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 Thrills | Meyrick

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L'étrange sous la normalité : Réincarné par l'Archange Rémiel, je suis Adolf Hitler. Je suis le possesseur de Longinus.
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21 mars 2016

Une légère balafre marquait son visage, sa pommette droite. Cela partirait avec le temps, juste quelques petits jours, ça n’était pas vraiment important, une égratignure, un souvenir blessant qui lui rappelait combien il était mortel malgré tout, malgré sa manière de s’entourer, malgré sa manière de combattre et de s’armer. Il était une enveloppe humaine, fragile. Et il pouvait perdre. Cette idée le secouait d’un frisson, terreur, comme un vieux cauchemar qu’on essaie d’enfouir le plus loin possible dans un esprit fragilisé par la défaite. Et pourtant, il est toujours là, ce vieux cauchemar, le bruit des bombes qui approchent de Berlin, la vague rouge aliénée qui balaye son  orgueil et ses rêves. Il est toujours là, ce vieux cauchemar, là à le dévorer sans qu’il ne s’en rende compte car s’en rendre en compte serait accepter que les vainqueurs de l’Alliance ont encore une emprise sur lui. Il est toujours là, ce vieux cauchemar, et même s’il parvenait au terme de ce qu’il souhait entreprendre, il serait encore là pour le faire trembler, plus lui faire croire en un monde remplis d’ennemis qui ne désirent que sa chute. Il n’en finirait jamais, de ce vieux cauchemar, car c’est un sentiment éternel, gravé dans sa chair pour l’entraver dans son ascension. Était-ce les anges qui lui avaient implanté ce sentiment ? Était-ce parce qu’il était relié à eux qu’il brûlait au désir de vengeance ? Et si leur volonté était de le manipuler bien au-delà de cette Lance ? Pourquoi n’avaient-ils pas lancé une attaque contre lui ? Ils savaient bien où il se trouvait. Il sentait leur présence alors… Pourquoi ? Avaient-ils peur ? Non, ces emplumés ne connaissaient pas ce sentiment. Ils n’étaient qu’orgueil et fierté, droits et rigides. Nikolaïs balayait cette idée d’un soupir et pourtant, elle restait présente en lui : et s’ils attendaient de lui cette vengeance ? S’ils lui avaient insufflé ? S’ils l’avait empêché de leur pardonner ? De s’allier véritablement avec eux ? De reconstruire avec eux ? Au fond… Il ne représentait plus véritablement une menace. Il n’était qu’un seul sorcier, non plus une famille complète en plein montée en puissance. Son corps se tendait, se crispait, sa main saisit ses médicaments. Se calmer… Ne plus penser, ne rien suspecter.

La nuit était largement tombée, voilà quelques jours qu’il ne pouvait plus sortir à visage découvert. Le Cénacle s’agaçait, tremblait. Le 31 mars approchait. Alors, il avait quitté son appartement pour se terrer avec ce petit groupe de l’Ordre de Thulé. Il ne pouvait rêver mieux pour l’heure et le Cénacle était bien informé, son alliance, à défaut d’être prouvée, avait du être soupçonnée. Il se sentait épié, et sa paranoïa n’avait fait que s’amplifier. Pour sa propre santé et la survie des autres, il s’était retiré, caché. Il n’y avait plus que quelques jours à attendre. Après l’assaut du Siège, les choses seraient différentes. Pires ou mieux, cela ne dépendrait que d’eux. Pour l’heure, il patientait après cette échéance. Ses pensées, nombreuses et tourmentées, ne l’avaient pas quitté lorsque, sous le manteau de la nuit, il avait rejoint un complice adoré en sa propre demeure. Délaissant la verrière au profit d’un salon clos, il s’y sentirait plus à l’aise, moins observé, moins visible. Il détestait être la proie. D’un geste de la main, il fermait par magie les lourds rideaux qui encadraient la fenêtre, loin de cacher sa paranoïa actuelle. Que pouvait-il cacher à Nyarlatothep ? Certainement pas le chaos qui était en son cœur. Plus calme en sa présence, paradoxalement, il laissa un sourire poindre sur ses lèvres trop peu habituées à sourire ces derniers jours, à l’exception des moments où il retrouvait en la présence de cet avatar. Les plans d’assaut avaient fait l’objet de nombreuses réunions, revus régulièrement en fonction d’éléments nouveaux. Sa coopération avec les fils Earl l’amusait autant qu’elle l’agaçait. Plus d’une fois, il avait eu envie de laisser sa Lance lui échapper pour venir se planter en leur flanc. Mais patience… Patience, cela viendrait. A précipiter ces désirs, il ne trouverait nullement le temps de les savourer. Cette nuit, toutefois, c’était une entrevue en duo, avec son seul et véritable allié. « Je suis de plus en plus pressé de te retrouver, chaque fois un peu plus. Dis-moi… Crois-tu que je sois tombé sous ton charme ? » Il plaisantait dans la forme, mais dans le fond, c’était terriblement vrai. L’essence même de l’Aîné avait une emprise sur lui, si grande, si liée, comme un fleuve à sa source. Quant à son avatar, il lui avait déjà fait remarqué combien il lui plaisait et répondait à ses inclinaisons.

« Je suis navré de t’imposer une rencontre nocturne. » Il se mordit la lèvre inférieure, pas certain de l’avoir véritablement dérangé. L’Aîné dormait-il seulement ? Devait-il se reposer ? Il ne lui avait jamais posé la question. « J’ai du me retirer. Pryam Earl a beau se montrer confiant, le Cénacle commence à trembler et à se montrer plus ferme. J’ai eu… Un petit accrochage. » Voilà qui expliquait la balafre qu’il portait au visage. Sa retraite ne s’était pas faite sans heurt, dans la discrétion, malgré le désir qu’il en avait eu. Cela n’avait pas d’importance. Ils étaient morts et lui en vie, cela ferait un peu moins d’opposants à la fin du mois. Ses pas l’avaient guidé jusque devant lui, à sa proximité restreinte et le son d’une canne qui se pose enfin sur le sol vint clore son approche. Cette canne dont il ne se servait nullement pour marcher. Ce camouflage dont il L’habillait. La plaisanterie dont il aimait la permanente présence. « Leur manière de me tourner autour n’était plus très bonne pour mes nerfs. » tenta-t-il de justifier quand bien même il s’en moquait, et il se doutait que Nyarlatothep n’y accorde pas plus d’importance. « Quel est l’objet de notre rendez-vous ? » demanda-t-il enfin, manquant d’ajouter le mot ‘galant’ au terme de sa question mais il s’était contraint au silence amusé.

Dim 24 Juil - 11:11
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Créature, disent-ils, se targuant de le classer, de le comprendre et de l'adresser, pensant, sans doute, ses ailes étriquer, son esprit évincer, par l’appellation écrasée… Il ne l'est pas, ne le sera jamais. Les mots, les noms portent plus qu'ils ne peuvent l'appréhender, et son être au chemin lézardé d'impacts de destins aussi divers qu'altérés, porte déjà l'empreinte d'un concept unique : il est un Aîné, l'ailleurs son royaume par tant de vermisseaux occulté.

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La haute cheminée de marbre accueillait en son cœur un brasier ardent et crépitant, dont les flammes ondoyantes accentuaient les ombres, esquissant les formes rondes, rendant les angles plus durs encore, et marquant le silence d'une litanie sourde. Le pourpre des tapisseries et du large fauteuil dans lequel il s'était installé prenait une teinte bordeaux, tandis que les motifs du large tapis se faisaient étranges mouvances, se fondant dans le ballet d'ombrages. On ne distinguait qu'à peine les meubles et la décoration, au-delà du cercle  illuminé de l'âtre, et la chape ténébreuse se faisait nocturne étreinte, confortable et contemplative. Pour autant, elle n'était tranquille que d'un côté de la compagnie en ces lieux présente. Le chaos niché en Nikolaïs ronronnait, mais le sien s'aigrissait dans un silence de pierre. Régalienne dans son fauteuil, il observait les flammes sans ciller, la piqûre de ses yeux mortels ne l'inquiétant nullement tandis qu'il ruminait, ne prêtant qu'une demi attention à la réincarnation qui, pourtant, aurait en toute autre circonstance adoucie son humeur. C'était, cependant, peine perdue pour cette fois. Pourtant, ses lèvres s'ourlèrent d'un sourire, quant bien même celui-ci ne dulcifiait pas la roideur de ses traits, aux paroles prononcées, au sous-entendu glissé dans l'affirmation de son invité et il répondit d'une voix paisible, quoi que pensive, en parfaite contradiction avec ce qui l'habitait : « Bien sûr que oui, qui me résisterait ? » Et après tout, il n'avait plus de réelle compétition à l'heure présente. Nikolaïs ne savait pas encore, et il ne le lui apprendrait pas ce soir à moins que la nécessité n'en soit absolue. S'il lui en parlait, le sorcier trouverait le moyen d'éviter cette destinée, sans le moindre doute, mais il préférait qu'elle se déroule telle qu'elle le devait, en bien ou en mal. Ce serait une leçon, si elle n'était pas déjà en sa possession. Parfois, la main de la fatalité ne devait pas être dévoyée. Il n'avait aucun scrupule à envisager le trépas de qui que ce soit, si cela devait servir ses projets. Pourtant, cela l'irritait tout à la fois. La déception était désagréable, nul doute là-dessus.

