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 [DIEU] Erwan MacTavish

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Erwan MacTavish
Tha mi duilich Alba... Tha mi duilich...



♜ NOM : MacTavish, un choix de nom original mais dont j’ai bien du mal à me défaire. Les humains ont beau ne pas être ma tasse de thé, ce nom reste porteur d’espoir, un souvenir que je me refuse d’oublier, de perdre parmi une multitude d’autres. ‘‘Ne Obliviscaris’’, comme ils avaient si bien l’habitude de le dire et de le broder. ‘‘N’oublie jamais’’. En vivant leur quotidien, en prenant le pouls et le rythme de leurs vies mortelles et fragiles, j’ai accepté de me joindre à cette maxime. Aujourd’hui encore, mon nom d’humain renvoie à ce fier clan Highlander d’antan. Et je n’oublie pas, je n’oublierais jamais ces fidèles qui se sont battus pour repousser l’obscurantisme jacobite et chrétien. Porter leur nom, à défaut d’un autre me parait être un remerciement à la juste valeur du souvenir de cette belle période.
♜ PRÉNOM : Erwan, le nom d’un enfant n’ayant pas passé le bas âge que sa mère a tenu à me donner alors que je souhaitais passer inaperçu aux yeux des autres clans Higlanders. Peu après m’avoir proposé de lui faire l’honneur d’endosser le nom de son fils défunt le temps de ma présence parmi eux, cette fervente croyante eut la chance d’être choisie comme sacrifice à mon honneur. Alors que je l’ai observé bruler vive, que j’ai senti la puissance de l’offrande me rasséréner, j’ai décidé d’accepter la demande de cette humaine aux cheveux de jais. Qu’est-ce qu’un prénom après tout ? Depuis, je n’ai pas réellement cherché à en changer, Erwan étant devenu un nom auquel j’ai pris l’habitude de répondre.
♜ NOM ETERNEL : Cernunnos, ce qui signifie littéralement ‘‘le beau cornu’’ ou ‘‘bellement corné’’. C’est le nom principal sous lequel les mortels ont décidés de me nommer. Un nom peu inspiré auquel j’ai fini par m’attacher. Surtout depuis que je ne plus me parer de mes magnifiques bois de cerfs, condamné que je suis à vivre en me fondant dans la masse des chrétiens et des pollueurs. De mes ‘‘belles cornes’’ il ne reste plus rien si ce n’est mon nom originel, oublié de tous, me laissant l’arrière-gout âcre d’évoluer dans un monde sale courant droit à sa perte, un monde qui ne s’inquiète plus de vivre en harmonie avec la nature, un monde qui ne crois plus en moi. D’origine, mon nom était associé à la virilité et au cycle de la vie. L’éternel recommencement. Qu’il soit saisonnier ou amenant la question de la vie et de la mort. Le nom de Cernunnos, mon nom, était celui auquel se soumettaient les druides, la force de la nature, l’esprit de la faune et de la flore. J’étais tout puissant, j’étais la virilité, j’étais la nature, j’étais les animaux, j’étais la vie, j’étais la mort, j’étais le gardien d’Annwn. J’étais craint. Aujourd’hui, le nom de ‘‘Cernunnos’’ n’évoque plus rien à personne. De maître des druides, représentation de l’Homme, de la Nature et Gardien des portes du monde des morts, je suis passé à quidam dont personne n’arrive encore à prononcer correctement le nom.
♜ RACE : Divinité celtique
♜ ÂGE : Comment calculer l’incalculable ? Moi-même, je ne serais compter le nombre de siècles où cette terre m’a portée. Je ne serais me souvenir de mes premiers pas, des premiers sacrifices faits en mon nom. Je ne serais définir une tranche d’âge précise. Pourquoi quantifier l’inquantifiable ? Je ne suis pas mortel, j’évolue dans ce monde en constant mouvement sur une route différente de la vôtre. Je le vois changer en mal depuis des siècles, je lutte pour conserver ce qui me revient de droit, je pleure sur l’industrialisation, je hurle de rage et de douleur à chaque espèce naturelle disparaissant par les malgérences de l’homme, je pleure l’apparition des grandes mégalopoles, je souffre de vivre dans une ville, je maudis à chaque inspiration l’obscurantisme amené par ces  impies de monothéistes. Mais tout cela, je le fais dans un tourbillon d’émotions toutes plus puissantes les unes que les autres. Malgré ma volonté de prendre part à l’évolution de ce monde, depuis plusieurs siècles, je n’en suis plus que le spectateur muet, la divinité qui tends la main, qui voudrait proposer son aide mais dont le temps a effacé jusqu’au nom, dont les mortels méprisent les préceptes même qui font son être. Et au milieu de tout cela, je perds la notion du temps. Mais qu’est-ce que le temps pour quelqu’un qui en a indéfiniment ? Pourquoi quantifier quelque chose qui sera toujours présent, dont on ne pourra jamais m’amputer ? Je suis donc une divinité sans âge, un immortel évoluant au travers de la foule, l’ombre qui observe silencieusement, laissant monter en lui la pression de la rage et de la haine. La Nature n’a pas d’âge. Elle n’en aura jamais.
♜ DATE DE NAISSANCE : Qu’est-ce qu’une date si ce n’est un chiffre sur un calendrier ? Je déteste la culture chrétienne, je la hais du plus profond de mon cœur. Je me refuse à leur donner ne serait-ce que le plaisir de me baser sur leur calendrier. Mon calendrier personnel est le rythme saisonnier, l’essence même de la nature qui vibre tout autour de nous. Je n’ai pas besoin d’une date de naissance, je n’en ai pas. Je suis le tout, je suis le rien. Je suis la vie et je suis la mort. Mon existence est rythmée par le renouveau, par la naissance et la disparition. A chaque jour qui passe, je renais tout comme je meurs. Ceci n’est bien sûr qu’une image mais elle représente bien la réalité de la chose. Ma nature même est cyclique. Elle n’a ni début ni fin.
♜ PROFESSION : Bouquiniste, ce n’est pas un choix venant de moi mais plus venant de Lug. A vrai dire, si cela ne devait venir que de moi, j’aurais préféré me laisser mourir que de devoir m’intégrer à la société humaine actuelle. Mais Garret m’a ouvert la voie alors j’ai suivis passivement et sans convictions aucunes. Avec sa fascination pour la culture et les vieux grimoires qu’il nous fait trimballer depuis des siècles, cela lui a paru normal d’ouvrir cette boutique spécialisée dans les livres en tous genres. Au plus ils ont vieux, au plus il aime. Pour certains clients, nous avons une arrière-boutique spécialisée dans les ouvrages mystiques mais la porte de cette salle ne s’ouvre clairement pas pour tout le monde. Seules les personnes de confiances y sont acceptées. Ce n’est pas le métier de mes rêves mais rien ne me conviendrait réellement dans cette société, pas même garde-chasse où j’aurais plus l’impression d’essayer de maintenir ensemble les bris d’une tasse en porcelaine que de réellement être en paix avec moi-même. Du coup, comme il faut bien vivre et s’intégrer d’une certaine manière, je suis co-gérant de cette boutique qui ne fonctionne pas trop mal. Du moins, tant que Garret ne m’y laisse pas seul. Lorsque je suis de mauvaise humeur et que Lug n’est pas dans les parages, j’ai tendance à fermer la boutique ou à envoyer se faire voir le moindre client un peu indécis. Je fais des efforts et je travaille pas mal sur moi pour être un meilleur commerçant mais je n’aime pas l’idée d’avoir quelque chose à prouver à chaque humain qui franchit le pas de ma boutique. En partant du principe que j’ai longtemps été opposé à la surexploitation des forêts dont font preuve les humains pour se faire des livres qu’ils ne lisent au final pratiquement plus, c’est déjà un grand travail sur moi-même que de tenir ce genre de boutique, que d’être constamment entouré de ce bois mort et retravaillé, fauché dans la fleur de l’âge dans une industrialisation gourmande qui n’arrivera jamais à satiété. Je préfère de loin nos vieux grimoires personnels, ceux qui ne sont pas à vendre. Ceux dont le papier est précieux, parfois fait de peau humaine tannée. Des livres qui ont coutés chers à produire, dont les hommes reconnaissaient la valeur, le prix du sacrifice pour parvenir à coucher les mots sur papier, pour les rendre intemporel. Ces livres-là ont une âme, ils dégagent un quelque chose. Ils sont des objets à part entière, pas juste l’instrument de l’industrialisation, une manière de faire rentrer de l’argent.
♜ PAYS D'ORIGINE : Je n’ai pas vraiment de terre natale. J’ai beaucoup voyagé. De l’Irlande à la Gaule en passant par l’Écosse, j’ai parcouru de long en large les terres de mes fidèles. Mais c’est dans cette dernière que j’ai passé le plus de temps, que j’ai tenté de lutter contre la monté du christianisme, le dernier rempart avant le début de la déchéance, du délitement. L’Écosse aura toujours cette saveur délicate dans ma mémoire s’apparentant aux derniers instants d’espoirs, ces moments où j’ai donné mes tripes pour guider les mortels, pour leur apprendre à se défendre, que je leur ai promis monts et merveilles à la simple condition de croire en moi, de me faire des offrandes. L’Écosse est ma patrie, la dernière terre à m’avoir tourné le dos, les derniers à avoir commencé à m’associer à ce fameux Diable Cornu en lequel les chrétiens m’ont travestit.
