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 [CREATURE] Imrinn Macléod

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L'étrange sous la normalité : La Bête du Gévaudan
PROFESSION : Gardien du Nemeton
Crédits : Pinterest & Pryam
Messages : 164
Points : 208
L'homme piégé dans la peau du Loup



♜ NOM : MacLéod
♜ PRÉNOM : Né Keith, il fut renommé Imrinn lors de son adoption druidique
♜ NOM ETERNEL : La Bête du Gévaudan
♜ RACE : Sorcier
♜ ÂGE : 411 ans avec une apparence physique indéterminée
♜ DATE DE NAISSANCE : 25 Avril 1604
♜ PROFESSION : Chien de garde pour le Cénacle
♜ PAYS D'ORIGINE : Écosse, Highlands
♜ SITUATION FAMILIALE : Célibataire
♜ TRAITS DE CARACTÈRE : Bourru – Bienveillant – Cultivé – Exigeant – Mélancolique – Susceptible
♜ OPINION SUR LE SECRET : Neutre – Chaque cycle arrive à sa fin et celle du Secret approche à grands pas. L’humanité déclinante s’est oubliée de la magie et du merveilleux, préférant évoluer sur un chemin de raisonnement et de science. Elle aussi touche à sa fin et seule la Nature sait quels seront ses prochains enfants ou quels outils leur seront offerts.
♜ CRÉDITS : Pinterest et ses nombreuses vignettes - Retouché par Llyrielle




♜ LIVE :

First glance at the world. First cry, but unfortunately not the last,
Printemps 1604.

Ce fut par l'une de ces interminables bruines écossaises que vit le jour Keith MacLéod, troisième enfant de la lignée du même nom. Son tout premier hurlement résonna sur les pierres sombres et humides du château avant qu'il ne soit muselé par le sein de sa mère éreintée : fionna MacLéod, sorcière des landes.
Satisfait de cette naissance réussie, Duncan MacLéod, chef du clan à ce jour, décida d'attendre la fin du sevrage pour voir déjà si l'enfant y survivrait mais surtout pour prendre sa décision quant à l'avenir qu'il lui serait réservé.
Possédant déjà un mâle héritier, premier né de surcroît, le clan n'avait pas à s'inquiéter de la succession du titre. De plus, leur fille cadette était promise à l'un des Clans éminents des Highlands, pérennisant les alliances et assurant la domination du clan Macléod sur le plan geo-politique.
Après trois années au sein de sa nourrice, il apprit à marcher et balbutia bientôt ses premiers mots gaéliques, mêlés à de l'anglais abâtardit. Il fut décidé que le benjamin consacre sa vie à Dagda et honore le sang sorcier qui coulait dans ses veines.


Look at the world, learn and do not look back my child,
Été 1612 : Naissance d'un nouveau sorcier - Écosse.

Les dernières dents poussées et les langes rangées au placard, Keith s'habilla du kilt si représentatif de son peuple, arborant fièrement les couleurs de son clan pour parcourir les terres seigneuriales sur le dos de son poney. La relation avec son père resta courtoise, voire même distante puisque la préférence du patriarche allait naturellement à son premier né.
Pour sa part, n'ayant plus à traiter avec un nourrisson, mais bien un petit bout d'homme, Fionna récupéra l'éducation de son second fils avec grande joie. Elle n'oublia pas de lui apprendre le gaélique irlandais, sa langue maternelle, mais favorisa plutôt les bases dans la lecture des ogams et des runes.

Les quelques saisons qui lui restèrent de son enfance écossaise s'écoulèrent en une farandole d'apprentissages variés comme l'équitation, l'arithmétique ou encore un anglais beaucoup plus commun et raffiné. Il apprit d'autres matières, ses parents cherchant en tout premier lieu, malgré son jeune âge, à renforcer sa mémoire pour que toutes les chances lui soient données lorsque viendrait son départ.
Ce fut lors d'un été couvert d'orage, à sa huitième année, que le jeune Keith quitta le berceau familial pour prendre un bateau en direction de l'île lointaine et froide qu'était l'Irlande. Escorté du maître d'armes du clan ainsi que de quelques guerriers et serviteurs, l'enfant navigua sur des eaux troubles et agitées pour parvenir jusqu'aux côtes noires et lugubres de sa destination. La gorge compressée d'angoisses, les lèvres scellées par l'honneur des Macléod, l'enfant pleura au secret de son coeur meurtri


This is not according to the fortune that we weigh the spirit,
Solstice d'hiver 1624 : Départ pour une nouvelle vie - Écosse.

Arraché à tout ce qui lui était familier, le jeune MacLéod ne garde qu'un souvenir flou de son arrivée en Irlande. Laissé aux abords d'une clairière en plein cœur de l'île, étranger parmi des centaines d'autres enfants, il se sentit plus seul que jamais. Ils étaient tous réunis en ce grand jour pour la sélection qui n'avait lieu qu'une fois tous les dix ans. Noble et paysan, cela n'avait guère d'importance.
Les premiers jours se succédèrent au rythme de nombreuses épreuves qui englobaient de vastes sujets intellectuels, mais aussi des examens physiques ainsi que de nombreux exercices sportifs. D'après les coutumes, le druide se doit d'être un guide, un exemple car il était jadis celui qui représentait l'autorité spirituelle et administrait le sacré. Il se doit donc, aujourd'hui encore, d'être irréprochable autant de corps que d'esprit.
Au fur et à mesure des jours, la liste des candidats chuta drastiquement au point où seulement trois enfants furent sélectionnés. Keith, comptant parmi les élus, se retrouva sacré "fochlocon" (apprenti) et fut adopté par un druide qui le renomma dès lors Imrinn. Par la sorcellerie qui coulait en ses veines, l'enfant fut naturellement dirigé vers la branche des "fàith" (devin), celle des devins et des médecins.

