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 Get a glimpse beyond this Illusion | Moïra

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L'étrange sous la normalité : Réincarné par l'Archange Rémiel, je suis Adolf Hitler. Je suis le possesseur de Longinus.
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20 mars 2016

La visite du musée s'était révélée être une assez bonne distraction. Pour l'heure. Elle n'était porteuse d'aucun mensonge comme on pouvait en trouver à bien des endroits où les historiens de l'Endroit tentaient de combler les lacunes de leur ignorance par des fantaisies ignobles. Celui qui prenait l'Envers pour existant savait s'abreuver des non-dits et des silences du Musée des Civilisations, lire entre les lignes des doléances et des souffrances. Les secrets emplissaient les explications, laissant le chercheur sur sa faim, comme au terme d'un moment de suspens. Il retenait son souffle, corps tendu par l'expectance et il avançait, envouté entre les vitrines. Sa respiration embrumait la vitre sous laquelle se trouvait une clé dorée. Sa forme et sa gravure éveillaient à ses souvenirs une porte close devant laquelle l'Ordre de Thulé s'était retrouvé, incapable de la franchir. Elle reposait ici, majestueuse et bienveillante, ou n'était-elle qu'une illusion, une copie grotesque comme on en découvre trop souvent. Il ne faisait d’effleurer des espoirs, gardant pour lui-même ses frustrations. Ce devait être complexe pour Morrigan d'avoir un musée à Last End, en ce lieu où pullulent ceux qui connaissent la véritable histoire de la conservatrice. Qu'éprouvait-elle, cette déité oubliée, à exposer ainsi son histoire au milieu des statuettes et reliques amères ? Qu'éprouvait-elle à expliquer combien elle fut grande, jadis, alors que la guerrière faisait à présent les poussières des représentations d'un passé dont elle était déchue ? Éprouvait-elle du regret, de la haine ? « Bonsoir Morrigan. » fit-il d'une voix grave et basse, comme de ces situations intrigantes où l'intimité se jouait des confidences. Il était entré à pas silencieux dans son bureau alors que la nuit était tombé. L'avait-il fait sursauter ? L'avait-il surprise dans un quelconque travail personnel qui réclamait la discrétion qu'il venait de lui dérober ? Ses prunelles d'un vert trépassé accrochait la chevelure flamboyante qui caressait tant ses épaules que les manuscrits sur son bureau.

Il fit quelques pas vers elle, le cuir dur de ses chaussures résonnait sur le sol. Il se tenait fier et droit, dans son costume parfaitement ajusté, dans un silence long et tendu. Il laissa  au temps l’œuvre de ses jours, arrachant la dernière agonie de son intrusion. Il partirait, si on le lui demandait. Il faisait nuit, le musé était fermé. S'il était entré et qu'il connaissait le vrai nom de la Directrice qui allongeait sa journée, c'est que de magie il était bercé et entouré. Son aura perçait les alentours comme on pouvait ressentir la puissance écrasante de Pryam Earl, une aura qu'il ne retenait, caressant la menace sans y succomber. Il n'avait aucune raison de ployer, elle n'était nullement son ennemi et il pouvait mettre bas les masques pour se présenter à elle tel qu'il se trouvait. Si là était son désir. Il avait fait l'erreur auprès d'Howard Earl que d'imposer sa volonté. Ce soir, il rencontrait une déité et sa volonté serait respecté. « Puissiez-vous pardonner mon intrusion. Il me fallait m'entretenir auprès de vous avant... » Avait-elle entendu l'appel du Réanimateur ? Evans n'avait épargné personne et Morrigan avait du prendre connaissance du message. Le 31 mars serait probablement un tournant dans l'histoire de la ville et Nikolaïs ne saurait présager de son état et des ses capacités au lendemain du combat, lorsque l'aube apporterait le décompte des morts et les conséquences de l'affrontement. « La bataille. » acheva-t-il après une hésitation sur le nom qu'il pouvait donner à ce qui se produirait. « Je suppose que cela doit faire bien longtemps que personne n'était venu à la veille d'un tournant de l'histoire pour vous demander vos prédictions, vos favoris. Me le permettez-vous ? » Avait-elle perdu ce don avec le délitement, lui restait-il encore un peu de ces capacités ?

Dim 3 Juil - 15:56
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Les chiffres défilaient, inscriptions noires aux doux reflets bleutés, sous la pointe du stylo bille. Il n’y avait pas l’ombre d’un bruit dans la salle où seule la lampe du bureau formait une tâche lumineuse, trop claire presque, tout à la fois décalée et ordinaire dans la pièce aux murs blancs. Un papillon, trop curieux, voletait timidement autour de cette clarté jaunâtre, s’approchant sans la craindre de la seule autre présence de ce lieu. A ses yeux sans doute, la silhouette assise, jambes croisées, sur le fauteuil du bureau et qui, patiemment, relisait ses comptes, n’était en rien une menace. Ce en quoi il avait entièrement raison. Moïra était par trop concentrée pour s’occuper du paisible animal venu lui tenir compagnie. Les mathématiques pouvaient s’avérer un art complexe et fascinant, impénétrable parfois pour qui ne savait les approcher. Malheureusement, le travail qui l’occupait, s’il pouvait s’intégrer dans cette science, n’était pas si captivant, puisqu’elle se contentait simplement de revérifier patiemment la justesse des pages imprimées.
 
Tout était informatique, tout était automatique. Dans ce monde où régnait la technologie, l’ordinateur était le maître, son utilisateur un simple soldat venant nourrir son féroce appétit. Le premier ingérait goulûment ce que le second lui offrait, transformant, modifiant, calculant et charmant à tout instant tout en laissant à l’humain l’impression qu’il en était l’auteur. Vite, tout allait plus vite et pourtant, rares étaient ceux qui prenaient le temps de rechercher les possibles erreurs qui ressortiraient. Infaillibles, se vantaient-ils, arrogants et impudents qu’ils étaient, infaillibles étaient ces machines, ces robots qu’ils construisaient. Mais ce n’était que le fruit d’une réflexion, d’une conception, d’un travail humains, et les mortels étaient bien assez faibles et indignes de confiance pour que la déesse sache à quoi s’en tenir. Elle préférait donc s’occuper elle-même des dernières vérifications, point par point, quand venait la nuit, se plongeant dans ce labeur désormais habituel, cessant quelques temps alors de prêter attention à ce qu’elle était vraiment et devenir un peu plus, ou sembler l’être, une femme ordinaire. Ou tout du moins, quand nul ne venait lui rappeler, et à la petite phalène aventureuse, que femme ordinaire ne pouvait ni ne pourrait jamais la définir.
 
 Le bruit des chaussures sur le parquet lui fit relever la tête, une étincelle de surprise mêlée de méfiance s’allumant dans son regard d’émeraude. Nul visiteur n’était attendu à pareille heure de la soirée. Et pourtant, la salutation qu’elle entendit attira bien plus attention que ne l’avait fait la simple présence de cet inconnu. Il la connaissait pour ce qu’elle était vraiment, ce bel homme aux captivantes prunelles. En deux mots, il avait su capturer sa concentration et obtenir de la rousse qu’elle délaisse instantanément ses notes. Se reculant dans son siège, elle observa silencieusement ce nouveau venu, écoutant simplement, à la fois stupéfaite et dans l’attente de la suite de ses propos. Qui ne tardèrent pas à venir. Un instant, elle ne comprit pas ce qu’il cherchait à lui dire, puis ses pensées s’éclaircirent. Impossible d’ignorer plus longtemps le lien avec le message qu’elle avait reçu comme, très probablement, toutes les créatures de Last End. Ainsi, il en était l’instigateur ? Ou n’était-il qu’un pion de celui qui s’était adressé à tous ? De toute évidence, il ne s’agissait véritablement pas que d’une provocation à l’égard du Cénacle.
 
-Asseyez-vous.
 
Elle n’était pas d’humeur à lever la tête pendant toute la discussion, et il s’agissait tout à la fois d’une façon de lui faire comprendre qu’elle acceptait de le recevoir et donc de l’écouter, mais aussi d’un autre subtil avertissement : il était chez elle ici, qu’il se permette cette intrusion était déjà bien assez, à lui désormais de montrer sa bonne foi.
 
-Bien longtemps semble encore trop dérisoire face à la réalité. Vous semblez en savoir long sur moi, plus que je n’en sais sur votre personne.
 
Avait-il donc oublié qu’il était d’usage de se présenter lorsque l’on rencontrait quelqu’un pour la première fois, et d’autant plus lorsque l’on faisait intrusion dans sa privée ? De toute évidence, oui. Elle se décida toutefois à répondre à sa demande, passant outre son impolitesse. Le sujet l’intéressait et la touchait personnellement après tout.
 