♜ SITUATION FAMILIALE : Aux yeux du monde, j’évolue constamment aux côtés de mon frère et de ma sœur. La vérité est tout autre. Triade de dieux oubliés, nous voyageons ensemble depuis plusieurs siècles maintenant. Nous portons le même nom de famille et nous présentons comme des frères et des sœurs pour ne pas trop attirer l’attention et pour pouvoir continuer d’évoluer dans ce monde les uns avec les autres. Le Secret n’étant pas quelque chose de tendre pour des divinités comme nous, c’est tout naturellement que nous nous sommes serrés les coudes lors de l’effrayante montée du christianisme dans nos régions de culte. Depuis, on ne s’est plus vraiment lâchés et, au fil du temps, une réelle fraternité s’est installé dans notre triade. Depuis quelques années maintenant, notre trio est devenu un quatuor, puis un cinquième être vivant est venu se rajouter dans nos vies. Dans un premier temps, ce fut Avalon qui nous rejoint. Enfant de sorciers, Oubliée, personne ne voulait d’elle. C’est un militant anti-Secret de la famille qui m’a contacté, me demandant d’offrir une existe plus agréable à cet enfant. Et j’ai accepté, ramenant la jeune enfant chez nous mais non pas sans arrière-pensée. Sous la demande de Lug et Eithne, j’ai fini par placer en Avalon le noyau de Cúchulainn. Vestige du passé conservé précieusement, jalousement, lourdement, je l’ai moi-même implanté dans ce corps de fillette, lui offrant une seconde existence en un jour de Samain. Ce n’est que quelques années plus tard qu’un cinquième protagoniste vint rejoindre la maisonnée. J’ai en effet ramassé un chat errant alors que je revenais du marché. Un chaton roux au poil sale. L’animal était malade et avait subi des maltraitances. Sa patte arrière gauche prenait une forme anormale et cela n’avait rien d’une blessure naturelle. Cela avait été plus fort que moi. J’avais ramassé la boule de poil et je l’avais tenu tout contre moi, sentant sa faible chaleur contre mon t-shirt. Pour la première fois depuis longtemps, j’avais craint pour la vie d’un être vivant. D’une manière comme d’une autre, je me suis projeté dans ce chaton perdu. Abandonné pour dépérir lentement. Et soudainement, pour l’une des premières fois, je me refusais à laisser le cycle naturel suivre son court. Parce que, sauver ce chaton, cela signifiait que je pouvais être sauvé aussi. Dès que possible, je l’ai remis aux mains expertes de ma sœur, veillant sur lui tous les jours. Je l’ai nommé Ghaidhealthachd et depuis lors, il dort tous les soirs avec moi, grattant à la porte de Garret ou de Merrill les soirs où je reste à la cave. Lorsque je sors, je le prends souvent sur mon épaule. Pour rassurer les mortels, je lui mets un harnais mais je sais que je n’en ai pas besoin. Le chat reste et restera sagement à sa place, c’est-à-dire à moitié sur mon épaule et sur ma nuque, me forçant à adopter une posture légèrement vouté lorsque je me déplace en ville. Lorsqu’il y a trop de monde autour de nous, il n’est pas rare que je le prenne directement à bras pour le protéger de tous ces mortels pathétiques et curieux.
♜ TRAITS DE CARACTÈRE :Il fut un temps où j’étais une divinité apaisée, en paix avec elle-même, ses concepts et le monde dans lequel elle évoluait. Une nature calme et aimante, à l’image de la Blanche Neige de Disney. J’évoluais dans la nature comme si elle avait été une extension de moi-même. Les animaux répondaient à mes ordres, la végétation poussait tout autour de moi à ma demande. Nous étions respectés, nous étions appréciés, nous étions compris. Le calme berçait mes jours, la sérénité était mon deuxième nom. Depuis, les choses ont changés. Les hommes ont changés. Aujourd’hui, respecter la nature signifie ne pas jeter son emballage plastique par terre. De l’essence même de la Terre, je suis devenu la victime du profit et des bénéfices. Les industriels ont pollués, détruits, éliminés, découpés et j’en passe. La Terre souffre et saigne de cette maltraitance constante. Et moi aussi. Les voitures crachent leurs gaz néfastes, les usines pompent encore et toujours plus les ressources énergétiques. La nature est devenue quelque chose qui doit se dompter, qui n’a plus son mot à dire. Ils me musèlent, ils me mettent dans une camisole, ils m’emprisonnent, ils m’affament, ils me lapident. De divinité sereine, je suis devenu un dieu fou. Un dieu rendu fou par l’abandon et par l’irrespect de sa nature même. Le monde dans lequel j’évolue n’est plus le mien et ça me rends malade. Je suis haine et colère. Je ne suis qu’un ramassis d’émotions négatives ne demandant qu’à s’exprimer. Je vomi la culture chrétienne et tout ce qu’elle a apporté à la civilisation ‘‘moderne’’. Je suis impulsivité et ingérence. Je suis le contrôle qui s’effrite, l’étalon qui refuse d’être dompté. Je suis l’ouragan qui rase ce qui lui passe sous la main, je suis l’éboulement qui scelle un ravin. La bêtise des mortelles m’a rendu de plus en plus aigri au fil du temps. La technologie me bouffe, m’étouffe. Je suis un homme en train de se noyer sous le regard d’une foule armée de smartphones pour filmer la scène. Mais je n’abandonnerais pas. Je n’abandonnerais jamais. Quoi qu’il m’en coute, je ferais le nécessaire pour retrouver ces instants de bonheur et de sérénité. S’il le faut, j’éviscèrerais moi-même tous les mortels que cette Terre porte pour me repaitre de leurs entrailles, pour leur apprendre ce qu’est la colère de la nature. Pour leur apprendre ce qu’il finit par se passer lorsque l’on coupe la main qui vous nourrit. Mais grâce à l’intervention de mon frère et de ma sœur, je suis un ouragan contenu dans une bouteille. D’apparence calme, je fulmine ma colère au quotidien mais de manière intérieure. Je n’en reste pas moins sec et brusque mais je sais que ma place ne me permet plus de faire payer à tous ces infidèles, à tous ces impies. Alors je me contente de rester froid et distant avec les mortels. En particulier avec ceux qui ne nous respectent pas, moi et mes concepts. Je pourris volontiers la vie des pollueurs lorsque je le peux et je suis plus enclin à me montrer aimable envers un mortel qui respecte son environnement. Cependant, donnez-moi un lopin de terre correctement traité et je m’adoucis directement. La nature m’aide à reprendre contenance, à m’apaiser un tant soit peu. Grossièrement, je suis une divinité en colère. Une divinité en souffrance à la recherche d’un peu d’apaisement. Et s’il faut passer par le sang et les larmes pour atteindre cet apaisement, c’est un prix que je suis parfaitement prêt à payer. Mes opinions sont marquées et je souffre beaucoup du monde dans lequel je vis. Je n’y retrouve tout simplement plus ma place et je prends comme une atteinte personnelle la moindre malgérence animale ou végétale. Résultat, je suis quelqu’un d’assez grognon au quotidien. C’est plus fort que moi, je ne peux juste pas m’en empêcher. Je baisse les yeux vers les mortels et je me montre immédiatement froid et distant. Je ne suis pourtant pas comme cela avec ceux qui ont su gagner ma confiance et ma sympathie, leur offrant les ruines du visage doux et paisible que j’ai avoir autrefois. Je m’adoucis invariablement au contact de mon ‘‘frère’’ et de ma ‘‘soeur’’, leur bonté se heurtant à ma colère pour finalement l’apaiser. Et je ne peux que les remercier de m’avoir supporté tout ce temps. Au plus le temps passe, au plus la colère monte et au plus j’ai tendance à m’isoler. Par le passé, je m’isolais toujours dans les souterrains du monde deux saisons durant. Je revenais ensuite, arborant fièrement mes bois sur le sommet de mon crâne pour m’occuper de la faune et de la flore. Aujourd’hui, je n’ai plus cette opportunité. Alors, quand les choses ne vont plus, quand je me sens perdre pieds, quand je sens que les mortels dépassent les bornes, que c’est plus que je ne peux en tolérer, je m’isole à nouveau. Naturellement, mon corps recherche la sensation d’antan de la fraicheur de la roche autour de moi. Les souterrains étant fort peu présents dans le coin, les égouts n’étant pas une option à mes yeux, je disparais dans notre cave. J’y passe parfois plusieurs semaines, loin de tout. Pendant ces périodes, il n’est pas rare que mes bois réapparaissent mais ils n’ont plus rien de leur splendeur d’antan. Au mieux, ils pourraient être les bois d’un jeune cerf qui n’a guère vu plus de cinq étés. D’un mouvement répétitif, au fond de ma cave, je frotte la pierre des murs, je l’attaque petit à petit, laissant derrière moi une trace de chaque passage de ce genre. Si cela avait été sans Merrill et Garret, je me serais plus d’une fois laissé dépérir à petit feu, ignorant tous les besoins de mon enveloppe charnelle, me contentant juste de rester allongé contre la pierre froide, profitant de l’humidité naturelle, de la solitude et du grattement de mes bois sur la pierre. Quand je suis dans l’une de ces phases, il ne fait pas bon m’approcher ou me forcer la main. Je me montre facilement cavalier, mesquin et agressif sans la moindre raison apparente. Il n’est pas donné à tout le monde de savoir me manœuvrer dans ces périodes-là. Je ne conseillerais à personne d’autre que ma ‘‘famille’’ de s’y risquer. J’ai manqué plusieurs fois étrangler Lug à mort lors de ses tentatives de me remonter le moral. Mes cycles étaient plutôt courts au début. Mais, au plus le temps passe, au plus longtemps je reste enfermé dans ma cave, la joue contre la pierre, ruminant ma colère, refusant de voir le moindre mortel. La solitude de ces deux saisons me manque parfois. Mais dans le monde ‘‘moderne’’, il n’est pas de bon ton de disparaitre la moitié d’une année. Ce n’est pas bon pour les affaires et pour l’image. Cette solitude cyclique qui rythmait mon existence a disparu depuis bien longtemps et je dois reconnaître que je m’en vois souvent nostalgique. Ce besoin de solitude fait partie de mon être, de mon cycle naturel. Il m’a été retiré il y a longtemps et rester trop longtemps en présence des mortels finit par me laisser à fleur de peau, de me donner envie de faire collier leurs intestins et boucles d’oreilles leurs globes oculaires. Malgré tout cela, il arrive que mon masque de sérénité se pose à nouveau sur mon visage. Je suis d’une tendresse et d’une délicatesse sans nom avec les animaux et les végétaux. Je m’entends bien mieux avec eux qu’avec les mortels sur qui je passe mon temps à grogner et gronder. C’est ainsi que je suis. Un dieu rendu fou par la douleur et la tristesse, un dieu fou qui se raccroche tant bien que mal à la moindre parcelle de ce qu’il a été, un dieu fou qui cherche dans le noir et l’obscurité à se retrouver. Un dieu fou dont la nostalgie est un gouffre sans fond. Un dieu fou qui est prêt à prendre les armes pour récupérer ce qu’il lui revient de droit.
♜ OPINION SUR LE SECRET : Le Secret n’a que trop duré. Il est sérieusement temps de mettre fin à toutes ces idioties et d’ouvrir un peu les yeux sur le monde qui nous entoure. Nous sommes la puissance même, nous sommes l’incarnation même de ce que les humains et les mortels craignent le plus. Pourquoi nous affaiblir en nous cachant ? Pourquoi rester dans l’ombre alors que nous pourrions à nouveau être craints et respectés comme lors du bon vieux temps ? Tous ces humains insensibles au monde magique, quelle forme de résistance peuvent-ils bien encore nous offrir si nous leur offrons un front soudé et uni ? Je suis las de me cacher, je vomis le christianisme et la culture qui en résulte. Les hommes sont en trains de gâcher cette chance merveilleuse qui leur a été donné de fouler la terre de ce monde si riche en ressources. Et ils sont en train de la détruire. Au profit de quoi ? L’argent, le pouvoir et la déchéance. Le désir de possession gangrène l’humanité. Il est grand temps de reprendre la place qui a toujours été la nôtre pour les remettre dans le droit chemin, les réduire au stade d’esclaves qui a toujours été le leur, bien qu’ils semblent l’avoir oublié.
♜ CRÉDITS : Oscar Isaac par Rhumanesque




