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 Rendez-vous manqué [Gui]

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L'étrange sous la normalité : Sous mon masque froid, je suis immortelle. Mes mains si délicates sont plus puissantes qu'elles ne le semblent. La magie m'habite et j'habite la magie.
PROFESSION : Membre du Conseil d'Administration d'un groupe bancaire et directrice du musée des civilisations
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Encore une fois, elle avait craqué. Introduisant la carte bleue dans le lecteur, Moïra paya en silence avant de reprendre son sac de livre et de ressortir au grand jour, satisfaite de ses achats. Cette librairie lui avait offert bien plus de choix qu’elle ne l’avait tout d’abord cru, et une sixaine de nouveaux livres pourraient rejoindre leur place dans son immense bibliothèque avant qu’elle ne craque de nouveau. La rousse se demandait parfois comment le plancher de son appartement pouvait résister à cette masse impressionnante de savoir et histoires matérialisés, sans jamais s’être effondré sur les occupants du dessous, mais c’était très bien ainsi et c’était là tout ce qui comptait. Elle aurait été ennuyée de devoir tout reranger.

Au fil des années et tandis qu’elle n’avait d’autre choix que de devenir progressivement une humaine, elle avait eu de quoi accumuler encore et encore ces précieux ouvrages et grimoires qui satisfaisaient tant sa vue, les répartissant tantôt au musée tantôt dans son antre personnelle. Ce ne serait pas aujourd’hui qu’elle ferait exception, mais pour l’heure, il lui faudrait se hâter. Après tout, elle avait rendez-vous et elle s’était donné bien trop de peine à l’obtenir pour risquer d’arriver en retard.

--------------

Elle avait attendu, patiemment, ainsi que cela avait été convenu. Le lieu de rencontre ? Le club Plaisirs Coupables. Un endroit sûr pour une rencontre, où le mortel se mêlait à l’immortel, le normal à l’étrange. Un lieu où l’incongru ne se voyait pas, dissimulé derrière un ordinaire plus voyant, trop voyant. Non, Moïra n’aimait pas cet endroit trop bruyant, trop fréquenté, aux lumières trop vives dans l’apaisante obscurité. Mais il était indéniablement appréciable pour sa large ouverture au public et cela avait mis en confiance celui qu’elle attendait. Une créature du petit peuple, et peureuse avec ça. La contacter s’était avéré relativement aisé, malgré le caractère peu social de cet écossais. Ah, le petit peuple, quelles étranges créatures le composaient…

Jetant un regard vers la piste en contrebas, l’irlandaise observa sans grand intérêt quelques individus déjà fort peu vêtus achever de se déshabiller au rythme de la musique, musique bien trop forte pour la déesse qui, en regardant sa montre, ne put cette fois retenir un soupir excédé. Non, il semblerait qu’elle n’aurait pas les informations qu’elle voulait sur les partis radicaux écossais souhaitant leur indépendance ‒simple intérêt d’historienne, bien entendu, sur une question d’importance qui était encore loin d’être tout à fait close. Elle soupira, se passa une main dans sa chevelure rousse, espérant ne pas avoir fait le trajet jusqu’ici pour rien. Elle aurait volontiers sacrifié sa soirée pour une pièce d’opéra mais dans ce club… non, elle pouvait toujours attendre, elle avait toute la nuit devant elle maintenant, et même plus. En attendant, il lui suffisait de faire abstraction du bruit trop fort qui lui perçait les tympans, de la désagréable et écœurante odeur de sueur qui régnait et des passages incessants qui dérangeaient sa tranquillité par leur simple existence. Eut-elle été en pleine possession de ses pouvoirs qu’elle n’aurait pas hésité un seul instant à en jouer pour effrayer tout ce beau monde, mais elle n’était pas tout à fait prête à rester encore plusieurs jours enfermée chez elle à récupérer par simple désir de combler sa frustration.

Les minutes s’égrenaient, toujours plus lentement, son verre de bière descendant graduellement. Sortant finalement la tablette qu’elle conservait toujours dans son sac lorsqu’elle avait un quelconque rendez-vous ‒et même lorsque ce n’était pas le cas, elle avait une certaine tendance à l’oublier‒ la rousse se plongea dans le calcul budgétaire de son musée pour le reste de l’année avant de s’intéresser aux annonces qui pourraient être promesses de perles rares à cueillir. Avec un peu de chance, le musée pourrait continuer à se renflouer un peu, elle avait d’ailleurs contacté l’un de ses collègues polonais pour discuter de l’emprunt de l’une de leurs œuvres. Malheureusement, il ne lui avait toujours pas répondu. Elle referma les fenêtres, agacée, avant de ranger la tablette dans son étui. Puisqu’elle était ici, autant boire un coup avant de rentrer chez elle. Peut-être son invité finirait-il par apparaitre, bien qu’elle en doutait à présent. Cela faisait presque une heure qu’il aurait dû se présenter, et il n’y avait toujours personne face à elle.