-Vous qui me connaissez si bien, vous devriez savoir que mes pouvoirs ne sont plus ce qu’ils étaient. Elle soupira, lasse, avant de croiser les mains sous son menton : voilà des dizaines, des centaines d’années peut-être ‒le temps m’est devenu bien vague notion‒ que je n’ai plus effleuré ces prédictions que vous mentionnez. Peut-être pourrais-je parvenir à distinguer quelque chose, mais cela me coûterait fort, sans que je ne sois certaine d’apercevoir autre chose qu’un flou mystérieux. Peut-être aussi verrais-je la réponse à votre question. Le souhaitez-vous toujours ? Mais dans ce cas, dites-moi pourquoi vous aidez au détriment de ma propre force, alors même que la présence de tout ennemi n’est pas à exclure en cette ville ? Ou votre question n’était-elle qu’une entrée en la matière ?
 
Ce n’était une accusation ni une provocation, non. C’était une question véritable pour entendre, connaitre ses arguments. Elle avait été franche envers lui, sans cacher sa faiblesse qu’il ne pouvait par ailleurs ignorer, tout comme il semblait l’avoir été à son entrée. Elle en attendait donc qu’il continue, en loyal adversaire ou bien sincère allié.

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Mar 12 Juil - 0:46
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L’éclat d’émeraude des yeux qui lui faisaient face le fascinait. Il lui trouvait comme être d’un réalisme décalé, le charme des déités à l’hypnotisme perçant. A sa demande, Nikolaïs s’exécuta et sa démarche posée ne faisait qu’appuyer son assurance auréolée. Il prenait place et déposait sur la seconde chaise, à sa gauche, un sac en cuir sombre dont les entrelacs parfaits argumentaient en faveur d’un ouvrage de bonne facture, fait à la main. Quand à la canne aux reflets luisants, il la délaissa sur sa droite, tenant debout, à la verticale, dans un équilibre parfait, défiant les lois de la pesanteur pour choir dans un surnaturel approprié. L’homme n’avait pas besoin de cette canne, il ne s’en était pas même servi comme appuie en entrant, relégué en simple ornement. Une moquerie à l’égard d’Howard Earl ? Probablement. Sa dernière lubie, le dernier camouflage de l’arme qu’il affectionnait sous l’apparat de ce si simple objet dont le fils du Patriarche nécessitait pour marcher. Oui, au final, l’apparence d’une canne lui plaisait beaucoup et déclenchait une hilarité intérieure que lui seul semblait comprendre. Les petits plaisirs n’avaient pas de prix. L’aura qui émanait de la dite-canne aux sensations de la déité, toutefois, semblait aussi puissante que celle de l’homme qui en était le propriétaire. Il ne comptait pas l’utiliser, elle n’était en rien une menace. C’était un moyen de défense. Plus le 31 mars approchait et plus les hommes de Pryam Earl devenaient vindicatifs. La prudence était une qualité nécessaire à sa survie et il n’était pas encore assez fou pour s’en séparer en ces heures si tendues.

Tête très légèrement penchée sur le côté, il suivait avec attention le flot de ses propos, coude sur l’accoudoir, il vint appuyer sa joue sur son poing : « Je ne suis pas venu vous achever. » répondit-il, dans un premier temps. Il ne lui demanderait pas d’user de ses faibles forces pour une prédiction, il y avait un autre moyen pour cela. Il était suffisamment pointilleux pour connaître assez précisément l’issue de la bataille qui se tiendrait bientôt, du moins pour ce qui l’intéressait véritablement au sein de ce combat. Il ne voulait qu’ôter à Pryam l’échappatoire qu’il s’était créée en soumettant son premier fils caché. Il voulait que le jour où il combattrait véritablement cet homme, il ne soit qu’un faible mortel comme les autres, à écraser. « Je suis venu vous apporter un présent. » Il laissa le silence ponctuer sa phrase, parfaitement immobile avant de se pencher sur la sac laissé à la chaise adjacente. Avec soin, il en sortit un réceptacle gravé de runes, un contenant assez connu eu égard des récents événements au marché des trolls. Ce genre de boîte avait été distribué pour que quiconque trouve une âme échappée puisse l’emprisonner. Il déposa l’objet sur le bureau de la directrice et les pulsations battantes qui en émanaient ne faisaient que rapporter la force du spécimen. Il replaça sa tête en appui sur son poing, dans la position précédente. « Les âmes. Portées aux seins des humains. Les créaturines telles que vous en sont dépourvues… Mais pas insensibles pour autant. Leur consommation est un luxe qu’il me plaît de vous offrir pour qu’à votre puissance d’antan vous puissiez retrouver… Pour un laps de temps nécessaire au projet de votre souhait. »

L’âme dans la boîte serait un délice, éphémère mais bénéfique. Ses prunelles d’un vert trépassé s’appuyèrent sur elle assez longtemps pour qu’elle suive le fil de ses pensées informulées : « Quant à l’usage que vous en ferez, vous seule pourrez en décider. Je ne mendierai pas vos prédictions parce que... » Quelques secondes, il sembla chercher ses mots, laissant un suspens imprévu se glisser dans leur conversation : « Parce qu’il me plairait d’avantage que vous me les refusiez. » C’était à croire qu’il aimait les femmes qui se débattaient, qui savaient imposer un non des plus fermes. Il avait très longuement vénéré et côtoyé les divinités. Aujourd’hui encore, il espérait d’elles cet impact menaçant au dessus de sa tête. « Et si véritablement il est votre désir de me voir argumenter auprès de vous, je ne saurais que trop vous recommander de la garder en arme ou protection lorsque le Cénacle sera pris d’assaut. » Le ton de sa voix avait pris la gravité d’une confidence échangée dans le secret. Dans cette confidence, pourtant, il ne lui dévoilait pourtant son identité demandée un peu plus tôt. Il était loin de vouloir en faire un secret de polichinelle, du moins pour ce qui était de ‘’Nikolaïs Werner’’. S’il ne lui avait alors pas encore répondu, c’était qu’il n’avait pas encore tranché sur l’identité exacte qu’il lui laisserait. Mascarade ou la frémissante vérité ?

Dim 17 Juil - 22:56
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Son attitude était déconcertante, inquiétante peut-être. Tout en lui semblait démontrer que plutôt que proie aux abois, il était un prédateur aguerri. Son assurance, ses connaissances, le calme qu’il arborait ; il était bien loin d’être un homme aussi banal que son apparence première le laissait entrevoir. Et pourtant, ce qu’il dissimulait de lui-même était trop bien caché pour que Moïra n’en perce le secret. Dos droit, mains croisées devant elle sur son bureau, elle dévisagea l’étranger, attendant, puisqu’elle ne pouvait rien faire de plus, la suite de ses explications. Ses paroles étaient mystères, sa venue tout autant. Et cet homme dangereux ne se décidait pas à s’ouvrir sur son identité. Enveloppé dans son cocon d’inconnu, il se comportait pourtant ainsi que tout mortel quelconque l’aurait fait. Mais l’était-il seulement, mortel ? Quelle créature se cachait donc sous ce masque aimable ?
 
Apporter un cadeau, avait-il dit. Pourtant, certains présents n’étaient que poisons qui venaient à jamais détruire le flot régulier de la vie, abattant sur les malheureux les acceptant le poids d’une traitrise bien aiguisée. Les pupilles étrécies, la Mórrígan verrouilla son regard dans les prunelles vert d’eau, avant qu’elle ne suive avec attention les mouvements de leur détenteur. Méfiante, sans aucun doute, et crispée, indéniablement. Elle n’avait aujourd’hui plus la force de jadis pour défendre sa propre existence, du moins ne l’aurait-elle sans doute pas face à lui.
La boite, fermée, semblait la saluer depuis l’autre côté du bureau. Ouvrage délicatement ciselé de runes, c’était là un cadeau des plus surprenants pour l’irlandaise ; mais il n’était que l’enveloppe d’un présent bien plus particulier. Une âme. Il lui offrait une âme. Regard en biais, tandis que la prétendue jeune femme dévisageait son invité, cherchant quel jeu il pouvait bien trouver là. Jeu de dupes ou jeu de vilains ? Elle qui autrefois menait les âmes vers les portes du Sidh ne pouvait décemment se résoudre à les consommer, quoi qu’elle ait cédé de rares fois à leur appel gourmand. Non pas qu’elle s’y refusa par respect ou amour des morts, mais parce qu’elle ne parvenait pas à commettre de tels actes sans avoir la trouble impression d’aller à l’encontre de ce qu’elle était. Qu’elle sabotait elle-même l’une des raisons de son existence et que, quand viendrait le jour du renouveau, elle saignerait de ses propres exactions. Oui, elle pouvait la consommer, mais cela s’arrêtait là. Elle le pouvait.
 