De nouveau silencieux, il ne daigna pas faire suite aux excuses déguisées qu'on lui présentait. Jour ou nuit, qu'importait, c'était là une notion qui n'importait qu'aux terrestres. La mention du roi de la magie lui arracha un rictus mais il ne répondit toujours pas. Pryam Earl était forcé de paraître confiant. Le Cénacle aurait déjà subit une débandade totale sans cela. Si le souverain tremblait, ils n'auraient plus la moindre confiance en lui. Une dictature se devait d'offrir une image de force et de stabilité, autrement elle perdait son crédit et son pouvoir. La pensée, cependant, était acide et non de ce paternalisme amusé qu'il affichait en règle générale. Ce qui couvait en son sein n'était pas dû à ses codes d'affect, ni à son jeu, cela provenait de son être véritable… Ce n'était pas un sentiment, c'était un concept céleste et étranger, mais s'il avait fallut le parer d'un mot humain pour le placer à la portée de leur compréhension, alors sans doute aurait-il choisit le mot colère. Pour autant, lorsqu'il releva ses grands yeux bleus sur l'ex-dictateur, c'était une pointe de délicate malice qui habitait les prunelles azuréennes. « Mon entrée en guerre » souffla-t-il doucement, avant de se relever, lentement, délibérément lent, venant faire pleinement face au chef de guerre. Dans la lueur des flammes, son corps mortel semblait exsuder une clarté pâle et fantomatique, la peau presque argentée et les cheveux cendrés comme les flocons macabres des camps qui les avait autrefois réunis. Sa silhouette menue et délicate était gainée d'une étroite robe couleur de paon, la traîne de plumes sombres bruissant tandis qu'il se levait. Yeux dans les yeux, l'Aîné ponctua sa réponse d'un silence avant de reprendre sans se hâter. « Tu sais pourquoi je suis venu à Last-End. Tu sais ce qu'était mon objectif. La rétribution. La conclusion d'une déplorable erreur » Sa voix restait factuelle, et pourtant, elle contenait une infime note de tension, comme une corde argentine que l'on aurait sciemment pincé à outrance. Ses mains délicates et vierges de tout ornement, sinon leur grâce et leur force innées, se croisèrent sur son giron tandis qu'il soupirait.

« J'ai appris que celui que je désirais voir avait conclu une alliance avec Pryam Earl. J'ai également appris que celui qui se fait appelé « roi de la magie » avait permit l'usage de cet homme pour une expérience que le Cénacle désirait voir réalisée » Ses doigts se courbèrent, le geste plein d'adagio et pourtant tremblant dans un effort pour retenir la tempête menaçant de s'échapper. Son sourire se fit rictus monstrueux, et ses yeux se firent, de caresse céleste, morsure hivernale, son murmure une coupe de venin savamment distillée. « Ils l'ont transformé en créature. Mais pas n'importe quelle créature. Ils voulaient se prétendre divinités, faire éclore un nouvel habitant de l'Ailleurs… percer nos secrets » Le gloussement qui lui échappa n'avait rien de plaisant, quant bien même sa voix délicate était celle d'une vierge immaculée à la grâce féerique et mille fois rêvée. C'était le grincement d'ongles sur le crâne nu, de rouages mal graissés. Le rire du chaos grondant en dessous, sous le vélin lisse et intouché. « Ils ont voulu étudier les nôtres, la création d'un rejeton était un événement rêvé. Et lui pensait qu'il échapperait à mes attentions, ainsi. Oh... » Voix retenue, puis souffle languide « quelle intelligence… » Nouveau silence, il observait les flammes, plongeant en elles une partie de l'orage qui éclatait sous son apparence mortelle. « Quelle intelligence, que de souiller mes favoris avec l'essence mortelle honnie. Mes chasseurs dimensionnels mis à contribution, pour les ambitions de ces fous » Détourné de Nikolaïs, il se tenait seul, face au brasier, son ombre gigantesque, en comparaison de sa frêle silhouette, rappel funèbre et dément de son essence véritable.  Contre le tissu gainant son abdomen, ses mains s'étaient faites serres de rapace, les muscles en mouvance autonome, frémissant de l'envie de broyer les responsables de cette insulte sans précédent. Une injure qu'il ne pouvait prendre à la légère et qu'il ne risquait nullement d'oublier. « Ils l'ont fait… et bien... » commençait-il alors avec un détachement feint « en horreur chasseresse, du moins est-ce le nom que vous utilisez, vous terrestres, pour cette espèce à mon exclusif service »

Sous leurs peaux, le chaos grondait et feulait, s'éveillant toujours plus, battant tambours de guerre, reniflant l'extase de la rage primordiale, celle qui précipitait les hommes, comme autant d'insectes, en Azatoth, et le temps d'un battement de cœur, Nikolaïs pu entendre le son d'une flûte d'outre monde…

Lun 1 Aoû - 11:11
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L’obscurité de la pièce rendait ses yeux verts plus mornes encore, plus vides, à l’exception de cette lueur, ce reflet des flammes de l’âtre dans la courbure convexe aqueuse de ses prunelles. Pupilles attentives, sur la source de son essence même qu’il sentait en Nyarlatothep comme le chant envoûtant d’une sirène. Un sirène à laquelle il pliait de bon grès, sans oublier de s’attacher au mât de son navire. Pour sa propre sécurité, il ne pouvait s’offrir au Chaos pleinement. Il s’y serait perdu, noyé, sa chair dévoré et son esprit pillé par une essence bien trop pure pour ses résistances humaines, bien trop crue pour qu’il puisse l’accepter, lui qui, pourtant, parvenait à l’accepter plus que d’autres bipèdes ne le pouvaient. Ils le savaient tout deux, d’un commun accord, ils ne scellaient leur fusion pourtant prédestinée, l’un pour se préserver, l’autre pour conserver encore sa compagnie. L’orgueil de la première réponse qu’on lui servit lui arracha un sourire, complice et agréant. Il ne le détromperait nullement, c’était là un vain mensonge où il refusait de se perdre. Il aurait été stupide de sa part de le nier quand le chaos rampait en lui comme un venin libérateur, grondant comme une tempête ravageuse. Tout adorateur qu’il était, il était bien le dernier qui puisse lui résister. Plus que cela, il succombait et son silence valait toutes les acceptations du monde.

Son observation ternit son sourire thuriféraire : il y avait quelque chose de différent chez Nyarlatothep, quelque chose à laquelle il n’était pas familier. Quelque chose d’escamoté d’ordinaire, quelque chose dissimulé sous ses jeux, ses manières, sa façon de s’apparenter à un mortel honni, qu’il maîtrise et choisit parfaitement, ces émotions qu’il souhaite monter, falsifier, ou s’agrémenter. Ce qui sommeillait là dans le silence tendu n’avait rien de ce petit jeu… Ou bien l’Aîné jouait divinement bien. Nikolaïs pencha la tête sur le côté, sensible aux mots que l’avatar féminin venait d’énoncer. Ton de velours et pourtant, vibrant d’une sensibilité tout particulière, enfouie en arrière plan. Il le sentait. Le chaos hurlant sur ses frêles épaules comme un souffle aussi glacé qu’humide, qui endormait sa conscience autant qu’il griffait sa peau. Il le sentait. Ce chaos grondant et feulant comme un félin mécontent, emplissant la pièce d’une aura de névrose à peine éclose, latente et dangereuse. Il le sentait jusqu’au travers de son propre simili d’essence, en lui, comme un métal en fusion, rouge et brûlant, prompt à dévorer les chairs qui lui seraient offertes. De silence, il se paraît, s’offrant l’inédit confort du spectacle dont il était le public impromptu. A sa vue, ce qui s’apparentait à de la colère vibrait dans ses délicates et si puissantes mains, retenue à outrance et pourtant, débordait les codes mêmes de l’Aîné. Une scène à la fois hilarante et terrorisante. Jamais il ne l’avait vu ainsi. Jamais il n’avait eu à faire au Chaos mis hors de ses gonds. La situation en devenait drôle tant elle échappait au contrôle de celui qui semblait pourtant si bien maîtriser, manipuler, les moindres faits, gestes et expressions corporelles. Les frisons parcourraient son être, remontant jusqu’à son échine droite en un port royal. Ses poils se dressaient sur ses bras, électrisé par la tension, le danger, le chaos bouillonnant comme la larve d’un volcan proche de l’éruption.

