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 Souvenir d'hiver | Début décembre 1990

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« On arrive bientôt ? »

Pas de réponse. Comme les deux dernières minutes, et encore les trois autres juste avant. Assise sur le siège, Galéa observait la route qui défilait devant elle. La neige avait recouvert la vallée et le froid hivernale prit possession des landes.

« Maman... je veux faire pipi.... »

La femme ignore la plainte de son enfant qui agite les jambes dans son siège auto pour enfant. Dans un soupir, la fillette penche la tête sur le côté, observant le décor immaculé. Sa mère ne réponds pas, muré dans un silence pesant alors qu'enfin la route sinueuse débouche sur un portail derrière lequel un château se dresse. Ayzebel se redresse tant bien que mal alors que la matriarche fit avancer la voiture, passant le portail. L'Aston Martin Lagonda se gara avant que le bruit du frein à main ne brise le silence. Galéa détache sa ceinture, ouvre la porte et contourne le véhicule pour détacher sa petite fille et la sortir. La posant au sol, elle ajuste le manteau de celle-ci alors que l'enfant renifla et porta à son visage son bras pour essuyer son nez qui coulait, à l'aide de sa manche. Se figeant, Galéa porta sur un fille d'un regard d'une extrêmement dureté et souffla froidement, plus autoritaire que jamais.

« Ayzebel. Où est ton mouchoir ? »

L'enfant abaissa le bras rapidement, consciente de sa bêtise et leva son visage poupin pour fixer sa mère. Elle ne répondit pas, se contentant de hausser les épaules. Elle ne savait plus où elle l'avait mit.... Galéa se pencha, glissant ses mains dans les minuscules petites poches du manteau de son enfant. Rien, vide.

« Ne fait plus jamais ça, c'est dégoûtant. »
« Oui maman.... »

La femme se redressa et ouvrit son sac à main, sortant un paquet de mouchoir et en saisit un qu'elle agita d'un geste vif de la main avant de la tendre vers sa fille d'un geste hautain.

« Mouches-toi. »

Ordonnât-elle en toisant la petite fille qui attrapa le tissus de papier. Galéa n'était pas contente, le mouchoir en soie qu'elle avait fait faire pour son enfant avec ses initiale avait tout bonnement disparu. Un cadeau de gâcher. Quand comprendrait-elle qu'elle devait prendre soin de ses affaires ?  La fillette plaqua le mouchoir sur son visage et émit un bruit écœurant avant que ses petits doigts n'agrippent le mouchoir et pince son nez rougit par le froid. Elle renifla et plissa le nez avant que sa mère ne fronce les sourcils.

« Seigneur Ayzebel, ne sais-tu donc pas te moucher correctement ? »


Siffla la Tenak d'un voix froide qui manqua un manque de patience évident. Elle arracha le papier des mains de sa filles et le plia avant de soulever son visage d'une main de libre et de venir à son tour frotter son nez, essuyant ses narines humides. Dans un soupir, la main fourra le mouchoir souillé dans son sac à main et saisit la main de son héritière et la tira doucement vers le château. Le regard de l'enfant brilla intensément face à la bâtisse qui se dressa face à elle.

« Aller viens Ayzebel. Et soit sage, d'accord ? »
« Maman... ? »
« Oui ? »
« Je peux rester ici pendant que tu es dans le château ? S'il te plait ! »

Supplia la fillette de sa voix fluette en sautillant sur place. Sa mère pivota le visage pour la fixer puis observa rapidement les alentours. Rien aux alentours, si ce n'est la voiture garé tout près. Galéa soupira longuement et murmura.

« D'accord, mais tu ne t'éloignes pas, tu restes ici devant le château. Si tua s froid tu entre immédiatement... »
« Oui maman ! Merci ! »

Couina l'enfant, ravie avant de lâcher la main de sa génitrice et se mettre à courir sur quelques mètres. Dans son dos, le petit sac à dos en forme d'ours en peluches se balança et la matriarche Tenak esquissa un vague sourire en voyant son enfant puis elle ouvrit la grande porte et disparu dans les sombres ténèbres du château. Ayzebel pivota doucement et observa à nouveau le grand château et renifla  bruyamment alors que son petit nez se bouchait à nouveau. Personne... Et ce silence... Même pour elle, malgré son âge, c'était presque angoissant. La fillette hésita à faire demi-tour et suivre sa maman jusqu'à ce que des petits points blancs ne danse devant ses yeux. Elle leva le visage et observa le ciel gris, incroyablement clair. La neige...Elle ouvrit grand ses yeux clair, illuminé par la clarté de cette journée d'hiver et leva les bras, essayant d'attraper des flocons, sans y parvenir.

« Wouhouuuuuuu !» 

Gémit-elle, pleine de joie alors que sa voix résonna dans le silence. Ravie, l'enfant se pencha en avant et glissa ses mains dans la neige déjà présente au sol et brusquement, se redressa, jetant en l'air la neige qui vola doucement, retombant sur elle. L'enfant lâcha un rire amusé, s'émerveillant d'un rien avant de s'accroupir, rassemblant de la neige à ses pieds pour faire un petit tas avant d'en prendre avec ses petits doigts rougit par le froid et se redressa. Elle était près à recommencer, jeter la neige en l'air et la regarder tomber à nouveau avec la joie de l'innocence. Mais elle se figea quand la lourde porte s'ouvrit dans un grincement. Galéa était-elle déjà de retour ? Non, ce fut la silhouette d'un jeune garçon qui passa la porte. L'enfant le fixa, la neige en main qui fondait doucement et surtout qui lui picotait les doigts. Pas un mot ne sortit de ses lèvres. Ayzebel resta là, immobile sous la neige à le fixer. Doucement, elle écarta les doigts, laissant tomber la neige et frotta ses petites mains sur son manteau blanc et décoré de fausse fourrure puis tira sur les pompons qui se balançait au bout d'une petite cordelette puis elle souffla enfin, incertaine et timide.

