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 Cacher les évidences et brûler les preuves

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Il y a des jours où on sait que l’on vit pour une raison. Ces jours-là, sont des jours de bonheur intense ! Ces jours-là, on se souvient de nos plus beaux rêves que l’on observe être exaucés avec grâce. Ces jours-là nous rappellent que le don de nous-mêmes est la chose la plus belle qui soit ! Voilà les fadaises qui avaient bercé mon début matinée, toutes prononcées par la voix chantante de Morgana. Las, j’échangeais un regard avec Cerbère qui semblait avoir envie de se pendre plutôt que de manger une énième fois les croquettes végétariennes pour chien que lui imposait –avec amour j’imagine- notre mère adoptive.

Je coupais court la conversation sous prétexte de devoir aller en cours –comprenez que je voulais éviter de passer trop de temps avec Morgana quand celle-ci croyait bon de nous abreuver en paroles moralistes qu’elle-même, j’en étais convaincu, ne croyait qu’à demi-mot- et m’enfuyais loin de la maison avec Cerbère. Sac en bandoulière, je ressemblais à tout collégien normal si ce n’était le chihuahua qui suivait mes traces. Celui-ci attirait tous les regards : sa laideur ne pouvait être masquée par les plus beaux sortilèges et si la beauté animait les cœurs, l’ignominie les passionnait d’autant plus. Sur notre passage, j’entendais les complaintes à mon égard d’avoir telle créature. "Pauvre enfant, un chien si laid ! " "Chut, il va t’entendre, " disait son voisin avant de rétorquer- "mais au moins, l’enfance a cela de bien qu’elle empêche de juger. " Oh, pourtant je les jugeais tous, ces humains sur mon chemin. Je leur offrais la peine de mort sans possibilité d’être graciés… enfin, si seulement…

Je laissais Cerbère se cacher à côté de l’école et m’attendre patiemment puis j’entrais dans cet ensemble d’ennui qu’on appelait le collège. Je regardais le temps passer par la fenêtre et levais un sourcil étonné quand on me reprenait à ne pas écouter. Je répondais alors comme si le professeur s’était trompé et que mon attention lui était toute due. Satisfait, il s’en prenait à un autre enfant. Je me demandais comment les humains pouvaient se complaire dans cette vie ? Mais dans le fond, peut être étais je plus patient également, quand j’avais encore une âme. Aux récréations je faisais mine de rire et de m’amuser avec mes petits camarades, j’en menaçais un aux toilettes de répercutions vis-à-vis d’un acte tout à fait insignifiant –comme par exemple, avoir soulevé la jupe d’une fille de sa classe sous ma protection- et le cours reprenait. J’étais le parrain du collège et toute rumeur me venait toujours. De toute façon, ils ne pouvaient résister à mes paroles envoutantes.

Pourtant, ma journée ne fut pas si monotone que cela quand je découvrais dans mon sac un mot, écrit à la main avec un stylo rose à paillette, me donnant rendez-vous à dix-sept heure trente à un lac non loin d’ici. J’y voyais de la menace, à n’en pas douter. On m’avait retrouvé, j’en étais sûr ! Un ennemi se cachait parmi mes camarades, un démon infiltré. Je brulais intérieurement : Papa, tu ne me récupèrerais pas comme ça. Je me débarrasserais de tes émissaires  comme je m’étais débarrassé du chasseur qui avait tenté de m’attraper. Bon, certes… ce n’était pas moi qui m’en étais occupé mais ce n’était qu’un détail sans importance à cette partie de l’histoire…

Quelque peu stressé, je récupérais Cerbère et me plaignais à voix basse sur le chemin du lac. Comment devait-on s’y rendre, d’ailleurs, ai-je alors pensé. Mais chance fit qu’un bus permettrait d’aller jusqu’au lieu du duel. Je ne me pressais pas : je ne comptais pas arriver en avance. Je n’en avais pas besoin. Je me permis même d’avoir dix minutes de retard quand je voyais au loin une petite demoiselle paniquée. Plus je m’approchais, plus je la sentais tendue : le combat serait rude. Une partie de moi était plus inquiète à l’idée que je n’avais pas senti qu’elle fut une démone possédant un corps… Alors que je l’approchais, je reconnais ma voisine de derrière en cours de mathématiques : Valentine Edwards.

