler ne buvait pas, alors Frida se contenterait de fumer, les doigts tremblants, elle ne prit même pas la peine d’essuyer les larmes, ni de vérifier la poudre sombre qui avait dû s’estomper sous ses yeux.

« Pourquoi alors avais-tu besoin d’un génocide ? »

Elle le savait bon orateur, inutile de se laisser impressionner, elle devait résister à cet automatisme humain que de laisser son esprit être dicté par le charisme. Nikolaïs était convainquant, mais ce n’était pas pour autant qu’il eût raison. « Je comprends. Le délitement menace les dieux et tu as dû te battre pour que la magie survive. Pour que l’envers et les créatures survivent. Mais briser le secret n’est pas une option puisque les humains sont eux aussi capables de génocides. Mais pourquoi étais-ce une solution de les tuer ? Ou en quoi ce pouvoir t’aiderait. Nikolaïs, si tu cherches, ne verse pas le sang inutilement avant de savoir. Je sais qu’une révolution ne se fait pas sans violence, c’est utopique. Ce monde ne changera pas tant que les hautes têtes du cénacle ne seront pas sorties de l’hôtel de ville et pendus. Mais tu n’as pas à tuer des…centaines de personnes. »

Elle ne parlait pas du passé, c’était déjà terminé, il n’y avait plus rien à réparer. L’humain était devenu pessimiste mais il avait besoin de le devenir, au risque de ne jamais se réveiller et le statut quo était beaucoup trop confortable.

« Cependant tu es un élitiste. Vas-tu réellement mettre fin au règne de Pryam Earl pour abolir son mépris des créatures et des humains ou veut tu simplement te hisser à sa place ? Que vas-tu faire, lorsque tu auras vaincu le cénacle ? Lever le secret ? La guerre ne profite à personne, bien que s’accrocher au pacifisme est ridicule. Ne soit pas stupide, semer le sang sur ton passage, ce n’est pas suffisant. »


Et il avait les mots justes. Elle l’aimait autant qu’elle le haïssait et elle n’avait le courage ni de rester près de lui, ni de s’en éloigner. Sa conscience voulait ignorer ce qu’elle venait d’entendre, c’était trop difficile de devoir choisir et elle détestait se voir accorder cela aux existentialistes.

« Je protégerais Christina. Je ferais ce qui est nécessaire. Évidemment c’est facile de ramener ton discours à un exemple personnel pour me convaincre. Mais de qui te défends tu ? Et est-ce réellement les seules personnes que tu menace ? »
Non ce n’était pas nécessaire de déclarer une guerre.

Mar 13 Sep - 18:50
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Nikolaïs suivit Nora du regard lorsque le dos de la jeune femme glissa contre le mur jusqu’au sol. Elle était là, à ses pieds et il n’aurait jamais voulu l’accabler à ce point. Cela semblait être un passage obligé et la cigarette allumée tendait à le prouver. Sans un mot, il écouta chacun de ses propos, pris note de toutes ses questions jusqu’à ce que le silence ne retombe à nouveau. Il répondrait. Pour l’heure, il la toisait, il resta à la détailler comme si quelque chose le chiffonnait et vint se pencher vers elle. L’allemand saisit l’un des bras de la peintre dans sa poigne et la releva du sol pour la placer dans un fauteuil lentement. Là, elle pourrait se recroqueviller comme elle le souhaitait, mais elle ne traînerait pas à terre comme un être insignifiant et faible. Il le refusait. Son geste n’avait pas été tendre, sans tomber dans la violence. Il avait été ferme, ni plus ni moins.