Elle aurait volontiers sourit, s’il n’avait été si imprévisible. Au lieu de quoi, elle n’eut qu’un infime haussement de sourcils. Il venait la voir pour une chose qu’il annonçait ensuite souhaiter qu’elle lui refuse. Peut-être aurait-elle pu le croire sincèrement fou s’il n’avait eu cet inexplicable éclat dans les yeux ; si ses offres n’avaient été aussi sérieusement lucides. Non, sa raison ne l’avait pas quitté, tout au plus s’était-elle légèrement altérée. Mais c’était bien là qu’était le pire. Elle ne pouvait savoir ce qu’il venait vraiment faire chez elle. Il badinait, reprenait son sérieux, la menant là où elle ne connaissait la destination. La menaçait-il ou n’était-ce qu’une mise en garde ? L’un comme l’autre, elle n’était pas femme à l’accepter le sourire aux lèvres. Mais ce n’était pas ce qui occupait son esprit.
 
Vous entrez dans mon bureau sans permission, dévoilez combien vous semblez me connaitre, demandez ce qu’ensuite vous affirmez préférer vous voir refuser et m’offrez un présent des plus inhabituels. Et si vous me disiez vraiment ce que vous cherchez en ces lieux ? Une alliée ? L’assurance que je ne vous opposerais pas mes ‒maigres‒ pouvoirs ? Quelques renseignements dont j’ignore encore la nature, ou bien aviez-vous juste envie d’une visite de courtoisie ?

 
Elle ne fit pas un  geste vers la boite, ne reposa pas les yeux dessus. Toute chose avait son prix, et elle n’était prête à s’engager à l’aveugle pour une âme éphémère. Un léger pli apparu entre ses sourcils, sur son front blanc encadré de boucles rousses, tandis que deux faisceaux étincelants se plantaient dans les yeux de l’inconnu.
 
Ne vous souciez pas de ma sécurité, je ne suis point divinité guerrière pour périr si vite. Est-ce donc de vous ou du Cénacle que je dois me méfier ?

 
Question directe, comme toujours avec elle. Mais l’étranger, si sibyllin qu’il était, semblait toutefois homme à lui répondre honnêtement, lui dont l’aplomb  ne semblait faiblir. Et s’il ne le faisait pas… qu’importait, Mórrígan avait depuis son entrée dans la vie des humains une longue file de questions sans réponses. Quoi qu’il lui dise, elle continuerait à se méfier de lui mais aussi de ceux qu’il allait défier.

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Ven 5 Aoû - 23:57
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Attentif, minutieux, Nikolaïs avait enregistré mentalement chacune de ses réactions, chaque mouvement, aussi infime soit-il, de la déité avec laquelle il conversait. Il en avait pesé l’ampleur, envisagé les réflexions sous-jacentes, comme si son esprit avait creusé au travers de sa propre psyché, non pour en user sournoisement, mais simplement pour en apprécier le contenu, s’en extasier. On aurait pu dire qu’il la dévorait du regard, humblement toutefois et probablement y avait-il dans sa longue observation, cet éclat d’admiration naturelle qui l’envahissait sourdement. Le visage de l’allemand avait la noblesse de ses figures charismatiques et ce sourire, subtile, omniprésent autant qu’effacé qui l’avait rendu jadis si sympathique et sérieux auprès de sa nation. La dernière question élargit son sourire, une brève seconde, non pas pour la question elle même, mais pour la stupidité de ce qu’il aurait bien pu lui répondre pour satisfaire sa demande : « Je crains ne pas avoir voix au chapitre lorsqu’il s’agit de décider des bénédictions que vous ou toute autre divinité pourrez accorder tant au Cénacle qu’à moi-même. Je suis flatté, au demeurant, que vous m’accordiez la parole d’un conseil. Un conseil dont je ne peux user. Vraisemblablement, vous mentionner que vous n’avez nullement à vous méfier de moi ne ferait que renforcer cette méfiance. Vous signaler que vous avez à me craindre serait contre mon propre credo, Morrigan. Les déités n’auraient jamais du avoir à craindre les mortels. A ‘se méfier’ de moi, du Cénacle, ou de toute création mortelle. Vous comprendrez qu’il me serait dérangeant de tenir de tels propos... » Son regard s’appuyait sur elle, sans ciller, laissant son propos s’imprégner en elle, lui révéler ses ferventes croyances.

« Vous souvenez-vous, emblématique guerrière… Vous souvenez-vous de cette époque, pas si lointaine à votre échelle, où vous avez senti le subtile regain de vie, de puissance ? Vous souvenez-vous de vos croyants, de vos priants, vous souvenez-vous de cette vague sans précédent depuis l’extension considérable des religions monothéistes ? Vous souvenez-vous de cet espoir de renaissance, d’éradications des croyances honnies qui étouffent votre culte ? Je suis certain que vous n’avez pu oublier, cet instant hors du temps, où de chute en lente agonie, vous avez senti votre situation se stabiliser, s’améliorer, être en voie de renaissance avant de choir brutalement et lourdement. Cela avait débuté au crépuscule des années 1930 avant de se briser à l’aube d’un printemps 1945. » Il parlait de la seconde guerre mondiale, assurément, cette période précédant un âge d’or qui n’avait pas eu lieu. Une période où les croyances païennes avaient repris un essor au sein des hautes sphères du Reich. Une période où le nombre de monothéistes et d’opposants au cultes nordiques et celtiques s’étaient vus déportés puis exterminés, rendant la proportion mondiale de croyants polythéistes d’autant plus importante que leurs homologues à Dieu Unique dépérissaient. « Vous souvenez-vous des 7 plus puissantes familles sorcières allemandes desquelles il ne reste plus que les Von Schwarzwald ? De ces païens réunis derrière un seul et même homme ? Un seul officiant fervent. Un seul pour entamer la guerre contre le Vatican. Un seul pour se battre et faire couler le sang, pour remettre à leur place ce qui avait été dérangé sans que jamais personne ne lève le petit doigts contre cela… Les Dieux en haut. Les mortels sous leurs jougs. »

A  nouveau, il marqua un silence, déposant cette idée, ce souvenir comme un préliminaire à ce qu’il allait engager. L’instant se tendait à la scène d’exposition avant qu’il ne vienne apposer ses arguments. « Les alliés sont venus, balayant l’ignoble persécuteur des Juifs. L’Histoire est écrite par les vainqueurs. Je peux vous proposer une autre lecture de cette Histoire, si vous souhaitez l’entendre. Une qui vous explique qui se trouvait dans l’Ombre de De Gaulle. Qui vous explique les raisons cupides qui ont vu la restauration polythéiste dévastée. L’appel du pouvoir, la crainte d’être détrôné… Une sordide Histoire qui a précipité les divinités si bas… Tellement bas qu’ainsi ils étaient certains que jamais plus vous ne reviendrez les hanter. Je ne peux décider de votre propre sentiment à mon égard ou à celui du Cénacle, mais je suis en mesure de vous donner les pièces d’un puzzle que les Earls ont soigneusement dissimulées dans les méandres de leurs abyssaux secrets… Ou ignorent tout bonnement. L’autre partie de l’Histoire. Afin qu’à votre connaissance soit portée les éléments nécessaires pour nourrir votre réflexion. » Un sourire, bref à nouveau avant qu’il ne se redresse, retirant enfin la joue de sa main : « Je suis Adolph Hitler et mes ambitions, mes croyances, n’ont pas été altérées par le trépas… A l’exception d’un amère goût de vengeance dont il me tarde de  me débarrasser… Il n’existe que deux manières impliquant ma survie à cela : le sang ou la libération du joug honni qui s’impose à moi. Un joug placé par celui qui m’a ressuscité. Un joug que je transporte malgré moi et qui m’entrave, me fait perdre du temps… Un précieux temps pour mon existence mortelle. Un temps pour restaurer l’Ordre Naturel. »

Ses yeux se baissèrent sur la boîte, quelques secondes, y portant une attention évasive avant de s’accrocher à nouveau à elle. « Je suis venu vous honorer, ma chère. Vous honorer car j’ai plus d’un combat à mener. Je ne désire en mener qu’un seul pourtant, toutes armes levées contre le Vatican qui nous assiège et qui s’octroie même le droit de décider de la bataille que je dois conduire. Je suis venu vous prier, mais je n’attends rien de vous. Je suis venu vous prier pour trouver la force en moi de marcher  vers le bon combat. De ne pas m’égarer. » Il serra les mâchoires l’une contre l’autre. « Je suis païen. C’est en ce nom que je viens voir, plus qu’au nom d’Adolph Hitler ou Nikolaïs Werner. Vous pouvez nommer cela ‘visite de courtoisie’, je suis votre obligé. » D’un geste de la main souple et maîtrisé, il retirait aux yeux de Moïra l’illusion de canne de son arme. Bas les masques, la Lance révélait son bois d’ébène et sa lame destructrice du Sacré Chrétien. Une lance à la hauteur de ses projets, un lance pour qu'il se batte contre l'Autorité Suprême. « Il me semble que c’est avec des présents qu’on honore la mémoire des Dieux, qu’on appelle à leurs Faveurs sans certitude aucune de les obtenir seulement un jour. Mais nous le faisons, car là est notre place de mortel. Je suis venu vous offrir ce que j’ai. Votre protection pour commencer, quand bien même vous m’indiquez qu’elle est assurée, ne saurait être mieux accompagnée que par une porte de sortie sagement aménagée. Les Vérités, ensuite, celles auxquelles nul ne devrait être écartée… Pas même les Earls qui n'ont conscience du secret. » Ses prunelles vertes agréaient à cet aveu. « J’attends de vous, comme tous les croyants attendent les faveurs des Dieux qu’ils prient afin que leur sort soit favorable. Et en même temps, je n’attends rien de vous et ne saurais vous porter aucune contrainte que vous n’acceptiez. »

Lun 15 Aoû - 22:20
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L’exaspération la saisit un instant, tandis qu’à son tour l’étranger s’exprimait. Un agacement teinté d’amertume, alors qu’elle écoutait cette douloureuse réalité qu’il se plaisait à lui rappeler de la sorte. Moïra ne savait que trop combien ses propos étaient justes, et fort probablement était-ce aussi pour cela qu’elle se sentait si contrariée. Elle chassa toutefois rapidement ce ressenti avant de lui répondre sans aménité.
 