♜ LIVE :


Tout contre moi, je tiens l’artefact. Plus qu’un objet magique, c’est un objet d’une grande valeur sentimentale. Le secret que je porte au quotidien, le poids du cadeau que je m’étais promis de leur faire à leur mariage. Il ne paye pas de mine, ce petit bout de de forge, ce cercle de métal qui pend négligemment autour de mon cou tel un collier. Un artefact que j’ai fait forgé dans le secret lorsque Lug et Eithne on eut leur premier et seul enfant. Un réceptacle destiné à recueillir son noyau le moment venu.

Promesse silencieuse gardé pour moi lors de leur mariage, c’est un poids que j’ai décidé de porter seul. Je ne peux chambouler le cycle de la nature. Je n’aurais même pas dû faire cette exception. Alors que Morrigan avait amené le noyau de Cúchulainn aux portes du purgatoire. Je n’étais pas en droit de l’intercepter, de le ramasser après qu'elle se soit renvoler, le laissant devant la porte du lieu où il devait dorénavant résider, de priver ce noyau du purgatoire. Et pourtant, par amitié, je l’ai fait. Ce cercle de métal frappé autour de mon cou semble peser beaucoup trop lourd. Mes doigts caressent l’artefact alors que je sais que je vais retrouver les parents en deuil. Cela va faire une décennie que leur fils est partit, que j’ai empêché son noyau de résider là où il le devrait. Tout ce temps, je l’ai porté autour de mon cou, ne m’en détachant jamais.

Ce fardeau, j’ai accepté de le porter. J’ai accepté de le porter seul. Je ne peux pas leur en parler. Ils me demanderaient de trouver un corps où intégrer le noyau. Et cela, je ne peux pas le permettre. Ce qui meurt doit demeurer dans son état. Les âmes et les noyaux ne sont pas faits pour être réutilisés. C’est ainsi que fonctionne le cycle de la vie. Le mieux que je puisse faire, ma dernière limite, c’est d’avoir récupérer le noyau aux portes du Purgatoire, l’empêcher de vivre cela. Le noyau de Cúchulainn est en sécurité, en sommeil. C’est le plus grand présent que je pouvais leur offrir. Présent silencieux, présent muet, présent inconnu.

Aujourd’hui, c’est Samain. L’anniversaire de sa mort. Et je sais dans quel état je vais retrouver Eithne, je sais à quel point le chagrin la ronge. Ma main se referme autour de l’artefact. Cette fois encore, je vais passer la journée à me détester de garder jalousement ce secret pour moi, à me détester de ne pas être capable de briser le cycle naturel pour l’apaisement d’une amie. Tout contre mon torse, le noyau de son défunt fils bat le rythme de ma marche. La silhouette du couple se dessine au loin et je sens mon cœur se serrer. D’ici, leur deuil est déjà palpable. Alors que je m’approche, je murmure une excuse pour moi-même. Parce que je ne peux pas m’excuser directement face à eux, parce que je ne peux pas leur dire que j’ai sauvé le noyau de Cúchulainn, parce que le cycle de toute chose passe avant l’amitié que j’ai pour eux. Et ce secret, je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir le porter encore…





La sensation familière me picote les reins. Je me décolle de l’arbre contre lequel je m’étais appuyé pour écouter mes amis Lug et Eithne pour me tourner vers la source de ce sentiment que je n’ai plus ressenti depuis longtemps maintenant. La sensation me fait frissonner de confort alors que je sens l’offrande malgré la distance. Je sens ma magie me revenir. Mon regarde se porte au loin. Je ne fais plus attention à mes amis. Ma voix interrompt Lug qui était en train de venter ses exploits guerriers. « Mes fidèles m’appellent… » C’est devenu une chose rare depuis que les chrétiens on finit par conquérir l’Écosse, le dernier pilier nous vénérant encore. C’est là que nous nous sommes retranchés pour éviter les gros Nexus, c’est là que nous essayons tant bien que mal de conserver la flamme de nos cultes vivante.

Le silence accueille mes mots et, alors que je me mets en marche, ils m’emboitent le pas. Le sanctuaire n’est pas si loin que cela. Un jour de marche, tout au plus. Je le sens. Il vibre d’énergie magie. Tel un papillon de nuit attiré par la lumière d’un feu, je m’avance. Je pourrais parfaitement me bruler  les ailes dans cette histoire. Je pourrais parfaitement me dévoiler bien trop personnellement et finir par subir une attaque quelconque. Mais c’est plus fort que moi. Je n’ai plus entendu de prière au cycle naturel depuis un moment maintenant. Mes pas me guident d’eux même. Je ne me rends même pas compte que la curiosité gagne aussi le cœur de mes amis, ces derniers m’emboitant le pas. Je ne le sais pas alors que j’évolue dans la forêt, mon pas devenant rapidement une course, mais en répondant à cet appel, je me lance dans une aventure qui va me marquer à vie.

Le voyage ne fut pas trop long. Lors de la route, j’avais charmé trois chevaux et nous avions chevauché à cru jusqu’au sanctuaire d’où venait l’offrande à ma personne. Alors que je pose le pied au sol, en face de la petite grotte qui a probablement été consacré sanctuaire à mon nom, la nuit a déjà levé son voile sur les collines alentours. Pas même les torches ne couvraient le lieu de lumière, la Lune s’occupant très bien de la chose. Ses rayons percent l’entrée de la grotte et, alors que je m’avance à l’intérieur, que je profite de la vibration toute particulière que dégage un sanctuaire à mon nom, je profite des reflets sélénites se répercutant sur les parois, offrant une ambiance paisible et calme au lieu.

Du bout des doigts, je caresse la roche. Sans même que je ne m’en rende compte, mes bois poussent, répondant à l’énergie magique ressourçante que dégage le lieu. Il reste encore quelques berceaux de cultures que me vénèrent, malgré la prolifération des églises sur les Highlands. Mes doigts passent sur la roche comme si je pouvais la briser à tout instant, comme pour me convaincre que ce berceau de culte est bel et bien réel. Petite chose fragile que je ne voudrais en aucun cas briser.

La grotte est haute de plafond. Une chance pour moi. Mes bois ont bien poussés, se faisant presque aussi majestueux que lors de la bonne époque. Je me serais retrouvé bien coincé si je n’avais pas pu me tenir droit. Répondant à l’appel, je m’assis au milieu du sanctuaire. Il se fait rare au septième siècle de trouver des lieux aussi apaisants pour moi. Je m’installe en tailleur et mes mains continuent de caresser doucement la pierre. Il ne pouvait y avoir plus beau sanctuaire à mon nom. Assit au milieu du rayon de lumière, je finis par être rejoins par Lug et Eithne. L’énergie du lieu ne leur est pas destinée mais j’aurais fait pareil à leur place. Rien que pour respecter leur lieu de culte à eux. La nuit s’écoule en silence.

