Partagez | 
 

 Qui ne joue pas ne gagne ni ne perd

avatar
L'étrange sous la normalité : Mort je suis, Eurynome est mon nom.
Mortels me fuient, ils m'appellent démon.
Belles âmes, venez en mon royaume honni,
Et jouissez de ma ténébreuse nuit.
Avec moi l'Eternité sera vôtre,
Liberté des sens pour mes apôtres.
Mais secrets irrévélés doivent rester chuchotés,
Pour que sécurité nous soit conservée.
Tell me More : Démon de la Mort
PROFESSION : Antiquaire en apparence
Crédits : Tumblr & Howard
Messages : 51
Points : 1016
On l'attendait. Un rendez-vous inhabituel. Bien tentateur il devait l'avouer, venant d'une belle mortelle.

Si méfiance en son coeur guettait, il n'avait pu résister à son éternelle curiosité. Curieux oui, avide aussi, gourmand insatiable d'une faim sans fin, un de ses plus sournois penchants qu'il n'avait su prendre en main. Ou qu'il n'avait pas voulu prendre, très certainement. Il fallait bien qu'il entretienne quelque propre tourment. Sinon l'ennui risquait fort de l'ensevelir dans son avanie. Non, il préférait encore de cette faim immortelle la tyrannie.

C'est sur cette pensée, qu'il finit d'ajuster sa chemise. Pas de cravate, pas de ses liens qui vous enserraient le cou, tel un futur pendu devant son gibet, aussi beau soit-il, aussi doux. Non chemise ouverte au col donc, sous une simple veste bien coupée. Sobriété avait toujours été son maître mot. Elégance raffinée aussi dans sa plus stricte simplicité. Lui qui pourtant aimait tant se complaire dans la beauté d'oeuvres à l'art tiraillé, travaillé, si savamment étudié, si sophistiquée... de ces oeuvres qui le mettaient si bien en valeur dans toute sa splendeur. La Mort incarnée, la Faucheuse alors peinte et chantée, dans toute sa puissance outrageuse, dans des harmonies parfois fort tapageuses, si éloignées de sa presque austérité. C'était là encore une de ces belles contradictions dont il aimait se parer.

Expirant un long souffle dont il n'avait guère besoin, il s'autorisa un instant de méditative contemplation dans son miroir. Enfin satisfait de ce qu'il y voyait, il s'en détourna, et sortit dans le vent frais de la mi mars. Le printemps. La renaissance selon les Hommes, la Vie reprenant ses droits. Ah s'ils savaient... L'hiver de la Mort et la Vie de l'été n'étaient finalement qu'un éternel et trompeur ballet. Les saisons n'avaient jamais su, ne savaient et ne sauraient jamais instaurer de pareilles frontières entre de si vieilles soeurs, de si belles ennemies et de si savantes amies. Mais que les Hommes chérissent donc leurs précieux symboles après tout, si cela pouvait nourrir alors leurs folles croyances.. et la puissance de ceux en qui ils croyaient.

Avec un sombre sourire, son regard clair observant rapidement le ciel crépusculaire, il reprit sa marche, descendant lentement vers la Grande Place. On le suivait, réalisa-t-il soudain, tous ses sens aux aguets. Avant que finalement il sente... Il le sente. Ainsi donc il le suivait ? Soit, s'il le voulait. S'il savait se tenir et ne pas semer de catastrophe inepte comme seul lui en avait le secret... Avec un léger haussement d'épaules, Eurynome reprit son chemin, sans se départir de son sourire un brin mesquin. Descendant ensuite vers le quartier marchant, d'un pas presque nonchalant, faisant fi des ombres du loup s'étirant, il bifurqua ensuite rapidement une allée à l'est. Direction quartier des plaisirs, un quartier où il laissait peu errer ses propres soupirs. Ce n'était pas, d'ordinaire, l'un de ses attraits. Mais c'était là qu'une belle âme, belle dame aussi, lui avait donné rendez-vous. Il aurait pu changer le lieu, de méfiance avivée... mais il y avait vu soudain le signe d'un nouveau jeu, même si danger fou.