-
Elles ne l’auraient jamais dû et pourtant, elles n’ont d’autres choix aujourd’hui que de le faire. Il serait stupide de provoquer notre propre disparition en se montrant trop confiant. Pour gagner une guerre, il faut d’abord connaitre ses propres faiblesses.
 
Et peut-être parce que les conflits étaient de son domaine, elle ne savait que trop combien l’excès d’assurance pouvait s’avérer une arme redoutable pour l’adversaire. Bien que son interlocuteur semblait désireux de séduire sa fierté et son orgueil, elle n’aimait rien de l’audace qu’il affichait, de sa fausse condescendance, tandis qu’il paraissait chercher à lui rappeler ce qu’elle devait penser ou non. Pourquoi fallait-il qu’il vienne ainsi, lui ramenant à l’esprit la flamme soudainement avivée de la ferveur des fidèles qui s’étaient tout aussi vite éteinte ? Elle le laissa parler, immobile qu’elle était, pendant que lui cherchait à la replonger vers une époque pas si lointaine. La Seconde Guerre Mondiale était, à ses yeux, presque la veille. Et si elle avait surtout décimé l’Europe centrale ‒la France, l’Allemagne, l’Autriche, la Pologne et même l’Angleterre, et bien d’autres encore‒ il ne fallait oublier qu’elle avait aussi déchiré une partie de l’Asie et même débordé en Amérique. Pourtant, au milieu de cette tourmente et tandis que les bombes martelaient une partie du monde, l’Irlande, ou du moins celle qui n’étant pas sous le joug britannique, avait annoncé sa neutralité, dans l’unique but de se préserver elle-même. Un éclat dur scintilla dans l’œil froid de la divinité, alors qu’elle jaugeait son vis-à-vis. Enfin, il se dévoilait, déclarant sans hésitation qu’Adolf Hitler et lui-même ne faisaient qu’un. Un être hors du commun, un héros de la guerre qui avait su par son charisme et sa force de caractère conquérir le cœur des mortels qui ployaient devant lui ; un fou aussi qui n’avait su prévenir sa défaite, un bourreau que la folie avait mené au tombeau. Il était bien des choses, cet homme, génie et imbécile, guérisseur des maux de son peuple et destructeur des nations voisines. Un être exceptionnel, dans le sens le plus strict du terme ; haï ou vénéré, mais qui avait su s’élever au-dessus des masses, indubitablement. Pour la Mórrígan, c’était un plaisir autant qu’une offense que de croiser un tel être ; allemand qui plus était, non une tare à ses yeux, mais certainement pas une qualité non plus. Mais il était certain qu’elle comprenait bien davantage pourquoi de tels événements à venir.
 
-
Longinus, la lance mythique et vénérée des chrétiens.
 
Sa voix n’avait été qu’un souffle trahissant tout à la fois son émerveillement et sa surprise, comme elle admirait avec le regard d’une amante amoureuse cette merveille qui, quoi que d’un autre monde que le sien, n’en demeurait pas moins d’une majestueuse puissance. La voix de l’allemand n’était plus qu’un bourdonnement sans importance tandis qu’elle-même se repaissait de ce présent qu’il offrait à sa vue. «   Je cherche une arme pouvant rivaliser avec Longinus, la lance sacrée des chrétiens. Un homme est venu à Last-End avec cette lance, et il a ouvertement menacé mes proches, ma famille, et indirectement, le Cénacle et ce qui reste de bon en lui. ». La voix d’Howard Earl résonna en elle un instant pendant qu’elle se remémorait sa rencontre avec lui cinq jours plus tôt. Chaque détail se mettait savamment à sa place… Il semblait que chacun des deux camps cherchait à assurer ses arrières.
 
-
Voulez-vous du whisky ?
 
Elle le dévisagea posément, avec la politesse d’une parfaite humaine de bonne famille, tout à fait consciente de briser toute la solennité de l’instant présent et, à son tour, de flirter avec la conversation sans lui répondre. Mais à parler autant, il finirait par se dessécher totalement et leur entretien n’avait, à cette heure, par encore pris fin. Enfin, et après qu’il lui ait pris le temps de lui répondre, elle se décida à reprendre la conversation.
 
-
Ne croyez pas que j’ai oublié ce conflit qui tourmenta une partie de la Terre. Je me souviens de ce regain de puissance, aye, mais il était faible, bien faible, puisqu’alors mes enfants avaient choisi, pour le plus grand nombre, de demeurer neutres. Ne songez pas non plus que je n’ai pas eu conscience alors de cet homme qui chercha à rivaliser avec les dieux, par sa puissance et son emprise sur les autres mortels, de cette insulte dissimulée que ce fut alors à mes yeux ‒ vous. Je n’ignore rien non plus des complots qui se tramèrent afin de voir la terre qui est mienne tomber sous votre domination, dans le seul but de parvenir jusqu’à vos ennemis honnis ; et je crains que mon nom ne soit pas de ceux que murmurent les gearmáinis* lorsque vient la tourmente. Pourquoi devrais-je soutenir, activement ou non, le créateur de tout ceci ?
 
A cette époque, elle n’avait pas eu assez de force pour véritablement envoyer ses soldats au front et entendre ainsi davantage de prières lui étant destinées. Elle avait toutefois pu attiser quelques braises, notamment grâce au développement de réseau d’espionnage des deux camps, quoi que découvrir que son Irlande chérie avait failli devenir allemande avait alors attisé sa colère ; et l’avait incité à tenter de faire pencher la balance en faveur des alliés, malgré la présence parmi ceux-ci des maudits anglais. Mais de cela, son interlocuteur n’avait sans doute pas réellement connaissance
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*Allemands 

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"Vous portez en vous-même le secret de l’éternité des hommes,
A laquelle vous n’aurez plus jamais droit si vous n’y prenez garde.
"

Lun 22 Aoû - 21:27
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Nikolaïs laissait le silence prendre place en maître, entre eux deux, laissant la divinité en contemplation devant l’artefact légendaire en sa possession. N’était-elle pas maîtresse des armes ? Combien de ce genre d’objet avaient pu passer sous ses yeux au cours du dernier millénaire ? Si peu. Tellement peu, sinon aucune à l’exception de cet instant. Il n’avait pas l’intention de rompre ce moment avant qu’elle ne l’ai décidé. Quant à ce qu’elle soit vénérée des Chrétiens… En réalité non. Mais seul l’Ordre de Thulé en avait découvert le véritable usage. Il ne la détrompa toutefois pas pour l’heure, peut-être un peu plus tard dans leur conversation. Il accepta le whisky d’un signe de la tête, poli avant de reprendre : « Ma domination ? Me prenez-vous pour un Earl ? Je n’en ai ni le nom ni les aspirations. Fut un temps, ils étaient mes frères. Mes alliés. Avant qu’ils ne réalisent que les projets rendraient aux divinités leur place légitime : au dessus d’eux. C’est cela qu’ils ont refusé. L’avidité, l’amour du pouvoir qu’ils ne désiraient en aucun cas voir donner à d’autres qu’eux. Pryam Earl, aujourd’hui, est à la tête d’un empire, le roi de la magie devant lequel tout le monde courbe l’échine et s’en remet. Howard Earl, en son cœur sec, convoite une couronne, celle de son père et désire en arracher les lauriers. Il est un enfant terrorisé de se la voir voler par moi ou bien… Par son aîné. » Oh, elle l’ignorait ? Qu’au grade de benjamin il était relégué et que de couronne il ne devrait hériter si on en croyait les dogmes de leur institution ?

