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 Évocation | Géorgia

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L'étrange sous la normalité :
Je suis l'héritier de la branche principale des Earl, je suis un Nécromant et un membre du secret. Je le protège et le soutient. C'est dans mon intérêt.

Tell me More : J'ai un jumeau, Morghann, et je suis le pupille d'Eurynome
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Le Sacrifié

20 Janvier


Nature glacée, entrelacs maigrelets de branchages et de végétation aux blancs ornements, berceau originel de givre couronné dont les exhalaisons vibrantes de frimas l'entourait tandis qu'il progressait avec une difficulté grandissante vers le cercle de pierres silencieuses et austères. Les formes déchirées, intimidantes, et sombres, s'élevaient vers le ciel comme comme autant de vigiles silencieux gardant l'entrée d'un royaume à l'interdit secret. Un mystère plus profond et plus ancien que celui des humains dormait ici, semblait-il, dans l'air et dans la terre, dans l'air libre emprunt d'un quelque chose de singulier. Peut-être était-ce simplement les relents de la vieille forêt, au repos sous son manteau blanc, peut-être était-ce les restes de la magie des rondes de fées, ou des rites scandinaves et druidiques… peut-être était-ce tout autre chose, et pendant un instant, alors qu'enfin il frôlait les impavides sentinelles, son coeur s'affola, tel un oisillon tombé du nid. Une impression persistante de danger lui donnait la chair de poule, et glissait le long de sa colonne vertébrale comme des doigts froids., avant de lui saisir les tripes. Pourtant, il se refusa à reculer, et lorsqu'il fut au centre du cercle rocheux, il relâcha son souffle, cherchant sans vraiment le vouloir le bruit lointain d'une harpe, la bouche sèche. Rien pourtant, rien que le silence naturel des lieux, un silence profond de géant endormit. Qu'il allait d'ailleurs bientôt troubler.

Adressant une muette excuse aux esprits des lieux, il déposa sa canne au sol, grimaçant au besoin de se relever, une dague de douleur plantée dans la jambe. Souffle frémissant, ses lèvres s'entre-ouvrant alors qu'un instant, il fermait les yeux, tête penchée. Il fallait qu'il se reprenne. Il fallait qu'il accomplisse ce pourquoi il était là… s'il ne le faisait pas, s'il abandonnait, il serait venu pour rien, il aurait souffert pour rien. Et cela était hors de question. Ouvrant l'ouvrage qu'il avait apporté avec lui, il étudia une fois de plus les runes scaldiques et les verbes de l'appel, sourcils froncés devant la complexité d'un langage qu'il ne maîtrisait encore de façon superficielle. Ces runes, ces formules, ces verbes, il les avait déjà étudié, apprivoisé, et pourtant il doutait encore de sa réussite au vu de ce que demandait ce tour de force. Évoquer une divinité n'avait rien de simple, encore moins lorsque l'on était qu'à peine au fait de l'entité avec laquelle on souhaitait converser. Faisant lentement le vide dans son esprit, il se focalisa sur le pouvoir porté par l'évocation, énonçant lentement chaque terme en tâchant de les articuler le plus clairement possible, sentant, peu à peu, l'écho de la magie s'éveiller, tendre d'invisibles filins, d'invisibles racines pulsant lentement de sa volonté, projetée au travers du portail de pierre vers des cieux troublés. Il les sentit évoluer pendant un temps, les sentit voleter, suivit leur cheminement avec une fascination troublée jusqu'à ce qu'il les perde de vue.

Seule preuve d'un semblant de succès, la fatigue qui, lentement, rongeait la magie qui imprégnait son corps, l'éventant dans l'immensité de l'univers. Elle se rattachait à quelque chose, il le sentait, mais ne pouvait savoir de quoi il s'agissait. Par précaution, il poursuivait, ne pouvant se satisfaire d'une si piètre victoire, trop habitué au génie de sa naturelle affinité. Il n'était là qu'un officiant parmi tant d'autres, un officiant manquant encore de subtilité, quoi qu'il y mit tout son coeur, et son doigté. A nouveau, il sentit son coeur palpiter, et son esprit frémir en s'ouvrant comme la corolle d'une fleur éveillée… la semblance, issue d'une transe magique complétée, le fit s'élever, et son corps sembla se faire plus léger, vibrer comme une basse, comme une chambre fermée aux ondoiements enivrés… Son souffle s'arrêta un bref instant, alors qu'il butait sur l'ultime verbe et se retenait de trembler, craignant les conséquences. Pourtant rien, alors que le silence reprenait ses droits, il sentit sa psychée retenue par un impalpable filin, par une ancre pleine de fermeté dont il n'avait eut jusque là qu'un bref aperçu. Soulagé et curieux, il referma l'ouvrage et voulut bouger, pour se trouver incapable de s'exécuter. Retenu peut-être, ou simplement figé… « M'entendez-vous ?  » demanda-t-il d'une voix douce et apaisée, ne s'attendant à aucune réponse, et espérant pourtant sans le vouloir.

