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  Plume qui brûle coûte parfois plus qu’immaculée

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Mes journées débutaient souvent par un repas avec Morgana. Alors, je devais subir sa nourriture et son affection croissante. Si le premier de mes supplices me laissait globalement de marbre, le second lui entachait peu à peu ma patience. Cerbère était à côté de moi, calme. Il devait également profiter des sorties si joyeuses avec la maitresse de maison, les moments où il devait jouer au freesbe quand elle le lançait gaiement et, qu’avant d’aller le chercher, il me lançait un regard implorant ma clémence et le droit de croquer une de ses cuisses plutôt que l’objet jaune en plastique. J’étais en week-end, autant dire que nous n’avions pas envie de descendre. Nous avons alors songé à une nouvelle fugue momentanée : partir la journée, rentrer le soir. Oh, je serai puni à n’en pas douter… Mais la liberté offrait également le droit au choix. Et de toute façon, mon acte passera comme une réaction désespérée suite à la disparition de Valentine dont l’absence commençait à peser pour une simple fugue présumée.

Je m’échappais par la fenêtre, Cerbère sur l’épaule, et m’éloignais vivement en faisant attention à éviter les fenêtres. Il était encore tôt : le vent froid s’élevait dans les rues, dansant et jouant à s’y engouffrer le plus vite possible. Il était mécontent, à n’en pas douter : l’air n’hésitait pas à fouetter tous ceux qui pouvaient se trouver sur son chemin. Les paysans –enfin maintenant, on les appelait ouvriers- étaient déjà à leur tâche. Les choses n’avaient pas tant changé depuis le temps où j’étais en vie : les petites gens travaillaient alors que les autres étaient encore dans le monde des songes. Ceux-ci semblaient cependant plus heureux que dans l’ancien temps. Leurs visages rougis par le froid laissaient s’épanouir entre leurs joues un sourire. Ils se gaussaient entre eux en emplissant les restaurants de légumes qui feraient baver Morgana.

Cerbère sur les talons, mes pas m’amenèrent dans un lieu méconnu de cette dernière. Un lieu qu’elle n’aurait pu imaginer dans ses rêves les plus fou où, probablement, un prince viendrait l’emporter sur son cheval blanc –elle était très cruche tout de même. J’en avais entendu parler par mon père, quand nous parlions sur l’autre monde… ce monde où je me trouvais, où j’étais né. Les créatures magiques avaient besoin d’objets emplis de pouvoir et on les trouvait dans le marché aux trolls. Les dédales étaient dignes d’un labyrinthe alors que j’entrais en le lieu maudit. Cependant, il était une chose que les élucubrations macabres de mon père sous-estimaient : l’odeur. Même en tant que démon, je la sentais. L’odeur du marché m’évoquait celle d’une fosse commune où on aurait empilé des cadavres de créatures diverses, mortes dans des conditions disgracieuses. Dans cette fosse, certains cadavres seraient en train de pourrir, leur moisissure s’étalant jusqu’aux corps les plus récents. Cette image joyeuse me donna le courage d’entrer dans ce lieu où le risque de croiser quelqu’un capable de me reconnaitre se faisait plus pressant.

Si le monde des êtres normaux laissait place qu’aux moins dormeurs, le marché lui était déjà bien rempli. Ma petite taille me permettait de me glisser aisément entre les différents individus. Je savais ce que je voulais trouver : un artefact capable de cacher ma nature. Je savais également ce que je devais éviter : tout marché aux âmes. Les démons seraient les plus à même de s’en approcher, et je devais admettre ne pas avoir vu ces magnifiques petites choses depuis longtemps. J’adorais les âmes, les collectionner, les obtenir par pacte. Et le regard de ceux se la faisant ravir pour finir en enfer, disparaitre dans la douleur. Oh, oui… je devais éviter un tel stand.

Chaque stand était si différent que j’avais l’impression de voyager entre les mondes. Il y avait de tout : des objets diaboliques, des objets sans intérêts, des œuvres d’art, des esclaves. Je restais quelques instants à regarder un enfant esclave d’une race indistincte : je n’avais le temps de la chercher. Pourtant, le regard de cet enfant était troublant : il n’y avait rien. Aucune volonté… rien. Où était le plaisir d’un tel achat puisque l’esclave ne souffrirait pas de sa condition ? Je soupirais : voilà un petit plaisir qui venait de m’être gâché.