« Deux hommes qui se toisent et qui pourtant se ressemblent dans leur façon de rechercher le pouvoir, désirer la domination pleine et entière d’un monde logeant dans leur poigne. Deux hommes qui ne valent pas mieux l’un que l’autre, le premier corrompu par les traditions de sa famille, le second prêt à tout pour obtenir son trône, y compris à faire taire le nom de son frère en l’un des très nombreux secrets honnis qui gangrènent sa famille. Ma chère, je ne suis aucun d’entre eux et puissent les Dieux m’en préserver encore. Mais dites-moi… Savez-vous comment on restaure un culte ? Comment on donne du pouvoir aux déités qui se sont vues déchues ? » Un silence. Long, posé, lui laissant le temps de la réflexion. Lui-même avait pris ce temps autrefois. Car là avait été la mission que les déités lui avaient confiée. Il lui avait fallu peser toutes les composantes, organiser son plan d’action, évaluer les différentes options qui s’offraient à lui. « On prend le pouvoir. On protège le pouvoir. Et on le transmet. J’étais dans la seconde phase, j’ai pêché, j’ai failli. Vous conviendrez qu’il est malaisé de transmettre un pouvoir dont on ne dispose pas. Je ne l’ai toutefois jamais possédé pour moi-même. Je n’avais été qu’un guide, un relais, vers le monde que je construisais. »

Ses yeux d’un vert trépassé se posèrent sur l’alliance qu’il portait au doigt. Il la retira pour en relire une n-ième fois les gravures qui l’ornaient à l’intérieur. « Si nous avions eu des enfants avec Eva, ce n’est pas une couronne qu’il m’aurait plu de leur léguer. Mais la chance de vivre dans le monde que j’aurais reconstruit à l’image des temps anciens où les Dieux décidaient de l’avenir des hommes. Et probablement la responsabilité de le préserver. De protéger les Dieux des fléaux. » Il était une sincérité à toute épreuve. C’était probablement ce qu’il y avait de plus frappant chez lui, au-delà de son charisme : son paganisme fervent. « Et quand mes seules missions furent de placer la Lance hors de portée du Vatican et de mourir, savez-vous quels ont été les mots d’Eva lorsque je lui ai dit de fuir ? Quels ont été les mots de chacun d’entre ceux qui fomentaient, à mes côtés, la création de cet empire lorsque je leur ai dit de partir, de fuir, de se cacher ? » Il releva son regard vers Moïra, l’expression emplie d’une tristesse lointaine et pas moins douloureuse pour autant : « ‘Je ne veux pas vivre dans ce monde.’ D’aucun ne le désirait. Je n’étais pas leur idole, Morrigan. J’étais le conteur. Celui qui parlait d’un monde où les Dieux vivaient de leur culte. Où le Vatican s’effaçait au profit d’une poussière, d’une terre riche à des croyances saines. J’ai agi au nom de ma divinité tutélaire. J’ai agi au nom des cris d’agonie des panthéons nordiques et celtes car… Votre nom était bien de ceux que murmuraient les allemands, les païens. Tournée vers l’Irlande, je crains que vous n’ayez entendu nos familles. » Un sourire, bref et triste alors qu’il replaçait à son doigt l’alliance de sa défunte épouse.

« On ne me nommait plus même par mon nom. Mais par un titre, et ce très tôt. Aussi tôt que je l’ai pu, aux prémisses du parti. Un rôle que j’avais endossé comme on oublie son propre nom pour enfiler l’habit sacré de l’officiant aux rites. De quelle insulte dissimulée parlez-vous alors, Morrigan ? Êtes-vous bien certaine de connaître le nom de mes véritables ennemis ? Êtes-vous bien certaine de savoir ce qui s’est passé au cours de cette guerre ? Ce que j’ai fait ? Ce que les Earls ont fait ? » Sa demande était douce, olympienne. De toutes évidences, elle ignorait pour que la méprise soit si grande. C’était expressément ce vide qu’il lui avait proposé de combler. Il délaissa les questions en suspens et porta ses yeux sur la Lance, prêt à répondre à d’autre : « Cette Lance n’est pas vénérée par les Chrétiens. Elle est crainte par les Chrétiens. Certes le sang du Christ a tari sa lame, et comme tout ce qui a touché l’enfant divin, est devenu l’objet d’un sacre. Pour autant... »

Il laissa sa tête se pencher de droite à gauche en mimique de réflexion avant de continuer : « Les recherches de l’Ordre de Thulé dans le sanctuaire où elle a été trouvée m’ont permis de comprendre pourquoi les anges ont été obligés de me réincarner et désirent me dérober cette arme. Voyez-vous… Le premier vaccin contre la rage a été élaboré à partir de la rage elle-même, une rage mourante. Cette lame a été plongée dans le flanc d’un Christ agonisant. C’est à ce moment précis que la magie et la science se rejoignent. » Nyarlathotep aurait été tellement fier de l’entendre. « La seule et unique arme au monde à être capable de tuer Jésus de Nazareth. L’enfant de Dieu. Le symbole même de la chrétienté. Un symbole pulvérisé qui entraînerait dans sa chute le monothéisme honni. Dites-moi… Sachant que j’ai convoité cette lance toute ma précédente vie, que je l’ai protégée par ma mort, que je la garde encore aujourd’hui dans cette seconde vie… Qui est, selon vous, mon véritable ennemi ? » Le sujet le passionnait véritablement, éclairait ses prunelles vertes, tant qu’il en glissa d’avantage sur le sujet : « Cette Lance a son homologue. Son contraire. Comme tout équilibre en ce monde : le Graal. Celui qui mettra un terme au monde de la magie. Une coupe avidement recherchée par les anges, vous comprendrez. Ainsi que par moi-même et mes hommes. Pour la protéger coûte que coûte, car la perdre serait notre fin à tous. Je serai même prêt à remettre cette Lance entre les mains de Pryam Earl pour que le Graal ne parvienne à l’Autorité Suprême du Vatican. Fort heureusement, le Calice ne s’est, pour l’heure, pas encore montré. » Il en connaissait un rayon, sur les artefacts, la magie, ses revers, ses points occultes.

Sam 3 Sep - 18:06
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Elle avait aimé toujours aimé, depuis que les premiers humains avaient foulé les terres verdoyantes sous son regard farouche, les mortels qui démontrant un caractère hors du commun avaient su se placer au-dessus de leurs semblables. Mais jamais ceux qui, souhaitant conquérir le monde, avaient semblé convoiter la place des divinités. Pâles copies orgueilleuses, fantoches arrogants, ils n’étaient qu’ersatz des déités dont ils semblaient tant désireux de substituer le titre. Quoi qu’il affirme, Mórrígan savait que celui qui jadis se faisait nommer Hitler avait longuement ruminé ce désir. Si d’aucuns la voyaient comme symbole de souveraineté, c’était surtout sa nature même qui la faisait craindre que de faibles créatures ne se glissent là où elle devait être.
Elle cilla, manifestation de sa surprise, posant sur son interlocuteur un regard tranchant excepte de toute confiance. La manipulation était un art subtil et ardu à maitriser, elle ne doutait toutefois nullement que l’allemand en fut l’un des maitres. Malgré cela, il semblait profondément convaincu de ses propres dits. La fratrie Earl avait donc honte de l’un des siens ? Quelle était cette pièce manquante qui de l’échiquier semblait se cacher ?

Un grincement de portes, un tintement cristallin tandis que devant son hôte elle lui versait de quoi s’hydrater ; encore que cette délicate boisson ambrée n’avait jamais guère servi de désaltérant. Déposant le verre sur le bureau, Moïra s’en prit également avant de reprendre la place qui était sienne dans le confortable fauteuil noir. Elle ne répondit pas à sa question, pourtant. Oh, elle ne manqua pas de s’y intéresser, car d’intérêt elle n’était point dépourvue. Mais les siècles avaient passé en trainant derrière eux cette interrogation douloureuse, ce vœu silencieux. Comment reprendre le pouvoir, celui qui jadis composait chaque particule des divinités ? De solution, elle n’en avait jamais eu, jamais vraiment. Elle en était même venue à croire que celle-ci évoluait à mesure que les humains changeaient, que chaque fois elle arrivait trop tard pour gagner cette course effrénée.