Plaisirs coupables, oui, il avouait. Jouer, attiser sans cesse sa curiosité, de tout danger s déjouer... oui, voilà ce qu'il aimait. Il avouait, plaisirs coupables, pensa-t-il alors qu'il se tenait devant la devanture du lieu où on l'attendait. Et il entra dans les Plaisirs Coupables, montrant rapidement sa carte d'identité, avec une froide austérité, et un calme qui devait paraître pour cet endroit un peu trop sage.

- Monsieur Mortimer, susurra l'homme à l'entrée. Oui, on vous attend. A l'étage, deuxième salle sur votre droite. La meilleure vue sur la scène, indiqua-t-il tout en lui rendant sa carte d'un air goguenard.

Haussant un sourcil des plus sceptiques, et offrant l'un de ses sourires les plus cyniques, Elie n'accorda à cet autre plus grand intérêt. Et pénétra dans l'antre de sa future culpabilité. Du moins il l'espérait. Culpabilité, voilà bien un sombre sentiment qu'il n'avait jamais su éprouver. Si peu du moins, si rarement... de simples ersatz filaires d'un sentiment qui lui était alors hors de portée. Soubresauts étranges de ce qu'il n'avait jamais connu : l'humanité.

Il entra donc, laissa ses orbes clairs errer sur la scène, des lieux s'imprégner, d'étudier chaque bruit, chaque être, chaque vie... puis laissant cette douce flagrance de tant d'âmes l'enivrer, et de tant de non âmes mêlées, il aperçut l'escalier. Y monta, sa main errant en un doux frottement le long de la rambarde, son regard flottant vaguement vers la scène en bas. Deuxième salle sur la droite. Il s'y laissa glisser furtivement, ombre parmi les ombres... et y fit sursauter la belle femme qui sagement l'attendait.

Belle dame oui, qu'il n'aurait du faire attendre s'il avait été gentleman. Mais Mort il était, Mort il resterait. Et même pour une si savoureuse âme, à aucune règle il ne se plierait.

- Vous m'avez fait peur, murmura-t-elle, une main sur le coeur, tout en tentant de reprendre une respiration plus calme, après cette soudaine surprise qui avait su affoler ses sens. Vous vous êtes fait attendre, reprit-il, avec une moue de faux reproche.

D'un léger sourire, il lui répondit, s'avançant d'un pas nonchalant, s'inclinant légèrement, et.. lui offrant le baise-main qu'elle lui quémandait de sa main tendue vers lui. Ses lèvres frolèrent à peine la peau diaphane et si douce au toucher. Une caresse, peut-être une promesse.

- Je viens toujours à point nommé, susurra-t-il, enjoleur. J'apparais toujours quand sonne le glas de mon arrivée.

Si elle savait... Peut-être savait-elle ? Après tout elle avait dit lui proposer un marché. Qu'elle avait une offre qu'il ne pourrait refuser. Elle savait pour sa qualité de démon. Savait-elle seulement lequel d'entre tous les noms ?

- Oui, à qui sait attendre, la Mort vient toujours vous prendre, répondit-elle sans l'once d'une peur.

Une lueur taquine scintillant dans son regard mordoré. Oui, elle savait. Le jeu n'en serait donc que plus serré. Mais aussi plus apprécié. Et Eurynome sentit son sourire s'agrandir, presque sincère.

- Toujours en effet.

Elle lui désigna un siège en face de lui, et il ne se fit pas prier pour y prendre place.

- Je me suis permis, ajouta-t-elle, tout en désignant deux verres sur la petite table entre eux. J'espère que vous aimerez. Une des spécialités de ce lieu.

Méfiance et suspicion refirent surface, vieilles amies, avant que finalement il accepte de s'y risquer.

- Assez...

"Surprenant."

- Savoureux, fit-il.

Avant qu'un bruit ne les interrompe dans ces prémisses indolents.