Je m’enfonçais de plus en plus dans les profondeurs du marché puis finis par croiser un stand où de nombreux artefacts étaient étendus. Sous l’œil mauvais du vendeur, je les observais les uns après les autres. Je sentis alors quelque chose de désagréable. La même impression que si des épines vous transperçaient mêlé à un haut le cœur. Quelque chose d’écœurant... Je n’avais le temps de savoir d’où cela provenait que je me sentais projeté en arrière. Car deux individus commençaient à s’échauffer et je venais de me faire pousser, en tant que dommage collatéral, par l’un d’entre eux. Je me relevais, mécontent, quand je la sentis d’avantage, l’horreur, sans comprendre d’où elle venait.

Je regardais partout et le voyait alors, de dos… J’y voyais le rêve de l’humanité, ceux qui apportaient l’espoir. Et moi, j’y lisais tout ce que je détestais. Et non pas parce que je connaissais cet individu, mais parce que c’était ma nature. Le feu rencontrant l’eau pour la première et dernière fois savait que c’était là son ennemi… L’épée de Damoclès qui séjournait au-dessus de ma tête risquait de tomber à cause de cet autre. Si je lisais en lui, il devait lire en moi également… Un ange était non loin de moi. Je me disais qu’il ne pouvait exactement réagir contre moi tant que je n’avais rien fait ? Ou le pouvait-il ? D’ailleurs, vu que son corps était celui d’une femme, était-ce une ange ou un ange qu’il fallait dire ?

Je décidais tout de même de m’éloigner, profitant de l’énervement général autour de la bagarre pour m’éclipser légèrement. Je me sentais mal : je me souvenais de cette impression, celle d’être piégé. Il me fallut un gloussement de Cerbère pour me rappeler que je n’étais pas encore récupéré par mon père. Étourdi, je remettais droit et regardais autour de moi : sans faire exprès, j’étais dans les profondeurs du marché. La lumière verte m’évoquait un monde des morts dans un film dont le nom m’échappait. Il y avait encore des hurlements à cause de la bagarre mais je sentis sa main sur mon épaule… était-ce l’ange ? Je me tournais lentement, en déclarant Il est mal vu d’ennuyer un enfant, monsieur… Certes il y a du bruit, mais si je me mets à hurler, il devrait y en avoir pour m’entendre..

Je voyais alors son regard mauvais. Ce n’était pas l’ange que j’avais croisé il s’agissait là d’une sorte d’individu dont l’apparence humaine –puisque l’humanité n’existait pas dans cet endroit- était représentative de peu de classe. Le menton aussi tombant que ses paupières dont la couleur m’évoquait celle du trottoir. La voix grave et roulante, comme celle d’un camion, et une odeur de fumée de cigarette traînant sur ses doigts boudinés. Cerbère grognait méchamment et le temps semblait comme s'arrêter. L'homme le remarqua du coin de l’œil et je me demandais si sa nature lui permettait de savoir si l'animal était chihuahua ou chien de l'enfer. Un rapide coup d’œil autour de moi me laissa remarquer que je n'étais pas le seul ennuyé par un individu pataud et je ne savais exactement, l'homme ne parlant pas, s'il s'agissait d'un racket organisé ou d'une simple formalité habituelle aux lieux.

Jeu 10 Mar - 18:18
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L'étrange sous la normalité :
“L'ange ne diffère du démon que par une réflexion qui ne s'est pas encore présentée à lui.”