Après avoir commandé cette fois-ci un whisky, elle y trempa les lèvres et grimaça ; il n’était pas mauvais, certes, mais goûter pareille boisson alors même que son humeur était déjà mauvaise achevait de la mécontenter. Agacée, elle interpella l’un des serveurs qui passait, exigeant d’avoir quelque chose de meilleur. L’argent ne serait pas un problème, alors pourquoi devrait-elle s’abaisser à rester à si piètre breuvage ? Très professionnel, son interlocuteur s’en alla rapidement quérir son patron tandis que l’immortelle patientait, calme et immobile.

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A laquelle vous n’aurez plus jamais droit si vous n’y prenez garde.
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Ven 6 Mai - 17:06
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Cela faisait quelques jours que les évènements de noël ne semblait plus avoir affecté les différents commerces et Guillermain en était heureux. En effet il n’avait plus besoin de courir tous les soirs pour s’assurer que tel ou tel approvisionnement se ferait bien ou alors que son personnel serait bien présent pour la soirée. Il avait ainsi pu passer la majeure partie de sa journée à se reposer, du moins autant qu’un mort-vivant se « repose » avant d’entamer sereinement une nouvelle nuit de gestion.

Étant une nuit sans grosse affluence, il s’autorisa un rendez-vous avec Alix pour discuter de la prochaine opération de com, histoire d’avoir un second avis et de nouvelles idées. La discussion allait bon train lorsque Liam frappa à la porte. Le vampire se leva et alla ouvrir, un regard compatissant envers son employé. Il s’agissait sans doute d’une bagarre entre deux hommes alcoolisés qui voulaient démontrer leurs virilités à une donzelle ou quelque chose du genre. Ça n’était pas monnaie courante mais ce genre d’incident relevait de sa responsabilité.

Guillermain fit tourner la porte sur ses gonds pour accueillir le serveur et l’enjoignit à parler, ce qu’il fit d’une voix presque amusée comme il en avait l’habitude.

« -Patron, il y a une dame qui demande à vous voir, une dirait une de ces femmes de la haute, qui pense qu’il suffit d’agiter un billet pour avoir ce qu’elle désir. »

Le vampire connaissait la propension de ce jeune homme à exagérer la réalité et grossir les traits qu’il trouvait amusant, pour autant il n’y a pas de fumer sans feu et Guillermain se demandait bien pourquoi Liam avait éprouvé le besoin de venir le quérir. Si elle voulait une lap dance privée elle s’était trompée d’endroit et un simple regard vers les écriteaux aurait dû lui suffire.

« -Pourquoi avoir fait le déplacement ?


-Elle pourrait être une journaliste ou un détective privé, ou juste une femme fantasque, elle a passé la soirée seule sans parler à personne et à regarder je ne sais quoi, je me suis dit que tu préfèrerais t’en occuper.

- Effectivement, je n’ai pas vraiment envie de faire la une des tabloïdes, je vais m’en occuper. Alix, on en reparlera plus tard, tu peux prendre ta soirée. »


Le vampire attendit que ses interlocuteurs soient sortis de son bureau pour le verrouiller et il laissa tomber ses clés dans sa poche. Il descendit l’escalier le ramenant dans la salle bruyante remplie de flash lumineux, de danseurs et d’amateurs d’ambiance festive. Arrivé à la dernière marche il s’écarta du passage et prit quelques secondes pour analyser la scène et trouver cette cliente si particulière.

Lorsque son regard se posa sur elle, un léger frisson le parcouru. Elle  se tenait droite, immobile, comme hors du temps. Elle semblait pouvoir attendre des années comme ça sans bouger, ce qui n’augurait rien de bon pour le barman. À ses pieds trônait son sac à main d’où il lui semblait percevoir le revêtement de protection d’une de ses tablettes tactiles. Il se pourrait en effet que cette femme soit une critique ou une journaliste, ça serait raccord avec son attitude, le barman devrait donc faire preuve de délicatesse.