Cerbère et moi nous arrêtions à quelques centimètres pour l’écouter. Elle était rouge, peut-être se préparait elle à employer une magie appelant au feu ? Dans ce cas, pourquoi choisir le lac comme lieu de prédilection ? Je jetais un regard aux alentours et remarquais que le lac avait un côté étrange. Celui qu’on mettait dans les films de Morgana : avec des lumières de partout, un vent enivrant… Mais je ne trouvais pas de mot à mettre sur cette impression. Pourtant, Morgana en parlait souvent… Et cela me restait sur le bout de la langue à un moment si important ! Je détournais à nouveau mon attention sur Valentine : celle-ci m’avait convié ici surement pour une raison importante. Probablement espérait-elle cacher mon cadavre dans les eaux troublées du lacs.

Ce fut alors que la fille poussa un hurlement, venant du cœur, comme un abandon d’elle-même :

Je t’aime Noah, tu veux devenir mon petit copain ?

Ce fut ses derniers mots. Sans fierté, je peux dire que j’eu un étrange réflexe… Celui de la jeter en arrière. J’avais presque perdu contrôle de moi-même : avec quelques secondes de plus, je n’aurai probablement pas réagi ainsi. Mais le fait est que j’étais assez proche d’elle et que le résultat fut qu’elle tomba en arrière et se cogna probablement la tête… car elle ne ressortit pas de l’eau. Les cadavres coulaient au début… avant de flotter. Je restais quelques minutes, blanc, cherchant un mouvement, un écho d’une source de vie tentant de s’extirper de la mélasse… Heureusement, ce ne fut pas le cas. Enfin heureusement pour elle parce qu’en réalité, je ne serai pas allé la sauver si bien que sa mort aurait été probablement plus douloureuse. Je profitais de ce moment de calme pour réfléchir sur moi-même… J’avais ainsi si peur de mon père que j’avais mal analysé les tracés roses sur la feuille qui m’avait été ainsi offerte ? J’avais pu ne pas y voir ce dont ma mère d’adoption parlait tant ? L’amour dégoulinait pourtant de ce pauvre mot plié en deux dans mes affaires sans que je l’eu remarqué. Pauvre fille… j’aurai presque eu pitié d’elle si je ne tremblais pas encore à l’idée de ce qu’elle aurait tenté de faire si je ne l’avais pas rejeté aussi violement.

Cerbère se mit alors à aboyer pour appeler mon attention. Il avait remarqué des vêtements abandonnés. Il était fort probable qu’on ait pensé à faire la même chose que moi dans ce cas-là : cacher des cadavres. Puisque j’avais mal réagi une fois, je me disais que j’allais faire une bonne action envers l’assassin : l’aider à faire disparaitre des preuves. Je brulais donc, dans un tas sec, les affaires du mystérieux mort. La présence réconfortante de l’âtre me rappelait au moins une chose que j’aimais de chez moi… enfin chez lui. Enfin je n’y retournerais plus de toute façon. Cerbère se mit à grogner car venait de derrière moi un étrange bruit, émanant de l’eau comme un tourbillon de bulle, l’œil du cyclone cachant quelque chose d’encore plus laid que Cerbère. Je me retournais avec méfiance : était ce Valentine qui revenait d’entre les morts ? Cerbère et moi étions prêt à l’accueillir !

Ven 4 Mar - 15:52
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Mère, j'entends votre appel
Le début de l'après-midi étalait des rayons de soleil sur le parquet impeccable de la demeure d'Elie, où sa monture , penchée sur un carnet, s'appliquait à écrire un texte de son goût, à la main, selon les leçons enseignées par Isha Carter. Son rythme était encore très lent, et celui de ses doigts sur un clavier lorsque venait l'heure de tout recopier l'était encore plus. C'était là le nécessaire pour un bon apprentissage. Max y mettait beaucoup de coeur, toujours fasciné par le mécanisme de la lecture et de l'écriture. L'émerveillement ne cessait pas lorsque, se relisant, les images imaginées à l'écriture revenaient à sa mémoire. Bien sûr, les fautes étaient encore légions, à lui échapper. N'était-ce pas la moindre des choses, après deux mois d'un apprentissage intensif ?
Un plein, un délié, le grand soin pour avoir une forme arrondie avec ces pattes malhabiles de bipède. C'était à ce moment, de calme rythmé d'application et de hâte d'observer le résultat d'un minutieux labeur, que l'appel était né. Aucun son, juste une sensation dans le coeur de l'each. Des vagues. Des vagues qui cherchaient à retrouver la grande mère. L'appel était impérieux, Max ne pouvait s'y soustraire. Tout juste le temps de reboucher le stylo, enfiler de vagues chaussures, avant de sortir, sans le manteau qui paraissait protocolaire en ces temps qui pour les humains, étaient froids.