Mer 3 Aoû - 21:35
Voir le profil de l'utilisateur • • • • • •
avatar
L'étrange sous la normalité : Someponies just want to eat humans <3
Tell me More : Chhhh. Don't talk about the secret.
PROFESSION : Monture d'Eurynome
Crédits : Michael Tintiuc
Messages : 257
Points : 698
Poney de l'Enfer
L'idée était admise, psychologiquement adoptée. Aujourd'hui, de la compagnie du maître il fallait profiter. Cette idée folle et humaine, de l'Endroit, qu'était le travail, les préoccupait bien trop, les éloignait l'un de l'autre trop souvent. L'each ressentait la lassitude de devoir, le soir, se poser dans le salon et, de là, guetter le retour de celui qui était la raison de son existence, pour lui offrir toute la joie qui lui était due à son arrivée. Aujourd'hui était le jour où Max proposerait une balade, là où le coeur du maître les porterait.
D'impatience et de fierté parée, la monture s'était dirigée vers la pièce où le maître la présence du maître transparaissait. Un coup d'oeil, discret, furtif, silencieux, beaucoup plus silencieux que ce petit coeur qui se brisa en sa poitrine, voyant le maître achever de s'apprêter. Oh. Non. Il avait... Il avait déjà prévu quelque sortie. L'each eut une moue mélancolique, avant que lui vienne une idée. Se détournant de l'image du maître, lequel contemplait de toute évidence son non-noeud papillon très ben non-serré, Max prit prestement le chemin de sa chambre. Le maître s'offrait une sortie chic ? Soit, il ne serait point seul. Envoyant valser toutes les parures qui ne seraient appropriées pour l'occasion, l'each uisge retrouva, tout au fond de son armoire, ces sombres habits dont la coupure évoquait tant le sérieux aux bipèdes. Son maître aimait bien, semblait-il. Proprement, la chemise sombre et le pantalon noir à la coupe si droite, vinrent remplacer le t-shirt et le jeans. Avec des gestes un peu malhabiles, la monture ceignit sa crinière, encore humide, mais soigneusement défaite des algues qui normalement s'y coinçaient toujours, comme un présent glissé chaque jour par la Grande Mère. Voilà. N'est-ce pas là une allure des plus présentables ? Le maître n'aurait de raison de ne laisser sa monture suivre ses pas. A vive allure, Max sortit de sa chambre. Grand bien lui en fit: quelques secondes de plus, et celui qui lui était si cher aurait disparu de sa vision.

Ses oreilles savouraient le craquement de la neige sous ses sabots de cuir. Le maître dut l'entendre, il ne pouvait en être autrement. De toutes évidences, l'autorisation était donnée pour l'accompagner. Pas un geste de refus, une indication pour faire marche arrière, d'infimes indices de réprobation que l'each commençait à reconnaître de son maître adoré. Peu à peu, Max se rapprocha de l’ombre du Maître, jusqu’à s’y glisser. Pas un ordre contraire. Voilà qui ravivait la joie de l’infernale créature, glissait sur ses lèvres un sourire presque enfantin. À sa joie, elle n’eut aucun mouvement de recul devant l’établissement auprès duquel ils se rendaient. Etonnant, qui aurait cru que ce serait là le genre de lieux fréquenté par le Maître ? Pas Max. Mais les surprises étaient toujours possibles. L’idée que le maître puisse vouloir de l’intimité ne l’effleura pas. Ce n’était pas encore un réflexe que de songer à ce concept-là. Pour l’heure, seule l’idée d’autorisation restait, et cet insigne honneur qu’était celui de passer avec le maître du temps que ce dernier offrait à son bon plaisir. Max avait bien l’intention de ne pas faire regretter à Eurynome son choix.