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Ce n'était pas souvent qu'on lui confiait des missions de ce genre, puisqu'il n'était pas habilité, en tant que simple consultant auprès des forces de police de la ville, à mener une enquête. Cependant, le cas était un peu particulier puisqu'il s'agissait d'une affaire concernant purement le monde de l'Envers. C'était d'ailleurs pour cela qu'on la lui avait confié. En tant que serviteur des Earls, et aux ordres du secrétaire général, il lui était possible de mener certaines actions, ce qu'il faisait, pour et par Pryam Earl uniquement. On lui avait demandé de la mener à bien, et il avait la ferme intention de le faire correctement, afin de satisfaire ceux qu'il servait… C'était de la confiance qu'on plaçait en lui, et de l'appréciation, et s'il ne courrait pas après, il ne refusait pas non plus cette marque de valeur. Et il avait volontairement décidé de rester sous la coupe des Earls après tout, il lui fallait bien assumer ses propres positions et décisions. Tout comme il avait accepté la mission qu'on lui avait proposé. Une mission somme toute intéressante, puisqu'il s'agissait de mener une enquête à l'intérieur du marché des trolls. Elle n'était pas très difficile, mais il n'avait pas besoin de difficulté. Appréhender un défi était une chose unique en son genre, mais il fallait en garder la mesure. Et en l'instant il ne s'agissait pas de cela. Son caractère était autre, et il l'évaluait lui-même autrement. Il avait eut du temps pour s'informer sur les détails du dossier qui était suivit par l'administration du Cénacle depuis quelques temps et savait exactement où il allait pour cette fois. Ce n'était pas un coin du marché qu'il avait l'habitude de fréquenter. Au contraire, il était de ceux qu'il n'avait pas visité, et pour cause, il s'agissait d'une des zones qui lui était parfaitement inconnue…. Une zone appartenant aux bandes subversives, que le Cénacle tolérait à peine, et qui demeuraient en un statut relativement flou pour les gens comme lui. Mais il n'allait pas les juger ou s'enquérir de toutes leurs activités, il allait simplement faire ce pourquoi on le mandait, rien d'autre. Commencer à s'occuper du monde entier en une fois et on courrait au désastre. S'il devait revenir, il reviendrait.

Doté d'une petite équipe, il arpentait les allées étroites et populeuses, tentant de ne rien montrer de la répugnance que l'odeur nauséabonde provoquait chez lui. C'était ainsi que les trolls étaient à l'aise et il pouvait le comprendre, mais pour lui qui était sorcier, ce n'était franchement pas agréable, tout le contraire. Il aurait préféré être ailleurs, n'importe où ailleurs en fait, où cela sentait meilleur qu'ici. Mais il fallait bien faire son travail. Lorsque ce serait finit, il irait certainement faire un tour sur la lande pour laver ses sinus. Mais pour le moment, endurance. Et respiration par la bouche. En plus, cela risquait de vexer les trolls s'il avait l'air de suffoquer… mais franchement, comment pouvait-on vivre dans un bourbier pareil ? C'était simplement terrible ! L'hygiène… mais non mieux valait ne pas y penser ou il finirait réellement déprimé et tomberait dans le travers de la discrimination raciale. Hors il valait mieux éviter, pendant qu'il séjournait ici. Cela le conduirait rapidement à la catastrophe. Et puis les trolls devaient déjà savoir, ils étaient peut-être puants, mais pas stupides. Et de toute façon, ils arrivaient enfin à destination, la boutique où résidait le troll qu'il devait rencontrer… Un instant, il s'arrêta, s'attirant un geste similaire de la part des enquêteurs du Cénacle qui l'accompagnait. Son regard soupesa la devanture biscornue, penchée sur le côté, les vitres opaques et sales, des formes étranges s'esquissant derrières elles. La lueur semblant émaner du lieu était fluctuante, comme celle d'une flamme, s'avivant et retombant sans rythme particulier. Des piles de choses non-identifiées oscillaient devant la porte, menaçant de tomber à l'ouverture et à la fermeture de la porte. Il ne voulait pas voir ces choses, quoi que ce soit, lui tomber dessus… vraiment pas. Encore moins pour un rendez-vous officiel. Il fallait qu'il représente l'autorité avec dignité. Raffermit sur ses positions, il s'avança de nouveau et ouvrit précautionneusement la porte, gardant un œil méfiant sur les tours de Pise improvisées. L'intérieur portait un relent plus fort encore que l'extérieur, sans doute en raison de son caractère renfermé, mais sur l'instant, c'était plutôt comme si les trompettes de l'enfer avaient retentis… Les yeux piquants de larmes, il fit quelques pas à l'intérieur et appela le propriétaire, ses hommes sur les talons.