Sa pâle peau se couvrit de chair de poule rapidement, mais cette sensation restait moindre, et plus agréable que celle que pouvaient ressentir les autres visages-plats. Un reste, sans doute, de sa forme originelle. La neige alentour n'était pas bien épaisse, en ce jour, plus proche de la boue par endroits. Le vent était mordant. L'each ne l'entendait pas. Seul l'appel importait. De plus en plus puissant, il accélérait les pas de l'enfant des eaux, au fur et à mesure qu'ils s'éloignaient de la ville. Sitôt que le monde des humains se fut un peu éloigné, sa forme équine prit place, et un galop effréné répondit à l'appel, projetant neige, terre, dans un roulement régulier et plus rapide que celui des équidés de ce bas-monde.
Après un moment de course où la volonté offrait sa force quand la fatigue en dévorait, l'each parvint sur cette terre qui était sienne. Les abords de son Lac, un lieu avec lequel la créature vivait en osmose, dans la continuité de cet environnement. Son allure se força à la lenteur, en passant auprès de "congénères", simples chevaux profitant d'un pré. Son regard et ses naseaux savourèrent les présences de quelques-uns et quelques-uns de ces ravissantes personnes, totalement à son goût. Mais l'appel était plus fort que l'envie de se lier d'amitié. Max reprit sa route, les oreilles aux aguets.

Ce fut un bon réflexe, qui lui permit de reprendre rapidement forme humaine pour se cacher derrière un buisson, lorsqu'un groupe d'humains passa à vélo, se dirigea visiblement vers l'autre rive du lac, ou vers un des centres équestres non loin. Quand leurs silhouettes furent invisibles, qu'aucun bruit autre que celui de l'eau et du vent dans les cimes ne se faisait entendre, Max se dégagea de sa cachette, pour courir aussi vite que ce corps le lui permettait vers l'appel. La sensation en son coeur lui paraissait, de plus en plus, aussi grande et puissante que l'étendue d'eau qui scintilla bientôt devant son regard. Ses yeux se plissèrent, pour se protéger, tout en essayant d'admirer la Grande Mère. Ce fut très bref. Peu après, n'y tenant plus, Max se débarrassait avec violence de ses habits, les jetant contre de la caillasse au pied d'un arbre, avant de se jeter dans l'eau glaciale -mais pourtant pas gelée, ce jour là, bien que cela ne devait sans doute tenir qu'à quelques degrés.
Enfin son corps se mêlait à Elle, et le froid sur sa peau était alors aussi bon que la sensation qui l'étreignait. Les ombres l'entourèrent, et à nouveau Max devint une créature équine à la robe grise, aux crins sombres. Une grande inspiration l'emplit alors d'eau, pour son plus grand bonheur. Pas question de se noyer: les each uisges n'avaient pas vraiment besoin de respirer lorsqu'ils étaient en leur élément. Ils s'y mêlaient, si bien que la respiration devenait inutile. L'eau les traversait, l'eau devenait par d'eux-mêmes, leurs forces s'échangeaient…

Au fond des eaux, l'each paraissait danser, sans but ni sens. Ses mouvements rappelaient ceux des algues, lesquelles venaient s'emmêler à ses crins. Dans les faits, l'esprit de Max était comme absent, ou très lointain. Sa faim même, son manque de chair humaine, n'était plus une souffrance. Seul importait que l'appel était désormais satisfait, qu'il se dissolvait dans les eaux environnantes. L'each suivait les légers courants, sans but, sans rien, comme un simple élément, une simple goutte d'eau.
Sa conscience revint, néanmoins, l'onde se troublant, les ombres dessinant le corps d'une jeune fille. Hors de l'eau, on aurait vu la bave écumer aux lèvres de la créature des eaux. En ces lieux, seul son regard devenu fou laissa présager du massacre à venir. C'était un présent que la Grande Mère offrait ! D'un mouvement, l'each se propulsa vers la gamine, qui déjà essayait de remonter à la surface. Ses crocs s'enfoncèrent dans la chair de l'une de ses épaules. Jamais le cou, non: cela les tuait trop rapidement. Un geste, un demi-tour, et la gamine s'enfonçait dans les eaux, laissant une trace de sang derrière elle. Max savoura son cri qui se perdit, qui lui fit avaler l'eau, ses gestes désespérés qui troublaient les ondes. Ses sabots frappèrent la jeune humaine pour la maintenir devant son museau, tandis que bientôt les vêtements s'arrachaient, suivis de près par les lambeaux de chair détrempés. L'enfant eut un regard effrayé. Ses poumons s'emplirent peu à peu d'eau, et son existence ne fut plus. Elle avait rejoint la grande mère.