Le sorcier s’écarta, de dos, quelques pas à son inverse avant de lui faire face, à nouveau. « Il s’agit Longinus. La Sainte-Lance. » Son regard s’était posé sur l’arme qui flottait verticalement dans l’air en suivant son possesseur comme l’aurait fait un animal de compagnie bien dressé. « La seule arme au monde capable de tuer Jésus de Nazareth, le fils de Dieu. Et par le même acte, faire choir le monothéiste, le Vatican dans son entièreté. Leurs exorcismes n’auraient plus de sens, leur objets bénis, plus aucune protection. C’est le seul sang que je désire verser aujourd’hui, Nora. Celui de ce Roi de Juifs. Mon attaque envers ce peuple, Son peuple, n’était pas dénué de sens... » Il porta son regard sur la lame noire luisante et caressa d’un geste pensif le bois d’ébène avant de refermer sa main sur le bâton. « Pour toucher le fils de la Vierge Marie, il me faudra verser d’autres sangs. Je ne tuerai pas par plaisir, par sadisme. Je ne l’ai jamais fait. Chaque vie que j’ai envoyé au Sidh, je l’ai envoyée par nécessité. Je n’ai pas le droit à l’erreur, j’ai déjà perdu une fois, j’ai du sauver les meubles dans la débâcle. Je me suis suicidé pour que l’emplacement de cette Lance ne soit jamais divulguée au Vatican. Pour que les Anges ne la retrouvent pas, pas sans devoir me réincarner. Pas sans devoir faire revenir la seule personne capable de la retrouver tout en la protégeant d’eux. Si je venais à perdre, si la Lance tombait entre les mains de l’Autorité du Vatican… Alors, il n’y aurait plus aucun espoir pour notre monde. »

Nikolaïs serra le bois avant de le relâcher, magiquement maintenu à la verticale : « C’est une responsabilité, un fardeau. Une crainte chaque jour. Personne au Cénacle ne l’entend ainsi. De la sorte armé, je suis une menace à leurs yeux. C’est vrai… En un sens. C’est une arme légendaire, capable de détruire jusqu’à l’immortalité… Cette Lance, je ne l’avais pas au début du parti nazi. C’est la raison pour laquelle j’ai envisagé la tâche fastidieuse d’un génocide. Si je ne pouvais trancher la tête de l’Hydre, il me fallait m’en prendre à tout le reste de son corps. La foi est extrêmement puissante, la base même de toute croyance quelle soit monothéiste ou polythéiste. Je n’ai pas le temps de mener mes croisades, de répandre la foi. Il faudrait des siècles et les déités n’ont pas tout ce temps là alors...Quel autre choix avais-je que de prendre la mission à bras le corps et… Tuer. Tuer encore et laisser le Chaos s’insinuer. » Et dire qu’il avait été l’élu de Lug jadis. La déité soleil. Le lumineux. Comme il avait chu dans les ténèbres, avait pris Hécate pour mère d’adoption. Pour se la voir arracher… Quel autre voie avait-il à l’exception du Chaos à présent ? Le Cénacle le détruisait et c’était ce Chaos, cette gangrène de l’intérieur que les anges avaient recherché en lui. Pour qu’il fasse tomber le Cénacle, pour qu’il se perde dans sa haine. Il n’arrivait plus à s’en détacher.

« Je n’ai plus le droit à l’erreur. Le Vatican sait que j’ai cette Lance. Ils ne m’ont pourtant pas encore attaqué. Ils attendent que je reprenne le Cénacle, que je le fasse tomber… Car c’est ma seule issue pour aller les affronter. Je ne peux le faire seul, il me faut un front de l’Envers uni pour cela et je ne pourrai jamais être uni avec des traîtres, je n’aurai pas le temps de placer des forces à les espionner pour éviter un coup par derrière alors que je dois lever les armes contre le Vatican. C’est insensé… » Il inspira avant de pousser un lourd soupir. « Je ne recherche la place de Pryam Earl que pour pouvoir mener cette guerre, replacer les déités au sommet de leur puissance et… Ensuite ce ne sera plus à moi de décider de la suprématie de tel ou tel entité. Il n’y aura que les Dieux en haut. Eux seuls auront la sagesse de gouverner. » Là était ses croyances, la vérité pouvait s’avérer différente mais il ne le remettrait jamais en question. Il y avait encore un point auquel il n’avait pas répondu et il s’attacha à cela : « Je ne suis pas contre le Secret. Le 31, je me battrai pourtant aux côtés du Réanimateur. Non pas parce que j’adhère à son discours, mais parce que j’ai besoin de lui, pour l’heure. C’est une alliance temporaire, dans le but unique de faire tomber Pryam Earl et la gangrène qui loge au Cénacle. Partir sur des bases saines. »

Il n’avait pas envie de se justifier. Il ne le faisait que parce qu’il s’agissait de Nora. Il avait envie qu’on le laisse en paix, pleurer de tout son soul la perte, la déchirure. Mais il ne le pouvait, pas tant que l’humaine serait perturbée. Il vint s’asseoir sur le canapé, coude posés sur les genoux, buste en avant, tête baissée, non loin du fauteuil dans lequel la peintre se trouvait. Il avait besoin de s’occuper les mains, elles commençaient à trembler. Il aurait aimé prendre un pinceau mais n'avait pas l'intention de laisser Nora plantée là. Il demeurait silencieux, attendant le nouveau flot de questions. Il répondrait, dans la mesure du possible, jusqu’à ce que le flux faiblisse et s’éteigne. Il releva ses yeux rougis vers elle, mâchoires serrées, endurant.