Ce n’est que lorsque les rayons du Soleil remplacent ceux de la Lune que quelqu’un revient au sanctuaire. Je rouvre les yeux lorsque j’entends le bruit mat d’un panier tombant dans l’herbe. En face de moi, un homme barbu revêtant l’habit qui avait autrefois été celui des druides. L’homme tombe à genoux, marmonnant une prière. Rasséréné par le lieu de culte, je me lève avec souplesse. Je marche jusqu’à l’homme qui marmonne une prière en mon nom. « … Tu es l’homme dans les arbres, L’homme vert des bois, Qui apporte la vie au printemps naissant. … » Je connais la prière pour l’avoir entendu un nombre incalculable de fois. Je pose un genou à terre et, d’une main tendre, je fais relever la tête au mortel et, avec un sourire tendre, je continue la prière à sa place. « Je suis le cerf en rut, Puissant Cornu, qui vagabonde dans les bois d’automne, le chasseur qui tourne autour du chêne, les cornes du cerf farouche, le sang vital répandu sur la terre à chaque saison. Dieu de la végétation, Seigneur de la forêt, j’ai entendu ton sacrifice, je viens te donner ma bénédiction. »

Le mortel n’en croit pas ses yeux. Mon sourire s’attendrit davantage alors que je vois les larmes de bonheur couler le long de ses joues. L’homme balbutie quelques paroles confuses avant de récupérer un semblant de dignité, se relevant. D’une voix humble, se rendant compte de toute sa petitesse, il butte sur les mots. Je finis par comprendre qu’il va me guider jusqu’à la personne qui est réellement demandeuse, celle qui a fait un sacrifice en mon nom. Je lui emboîte le pas, Lug et Eithne me suivant comme mon ombre.





La chaleur du feu se projette sur mon visage alors que les chants et les rires coulent dans mes oreilles. Aujourd’hui, la chasse a été particulièrement fructueuse et le clan fête un mariage important, un mariage qui va leur permettre de renflouer les caisses et d’assurer la sécurité et un meilleur niveau de vie à tout le monde. Assis à côté du feu, j’observe avec un large sourire attendrit ces adorables mortels fêter un événement qui me parait insignifiant à mon échelle. Mais je n’y peux rien, cela me fascine de voir les grandes joies qu’ils peuvent faire des petites choses, la bonne humeur qu’ils en retirent, les fêtes qu’ils font pour au final peu de choses. Ils vivent à leur rythme, à leur échelle, ils brûlent la bougie par les deux bouts et ils le font dans la bonne humeur.

La cornemuse s’élève dans le ciel nocturne et, un peu plus loin, j’observe les pas de danse agile d’Eithne. Le fond de l’air est frais mais la chaleur humaine dégagée ce soir par le clan se suffit amplement à elle-même. Sur les pas endiablé de la déesse, je me laisse aller à battre le rythme de mes mains, me joignant officiellement à cette fête que je n’avais fait qu’observer jusqu’alors. Ce soir, nous n’étions qu’entre nous et pour l’occasion et parce que je savais que cela faisait plaisir au clan, je m’étais paré de mes bois. Les majestueuses courbes de ces derniers dessinaient une ombre rassurante au-dessus de ma tête, rappelant aux mortels qu’ils étaient sous ma protection tant qu’ils continuaient à me vénérer, que je suis et resterais une figure solide contre laquelle s’appuyer tant qu’ils ne me déçoivent pas.

Un homme vint s’asseoir à côté de moi. Il me prend ma cervoise des mains et la pose au sol. Ses joues sont rougies par l’alcool qu’il a ingurgité jusqu’à présent et il me tend une cornemuse, me proposant de m’apprendre à jouer. Sur le moment, je suis un peu perdu. Pas par la familiarité de l’homme mais par la proposition. J’ai beau être un dieu et eux de simples mortels, je n’ai jamais mis de barrière entre nous tant qu’ils savent quelle est leur place. Je ne me suis jamais senti outré d’être touché ou abordé de manière un peu familière par moment. Je préfère vivre ainsi, à leur égal. Une divinité qu’ils vénèrent tous les jours et qui leur reste accessible, qui est présente pour eux, qui apprends aussi d’eux.

Alors j’accepte l’instrument même si la musique n’est pas trop mon truc. Je maîtrise la flute avec laquelle il m’arrive d’accompagner la harpe de Lug mais je n’ai pas de facilité particulière avec le milieu culturel contrairement à mon ‘‘frère’’. Alors j’écoute attentivement les conseils de l’homme, je me mets en position et j’essaye d’imiter le mouvement de ses doigts. Le son que je tire du pauvre instrument est horrible. L’homme me reprends, me montre comment tenir correctement l’instrument et, dans mon dos, j’entends le ricanement moqueur de Lug. Je me penche en arrière pour tomber sur le regard malicieux et taquin de mon ami. Je lui lance un grand sourire et je joins mon rire au sien. « Viens donc jouer avec nous au lieu de te moquer, mon frère. » Le nommer ainsi a toujours un gout étrange en bouche mais néanmoins, je le ressens déjà moins comme un mensonge qu’au début.

La divinité semble hésiter un instant entre continuer de se moquer de moi ou de venir effectivement se joindre à nous. Je l’entends marmonner quelque chose sur le fait qu’il ne peut pas me laisser martyriser ce pauvre instrument plus longtemps et il ne faut pas longtemps avant que je ne le sente s’asseoir à mes côtés. Il attrape à son tour une cornemuse et, comme toujours, il éprouve le besoin de se montrer, d’affirmer sa supériorité. Alors je me contente de l’observer en souriant, profitant de l’élégance du son qui s’échappe de l’instrument, de la qualité du rythme. Lug a toujours eut ce côté fascinant quand cela concerne la culture humaine. Je peux passer des heures à l’écouter jouer, lui ou sa harpe d’ailleurs. Lorsque les notes finissent par se taire, la totalité des personnes présentent aux festivités se sont tues et arrêter pour profiter de l’honneur d’écouter la musique du dieu. Personne n’ose réellement prendre le relais, ne voulant pas briser le moment. Tous les individus laissent couleur le silence, laissant comme seul son le crépitement du feu. Plus par jeu qu’autre chose, je décide de briser l’instant, laissant échapper un son agonisant de ma propre cornemuse. Je ris quand le regard courroucé de mon ami se pose sur moi et finalement, la vie reprend son court tout autour de nous. Rendu grincheux par mon intervention, c’est un Lug aigri qui m’apprend à me servir d’une cornemuse correctement avec l’aide de l’homme qui est venu me proposer de m’apprendre dans un premier temps. La soirée poursuit son court dans les rires et la bonne humeur. La mine grincheuse de Lug n’a pas de prix et je m’amuse toujours autant à aller chercher la limite du caractère belliqueux et narcissique de mon ami.

Mais le fait est que, cette nuit-là, alors que l’aube commence à poindre à l’horizon et que les hommes et les femmes du clan ont succombés au sommeil pour la plupart, lors d’une balade en solitaire dans les alentours, les notes fortes et puissantes d’un rythme calme suivent mes pas. La cornemuse sous le bras, je joue l’une des mélodies que Lug m’a apprises cette nuit.





La poussière se soulève sur le champ de bataille. Aujourd’hui, je me suis engagé à me battre aux côtés des écossais. Autour de moi, les troupes se reforment, je reprends ma place dans les rangs. C’est trop tard pour l’Écosse, le christianisme a percé ces contrées il y a des siècles de cela mais je ne peux pas m’empêcher de vouloir protéger cette fière patrie des anglais. Lug est auprès de Robert Bruce, lui susurrant des tactiques au creux de l’oreille, lui soufflant l’inspiration stratégique, les bonnes positions à faire prendre à son armée. Plus par caprice qu’autre chose, et malgré les craintes d’Eithne, j’ai enfilé l’uniforme, me mêlant aux milieux des soldats et des faucheuses. Alors que nous attendons l’armée anglaise du haut de notre position stratégique, je sens mon cheval devenir nerveux.

Je me penche et je tapote doucement son encolure, lui glissant une parole réconfortante. Il les sent aussi. Les faucheuses, tout autour de nous. Elles se mêlent au soldat, sentant le début de la bataille arriver. Elles repèrent les âmes qu’elles vont devoir récupérer. Je croise le regard de l’une d’entre elle. Je lui fais un bref signe de tête. Quoi qu’il se passe aujourd’hui, quoi qu’il se passe demain, la guerre amène à la mort. Les faucheuses vont avoir du travail. Les guerres ne m’enchantent pas mais elles ont au moins le mérite de réguler les populations, de maintenir l’équilibre de l’Homme face à la Nature. Je ne pleurerais pas les hommes qui tomberont aujourd’hui, je ne le fais jamais. Ils vont revenir à la nature, refaire partie intégrante d’un tout avant que la vie ne puisse à nouveau trouver sa route, remplaçant la leur.

Mon destrier piétine, les armées anglaises sont visibles, elles nous chargent. Les pièges fonctionnent, la moitié de leur cavalerie finissant au fond d’un trou. Je sens l’adrénaline me galvaniser, les cavaliers autours de moi trépignent, s’inquiètent, lancent une dernière parole à leur famille, espérant que le vent la leur portera. Nous sommes en sous nombre. Mais nous avons Lug. Je prends une grande inspiration, je savoure l’instant. La guerre humaine. Dans toute sa simplicité et sa complexité. Fabuleuse. La cavalerie ennemie arrive au contact, le bruit mat de la chaire s’empalant sur les armes des piquiers résonne, déclarant le début des vrais hostilités.