Il lui fut enseigné entre autres la grammaire, comme un approfondissement de ses connaissances en l'art des ogams, mais il couvrit aussi les sujets de la politique et du militaire. En tant que druide, il se devait d'être l'incarnation de la sagesse et du savoir, retenant l'Histoire par de nombreux poèmes et chants.
En plus de notions médicales par voies magiques, sanglantes (chirurgie) et végétales (herboristerie), il lui fut appris les voies délicates de la divination par l'interprétation des augures. On lui enseigna de nombreux rituels et sacrifices avec un complément succinct d'astronomie et de théologie, de diplomatie ainsi que d'autres sujets tout aussi vastes qu’innombrables.
Ce ne fut qu'au terme de douze années d'apprentissage intensif qu'Imrinn eut le droit de porter l’emblème le plus sacré des druides : la branche de chêne. Faisant partie du grade le plus bas des sept rangs sacerdotaux, la broche qui lui fut confiée se révéla forgée dans le bronze. Ayant achevé ce pour quoi il était venu en Irlande, son clan lui intima de rentrer en Écosse... ce que le jeune druide refusa.


The one who forgets his roots, loses a part of its soul,
Période de 1630 à 1640 : Continuation de l'apprentissage - Irlande & Écosse.

Ce ne fut qu'en 1629, après l'édit de Charles 1er visant à interdire le culte catholique en Écosse et en Angleterre, que de nouvelles tensions religieuses s'instaurèrent. Pour autant, Imrinn resta sourd aux appels incessants de son clan pour le faire revenir et fut bien décidé à poursuivre son apprentissage malgré ses lacunes en sorcellerie familiale.
Il passa ainsi plusieurs années à parcourir l'île aux plages noires, peaufinant sa connaissance de la nature et rencontra quelques sorcières des landes pour connaître de nouveaux rituels mineurs et saisonniers. Il supporta même le côté paternaliste des moines catholiques afin d'en apprendre plus sur l'herboristerie du vieux continent.
Gravissant les grades druidiques, il sut enrichir sa bibliothèque de chants, de poèmes et d'histoires merveilleuses. Malheureusement, le savoir des druides commençait déjà à se perdre et il ne restait que les lambeaux épars d'une coutume oubliée, voire tournée au ridicule par l'Église romaine. Ce ne fut qu'au milieu de la décennie qu'il profita de la migration discontinue des Irlandais vers la Barbade pour retourner sur ses terres natales.

La situation des Macléod n'était pas à plaindre, bien que les Highlands soient les plus réfractaires à la répression religieuse, le clan se portait merveilleusement bien. Comprenant que sa famille l'avait leurré pour forcer son retour, Imrinn concéda de bon cœur cette victoire et accepta de s'installer avec ses parents. Après tout, il estimait avoir fait le tour de l'Irlande et de ses secrets.
Durant presque cinq ans, le druide se plongea dans son apprentissage d'une sorcellerie propre aux Macléod que ce soit dans l'interprétation de la nature ou encore par l'approche d'une médecine découlant de la magie. Il compléta ainsi son savoir-faire, récupérant quelques secrets de famille par la même occasion.
Imrinn arrivait au sommet de sa vie, atteignant l'âge respectable de trente-six printemps, toujours fringant par l'utilisation de sa magie. Rendu au troisième rang druidique, porteur de l'insigne de la branche d'argent et détenteur de cinq grandes histoires ainsi que plusieurs centaines de poèmes. Le benjamin des Macléod pensait continuer sa vie paisiblement... mais c'était sans compter sur la Première Révolution Anglaise et ses terribles conséquences en 1641.


Our fate, it was to win the war even if it meant destroying what we believed to defend,
Année 1649 : La première révolution Anglaise - Écosse & Irlande.

Il ne fallut que l'arrogance d'un seul monarque pour mettre le feu aux poudres. Charles 1er, par ses aspirations démesurées, souhaite unifier l'Écosse, l'Angleterre et l'Irlande sous un même trône : le sien. Se prétendant de droit divin, il manœuvre à plusieurs reprises à l’encontre des Irlandais (l'on parle alors de la politique des plantations) ce qui déclenche la Guerre des Évêques puis le soulèvement écossais... provoquant à nouveau celui des Irlandais lorsque même l'Angleterre s'insurge contre son roi.
Face à l'enchevêtrement politique, royal et religieux qui s'engage sur les deux royaumes lui étant aussi cher l'un que l'autre, Imrinn hésite durant de longues semaines de supplice moral. Une part de lui désire rester auprès de sa famille tout juste retrouvée, mais son code moral lui intime de retourner en Irlande pour soutenir les clans qui croyaient encore aux anciens Dieux païens. Finalement, le druide cède à son honneur et tourne une fois de plus le dos aux Macléod pour prendre la mer et rejoindre l'île aux plages noires.