Lun 10 Oct - 22:03
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Elle ne se débâtit pas, pourtant quelque chose lui criait qu’elle aurait dû, préserver sa dignité, étais-ce qu’il faisait en l’amenant à s’asseoir ainsi, en la relevant du sol froid. Quelle connerie inutile, lui qui avait arraché dans les laggers la dignité à tant d’êtres. Et maintenant qu’elle était assise dans ce fauteuil, elle n’avait plus envie de se fermer contre elle-même, plus envie de perdre son énergie à pleurer, à crier. Elle voulait fumer cette cigarette, se laisser soupirer une dernière fois et l’écouter, malgré qu’elle fût laissée complètement vide. Les jambes de la jeune artiste se pliaient pour se ramener vers son corps. Sa tête se penchait sur le côté pour enfin rencontrer la paroi cousinée du fauteuil. Des yeux sombres observaient, attentives, comment pouvait-elle rester aussi curieuse quand elle apprenait la présence d’un être qui avait toujours été montré comme étant cruel. Elle aurait dû quitter, puisque la priorité n’était pas de savoir toutes ces informations. Nikolaïs était dangereux, pour elle, pour sa fille…Pour le monde.

Mais n’avait-elle pas approuvé les méthodes de Staline ? N’avait-elle pas confié qu’elle croyait en la peine de mort ? Elle qui ne la craignait pas, qui l’avait attendu, provoquée. Le Vatican pourrait très bien créer un génocide, celui des créatures et des Dieux, si les hautes têtes n’étaient pas coupées. Et Frida avait toujours cru qu’une révolution ne se faisait pas sans violence.

Il y avait encore d’innombrables questions. Elle voulait savoir ce qui s’était passée avec Sélène, elle était venue pour lui demander, être présente, lui apporter ses condoléances, avant qu’il ne lui dise la vérité...À semi contre son gré.

Nora posa la cigarette entre ses lèvres, ferma doucement les yeux, ce mouvement était répétitif, mais il était rassurant. Ne serait-ce que de sentir la fumée descendre entre ses poumons, se concentrer à la retenir un moment avant de la relâcher. C’est lorsqu’elle ouvrit les yeux que son cœur se fendit. Son visage resta de marbre, elle penchait doucement la tête et bientôt, elle laissait la mélancolie fendre son visage. Elle ne pouvait laisser un ami ainsi, voir sa souffrance et la ressentir, dans son regard, dans le tremblement de ses mains. L’artiste hocha la tête, ses mains se baissaient, la cigarette fumante entre ses doigts. Elle s’ouvrait, laissant ses pieds descendre jusqu’au sol, elle hocha silencieusement la tête.

« D’accord … »
murmura-t-elle. Il y avait encore des questions, beaucoup de questions, mais il suffisait. Il pourrait lui expliquer plus tard, ou jamais, elle n’en avait que faire. Nikolaïs n’était pas coupable de ce meurtre, c’était impossible. Nora hésitait, restait immobile un moment, puis se décida à l’approcher, elle fronçait les sourcils en regardant ses mains. « Tu vois, c’est pour ça que je fume beaucoup trop, tu devrais essayer. » Elle s’était penchée, avait relevé la tête. La modèle tentait de faire rire le peintre, mais son sourire avait quelque chose de triste et elle savait qu’au mieux, il lui servirait un sourire tout aussi mélancolique.