Rapidement, tout n’est que chaos et sang. De ma position, j’attends le signal pour charger avec mon unité. En attendant, j’observe les faucheuses s’affairer à leur travail, en silence, j’observe la récolte des âmes. La bataille a commencée et elle fait déjà farouchement rage. Les hurlements d’agonies s’élèvent déjà, laissant leur sinistre musique se rythmer du bruit des armes et du galop des chevaux. Lugubre scène que voilà mais, alors que j’évolue dans le carnage, je n’y vois là que le cycle de la vie, les luttes territoriales se faisant sans merci. Quelle différence entre la guerre humaine et l’animal se battant pour conquérir un nouveau territoire de chasse ? Pratiquement aucun. Le même désir de survie est présent. Sauf que je ne laisserais pas les écossais se faire écraser.

Du regard, j’arrive à distinguer la silhouette de Lug au loin. Ses yeux se posent sur moi aussi et c’est à ce moment-là que mon unité se met en route, contournant le plus gros de la bataille, le but étant de charger leur flanc affaiblit par leur position maladroite. Je talonne l’étalon et je suis le pas des autres, serrant fermement mon arme dans ma main. Les hommes autour de moi pensent à leurs familles, restées dans la relative sécurité de l’antre du château de Stirling. Mes pensées à moi vont vers Lug, Eithne, le clan MacTavish. Et alors que la charge est lancée, je me surprends à repenser à ces instants paisibles où les druides me vénéraient encore, où mon nom était sacré et connu. Aujourd’hui, je ne suis qu’un soldat sur un champ de bataille, se battant pour sa patrie et ses principes.





Rouler en boule sur le sol poussiéreux, je me laisserais dépérir si ce n’était pas pour Eithne et Lug. Le silence est pesant lourd. Cela va encore tomber. A un moment où un autre. Les rues sont pleines de faucheuses, au-dessus de moi. Je le sais. Je n’ai pas besoin de monter hors de la cave à l’odeur d’humidité et de moisissures pour m’en assurer. Cela fait des semaines qu’elles sont dans la ville. En surnombre. Oppressantes, présentent. Elles attendent l’heure. L’heure de la cueillette. Elles vont faucher les âmes. Et le ciel va se zébrer des traits des bombes tombant sur la ville.

La ville va se déchirer en pleins de petits morceaux, les bombes vont exploser, strier le ciel de leurs éclats chimiques et toxiques. La mort et la destruction va à nouveau s’abattre sur la ville. Et cela ne manque pas. Les sirènes sonnent. Vacarmes incessant. Les premières fois, j’avais pris la peine de me boucher les oreilles alors que j’attendais, impuissant, de voir les dégâts que les hommes peuvent commettre au nom de la politique, au nom de leurs stupides droits humains. Les premières nuits, je m’étais balancé d’avant en arrière, pleurant la terre portant ces enfants mutants. La dégénérescence  de la planète incarnée en une seule et même race. Mais au fil des nuits, ma patience s’effrite. Je ne parviens plus à donner le change. Je reste à la cave. Je ne pleure plus. Je n’y parviens plus.

A chaque fois que les sirènes raisonnent dans l’air de Londres, c’est ma tristesse qui disparait un peu plus écho des alarmes affolantes. Ma tristesse s’assèche, je ne me retrouve plus capable d’éprouver de la pitié pour ceux que les faucheuses viennent chercher. La peine s’efface lentement, au fil des jours, laissant la place à la colère. Froide et puissante. Je la sens pulser en moi alors que mon corps me semble vidé de la moindre énergie. Où est le cycle naturel dans tout cela ? Où est le respect de la terre qu’ils foulent de leurs pieds ?

Depuis combien de temps suis-je allongé sur le sol poussiéreux et boueux de cette cave ? Depuis combien de temps n’ai-je plus rien avalé ? Plus rien bu ? Je n’en sais rien. Je me contente de rester là, à observer le vide. A chaque détonation, mon corps tremble légèrement. Je passe mes bras atour de mon torse. Je ne remarque la présence de mon frère et de ma sœur que lorsqu’une main douce et tendre vient se poser sur mon épaule. Je ne suis plus qu’une coquille vide.

Je me laisse manipuler par ma sœur, la laissant me redresser telle une marionnette sans vie. Je n’ai plus envie de faire d’efforts, je n’ai plus envie d’évoluer dans ce monde. Le fracas des bombes percute la ville. Mais les dégâts qu’elles font aux bâtiments ne sont rien comparés à ce que je ressens à chaque fois que l’une de ces détonations raisonne dans mes oreilles, me vidant à chaque fois un peu plus de ma force vitale, de mon envie de me battre.

J’accepte l’eau qu’Eithne fait couler dans ma gorge. Je ne la remercie pas. Cela fait des semaines que je ne parle plus. Mes bois ont commencé à pousser dans un désordre anarchique. Si cela ne prend pas bientôt fin, je ne donne pas cher de ma peau. Mon regard reste fixé sur le mur que je vois sans vraiment le voir. Il n’y a plus que l’éclat des bombes dans mes oreilles et les bruits stridents des sirènes.





Mer 13 Juil - 23:29
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Erwan MacTavish
Tha mi duilich Alba... Tha mi duilich...



♜ LIVE- LAST END :


Le silence reposant englobe la cave. J’y suis descendu ce matin, peu après avoir feuilleté le journal. Des chiffres, toujours des chiffres. Et ce au mépris de la nature, de son équilibre naturel. Je vomi l’exploitation, l’avidité humaine. Ils doivent tout avoir. Le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Elle est loin l’époque où je riais avec eux au côté du feu, où je partageais mon savoir, où j’apprenais volontiers leur culture. Je tire mes jambes à mon torse, assis sur la paillasse que je me suis aménagé. La nostalgie de la bonne époque m’enserre le cœur, cette société me rends malade, me ronge à petit feu.

Je frappe sur le mur sans aucune raison si ce n’est le besoin d’extérioriser ce qui bouille au fond de moi. Je retiens mon cri de douleur et de colère. Encore une espèce qui va disparaitre à cause de l’homme. Encore une fois, l’écosystème va être mit en danger par leur égoïsme, les innocents vont payer le prix des cupides. Je ne pleure pas. Je ne pleure plus depuis le début de l’industrialisation de masse. Je ne peux plus pleurer. Le flot s’est tari et il ne reste qu’un désert de colère froide enroulé sous une couche de tristesse et de souffrance.

Ma tête bouge d’avant en arrière, effectuant un mouvement de balancier obsédant. Le raclement de mes jeunes cornes contre la pierre brise le silence froid du sous-sol. Mes bois n’ont plus rien de ce qu’ils ont pu être à une époque. Le Délitement m’étreint un peu plus de jour en jour et je crains de finir par ne plus voir mes bois pousser du tout au bout d’un moment. La vibration du bois sur la pierre raisonne jusque dans mon crâne et, en silence, je continue de creuser une saillie dans le bloc de pierre. Allée et venue infernale, j’essaye par la monotonie du mouvement de me sortir de la tête le monde qui évolue au-dessus de moi. Les industriels qui ne pensent qu’au profit, les pseudos écolo qui n’agissent qu’à petite échelle, les multinationales qui font passer l’argent et la diplomatie avant le bien être du monde dans lequel ils évoluent. Qui pense encore à la terre qu’il foule de ses pieds ? Qui pense à respecter l’équilibre des choses, la nature cyclique de tout être ? Personne.

Mes pensées divergent vers mon frère et ma sœur. Ils n’ont ces titres que parce que nous le voulons bien. Nous ne sommes pas liés par le sang mais après tant d’année à évoluer à leur côté, je ne peux plus concevoir une vie sans eux. Surtout pas dans l’état actuel des choses. Ce soir, je ne voulais pas finir ici. Mais mes bois ayant poussé, je ne peux pas vraiment me montrer. Le je contrôle plus aussi bien qu’avant. Et le port d’un bonnet en hiver attire toujours l’attention. Je me déteste pour ma propre faiblesse, pour me laisser autant influencer par le monde dans lequel j’évolue. Pour ne pas pouvoir être là pour eux quand ils ont aussi besoin de moi. Ce qui est le cas de Merrill. Je suis au courant de ce qu’il se passe au boulot pour elle en ce moment.

Je sais qu’elle s’accroche à un enfant mortel, comme elle a si bien l’habitude de le faire. Elle est trop douce notre Merrill. Trop bonne, trop aimante, trop généreuse. Malgré la situation, elle donne sans retenue son amour aux mortels. Elle le sait qu’ils vont partir. C’est le cycle de la vie, c’est ainsi que les choses fonctionnent. Ce qui vient de la nature retourne à la nature. Cela arrive plus tôt pour certains que pour d’autres. J’ai plusieurs fois essayé de lui faire comprendre qu’elle devrait mettre la pédale douce. Il nous est arrivé de nous engueuler sur le sujet. Les mortels n’en valent pas la peine. Ils ne sont que destruction et cupidité. Et je les déteste davantage quand je vois les états dans lequel ma sœur se met pour eux.

Elle s’est encore attachée à un gamin en fin de vie. Cela lui arrive souvent. Le souvenir de son fils perdu sans doute. Il arrivera un moment où il y passera. Lug et moi, nous allons encore devoir la ramasser à la petite cuillère, recoller les morceaux comme on le peut. Je déteste la voir se faire du mal ainsi. J’exècre ce métier qu’elle s’échine à pratiquer. Elle pourrait très bien nous rejoindre tous les deux à la boutique, essayer d’être mère une seconde fois pour épancher ses besoins de maternité. S’il le faut, malgré le fait que je la considère totalement comme une sœur, je suis même prêt à le lui donner, cet enfant, si cela peut l’apaiser.