Attelé à une discussion plus délicate qu'il n'aurait cru, il ne vit pas le temps passer, et lorsqu'il ressortit avec le troll qu'il était venu voir, il fut un peu perturbé de ne rien trouver de changé… mais bien vite, la raison revint : il ne pouvait y avoir de preuves de l'heure avancée de la journée. La seule différence était la présence d'un attroupement échauffé. Il laissa ses hommes aller s'en occuper, lui restant à discuter en surveillant du coin de l'oeil. Ils étaient plus expérimentés que lui pour aider à régler ce genre de choses et prendre des dépositions s'il le fallait, tandis que les trolls tenanciers du marché se chargeaient de ramener le calme. Lui ne serait qu'une gêne s'il s'avançait, alors il suffisait d'attendre là.

Lun 14 Mar - 19:41
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J’étais franchement embarrassé. Je ne voulais pas attirer l’attention, juste acheter un objet ! J’aurai pu prétendre à ma vraie nature pour me libérer de tout cet énervement global mais… Il se trouvait qu’en ce monde, un certain racisme prédominait duquel personne ne se souciait… Celui envers les démons. Car oui, l’évocation d’une nature démoniaque appelait toujours une réaction vive et un jugement acéré… et une demande d’exorcisme. Bien sûr, j’imaginais bien qu’il existait quelques crét…. quelques personnes pour envisager d’agir avec courtoisie et naïveté envers un démon. Pourtant, je n’en avais pas rencontré spécialement… ou alors, leur naïveté les avait conduits dans la tombe trop rapidement pour que je me souvienne d’eux. J’en étais à être menacé et trois points jouaient en ma faveur : en tant qu’être démoniaque, je disposais d’une force surhumaine ainsi que d’un pouvoir télékinésique. Et enfin, j’avais un don particulier : ma voix. Mais voilà, chacune de ces possibilités allait m’amener à être repéré, regardé, et pris en compte. Pire que tout, il se pouvait qu’un chasseur en manque d’argent vienne à me reconnaitre et à me renvoyer directement chez le paternel qui me ferait payer ma fugue bien plus cher que la mort elle-même, si elle retrouvait celui qui lui avait volé sa faux en la transformant en lampadaire au-devant de sa maisonnée. Enfin bref : je venais justement pour que ne soit pas le cas, j’étais entré dans la marché avec la plus grande sympathie envers tous ses habitants pour trouver le moyen de cacher ma vraie nature… Pas d’être agressé et de tuer ces violents êtres –des géants, à bien les regarder je l’avais remarqué- et d’ainsi compromettre ma couverture –enfin le corps du petit possédé dont je disposais

L’homme laid en face de moi semblait réfléchir. Et preuve de sa nature de géant, cela provoquait la nette impression que le temps semblait s’arrêter. Du moins, j’avais un peu de temps pour réfléchir. Car l’individu avait resserré sa poigne digne d’une serre d’un rapace autour de mon épaule, fixant Cerbère de ses sombres yeux avant de les détourner à nouveau sur moi. Je dois admettre également avoir songé à un rapport avec l’animal au vu de l’avidité de son regard envers ma pauvre petite personne.

J’entendis un bruit et sentis l’odeur du sang : derrière moi, un homme venait de se faire tabasser. Il avait probablement voulu se défendre pour garder ses biens. Bien lui avait fait : il n’en avait plus, et avait perdu son corps et sa vie dans l’opération… Ah ces vivants ! L’homme fixait Cerbère : les créatures se reconnaissaient entre elles. Il devait voir en le chihuahua une créature invisible maléfique et se poser nombre de questions quant à ce qu’il ferait de moi, pauvre petit humain poursuivi. Car si les démons étaient haïs et exorcisés, ils étaient aussi craints. Un enfant porte l’innocence, et le malfaiteur songeait peut être ne pas vouloir prendre sa proie à un être du mal… Et sans doute croyait-il un peu en le secret pour ne pas vouloir parler devant moi de ma pauvre destinée de futur cadavre déchiqueté par les crocs du chien. Si seulement il savait que c’était déjà fait…

On en fait quoi de celui-là ?