Ses pupilles s’attardèrent sur les mains de Meyrick, métamorphosées, distordues, tremblantes, alors que son instinct de survie lui dictait de se mettre à l’abri, là, maintenant. On entendit le bois de la canne devenue Lance claquer dans un bruit sourd et faible contre le parquet impeccablement ciré. Le bois d’ébène à la lame fuligineuse, où les lueurs de l’enfer se reflétaient en miroir de ce qu’offrait l’âtre de la cheminée. Invisible et pourtant magiquement palpable, le bouclier qui l’entourait se renforçait en une épaisseur tutélaire, comme un guerrier s’encombrant d’une armure de plates à l’arrivée prochaine d’une bataille houleuse. Une précaution. Il n’avait pas envie de mourir si bêtement de la main de son allié, si d’aventure, le chaos s’échappait et détruisait comme un raz de marée tout sur son passage, y compris sa si fragile enveloppe de mortel. C’était aussi sa manière de lui souffler silencieusement : ‘vas-y, si tu souhaites extérioriser, j’ai mis ma ceinture’, comme s’il était monté dans l’une de ces attractions à sensations fortes, prêt pour le grand frisson. Jamais, Ô grand jamais, il ne se déroberait. Le Chaos avait son adoration, son désir exalté et pour rien au monde, il ne s’en détournerait. Lui-même rageait de la nouvelle, de l’affront odieux qu’on portait au chaos vénéré. De lui, il approcha, pas ferme mais pas moins protégé, assuré qu’il puisse essuyer son ire. Dans son dos, sa main libre vint saisir la taille gainée de l’avatar : « Ils resteront à ton exclusif service. » Promesse de mort ou de soumission pour Carter. Il plierait à l’Aîné ou périrait, son refus en dernière et stupide palabre.

« L’affront sera lavé. » enchaîna-t-il. C’était dans ses propres projets. Le trépas du « roi de la magie » était dans ses propres projets. Et si Nyarlathotep désirait s’amuser avec lui… Et bien, n’y avait-il pas eu dans les camps d’autrefois des prisonniers de guerre ? Des pions qu’il avait retiré de l’échiquier pour les destiner à une longue et douloureuse agonie, parfois entre les mains de son scientifique émérite. « Ils ne savent rien. La réussite de leurs expériences tient plus de coïncidences hasardeuses que d’une architecture parfaitement accomplie. Ils s’amusent de ce qu’ils ont entre les doigts comme de parfaits idiots. Oui… Ils l’ont fait. Je suis persuadé qu’ils ne savent comment et ne sont pas prêts de pouvoir reproduire cela de nouveau. Toi, Nyarlathotep, tu sais. Et tu leur en passeras l’envie. » Son regard pétillait d’un désir certain : comme il voulait voir cela et plus encore : « Toi, tu sais. Et tu peux les surpasser. Leur montrer combien leur création est aussi pâle qu’insignifiante à bien des égards. Qu’elle n’a pas l’éclat de ce que toi, tu pourrais faire germer. » Son souffle, dans sa nuque, se faisait frénétique, gorgé par le chaos qui emplissait la pièce et formait l’air qu’il respirait comme drogué.

Dim 7 Aoû - 21:54
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Le toucher sembla passer inaperçu au principal intéressé, dont le corps froid en l'instant rappelait celui d'un mort animé, dans sa rigidité, comme une sculpture glacée. Les mots eux-mêmes semblèrent tomber dans l'oreille d'un sourd tant il n'y eut aucune réponse. Puis soudainement, la sensation caractéristique, pour Nikolaïs, de la perte de ses sens mortels se fit sentir tandis que l'impression incompréhensible d'une éclipse éblouissait l'instinct d'un voile noir, puis d'un éclat irrépressible et froid, ou bien était-il chaud ? Le déplaisir de Nyarlalothep était un frisson gargantuesque, une angoisse et une exaltation, une fièvre indigo au délire irréductible. Sa forme humain avait beau être frêle et petite de taille, l'éclat de chandelle blanche qu'il semblait être était contredit par l'assurance viscérale, immédiate, d'une grandeur titanesque, d'une monstruosité aux proportions inimaginables ; d'un corps froid, sec, comme une étoile morte depuis longtemps qu'une intelligence céleste serait venue habitée. Dans cet espace intemporel, dans cette non-existence, où le concept même de vie semblait absent, il n'y avait pas de lumière ou de ténèbres, de bien, ou de mal mais qui s’emplissait lentement d'une compréhension vibrante, se noyautant en un espace confiné puis… soudain, explosant avec un fracas suffisant pour souffler toute humanité dans un cosmos entier. L'ire terrestre n'était qu'une larme en comparaison d'un océan, un océan qui pulsait dans les veines du mortel comme si celles-ci allaient éclater, colorant son sang, l'emplissant comme un musc vivant, les vaisseaux bougeant et se tordant sans pour autant céder. La viscosité courrait dans sa gorge, comme s'il l'avait avalé, et pourtant, rien n'obstruait les conduits délicats prêt à éclater. Elle coulait en lui comme de fins tendrils d'affect tandis que son esprit tentait tant bien que mal de traduire l'abominable colère du Dieu sous des aspects physiques. La simple pression qui nichait soudainement dans la pièce aurait dû suffire à faire éclater son bouclier et son corps avec lui, si son déplaisir avait été tourné sur lui. Le fiel naissait et succombait dans la sécheresse de son esprit étendu comme une chape qui pénétrait les nerfs et les muscles, brisait les files de son être pour le secouer jusque dans son âme. Une griffe héraldique se referma sur le centre brillant, le plus profond témoignage de ce qu'était Nikolaïs et pendant un bref instant, la poigne cruelle manqua arracher le cortex entier pour le jeter dans l'abîme étoilée du chaos.

Puis, il le relâcha et la salle revint à la normale. Exactement comme la fois précédente, ils n'avaient pas bougés. Un lourd soupire mourut sur ses lèvres alors qu'il brisait son immobilité et se retournait sans échapper à la main rude posée sur sa taille gracile, accentuant même l'effet qu'elle produisait en posant une main frêle sur la sienne. « Ah, Adolf... » grinça-t-il de sa voix pourtant délicate, mais qui résonnait comme une viole mal accordée, usant volontairement de son nom éternel plutôt que de celui de sa réincarnation. Sourire torve, si peu accordé à ses traits, les yeux profonds et inhumains, une pointe d'océan austral dans le regard. « Tu ne saisis pas l'ampleur de ce viol tel que je le perçois... » Son autre main se levant se posa sur son torse, les doigts courbés comme des serres « Imagines seulement que l'on prenne ton âme et qu'on la clone, puis qu'on la retravaille comme une vulgaire pâte à modeler puis qu'elle soit injectée dans un vulgaire corps humain…. » Si son essence n'était pas maléfique, c'était pourtant la méchanceté qui ondoyait dans ses prunelles. « Il ne s'agit nullement de la qualité de leur travail. Ou de leur capacité à recommencer. Ou encore de mon aptitude à les surpasser, ils ne m'ont jamais été supérieurs. Non… la question, cher, ô très cher… c'est qu'ils viennent de s'arroger le droit divin de création. Un droit qui n'aurait jamais dû être leur. Elle a beaucoup de signification, cette création… et c'est pourquoi je vais entrer en guerre. Ils doivent périr » La douleur fut plaisir, puis douleur de nouveau, puis sinistre engourdissement. « On ne s'aventure pas sur ce chemin… jamais. Et je dois les punir. Nous allons les punir... » L'azure de son regard fut un big bang silencieux avant qu'il ne souffle, sur un ton plus intime, plus connivent et conspirateur, le ton venimeux et pourtant aguichant. Le ton d'une amante… d'une mante religieuse, sur le point de frapper. « Le verrou qui m'enferme dans ce corps leur a fait oublier à quel point ils devraient craindre l'Ailleurs. Mais je vais le leur rappeler. D'abord en soutenant leurs adversaires….  Et puis, en te formant…. Ne t'avais-je pas promis de t'apprendre à parcourir les contrées du rêve ? Alors vient… je vais t'apprendre… tu leur apporteras les cauchemars que leurs cœurs redoutent... »

Caresse d'un doigt sur ses lèvres, il recula s'éloigne, et les flammes se tendent vers lui, prenant l'aspect de tentacules ondoyant cherchant à saisir, à étreindre… « Vient avec moi… cette pièce n'est pas adéquate pour ce que je vais te montrer »