« Bonjour... »

Lun 4 Jan - 13:02
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L'étrange sous la normalité : Enfant cadet du Patriarche Earl, il est un héritage refusé, s'extrayant de la nécrose gangrénée de sa famille.
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Des murmures, de doux murmures emplissaient son esprit. La tête penchée sur le côté, Morghann contemplait par la fenêtre le cimetière familial, les tombes recouvertes d'une petite couche de neige. Leurs Voix lui parvenaient, et il avait l'air d'un enfant fou, stoïque de la sorte, silencieux. Il les écoutait et ça devait bien faire déjà une bonne heure. La porte s'ouvrit, il sursauta, quitta brusquement son état de léthargie. Il se retourna vers la personne qui entrait dans sa chambre et le dévisagea. « Père. » souffla l'enfant, encore assommé par ces Voix intrusives qui essayaient de lui parler, alors qu'il les sommait de se taire. Il n'eut pas besoin de recevoir d'ordre pour suivre son paternel jusqu'à la chambre de son frère. Howard montra son visage avant de suivre également. Ils étaient si semblables, si bien habillés, si droits, si nobles. Ils étaient de parfaits petits princes. Morghann fixait le dos de son père avant de poser ses prunelles noires sur son aîné avançant à ses côtés. Un instant, il lui prit la main, comme pour avoir son regard, lui rappeler qu'il l'aimait, avant de relâcher tout aussi rapidement et de baisser la tête. Depuis sa plus tendre enfance, Morghann avait toujours éprouvé à la fois une certaine attirance et un violent rejet à son égard. Il le fascinait, il l'adorait et pourtant, il s'en insurgeait. Ses agissements envers lui le démontraient : il cherchait sa proximité mais lorsqu'il l'obtenait, il l'éloignait. Avant de revenir vers lui et le rejeter encore. C'était un cercle sans fin.

Dans le grand salon, les jumeaux prirent place... Pour écouter. Tant de monde venait voir Pryam et les garçons apprenaient probablement à gouverner. Il n'en demeurait pas moins vrai que Morghann s'y ennuyait profondément et finit par se perdre dans une contemplation pensive du profil de son frère assis sur le canapé, près de lui. Il avait envie d'aller au cimetière, son père l'avait interrompu dans une conversation mortuaire et l'enfant commençait à en ressentir le manque à la manière d'un toxicomane. Il laissa lentement sa tête de poser sur l'épaule d'Howard, fermant les yeux, satisfait du bien-être que lui procurait le contact avec son aîné et puis, progressivement, une boule au ventre vint le hanter. Il s'écarta dans un sursaut, giflant son jumeau au passage, comme si tout ceci était de sa faute et s'en fut en courant comme une vierge effarouchée, sous un lourd soupir de la part de son père. Pryam, comme Howard, devaient en avoir pleinement l'habitude. Morghann avait toujours été ainsi... Et le serait jusqu'à un certain mois de septembre 2015. Il mit des bottes par dessus son jean noir, enfila un manteau tout aussi sombre et de très bonne couture dont il releva le col pour se protéger du froid. Il ajouta une épaisse écharpe de laine bleue... celle d'Howard. A croire que de façon inconsciente, il cherchait encore à s'en rapprocher. Il enfila des gants en polaire et quitta le château avec pour destination de cimetière.

Mais il n'alla pas bien loin. Ses noires prunelles s'arrêtèrent sur cette mini-chose assez mignonne qui semblait en proie à l'hilarité hivernale et qui s'était figée en le voyant arriver. Morghann regarda la neige tomber de ses mains, sourcils froncés, trônant en haut de l'escalier comme un prince à son balcon. « Bonjour. » D'un pas lent et étrangement mesuré pour un garçon de son âge, il s'approchait d'elle, jusqu'à être à sa proximité. Il prit ses mains dans les siennes gantées, ses doigts avaient commencé à bleuter et Morghann la rappela à l'ordre : « Vous devriez porter des gants pour jouer dans la neige, petite-chose. » Il ne connaissait pas son nom et l'avait alors baptisée de la sorte. « Ou vous finirez par ne plus pouvoir jouer du tout. » termina-t-il d'une façon glauque et aussi ténébreuse que le château dans lequel il vivait. Ses sombres yeux restèrent encore quelques secondes à la contempler, sans qu'il ne lui octroie le moindre sourire. Toutefois, ses paumes s'étaient mises à chauffer doucement pour rendre aux doigts de la petite-chose une couleur normale. Il la fixait, et c'était peut-être même dérangeant ou complètement flippant pour elle. « Vous êtes jolie. » souffla-t-il, avec ce même calme froid, en déduction à sa longue observation, de toutes évidences. Il relâcha ses mains et ôta noblement l'un de ses gants. « Puis-je ? » demanda-t-il avec cette étrange politesse innée, levant sa main nue vers ses boucles abondantes, visiblement fasciné par elles. Il les caressa, les découvrant, laissant poindre un léger sourire en coin avant de l'effacer et de remettre son gant.

Il finit par lui tendre une main galante, paume levée vers le ciel : « Je vous fais visiter ? » lui proposa-t-il.

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« Reste »

Mar 5 Jan - 14:13
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Le garçon s'approcha, lui rendant son salut et la fillette resta immobile à le l'observer en silence. IL avait l'air d'un prince, comme ceux qu'elle voyait dans ses livres... Sauf que celui-là de prince, était beaucoup moins souriant. Les mains glacées et humides de la petite fille se retrouvèrent entre celle gantées du garçon. La chaleur envahit ses doigts doucement et Ayzebel leva vers lui son regard en amande d'une couleur d'un vert particulièrement clair, tirant légèrement sur le bleu. Elle renifla faiblement et esquissa un faible sourire avant de répondre au jeune Earl qui lui conseillait de mettre des gants. Drôle d'idée que voilà...