Ombre de son ombre, l’each resta cramponné au Maître pour pouvoir rentrer, ne le relâchant qu’une fois à l’intérieur, pour le suivre dans la direction indiquée. Le Maître était attendu ? Oh, il n’était pas impossible, au final, que Max l’ait suivi dans un rendez-vous d’affaires. Pourvu que ce ne soit le cas. Les discussions d’affaires étaient ennuyeuses au possible. Alors que si c’était un ami, Max pourrait interagir aussi, et peut-être se faire également un camarade de jeu, lequel aurait au moins une passion commune !
Inconsciemment, l’each laissa ses sens traîner en ce lieu. Beaucoup d’agitation, il en fallait moins pour captiver la créature. Même son nez humain percevait les multiples odeurs présentes ici. Alcools, sueurs, parfums, un mélange aussi hétéroclite que peu harmonieux. Le vacarme ambiant créait immédiatement une sorte de casque, posé sur sa tête, l’isolant des sons qui l’intéressaient. Cette discussion, là-bas, un peu enflammée, par exemple… Oh ! Le maître, il s’était écarté ! L’each le rattrapa en quelques brèves foulées.
Droit comme un i, comme devaient l’être les serviteurs quand il n’était question d’eux. Tant que rien n’indiquerait si oui ou non sa participation était voulue par Eurynome, tant que la question ne se tournerait pas vers cette filiforme créature qui l’accompagnait, à l’aura humide. Sans un mot, Max fixa cette créature féminine qui leur faisait face. C’était… Surprenant. Vraiment. Pourquoi, cette fois-ci, l’envie de jouer n’était pas ce qui primait ? Sans le réaliser, Max fronçait le nez, comme pour mieux renifler leur camarade. Pourquoi ce picotement en son coeur, et pourquoi cette idée étrange…

Elle était néfaste. Il fallait l’écarter du maître. De toutes façons, Max était de meilleure compagnie qu’elle ! Elle n’était pas assez respectueuse du Maître. Le regard de l’each se voila peu à peu de méfiance et de reproches, tout juste masqué par la pénombre environnante. Le maître amena la boisson à ses lèvres. Non, il n’allait pas… Sous l’effet de la surprise, Max n’eut pas un geste. N’était-ce pas évident ? Cette jeune femme ne leur voulait pas du bien. Etait-ce là un test ? Est-ce que tout était calculé pour observer les faits et gestes de l’each ? Soit. S’il le fallait.

”- Puis-je goûter, mon oncle ?” Une demande, qui se voulait polie et presque discrète.

Sans même avoir attendu sa réponse, la monture avait glissé ses fins doigts autour du verre, avant de le porter à sa bouche. Plusieurs grandes lampées. Voilà. Ainsi, si poison il y avait, divisé entre eux deux, il deviendrait bien moins efficace. Re-posant le verre, l’each chercha à croiser son regard d’ambre avec son maître. Là, comprendrait-il les intentions derrière le crâne de sa monture ?

”- ...Surprenant.” Un aveu, au ton qui se voulait proche de celui de l’oncle fictif.

Ceci fait, Max s’assit, non-loin d’Eurynome. Jambes croisées, sa tête appuyée sur sa main, ses yeux allant et venant entre le maître et sa chère “amie”, se moquant clairement de la scène en contrebas. Ils voulaient lui imposer des tests ? Soit, cette monture joueuse allait leur prouver qu’à ce jeu-là, elle n’était pas aussi inconsciente que ce qu’ils pouvaient espérer.

Mar 16 Aoû - 21:35
Voir le profil de l'utilisateur • • • • • •
avatar
L'étrange sous la normalité : Mort je suis, Eurynome est mon nom.
Mortels me fuient, ils m'appellent démon.
Belles âmes, venez en mon royaume honni,
Et jouissez de ma ténébreuse nuit.
Avec moi l'Eternité sera vôtre,
Liberté des sens pour mes apôtres.
Mais secrets irrévélés doivent rester chuchotés,
Pour que sécurité nous soit conservée.
Tell me More : Démon de la Mort
PROFESSION : Antiquaire en apparence
Crédits : Tumblr & Howard
Messages : 51
Points : 1016
Si son hôte fut étonnée de la présence de l'each, elle n'en montra rien. Aucun sourcillement, aucun geste, qui l'aurait trahie, juste un sourire malin. Sans doute s'y était-elle attendue. Pas que le démon ait projeté d'y aller accompagné... mais visiblement elle y avait pensé. Bien trop pensé, cela sentait le piège tendu.

Mais qu'importait, songea Eurynome, lui offrant à son tour un sourire un brin cruel. Il aimait jouer, et le jeu prenait un autre tournant, un autre piquant. Il était persuadé toutefois que derrière cette belle créature quelqu'un d'autre tirait les ficelles. Et il voulait savoir qui : un autre immortel contre lui courroucé ? Une autre âme damnée voulant se venger ? Il escomptait bien avoir réponse dès cette nuit.

”- ...Surprenant.”