Il débarqua en plein cœur d'un conflit mineur, puisque le plus gros de la révolution se passait en Écosse. N'ayant aucune crainte pour sa famille, autant pour leur puissance magique que leur lourd héritage financier et leur position sociale, Imrinn s'occupa de rassembler le plus de troupes possible. Sa condition de druide fàith lui donnait un rang militaire non négligeable car les armées traditionalistes qu'il regroupa  respectaient son avis et se galvanisaient de ses exhortations de protection.
Ce ne fut qu'à la fin de la révolte écossaise que la Némésis irlandaise tourna son ire sur l'île et entama ce qui fut considéré dans l'histoire du pays comme l'une des pages les plus sombres jamais reportées. Depuis 1641, l'Irlande était sous l'égide de la Confédération Irlandaise : favorable au retour du Roi Charles II et du culte catholique, Cromwell arriva près d'une décennie plus tard -encouragé par sa victoire sur l'Écosse- avec en lui toute sa haine pour le culte papal.

Imrinn, encore aujourd'hui, considère cette confrontation comme la plus violente et la plus meurtrière qu'il lui fut donné d'assister. En l'espace de trois ans, c'est près de la moitié de la population Irlandaise qui se trouve massacrée par l'armée de Cromwell. Ce quasi-génocide est considéré, même selon les critères laxistes de l'époque, comme un véritable crime de guerre.
Et alors que le sang coulait, que des milliers d'innocents succombaient à l'autel d'une querelle de religions ingrates, le druide et ses troupes n'avaient de cesse de reculer. Ils remontèrent jusqu'au nord extrême de l'île, perdant à chaque confrontation plus d'hommes valeureux qu'ils ne tuaient les soldats anglais. Acculé, Imrinn Macléod n'eut d'autres choix que de tenter le tout pour le tout...
Dans les vieilles croyances de sorcelleries wiccan, il est dit que le manipulateur d'arcane peut modeler sa forme et revêtir la peau d'une bête. Cape en plumes de chouettes, fourrure de loup ou de grands félins, le choix est aussi nombreux que la volonté du sorcier se doit d'être inébranlable. D'un long rituel, pour le temps d'une nuit d'exaltation, le corps humain devient bestial et la conscience persiste au-dessus du grand sauvage. Imrinn avait connaissance de ce rituel.

Par le sang des Macléod coulant en lui, par sa formation de druide et ses études auprès des sorcières des landes... l'homme était convaincu qu'en devenant une bête suffisamment puissante, il pourrait mettre en déroute les troupes de Cromwell. Pour ce faire, il ne pouvait pas se contenter d'animaux classiques. Pour réussir, il lui fallait le prédateur ultime. Pour vaincre, il lui fallait la sauvagerie du lycanthrope maudit.
La traque fut longue, mais lorsque le sorcier parvint à leurrer un loup-garou alpha, il sut que la victoire était à portée de main. Obnubilé par le rituel impie, par l'horreur qu'il allait provoquer en écorchant vif la créature piégée, il oublia ses préceptes de druide, ignora sa conscience et se lança dans le tissage complexe d'ogams à même la chair encore sanglante de cette fourrure sombre comme la nuit.
La magie instable d'Irlande octroya peut-être trop de puissance à la confection de cette cape ou bien est-ce l'empressement du sorcier ? Quoi qu'il en soit, le drame fut inéluctable. Peau de lycanthrope d’où sourdait l'antique malédiction des Earl, runes celtiques couplées aux sortilèges des Macléod : voilà la combinaison invraisemblable qui se laçait dans le vêtement. L'apothéose à tout cela fut probablement la branche de chêne, moulée dans l'argent le plus pur, qui servit de broche pour tenir la lourde cape sur les épaules du druide.

La transformation fut douloureuse. Jamais l'homme connu pareille souffrance. La cape se referma sur lui comme une seconde peau, brisant les os et déchirant les muscles. Une longue agonie secoua sa carcasse rompue de spasmes. Hurlant et pleurant, Imrinn sentit sa conscience défaillir sous la rage démesurée de la bête. Aveugle, il s'échappa de son Nemeton pour s'élancer dans les landes.
Lorsque la folie reflua de son être, lorsqu'il ouvrit enfin les yeux sur un ciel pâle d'hiver, le druide n'était plus que l'ombre de lui-même. Créature absurde et gigantesque, loup à la fourrure sombre et poisseuse de sang, gueule emplie par la saveur ferreuse et faisandée de la chair, l'homme fut incapable de retirer la cape de fourrure. Aucune broche et aucune couture ne furent trouvées, nul chant gaélique ne put défaire les ogams, ni rompre les sortilèges cousus.
Imrinn était piégé dans cette apparence monstrueuse, perdu sur les rives nord de l'Irlande. Pire encore : il était responsable du massacre de ses propres troupes. Abandonné à la rage de la bête, il s'était retourné contre ses hommes, massacrant aveuglément tous ceux qui se dressaient sur sa route. Horrifié par ses actes, honteux de sa faiblesse et se reniant lui-même : il s'enfuit de l'Irlande à bord d'une barque et se laissa emporter par les courants de la mer celtique jusqu'aux rivages gaulois.


Lower souls are only capable of false beliefs,
Année 1692 : le Procès de Salem - Amérique du Nord.