« Mais si je met des gants, je pourrais pas profiter de la neige... Ce qui drôle avec la neige, c'est qu'elle soit froide et comme toute douce comme les nuages ! Si on met des gants, on le sent plus tout ça … Et alors le jeu devient beaucoup moins drôle. »

Simple déduction enfantine. Ayzebel était une enfant très tactile qui s'émerveillait de tout. Son esprit rêveur était d'ailleurs l'un des grands soucis de Galéa qui elle était une femme très terre à terre et dénué d'humour. Mère et fille avait si peu en commun qu'il était parfois possible de se demander si Ayzebel n'avait as été adopter. Voilà une tirade moqueuse que ses cousines plus âgées aimaient à lui balancer au visage pour la taquiner. Alors que le sang se mit de nouveau à circuler doucement dans ses doigts, l'enfant sentit des picotements dans ses mains alors que le regard du garçon restait figé sur elle. Pourquoi est-ce qu'il la regardait ainsi ? La réponse vint d'elle-même quand l'enfant complimenta sa beauté. Pour elle, du haut de ses six ans, la beauté était abstraite.Pour elle une princesse était jolie, simplement parce qu'elle était une princesse. Elle n'aurait sût dire si elle était jolie elle-même mais le garçon lui, semblait le penser réellement.

« Toi aussi tu es beau... J'aime bien tes yeux tout noir. On dirait de l'encre comme celle que ma maman utilise pour écrire... »

Ayzebel pinça les lèvres dans un petit sourire alors que le garçon dont elle ignorait encore le nom réclamait le droit de toucher ses cheveux. Malicieuse, elle porta ses mains glacée à son visage et pouffa de rire en le fixant d'un œil pétillant et joyeux avant de hocher la tête positivement. La petite sorcière abaissa les mains et les croisa contre son ventre avant de joindre les jambes et de se tenir droite, presque au garde à vous alors qu'elle suivit du regard la main de Earl qui se glissait dans ses boucles. C'était fort agréable que cette petite caresse. Cela chatouillait légèrement d'ailleurs... Pas comme Galéa qui avait tendance à lui coiffer les cheveux un peu trop fort, arrachant des plaintes à sa fille. Du haut de ses six ans, Ayzebel avait déjà les cheveux très longs qui lui tombaient jusqu'aux hanches. Elle avait tout de la parfaitement petite poupée de porcelaine et elle entendait souvent ses tantes dire que plus tard, elle serait une très jolie femme. L0 encore, elle ne comprenait pas cet intérêt à devoir être adulte jolie... Les gens avait une drôle de façon de penser. Ce qui n'était pas le cas de ce garçon qui lui allait droit à l'essentiel. La petite fille soupira en fixant la main du petit inconnu qui se tenait vers elle et la fillette fit la moue, se n doucement de gauche à droite.

« Ma maman elle a dit que je devais rester devant le château... »

L'enfant perdit bien vite son sérieux pour une moue coquine et pleine de malice alors qu'elle lâcha un rire amusé et confia à son nouvel ami sur le ton de la plaisanterie.

« Mais ma maman je l'écoute pas beaucoup ! »

Rapidement elle fourre sa main dans celle du garçon et la serre doucement, profitant de la chaleur de son gant. Visiter ? Voilà une chose qui lui faisait drôlement envie. L'enfant marcha rapidement, faisant deux enjambée pour une seule de Morghann, espérant avoir son rythme. Ayzebel renifla puis brusquement, sa tête effectua un mouvement vers l'avant alors qu'elle lâcha un éternuement bruyant similaire au couinement d'une souris. Oui, une adorable petite souris qui éternua une seconde fois. Le froid semblait avoir raison de sa santé, mais peu importe, l'hiver était bien trop chouette pour qu'elle s'en prive. La petite sorcière releva le visage, les joues et le nez rougit par le froid alors qu'elle renifla longuement, émettant un bruit de nez bouché parfaitement écœurant avant de porter instinctivement la manche à son visage pour essuyer ses narines d'un revers de bras.

« Dis, c'est quoi ton nom ? Moi je m'appelle Ayzebel, mais tu peux m'appeler Ayzy. »

Mar 5 Jan - 14:50
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L'enfant fronça les sourcils, perplexe face à l'explication que lui donnait la petite au sujet du port des gants sous la neige. Il n'avait jamais entendu pareille lubie, c'était de la déraison, celle que son père lui apprenait à ne pas suivre. Morghann secoua la tête de gauche à droite, lentement : « Sans gants, vos doigts se crispent et se figent. Je ne suis pas certain que vous puissiez sentir quoique ce soit. Ni le froid plus encore. Ni la douceur. » Il parlait avec ce calme princier, avant de laisser, à nouveau, naître un sourire en coin : « Ce qui est vraiment drôle, c'est de pouvoir jouer longtemps sans souffrir de ce froid qui brûle. » Il effaça son demi-sourire, se parant d'un masque étrange pour un enfant : celui de la sagesse et de la noblesse.