Mar 9 Aoû - 20:18
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Ce fut soudain et titanesque, à la hauteur de son adoration pour ce que pouvait composer les Dieux sous la force de toute leur aura, quand bien même celle qui lui sautait au cœur était entravée dans son enveloppe humaine. Son potentat l’avait saisi au sein de l’extraordinaire chaos, vagabondant entre l’horreur et l’enchantement. La symbiose se faisait brûlante, l’accablant d’un délire aux maintiens d’une fièvre, une peur aux reflets d’indigotine. Elle balayait sa psyché tenaillée, offrant à son essence mille et une couleurs jusqu’alors enfouies dans l’inconnu. Des couleurs pleines de terreurs, entrelacées d’effroi et de cruelle épouvante, mais donc les contours s’ornaient de savoureux délices. Un chaud et froid, une fusion du feu et de la glace comme une douleur et une caresse, un souffle de bien-être et de torture à la fois. Nikolaïs retenait sa respiration, sensible à outrance. Il sentait ce qui s’infiltrait en lui avec la force d’un big bang, délitant des veines, ses organes, au cœur de ses os, raclant le long de sa moelle épinière jusqu’à son échine, obstruant sa gorge dans une crispation insoutenable et qui, paradoxalement, ne le tuait, alors que tout en lui, lui indiquait que sa propre vie lui avait échappé. Le grondement était sourd, le bourdonnement s’accentuait à ses oreilles comme s’il entrait dans une ruche d’abeilles. Ça grandissait, ça prenait de l’ampleur en lui, comme s’il était impossible de l’arrêter… Et puis cette griffe se refermant sur son âme en une menace latente. Il pâlit, en une fraction de seconde, il était devenu blême, probablement même bleu, à la crainte de sa propre perte. Nul confiance, il ne devait au Chaos Rampant, sa main s’était refermée sur Longinus, prêt à assener de sa lame pour se libérer de son emprise et détruire l’immortel. Il ne le désirait pour rien au monde, mais l’effroi qui l’avait si brusquement terrorisé manqua de peu de lui faire commettre l’irréparable. Et quel irréparable… Quel supplice de se voir périr l’essence de son essence, la chair de son ouvrage. Il n’eut à agir, et l’air pénétra à nouveau dans ses poumons, inspirant en revenant à lui, reprenant lentement des couleurs.

Passée la frayeur, il se sentait comme un gamin qui avait eu sa dose de frissons en regardant un film d’horreur ou après une attraction à sensations fortes. Il était sous le joug d’une terreur blanche… Tout en étant ravi du voyage. Il en referait bien un tour. Les poils encore hérissés, son attention se reporta machinalement sur lui, qui lui faisait face. Lui dans toute sa magnificence aux mille éclats. Lui qu’il dévorait du regard, l’avatar aux yeux de saphirs, comme l’envoûté d’une malédiction, l’hypnotisé d’un sortilège emprunt de démence. Lui qui avait emprisonné ses sens pour mieux les lui rendre. Son prénom résonna à ses oreilles comme un lointain écho du passé. Voilà bien longtemps qu’on ne l’avait nommé de la  sorte. L’Adolph, comme une intimité, sortait d’une fond d’une malle d’enfant, comme un jouet jadis adoré, au millier d’heures de jeu et d’histoires insoupçonnables. Les souvenirs émergeaient à sa mémoire, celui d’un Reich à peine né et puis, il l’avait sagement écouté. S’il savait comme il était si proche de la connaissance du viol dont on lui parlait. Au clonage près, il avait été l’âme qu’on avait modelé pour le remettre dans une enveloppe mortelle. Les anges ne l’avait pas simplement laissé poursuivre son existence et Adolph était trop peu stupide pour ignorer qu’il n’y avait pas que la Lance qui puisse les intéresser. Auquel cas, un assaut aurait pu se trouver opportun. La Lance aurait tué des anges, des archanges mais… Il n’aurait pu les vaincre tous en même temps. L’assaut ne venait et Nikolaïs refusait de céder à l’espoir qu’ils aient peur. Il y avait autre chose, une autre raison pour son retour, une autre raison pour qu’on ait laissé ses pas le guider jusque Last End. Mener ces combats, sceller ces alliances. Il n’interrompit toutefois pas Nyarlathotep tant les conclusions vers lesquelles il s’orientait le satisfaisait. Seconde après seconde, la décision de l’Aîné le comblait. Cette guerre, il la désirait. Au plus profond de son être. S’il avait ressenti la quasi certitude que Nyarlathotep le suivrait dans ses projets personnels, à n’en pas douter, à présent, le Dieu avait des raisons plus personnelles de s’engager dans un tel combat. Si les actes de Pryam l’indisposaient, les conséquences qu’elles engendraient parfois lui plaisaient.

Ses lèvres s’entrouvraient au doigt qui les pressait avant que l’Aîné n’échappe de sa proximité. Il jouait… Nyarlathotep s’amusait avec ses désirs de mortel, l’aguichait, de sa voix soufflée, de ses mots caresses, de ses contacts, et lui, pauvre fou, restait pendu à ses lèvres, dévorant l’avatar du regard comme une conquête qu’il s’apprêtait à dévorer. Le suivre… Et bien oui, le suivre, pourquoi son corps ne suivait pas ? Son esprit poursuivait l’aîné mais son corps semblait paralysé par la peur, terrorisé et blanchi jusqu’à la moelle par la scène précédente. Il lui fallut quelques secondes pour ordonner à ses jambes d’avancer et pour se faire (enfin!) obéir. Il s’engagea la marche dans son sillage, ses yeux se reposant sur l’agréable courbure de son dos, l’attrayante forme de ses hanches et… Le bougre. Il était certain que le Chaos Rampant le faisait exprès. Il concentra ses pensées, d’avantage sur leur projet que sur l’avatar adoré. La Lance fit place à la canne, de nouveau. Un apparat inutile mais qu’il l’amusait silencieusement. « A quoi ressemble la Contrée du Rêve ? L’as-tu déjà visité ? » Il allait directement au but, trouvant inutile de lui confirmer son approbation, tout deux savaient où ils allaient. Il n’était pas l’heure de tergiverser en propos futiles, il avait besoin de savoir comment s’y prendre pour ne pas choir : « Sur quoi puis-je me reposer une fois dans la Contrée ? Est-on… Absorbé ? Au point de peiner à discerner le faux du vrai ? Est-ce possible de trouver un point d’ancrage, une manière de ne pas être dévoré par un environnement qu’on méconnaît ? Est-il possible d’en sortir, cas d’urgence ? Suffit-il de se réveiller ? Peut-on le décider ? Cet univers est-il perméable au nôtre ? Peut-on faire venir des éclats de la Contrée ici ? Peut-on emporter les bribes de notre monde là-bas ? Je pense principalement à la Lance, tu t’en doutes bien. Elle pourra m’y être utile mais je ne sais pas si le risque de l’endommager est... » Il s’arrêta net dans sa phrase et dans le flot de ses questions sérieuses.

Ils étaient entrés dans une chambre, il porta son regard attentif sur Nyarlathotep, avant qu’un sourire ne vienne déformer l’un des coins de ses lèvres. « C’est une proposition ? » plaisanta-t-il, amusé par la situation. Bien sûr qu’il avait besoin d’un endroit pour dormir et rêver, c’était évident. Ça ne rendait pas moins la situation humoristique. Il laissa la canne tenir droite par maintien magique, défiant les lois de la pesanteur et le suivant alors qu’il se déplaçait. Il retirait sa veste de costume pour la déposer avec soin sur le dossier d’un fauteuil qui traînait là. Son regard se fit brasier dévorant alors qu’il l’observait l’Aîné et qu’il défaisait sa cravate, le premier bouton de sa chemise et en remontait les manches jusqu’aux coudes avec une attention méticuleuse à la frontière d’une maniaquerie élégante. Son pouls était encore bien accéléré après la terreur ressentie, s’endormir n’allait pas être facile, alors, il se mettait à son aise afin d’en favoriser le confort. Il défit ses chaussures cirées avant de s’asseoir sur le matelas, suivi par la canne qui le poursuivait. « Tu risques de patienter un instant avant que je m’endorme. » Il dormait peu, d’ordinaire, bien trop rongé par sa paranoïa. « J’ai encore des frissons de ta ‘colère’. » ajouta-t-il, calme, en explication, alors il posa un regard sur ses avant-bras dénudés dont les poils se trouvaient encore bien dressés. Il finit par s’allonger… Ça n’était pas assis qu’il allait pouvoir tant bien que mal trouver le sommeil.