Un miaulement attire mon attention et je me détache du mur pour m’allonger face à celui-ci. Ghàidhealtachd bondit au-dessus de mon corps comme à son habitude et vient se coincer sur le haut de mon torse, posant sa tête sur ma gorge. Je passe une main dans le pelage roux du chat qui se met automatiquement à ronronner, brisant le silence apaisant du lieu. Il n’arrive pas à m’arracher le moindre sourire cette fois. Je regarde la pierre en face de moi, songeur, perdu dans mes doutes et mes inquiétudes. Je ne devrais pas être ici. Je devrais être à l’étage, prêt à accueillir Merrill pour son retour du boulot.

Je ne sais pas combien de temps je reste ainsi, immobile, à fixer la pierre, laissant mes pensées sombres se succéder. Le dégoût des mortels, de moi-même, le besoin de me rendre utile, d’être à nouveau comprit. Finalement, j’entends la porte s’ouvrir. Je ne bouge pas. Et, alors que j’entends Merrill poser un plateau dans l’entrée, je me déteste un peu plus de ne pas trouver la force pour me lever et la prendre dans mes bras. Elle sent la mort. Le gamin est partit ce soir. Elle doit être dévastée. Et parce que je ne suis qu’un con, je ne bouge pas. Ghàidhealtachd est plus aimable que moi et va voir la femme de la maison. Les ronronnements ne tardent pas à reprendre dans la cave. Je m’attends à l’entendre faire demi-tour, à retourner dans sa chambre pour s’y reposer un peu.

Avec sa délicatesse et son élégance habituelle, je la sens s’allonger à côté de moi. Le constat me brise le cœur. Je ne devrais pas, mais je me surprends à détester ce gamin qu’elle n’a pu s’empêcher de materner. Sans un mot, je me retourne et je la prends dans mes bras. Elle dort déjà, je le sais. Mais c’est plus fort que moi. Elle sent la mort et la mer. Deux odeurs que les savons artificiels et chimiques ne pourront jamais me cacher. J’enfouis mon nez dans ses boucles, humant l’odeur des algues et du sel marin. Je ne lui ferais pas mes condoléances. La mort fait partie du cycle de la vie. Ce n’est pas une fin en soi mais un renouveau. Une manière de faire retourner à la terre ce qui lui appartient de base. Les mortels sont ainsi faits. Ils naissent, ils vivent, ils s’épuisent, ils meurent. Lui faire mes condoléances signifierait que je suis moi-même attristé par la mort de ce gamin. Et il n’en est rien. La seule chose qui me chagrine, c’est l’état dans lequel cela va la mettre. Alors je serre tendrement contre moi ma sœur, posant un baiser affectif sur le sommet de son front. « Oidhche mhath, Eithne. » Je la tiens tout contre moi, laissant une main trainer dans ses cheveux humides. Je ne peux étouffer cet amour que j’éprouve pour elle et pour Lug. Quelque chose de fort, de puissant, de fraternel. J’irais jusqu’au bout du monde pour l’un comme pour l’autre. Je les connais comme si je les avais faits. Mais à mon niveau, je ne suis plus qu’un gardien informe, affable et faible. Ce constat me serre le cœur alors que je la serre un peu plus contre moi. Aujourd’hui, je vais veiller sur son sommeil. Rien ni personne ne pourra troubler son repos, pas même Ghàidhealtachd qui vient de s’installer dans le creux de nos deux corps. Le nez enfouis dans ses cheveux, je commence à fredonner une comptine en gaélique dans le creux de son oreille pour la guider vers un sommeil paisible et reposant. Il ne faut pas attendre très longtemps pour que le son étouffé de la harpe de Lug ne vienne se joindre à mon chant. Tel deux frères attentifs, nous veillons sur le sommeil de notre sœur.





Je le vois dans le regard de l’homme qui se tient face à moi, qui me guide vers la sortie. Le dégout. Si parmi les sorciers ceux que j’estime le plus sont les druides, mon estime reste minime, presque inexistante. Je ne peux m’empêcher de les mettre dans le même tas que le reste des mortels. Divinité rendue folle par le délitement que je suis, je déteste ces moments où Arthur MacLéod demande à me voir. L’homme ne m’est pas totalement antipathique mais à chaque fois que je reçois un appel m’ordonnant de venir me montrer pour telle ou telle raison, je grince des dents. Où sont les prières d’antan ? Où est le respect qu’ils me doivent ? Je suis la faune et la flore. J’incarne les concepts même qu’ils vénèrent et ils me traitent comme un vulgaire objet. Un mouchoir tout juste bon à être jeté après usage.

J’allonge le pas, pressé de quitter la demeure étouffante, oppressante. Je déteste cette sensation de me faire siffler comme un chien, de me faire contacter par des moyens humains. Où sont ces mots que je me plaisais tant à entendre ? Dois-je me répéter moi-même mes propres prières pour espérer pouvoir les entendre à nouveau un jour ? C’est toujours pareil avec eux. Encore et toujours la même rengaine. J’ai beau avoir un minimum d’estime pour Arthur MacLéod, il me reste le sentiment amer, aigre de n’être appelé que pour amuser la galerie. On me fait venir, on me demande quelque chose. Compte tenu de ma situation, je ne peux pas réellement le refuser et je repars m’enfermer dans ma cave pour oublier ma propre déchéance. Je ne suis qu’une marionnette entre ses mains. Et derrière ses sourires presque aimables, il y a toujours cette lueur de dégout qui brille au fond de ses yeux. Affabulation de ma part ou réalité, je ne serais le dire.

Mais alors que le doyen est l’un de mes élus, je ne ressens pas de lien particulier entre lui et moi. Du moins, pas digne de ceux que j’ai pu entretenir par le passé. Je suis un chien fou enchainé, une bête de foire que l’on sort de temps à autre pour amuser la galerie. ‘Regardez, j’ai une divinité païenne sous ma coupe, il obéit même à assit, debout, couché.’ J’ai les poings serrés. Aujourd’hui, j’ai accepté de prendre une jeune Oubliée sous ma coupe. Les déchets ensemble, n’est-ce pas ? La gamine sera sans doute bien mieux à nos côtés qu’ici.

Et alors que mes poumons se remplissent de l’air frais de cette soirée d’automne, que le druide m’abandonne enfin sur le pas de la porte, je m’autorise enfin à porter une main à l’artefact qui pend autour de mon cou. Témoin du passé. Je me surprends à me demander… Et si… ? Oserais-je ? Les rebus avec les rebus mais oserais-je leur faire l’affront de faire fusionner l’enfant avec le noyau d’un dieu décédé depuis si longtemps. Les feuilles mortes frottent le trottoir sous le rythme des bourrasques et c’est d’un pas rendu lent par la réflexion intense qui m’agite que je me dirige vers mon domicile. Du bout des doigts, je joue avec l’artefact de Cúchulainn, totalement absorbé par mon dilemme. Et si, pour une fois, ils venaient de me faire un cadeau sans même s’en rendre compte ?





La petite main s’accroche à la mienne. Devant le pas de la maison que je partage avec mon frère et ma sœur, je ne sais pas trop quoi en faire. S’occuper d’une oubliée pourrait être une occasion unique pour Eithne d’être mère à nouveau. Si le temps nous a bien prouvé quelque chose, c’est que les liens familiaux n’ont rien à voir avec le sang. Ils n’en ont pas besoin. Lug et Eithne sont autant mes frères et sœurs que si nous avions des parents communs. Ne pas avoir enfanté la jeune Avalon ne devrait pas être un souci. Mais, alors que je reste immobile sur le perron, la petite fille levant son regard interrogateur vers moi, je ne suis plus que doute. J’ai accepté de m’occuper d’elle, de lui fournir un toit, un endroit où elle pourra grandir.

Je ne suis pas sûr qu’un trio de divinités agonisantes soit réellement le meilleur endroit où une enfant puisse s’épanouir. Et alors que je croise les pupilles curieuses de l’enfant, je me rappelle qu’elle est mortelle. Cette enfant va grandir, devenir une femme puis la vieillesse va l’enserrer. En comparaison à nos vies à nous, il ne nous faudra qu’un battement de cils que pour la voir s’éteindre de vieillesse, son corps mortel ravagé par le temps. Flamme éphémère qu’est cet enfant. Je n’aurais peut-être pas dû accepter la demande de ce sorcier.

Cependant, dans ma main libre, le pendentif qui ne m’a jamais quitté. Artefact que j’ai jalousement gardé tout contre moi toutes ces années. Le noyau de Cúchulainn. Toutes ces années, je l’ai caché à Lug et Eithne. Gardien muet du noyau de leur défunt enfant, j’ai porté seul ce fardeau. Tous ces siècles, je les ai vu souffrir le deuil, tous ces siècles, j’ai résisté à l’envie de briser le cycle naturel en sortant ce noyau du sommeil dans lequel je l’ai placé il y a bien longtemps maintenant.

C’est cruel de ma part, aussi bien pour cet enfant que pour Cúchulainn, que de penser à me servir d’elle pour le ramener. Mais l’occasion est belle, elle est tentante. Samain approche, je pourrais intégrer le noyau dans l’enfant à cette date, essayant d’arrondir les angles, de garder un semblant de cycle à toute cette folie. Elle est une oubliée. L’intégration du noyau n’en sera que plus facilité. Je force un sourire que je lance à l’enfant. Je suis monstrueux de penser ainsi à arracher sa vie à cette petite fille mais… Que nous reste-t-il exactement ?