Même après avoir pu profiter de la douceur de sa chevelure, il continuait de la contempler avec une certain curiosité à son égard. Comment pouvait-on se voir doter d'une pareil tignasse ? Si abondante et libre. Il devait avouer que les femmes et filles de la famille Earl nouaient souvent leurs cheveux de bien d'élégantes façons. Morghann trouvait à Ayzebel une allure sauvage, différente. Elle lui parla de ses yeux, il les planta alors dans ses siens pour en détailler la clarté qui lui faisait face. « Toute ma famille a les yeux noirs. Il en est ainsi lorsqu'on se promène si près des ténèbres de la mort. » Il en parlait comme si ça n'avait rien de lugubre, rien de terrifiant. Il en parlait comme si c'était trivial, mais ça n'avait rien de semblable au commun. Son propos était affreusement glauque mais il ne s'en rendait pas compte le moins du monde. Il la fixait, cette petite-chose, le regard absent toutefois. Les Voix l'appelaient, elles n'étaient pas bien loin. Le cimetière était de l'autre côté. Peut-être pouvait-il y conduire cette enfant. Aurait-elle peur des tombes ? Aurait-elle peur de lui qui entendait ces choses que d'autres n'entendaient pas ? Il semblait si étrange, par moment déconnecté de cette réalité, de la situation qu'il vivait. Il écoutait. Il n'avait pas d'autre choix que d'écouter.

Elle acceptait la visite et il saisit sa main fermement, il la conduisait en parfait gentleman. Son regard se perdait, il fixait l'horizon sans vraiment le voir. Il entendait ces Voix, c'était de plus en plus pressant. Il jugulait son désir d'hurler, il avait envie que son frère vienne le consoler, qu'on le sorte enfin de cet enfer macabre vers lequel il glissait. Il voulait qu'on éteigne ces Voix, qu'on les étouffe. Il développait progressivement un état de dépendance à leur égard, il sentait le manque en leur absence. Il avait besoin d'elles, il voulait aussi tant qu'on les lui ôte. Sa mère lui disait que ça passerait, que c'était sa nécromancie qui faisait des vagues parce qu'il ne la maîtrisait pas encore pleinement... Mais Howard n'avait pas à subir cela, lui. Les années passaient sans qu'il n'en voit la moindre évolution, ça le terrorisait : il avait ce sentiment d'être médiocre et de ne pas parvenir à se contrôler. Elle se présentait. Un nom, qu'il oublierait. Il y avait tant de personnes qui venaient ici, tant de visages, tant de prénoms. « Je m'appelle Morghann. » répondit-il alors, voix morne. Il reprit ses esprit à la vue d'une goule et s'arrêta, l'observant attentivement. « Chhh. Elle ne nous a pas vus. » murmura-t-il à la petite-chose.

Il sortit de sa poche, son propre mouchoir propre qu'il tendit à la demoiselle, sans lâcher la goule du regard. « Tenez. Ce sera plus efficace que votre manche. » L'enfant contemplait le monstre, habitué depuis des années à sa présence. Elle était pourtant affreuse : décharnée, chauve, comme un lambeau d'humain grattant la neige et la terre. Morghann, lui, l'aimait bien. Même s'il était souvent contraint de la combattre pour ne pas se faire arracher une jambe ou un bras. « Venez, on la contourne. » souffla-t-il, l’entraînant d'un pas mesuré.

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« Reste »

Mer 6 Jan - 11:47
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Il disait n'importe quoi. Ce qui était bien avec la neige c'était de pouvoir la toucher à pleine main et de profiter de cette sensation qu'elle offrait. Le pauvre garçon n'y comprenait rien, sans doute parce qu'il était un garçon et qu'il était beaucoup plus vieux. C'était une chose qu'Ayzebel avait remarquer chez les grands, plus ils vieillissaient, moins il savaient s'amuser. Il n'y avait qu'à voir sa mère pour ça... Galéa souriait très peu et ne comprenait pas l'intérêt de sa fille pour les jolies histoire. Marchant main dans la main avec son nouveau ami, la petite fille écouta le prénom avec lequel il se présenta et naturellement, dans sa grande naïveté, elle répondit :

« Comme la fée ?! »

Elle gémit, le fixant avec des yeux pétillant. Elle avait beaucoup lu de chose sur la fée Morgane, que 'on disait être une sorcière. Une vilaine sorcière, d'ailleurs. Ce qu'elle ignorait en revanche, c'était qu'un garçon pouvait s'appeler comme cela. N'était-ce pas là un nom de fille, ça ? Peut lui importait au finale, elle aimait bien et et c'est tout ce qui comptait. Ils furent arrêter dans leur marche alors que le garçon réclama le silence. La fillette ferma la bouche et se crispa alors que sa petite main serra plus fort les doigts du Earl. Son regard se posa sur la créature occupé à creuser le sol. Bouh, qu'elle chose hideuse ! Elle faisait vraiment peur ! Ayzebel esquissa un grimace en voyant la goule et son corps décharnée... Vraiment cette chose était terrifiante. Elle pivota le visage, observant le mouchoir en tissus que Morghann lui tendait et la jeune sorcière s'en empara, le plaquant sur son visage et souffla du nez dedans. Bonjour la discrétion pour quelqu'un qui ne voulait pas attirer l'attention d'une terrible créature. Le nez rougit, Ayzebel renifla, les narines enfin libérées et soupira de bien-être. Vilain rhume... Elle baissa les yeux et écarta les doigts, observant le joli mouchoir blanc où les initiales M.E étaient inscrit dessus. Morghann Earl...

« Moi aussi j'en avais un comme ça, je l'ai perdu... Maman est pas contente. »


Pas content du tout au vu du regard qu'elle lui avait jeté juste avant d'entrer dans le château. La fillette sourit et fourra le mouchoir dans sa poche avant de fixer le garçon qui désirait contourner la bête. Ayzebel posa à nouveau son regard sur la créature qui grattait frénétiquement le sol, envoyant la neige et la terre voler autour d'elle.

« Je crois qu'elle a faim. J'ai lu dans un livre que l'hiver... Les animaux qui hibernent pas doivent fouiller dans le sol pour trouver à manger.»