Soudainement, il se sentait ridicule, incapable de croire qu'une entité quelconque s'intéresserait à un être tel que lui, si empreint de désespoir, de ténèbres modelé, ni bon ni mauvais mais d'un précaire équilibre prêt à se briser, parangon d'une humanité à la liberté si consommée qu'elle en devenait fléaux de pensées. Sans doute était-ce une aide ponctuelle, simplement pour qu'il arrête de l'appeler, un os à ronger pour un corniaud ingrat et discourtois. Parce qu'il fallait bien l'avouer, n'était-ce pas ce qu'il était ? Jamais auparavant il n'avait essayé de s'informer ou de s'approcher des scandinaves divinités que la famille de sa mère adorait. Il n'était objectivement pas à blâmer, à son avis, mais qui avait jamais été parfaitement objectif, plus encore prit par l'affect comme les monstres divins avaient prouvé qu'ils l'étaient ? Même à présent, il ne pouvait se défaire des idées qu'on lui avait si tôt inculqué, en particulier au sujet de ces soi-disant divinités… des opportunistes vivants au crochet de l'humanité, et pourtant n'avait-il pas reçu l'aide de l'un d'eux ? N'avaient-ils moyens de se fermer aux appels qu'on leurs lançait ? Sans doute, hors il avait décidé de répondre, il ou elle d'ailleurs même s'il commençait à avoir quelques idées sur l'identité de la créature en question. Des idées qui seraient sans doute affirmées ou infirmées très prochainement, si cette légère tension se transformait en réel contact.

Doutant pourtant, il finit par ouvrir de nouveau son ouvrage, voulant tenter de n'énoncer que quelque uns des verbes majeurs, pour simplement renforcer cet ancrage vacillant et éloigné….

Jeu 17 Mar - 23:06
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Rêver... Certains disaient que ça venait de la construction physique et chimique du cerveau, une façon pour lui de traiter les informations de la journée passée, de se reposer tout en se reconstruisant. D'autres parlaient d'un don de leur créateur de dieu unique, un trait particulier qui n'appartenait qu'à ceux possédant une âme. Beaucoup d'autres théories plus ou moins farfelues qu'elle avait lu au fil des siècles, mais le même avis revenait souvent: quelque chose qu'elle n'aurait pas dû connaître, même si c'était le boulot d'un de ses cousins. Pourtant à chaque fois qu'elle dormait, c'était bien ce qui arrivait. Le vert des jungles, l'ocre et le noir des terres, l'or des céréales, les tâches de mille couleurs qui s'accrochaient partout où elles pouvaient, en un millier de paysages différents, réels ou rêvés. Habités ou non. Les souvenirs de courses dans les champs et des siestes à l'ombre des vergers, les sourires et les murmures, les secrets et les rires, qu'ils aient existé ou non. Un mélange délicat de temps anciens et de présent, où il lui suffisait de pousser la porte de la boutique où elle travaillait pour retrouver les splendeurs de son ère de naissance, baignée dans la chaleur du soleil et des milliers de chandelles que ses fidèles allumaient pour elle. Retrouver la pierre rugueuse des autels de ses premiers temples, l'odeur des sacrifices, les grands yeux de ses enfants, dans des lieux ou des circonstances toujours différentes. Et d'un coup, tout s'était arrêté pour sombrer dans les ténèbres, remplacé par une voix.

M'entendez-vous ?