Jeu 18 Aoû - 20:27
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Un jour, il apprendrait à Nikolaïs que ses pensées avaient des odeurs, des couleurs, pour user de mots mortels afin de décrire ce qu'il percevait de la Réincarnation. Un jour, il lui expliquerait comment il jouait, les coups qu'un mortel qui n'avait jamais quitté le plan de sa race ne pouvait pas comprendre. Mais pour l'instant, il se contentait d'avancer sans rien changer à sa manière d'être, le laissant batailler pour retrouver le fil de ses véritables pensées. C'était une illusion amusante, et son comportement lui était un jeu qui le changeait de ses habituelles conspirations, mais tout cela ne mènerait à rien de ce que l'on pourrait attendre d'un mâle et d'une femelle car il n'en était pas une et la reproduction mortelle ne l'intéressait absolument pas. Seul l'intérêt attisé que son compagnon lui portait avait une fin, pour lui mais aussi pour le premier concerné… Qu'il aspire à lui l'empêcherait de céder à d'autres dans des circonstances dommageables pour leur projet. Muet, il ne répondit à aucune question, se contentant de le mener le long des couloirs vers la chambre qu'il lui destinait. Elle était large et longue, richement décorée, pour convenir aux envies de son propriétaire. Ses pas le conduisirent au lit sur lequel il s'assit avec élégance, relevant une jambe délicate pour la croisée, au-dessus de l'autre, sous le tissu de sa robe moirée. Souriant aux propos du sorcier, il le laissa s'approcher et lui fit de la place, venant poser une main sur son torse lorsqu'il fut enfin allongé. « Tu ne vas pas immédiatement dormir, mais quand tu le feras, tu dormiras aisément, n'ai aucune crainte à ce sujet. Je m'en assurerais » Doucement, il retira ses chaussures, et vint relever les jambes, les repliant sur le lit et passant son bras au-dessus de lui, il reposa son poids dessus, l'observant patiemment. Le royaume que Nikolaïs allait découvrir était totalement différent de ce qu'il connaissait, et là-bas, il serait un nouveau-né… il lui fallait s'armer d'informations, avant cela, et il l'avait bien comprit. Lui, il lui fournirait ces informations tant désirées.

« Tu m'as demandé si j'avais déjà visité la contrée du rêve, et la réponse est oui. Fut-un temps, j'y avais un domaine confortable. Mais quelqu'un m'a interdit son accès, depuis. Ce qui signifie également que tu seras seul, là-bas. Je ne pourrai pas t'accompagner. Mais je serais là pour te veiller en ce monde-ci. Ce qui m'amène à répondre à une autre de tes questions… Tu ne pourras pas sortir de la contrée du rêve seul. Pas pour le moment. Quand tu l'auras maîtrisé, cela te sera possible, mais jusqu'à ce que tu atteignes cette maîtrise, tu seras dépendant de moi, ou de quiconque t'assistera à l'avenir » Même s'il préférerait être l'unique officiant à ses côtés. Les mortels étaient trop faillibles pour qu'il confie sereinement la vie de Nikolaïs à l'un d'entre eux, en particulier pour quelque chose d'aussi délicat et dangereux. « Lorsque tu te matérialisera là-bas, tu trouveras en apparence un monde parfaitement physique et tangible. Des villes, des jungles, des plaines… Mais tu ne devras jamais baisser ta garde. Ce monde n'est pas stable le moins du monde. Et tu ne pourras pas te fier à tes ressentis. Sache qu'aucun de tes sens de mortel ne t'accompagnera là-bas… tu verras, tu entendras, tu sentiras et tu souffriras… mais ce ne seront pas tes sens habituels…. » Il s’interrompit de nouveau, le mirant avec intensité. Il ne devait surtout pas prendre ses paroles à la légère. Le principal danger de la contrée du rêve ne venait pas des habitants, pour ceux qui y entraient la toute première fois, il venait d'eux-mêmes car ils étaient souvent incapables de comprendre comment les lois de cette dimension fonctionnaient. Nikolaïs ne devait surtout pas commettre une telle erreur, car tant que la contrée des rêves lui serait close, il ne pourrait pas lui venir en aide là-bas. S'il s'y perdait, il mourrait, c'était aussi simple que cela.

« Au sein de la contrée du rêve, le paysage pourra changer rapidement, tout ton environnement pourra se modifier en l'espace d'un battement de ton coeur. De plus, l'espace réagira à ta présence, ainsi qu'à celle des autres habitants de ce monde. Vois-tu, la magie qui s'y trouve est bien plus puissante que celle que tu connais, et elle réagit à ton imaginaire, ton esprit. Tu n'as pas besoin de sortilèges ou de ta lance, là-bas, tu as besoin de créativité et de volonté… elles seules pourront te sauver. Pour conserver ton intégrité dans ce monde, tu auras besoin d'emporter avec toi un objet qui t'es spécifique et te rappel la dimension terrestre. Il faut que ce soit quelque chose de très personnel, mais également quelque chose qui ne soit pas magique, car cela entrerait non seulement en conflit avec ton cortex une fois sur place… mais cela risquerait également de détruire l'objet en question. Ce serait dommageable » Se relevant enfin, il marcha pieds nus dans la pièce et alla chercher une large boite de bois clair qu'il posa sur le lit. L'ouvrant aisément, il en tira plusieurs coupelles et plaça des carrés d'encens dans chacune. Cèdre de pin pour renforcer la concentration, Lavande pour calmer les nerfs et éveiller les dons de voyance, Myrrhe et Souffre… les deux derniers le mettait sensiblement mal à l'aise, mais il survivrait. Il déposa chaque coupe à un angle du lit, puis revint près de sa boîte et prit une herbe pourpre qui ne ressemblait à rien de ce qui pouvait pousser sur terre. Une unique feuille fut décrochée de la tige, broyée et réduite en poudre fine, puis brûlée en une odeur indescriptible mais puissante, proche du camphre.

« Pour le moment... » reprit-il enfin « C'est tout ce que tu as besoin de savoir. Tu vas devoir t'entraîner, avant de parvenir à passer la porte que je t'ouvrirais. Tu vas devoir apprendre à trouver ton aise dans cette autre existence. A trouver tes marques avec tes nouveaux sens… Progressivement, tu pénétreras dans la contrée du rêve… »

Dim 21 Aoû - 18:36
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Une inspiration, paisible, soulevait son torse lors qu’il observait le visage de porcelaine qui se trouvait à ses côtés. Son attention était assidue, son regard verrouillé sur lui, comme s’il craignait que s’en détourner lui fasse manquer un détail crucial. Il aurait du se douter que Nyarlathotep y ait fait établir un domaine confortable. Il n’y avait que peu d’endroits où l’Aîné siégeait qui ne soient pas un semblant de palais richement agrémenté. A l’exception des camps, peut-être. Et encore, le bougre avait pu être capable d’y faire importer un Vase de Soissons et un tapis persan. Mentalement, il se remerciait avoir eu la bonne idée de ne jamais y mettre les pieds. D’une part parce que son humanité l’aurait probablement écœuré du sort qu’on réservait à ces vies humaines (tant que c’était un ordre ou un bout de papier, c’était toujours plus facile, lâcheté oblige), d’autre part parce qu’il n’aurait pas eu à constater les dernières toquades de son scientifique favori. Un scientifique dans les mains duquel il reposerait de toutes évidences, ne pouvant s’extirper du rêve avec autant d’aisance qu’il le voudrait. Cela viendrait, inévitablement. Il apprendrait et ferait sien ce monde mouvant. Le challenge lui plaisait, autant que les projets qu’il fomentait à ce sujet. Y conduire ses ennemis et les y vaincre. Énoncer les règles du jeu pour les moduler à sa guise ensuite. Les éliminer, un par un. Plongés subitement dans le monde des rêves, tout aussi puissants puissent être les Earls, ils seraient des fourmis à écraser dans son univers… Il y en avait quelques uns à qui il désirait toutefois offrir des armes pour se battre.C’était le cas d’Howard, de Pryam et probablement Anthony. Il les plongerait dans cette contrée, il les tourmenterait, jusqu’à ce que ces fous soient également capables d’y marcher et de se battre. Il ne doutait pas de leur capacités… Bien au contraire et l’enjeu s’annonçait des plus parfaits.

Le description qu’on lui faisait de la contrée mettait ses sens en alerte. L’instabilité n’était pas à négliger. Tout y semblait malléable, modulable, tant qu’il pouvait en faire sien comme cela pouvait aisément se retourner contre lui. Quant à son intégrité… Son regard quitta l’Aîné qui se levait pour porter son regard sur son alliance, celle qui avait scellé jadis son mariage avec la défunte Eva, celle qu’il avait laissée avec la Lance lorsqu’il avait du les cacher férocement… Et qu’il avait retrouvée en même temps que l’arme pour se rappeler ce qu’il avait perdu et l’une des nombreuses raisons qui le poussait à se battre. Il cala l’anneau au creux de sa main, tel Golum et son précieux. L’odeur des encens lui parvenaient rapidement, l’apaisait, calmait les frisons et la terreur ressentie un peu plus tôt. Tout son corps se détendait, se relâchait, ses épaules retombaient. Il se sentait près pour se premier essai. Il y avait des visites des rêves plus dangereuses : être sous la supervision de l’Aîné lui apportait un confort et une sécurité non négligeable. Il laissa ses paupières devenues lourdes se fermer et sombra effectivement dans un sommeil, plus facilement qu’il ne le pensait. Il était à Berlin. Non pas le Berlin de 2016. C’était celui de 1945 après les bombardements. Un champ de lui qui aurait pu lui permettre de reconstruire le nouveau Reich… Si seulement les Von Schwarzwald ne l’avaient pas trahi, emportant avec eux l’unique espoir de victoire, aussi infime et fragile soit-il. Ils n’avaient pas eu foi et dans les rues de la capitale le flot rouge s’engageait, victorieux. Il n’avait jamais eu de véritable haine à l’égard de rouges, pas plus qu’à l’encontre des juifs. Mais il avait fallu des victimes pour l’Endroit. Des noms pour le génocide et dans les murmures des Allemands de l’époque se propageaient les mots Juifs, étrangers et fléau communiste. Des murmures qu’il avait porté au son de cri de guerre, en appui. Ce qui était amusant, c’était que sa réelle haine envers les rouges n’était née qu’après sa mort. Tout comme il méprisait ces américains et les anglais.