Elie manqua de rouler les yeux au ciel. Cet each était une calamité. Ce doux vin, savoureux nectar exquis, n'était finalement nullement un danger. Et si tel avait été, son serviteur avait mis bien du temps à réagir pour l'en sauver...

Son exaspération arrêta toutefois son ascension sur les tranchants aiguisés de sa patience, quand il réalisa le dernier mot échappé des lèvres de son each à la sombre innocence. Surprenant. Surprenant. Tel le mot qu'il avait lui-même pensé avant de finalement en changer. Se pourrait-il... ?

Son each comprenait-il enfin la pleine puissance de leur lien ? Avait-il enfin appris ce qu'étaient les pouvoirs du plus proche serviteur du démon ? Cette possibilité laissa un instant Elie sans voix, tandis que gonflait en lui un espoir sans nom. Peut-être, oui peut-être, ce canasson pouvait-il vraiment être sien.

Même si, en voyant l'air presque avachi que venait de prendre ledit canasson, Elie sentit le doute de nouveau s'insinuer. Déplorables manières, aucun maintien, aucun savoir-vivre, des connaissances éphémères... A lui vraiment ? Cet each si peu digne du prince qu'il était ?

Secouant la tête, il s'efforça de revenir au temps présent, au temps filant, alors que leur belle hôte déjà reprenait :

- Je suis heureuse que cette petite surprise vous plaise. Et ce n'est que la première de la soirée...

- Alors autant se mettre à l'aise, répondit Eurynome, tout en croisant nonchalamment les jambes et en dénouant un bouton de sa chemise. D'autant plus que je pressens que la "soirée" va être longue.

Un fin sourire vint orner ses traits acérés. Un sourire toutefois sans aucune chaleureusité.

Danger lui criaient tous ses sens aux aguets. Danger, oui, auquel il aimait tant se frotter. Mais danger tout de même et pas des moindres, réalisait-il soudain.

- Que vouliez-vous donc me dire pour ainsi m'inviter dans cette antre bien sombre ?

Se disant, en un geste calme et faussement serein, il joignit devant lui ses deux mains.

- Ne l'avez-vous pas encore deviné ? musa la jeune femme.

Un rire clair lui échappa, voletant dans l'air entre eux trois, avant que les notes retombent plus bas. Ses cheveux de flamme furent rejetés en arrière dans son mouvement, révélant tout leur éclat. Les flammes de l'Enfer, les flammes aux démons si chères... Quelques noms s'esquissaient alors pour ce tortueux marionnettiste. Des noms dont il fallait se méfier, des noms qui brandissaient ruse et chaos tel un étendard fétichiste.

- J'avoue avoir quelques idées, concéda Eurynome. Mais il n'y aurait aucun plaisir si je devais tout présager.

Il lança un rapide regard vers son Each, espérant le mettre ainsi en alerte. Qu'il se réveille et vite, il pourrait bien se révéler utile plus rapidement que prévu. D'ici peu, il le pressentait, danger se révélerait, insidieux, peut-être à leur insu. Il fallait rester aux aguets, ce n'était plus le moment de rester inerte.

Un autre rire lui répondit, ramenant l'attention d'Elie sur la belle rouquine.

- Aucun plaisir en effet. Nous avons veillé à ce que vous puissiez alors goûter à celui-là... Eurynome.

A peine le nom se fit-il entendre, qu'Elie sentit son corps se tendre. Mais...

Lun 19 Sep - 15:18
Voir le profil de l'utilisateur • • • • • •
avatar
L'étrange sous la normalité : Someponies just want to eat humans <3
Tell me More : Chhhh. Don't talk about the secret.
PROFESSION : Monture d'Eurynome
Crédits : Michael Tintiuc
Messages : 257
Points : 698
Poney de l'Enfer
Les regards de son maître, Max les avait sentis, comme autant d'ordres tacites. Alors son dos s'était redressé, sa main avait cessé de supporter sa tête pour se poser sur l'accoudoir de son siège. Quant au second regard, cette seconde attente... Elle sortit l'each de ses rêveries, poussa son attention à suivre celle du maître. Ses prunelles d'ambre s'accrochèrent alors à la jeune femme, à la recherche de ces indices dans son attitudes qui pouvaient la trahir. Dans le monde merveilleux des poneys, c'était un jeu basique, c'était la base de leur communication. Si Eurynome désirait, en effet, tester sa monture là-dessus, il ne pourrait que vérifier qu'elle n'avait été privée de ce qui aux siens était inné. Le maître pouvait se concentrer sur les mots, ces ondes qui venaient troubler l'attention et détourner de la vérité. Max s'occupait du reste.