La traversée fut longue et laborieuse. Balloté par les intempéries, le loup géant juché sur sa ridicule petite barque manqua à plusieurs reprises de finir à l'eau. Désespérément accroché à ses planches gondolées, s'auréolant de toute la magie qui était à sa disposition, la créature parvint à s'échouer sur les côtes bretonnes. Affamé, épuisé, il se dissimula pendant quelques saisons afin de se refaire une santé, ne sachant absolument pas ce qu'il trouverait comme accueil dans le Nexus français.
Nous sommes en 1650 après Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Catholique... Toute ? Non ! Un petit village d'irréductibles sorciers résiste encore et toujours à l'envahisseur. Et la vie n'est pas facile pour les garnisons de prêtres d'Église romaine dans les camps retranchés de Babaorum, Aquarium, Laudanum et Petitbonum.
Enfer, nexus français de magie. Se savoir aux abords de sa communauté rendait Imrinn nerveux. Le massacre d'Irlande était encore frais en sa mémoire, il lui semblait même encore sentir le goût ferreux du sang de ses frères d'armes. Vivre comme un animal était un outrage pour son rang de Macléod et ce fut encore par cette honte cuisante qu'il décida de franchir le portail et de se rendre à Salem. Là-bas, personne ne découvrirait sa véritable identité. Là-bas, tous étaient des proscrits du vieux continent.

Lorsqu'il arriva aux Amériques, il découvrit une communauté religieuse très pieuse et renfermée sur elle-même, harcelée sans cesse par les Amérindiens. Les villes s'étendaient sur des milliers de kilomètres, isolant chaque hameau et forçant les habitants à s'endurcir pour survivre dans l'hostilité naturelle de ce nouveau continent. À peine débarqué, le loup géant détalla dans les forêts afin de ne pas affoler la population.
Il fallut au sorcier maudit plusieurs semaines avant de pouvoir aborder la communauté magique de Salem. Il ne pouvait tout simplement pas marcher dans la ville sous cette forme ! Il du attendre et guetter les sorcières de la ville, gardiennes du nexus et du Secret. Tapis dans les bois, l'occasion se présenta en la personne de Sarah Good, une mendiante dissimulant sous ses frusques l'identité d'une sorcière issue d'une famille anglaise.
Le mot passa rapidement et Imrinn fut rencontré par de nombreuses femmes et notamment par Tituba, une Amérindienne vendue comme esclave à la Barbade et actuellement au service du prêtre local. Assurant être capable de rompre la malédiction du sorcier par sa magie chamanique, elle lui demanda d'attendre de ses nouvelles et de continuer à se cacher. Transportée de joie à l'idée de pouvoir retrouver forme humaine, la créature s’élança dans la nature pour finir l'hiver à l'abri des regards indiscrets.

Malheureusement, l'arrivée du printemps 1692 déclencha ce qui fut connu comme étant le Procès des sorcières de Salem. Caché au plus profond des forêts, l'héritier Macléod n'entendit parler du drame qu'au milieu du mois de mai, lorsque le gouverneur William Phips arriva dans la bourgade pour mener le procès de près de quatre-vingt prétendues sorcières.
Tétanisé par l'horreur, il ne fallut pas longtemps au druide pour découvrir la vérité : il s'agissait d'une manœuvre du Vatican pour détruire le Nexus implanté à Salem. Révolté, la bête sauvage en lui sourdait et grondait, grattant les parois de sa conscience. Juché sur les hauteurs, il contempla ainsi la mise à mort de plusieurs dizaines d'innocents et tout autant de véritables sorcières sans oser intervenir. La menace Iscariote était suffisante, à l'époque, pour le tenir en respect.
Ce ne fut qu'au cœur de l'été 1692 qu'Imrinn se décida à intervenir. Les hurlements du pauvre Giles Corey finirent par user les nerfs de la créature qui vint alors effrayer les puritains par des apparitions nocturnes et des hurlements sinistres. Accusé d'être un molosse infernal, il permet à plusieurs sorcières de fuir en direction de New York et récupéra par la même occasion l'attention du Vatican... par la présence de la réincarnation de Judas et de quelques chasseurs d'Iscariote.

Fuyant le long de la côte Est, il remonta ainsi jusqu'au Canada. Pourchassé par le Traître sans aucun répit, Imrinn réveilla les anciens cultes du wendigo en affolant quelques tribus amérindiennes lors de sa fuite effrénée. Refusant toute confrontation avec le Vatican et ses envoyés, la bête traça une longue courbe qui l'emmena jusqu'au lointain "Far-West".
Bifurquant finalement pour éviter la chaleur des déserts californiens ou du Nouveau-Mexique, il continua de courir et de fuir pendant plusieurs saisons qui se transformèrent en années. Jamais il ne pouvait se reposer plus de quelques nuits. Obligée d’éviter toute zone d'habitation, la bête devint presque famélique ce qui eut pour conséquence d'affaiblir sa volonté humaine.
Ce fut une épave psychologique qui retraversa le portail de Salem pour regagner le nexus d'Orange, en Espagne. L'Hiver battait son plein sur le vieux continent et Imrinn remonta plus au nord pour se perdre dans les hauteurs des Pyrénées, disparaissant ainsi pendant plusieurs décennies afin de panser ses blessures et se remplumer un peu.


When a man loses in the face of the Wild, he dies by becoming the Beast or by trying to overcome it,
Période de 1764 à 1767 : La Bête du Gévaudan - France.