Elle baissa à nouveau la tête, trouvant la poche de son par-dessus un pinceau qu’elle avait laissé là alors qu’elle était partie rapidement, encore en train de peindre les derniers détails du premier et dernier portrait de Selene. La pointe était encore teinte d’ambré et de rouge, c’était sec depuis un moment, elle ne pourrait probablement plus l’utiliser, mais elle pouvait le glisser entre les doigts du peintre. « Là, ça va aller. »  souffla-t-elle. « Je ne sais pas, si je suis d’accord. C’est difficile à digérer…Peut-être qu’avec plus de temps, je me ferai une tête. Mais je comprends tes intentions. Il est inacceptable de laisser l’envers périr ainsi. Alors je serai à tes côtés, m’accorderas-tu deux promesses ? Parfois, quelques morts sont suffisantes et nécessaires, mais un génocide... »  
Il comprendrait, inutile de formuler sa demande, la main libre de Nora se posa sur l’une des deux autres, elle baissa la tête. « Et ne me laisses pas seule ici. Je ne sais laquelle est plus importante, je suis égoïste, mais je refuse de te perdre. Même si je ne sais pas si je dois t’haïr. Ne part pas…pas tout de suite. »  
Sa voix tremblait, mais Nora ne pleurerait plus, c’était terminé. C’était difficile, beaucoup trop difficile que sa conscience l’oppose à une amitié.[/color]

Sam 5 Nov - 4:04
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L’accord formulé lui fit relever la tête vers elle et la plaisanterie sur la cigarette lui arracha un sourire mélancolique. Ses épaules retombaient, la tension échappée. L’amitié n’était pas un lien acquis éternellement. Il avait cru à la rupture ce jour, mais si la corde s’était effilochée, Nora acceptait qu’il fasse un nœud, pour cette fois. Il nouait, serrait sa main, le regard perdu sur la pointe colorée du pinceau qu’elle lui décernait. Elle était adorable dans sa manière de lui remonter le moral alors que la situation n’était pas facile pour elle-même. Il l’admirait en un sens, elle savait être une femme forte. Un peu comme Eva, jadis. Il aurait largement préféré la laisser blanche et immaculée plutôt que de la salir par le sang qu’il avait sur les mains. Dans un même temps, il se trouvait incapable de cracher sur sa présence et la rejeter. Elle lui faisait du bien et dans le deuil, il en avait besoin plus encore qu’à tout autre instant. Il se leva, ses mains jointes aux siennes, l’entraînant près de lui pour finir par l’étreindre. L’une de ses mains agrippait les vêtements de la jeune femme, dans la cambrure de son dos, comme pour y évacuer la douleur. L’autre s’était logée contre sa nuque, caressant sa chevelure, tenant toujours ce pinceau. Lèvres appuyées contre son épaule, ses yeux fixaient la pointe colorée. S’il ne se retenait, il l’aurait brisée dans son étreinte tant il avait besoin de la serrer contre lui, tant le deuil le dévastait. « Je ne mènerai pas de génocide. Je sais où je dois aller. » Il n’en demeurait pas moins vrai qu’il ignorait combien de vie il devrait sacrifier pour parvenir à cela. « Je ne te laisserai pas seule, Nora. » souffla-t-il, bas, dans son oreille. Ça n’était pas facile pour lui. Il était las de cette bataille mais il la mènerait par rage autant que devoir. Alors il ne mourrait pas pour l’heure. Il n’était pas même certain de vivre assez longtemps pour détruire l’Autorité du Vatican.

Il profita du réconfort de sa présence quelques secondes ou quelques minutes. Le temps était soudain si abstrait… Probablement que Kadath lui faisait quitter cette notion terrestre peu à peu. Les entraînements avec Nyarlatothep s’étaient succédé et son apprentissage lui donnait un coup d’avance sur le reste de la population de l’Envers. Nikolaïs la relâcha lentement et vint prendre son visage entre ses mains, front collé au sien, paupières closes. Ses pouces faisaient de petits et lents cercles sur les joues de la jeune femme. « Je ne te laisserai pas seule... » répéta-t-il avant de s’éloigner et de venir prendre sa main pour l’entraîner hors de la pièce. « Suis-moi. » fit-il, une fois dans le couloir gris. Ses hommes le saluaient en allemand sur son passage, au titre qu’il avait porté pendant la seconde guerre mondiale. Celui de Führer. Expression du visage fermé, il marchait raidement, Longinus flottait à ses côtés. Plus loin, ils entraient dans une pièce plus grande que le premier salon. L’odeur de peinture à l’huile surprenait dès l’ouverture de la porte. Il y avait de très nombreuses toiles, certaines voilées ou mises dans un étui de carton ou de bois pour les protéger. Il y en avait près d’une centaine au total. Les dernières peintures en date était encore sur chevalets. Il y en avait huit, car Nikolaïs n’avait jamais réussi à ne peindre qu’un seul tableau à la fois. D’une part parce qu’à trop être sur les mêmes traits, on en voyait plus exactement les défauts à corriger, mais aussi parce que son esprit chaotique n’avait pas pour coutume d’adopter de la rigueur et de la persévérance. Le sol était entaché de gouttes peinture que l’ancien dictateur ne nettoyait… Et il ne laissait que peu de monde pénétrer dans ce sanctuaire pour le faire à sa place. C’était son refuge.