Il trébuchait à ses pensées nocives et s’écroula sur le sol couvert de débris comme un enfant qui apprenait à marcher et qui venait de faire un pas hasardeux. Il pesta mentalement et se releva. Il inspira, chassant ses idées noires et se concentrant. Il marchait parmi ces rouges qui ramassaient les cadavres. L’heure était à la victoire autant qu’au deuil. Il observait leurs visages et plus il y mettait d’attention, plus leurs traits se déformaient à ceux des Earl. Leurs yeux noirs, leur teint morne, leur maintient royal. C’était stupide. Il n’avait jamais vu cette scène, même au cours de sa vie antérieure. A l’heure où se passait ce moment, il avait déjà mis fin à ses jours. Les traits qui marquent les visages des communistes russes n’étaient que le fruit de son inconscient, les restes de sa haine. Il devait la maîtriser, la canaliser mais croiser ces caractéristiques anglaises sur leur faciès ne l’aidait pas le moins du monde, comme pris dans un cercle vicieux. Nouvelle chute, sensation de vertige. Son corps endormi sursauta dans le lit, sans qu’il ne se réveille. Il se relevait et les russes s’enflammaient, courraient les bras levés, comme pris au piège dans un immense four crématoire. Il fermait les paupières, battement de cœur. Le silence. Solennel. Il rouvrit les yeux. Les mêmes rues, vides, entières. Avant la guerre. Mais vides. Où étaient les allemands ? Où étaient sa nation ? Le son de ses chaussures sur le sol résonnait contre les bâtisses, tout le long de la rue. Il s’arrêta, le son nécessitait. Avait-il entendu cette musique ? La mélodie de Wagner ? Son regard se portait sur sa droite. Le Staatsoper Unter den Linden. Opéra berlinois où il entrait. L’accueil était vide, il accédait au loge sans accompagnement. Il était venu plus d’une fois ici. La musique se faisait de plus en plus forte mais lorsqu’il observa par le balcon, personne ne jouait de la musique dans la fosse. Pas un piano, pas un violon. ‘’Furtwängler ?’’ Appela-t-il mais sa voix porta en un interminable et sombre écho. Il devait pourtant bien y avoir cet homme pour que soit ici joué Les maîtres chanteurs de Nuremberg… Étrange d’ailleurs qu’on ait choisi cette ville justement pour les procès des nazis.

Un nouveau sursaut, plus violent, la sensation de vide et il ouvrait les yeux, le poing serré sur l’alliance. Il se redressait dans le lit. Du moins en eut-il l’envie mais il fut emporté à nouveau dans les rêves. Était-ce des larmes qui coulaient sur ses joues réelles ? Il passa sa main dessus. Dans son rêve, elles n’existaient pas. Il devait maîtriser ses émotions… Ses rêves ne s’en servait que trop et probablement effleurait-il quelques concepts Freudiens au sujet de l’imagination qui naissait dans les rêves et qui trahissait une émotion, reflétait un inconscient refoulé. Procès de Nuremberg. Des visages qu’il connaissait et reconnaissait. Des alliés, des condamnés à mort, prison à perpétuité. Et des traîtres. Des acquittés, des fourbes qui se défendaient de leurs actes. Des hypocrites. Et lui, le Fürher qui les observait, mettant son calme à rude épreuve. Il les aurait envoyé aux camps pour moins que cela. Il les aurait tué, brûlés, massacrés… Mais en lieu et place de cela, il s’exerçait, commençait à comprendre les règles du jeu de son propre rêve. Au bout de quelques minutes où rien n’explosa, ne s’enflamma ou ne fut poignardé, il laissa un sourire poindre sur son visage victorieux. Hitler au milieu de ses traîtres affichant un faciès plein de satisfaction. Ce rêve n’avait décidément aucun sens. Cela sembla durer des heures, des jours entiers et son attention observait les détails, en créait d’autres, discrets. Lorsqu’enfin, il se réveilla, l’aube frappait aux fenêtres de la chambre. Les rayons du soleil caressaient les rideaux. « Combien de temps ai-je dormi ? » demanda-t-il, un peu pâteux. Il avait l’impression d’être resté là si longtemps, des jours, des semaines… Des mois… « La bataille ! » Il se redressa en sursaut, les yeux exorbités fixant l’Aîné. Il était persuadé d’avoir passé le 31 mars. Et puis il y eu ce moment de doute où il observa sa montre dont le cadran indiquait tant l’heure que la date. Il retomba lentement dans le fond du lit et ferma les yeux. Il s’était fait une frayeur monstrueuse… Pour rien. Il ne s’était passé qu’une nuit. Une seule : « Le temps…Le temps a une autre forme en rêve, n’est-ce pas ? Est-il possible de le moduler également ? Faire durer, accélérer… Remonter le temps ? » Il eut un silence d’hésitation avant qu’il demande : « Je suis bien réveillé… Ou je suis encore dans mon rêve ? » La frontière entre le rêve et la réalité était mince. Ses larmes avaient séché sur ses joues. Il avait peiné à passer cette première étape. Ce n’était que le début. La difficulté augmenterait au fur et à mesure. Il avait pris un rêve qui remontait à une époque historique réel. Il n’avait pas saisi un rêve trop chaotique, trop… Ailleurs. « Est-ce que tu peux voir ce à quoi je rêve ? Pourras-tu accéder à leur vision une fois que je serai dans la Contrée... » Il observait l’alliance. Le monde réel. C’était bien réel. « Peut-être serait-ce un moyen de t’emporter avec moi sans que ce ne soit effectivement le cas. »

Ven 2 Sep - 23:29
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L'aube pointait à l'horizon lorsque Nikoläis s'éveilla enfin de son long voyage dans les tréfonds de l'entre-plan. Meyrick l'avait veillé longuement, avec la tranquillité d'un être assuré que rien n'irait de travers, au moins pour la soirée. Installé sur un large coussin, devant une table basse apportée pour l'occasion, les mains pâles refermées autours d'une tasse de thé noir, le liquide fumant, la porcelaine brûlante contre sa peau délicate. Lentement, il expira, et tourna la tête vers le lit où la réincarnation gisait depuis des heures, son regard d'azur contenant de nouveau plus d'amusement que d'ire. La nuit lui avait permit d'extérioriser beaucoup de ce qu'il couvait, et désormais, il ne restait réellement que la volonté de remettre les scores à 0. Silencieux, il le laissa émerger sans répondre à sa question, se contentant de boire son thé à longues gorgées tranquilles et de le laisser reprendre pied dans le monde des terrestres à son rythme. La première expérience était toujours spéciale. Puis, en le voyant s'allonger de nouveau, presque couler dans les draps, il se leva et prit le plateau pour venir le poser entre eux sur le lit, avant de lui verser un café qu'il ne saurait refuser. Ça lui ferait le plus grand bien. S'installant confortablement, en repliant une fois de plus les jambes contre lui, sous les pans diaphanes de sa robe, il reprit sa propre tasse et la logea dans ses mains jointes, contre le creux de ses jambes. « Le temps est un concept mortel Nikolaïs, un concept terrestre » fit-il sans se presser, l'observant toujours avec douceur, comme s'il faisait là la leçon la plus élémentaire à une jeune créature. « En passant au-delà de la réalité des terrestres, dans un autre monde, tu as aussi rejoint leurs concepts. Et dans les plans du vaste univers, ce que vous nommez le temps n'occupe pas la même place ni le même rôle. En un sens, tu pourrai même affirmer qu'il n'existe pas du tout »