Elle tira Morghann par la main et se cacha derrière une tombe. Ayzebel s'accroupit avant de retirer son petit sac à dos en forme d'ourson et le posa au sol. Cela tombait bien, elle avait de quoi rassasier cette pauvre créature qui lui faisait plus de peine que de peur. Ouvrant le sac, Ayzebel sortit un paquet de bonbons et sourit.

« Regarde ! J'ai pleins à manger pour elle ! »

Le paquet déjà bien entamer et qui trahissait une gourmandise excessive, fut fouillé vivement par l'enfant. Tirant la langue en fourrant sa main dedans, elle arracha un ours en gélatine du paquet et se redressa rapidement, jetant le bonbon vers la goule qui se stoppa, observant la chose près d'elle. Le bonbon fut renifler et la bête s'en empara, la dévorant, affamée. Ayzebel se cacha à nouveau et sourit, prenant un autre bonbon qu'elle mit dans la main du Earl et souffla à voix basse.

« Tu vois ? Je te l'avais dit ! Aller, à ton tour ! »

Gourmande, Ayzebel ne put s'empêcher de prendre un bonbon et de le fourrer dans sa bouche et de le mâchouiller avec envie. Mais loin d'être une enfant égoïste, elle en tendit un à son nouvel ami et lâcha en souriant, ravie de la compagnie que lui offrait le sorcier.

« Tiens Momo, celui là il est pour toi. »

Mer 6 Jan - 19:47
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Comme la fée ? Sérieusement... Il avait une tête de fée des légendes arthuriennes ? Il la trouvait touchante dans sa naïveté et sa candeur enfantine, alors que lui, avait le sentiment d'être déjà si vieux : son éducation n'était pas la plus prompte à accepter qu'il ne soit pas un adulte. Ses réactions devaient être parfaitement mesurées pour ne pas faire honte à sa famille, bafouer son honneur et rompre les codes. C'était tout de même sacrément triste et, en lui-même, il enviait cette petite-chose du peuple qui avait le droit de rire et de s'amuser. Elle n'écoutait pas beaucoup sa mère, Morghann, lui, écoutait peut-être un peu trop son père. « Non, pas vraiment. Mes parents ont choisi ce prénom en référence à la morgue et aux tombeaux. » C'était très glauque au final, même si le garçon ne le voyait pas de la sorte. « Ma famille est nécromancienne. Nous sommes liés à la mort. » Il expliquait... Et puis, il laissa tomber les explications. Les gens ne semblaient pas comprendre sa magie. Elle effrayait, terrorisait, épouvantait. Il contempla son mouchoir entre les mains de la petite, qui, de façon fort peu discrète, s'y vida le nez. Les filles étaient des princesses qu'on disait... Foutaise ! Ils allaient finir par se faire repérer, si ça n'était pas déjà fait ! Il arqua un sourcil à ce qu'elle lui disait, avant de répliquer, tout bas : « Et bien, vous avez le mien à présent. Ainsi, votre mère sera contente. » Ou pas, mais l'enfant qu'il était se trouvait loin de s'en douter.

Ses prunelles noires fixaient la goule, habitué à sa vision cauchemardesque. Il avançait, pas à pas avec la petite-chose jusqu'à se faire conduire derrière une tombe. Il ne fallait pas se cacher ! Il fallait partir ! La goule allait les trouver ! Il resta incrédule face à ce qu'il entendait au sujet de l'hibernation des goules... On aurait vraiment tout vu. Il cligna des yeux, se demandant s'il avait bien entendu... Mais, ne lisait-elle pas les grimoires de magie ? « Ce n'est pas un animal, c'est une goule ! » chuchota-t-il jusqu'à ce que les choses dépassent son entendement. Des bonbons. Elle comptait nourrir la goule avec des bonbons. Un bref instant, il contempla le sachet avec envie mais revint vite à la réalité en la discernant en train de se lever à la vue de la bête et de lui envoyer un bonbon. L'Earl se frappa le front de la paume de sa main, en proie au désespoir, avant d'engager un sauvetage de cette petite. Il ferma les yeux, se concentra, sa magie se déployant avec une dextérité mal assurée pour qu'aux yeux de la goule, le bonbon soit de la chair humaine et Ayzebel un ourson en guimauve. Ainsi la goule se jeta sur le bonbon[/color][/font][/b] au grand bonheur de la petite-chose qui n'avait rien compris. Il lui adressa un regard aussi noir que désespéré avant se se voir proposer de faire la même chose puis offrir un second ourson pour lui même. « Non. » Clair, autoritaire, princier. Le garçon porta les deux bonbons à sa bouche sans plus de cérémonie. « C'est Morghann. Pas Momo. Et les goules mangent uniquement des cadavres et de la chaire humaine. Les bonbons, c'est pour moi. »

Avant qu'elle ne proteste, il ajouta : « Si cette goule vient de manger votre bonbon, c'est parce que je lui ai ordonné, sinon vous seriez déjà dans son ventre. » Il fronçait les sourcils, mécontent puis son visage se dérida. C'était étrangement silencieux d'un seul coup. « Anna ? » appela-t-il, dans un chuchotement, et l'esprit de sa grand-mère apparut à sa vue, devant lui, avant de faire des yeux gros comme des billes, yeux exorbités que Morghann adopta également, comme s'il voyait à travers elle. Il saisit la petite-chose et l'envoya de toutes ses forces d'enfant rouler bouler plus loin dans la neige, alors qu'il se redressait, faisant face à la monstruosité décharnée. Il n'avait pas le temps de la contrôler que déjà il se prenait un coup qui le faisait tomber en arrière. Il se relevait tant bien que mal, oubliant la dignité. Annabelle avait sauté sur la goule pour l'étrangler et la retenir avec une expression qui voulait clairement dire 'tu touches pas à mon bébé !'. L'enfant tendit la paume vers la créature une sorte de fine fumée noire semblait prendre naissance à son épaule, gonflant le long de son bras, jusqu'à venir percuter la goule au niveau du thorax (ou ce qu'il en restait). La créature émit un cri strident, comme saisie de douleur et se mit à fuir comme la peste alors que la fumée noire la poursuivait au loin.