Ses prunelles d’un vert trépassé observaient en silence chacun des huit tableaux comme s’il les redécouvrait. Chacun était orienté dans un sens ou dans l’autre, aucun n’était aligné avec un autre et trahissait une fois de plus l’esprit chaotique de ces derniers jours. Ce n’était toutefois pas le pire. Ce qu’il peignait n’existait pas dans ce monde. C’était hors du commun, hors de la conception humaine. C’était de la folie, ou du génie… Mais comment pourrait-il lui expliquer que c’était l’horreur qui se trouvait dans la Contrées du Rêve, aux abords de Kadath ? « Je n’ai pas réussi à la peindre. Hécate. Ce qu’elle m’évoque n’est que ténèbres. Sa perte n’appelle que le chaos. Je n’arrive pas à… La visualiser. A la saisir. Comme si elle n’avait jamais existé. » Il serrait les dents. Il avait refusé les cris et les pleurs, pas devant quelqu’un. Il était Adolph Hitler. Il avait été chancelier aux pleins pouvoirs de l’Allemagne. Il était droit et fort. Il poussa toutefois un soupir et retira sa veste pour la placer soigneusement sur un cintre. « Tout ce que j’essaie de… Retracer de mémoire n’aboutit pas. » Il défit sa cravate et remonta soigneusement, pli après pli, les manches de sa chemise noire. « Avec un modèle, ce sera peut-être plus facile d’être focalisé. » Sans se laisser déborder par les formes inhumaines que son esprit formait. D’un geste du bras, il désignait un fauteuil : « Si tu veux être le mien pour cette nuit. » proposa-t-il. Il comprendrait aussi qu’elle préfère retourner auprès de Cristina après leur récente discussion.

Dim 13 Nov - 20:13
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Elle le laissa prendre sa main, chercher le réconfort qu’il pouvait prendre. Même si ce sourire était triste, elle était heureuse de le voir teindre son visage, plus que les mots d’un dictateur et la détresse de son regard. Elle se redressa alors que se relevant, il tenait ses mains, il y a quelques instants, elle se serait débattue, pourtant dans l’espace de quelques minutes sa colère s’était éteinte et elle trouvait en cette étreinte probablement autant de réconfort que lui en cherchait. Elle ne sut réagir immédiatement, sous la surprise, mais surtout sachant qu’il n’était pas nécessaire de faire autre chose que de le laisser prendre son temps et d’être présente. La tension retomba sous cette promesse, si injuste d’être murmurée à ce moment. Des mensonges, il pouvait en raconter tant qu’il le voulait et elle craignait qu’il veuille l’apaiser pour calmer ses doutes. Mais elle hocha la tête avant de laisser son front retomber contre son épaule.

Elle se souviendrais de ces promesses, elle ne le laisserait pas les briser, mais pour l’instant, Nora laissait le temps s’écouler et relevait la tête par ses mains. Baissant les yeux, il lui semblait qu’elle ne l’avait jamais vu aussi torturé, aussi dévasté qu’à ce moment. Il n’aurait jamais pu lui montrer cela sans mettre en danger le secret, et c’est maintenant qu’elle insistait pour s’impliquer, malgré le danger, qu’il la laissait voir le chaos.

Chaque fois que le titre résonnait aux oreilles de la peintre, elle voulait encore plus s’enfoncer et disparaître, oublier ce fait. Pourquoi les fascistes étaient-ils aussi protocolaires ? Elle ne se souvenait pas avoir vu Trotski accueilli de cette manière. Nikolaïs n’était-il pas aussi, sinon plus déchu que ce dirigeant ? C’est l’odeur de la peinture, malgré son côté irritant au nez, qui la rassura, ils entraient dans un monde différent et les toiles parcourant la pièce marquaient quelque chose de tellement étrange et onirique que cela ne pouvait être fait à partir d’une référence réelle. Elle se posait, fixait les tableaux sans savoir où commencer. Du surréalisme, de l’abstrait, cela ne pouvait vraiment s’identifier à un mouvement, mais lui rappelait le chaos dont il lui avait parlé.