Rien. Plus rien. Nous ne sommes que l’ombres de ce que nous avions étés. Les mortels s’acharnent à détruire tous les piliers que nous représentons. Nous dépérissons, nous sommes opprimés. Nous n’avons même plus le droit d’enfanter. De notre gloire d’antan, il ne reste plus rien. Est-ce si mal de vouloir être un peu égoïste au milieu de toute cette folie ? De vouloir retrouver un être cher perdu alors que l’on n’a plus rien ? Ais-je le droit de faire cela à Cúchulainn ? Ais-je le droit de le ramener dans ce monde, pour le laisser agoniser lentement à nos côtés ? C’est un choix que je laisserais probablement à ses parents. Je ne suis que le gardien, celui qui a veillé sur lui tout ce temps. Il est grand temps que son sort ne soit plus de mon unique choix. Il est temps que j’en parle à Lug et Eithne. Je range précieusement l’artefact dans ma poche et j’ouvre la porte de notre domicile. « Tu es ici comme chez toi maintenant. » Je rentre avec l’enfant à mes côtés, sachant qu’il est fort probable que mes choix ne scellent pour de bon le sort de cette gamine aux yeux curieux et apeurés.

Je suis dans le salon, j’observe en détail l’artefact que j’ai porté tout ce temps. Après avoir expliqué la raison première de la présente de l’enfant ici, je leur avais glissé qu’il faudrait que je leur parle de quelque chose en privé. Garrett est déjà là, il m’observe en silence. Je retourne l’artefact entre mes doigts, je cherche une manière de leur dire les choses. Je ne me sens pas coupable mais je sais de quoi cela peut avoir l’air. Finalement, Merrill arrive à son tour, revenant d’avoir été coucher la nouvelle venue. Elle va prendre ma chambre le temps qu’on lui en aménage une. Pendant ce temps, je dormirais sur le canapé.

Je suis incapable de prévoir leurs réactions suite à la déclaration qui va suivre. Je suis incapable de savoir comment ils vont prendre la nouvelle. Mon regard ne se décroche plus du collier, artefact connu de moi seul. Petit bout de métal sur lequel j’ai veillé comme sur la prunelle de mes yeux. « Je dois vous dire quelque chose… » Mon regard se détache enfin du collier que mon pouce continue de caresser délicatement. Je cherche le regard de mon frère et de ma sœur. « Le jour où je vous ai marié, je me suis fait une promesse. Un cadeau de mariage que je ne pouvais pas nommer, un cadeau que j’ai conservé secret tout ce temps parce que je savais comment cela allait finir si je vous en parlais. »

Je me mors la lèvre. Maintenant que je suis lancé, je suis obligé d’aller jusqu’au bout de mon propos. « Mais aujourd’hui, avec l’arrivée d’Avalon, je me dis qu’il est peut-être temps de me faire plus souple. Je me dis que c’est une chance unique d’avoir une jeune oubliée sous notre toit. » Je tourne la paume de ma main vers le plafond, leur dévoilant du mieux possible l’artefact. « Je me suis promis de sauver le noyau de votre premier enfant du purgatoire, de veiller sur son sommeil toute ma vie durant pour ne pas qu’il ait à subir cela. Quand Morrigan y a déposé son noyau, je suis passé derrière elle et j’ai enfermé le noyau de Cúchulainn dans cet artefact. J’ai veillé dessus comme s’il était une extension de moi-même. Je suis désolé de ne pas vous en avoir parlé plus tôt, désolé d’avoir gardé ce secret tout ce temps. Mais, Merrill, je sais ce que tu m’aurais demandé à l’instant où je te l’aurais dit. Et jusqu’à aujourd’hui, je n’étais pas apte à te le donner. »

Un silence accueille mes paroles. Pour peu, j’en sentirais presque la culpabilité poser son poids désagréable sur mes épaules. Alors que, sans un mot, Lug attrape l’artefact avec toute la délicatesse du monde, comme s’il avait peur de le briser, Eithne quitte simplement la pièce. Son pas ne trahis pas la colère. Elle a besoin de temps pour assimiler. Je le comprends parfaitement. Alors que Lug observe toujours le collier comme s’il était la chose la plus précieuse que cette planète porte, je lui tapote doucement l’épaule et je me relève. « Je vais te laisser un peu de temps pour digérer la nouvelle. Si vous le désirez, je suis apte à placer le noyau de Cúchulainn en Avalon. Vous êtes les seuls décisionnaires maintenant, ce n’est plus de mon ressort. Je te laisse avec lui. Prends-en soin. » Sans un mot de plus, je me dirige vers la sortie du salon. Je connais Garrett et Merrill sur le bout des doigts. Je sais parfaitement qu’ils vont choisir d’intégrer Cúchulainn en Avalon. Alors, sans un mot, sans un doute, je descends à la cave me préparer pour l’implantation. Samain approche et si je veux réussir à implanter ce noyau, mon capital magique doit être au meilleur de sa forme possible.





Appuyé sur le comptoir de la boutique, je prends soin de mon ficus. Pìobaireachd a un peu été le mal aimé de la maison à son arrivée. J’ai longtemps été contre l’idée d’avoir une plante en pot. Elles ne sont pas faire pour cela. Elles ont besoin de sols riches et fertiles où leurs racines peuvent aller chercher à la source ce dont elles ont directement besoin. Mettre une plante en pot, c’est comme mettre un animal en cage. C’est Lug qui m’a offert en voyant le bien que me faisait la présence de Ghàidhealtachd. Cela partait d’une bonne intention mais je n’ai pas pu m’empêcher d’être furieux après lui pour cela. J’ai longtemps boudé Pìobaireachd. Et puis, j’ai vu comment Lug s’en occupait, comment Eithne s’en occupait aussi. Ils faisaient de leur mieux mais ils n’ont pas cette connexion que je partage avec la nature, ils la comprennent, mais pas forcément aussi bien que moi.

Alors j’avais pris les choses en main. Je lui avais acheté un pot beaucoup plus grand, de la terre de première qualité, sans la moindre merde chimique qu’ils foutent partout. Je filtre l’eau que je lui donne, j’ai commencé à en prendre soin, à m’attacher. Comme pour Ghàidhealtachd, je n’ai pas pu m’empêcher de lui donner un nom en lien avec le gaélique. Souvenir fugace d’un passé lointain, d’une nostalgie qui m’étreins bien plus qu’elle ne le devrait. Je mets mon doigt dans la terre du pot de Pìobaireachd pour juger du niveau d’humidité de cette dernière. C’est à ce moment-là qu’un mortel décide de passer le pas de la boutique. La petite cloche retentit dans la salle et je retiens un grondement. Après tout, je dois vendre pour faire rentrer de l’argent.

Je me retiens de peux de lui balancer mon habituel ‘‘On est fermé’’ et je redresse la tête vers l’entrée. Je ne fais pas l’effort de me feindre d’un sourire et je m’assombris alors que je vois une famille rentrer dans la boutique. Je déteste quand ils prennent leurs enfants avec eux. Nous sommes un bouquiniste. Notre spécialité sont les ouvrages un peu vieux et rare. Les vieilles éditions sont celles que je tolère le mieux. L’industrialisation du papier, l’abattage massif de forêt est quelque chose qui, aujourd’hui, me crispe encore. Et bien que cela ait joué dans mon déclin, je regrette l’époque ou la tradition était de passer sa culture oralement. Les gens ‘écoutaient encore à l’époque, ils aimaient apprendre, écouter les plus âgés, détenteurs de la sagesse.

L’un des gamins se met à hurler et je grince des dents. Je prends une profonde inspiration, laissant la petite famille tourner dans la boutique. Le père à le nez dans une vieille édition qui doit être l’une de nos plus belles pièces. Aussi l’une des plus chère. La gamine se met à pleurer à son tour. Je me passe une main sur les tempes. J’essaye de rester calme. Mais je sens l’impatience m’étreindre et la colère contre ces deux petits mortels braillards monter. J’ai soudainement envie de peut-être en croquer un morceau, de les assommer, les trainer à la cave et m’en faire un bout d’offrande. Mais ce n’est pas ainsi que les choses fonctionnent. Et je ne peux pas partir dans l’arrière-boutique. Garret n’est pas là pour me remplacer et je ne peux pas les laisser sans surveillance. Je n’ai plus confiance en l’humain. Ils ont tout fait pour que ce ne soit plus le cas en même temps. Toujours à briser, mentir, tromper, exploiter, voler. J’en viens parfois à me demander comment le cycle naturel a pu pondre un élément aussi instable, aussi mutant et destructeur que l’homme.

Mes ongles commencent à racler le bureau. Je me retiens de les foutre dehors par la peau du coup. Je me retiens de leur crier dessus, de décharger cette colère qui tourbillonne quotidiennement en moi. J’ai besoin d’un exutoire, de quelque chose pour ne pas leur retirer les globes oculaires à la petite cuillère. Le grattement ne s’entend pas sous les hurlements des gamins. Je lance un regard lourd et sombre à la mère, tentant de lui faire comprendre de calmer sa progéniture. En seule réponse, j’ai un sourire et elle retourne vaquer à ses occupations.

C’est la goutte de trop, je vais pour me lever et contourner le comptoir pour les foutre dehors à grand coup de pied au cul, peu importe la réputation que cela donnerait à la boutique mais un miaulement caractéristique m’en empêche. Ghàidhealtachd vient se frotter à mes jambes, réclamant pour être prit. Toujours dans les bons timings lui. Je me penche et je le ramasse. Mes mains crispées viennent caresser le pelage roux un peu trop durement. Il n’est pas coupable pour les deux braillards qui ne savent pas se tenir, ni pour la mère incapable d’éduquer ses enfants. Le chat profite que je sois assis pour bondir sur mon épaule où il va se percher, ronronnant dans mon cou. D’une main distraite je continue de le caresser.