Pensif un bref instant, le temps de trouver une idée pour lui montrer en termes concrets ce que cela signifiait, puis il prit le pot à sucre et en versa une dose généreuse sur sa coupelle. Puis, prenant la cuillère, il dessina un cercle dans le petit tas blanc. « Regarde bien. Ce cercle, que je viens de tracer, c'est le temps tel qu'il existe, ailleurs » Il fit bouger la cuillère en rond, dans le cercle « Avec les connaissances adéquates, tu peux, ainsi, te déplacer dans tout le temps comme tu le désire, car il est fixe. Ce n'est pas lui qui bouge, c'est toi. Lui, il reste figé, tel quel » Il fit bouger la cuillère dans le cercle en sens anti-horaire « Donc, il t'es possible d'aller vers l'avant, vers l'arrière, ou de ne simplement pas bouger. En fonction de la distance dans le temps que tu souhaite parcourir, ton entourage changera un peu, ou beaucoup. Tu peux ainsi passer, disons d'une forêt moyenâgeuse à une ville moderne en un battement de ton cœur, ou retourner à l'ère d'Hyperborée. Cependant, pour ceux qui savent mieux encore maîtriser ce concept et sa manipulation, il est possible de se placer hors du temps » Et le bout de la cuillère vint se poser sur le bord de la coupelle. Cessant là un moment, il prit quelques gorgées supplémentaires de thé avant de reprendre pour poursuivre toujours aussi tranquillement : « Les humains, lorsqu'ils rêvent, ont tendance à ressentir vaguement cette différence sans jamais pouvoir l'expliquer. Je suppose que cela t'ai déjà arrivé, de vivre toute une vie en rêve puis de te réveillé normalement le matin sans que rien n'ai changé. Ta race ne comprenant pas cet effet, elle ne pouvait que le frôler, c'est néanmoins plus que ce dont beaucoup… rêvent »

Petite taquinerie, bien vite trépassée, alors que le sujet changeait : « Tu es bien réveillé. Pour l'heure, il m'est totalement impossible d'entrer dans la contrée du rêve, ou de m'en approcher. Aussi, tant que ma condition ne change pas, tu sauras toujours reconnaître la réalité terrestre : il s'agit de la version de ton existence où j’apparais. Si je ne suis pas là, alors tu te trouves dans un rêve » Étendant une main  délicate, il vint lui caresser la joue et effacer les traces de ses larmes. Puis, il posa la main sur l'alliance. « Ceci, ton objet, est ton lien entre les deux mondes, le rappel que tu possèdes ton existence ici bas et que tu te dois d'y retourner. Ne le quitte jamais, Nikolaïs, j'insiste là-dessus. Des hommes plus fort encore que toi se sont perdus inutilement » Il serra un instant ses doigts des siens, la pression réelle et ferme. Puis il le relâcha et vint prendre un biscuit qu'il croqua du bout des dents, avalant une petite bouchée pour alterner avec le thé. « Quant à voir tes rêves… je le pourrais, de loin, comme si je regardais au travers d'une fenêtre. Je ne verrais pas tout, et ce serait sans doute déformé. Mais la Contrée, c'est différent, en elle, en son cœur, je ne verrais rien. Je t'attendrais cependant à sa porte et te ramènerait vers moi chaque fois… » Plissant les yeux de bonne humeur, il glissa «Alors ? Comment était-ce ?»

Lun 12 Sep - 0:15
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L’ancien dictateur ferma les yeux, retrouvant un bref instant un semblant de l’obscurité qui l’avait accompagné cette nuit. Une inspiration, un soupir, il se frottait les tempes. Voilà bien longtemps qu’il n’avait pas rêvé, véritablement. D’ordinaire son esprit n’était qu’un flot de réflexions, un imbroglio d’idées et une architecture de moyens pour y parvenir. Son esprit calculateur ne se mettait que très rarement en veille et ses sentiments n’étaient extraits de sa tête que par les couleurs et les traits de ses peintures. De rêves, il n’avait plus vraiment. Même enfant, il avait peiné au demeurant à un tel succès. Quant à aujourd’hui, rares étaient les heures où cet insomniaque dormait. Pour la régénération de ses forces uniquement. Cette nuit avait été différente. Étrange en un sens et son esprit se mettait déjà à réfléchir sur le sujet. Il en chassa le flux avant de trop y penser et se redressa et plia les genoux, les ramenant vers lui. Il redressa l’oreiller, prit la tasse de café qui lui avait été préparée, en observa la noirceur tout en basculant lentement en arrière pour appuyer son dos confortablement. Les mains refermées sur la tasse, il s’étonnait encore qu’il puisse ressentir une certaine forme de bonheur et de satisfaction au contact de la chaleur. La défaite et le trépas l’avait rendu mal aisé à contenter. Il n’y avait que quelques éparses satisfactions au milieu d’une générale rumination.

Son regard encore embrumé se dirigea vers l’avatar de Nyarlathotep puis sur la coupelle parsemée de sucre. Il était attentif, autant qu’un élève devant son professeur pouvait l’être. L’idée, le concept lui plaisait. Cette manipulation temporelle pouvait s’avérer audacieuse, mais il saurait s’en accommoder, pour qu’à ses projets il puisse s’atteler. Mais avant cela, il aurait beaucoup de chemin à parcourir, un apprentissage à consolider pour que sur de tels projets, il puisse pleinement se pencher. Il portait son café à ses lèvres. Noir. Sans sucre. Il valait mieux. Autre chose et il se serait endormi à nouveau. Il peinait à émerger complètement des limbes du rêve où il avait été conduit, alors si on l’y précipitait avec toute forme de douceur… Il serra les dents aux larmes effacées, sa mâchoire se marquant dans la fermeté avant de se relâcher, pas plus serein pour autant. Son regard se posa sur son alliance. « Je ne suis pas certain qu’il s’agisse du meilleur objet qui soit pour me faire revenir. J’en trouverai probablement un autre. » Il le faudrait. Il poussa un soupir et acheva d’expliquer : « Il me rappelle que je n’ai plus. Ce que j’ai perdu. Ce que, dans aucun combat, je ne pourrai retrouver. Nulle part en ce monde. Mais ailleurs. Dans mes rêves justement, je le peux. En définitive si mon cœur venait à se perdre, je crains que cet objet-là ne me soit d’aucun secours pour me faire revenir et qu’au contraire, il ne me fasse plus aisément ployer vers les tréfonds de la perdition. »

Son regard fixait l’étendue sombre de sa boisson avant qu’il ne confie finalement : « A choisir entre la retrouver, demeurer à ses côtés et revenir en ce monde pour courir après les poussières de sa dépouille en espérant m’abreuver de vengeance… Mon choix est déjà fait. » Il ne reviendrait pas. Il n’y avait que le devoir mais en certaines heures à broyer du noir, il avait bien envie d’envoyer tout cela en l’air et de s’enfermer dans un petit monde imaginaire pour mettre un terme au chaos qui le dévorait. Il porta le café à ses lèvres, se brûlant d’une gorgée et acceptant la douleur comme une fatalité. Son regard revint se planter dans les saphirs de Meyrick, afficha finalement un léger sourire en coin sur sa mine triste pour répondre à sa question : « C’était… Différent. Je crois n’avoir laissé mon imaginaire s’exprimer que dans mes peintures, jamais dans le flot de mes pensées, dans mes rêves. Loin de moi l’envie de donner raison à un monothéiste mais Freud détenait quelques vérités dans son ramassis d’élucubrations : l’inconscient se manifeste dans les rêves. Si la Contrée obéit à mon esprit alors… Il vaudrait mieux qu’on y trouve aucune ombre parasite au risque de ne pas contrôler pleinement ce que je pourrais appeler sans le vouloir. » Il eut un sursaut de rire avant de poursuivre : « Faiblesse humaine. Je ne pourrai pas y échapper. » Mais il en avait conscience et ce, avant même que le dit-problème ne se manifeste. C’était un atout, une carte à jouer pour l’anticiper plutôt que de ne le subir de plein fouet.

Il haussa lentement les épaules : « C’était beaucoup de souvenirs, sans en être véritablement. Mêlés de frustration et de chaos. Ça n’était pas une ballade agréable sans pour autant appeler la souffrance. Un entre-deux. Et beaucoup de détails qui m’interpellent. Les choix que j’y ai fait, volontairement ou non. » Il secoua la tête de gauche à droite. L’introspection devrait attendre. Il but une longue gorgée de café, le souvenir des boucles blondes d’Eva dansaient encore dans son esprit, comme un fantasme jamais oublié. Il allait apprendre un brider sa psyché, pour que ses faiblesses ne ressurgissent dans la forme des rêves dont il offrirait l’existence à ses ennemis. Sa mine était fatiguée. Il avait l’impression de ne pas avoir dormi. « Evans m’inquiète. Le micro-climat hivernal sur Last End à l’approche du printemps ne passe pas vraiment inaperçu. Il ne contrôle pas ce qu’il fait. Malgré le tricot. » Il releva son regard sur Nyarlathotep avec un sourire mi-amusé mi-inquiet aux lèvres : « Je ne doute pas qu’il te soit un plaisir d’avoir un champion de destruction mais… je vais être jaloux. Et je n’aime pas que mes proies se suicident en se prenant pour Icare. » Cela devait être de famille, sans nul doute. « J’ai déjà failli perdre Howard comme cela et puisqu’il a survécu, j’aimerais autant qu’il reste au fond du trou qu’il s’est lui-même creusé. J’y veillerai… Une fois dans la Contrée, je rattraperai le temps perdu. » Il ne l’aimait pas. Mais vraiment pas du tout.