Mille et une goutelettes qui partaient dans les airs, avant de rejoindre la surface comme autant de joyeuses trilles. Max se sentait mieux. Serenité, comme jamais, et cette sensation dans la mâchoire, qui habituellement signifiait le manque d'humain dévoré, qui s'était apaisée. Oh, le repas avait été un peu frugal, mais le seul fait d'y poser les crocs suffisait à le rendre délicieux. C'était sous forme humaine que la monture d'Eurynome avait quitté les flots. Sa crinière sombre collait à sa peau, ruisselait de son élément. Ses lèvres ne portaient pas la moindre trace du sang tant savouré. Ses cheveux se paraient d'élodées. Encore sous l'eau, une de ses mains tenait maladroitement les preuves à camoufler: un foie, seule partie du corps humain au goût exécrable.
Dès l'instant où l'air emplit à nouveau ses poumons, Max sut que ce royaume n'était pas le sien. Aboiement. Fin de la pause, retour aux préoccupations de ce bas-monde. Un crépitement, aussi: un feu. Bigre… Qui était l'imbécile qui s'était décidé à camper non-loin de ses habits ? Un gamin, visiblement. Seul… Ce qui n'était pas dans les habitudes des progénitures bipèdes. Un gamin, accompagné de…

"- Oh, bonjour !" En bonne créature infernale, Max avait senti l'aura émanant de Cerbère. Pas question néanmoins de révéler son nom devant le gamin en ignorant les plan que les enfers avaient pour ce dernier. Néanmoins, l'each continua de s'adresser au chien, plutôt qu'à l'humain: "Vous n'auriez pas vu mes vêtements ? Je les ai laissés i-" Alors son regard se tourna enfin vers le feu, reconnaissant son t-shirt, son pantalon, ses chaussures. Ses yeux parurent s'arrondir en une expression horrifiée. L'instant qui suivait, le pauvre Noah était secoué comme un prunier, tandis que l'each hurlait: "Non mais ça n'va pas ?! Ça vous prend souvent de brûler les habits, comme ça ?! Comment je vais traverser la ville maintenant !"

Mar 8 Mar - 19:51
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Les choses parfois se déroulaient très vite, et pourtant très lentement. J’étais joyeusement en train de profiter de la présence du feu grandissant, le voyant avec plaisir se repaitre des vêtements impromptus, quand beaucoup de choses ont changé. Premièrement, il fallait avouer que mon humeur était devenue très guillerette : je m’étais débarrassé d’une camarade de classe qui serait devenue génante –bon, certes, j’avais été un peu vif dans ma réaction vis-à-vis de son amour… peut être aurai-je du réfléchir avant de l’envoyer dans l’autre monde. Mais finalement : la mort par noyade n’était pas si désagréable, me semblait il !- et Cerbère et moi-même étions heureux. Jusqu’au retour de Valentine… Enfin une Valentine qui aurait légèrement changé. Cerbère et moi nous regardions, puis observions l’individu.

C’était là une sorte d’homme parce qu’au final, sa masculinité n’était prouvée que par sa nudité. Pour peu que l’individu ait porté des vêtements, on aurait pu croire à une femme selon la nature de ceux-ci. Mais c’était donc un homme qui sortait de l’eau, comme un esprit d’une tombe. Mais voilà, celui-ci ne sortait pas de n’importe quelle eau : avait-il vu le cadavre de Valentine durant sa plongée ? D’ailleurs, depuis quand des humains s’amusaient ils à plonger dans les marais ? Ne pouvait-il point aller dans la mer, comme tous ces abrutis ? D'ailleurs, plus la chose sale s'approchait, plus je sentais directement ce qu'il y avait de plus important : ça n'avait pas d'âme. C'était une créature et quelque chose me disait que j'avais déjà croisé un être de sa nature.