Elle parcourrait les chevalets, lorsqu’elle trouvait satisfaction dans le temps à observer un tableau. Elle se retourna, lorsqu’il prononça son nom et hocha la tête et le regardant. « C’est normal tu sais. C’est ce que les deuils font. Ils s’attaquent à la mémoire, ils ne laissent que des images floues et déformées. »
La modèle s’approcha du fauteuil, retirant ses chaussures, elle laissait bientôt ses vêtements au sol et s’assied enfin, convaincue qu’elle ne parviendrait jamais à illustrer une déesse et encore moins Hécate. « Je l’ai peint. Mais je ne suis pas certaine que tu voudras la voir…je l’ai fait à ma manière et…cette toile ne sortira jamais de chez moi je le crains, même si cela serait une magnifique pièce pour une collection féministe. Je refuse de faire semblant qu’il s’agit de ce combat…je ne sais pas ce qui lui est arrivée, mais cela a besoin d’être dénoncé et non caché… »
Soupir, elle fronçait les sourcils, non elle ne pouvait s’approprier ainsi la mort d’Hécate, même si cela serait une magnifique couverture, ce serait une prise de position claire contre le cénacle et elle ne pouvait prendre ce risque en exposant la toile.

« Comment désirais-tu la représenter ? Tu peux me parler d’elle, si tu y arrive, pour donner quelques idées. »



Mer 23 Nov - 4:49
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Nikolaïs ne savait si le chaos dont il faisait l’objet depuis le trépas d’Hécate était aussi normal que Nora l’évoquait, mais il craignait fort que ce soit un attrait de sa propre personnalité plus que le deuil en lui-même. Le deuil n’aidait pas, c’était certain. Mais il ne pouvait à lui seul annihilé tant de souvenirs en si peu de temps. « Le deuil rend flou et déforme… Il ne transforme pas en… ça. » fit-il en désignant d’un geste las de la main les différents tableaux aux monstruosités chaotiques sorties tout droit de son esprit torturé… Ou de la Contrée du Rêve. Une part de lui-même appréciait grandement ces traits, ces couleurs, ces mélanges improbables. En son fort intérieur, il savait que Nyarlathotep prenait une place de plus en plus conséquente, de plus en plus dévorante dans sa vie. Et ce d’autant plus depuis qu’il s’entraînait avec assiduité à l’exploration des abords de la cité oubliée de Kadath. D’un autre geste, plus ferme, de la main, les tableaux quittèrent leurs chevalets pour aller se ranger impeccablement avec les autres, laissant ses outils de travail libres pour une besogne nouvelle.

Lorsqu’il l’observa du coin de l’œil entamer un déshabillage, il fut soulagé de l’accord implicite et saisit une toile vierge pour la placer sur le chevalet. Avec un soin méticuleux et horriblement maniaque, il repliait les manches de sa chemise pour les remonter jusqu’aux coudes et les y maintenir. Il s’était arrêté un instant, dans son geste, lorsqu’elle lui parla du portrait qu’elle avait elle-même réalisé, avant de reprendre son action lentement, acquiesçant pensivement de la tête, le visage fermé dans une expression de tristesse qui ne le quittait pas. Il prit de quoi faire un premier crayonnage, la peinture suivrait ensuite. Il reposa son regard d’un vert morne sur le corps dénudé de son modèle. Elle était demeurée charmante avec les années, et s’il ne l’avait jamais regardé avec des désirs de luxure, les courbes de sa silhouette restaient gravées dans sa mémoire à force de l’avoir si souvent peinte autrefois. Elle avait changé. Vieilli en un sens, bien qu’elle soit dans la fleur de l’âge. Elle avait eu un enfant également.

Aux dernières questions, il avait entrouvert les lèvres, puis, ne sachant que répondre, il les avait refermées. L’allemand fermait les yeux, tâchant de visualiser sa défunte mère, mais il n’y avait à sa vision que les images horribles et cauchemardesques de la Contrée du Rêve. Ça l’affectait. A présent qu’il était en deuil et fragile, ce pays de l’Ailleurs qu’il avait exploré le retournait. Il déglutit silencieusement, ravalant sa salive alors qu’il ouvrait les yeux, hocha la tête de gauche à droite en signe de négation. « Mets-toi à l’aise… Je vais… Je pense qu’il vaut mieux que je commence par simplement peindre ce que je vois. » Elle-même en définitive. Son imagination partait vers le chaos. S’il restait pragmatique, il avait plus de chance de parvenir à peinte quelque chose de… d’humainement réaliste. « Hécate a été tuée parce qu’elle était sur la liste noire du Cénacle. La même liste sur laquelle je me trouve. Elle a été tuée parce qu’elle s’est liée à moi. C’est pour me toucher qu’on l’a assassinée et salie. » Il n’y avait pas d’autre option à ses yeux. Ce n’était pas même la douleur qui lui désignait Pryam Earl comme commanditaire. C’était la logique de guerre.