-Je connais la nature du Prince de cette maison, Mr. Werner, et je comprends quelle haine, quel dégoût, peuvent vous animer à l’évocation de son nom ou à l’image de son visage. Mais de son fils j’attends d’autres agissements que ceux du patriarche, d’autres aspirations que celles que vous m’énoncez. Et ses ambitions sont à même de pouvoir me servir à leur tour. Elle croisa les mains, coudes sur le bureau, avant de poser le menton dessus, laissant ses iris se promener sur les traits séduisants de celui qui fut l’un des plus grands hommes de son siècle. Vous aviez les cartes en main, vous avez mal joué. Et pourtant de nouveau vous souhaitez recommencer, reconquérir les cœurs et les esprits, fusse, ainsi que vous l’indiquez, au profit des déités. N’était-ce pas là aussi la marque d’une ambition dévorante, celle-là même que vous dénoncez chez votre rival, Howard Earl ? Un guide, un relais, mais qui ne pourrait s’affirmer ainsi, ne serait-ce que pour rassurer ceux qui aveuglement le suivent ? Oh, je vous crois sincère et dépourvu de malice, vous êtes convaincu de chacun de vos mots et cela même sans doute fait votre charisme et votre attrait sans pareils. Mais dites-moi, combien d’idéalistes sont morts en refusant de vivre dans le monde qu’ils n’avaient pu changer selon leurs souhaits ? Combien, qu’ils fussent tyrans ou insoumis, furent les martyrs de leurs propres causes ? Lesquels avaient raisons, lesquels avaient torts ? Tous, aucun. Pourtant s’il fallait suivre chacun d’entre eux parce que leurs mots sont l’expression de leurs pensées, alors imaginez le chaos qui s’ensuivrait. A son tour, son regard se voila alors qu’elle songeait à cette époque qui signa la mort de nombre de ses enfants. Sourde ai-je été à votre Ghearmáin dites-vous ? Mais peut-être n’était-ce que vous qui demeurez aveugle aux évidences qui pour moi étincellent au grand jour. Éire est libre et le demeurera toujours, pourtant vous avez tenté de l’asservir comme chacun des autres territoires déjà conquis. C’est pour la protéger que nombre de ses enfants en sont morts, mon nom sur les lèvres et les armes à la main. C’est avec le farouche désir de la libérer qu’ils ont saigné et péri tandis que la gangrène de la trahison se répandait sournoisement pour que l’envahisseur puisse venir, jusqu’à ce qu’enfin ce dernier ne puisse que reculer et s’éloigner, honteux de sa défaite. Devrais-je donc accepter silencieusement cette vérité qui vous est propre ? Sous le masque de la préservation et de la restauration des cultes oubliés, sous le visage de celui qui se soucie du bien de son peuple, n’existe en réalité que la recherche du pouvoir jusqu’à obtenir celui-ci complètement, une hégémonie totale pour laquelle la fin justifie toujours les moyens. La peur, l’espoir, deviennent les instruments de ce gouvernement dirigé par un seul homme et le moyen de tenir en sa main le pouvoir tant convoité. Non, Mr. Werner, Mr. Hitler, qu’importe le nom que vous choisissez, ne cherchez pas à rejeter votre propre faute sur les déités que vous rencontrez. Peut-être parvenez-vous ainsi à ensorceler l’âme des mortels, mais d’elle je suis dépourvue, ainsi que chacun de mes semblables.

De colère, elle était dépourvue. Non, paisible, plutôt. C’était une conversation de celles où deux vérités s’affrontent sans que d’éclats impétueux il ne résulte. Il avait, lui acteur principal de cette histoire de quelques décennies passées, une vision autre de celle que la celte pouvait avoir. Cela, elle l’acceptait ; en revanche elle ne pouvait tolérer qu’il remette en cause sa sagacité, ses actes et ses décisions. Lui humain, lui mortel n’aurait jamais dû ainsi s’adresser de la sorte à une entité plus puissante. Et pourtant, il continuait à s’affirmer simple guide spirituel, sans recherche de la place qu’occupaient les divinités qu’il prétendait défendre.

La suite, elle l’avait écouté avec attention, ainsi qu’elle l’avait fait précédemment. Sans vraiment comprendre ce que ces informations pouvaient avoir à faire avec elle-même, mais avec la certitude que plus longtemps le Graal, ainsi qu’il l’appelait, demeurerait dissimulé et mieux ce serait. Les Hommes n’avaient plus les qualités nécessaires à la préservation des reliques les plus importantes, c’était certain. Et pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de se demander comment cet étranger avait pu de la sorte conserver cette Lance Sacrée. Une gorgée et elle reprenait :

-Une chance, en effet, et il serait bon qu’à jamais cette coupe attende en vain. Je n’aiderai ni l’un ni l’autre des protagonistes à le chercher. Où donc souhaitez-vous en venir ?

Il avait été franc, avait révélé avec sincérité chacune de ses pensées, chacune de ses croyances. Il était bon qu’il continue de la sorte. N’avait-elle pas un travail à poursuivre ?

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Dim 18 Sep - 16:30
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Ainsi donc la prédiction que Nikolaïs lui avait demandée au début de leur entretien tombait. C’était Howard Earl qu’elle désirait favoriser, à la voir de la sorte le défendre et espérer. Là était son choix et tout païen qu’il était, il ne pouvait que l’accepter à défaut de comprendre l’absurdité et l’idiotie de la décision qu’elle avait prise. Elle se méprenait sur toute la ligne, surestimait son favori en le drapant d’une blancheur discordante et blâmait son rival avec une fermeté obtuse. Une cécité accablante et pourtant, qui était-il pour lui en vouloir ? Les déités avaient leurs caprices et si Morrigan n’en avait manifesté, elle aurait perdu toute sa saveur et sa superbe. Comme cette passade était pourtant étrange. On aurait dit qu’elle avait choisi l’héritier Earl par dépits, à défaut de n’avoir eu sous la dent un met plus approprié. Que venait-elle lui reprocher son désir de préserver l’Irlande libre quand à la fine fleur Anglaise elle donnait tant de crédit ? Que venait-elle lui reprocher son désir de pouvoir quand l’allemand en était dépourvu et que l’Earl en était rongé, drogué, à tel point qu’il ait besoin de s’entourer du Cercle pour dompter ses pulsions ? S’il n’avait eu autant de respect pour elle, il aurait ri de bon cœur devant la fantaisie de ses mots, l’amalgame tant ironique dont elle se paraît, de manière sublime au demeurant. Il se serait montré hilare à outrance tant cela ne faisait aucun sens, tant elle se perdait, trop convaincue qu’elle était de détenir la vérité. Il n’était pas là pour démentir et si elle en avait décidé ainsi, soit. Il en serait ainsi.

L’esprit de Nikolaïs recherchait la divinité qui avait pu vouloir jouer avec Moïra, opposant de la sorte leurs héros, leurs élus prédestinés. Hécate ? Sa chère mère avait pourtant compris l’urgence de la situation, l’intérêt qu’il y avait à ne pas se diviser pour l’heure et semer le Chaos. Plus tard, il serait temps de jouer à cela. La compréhension étincela enfin sur son visage lorsqu’un sourire franc vint parer ses lèvres. Bien qu’il ait tâché de se retenir et il essayait encore mais son corps fut secoué des tremblements du rire. Il laissa sa tête tomber en arrière et s’esclaffa finalement, n’y tenant plus. « Ô Nyarlathotep... » fit-il en manifestation immédiate qu’il ne se moquait pas d’elle. C’était l’Aîné qui l’irradiait d’allégresse quand l’ancien Dictateur comprit enfin ce qui se tramait. Le comportement du Chaos Rampant l’avait toujours beaucoup amusé, de telle sorte que jadis il avait été son allié, et aujourd’hui, son élu. « Petit joueur... » C’était autant affectueux qu’insultant. Nyarlathotep ne lui avait pas trouvé un ennemi à sa hauteur. Howard n’était qu’un petit parasite rongé par lui-même, il ne tiendrait pas la route. Mais soit, cela pimenterait le jeu. Il n’allait tout de même pas décevoir les Dieux. Il allait même encourager ce combat pour que lorsqu’il viendrait, il soit mémorable. Il allait lui laisser du temps, à cet Earl, pour qu’il ait les armes à se battre. Il allait lui donner la rage et la colère, il allait le détruire pour le renforcer. Et enfin l’annihiler. Il œuvra au retour de son calme, après la surprise. Et quelle surprise ! Ça allait être palpitant. Tout son visage s’animait d’une excitation vivace, un honneur éperdu que de divertir ceux qu’il vénérait. Moïra n’aurait pas pu lui faire meilleur aveux : il était RA-VI.

« Fort bien, puissiez-vous m’opposer votre champion lorsque vous l’aurez suffisamment préparé à cela. » Un sourire, une certaine assurance et pourtant, il ne la sous-estimait nullement. Elle lui offrirait un ennemi convainquant. L’élu de Forseti était intéressant, il ne l’avait jamais caché même s’il le méprisait. Il nécessitait un peu plus de carrure avant de se présenter à lui mais… Il en aurait. Le temps et les Dieux feraient leur œuvre. « Pour l’heure... » Il avait d’autres chats à fouetter. Il nourrissait actuellement Howard de cauchemars. Il le terrorisait et il aimait tant voir cet insecte se débattre au fond du gouffre. Ça n’était toutefois pas là où il souhaitait en venir avec Morrigan. Il reposa son menton sur son poing et entreprit d’expliquer plus clairement ce qu’il n’avait laissé, jusqu’alors, qu’à demi-mots. Peut-être comprendrait-elle enfin ou se fermerait encore. Auquel cas, il ne pourrait plus rien pour elle hélas. Sa volonté était d’or. « Cette Lance est l’unique arme au monde à pouvoir détruire le monothéisme, le Vatican, ceux qui poursuivent la perte de notre monde plus farouchement que nos dirigeants actuels du Cénacle. Si nous venions à perdre cette Lance entre leurs mains, d’espoir il n’y aurait plus aucun. » Il ponctua sa phrase d’un silence fatal avant de reprendre : « Je ne disposais pas de cette Lance lors de mon ascension. Ce que je vous ai dit au sujet de la manière de rendre aux déités leur puissance n’était vrai que jusqu’à l’aube de 1945. Lorsque cette arme a été trouvée par l’Ordre de Thulé, cela changeait complètement la partie que j’avais jouée, cartes dispersées aux quatre vents, je n’avais plus les pions où il le fallait. Quand une partie est mal engagée, plutôt que de la perdre et voir Longinus aux mains du Vatican, il faut la recommencer à zéro. Les anglais n’ont pas gagné, Morrigan. J’ai simplement mis un terme à la partie en m’assurant de pouvoir la rejouer avec la bonne carte cette fois plutôt que de m’élancer inconsolé en Italie en espérant toucher ma cible… Si véritablement je suis l’entêté que vous croyez de moi, pourquoi n’ai-je été au bout de cette folie ? Pour revenir ici et maintenant, sans assurance et avec tout les obstacles de mon passé face à moi ? » C’était absurde.