Dans les hauteurs gelées Pyrénéennes, le druide déchu s'isola durant près de sept décennies. Plongé dans un ermitage salvateur, il put progressivement reprendre le pas sur la Bête et calmer sa soif de sang. Abandonné à la seule contemplation de la Nature, survivant aux saisons comme il lui fut jadis appris en Irlande, Imrinn savoura la quiétude de cette vie en dehors du temps et des querelles humaines.
Perché au sommet du monde, s'éveillant avec le soleil et chassant en compagnie de la lune, l'immense créature parcourait des centaines de kilomètres chaque jour, définissant un territoire abstrait et partageant ses proies avec d'autres meutes de loups. L'homme tel qu'on le définissait dans les livres s’effaçait, mais jamais la bête ne réapparaissait totalement. Une étrange fusion des deux consciences s'entamait, créant une volonté biaisée, dominée par l'instinct mais contrôlée par les restes d'une éducation humaine.
Le temps n'avait pas d'emprise sur lui. Au départ, la créature mit cela sur le compte de son sang pur de sorcier, mais lorsqu'il dépassa de loin le siècle d'existence, il commença à s'interroger. La magie des Macléod pouvait faire des merveilles, mais de là à rendre quelqu'un immortel ? Il en doutait. Ne sachant pas combien de temps il lui restait à vivre, la créature commença à remettre en cause son existence. Qui était-il ? Quel était son but désormais ? Sa famille en Écosse ou encore le peuple Irlandais, où en étaient-ils ? N'existait-il aucun moyen de redevenir humain ?

Aujourd'hui encore, Imrinn ne saurait dire ce qui le poussa à descendre de la chaîne de montagnes. Peut-être avait-il soif de contacts. Peut-être la solitude lui pesait elle trop. Il était aussi tout à fait probable qu'il soupir après le pardon de ses actes. Quoi qu'il en soit, il arriva du côté français des Pyrénées et s'enfonça dans le cœur du territoire jusqu'à fouler les herbes pâles du Languedoc.
Errant de longues nuits dans ces landes désertiques, le paysage cru aux roches blanches et isolées lui rappela ses terres natales, faisant gonfler en la bête une nostalgie trouble. La population était très pauvre, dispatchée en des hameaux sordides et isolés. À plus de huit cents mètres d'altitude, le plateau du Gévaudan était seulement accessible par des fleuves et entouré de comtés tout aussi désertiques et désolants.
Ce fut dans l'errance des premières semaines que le druide déchu croisa la route de la belle et troublante Justianne, une autre sorcière des landes. Elle vivait à l'écart de tout puisque les villageois ne voulaient pas d'elle. Les hommes lui crachaient au visage tandis que les femmes l'ignoraient. Tous la méprisaient et pourtant, tous quémandaient ses services.

Elle était farouche, amère sur l'humanité et prompte à briser le Secret si cela lui permettait de se venger de tous ces pleutres. Femme isolée, récriée de tous, les hommes attendaient de la croiser pour la molester alors que les femmes venaient à la nuit tombée pour ses services de faiseuse d'anges. Sa magie n'était pas assez puissante pour faire grands maux sur ces pleutres, aussi sa rencontre avec la créature fut l'aubaine idéale pour ses plans de vengeance.
Pour le druide, il s'agissait d'une femme troublée, frêle et abusée. Elle su l'apaiser et l'amadouer, gagnant sa confiance pour le convaincre de venir s'installer avec elle. Elle le laissa dormir dans la petite grange derrière sa maison de bois et de torchis. Elle partagea son ragoût de mouton et l'écouta raconter son histoire sans le juger.
Imrinn se sentait en bien, inconscient des poisons glissés dans sa gamelle, ni des plans odieux que la femme lui réservait. Ainsi chaque soir, au coin de l'âtre, l'immense loup contait un pan de son histoire tout en dégustant la nourriture infusée d'herbes dangereuses. Tous les soirs, sa voix s'enlisait et les mots se confondaient en grondements et en aboiements de plus en plus bestiaux. Tous les soirs, la Bête se réveillait un peu plus.

Il ne fallut que quelques semaines pour que l'organisme saturé de drogues, Imrinn ne soit plus qu'un animal asservi à la folie de la sorcière. Le regard trouble et le corps pris de soubresauts, il écouta d'une oreille agitée les éructations haineuses de l'humaine et fut dressé pour répondre à certains sifflements ou des appels codés qu'ils seraient les seuls à comprendre.
Et enfin... en pleine journée, par un temps frisquet, la Bête fut lâchée sur le plateau. Juchée à son dos, comme une cavalière, Justianne le guida jusqu'à un troupeau de moutons. Les animaux paissaient sous la surveillance d'une petite fille. Si tendre et si innocente, si frêle et si juteuse... La sorcière lança la créature en chasse et les hurlements de l'enfant résonnèrent longuement.
La Bête du Gévaudan.
Créature du Démon ou envoyé de Dieu pour punir les infidèles. Ours, Loup, Félin exotique. Les hypothèses furent nombreuses alors que les victimes augmentaient inlassablement. Les enfants étaient les premiers visés, proies faciles et souvent isolées pour garder les troupeaux, la Bête prenait plaisir à rompre les petits corps. Décapitations ou lacérations, il mangeait rarement ses victimes et paraissait simplement prendre plaisir dans ses massacres.