Mais bon, je n'avais pas trop de temps à offrir à mes souvenirs car l’homme ouvrit la bouche. Je savais ce qui nous attendait : des questions. Pourquoi un chien et un gamin brûlait il des preuves d’un meurtre à côté de l’eau ? Je répondrais, sans hésitation, que l’homme était lui également très louche car nu. Cela le mettrait mal à l’aise et je le tuerai. Pourtant, ce qui fut offert fut un simple : "- Oh, bonjour !" Enfin celui-ci n’était pas si courant, puisqu’il ne s’adressait pas à moi. Oui : je fus ignoré… purement, et simplement. Car l’homme s’adressa à Cerbère, comme si je n’existais pas. Alors qu’il s’adonnait à la conversation, le chien et moi échangions un regard. Voilà une bien étrange manière que cela. Je savais que Cerbère pouvait se montrer un risque, quiconque capable de voir au travers de son déguisement verrait le vide… puisque les chiens étaient invisibles. Peut-être un être de nature élevée ou basse sentirait-il une aura des enfers, accompagnant ce vide ? Comme si je n’existais pas à ses yeux, l’homme continua d’avancer vers nous en s’adressant au chien qui me regardait en me demandant, implicitement, ce que je souhaitais faire de ce fou.

"Vous n'auriez pas vu mes vêtements ? Je les ai laissés i-" Ce fut le prélude à des événements rapides. Un nouvel échange de regard signalant "Oups" entre mon chien et moi-même, un autre regard qui se glissait vers le feu de par l’inconnu  et voilà que j’obtenais une existence puisque celui-ci m’attrapait alors en me secouant sans trop de difficulté. Pour ma part, je dois admettre que c’était une impression étrange que d’autant bouger. Point désagréable pour autant, c’était intéressant. Mais point agréable… j’avais bien envie qu’il me lâche. Surtout que l’homme, en plus, me criait à moitié dessus  "Non mais ça n'va pas ?! Ça vous prend souvent de brûler les habits, comme ça ?! Comment je vais traverser la ville maintenant !" Voilà ce que je gagnais à faire une bonne action : être pris pour un Yop.

Cerbère se mit à grogner et j’attendais que l’homme se calma un peu avant de répondre, histoire qu'il m'entende : Si quelqu’un vous voit en tenue d’Adam attraper un enfant, vous n’aurez pas à vous inquiéter de comment traverser la ville. Ce sera menotté.

Ce n’était pas spécialement une menace. C’était un fait. Je l’avais dit calmement, avec la voix de ce corps qui était si innocente. Un air vide sur le visage… Je l’avais dit sans trop penser le dire à voix haute, c’était une erreur un peu comme Valentine. Je dois admettre que j’étais un peu dans l’embarra : je me retrouvais avec de nombreux risques de me faire attraper. Et Cerbère n’agissait pas comme il l’aurait fait avec une créature ordinaire : il lui aurait simplement sauté dessus pour le déchiqueter et lui arracher la vie. Valentine, cruelle Valentine, dans quel embarras m’avais-tu embarqué.

Une chose était sûre : je ne savais absolument pas comment je pouvais me délivrer de tout cela… Alors je fixais l’homme avec le même air qu’un merlan frit : j’étais complètement bloqué. Je ne voyais aucune solution et ça, c’était quelque chose à laquelle je n’étais absolument pas habitué.

Je suis désolé pour vos vêtements… On a voulu se réchauffer, on pensait qu’ils étaient abandonnés. Voudriez-vous bien me lâcher ? Et… on trouvera une solution pour… votre problème d’exhibitionnisme. Sinon, mon chien va devoir me défendre, vous comprenez….

C’était la seule chose à laquelle j’avais pu penser. Et je dois admettre que la menace d’un chihuahua n’était pas la meilleure que je pouvais trouver. Mais je devais parier sur le fait d’être un humain et que lui, ne l'était pas. Une seule chose était sûre et certaine : cet individu ne devait avoir aucun rapport avec les enfers –sinon il saurait qu’un enfant accompagné d’un chien était signe du fils de Lucifer encore recherché- donc il ne pourrait me faire revenir auprès de mon père. Tout ce que j’avais à faire c’était trouver des vêtements et nous retournerions chacun à nos activités respectives. Mon regard se tourna un instant vers le lac et je songeais à Valentine. Mais non, ils n’avaient pas vraiment la même morphologie... Mais mon regard vers l’eau était sans doute suspect, la créature -ou l'esprit, ou… Enfin ce truc quel qu’il fut- alors je le justifiais par les propos :

Et, heu… j’ai mon amie qui est allée se baigner… elle va bientôt revenir et… Peut-être a-t-elle des vêtements de rechange ?

Un langage encore un peu enfantin. Cela valait mieux de jouer l’inquiétude… Celle-ci n’étant pas réellement feinte. Oh, Cerbère, je priais que cette créature fut impressionnée par ta vraie nature et fut assez amoureuse du secret pour ne pas se risquer à froisser un chien des enfers ?!