Il se redressa sensiblement, sourcils froncés par l’incompréhension de la posture : « Le Secret m’y contraignant par respect des lois du Cénacle, il me fallait jouer un jeu double pour l’Endroit et l’Envers. Les pays que j’ai conquis l’ont agréé par un accord formulé dans l’Envers avec les dirigeants des Nexus et l’ont subi dans l’Endroit par les fronts que j’avançais. La guerre éclair ! Une sublime bouffonnerie. Une plaisanterie bonne pour ceux qui ne connaissaient pas mes intentions. Oui, il y avait des plans d’invasion de l’Irlande. Oui, il y avait des plans d’invasion de l’Angleterre. Mais des plans pour l’Endroit. C’est en allié que je me suis présenté aux Earls car j’avais besoin du soutient du Cénacle pour attaquer le Vatican et c’est en ennemi que j’ai été reçu et repoussé. » Il vint joindre ses deux mains sur son ventre, pensif. « Quant à l’Irlande… Je vous en prie, je ne suis pas un envahisseur. C’est ainsi que les Earls ont écrit l’Histoire à ma mort. Cela est toujours plus plaisant d’être les Sauveurs que les Corrompus. Mes alliés ont été détruits ou détournés de ce désir de vérité de telle sorte qu’aucun vraiment ne l’a faite éclatée. Ô Morrigan, j’ai tu son nom et le tairai encore. Sachez ceci au demeurant : mon panthéon était celte. » De Lug il avait été l’élu. Pour Lug, il avait baigné dans la lumière. Pour Lug, il sombrait dans les Ténèbres, pour le protéger du sort que le Cénacle pourrait lui réserver.

Il redressa une main, face à elle, tête baissée, en signe d’abandon. Il n’avait pas l’intention de se battre éperdument, encore moins contre une déité. Il lui avait exprimé ce qui était nécessaire, dans l’espoir que cela la fasse tôt ou tard réfléchir. « Quand je suis mort, j’ai foulé les terres du Sidh avec la quasi certitude que je n’y resterai. J’y ai vécu une éternité, avec ma femme. Avec les miens. Je savais que ça ne durerait. Mon âme était… Marquée. Salie, elle l’est toujours. Les anges m’avaient réservé. Ils ont cherché Longinus. Ils ne l’ont pas trouvée. Alors Rémiel est venu me reprendre, arrachant au Sidh une partie de sa puissance pour me redonner la vie, ainsi que mes pouvoirs sorciers. » Il avait largement perdu de son sourire et de son hilarité. Son regard se portait sur Longinus, sombrement : « Aujourd’hui, je l’ai à nouveau et… Ils ne m’ont pas attaqué. Ils me surveillent. Je les sens. S’ils venaient à me lancer l’assaut, je tuerai… Cinq anges. Dix. Vingt. Une bagatelle. » Il planta ses prunelles dans les siennes. Il était fort entraîné. Mais en rien invincible face aux forces célestes dans leur entièreté. « Mais ils ne le font pas. Ils attendent autre chose de moi. Ils savent que pour attaquer le Vatican, je ne peux être seul. Que je suis obligé de me tourner vers le Cénacle pour m’en saisir à défaut, de toutes évidences, de pouvoir m’allier. Ils savent le Chaos qui est en moi. Ils savent la cupidité de Pryam Earl. Ils savent ce combat inévitable. Alors j’irai, car si je n’y vais pas, je n’aurai plus aucun intérêt pour eux. » Et il perdrait Longinus. « J’irai, parce que si je n’y vais pas, il n’y aura aucun espoir pour l’Envers. »

Nikolaïs inspira longuement. « Voici où je veux en venir Morrigan. Nous avons cette Lance depuis 1945 et nous n’avons pas été fichu, force de mensonges, de secrets et d’orgueil de toutes parts, y compris de moi-même, de nous organiser pour lancer l’assaut libérateur. Je ne remercierai jamais assez les Dieux de ne cacher que trop bien le Graal car je doute très franchement qu’ils mettent autant de temps que nous à se mettre en rang de bataille pour nous exterminer une fois qu’ils auront la main dessus. Qu’attendons-nous alors ? Les derniers battements de cœur ? » Geste souple de la main, la Lance reprenait l’apparence d’une canne dont le pommeau retomba mollement sur sa jambe. « Je me suis allié avec le Réanimateur, le premier fils de Pryam Earl, et je me battrai à ses côtés le 31 mars. Je prendrai le Cénacle et j’attaquerai le Vatican. Je le ferai tomber une bonne fois pour toutes. Dites à votre Élu de s’écarter. Qu’une fois la guerre achevée, je lui rendrai ce pouvoir dont il s’est amouraché, si les Dieux le veulent et qu’il s’étouffe avec les rênes de l’Envers, je n’en ai cure. Dites à vos Élus chez les MacLeod les plans qui sont les miens. Nous aurons besoin d’un front uni face à l’Église, vous le savez probablement mieux que moi. » Cela impliquait d’avoir confiance en Nikolaïs, ce qui n’était pas gagné. Il finit par s’adosser dans le fond de son siège. Il s’attendait pleinement à un refus à encaisser. Le seul bienfait qu’il aurait obtenu de cette discussion s’en trouvait être les informations dont elle avait pu bénéficier, dont elle aurait conscience à l’avenir dans ses choix et agissements. Du moins l’espérait-il. « Telle est ma prière, Morrigan. A défaut d’y agréer, entendez-la. La guerre qui va venir ne doit pas être celle qui nous déchirera, mais celle qui nous rapprochera. » Il en avait fini pour cet entretien. Il doutait que rien de plus ne la fasse changer d’avis. Elle avait son Élu. Il n’était pas commun de se détacher de cela.

Mer 12 Oct - 15:14
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C’était dommage, qu’elle ne soit pas dame à reguider dehors les grossiers personnages avec un ample mouvement de son pied dans le derrière du malotru accompagné d’un bruyant souffle tel un taureau sauvage l’aurait fait. Car en cet instant, la tentation était grande de faire sortir cet agaçant petit dictateur en mal de puissance de son joli bureau blanc. Tandis que son invité surprise s’esclaffait de bon cœur, Mórrígan se contenta donc de l’observer d’un regard glacé, patientant le visage sombre jusqu’à se termine sa folie passagère. Qu’il se moque de sa personne ou qu’il rit pour une pensée lui étant personnelle, cela ne faisait guère de différence : il était insultant de se comporter de la sorte lors d’un tel échange. De même qu’il était d’invoquer le nom d’autres déités devant elle.

-Certainement, tant que vous ne vous gaussez pas aussi ridiculement que vous venez de le faire, sans quoi j’aurais grande honte de le faire affronter un tel adversaire.

Elle n’était pas exaspérée. Juste un peu excédée ; l’humeur sombre, trop pour assister en souriant à ce spectacle qu’il lui offrait. Estimant le sujet définitivement clôt sur ce point, la celtique divinité continua toutefois à écouter Nikolaïs dans ses grandiloquentes positions. En se demandant, simplement, pourquoi il continuait à s’accrocher à cette chimère d’un passé faussement entièrement décidé par lui-même. Il avait eu, avait encore sans nul doute, l’âme d’un grand conquérant et l’esprit avide de la gloire qu’une victoire peut apporter. Qu’il fuit ses échecs, qu’il s’échappe loin de ce flot d’irritation acide qui tentait de le noyer à chaque réminiscence de sa défaite ; cela ne présentait rien n’anormal. Pour autant, l’irlandaise n’avait nulle intention de céder et reconnaitre la vérité qu’il lui présentait.