Mar 4 Oct - 23:10
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L'étrange sous la normalité :
Créature, disent-ils, se targuant de le classer, de le comprendre et de l'adresser, pensant, sans doute, ses ailes étriquer, son esprit évincer, par l’appellation écrasée… Il ne l'est pas, ne le sera jamais. Les mots, les noms portent plus qu'ils ne peuvent l'appréhender, et son être au chemin lézardé d'impacts de destins aussi divers qu'altérés, porte déjà l'empreinte d'un concept unique : il est un Aîné, l'ailleurs son royaume par tant de vermisseaux occulté.

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Un haussement d'épaules sans apparat, bah… que ce soit cet objet ou un autre, l'importance du concept restait le même, la forme elle n'importait qu'à Nikolaïs et il était le seul à pouvoir s'ourdir de ce que son icône serait. Tant qu'il ne trouvait un qui fonctionnait et qu'il n'oubliait pas de s'en munir. L'explication pourtant lui fit vaguement hausser un sourcil, puis crocheter un sourire. Il n'y avait vraiment qu'un être humain pour croire savoir comment son esprit fonctionnait. Mais c'était après tout ce qu'était la Réincarnation, un être humain. Ce n'était donc pas illogique qu'il réagisse et pense ainsi. « Freud ne comprenait rien aux rêves, crois-moi quand je te l'affirme. Mais il était amusant de le voir essayer de justifier ses travers par la rhétorique et la science de l'esprit humain » Sa voix raillait doucement, goguenarde et affectueuse tout à la fois. Il pencha la tête sur le côté, la logeant dans sa main délicate. « Chasse l'espoir que la Contrée marche au pas de tes pensées. Tu ne la contrôlera jamais pleinement, il te faut savoir nager avec le courant. N'oublie pas non plus que ton essence est plus forte que celle de la majeur partie de l'humanité, car tu as été convié à une seconde existence » Il se fit grave, de cette même gravité dont il avait usé lorsque le sorcier avait abordé la question du Vatican. « Tu ne le vois pas, c'est au-delà de tes perceptions, mais les âmes qui se réincarnent sont à chaque fois plus fortes » Il se passa de développer ce qui se cachait derrière ses mots, n'admettant pas que cela lui soit utile pour le moment. Plus tard, sans aucun doute, quand il se confronterait au Vatican… mais pour le moment, le noyer sous les informations n'aurait qu'un effet négatif. Et il ne désirait pas le perdre.

Son champion ne chercha d'ailleurs pas à l'interroger plus avant et il en fut satisfait, appelant à la place le sujet du Réanimateur. « Hm » ponctua-t-il en posant sa tasse. Par où commencer exactement… Voilà qui était intéressant. Il y avait là à boire et à manger, et voilà que son Adolf y ajoutait Howard. Cette fois, il ne pu s'empêcher de se fendre d'un petit sourire et se releva pour écarter le plateau jusqu'à la table basse. Lorsqu'il revint s'installer près de lui, ce fut en reprenant avec son habituel air polisson : « Ne te souci pas trop d'Howard Earl pour le moment, vous aurez tout le temps de vous affronter plus tard s'il n'a pas entre temps réussit à se tuer. D'ailleurs il ne s'est pas sauvé tout seul, c'est moi qui ai négocié sa survie avec Eurynome. Son cadet est endetté auprès de moi, grandement, pour ce service » Il lissa les pans de sa robe délicate avec minutie « Pour Evans… ou devrais-on dire Mister Earl ? La question est toute autre. C'est un habitué de la survie et de la manipulation, il va te donner du fil à retordre. Si tu le surveilles de près, tu ne devrais avoir aucun mal à l'arrêter au bon moment. Sinon ? Et bien, je pense que vos paléontologues pourrons constater de visu les effets d'une ère glaciaire... » Petit rire doux, comme une enfant ayant hâte de voir un beau spectacle. Il ne fallait pas trop lui en demander après tout, il restait le chaos et voir l'hiver déferler sur le monde ne pouvait que lui plaire.

« Cela étant dit, ne sois pas jaloux, il n'a rien à voir avec toi… ou, presque rien ? Tu verras en temps voulu, de toute façon et nous avons d'autres sujets sur lesquels nous concentrer… Ton adversaire futur ne va pas se suicider croit-moi, il va simplement grandir pour être à ta mesure. Et si nous retournions à nos rêves ? Il reste encore beaucoup de temps avant la bataille, mais si peu pour t'apprendre à maîtriser l'entrée dans la Contrée... »

Mar 1 Nov - 19:42
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La réplique sur Freud arracha à Nikolaïs un sourire en coin. A méditer. Mais pas pour l’heure. Il reposa sa tasse au centre de la soucoupe et son regard se posa sur Longinus à la suite des propos de l’Aîné. Cette seconde existence, il l’avait recherchée. Il avait fait en sorte de contraindre les anges à le rappeler en ce monde. Quant à savoir si cela faisait de lui un privilégié… Il voulait bien accorder la raison à Meyrick, il n’en demeurait pas moins vrai que pour l’heure, cela n’avait l’apparence que d’un regrettable fardeau. Se pointer devant le monde entier avec un grand sourire et un : ‘Bonjour, je suis Adoph Hitler’ n’était pas la meilleure des manières pour se faire des amis. Surtout avec ce qu’avait fait le Cénacle de son nom. Ce qui avait été écrit sur lui… Il y avait même un film qui relatait son ascension et s’appelait de ‘la naissance du mal’. Combien de livres d’Histoire avait-il lu pour se voir servir les titres de monstre, de tyran, de psychotique ? Il y avait du vrai, c’était certain. Il ne connaissait toutefois aucun humain qui soit parfaitement noir ou parfaitement blanc. L’âme avait cette particularité de ne jamais choir dans le mal ou le bien exclusif. C’était tableau aux belles couleurs diluées, des ténèbres aux lumières. Chez Nikolaïs, l’enchevêtrement était chaotique mais il existait.Il ne posa pas de question à Nyarlatothep, bien qu’il en eut de nombreuses en tête. Il n’était pas un ordinateur pour enregistrer toutes les données sans en perdre la moindre. Si la créature de l’ailleurs était incontestablement une mine d’informations, lui n’était pas un réceptacle assez grand pour sans abreuver inconsciemment. Aussi jaugeait-il se demande d’informations avec une parcimonie prudente et nécessaire.

Il arqua un sourcil au sujet du sauvetage d’Howard Earl, sans comprendre l’intérêt que Nyarlatothep avait bien pu trouver en cette affaire : « Morghann Earl est insignifiant. Même s’il te donnait tout ce qu’il pouvait t’offrir… Je crains que cela ne te fasse qu’un maigre repas. » S’il était jaloux que l’Aîné ait offert si gracieusement ses services à un débiteur fauché ? Oui, probablement. « Il est faible et je le tuerai bientôt. Ça n’est qu’une question de mois. » Le temps d’achever les projets en cours. Il avait promis cet assassinat à Howard. Il ne manquerait ses larmes et son cœur déchiré pour rien au monde. Pas même pour pour dette stupidement microscopique contractée auprès de l’Aîné. Quant à Anthony, Nikolaïs eut un sourire devant l’amusement enfantin de son allié. « Tu me poses un cas de conscience. Dois-je vraiment te priver de cette satisfaction ? » Monde en destruction sous le froid inassignable. Voilà qui plaisait à l’Aîné. Mais plus que lui plaire… Cela ne semblait pas le déranger. Comme si cela ne représentait pas vraiment un danger. « Je me demande ce que deviendrait la côte de popularité et la psyché de cet imposteur s’il venait à perdre le contrôle et déclencher un génocide sur l’humanité. » Sourire en coin. Il avait presque envie de ne pas l’arrêter. Il ne doutait pas de la capacité d’Anthony à revenir en force mais Pryam et son fils non officiel discrédités, cela ferait quelques leaders en moins à contrer pour prendre les rennes à revers. Cela ferait un bon lot de consolation… « Tu devrais te préparer une garde-robe d’hiver... » railla-t-il avant de s’allonger de nouveau. Il avait un long labeur devant lui. Kadath n’ouvrirait ses portes qu’une fois qu’il serait prêt.

[ Voilà pour la clôture ♥ Vivement le suivant ** ]

Mar 15 Nov - 15:17
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