Une voix qu'elle ne connaissait pas, distincte mais lointaine, un écho particulièrement puissant, quelque chose qu'elle n'avait pas entendu depuis longtemps. Qui l'intriguait, même si elle aurait préféré se rendormir et profiter encore un peu. Grognant avec toute l'élégance et la féminité dont elle était capable au lever, elle avait sortit la tête de l'oreiller et de sous la couette. Elle doutait que ce soit le Cénacle, ils auraient envoyé son référent plutôt que de l'invoquer, ou même juste lui passer un coup de fil à une heure décente aurait largement suffit. Ouvrant un œil et laissant échapper une nouvelle série de grognements, elle avait attrapé son portable pour vérifier qu'elle ne croulait pas sous les appels manqués - rien du tout, même pas un sms de son fils - avant de voir l'heure. Sérieux, qui osait invoquait une déesse aussi tôt pendant son jour de congé? Personne qui la connaissait, ou en tout cas pas assez pour savoir que ses rares grasses-matinées étaient très importantes et qu'elle détestait être réveillée sans raison valable. Lâchant son téléphone à côté d'elle, elle referma l’œil et se concentra. La magie avait créé un lien entre elle et celui qui l'appelait, elle le sentait s'enrouler délicatement autour d'elle. Tremblant, incertain, hésitant et différent de ce qu'elle connaissait. Un rituel différent, qui causait très certainement cette faiblesse dans la connexion, ou alors des erreurs dans l'invocation. Une chose était sûre, c'était la magie d'un sorcier.

Se frottant les yeux, elle grogna encore un peu pour la forme avant de s'asseoir dans son lit en ramenant la couette sur elle. À une époque elle aurait juste eu à fermer les yeux, se concentrer sur la voix qui l'appelait, se laisser porter par la chaleur réconfortante de cette vie battante, et apparaître devant celui qui l'avait invoquée dans toute sa divine splendeur. Une époque où des milliers de personnes chantaient son nom, priaient pour ses faveurs et déposaient leurs offrandes sur des autels de marbre. Où on l'appelait à des heures décentes, pendant les heures travaillées. Mais à l'époque ils se pressaient pour se prosterner aux pieds de ses immenses statues, de vieilles ruines aujourd'hui. Et elle n'était plus que l'ombre de la majestueuse déesse des temps mythiques, subsistant comme elle pouvait malgré le Délitement. Une invocation était une forme de croyance en elle et son pouvoir, et elle en avait besoin pour survivre, même si elle aurait préféré retourner dormir. Petit réconfort, il devait avoir l'air un peu con tout seul à attendre une réponse du vide. Après une dernière inspiration, elle fixa son regard sur les plantes de son appartement et attrapa mentalement le filin entre elle et le sorcier, l'ancrant plus sûrement à sa propre entité. Je t'entends oui... L'avantage d'être une déesse, elle pouvait se passer de toute forme de politesse si elle en avait envie, et après avoir été réveillée comme ça elle n'allait pas se gêner. Et elle ne l'entendait pas si bien que ça en plus. Qui es-tu et que veux-tu, toi qui oses déranger une déesse? Elle avait un peu durci sa voix en prononçant les derniers mots, imitant le ton sec qu'Hécate avait parfois, juste pour le plaisir de faire croire qu'elle faisait partie de ses créatures divines hautaines et facilement irritables. Ce qui n'était évidemment pas le cas, elle laissait ça à ses frères et sœurs et à l'intégralité des engeances divines, mais celui qui l'appelait n'avait aucun moyen de le savoir.

Lun 21 Mar - 5:20
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Je suis l'héritier de la branche principale des Earl, je suis un Nécromant et un membre du secret. Je le protège et le soutient. C'est dans mon intérêt.

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Il attendait, silencieux et droit dans la neige et le froid, ses sombres boucles frémissant sous la bise glacée qui récurait net la peau dans cette ambiance hivernale prolongée. Il n'aurait pas du faire si froid et pourtant les serres de glace ne relâchaient pas leur emprise sur le pays, à croire que ce climat soudainement fort rigoureux n'était pas le fruit de la nature, mais d'une sorcellerie encore indécelable. Ou bien l'avait-elle était ? Après tout, qui pouvait savoir ce qui occupait le Cénacle, dans l'ombre de leur société. Lui, en tout cas, ne pouvait qu'imaginer, et observer son ouvrage, les yeux parcourant les runes scaldiques. Par deux fois il avait appelé, une évocation complète, et une par jalons esseulés. Mais rien, pas de réponse. La connexion était pourtant présente. Se pouvait-il que la divinité en question ait sombré si loin dans le délitement qu'elle n'avait plus les moyens de lui répondre ? C'était possible. S'il avait bien visé, la déité n'était pas la plus éminente de son panthéon, c'était donc tout à fait possible qu'il soit dans l'incapacité d'entrer en contact avec lui, et pourtant il savait que l'entité n'était pas morte puisqu'il la sentait. Alors il patientait, encore. La magie nécessitait souvent beaucoup de patience après tout, les forces qui habitaient le monde avaient besoin de temps pour se mettre en branle. Le froid l’incommodait terriblement, et pourtant il y trouvait une forme de vie, une forme de force, farouche, comme si le don qu'on lui avait fait à sa naissance se révélait dans toute sa splendeur face à ces conditions d'existence terribles. L'attrait de l'immensité glacée se faisait enivrante, tentante au possible, et il lui fallait sa curiosité et toute sa volonté pour ne pas y céder. L'inquiétude, vague, s'insinuait également tandis qu'il constatait à quel point cette image venue de ses rêves étendait son emprise sur ses sens éveillés… depuis ce fatidique jour de Décembre en vérité. Encore une preuve qu'il avait réellement besoin de réponses.