-Peut-être parce que vous ne le pouviez pas. Il est aisé de prétendre n’avoir feint la défaite pour n’en que mieux revenir ainsi, d’avoir été non pas joueur perdant mais maitre de la partie. Mais de tout ce que vous m’offrez, rien véritablement ne me permet de corroborer votre thèse. Je ne doute guère que l’Histoire fut enjolivée par les gagnants et que par eux elle fut parfois même détruite et reconstruite, mais quoi qu’amusante, je crains que votre prétendue souveraineté complète sur la fin de la Seconde Guerre Mondiale ne puisse me satisfaire.

Quoi que l’idée de voir ces damnés anglais dupés de la sorte avait un côté jouissif, elle ne pouvait agréer la folie mégalomane de cet humain. Non pas seulement parce qu’il maniait le verbe avec une envoûtante délicatesse ou qu’il savait avec dextérité trouver les rêves, les espoirs de ceux qui lui faisaient face, mais aussi bien sûr parce que cette arrogance était dangereuse pour un simple mortel ; dangereuse car trop proche de l’adoration que désirait les dieux. Ce, quels que soient son importance ou les biens en sa possession.

-Barrúil.* Ainsi donc, vous aviez bien des plans d’invasion de l’Irlande, en son Endroit, mais vous n’êtes pas un envahisseur ? Etonnant, vraiment.

Elle n’alla pas plus loin, soulignant simplement d’un ton aimable l’évidente contradiction existant dans cette simple constatation qu’elle avait tiré des deux explications données l’une après l’autre par Nikolaïs. Mórrígan n’avait nul intention d’épiloguer là-dessus ; Endroit ou Envers, il avait souhaité souiller sa terre. Nulle excuse, nul pardon face à cette injure. Mais de cela elle n’en demandait finalement pas. Si le panthéon celte il avait véritablement prié alors, il avait oublié la déesse aux trois visages. Aussi cet argument n’avait-il aucune force de persuasion. Qu’il en vienne aux faits qui en ces lieux, simplement. Ce qu’il fit. En de mots simples, le cœur semblait-il ouvert. Mêlant fierté farouche à sa noble supplique.

Il n’avait, dans le fond, pas tout à fait tort. Raison en bien des points certainement. Le clivage existant au sein même des adversaires du Vatican ne pouvaient que profiter à celui-ci et le favoriser dans sa quête autant que dans son combat. Pour autant, Moïra ne pouvait que s’opposer sur le point le plus important : s’en remettre à l’ancien nazi. Son Elu, ainsi qu’il l’appelait, n’était pas ces héros d’antan qui se soumettaient de plein gré à la volonté de leur déité attitrée par respect, crainte, ou affection ; sur ce nouvel humain qu’elle s’était choisi, elle ne pouvait se prévaloir d’une telle emprise. Lui demander d’aller de la sorte à l’encontre de ses convictions risquerait de briser le lien tenu existant entre eux.
Ce détail mis à part, elle n’avait pas assez confiance en son interlocuteur pour affirmer pouvoir avec calme se rallier à lui. Les intérêts personnels du jeune homme, son désir de vengeance et sa soif de revanche risquaient fort malgré son apparent altruisme primer sur les volontés divines. Quant à imaginer qu’une fois le Vatican à terre, Nikolaïs rendrait ses pouvoirs à son jeune protégé de Earl, rien n’était moins sûr.

-Je l’entends, soyez-en assuré. Je crains toutefois de ne pouvoir y répondre favorablement. Sachez cependant que je prendrais soin de ne pas oublier que c’est en allié que vous êtes un jour venu me trouver.

Dans le cas où certains choisiraient de le crucifier une fois qu’il aurait perdu la guerre, peut-être cela pourrait-il être utile… Charmante idée s’il en était. Mais si l’entretien était effectivement fini ‒ et il l’était sûrement, puisque son verre était vide‒ celle qui fut un jour la Grande Corneille avait des préoccupations plus bassement humaine à reprendre.

*Amusant

_________________

"Vous portez en vous-même le secret de l’éternité des hommes,
A laquelle vous n’aurez plus jamais droit si vous n’y prenez garde.
"

Ven 18 Nov - 19:14
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Les mots de la déesse étaient blessants dans leur mesure, certainement était-ce qu’il y avait du vrai dans ceux-là. Il avait perdu la guerre, l’issue avait été écrite par les anglais et il n’aurait pu y échapper quoiqu’il arrive. Il avait choisi la manière dont il voulait perdre et ce ce sens, il avait choisi la façon dont il reprendrait la partie et en avait été le seul maître. Le simple fait qu’Adolph Hitler soit devant elle était la preuve tangible que la partie n’était pas terminée. Qu’elle n’avait été que mise de côté huit décennies, plateau placé au grenier, pions bousculés mais le roi n’avait été pris. Le corps du dictateur n’avait pas été trouvé, sa dépouille reposait dans le sanctuaire où Longinus avait été enfermée tout ce temps, son fantôme comme fervent défenseur et gardien. Il s’était retranché… Moïra ne le voyait-elle ? Son ascendant sur Howard lui donnait-il à ce point le désir que de voir son ennemi perdant ? Perdurait-elle a croire qu’il était l’ennemi de l’Irlande ? Peut-être aurait-elle une autre vision de la chose si jadis, il avait pu se présenter à l’Irlande auréolé de la lumière de Lug. S’il en était ainsi alors… Il l’agréait en silence.

Leur entretien s’en trouvait terminé et Nikolaïs se leva du fauteuil qu’on lui avait accordé, reboutonnant sa veste par dessus sa chemise blanche avant de se saisir de sa canne. « Je vous remercie. » fit-il calme et humble avant de lui tourner le dos et se diriger vers la sortie, démarche lente et maîtrisée, laissant sur la table le présent qu’elle n’avait ni vraiment accepté, ni refusé. Un entre deux qui le satisfaisait. Le son de ses pas sur le parquet cessèrent mais il n’avait pas encore quitté la pièce, son départ interrompu un bref instant, celui de la réflexion. Sans se retourner, il demanda gravement : « Ne peut-on être joueur perdant et maître de la partie ? » Une question qui n’appelait pas de réponse, du moins Nikolaïs n’en attendait aucune. Les inflexions sombres de sa voix trahissaient une honnêteté intellectuelle dans son interrogation, et d’aucun honneur sali ou de narcissisme dérangé. Les Earls s’étaient conclus gagnants de la partie… mais en avaient-ils seulement été maîtres quand, désireux de mettre la main sur Longinus, ils ne la retrouvèrent, ni elle ni son porteur destiné ? En avaient-ils seulement été maîtres quand il leur fallut raser les idéologies qu’Hitler avait bâti au sein de la communauté magique ? Seraient-ils seulement maîtres lorsque mourra le mois de mars ?

Adolph avait du mourir autrefois. C’était une fin à laquelle il n’aurait pu échapper. Qu’il décide un assaut autodestructeur contre les Earls, une prise vaine du Vatican ou qu’il se suicide, la fin de son existence avait été conclue et en avait fait le joueur perdant. Mais le choix qu’il avait fait lui appartenait, la manière dont il avait dressé ses derniers pions avaient fait de sa fin un simple sommeil dont il se réveillait au présent. Dans sa perte, il avait repris la main sur la partie et quoiqu’en dise Morrigan, le simple fait qu’il soit, là, debout, dans ce musée, prouvait combien les deux rôles pouvaient être possédés par une seule et même personne.

Sa question appelait aussi un second sens, plus sous-entendu et exporté à la situation présente. Moïra avait gagné la partie et c’était en joueur perdant qu’il achevait leur entrevue. Pour autant n’avait-il été maître de cette défaite ? N’avait-il pas fait que lui distribuer depuis le début de eur rencontre les bonnes cartes pour s’assurer de sa propre défaite ? S’il ne lui avait dit être la réincarnation d’Adolph Hitler… S’il ne lui avait montré être le possesseur de Longinus… L’aurait-elle refoulé de la sorte ? Aurait-elle eu la complaisance de rejeter un païen adorateur ? S’il n’avait de preuve tangible des vérités qu’il lui avait dévoilées, Moïra n’était pas assez dupe pour voir que les anglais n’en avaient pas d’avantage puisqu’ils n’avaient pas vécu à ses côtés pour connaître les projets qu’Hitler avait eu en son temps. Ce n’étaient rien de plus que des suppositions affirmées pour vraies et auxquelles Morrigan se rangeait. Nikolaïs lui avait fourni d’autres vérités pour qu’à la lumière des événements à venir, son jugement soit plus adéquat et réaliste. Elle l’avait écouté et c’était là tout ce qu’il avait désiré. Il n’avait pas cherché à faire aboutir ses demandes, il avait, au contraire, fourni les informations nécessaires à leur rejet. Sourire, bien qu’elle ne le voit puisqu’il lui faisait dos. « De quel droit aurais-je pu œuvrer à autre chose qu'à ma propre défaite face à une déesse ? Notre entretien n'en fut pour autant nullement vide. Soyez louée, Morrigan. » Il se drapa des ténèbres de sa mère adoptive, Hécate, pour disparaître.

Jeu 8 Déc - 11:43
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