« Elle était ma mère d’adoption. C’est en mère que je voudrais la peindre. C’est le seul mot qui me vient lorsque je l’évoque. Mère. Mais je… Je doute pouvoir y parvenir. » Un soupir. Il attendait qu’elle se place avant que ses yeux ne fassent des allers-retours récurrents entre la toile et le modèle. « Tu es une mère également. T’esquisser c’est comme esquisser une part d’elle. » S’il parvenait à y glisser les sentiments dans les couleurs et les formes, probablement parviendrait-il à extérioriser et diminuer le poids qu’il avait sur les épaules. Ses lèvres se scellèrent en un silence long et concentré qui dura plusieurs heures. Il était fatigué, l’horaire était des plus tardifs et s’il ne craignait de souffrir, il ne voulait en faire endurer plus qu’il ne fallait Nora. Ce qu’il avait entamé le satisfaisait enfin. Sans être achevé, il avait ce sentiment d’apaisement qui l’envahissait progressivement. La jeune peintre était probablement ce qui rattachait l’ancien dictateur à l’humanité. Sans elle, il aurait laissé le chaos croître, la haine, la destruction. Il n’avait plus que cela. Ce monde, en cette vie ou l’antérieure, se dressait promptement pour le priver de ce qui pouvait faire de lui quelqu’un de bien.

Il posa finalement son pinceau et le reste de ses outils, allant se laver les mains et les avant-bras dans l’évier de la pièce. Il retira sa chemise entachée dans le but d’en remettre une autre et ce fut ce moment-là que choisit l’un de ses sbires pour toquer et entrer. Nikolaïs avait suivi le regard de l’homme allant de son torse nu au modèle dévêtue en arrière plan. Le sorcier roula des yeux en se disant que son sbire était tout à faire capable de prendre Nora pour sa maîtresse à présent et son regard se fit insistant pour connaître la raison du dérangement. « Anthony Evans est arrivé. » Il acquiesça de la tête. « Earl… Anthony Earl... » souffla-t-il, corrigeant l’erreur de l’ignorance. « J’arrive. » L’homme quitta la pièce après un regard déplacé sur Nora et Nikolaïs en claqua la langue d’agacement, fixant lourdement l’homme qui s’excusait et se retirait. Il enfila une chemise propre : « Je vais te faire raccompagner… Sauf si tu souhaites te reposer ici quelques heures avant. Je peux te faire dormir assez profondément pour que… Tu récupères de la nuit que tu m’as cédée. »

Dim 11 Déc - 18:11
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Elle hocha la tête et se retourna, songeant qu’elle aurait peinte Hécate debout, elle. Mais Nikolaïs pouvait interpréter ce qu’il désirait, et si c’était le besoin d’expulser, de peindre quelque chose, pour en utiliser la silhouette ensuite, comme bon lui semblait. Chacun avait son processus, tant qu’il ne venait pas lui faire un discours à l’élitisme des beaux-arts, Nora appréciait l’étrange des toiles dont le peintre redoutait le chaos. C’était étrange, d’être nue devant Hitler. De savoir qu’elle l’avait déjà été, sans le savoir. Mais c’est dans un calme étrange qu’elle prenait une position plus allongée, restant assise. Elle aurait pu replacer ses cheveux, essuyer ce qui avait coulé sous ses yeux, même subtil, le peintre ne remarquerait peut-être même pas le maquillage défait. Mais Hécate était tombée, elle avait été souillée, blessée. Si l’allemand désirait lui rendre hommage, il pourrait changer ces détails, mais Nora ne pouvait se résoudre à ignorer ce qui s’était passé, comme s’il s’agissait d’une insulte de le cacher. C’est pour cette raison qu’elle l’avait peinte de cette manière, comme elle l’avait vue pour la première et dernière fois.