Il gronda pour lui même, visiblement peu satisfait de ce combat et s'époussiéra avant de se retourner vers la petite chose. Il la fixait, sourcil froncés, furieux et indisposé. « Je vous avais dit de la contourner en silence. » fit-il aussi autoritaire que capricieux. Bien élevé toutefois, il vint lui tendre une main pour l'aider à se relever. « Ça peut vous tuer, vous dévorer. Pourquoi apprenez-vous les comportements animaux alors que vous méconnaissez au possible les goules ? Votre mère ne vous donne-t-elle pas en lecture des grimoires à leur sujet ? » Morghann avait appris très tôt à se défendre contre cet animal-là. Ne serait-ce que pour pouvoir jouer sereinement dans le jardin. Il poussa un soupira, roula des yeux et passa l'éponge. Il ne voulait même pas savoir. La probabilité qu'il revoie cette fille un jour... Était aussi faible que pour toutes les autres. Dans leur périple, ils étaient arrivés dans le cimetière. « Regardez. Toute ma famille est enterrée ici depuis des dizaines de générations. Je viens souvent ici... Pour les écouter. »

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« Reste »

Jeu 7 Jan - 15:56
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Trop jeune, l'enfant ne réalisait pas l'horreur de la chose que d'appeler son fils en référence aux tombeaux et à la morgue. La Morgue justement, elle ignorait même que cela existait. En silence, Ayzebel fixa son ami qui expliqua ensuite que sa famille était nécromancienne et liée à la mort. La fillette le fixa en silence avant de lâcher simplement.

« Bah ma famille à moi, elle fait des bébés. »


C'est sur que niveau crédibilité, les Tenak venaient d'en prendre un sacré coup. Mais dit avec des mots d'enfants, les choses devaient évidemment sembler étrange. Les Tenak avaient déjà bien du mal à se faire respecter pour cela, les Earl étaient justement l'une des rares familles à ne porter aucune jugement sur la chose et à respecter leur mode de vie. Mais pas sûr que du haut de ses onze ans Morghann ai le même point de vu que ses aînés. La suite n'arrangea pas la situation quand le garçon refusa catégoriquement le surnom donné par sa nouvelle amie qui fronça les sourcils, visage boudeur et railla avec mécontentement, ne se gênant pas pour lui tenir tête.

« C'est un surnom ! On fait ça quand on aime bien les gens ! Arrête de faire la tête. T'es pas beau quand tu boudes.»

IL en fallait un de ces culots pour oser parler à un Earl de cette façon ! Morghann ne devait pas avoir l'habitude que personne étrangère à sa famille s'exprime si librement face à lui et sur un tel ton. La fillette pouvait-elle vraiment être blâmer pour ça ? Elle qui ne savaient même pas qui était les Earl, qui ne savait rien de cette hiérarchie au sein de son peuple... Préservé, trop peut-être. Bine trop. Derrière la tombe, l'enfant continua de fouiller son sac de bonbons sans se rendre compte du danger dont parlait Morghann. Elle n'en faisait qu'à sa tête visiblement, ignorant à demi les explications de l'enfant. Il n'y avait pas que sa mère qu'elle n'écoutait pas.... Sauf cette fois, elle les mettait en danger tout les deux de par son caractère et son manque de savoir. Mâchouillant, elle releva le visage, plongeant ses grand yeux clair dans ceux de Morghann avant qu'un nom ne soit prononcé. Et la femme apparut, arrachant un petit couinement à la fillette qui se crispa en voyant Annabelle.

« C'est... un... Un fantôme ? »

La peur qui l'envahit la fit pâlir avec force, déjà qu'elle n'avait pas beaucoup de couleur hormis le rouge aux joues et au nez provoquer par son rhume. Avant même qu'elle ne comprenne ce qui se passait, Ayzebel fut saisit et pousser plus loin. Tête la première et le visage enfoncé dans la neige, la petite fille gigota nerveusement, ayant bien du mal à se redresser. Assise au sol, elle se mit à sangloter alors que la douleur de ses bras, ses genoux et de son visage l'indisposait grandement. C'est à peine si elle réalisa le combat acharné que menèrent Morghann et Annabelle pour faire fuir l'horrible créature. Les sanglots de l'enfant résonnèrent doucement dans le cimetière jusqu'à ce que le jeune Earl n'approche pour l'aider à se relever et la gronder de sa bêtise.

« Laisse-moi tranquille ! »

Gémit-elle en repoussant sa main. Ayzebel ne voulait pas de son aide, elle aussi avait une dignité après tout. Pour le peu qu'elle en avait, en tout cas... Elle toisa le garçon avec colère et tristesse et souffla.

« Maman dit que je suis trop jeune... Elle me gronde quand j'utilise de la magie. »

Elle renifla et s'éloigna de quelques pas, se baissant pour ramasser son sac en forme d'ourse en peluche et le serra dans ses bras, y enfouissant son visage pour pleurer à chaude larmes. Elle n'aimait pas quand Galéa la grondait. Alors voir son ami faire la même chose la rendait très triste.

« Tu es comme ma maman... Tu ne souris jamais et tu me cries dessus... »

Ayzebel releva légèrement le visage, dévoilant son regard larmoyant et fixa Morghann à nouveau et demanda d'une voix briser.