Sous la tutelle de Justianne, la Bête narguait les chasseurs envoyés à ses trousses. Elle rôdait en pleine journée, frôlait les villages et attaquait aveuglément tous ceux qui erraient dans le plateau. Les balles ne semblaient pas l'affecter, aucun piège n'arrivait à l'attraper. Plus la traque enflait et plus la créature semblait s'amuser. Elle provoquait les chasseurs, fendait les battues et bousculait les cavaliers.
La Bête régnait en maître absolu sur le Gévaudan. La forêt de Tenazeyre semble être son refuge bien que jamais personne n'ait trouvé l'emplacement exact de son nid. Parfois ses absences se prolongeaient de plusieurs semaines parfois la Bête tuait plusieurs jours d'affilés, rendant le rythme de ses chasses erratiques, imprévisibles.
Ni Duhamel, ni Denneval ne parvinrent à calmer la folie de la Bête. L'un simple militaire et l'autre louvetier émérite, mais cependant étranger à ces terres hostiles, ils furent contraints de repartir tous deux bredouilles. Et durant ce temps, le Gévaudan pleurait ses morts, soignant les innombrables victimes laissées en vie par caprice du monstre sanguinaire. Il fallut attendre l'été 1765 pour qu'arrive Antoine, ami du Roi et que la chasse prenne une toute autre perspective.

Durant presque un an, Justianne avait fini par prendre confiance en elle. Assurée de ne plus rien craindre avec cette Bête à ses ordres, la sorcière confectionna une peau de loup en suivant le même rituel qu'Imrinn quelques décennies plus tôt. Devenant louve de belle taille, il lui prenait parfois l'envie de partir en chasse aux côtés de la Bête.
Ivre de vengeance, elle fut abattue par Antoine qui targua alors d'avoir tué la Bête du Gévaudan. En effet, captive du sortilège au moment de sa mort, la sorcière offrait la carcasse d'un loup impressionnant pesant plus de cinquante-six kilos. Saignée, empaillée et transportée jusqu'à Versailles, Justianne devint une vulgaire ornementation au Palais-royal.
Cette femme qui avait longuement alimenté de poison la chair d'Imrinn, celle là même vouant une haine à la race humaine, elle qui désirait plonger le monde dans le chaos... elle prit la poussière dans une pièce sombre, oubliée de tous et même considérée comme une arnaque par la Cour. Antoine fut discrédité et elle . Ô elle fut plus tard brûlée parmi toutes les fournitures du palais lors de la Révolution Française. 

Malheureusement pour le Gévaudan, la véritable Bête était toujours en vie. Pire encore : elle n'avait plus de maître. Abandonnée dans cette maison vidée de toute présence, laissée sans plus de directives ni d'encouragements, l'incompréhension ne fit que croître dans l'esprit brisé de la créature. D'abord esseulée et tapie dans sa tanière, la faim comme la colère finit par la faire ressortir.
Les massacres reprirent mais ce ne fut pas le Roi qui envoya un nouveau chasseur pour abattre la Bête. Non ce dernier n'en avait que faire ! De plus, la mirobolante récompense avait déjà été reversée à l'imposteur Antoine. Non... ce fut Ramiel qui prit la succession de cette traque interminable. Alors que les victimes s'élevaient au nombre de quatre-vingt et que les blessés se comptaient par centaines, il réincarna Judas dans le corps de Jean Chastel, un chasseur local au service du Marquis d'Apcher.
Pour la seconde fois, le Traître put confronter Imrinn. La course-poursuite dura plusieurs jours et plusieurs nuits, la Bête fuyant et se dissimulant avant de resurgir pour provoquer le réincarné. Ce ne fut qu'au bout d'une longue traque que le combat final eut enfin lieu. Crocs et griffes se confrontèrent à la puissante arme sainte de Judas. Drogué, l'ancien druide n'utilisait pas clairement sa magie et la morsure de la hache n'eut aucune peine à coucher la Bête.

L'agonie n'était que souffrance. Allongé sur le bord d'une falaise surplombant près de huit cents mètres de vide aboutissant sur un fleuve, la créature contempla l'approche du réincarné. Ils étaient tous deux en piteux état, tous deux à l'article d'une mort salvatrice. Pour autant, alors que l'arme s'élevait pour enclencher l'ultime descente, un sursaut anima le corps de la Bête. Dans un hurlement inhumain, elle se redressa pour mordre le bras armé et le broyer entre ses crocs ivoirins.
Mal ajusté sur ses pattes, titubant d'une inconscience qui rongeait sa vue, Imrinn chancela pour ensuite glisser du bord escarpé. Il entraîna à sa suite Chastel et tous deux sombrèrent dans le fleuve au terme d'une chute interminable. Si le corps mortel du Traître se brisa sur les roches, celui de l'ancien druide survécut grâce à la résistance naturelle des lycanthropes couplée à la régénération des Macléod.

Le néant fut total pendant des jours. Un sommeil salvateur puisque à son réveil, la Bête avait reflué au tréfonds de sa conscience. L'homme était de nouveau conscient, le flan meurtri mais l'humanité retrouvée. Lorsque son regard vert aquatique croisa son reflet dans la berge du fleuve, lorsque ses prunelles captèrent la tache blanche couvrant son poitrail... jadis feuille de chêne fermant une cape maudite, rappel de l'emblème sacerdotal de ce que le sorcier fut autrefois, le choc le tétanisa.
Par tous les Dieux, qu'était-il devenu !? Le goût du sang, l'adrénaline fade en ses muscles ou encore le souvenir trouble des massacres. Encore. Il avait encore fait couler le sang des innocents. Honteux, désorienté, Imrinn s'en alla la queue basse et les oreilles couchées. La Bête du Gévaudan disparut en 1767 après deux longues années de terreur.