La modèle se refusait à toucher son ventre, mais faisant face au chevalet, on pouvait voir les cicatrices que Christina avait laissées, longues marques, rouges au plus bas de son ventre, qui pâlissaient vers le haut. Elle n’en avait jamais été complexée, consciente de ce que la peau pouvait faire lorsqu’un enfant étirait ainsi son corps. Nora avait accouché naturellement, mais étant fine naturellement, c’était inévitable. Elle qui avait fait le deuil il y a longtemps de l’idée d’un enfant, elle se fichait bien de ces marques, qu’elle accueillait. « Pourtant ça me semble étrange. Que Lord Earl soit un dictateur, qui n’ait pas de problèmes à tuer une menace. Mais Hécate…Si elle était aussi importante que tu le disais concernant la magie…serait-il vraiment assez fou pour la tuer ? »

Elle n’était pas certaine d’y croire, mais il était vrai, il n’y avait pas d’autres raisons, pas d’autre qu’ils puissent voir. Frida laissa retomber le silence, elle réclama une pause, après un certain temps, malgré qu’elle n’aimait pas en demander. Poser était difficile et c’était beaucoup plus exigeant considérant qu’il ne s’agissait pas de courtes poses comme dans les cours de représentation, aussi qu’elle avait peu dormi, sur un coin de lit simple contre sa fille, entre deux coups de pinceaux.

Lorsque l’homme s’arrêta, la jeune femme ne tarda pas à se dégourdir les bras, les étirant en tournant un peu ses chevilles, elle tournait la tête de chaque côté, puis s’arrêta en entendant la porte cogner. Rapportant ses jambes contre elle, la femme cachait en partie son corps. Elle n’avait pas honte, mais elle partageait l’énervement du peintre, il n’aurait pas dû entrer sans attendre une réponse positive, non ? La tête haute, mais silencieuse et calme malgré l’irritation intérieure, elle le regarda échanger avec le dictateur. Un léger froncement de sourcil traversa son visage, mais elle se souvenait de leur conversation, ensuite. Il s’alliait à lui, pour gagner, disait-il… Frida ne retint pas son soupir et son haussement de sourcil au regard de l’inconnu, elle ne se cachait pas vraiment, était même plutôt relâchée, mais elle n’allait pas non plus s’exposer devant lui, ce n’était pas un artiste. Elle resta là, un moment, un peu troublée, elle le voyait, de manière plus concrète, qu’il était Hitler. L’autorité qu’il avait, ces personnes qui étaient ses hommes et qui ne l’auraient jamais respectée si ce n’était ce que Nikolaïs leur imposait. Et c’est ce qu’il venait d’exiger, du respect envers elle. La peintre songea que c’était peut-être la première fois qu’une autre personne qu’elle-même exige qu’on la respecte. Elle n’en avait pas eu besoin, assez grande et forte pour elle-même. Mais ici, qui la prendrait au sérieux ? Cela l’ennuyait de penser qu’elle devrait revenir pour le revoir.
« Non… » Fit-t-elle sans le regarder tout de suite, Nora lâcha ses jambes avant de se relever, pour commencer à remettre ses vêtements. « Je ne peux pas rester plus longtemps. Christina va se réveiller, je l’ai laissé seule suffisamment longtemps. Ne t’inquiète pas, ce ne serait pas ma première nuit blanche. »

Lorsqu’elle eut terminé de s’habiller, elle s’approcha de lui pour faire ses aux revoir, en espérant ne pas avoir à croiser le réanimateur en partant. « N’oublie pas, car je refuse que ce soit notre dernière rencontre. » La tête haute et sereine, mais son regard avait quelque chose de triste, certes elle avait peur de le perdre. Peur qu’elle aurait dû renoncer à le vouloir en vie. Peur que le monde se porte mieux sans cet homme. Elle ne voulait plus penser, elle ne voulait plus de sa conscience. Pourquoi les extrêmes ne pouvaient rester aussi absolus qu’elle les avait connus ? « Essaie de dormir et…ne pleure plus. Écris-moi, si tu le peux. » Fit-elle en posant la main sur sa joue, passant son pouce sous son œil, comme si elle voulait sécher les larmes qui avaient coulés plus tôt. Nora baissa enfin les yeux pour s’éloigner. Il n’y avait bien qu’elle pour demander à un dictateur de respecter une promesse…

Ven 13 Jan - 5:59
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Juste et Damné | Nora
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