Un tel regard, fixe, aurait pu être malpoli si la demoiselle n'avait été en pleine communication. Max voyait tout. Si le langage corporel humain comportait encore de nombreux mystères, l'habitude et l'intérêt naturel de l'équine créature lui donnèrent déjà quelques indices. Comme ce petit froncement des lèvres, alors qu'elle riait. Très mauvais signe. Ses muscles se raidirent, prêts à bondir. L'instant pouvait arriver d'une minute à l'autre.

Il vint. L'instinct de l'each parla avant toute autre réflexion. Avant même qu'elle ait prononcé ce si dangereux nom, une magie puissante parcourut le corps de l'each. C'était comme si la jeune femme prenait soudainement toute la place en ces lieux, et la haine que lui vouait Max n'avait plus de limites. C'était une conviction qui s'imposait: elle allait agir. A vive allure, la main de Max s'empara de celle du maître et, d'un bond, son autre main vint s'emparer de la rousse, de la première partie du corps de cette dernière qui lui était accessible -ses cheveux, en l'occurrence. Les ombres l'enveloppèrent une fraction de seconde, alors que son apparence se changeait brusquement. Sa métamorphose n'était pas même finie, Elie et sa chère amie étaient déjà attirés dans la téléportation, dans ce bref voyage par-delà les dimensions. Avec les verres de diverses boissons qui occupaient les lieux, ce n'était même pas difficile.

Un instant, un bref instant, l'each les transporta. Le maître, par un contact difficile à définir (comme si sa main était sur son poil, sans y être... Comment était-ce possible ?), la rousse par les crocs. Dans l'imbroglio que représentait cet espace qui n'en était pas un, la monture sut retrouver l'endroit qui l'intéressait, et s'y projeter. Mais si elle prit soin de son maître, à l'atterrissage, il n'en fut pas de même pour leur compagne.
Les arbres autours d'eux étaient sombres. L'ambiance chaleureuse et grouillante de vies, d'âmes, de bruits, s'était modifiée pour une nature brute, glaciale, silence. Ombres et neige. Nuit et glace. Calme et rage. L'each jeta leur ennemie à terre, appuya d'un sabot sur son épaule. Ses crocs claquèrent violemment à côté de la gorge qui s'offrait. L'envie ne manquait pas. Le sang pulsait, là-dessous, et la chair était si attrayante.... Mais outre le manque de noyade qui en gâcherait le goût, le fait demeurait que cela ne serait peut-être pas au goût du maître. Ah, bigre, le maître ! Max ne songea qu'à cet instant à l'approbation de ce dernier. Ses crocs enneigés laissèrent places aux quenottes des bipèdes. A quatre pattes au-dessus de sa proie, l'each tourna sa bouille d'ange vers celui qui était tout pour lui.

"- Je m'excuse de mon manque de manière, maître. Je sens le mal qu'elle vous veut, j'ai paniqué... Mais peut-être vouliez-vous jouer avec elle ?" Sans retirer son poids de leur chère amie, l'each ajouta: "Vous seul avez à décider de son sort..." Secrètement, un espoir naissait: celui que l'ordre soit donné de dévorer ce blasphème.

Ven 30 Sep - 22:04
Voir le profil de l'utilisateur • • • • • •
Contenu sponsorisé

• • • • • •
 
Qui ne joue pas ne gagne ni ne perd
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Lukas&Lillyana Ϟ Parfois on gagne, parfois on perd
» Quand on joue au jeu des trônes, on gagne ou on perd. C'est pareil pour toi et moi. # pv Jersey #
» "On joue à pile ou face ? Pile, je gagne, face, tu perds."
» Qui joue d'un ou de plusieurs instruments...
» On ne change pas une equipe qui gagne

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Weird Tales :: 
 :: Les flashbacks
-