Nothing is permanent in this wicked world, not even our troubles,
Période de 1770 à 1970 - Groenland.

La migration fut aussi longue que délicate. Probablement considéré comme mort, Imrinn ne souhaitait pas raviver l'attention de l'Église sur sa personne. Faisant ainsi profil bas, il remonta dans les Pyrénées pendant quelques années, pansant ses blessures au cœur des paysages familiers. Puis, à rebours du siècle dernier, la créature continua sa descente jusqu'à Orange où elle traversa en toute discrétion le portail pour Salem.
Là encore, préférant ne pas se faire voir, il quitta la ville en longeant les murs et s'élança au couvert d'une nuit sans lune dans les grandes plaines sauvages des Amériques. Remontant la côte Est, il dépassa les frontières pour entrer au Québec. Sans s'arrêter malgré la beauté des paysages aux immenses forêts d'érables, Imrinn souhaitait s'isoler aux confins du monde. Il poussa ainsi sa fuite jusqu'au bord du nouveau continent où il fit une pause, la fourrure balayée par les vents gelés d'iode et de neige.
Face à lui s'ouvraient les terres stériles du Groenland. Ou du moins, prétendues comme telles. Désespéré, conscient qu'il n'était qu'un danger pour l'Humanité après les deux ignobles massacres déjà provoqués, l'ancien druide n'espérait ni pardon ni cure pour le mal qui l'habitait. Sans un regard en arrière, il s’élança dans les toundras pour espérer disparaître de tous les esprits.

L'immensité de l'île apaisa la créature qui continua son errance durant plusieurs années. Ici, le temps était différent, il semblait s'étirer comme une guimauve. Il n'y avait pas non plus de saisons à proprement parler et la rudesse de l'environnement poussa l'ancien druide dans ses derniers retranchements.
Ce fut au crépuscule d'une longue chasse qu'Imrinn rencontra le peuple inuit. Immense silhouette noire sur la blancheur enneigée, il surplombait la carcasse d'un cerf malade échappé à la horde qu'il traquait. Immobile, figé par la stupeur et l'appréhension, qu'elle ne fut pas sa surprise de voir les humains se prosterner devant lui ! Un seul mot ressortait sans cesse : Amarok.
Il lui fallut une longue enquête pour comprendre ce que ce mot signifiait exactement pour les tribus inuites. Il s'agissait autant de l’appellation des loups que de la divinité mineure du même animal. Considéré avec respect pour ce peuple, il s'agissait d'un esprit de chasse et de soutien pour les traqueurs inuits. Le loup dévorait les cerfs malades ou blessés, permettant ainsi de réguler la population des herbivores.

Les décennies s'écoulèrent, les générations de chasseurs firent de même et jamais leur respect ne s'estompa à son égard. Pris dans le jeu, Imrinn continua inlassablement de se faire passer pour un esprit protecteur, trouvant là le moyen de rembourser ses crimes. En sauvant du blizzard les inuits perdus, il espérait trouver progressivement une tranquillité de l'âme. Il se mit à traquer les braconniers, de même que les rares prospecteurs d'or qui osaient s'aventurer si loin et souiller la terre nourricière.
Il fut ainsi le gardien du Groenland, une légende murmurée dans l'animisme inuit. Ombre dans la neige, il traversa les siècles jusqu'au moment où la mondialisation parvint à s'infiltrer jusqu'aux confins du monde. Ignorant tout des deux guerres mondiales, de la chute du règne catholique sur la majeure partie du vieux continent, ni de la démultiplication des êtres humains et du danger menaçant le Secret, l'ancien druide oublié de tous rencontra un homme qui fut involontaire la cause de bien des soucis.
Il s'appelait Farlay Morwat et il s'agissait d'un écrivain canadien fasciné par les légendes inuites, l'archéologie ainsi que la Nature dans son ensemble. Un humain bon et ouvert d'esprit qui parvint à amadouer Imrinn au travers de ses longues études dans le sauvage du Groenland. Les deux êtres passèrent de longues journées à échanger leurs histoires et leurs connaissances, jusqu'au moment où Farlay du rentrer chez lui pour coucher sur papier tout ce qu'il venait d'apprendre. Bien sur, il ne comptait pas déchirer le Secret. Du moins, c'est ce qu'il promettait à la créature.


Forgiveness is a nobler and rarer action than revenge,
De 1974 à aujourd'hui.

La confiance. Une notion que le druide séculaire avait oubliée et qu'il avait cru retrouver pour de bon. Pour autant, lorsque les chiens d'Iscariote arrivèrent au Groenland pour lui faire la chasse, lorsque son regard croisa celui de Judas incarné dans un nouveau corps, Imrinn su que la confiance était une chose bien trompeuse. Il avait cru en Farlay et à présent il était obligé de fuir son refuge aux neiges éternelles. Le livre publié par le Canadien n'avait pas attiré que des fans de zoologie...
La course-poursuite dura de longues années cette fois. Les confrontations furent toujours brèves mais excessivement violentes. À chacune d'elles, le nombre de chasseur diminuait mais la Bête en ressortait toujours grièvement blessée. Pour autant, il semblait impossible de l'abattre définitivement ou du moins de l'attraper. Usant de magie là où il était censé ne plus en avoir, Imrinn disparaissait dans la nature et la nuit. Hors de portée, mais toujours dans le collimateur du Vatican.
Il traversa des plaines, des collines, des forêts d'érables puis de sapins. Il traversa des marécages, sauta des canyons et traça même des "Crop Circles" avec Judas dans les champs de blés, ravivant la théorie extraterrestre dans le cœur des hippies oisifs à la fin des années 70' et au début des 80'. Ses feux follets celtiques furent confondus avec des ovnis alors que la réincarnation de Judas, armé de sa hache, accentua la mauvaise réputation des rednecks au regard des touristes croisés dans la nature...