C’était la première fois qu’il parlait depuis qu’il s’était saisi de moi. J’avais la force de le retourner, de le détruire. Mais je le laissais faire pour l’instant, ne ressentant pas la douleur. Et le géant, digne représentant intellectuel de sa race, préféra me retourner avec une sorte de clé de bras pour montrer le si mignon faciès de mon pauvre Noah à son probable chef. Celui-ci était aussi laid que son compagnon –et de même nature- et je lui offrais un regard qui se voulait mauvais. L’homme eut la même réaction que le premier : être là, sans trop savoir quoi faire. J’aurai presque ri s’il ne s’était pas s’agi de moi. Un cri arriva jusqu’aux oreilles de tout être présent dans les environs : on intervenait pour sauver les pauvres créatures attaquées du côté de la bagarre. Qui ? On n’en avait cure et on ne savait pas… Voilà que l’inquiétude se transposait sur leur visage et je devais d’en profiter.

Allez y… ils sont sur votre territoire, vous devriez vous défendre. Ils doivent apprendre à vous respecter…

C’était une phrase lancée mais, avec simplicité, elle entra dans le pauvre esprit des benêts qui me menaçaient. Et plus ils réfléchissaient, plus la phrase lancée par ma voix envoutante les pénétrait, les élançait, les échauffait. Et voilà que les deux discutaient avec énervement, se braquant de plus en plus. Ils évoquaient le cénacle mais la peur ne les touchait plus désormais. Le chef s’en retourna en arrière et gorgea ses fidèles compagnons à lutter –et ceux-ci obéissaient en tant que simplets qui écouteraient leur chef quoi qu’il veuille. Sous mon emprise, il semblait même m’avoir oublié et s’élançait vers l’inconnu en retournant vers le lieu de la bataille précédente. Mais voilà là où mon ennui continuait : l’homme qui me tenait ne semblait être capable de penser –pour peu qu’il l’ait fait une fois dans sa vie- et me tenant, il me tirait avec lui à la suite de son chef.

Lâche-moi…

Un ordre sec. Il me regarda et la volonté s’effaça de son regard. Une partie de lui voulait résister, me rattraper : je n’avais pas payé de dû envers ces hommes, et je semblais ne pas manquer de quoi que ce fut. Il voulait me voler. Mais voilà, il devait aussi m’obéir. Son agressivité était à son paroxysme mais il ne pouvait rien faire, si bien qu’il était prêt à agir sur le premier qui interviendrait. Et ce fut une première : une femme qui lui demanda de se calmer –car il m’avait tiré à un endroit où se trouvait un plus vaste public- et l’homme se jeta sur elle en hurlant, comme devenu fou furieux. Un instant, je me demandais lequel serait le plus fort d’entre eux, ne connaissant pas la vraie nature de la femme. Mais, Cerbère aboya pour faire signe de reculer. J’écoutais sa sagesse et m’exécutait, jusqu’à avoir derrière moi un troll qui, à l’orée de sa maisonnée, semblait fort intéressé par la scène se déroulant devant lui.

C’est ainsi que je croisais le regard d’un être qui aurait attiré Belial en tant que corps, et Lilith en tant qu’homme. Quoi qu’il en était, j’espérais pour lui qu’il ne rencontre ni l’un ni l’autre… Et un peu pour moi : si Belial se cachait à deux pas de moi, j’aurais été légèrement dans l’embarras. Mais ce n’était pas le cas, je l’aurai senti, pensais je pour me rassurer. Je ne disais rien, faisant mine de ne pas trop comprendre quand le géant, débarrassé de la femme, hurla en notre direction :

TOI !!

J’imagine qu’il voulait dire par là : "toi, je te tiens si je le souhaite et n’essaye plus de me contrôler, fils des enfers, saleté de ce monde qui a perverti l’innocence ! Tu as contrôlé l’esprit de mon chef pour l’amener vers une mort certaine et je le vengerai ! " Oui… j’imaginais qu’il voulait dire ça. Mais tout ce qu’il signala à nouveau, en s’approchant du troll, du joli-cœur et de moi-même, fut à nouveau :

Toi….