« Écouter ta famille... ? Moi je n'entends rien. Et c'était qui la dame qui était là ? J'ai eu peur... Les fantômes c'est méchant... »


L'enfant secoua la tête et enfoui à nouveau son visage contre sa peluche, ses boucles noires tombant de chaque côté de sa tête en se balançant au gré du vent.

« Moi aussi je veux faire de la magie.... Mais personne veut m'apprendre et ma famille s'en fiche de ce que je sais faire.»


Jeu 7 Jan - 18:04
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L'étrange sous la normalité : Enfant cadet du Patriarche Earl, il est un héritage refusé, s'extrayant de la nécrose gangrénée de sa famille.
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Des bébés ? Morghann cligna des yeux, sans vraiment comprendre ce que venait de sortir la petite-chose. Des bébés... oui, et elle voulait une médaille pour ça : « Ma famille aussi fait des enfants. Je ne suis pas né dans un chou. » Ça coulait de source. Il roula des yeux, à nouveau, cette chose là ne savait donc rien : tout le monde pouvait faire des enfants, ou presque. Ça n'avait rien d'un exploit. Il la fixa de ses noires prunelles, et répondit avec toute la majestuosité du haut de ses onze ans : « Je n'ai pas besoin d'être aimé mais respecté. Que cela vous convienne ou non, je me nomme Morghann et c'est ainsi que je dois être appelé. » Aussi glacial que l'hiver, aussi implacable que la mort, aussi capricieux qu'un enfant de son âge pouvait l'être. Il y mettait un point d'honneur, ça n'était pas comme s'il lui demandait de l'appeler Lord. Il lui avait octroyé son prénom et cette enfant ne savait pas s'en contenter. Elle le ferait, si elle souhaiter continuer de converser avec lui.

Apparition d'Annabelle laissa son amie en terreur mais c'était le cadet de ses soucis. Il y avait plus urgent à s'occuper... Une goule par exemple ! S'époussiérant après la bataille, il vint lui tendre une main pour l'aider à se relever. Mais ce fut à un manque total de gratitude auquel il dut faire face. Ne lui avait-il pas sauvé la vie ? Il ne s'attendait pas à des remerciements véritablement : tout Earl qu'il était, c'était son devoir, eu égard de sa puissance, de protéger sa communauté. Mais de là se faire renvoyer dans ses quartiers ! Morghann la toisa, ses yeux s’emplissaient de noblesse lorsque les ténèbres y dansaient. Peut-être faisait-il également peur à regarder. Le discours de la petite-chose était assez triste à entendre et quand bien même des reproches à son encontre furent formulés, il ne s'en sentit nullement responsable et aucun remord ne l'assaillait. Il faisait ce qu'il avait à faire, que cette petite en soit satisfaite ou non. Il s'approcha d'elle et posa une main sur sa tête au milieu de ses boucles. « Les fantômes ne sont pas tous méchants. Il s'agit de personnes décédés qui ne parviennent pas à trouver la paix et franchir le voile, soit parce qu'elles souffrent et n'ont pu accomplir quelque chose d'important pour elles pendant leur vie... Soit parce que des vivants les retiennent dans ce monde, souvent par amour. Les fantômes sont des êtres qui ont mal... Et qui, un jour, n'en peuvent plus et font également du mal pour se venger. Ça n'est pas leur faute... Il faut alors avoir pitié d'eux et les libérer. » Ses doigts gantés caressaient pensivement ses boucles, non pas pour le plaisir qu'il aurait en tirer puisqu'il ne sentait rien à travers les gants... Mais plus pour la rassurer d'une façon ou d'autre autre.

« La dame est ma grand-mère. Ce n'est pas un fantôme, c'est un esprit. Elle vit dans le monde des morts mais je l'aide à venir rendre visite aux vivants. Elle m'aime beaucoup et je l'aime tout autant. Elle m'aide... » Sa voix était devenu un souffle à mesure qu'il parlait jusqu'à marquer un certain temps d'absence. Il écoutait, se faisait assaillir par ces êtes de l'au-delà. Il fermait les yeux, tâchait de faire le vide dans cette cacophonie. Il devenait sourd au reste du monde, respirait un peu plus fort, comme si c'était difficile, comme s'il avait un poids sur la poitrine. Il fronçait les sourcils, serrait sans s'en rendre compte la petite tout contre lui. Il suffoquait, se débattait mentalement, et fébrile, il rouvrit brusquement des yeux si sombres, comme hantés, fixant l'horizon avant de revenir à lui et relâcher l'enfant. Il poursuivit comme si rien ne s'était passé : « Elle m'aide souvent, elle me protège. Il arrive parfois qu'elle me donne les réponses aux devoirs quand je n'y arrive pas. » C'était bien pratique, il devait l'avouer. Il s'éloigna d'Ayzebel et monta sur le marbre d'une tombe pour être plus grand et prit la main d'Annabelle pour la faire tourner sur elle-même, comme les pas d'une danse macabre. Il aimait la voir sourire, c'était peut-être là les seules émotions qui parvenait à ressentir véritablement au point d'en laisser les larmes couler silencieusement sur ses joues rougies par le froid. Un baiser sur le front de l'esprit et il la révoqua, calmement, essuyant d'un revers de manche les gouttes salées.