Ce ne fut qu'au début du 21ème siècle que la créature mystique parvint à rejoindre Salem. Pour la énième fois, il traversa le portail à l'aveugle mais cette fois il ne se rendit pas à Orange ou à Enfer. Cette fois, il décida de plonger au cœur du Secret, là où Iscariote n'oserait pas le suivre : Last End. Il déboula en Angleterre, mais frileux à l'idée de se confronter au Concordat dans son état de faiblesse actuelle, Imrinn continua sa route pour gagner l'Écosse.
Il passa plusieurs années dans les Highlands, découvrant l'instabilité de la magie et la migration de son clan pour la Bretagne. Il erra de longues saisons durant, dévorant ici et là quelques moutons tout en résistant à la tentation de mâchouiller quelques enfants en fugue. À la place il savoura les paysages embrumés et pluvieux de sa terre natale et prit le temps de peser le pour et le contre concernant Las End.
La Nature lui parlait. Elle lui murmurait ce qui se passait et ce qu'il avait manqué. Les arbres lui racontèrent la violence des conflits, la brulure du feu chimique ou encore les éclaboussures aux impacts de balles. L'herbe pleura les rubans de goudrons, les couvertures de béton, le poids des immeubles de fer et de vitre. Les oiseaux se plaignirent des villes de miroirs qui troublaient leur migration chaque année. La Nature toussait de la pollution, agonisait à la douleur d'être fouillée jusque dans ses entrailles puis souillées de produits chimiques, voire nucléaires.

Odieux monde. Hypocrite humanité. Le cycle n'était pas respecté, l'Homme ne savait pas quand abandonner la lutte et se coucher. S'il éprouva de la colère, s'il étouffa à l'injustice qu'il ressentait dans les fibres de son être. Imrinn expulsa d'un long soupir tout esprit de rébellion. Il était las de combattre, de fuir et de souffrir. Le poids des ans pesait lourd sur ses épaules. La solitude serrait son cœur, asséchant son âme. La culpabilité, l'angoisse du rejet... pire encore : la perspective de survivre à l'humanité, seul et abandonné.
À la conclusion de sa longue étude, le choix ne fut pas compliqué à prendre. Revenant à Last End à l'hiver 2015, le druide oublié se présenta sans plus d'artifices. Le choc secoua le Concordat, puis la vague inquiétude quant à ses plans et ses raisons. Impassible, le sorcier affirma son allégeance aux grandes familles contre le droit de rester. Une entente mutuelle, une protection à double sens. La seule condition émise fut que la génération actuelle des MacLéod n'apprenne rien de sa présence ici. Du moins, pas pour l'instant...
Un coin de forêt, dans les landes, lui fut accordé. Construisant un Nemeton, Imrinn renoua avec sa nature druidique et accepta à contre cœur le respect maladif que lui montrait l'administration de Last End. Malgré sa longue disparition et l'insolite malédiction pesant sur lui, il restait un Macléod. Héritier d'une famille majeure, de pure race et possédant un savoir perdu depuis des siècles, la Bête ne pouvait pas espérer la quiétude.
Qu'importe.
Il est enfin de retour.


♜ JOUEUR : ShinyOtter, joueuse de jeux de rôle depuis plus de 15 ans et sur toutes les plateformes possibles et inimaginables : jdr de table, forum, messagerie instantanée, mmorpg, théâtrale, etc. J'adore aussi les jeux vidéos et je pense être une bonne cinéphile !
J'ai connu WD par le bouche à oreilles. J'aime ses références (supernatural powa entre autre), ses principes de jeu (avec la mise en avant des trames personnelles) ainsi que beaucoup d'autres choses bien trop longues à énumérer ici.


♜ JE RECONNAIS AVOIR PRIS CONNAISSANCE DU RÈGLEMENT ET M'ENGAGE A LE RESPECTER : Imrinn MacLéod




Mar 26 Juil - 20:09
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L'étrange sous la normalité :
Je suis le Maître de ces lieux, le conteur de vos histoires, l'oracle de vos avenirs. J'écris sur les pages blanches de demain vos déboires, vos exploits.

Tell me More : Je tiens les ficelles de vos existences.
PROFESSION : Assistant
Crédits : By Meri
Messages : 808
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Bienvenue Imrinn !


J'ai le plaisir de t'annoncer que tu es validé


En voilà un personnage qui n'a pas eut de chance dans sa vie ! Mais il est très intéressant et on a hâte de le voir en jeu ! C'est original et ça utilise l'univers sans tomber dans le too much. Que du bon !
Tu peux à présent te lancer dans l'aventure et chercher des partenaires. Un grand bravo à toi pour cette fiche coeur et à très vite en jeu !



Sam 6 Aoû - 19:35
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Invité
Invité
Imriiinn !
Bienvenue ! :D

*lui lance un steak*

Dim 7 Aoû - 8:16
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[CREATURE] Imrinn Macléod
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