Lun 4 Avr - 17:07
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Il allait falloir mettre le Cénacle au courant plus rapidement encore qu'il ne le pensait. Cette situation était dangereuse, et grotesque… Quoi qui ait piqué le groupe, il allait certainement le regretter amèrement lorsque les nettoyeurs viendraient. En attendant, il s'agissait de limiter les dégâts au maximum, hors pour cela il était lui-même inutile puisqu'il n'avait absolument aucun pouvoir magique ou presque. Son sang trop souillé ne lui permettait pas d'offrir plus qu'une brève flamme, et encore le laissait-elle pantelant de fatigue… Et il était clair que personne ne l'écouterait s'il essayait de les raisonner. Tout ce qu'il pouvait faire c'était assister à l'arrivée des gardiens trolls, ce qui fut vite fait, et à l'approche d'une autre créature, dont il ne connaissait pas la nature, mais dont la férocité suffisait à lui faire comprendre que s'il voulait vivre, il ferait mieux de trouver un abri rapidement, qu'il soit ou non la cible de l'attaque. Fort heureusement, il était accompagné d'un honnête citoyen du Secret, qui se chargea d'arrêter l'autre dans son approche. Reculant d'un pas, il regarda rapidement la scène en espérant qu'une idée lumineuse lui viendrait pour pouvoir apporter un petit plus… et décida finalement que la meilleure des choses à faire était de s'en tenir à son plan originel et contacter ses supérieurs. En reculant cependant il se rendit compte qu'ils n'étaient plus tout seul, et jeta un regard sévère à l'individu qui s'était apparemment dissimulé derrière eux. Qui il était, il n'en savait rien, mais il n'appréciait pas qu'on le prenne pour bouclier humain : « Qu'est-ce que tu fais exactement ? Qui es-tu ? » En faite, ce n'était même pas la bonne question à se poser. Ce qu'il aurait dû se demander, et il le comprit après coup, c'était : quelle était son implication dans tout ceci. Malheureusement il n'avait pas vraiment l'occasion de l'interroger en détails pour le moment.

Les priorités d'abord. Et sa priorité à lui c'était l'esclandre qui se déroulait… Les trolls gardiens arrivaient enfin, et s'il était certain qu'ils ramèneraient le calme ça ne signifiait pas qu'il ne fallait rien faire. Alors il attrapa l'enfant, et le fit rentrer manu militari dans la boutique avec lui. Prenant de quoi transmettre un message, il contacta rapidement le Cénacle et une fois que ce fut fait, il soupira, dissimulant une grimace à la légère migraine qu'il contracta. Les autorités ne mettraient pas longtemps à arriver, alors en attendant autant attendre en surveillant l'extérieur, et en s'occupant de l'enfant. « Est-ce que tu sais ce qu'il s'est passé ? Où sont tes parents ? » Il ne pouvait pas être tout seul ici, si ? Et lui n'avait pas vraiment envie d'embarquer au poste un enfant même s'il y serait contraint si les choses s'avéraient difficiles. Il fallait bien qu'il fasse son travaille après tout. Mais il y avait vaguement quelque chose de bizarre avec ce gosse… Il n'arrivait pas exactement à définir de quoi il s'agissait mais s'il fallait vraiment l'enfermer pour l'interroger, alors il le ferait fermement. Il ne voulait pas le laisser aller aussi facilement, il n'arrivait pas à croire qu'il était simplement une victime au mauvais endroit. C'était sans doute fort idiot, après tout il s'agissait d'un enfant… et même si c'était simplement une créature déguisée, il n'avait aucune preuve de cet instinct subit. Et si l'instinct était une bonne chose parfois, il pouvait aussi être très dommageable. Jetant de fréquents regards sur l'extérieur, il poursuivit : « Tu vas devoir rester avec moi. Les nettoyeurs voudront sans doute t'interroger également »

Jeu 21 Avr - 16:05
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