« On est fermé. » Je craque, je cède. Ma voix forte et furieuse s’élève au-dessus des cris et des larmes. Mon chat sur l’épaule, je me relève, lançant un regard froid aux quatre paires d’yeux qui me fixent d’un air incrédule. « Vous êtes bouché ou quoi ? Foutez-moi le camp d’ici, vous et vos boules brailleuses ! » Je tape du poing sur le comptoir. La mère s’apprête à se plaindre, à me répondre quelque chose. Et là, ses yeux rencontrent les miens. Si elle ouvre la bouche, je l’étripe. Tant pis pour ma couverture, tant pis pour le risque médiatique. Je suis dans un état tel de colère que je n’ai plus grand-chose à faire des conséquences. Il n’y a plus qu’une chose qui importe ; faire comprendre à ces mortels qui est le plus puissant de la pièce.

Ils devraient me vénérer, me faire des offrandes, me créer des lieux de culte. Pas me regarder avec ces yeux idiots, me sourire alors que leur progéniture est juste incivique. Poupées brailleuses couvertes de microbes. « Foutez le camp ! » Mon cri raisonne une dernière fois dans la boutique, imposant une nouvelle fois cette scène aux livres exposés. Le père redépose le bouquin qu’il était en train de regardé, confus par ma colère. Je m’en fiche. Cette idée d’intégration est idiote, est stupide. Pourquoi un dieu comme moi devrait supporter ça ? Pourquoi devrais-je les laisser m’importuner ? Pourquoi ne pourrais-je pas laisser ma colère se déverser sur eux. De plus en plus, j’ai envie de me lancer dans le meurtre de masse de mortels, de leur rappeler les divinités du passé, de faire front unis avec les autres divinités oubliés, de reconquérir nos fidèles et la crainte que nous inspirions.

Mais aujourd’hui, je ne peux que laisser ce torrent s’échapper sous un flot de cris furieux. Je les intimes une nouvelle fois de sortir. Je manque les insulter en gaélique, je me retiens alors que la mère pousse enfin sa progéniture vers la sortie de la boutique. Le père n’en mène pas beaucoup plus large. Quelques secondes plus tard, il n’y a plus que le silence, brisé peu de temps après sa pose par le ronronnement affectueux de Ghàidhealtachd.

Moi qui ai un jour été fasciné par eux, je déteste les humains.

Je passe une main sur mon visage et je vais jusqu'à la porte pour la verrouillée, ne voulant pas en voir d'autre dans la boutique aujourd'hui. Lug va m'engueuler, me faire remarquer que c'est ainsi que l'on attire l'attention du Cénacle inutilement sur nous. Mais je n'en peux plus. Je tourne en rond dans cette ville. La pression sorcière qui pèse sur nos épaules m'oppresse presque autant que le monde dans lequel j'évolue. Mon regard passe la vitrine de la boutique et je me perds un bref instant dans l'observation du ciel gris de la ville. Parfois, je me demande ce que ce monde a encore à m'offrir...

Mais, quoi qu'il m'en coûte, je ferais cependant mon possible, à mon échelle actuellement réduite, pour le protéger.





« Bien, il faudra en profiter pour récupérer la dignité de Lug. » Mon regard se pose sur Merrill et un sourire victorieux me monte aux lèvres. Enfin. On va se battre pour récupérer ce qui nous appartient, on va se battre pour tendre à redevenir ce que nous étions. Plusieurs heures plus tôt, le message du Réanimateur avait raisonné dans nos têtes. Une menace pour certains. Je l’entends comme la douce promesse d’une délivrance proche, un appel aux armes. Depuis lors, je bouillonne intérieurement mais pas dans le sens colérique du terme. Je suis excité comme une puce. Toutes les parcelles de mon corps réclament vengeances. Le Cénacle va sans doute essayer de maintenir notre bride haute pendant ce mois-ci, pendant ce décompte infernal. Il sera question de faire les choses discrètement. Mais quel qu’ait été le résultat de cette conversation familiale, je comptais parfaitement me faire acteur de ce changement.

Mais savoir qu’Eithne et Lug vont eux aussi prendre les armes à mes côtés, cela fait couler l’adrénaline dans mes veines. Pour la première fois depuis quoi ? Des mois ? Des années ? Des siècles ? J’ai envie de rire, de crier ma joie. J’ai envie de parcourir la forêt au pas de course, de sentir le vent fouetter mon visage, de profiter de l’odeur de la sève d’un jeune arbre en train de pousser, d’observer le rythme de vie d’une famille de cerfs, de me resynchroniser avec tout cela. Enfin, je semble respirer, je semble revivre. Mon apathie générale semble m’avoir quitté, l’appel aux armes résonnant en moi, se faisant écho à lui-même, s’amplifiant lentement, doucement, mais surement.

Je trépigne presque sur place. Depuis quand n’ai-je plus prit part à ce genre de choses ? Depuis quand ne me suis-je plus investit de ce genre de mission ? Depuis quand n’ai-je plus eut une lueur d’espoir ? L’espoir. J’ai toujours trouvé que l’espoir était quelque chose de cruel. Probablement la chose la plus cruelle que l’on puisse ressentir. Peut-être parce que, au fil des siècles s’écoulant, j’ai vu les miens se faire systématiquement piétinés, détruits, amochés, annihilés. J’ai finis par jeter le sens premier de ce mot, lui donnant ma propre signification. L’espoir signifiait Lug. L’espoir signifiait Eithne. Et aujourd’hui, je me surprends à espérer à nouveau.

Douce sensation d’euphorie. Mais je ne peux m’y laisser aller totalement. Bien que mon choix soit déjà fait et arrêté, une pointe d’angoisse me sert le cœur. L’angoisse de voir le château de carte s’effondrer une nouvelle fois. On n’a pas le droit à l’erreur, on n’a pas le droit à l’échec. Mais quand mon regard se pose sur ma sœur, je sais que rien au monde ne pourra me faire changer d’avis. Ils ont été trop loin cette fois ci. Je ne peux pas pardonner. Pas ça. Pas ce qu’ils lui ont fait. Mon corps me hurle vengeance. Et je compte bien le lui donner. « J’ai un plan. » Ma voix perce l’air, grave, puissante. Mon regard accroche celui de Lug. Nous ne sommes plus rien. Divinités fantoches, ombres de ce qu’elles ont étés un jour. Si nous voulons être utiles, c’est ce problème là qu’il va falloir commencer à gérer en espérant que Cénacle soit trop débordé que pour prêter attention à nos magouilles.



♜ JOUEUR : Pfiou, nous y voilà enfin… <3 Enfin, un peu en avance étant donné que j'ai profité de deux nuits d'hotels sans réseau ni internet pour écrire la première partie de ma fiche.  huhu  Alors, moi c’est NyxBanana, une jeune belge de 22 ans qui flirte avec le monde du RP sur forum depuis plus de 10 ans maintenant. Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été plongée dans le monde du jeu de rôle, mes parents étant de grands pratiquants de jeux de rôles sur table et grandeur nature. Je suis actuellement étudiante en web et j’aimerais suivre une spécialisation dans l’UX Design. Cela fait maintenant longtemps que je zieute WT. A vrai dire, à peu près depuis que vous êtes venus faire une demande de top partenariat à mon propre forum (MNOII). J’avais eu un crush sur TW à l’époque mais n’ayant pas le temps de m’investir dans un personnage supplémentaire à ce moment-là, j’avais décidé que ça serait pour plus tard. Et finalement, me voici ici, toute heureuse d’avoir craqué et des découvertes que j’ai fait en me renseignant plus avant pour rédiger cette fiche. <3 Une partie de la fiche a été rédigée le soir dans des hotels lors de mon road-trip en Écosse donc je m’excuse d’avance s’il y a une trop grande différente de style entre le début et la fin de la fiche. <3 J’espère que cette lecture vous a cependant été agréable <3


♜ JE RECONNAIS AVOIR PRIS CONNAISSANCE DU RÈGLEMENT ET M'ENGAGE A LE RESPECTER : Erwan MacTavish




Jeu 21 Juil - 19:13
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L'étrange sous la normalité :
Je suis le Maître de ces lieux, le conteur de vos histoires, l'oracle de vos avenirs. J'écris sur les pages blanches de demain vos déboires, vos exploits.

Tell me More : Je tiens les ficelles de vos existences.
PROFESSION : Assistant
Crédits : By Meri
Messages : 808
Points : 1289
Admin

Bienvenue Erwan !


J'ai le plaisir de t'annoncer que tu es validé


Ce cornu a de très belles nuances dans son caractère ! Nous avons hâte de te retrouver en rp ! Chacun des MacTavish a apporté son lot à la Triade, vous êtes unis tout en étant différent chacun l'un de de l'autre. Bienvenue et bon jeu !!



Mer 27 Juil - 19:57
Voir le profil de l'utilisateur • • • http://weirdtales.forumactif.org • • • •
Invité
Invité
Le rose-mauve, c'est sexy huhu

Merci beaucoup ♥

Mer 27 Juil - 20:14
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L'étrange sous la normalité : Someponies just want to eat humans <3
Tell me More : Chhhh. Don't talk about the secret.
PROFESSION : Monture d'Eurynome
Crédits : Michael Tintiuc
Messages : 258
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Poney de l'Enfer
Avec le rose-mauve, je t'assure qu'on pécho presque !

Mer 27 Juil - 20:23
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[DIEU] Erwan MacTavish
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