Et soudainement, alors qu'enfin il relevait les yeux, cessant de mirer les inscriptions anciennes, il entendit enfin une voix lointaine lui répondre, étouffée, vacillante. Mais une voix tout de même, et c'était une grande victoire. Pourtant, le sentiment de réussite qui accompagna la manifestation se dissipa bien vite pour laisser place à une certaine perplexité… L'entité était sensée être masculine, et au vu de l'ego des dieux, il imaginait mal l'un d'entre eux prendre les traits d'une femme, si on omettait Loki. Avait-on oublié cette créature de travers, au point de le faire mâle alors qu'elle était femelle ? Cette perplexité l'empêcha de répliquer vertement à son interlocutrice, et il resta un moment sourcils froncés avant de se décider à émettre enfin le moindre son. Dans les premiers instants de sa réflexion, il avait vaguement penser à s'en tenir à un procédé rituel bien défini, mais il avait vite abandonné l'idée… elle n'était pas très différente de lui, au final, et bien que les siens se considéraient au-dessus des simples créatures, au bout du compte, ils étaient tous les deux dans une situation très similaire. Et puis, elle était sensée être sa protectrice non ? Leur lien se devait d'être plus intime qu'un simple échange commercial. Pour autant, répondre de sorte à nouer l'ébauche de cette intimité lui arrachait la bouche. Il était éduqué à un certain cérémonial et l'oublier s'avérait terriblement compliqué. Au final, il coupait la poire en deux : « Je cherchais des réponses à mes questions. Vous êtes intervenues auprès de moi en Décembre, ce qui signifie que vous devez être ma protectrice liée, et je voulais savoir pourquoi vous m'aviez choisi, ce que cela signifiait et ce que vous pouviez attendre de moi, autant que ce que je pouvais souhaiter de vous. Je n'avais absolument pas conscience d'être sous l'oeil d'une quelconque divinité, je pensais au contraire cela impossible, ma surprise et ma curiosité n'en sont que plus grandes... »

Après un bref instant de pondération, il ajouta : « Et je dois avouer qu'à présent, je suis plus curieux encore, je n'avais connaissance que de vos illustrations masculines, je ne savais pas même que vous étiez féminine. Mais en un sens, cela ne fait que me conforter sur une chose : si l'on vous a oublié de travers, vous avez sans doute plus encore besoin de moi, n'est-il pas ? Un protégé est un héraut apportant un lambeau de force à votre existence vacillante… je vous l'offre de bon coeur, au moins pour votre aide précédente. Peut-être alors n'est-ce pas vous déranger que de faire perdurer votre existence en ce monde » Sur ces mots, il se tut, frissonna et se frotta un bras en espérant faire circuler le sang Son souffle se fit difficile, exhalant une blanche fumée dans l'air gelé. Il bougea un peu, les gestes difficiles, les os fourbus par le froid ambiant, et il se fit la réflexion qu'il devrait probablement interrompre leur connexion pour lancer un sortilège pouvant le préserver, s'il ne voulait pas mourir d'une hypothermie. Roulant des épaules, et clignant des yeux, il s’octroya encore quelques secondes avant de parler à nouveau : « Je crains que cet appel ne soit qu'un brouillon mal réalisé, c'est la première fois que je m'adresse à un dieu de la sorte. Je pensais les évocations impuissantes depuis longtemps, et pourtant vous êtes bien là… sauriez-vous me guider pour parfaire notre connexion ? Pour vous faire apparaître ? »

Jeu 24 Mar - 17:59
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