Il se composa un visage jovial et avenant qu’il avait mis des années à peaufiner et se mit à déambuler à travers son club pour la rejoindre. Il salua au passage les habitués qui le reconnaissaient avant de se retrouver au niveau de la table de la rousse intrigante.

Il remarqua que son verre de whisky était encore plein et il fit une légère courbette avant de la saluer.

« -Bonsoir Madame, je suis Mr.Adama, le gérant de ce club. »

Il laissa le temps à son interlocutrice de  tourner son regard vers lui avant de poursuivre.

« -On m’a dit que vous me cherchiez, et il me fait toujours plaisir d’aller à la rencontre de clients, en quoi puis-je vous être utile ? »


Le vampire se tenait encore debout, jugeant que s’assoir sans y être invité aurait été perçu comme une insulte. Il avait tout de même légèrement fléchis les jambes pour que l’irlandaise n’ai pas à se décrocher le coup pour le regarder.

Dim 14 Aoû - 17:50
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Après un regard craintif sur sa personne, le serveur s’éloigna rapidement, s’en allant sans aucun doute chercher son patron. Un regard dédaigneux sur la silhouette qui se hâtait et Moïra rapporta son attention sur ses environs, fixant d’un air vide le toit qui la surplombait. Puisque son rendez-vous ne venait pas, il lui faudrait se débrouiller seule pour réussir à obtenir les informations qu’elle recherchait, informations qui soit-dit en passant aurait pu être si aisées à recueillir si ce maudit lutin avait daigné sortir ses fesses de son trou pour se déplacer jusqu’ici. Jusqu’à nouvel ordre, la Mórrígan n’était pas spécialement réputée pour dévorer tout crus ses interlocuteurs, mais peut-être devrait-elle faire vérifier ce que les rumeurs mythologiques disaient plus profondément d’elle-même. Une idée intéressante, peut-être devrait-elle tenir un blog sur la vie celtique d’il y a des dizaines de siècles en arrière.

Ses yeux se posèrent sur une danseuse qui, lascivement, se déhanchait en flirtant avec les lumières qui se jouaient d’elle, accompagnant une musique bruyante et sans subtilité. Une fois de plus, la déité se demanda comment, des danses pures et délicates, des mouvements envoutants et séducteurs, de telles gesticulations avaient pu naitre. Aucun attrait dans cet art, aucune envie face à ces trémoussements. Même l’art de la séduction s’était perdu, triste réalité. Il y avait, à ses yeux, pas si longtemps de cela, les humains savaient encore comment honorer leurs divinités, quelles qu’elles furent, et ceux qui pou-vaient admirer ces rites chantants et dansants ne pouvaient que ressentir la force brute qui s’en déga-geait ou la délicatesse merveilleuse qui en ressortait. Désormais, le but n’était tout à fait le même, et le spectacle encore moins ; une insulte à la déesse même autant qu’à la spécialiste des plaisirs charnels.

Une voix la dérangea dans ses réflexions et elle leva les yeux jusqu’à l’homme qui lui parlait, sans vraiment remarquer son geste de salutation. Petit, plus qu’elle sans doute si elle se relevait, carnation de neige et orbes sombres, il était tout à la fois séduisant et dérangeant. Une beauté froide, trop bien finie pour être humaine ; mais s’il avait du whisky, sa race n’importait pas. Ainsi, il était là, le respon-sable de ce club. Un commerçant, sans aucun doute, semblaient même hurler ses bonnes manières. Après l’avoir dévisagé en silence un instant, de cet œil impassible dont elle avait le secret, elle se dé-cida à lui répondre.

- Monsieur. Elle eut un geste de la tête en guise de salut, avant de reprendre. En réalité, ce n’est pas vous que je cherchais, mais votre serveur fut incapable de satisfaire à ma requête. Elle tapota son verre à peine entamé d’un ongle impeccable, fixant toujours ledit Adama : voyez-vous, votre whisky n’est pas à proprement parler mauvais, mais il n’est bon que pour les amateurs de la plèbe. Me feriez-vous le plaisir de m’en apporter un verre qui n’insulte pas mes papilles ?

Elle ne demandait pas non plus la quintessence même de cet alcool, mais sans aucun doute autre chose que ce qu’il servait à tout va dans cette salle à la désagréable odeur de transpiration et de vapeurs de boissons diverses. Après l’agacement d’un rendez-vous manqué, il lui fallait un breuvage qui puisse l’apaiser convenablement ; et dommage pour son interlocuteur si le serveur n’avait pas, dès le début, su reconnaitre un maitre de ce domaine très particulier.

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Mar 6 Sep - 21:53
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