Lun 28 Mar - 13:38
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Oh-oh, bouletto...
La respiration de Max était rauque, souffle d'each uisge à bout de nerfs. Ses mains tremblaient de colère sur les épaules du gamin. Il avait raison, cette tête de merlan. Les bipèdes n'aimaient pas tout ce qui devenait ambigu vis-à-vis de leur progéniture. Mais c'était de sa faute, aussi, si ses habits partaient en fumée !
Les yeux de l'each uisge offrirent une attention circulaire aux environs, à la recherche de… Quelque chose. D'une idée pour se protéger ou s'habiller, d'un potentiel danger qui le guetterait. Néanmoins, la présence d'esprit qui aurait dû détacher ses mains des épaules du petit visage-plat lui manqua, jusqu'à ce qu'après une excuse bidon ce dernier ne lui demande gentiment de le libérer. Sans quoi le chien… Oh, le chien. Ce dernier se fit jauger par l'each, la mine un peu curieuse. Attendez, un chien des enfers, SON chien qui plus était. Ah. C'était gênant. Max réalisait peu à peu que ce petit être malmené pouvait potentiellement être un démon. Il n'y avait qu'eux pour se promener avec des chiens des enfers. Par chance, Eurynome était suffisamment haut-placé dans la hiérarchie démoniaque pour que ceux qui oseraient s'en prendre à une de ses créatures soient rares, ou fous. Par chance, ce démon-là semblait suffisamment adepte du Secret pour ne pas s'offenser directement et dévoiler sa pleine nature au milieu du monde des humains.

Max se détacha de lui, reculant, se détournant, partant s'assoir dans l'eau, suffisamment pour immerger cette partie de chair que les humains n'aimaient pas exposer ni voir exposée. Ses cheveux étaient juste assez long pour cacher ce qu'il pouvait y avoir à cacher sur son torse. Voilà, ainsi, s'ils étaient pris en flagrant délit, l'each s'éviterait au moins la découverte des commissariats de Last End, et la sombre colère de son Maître s'il venait à l'apprendre. Cette enveloppe corporelle-là avait froid, ainsi installée, malgré le bien-être que l'eau instaurait dans son esprit, par son seul contact, par ces mouvements autour de lui qui se glissaient jusqu'au coeur de son être. Il ne restait plus désormais qu'à trouver comment se sortir de cette situation. Se téléporter chez le Maître devait pouvoir être possible. Avec un peu de chance, Sarah s'était fait couler un bain. Peut-être que l'eau des latrines suffirait également, même si ce n'était guère glorieux comme moyen de téléportation. Il restait toujours l'espoir de pouvoir utiliser une flaque d'eau ou de neige dans la Cour, et passer outre le regard des voisins. Certes. Il aurait au moins fallu…

L'each se figea, brusquement en proie à une vague d'inquiétude. Que venait de dire le petit démon, là ? Celle qui se baignait était son… Son amie ? Oups. C'était gênant. Bon… S'enfuir abruptement aurait été un aveu de culpabilité, peut-être pas forcément à son avantage. Max allait devoir rester, au moins pour s'innocenter. Réflexion, réflexion… Singer l'innocence, oui, mais comment en l'occurrence, alors qu'à la base ses gestes avaient été plus enclins à la bouderie et à la colère ? Par chance pour Noah, Max ne s'était pas suffisamment mêlé des affaires infernales pour reconnaître le fils de Lucifer. Ses pensées restaient centrées sur l'instant présent, sur cette gamine, et sur sa nudité. Sans lien entre les deux, ou presque. En tout cas, pas un lien compromettant.
Devant les secondes qui s'écoulaient, et son manque d'imagination flagrant, Max se décida à rompre le silence en suivant son instinct: "Elle en met du temps vot' copine…" Avec un ton tout ronchon, tout grognant et pas content. "Ceci dit, si vous n'avez pas besoin de votre veste, je dois pouvoir m'en faire au moins un pagne, au cas où. Après ça, je file, je vous laisse tranquille…" On aurait pu avoir l'impression que l'each s'adressait au lac, comme ses mots allaient vers lui et non pas vers son véritable interlocuteur. La fascination, oui, devant l'eau, mais aussi l'envie de ne pas se trahir dans sa comédie. "Vous venez souvent, ici, brûler les habits abandonnés ?"

Mar 19 Avr - 14:29
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