« Je les entends parce que je suis nécromancien. Je ne peux pas vous apprendre cela. Mais je peux vous apprendre d'autres choses. Votre mère a tord étouffer votre magie. Elle vous libère, elle vous protège. Venez. » Absent, il poursuivait sa marche entre les tombes, l'air vaguement absent, comme toujours dès qu'il était à proximité de morts. Il s'arrêta dans un endroit plus dégagé, là où les tombes n'avaient pas encore été creusées. Un jour sûrement. Peut-être reposerait-il éternellement quelque part par ici... Il écarta les bras, appelant sa magie pendant quelques secondes puis la neige sembla être raclée au sol pour venir faire un tas énorme, plus grand qu'eux. « Aimez-vous les igloos ? Il suffit de congeler la neige pour qu'elle devienne de la glace. Vous n'avez qu'à le vouloir, vous concentrer sur ce que vous désirez... Et libérer la magie, de façon dosée. » Il s’agenouilla dans la neige, pour être à la hauteur d'Ayzebel et fit en sorte d’être dans son dos, ses deux mains dans les siennes. Il marqua une pause, songeur, avant de souffler avec un calme souverain : « Je vous ai crié parce que votre comportement déraisonné vous a mise en danger. Parce que j'ai eu peur pour vous, parce que je sais que la goule vous aurait dévorée... Lambeau de chaire par lambeau de chaire... Alors non, en effet, je ne peux pas sourire dans ses conditions, Ayzebel. Comment le pourrais-je ? » Il ouvrait ses mains, paumes vers le ciel : « Allez-y. Faites-moi donc sourire cette fois. »

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Ven 8 Jan - 14:23
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L'étreinte fut surprenante, inattendu. Pourtant la fillette ne bougea pas, se contentant de laisser faire son ami avant finalement d'entourer ses hanches de ses petits bras. Les câlins elle aimait cela,. Elle ne se rendait même pas copte qu'il ne s'agissait ps de cela, mais que Morghann qui semblait presque souffrir de sa magie à l'instant même où il l'avait serré contre lui. Le jeune Earl se lança dans une explication, comme quoi les fantômes n'était pas tous méchant. Ayzebel en déduit que les livres de contes pour enfants mentaient honteusement. Elle resta immobile, regardant le garçon grimper sur une tombe et faire danser l'esprit. C'est vrai qu'elle n'était pas méchante, elle souriait ! L'enfant garda le silence, observant son ami et les larmes qui coulaient le long de ses joues. Malgré son jeune âge et son entêtement, Ayzebel resta enfermé dans un silence lourd, comme si au fond d'elle, elle sentait qu'elle n'avait pas le droit de briser cet instant qui n'appartenait qu'à Morghann et Annabelle. En réalité, la fillette se sentit même un peu mal, comme une étrangère. Elle n'était pas à sa place ici, la sorcière n'était qu'une horrible petite intruse qui s'était immiscer sans le vouloir. Tout en serrant sa peluche, Ayzebel baissa les visage et prit enfin la parole.

« C'est pas bien de tricher... Moi je le fais jamais. J'apprends toutes mes leçons comme il faut... »

Petit rat de bibliothèque qui avait toujours le nez fourré dans ses livres. Ayzebel fit la moue et soupira longuement. Elle avait eu peur, elle était triste à présent et même la neige semblait ne plus l'intéresser. Le château lui semblait beaucoup moins amusant et la sorcière en venait presque à se demander quand est-ce que la matriarche ferait irruption pour la faire rentrer chez eux. A nouveau plongé dans le silence, l'enfant semblait avoir perdu sa lumière et sa joue de vivre alors que Morghann parla de sa magie et proposa même de lui apprendre des choses. Curieuse, Ayzebel releva le visage vers lui, l'observant à nouveau en reniflant et tout comme lui, chassa de sa joue les larmes qui y avait coulé puis se tortilla pour enfiler son sac à dos en forme de peluche.

« C'est vrai, tu veux bien m'apprendre ? »


Un vague sourire se dessina sur le faciès pâle de l'enfant alors que son regard sembla à nouveau s'animer de malice. Elle laissa le jeune Earl s'approcher et se glisser derrière elle, à son niveau et prendre ses mains. Ayzebel le préférait quand il était gentil comme ça, elle aussi avait envie de le serrer dans ses bras. Le voir pleurer lui avait fait tout chaud dans son petit cœur d'enfant. Oui, elle avait été émue même si ce mot lui était parfaitement inconnu. Morghann expliqua la raison de son énervement, la peur qu'il avait eu et la fillette se sentit doublement plus mal. Elle baissa le visage et murmura tristement.

« Pardon Morghann... Je voulais pas te faire peur tu sais... je t'aime bien moi... Tu es un peu bizarre mais tu es gentil... je veux pas qu'il t'arrive des mauvaises choses... »


Ayzebel renifla longuement, retenant ses larmes. Elle était une grande fille maintenant, il ne fallait plus pleurer pour un rien. Elle releva le visage et observa le tas de neige alors que son ami réclama qu'elle le fasse sourire. La sorcière sautilla sur place avant de se dandiner et lâcha.

« On va faire de la magie !!! »

Elle venait de retrouver son peps, encourager par le Earl et heureuse à l'idée de pratiquer de la magie. Ayzebel inspira, expira... Inspira, expira encore, profondément. Son regard clair s'étaient rivé sur le tas de neige. Un igloo... Morghann avait réclamer un igloo. Elle en avait vu dans ses livres, c'était là que les esquimaux vivaient, loin sur la banquise. La petite fille se concentra, laissant sa magie affluer sur le tas de neige qui se mit à trembler, remuer, une partie de la neige s'effondra mais l'igloo ne vint pas.

« C'est dur.... »

Couina l'enfant avec une pointe de désespoir. Elle secoua la tête, agitant ses boucles d'ébènes. Avait-elle oublier ? Si elle n'y parvenait pas, Morghann ne pourrait pas sourire. Or, elle avait envie de le voir sourire... L'enfant voulait qu'il sourit pour elle, grâce à elle. La petite fille expira durement, libérant un nuage de vapeur et fixa à nouveau la neige. Dans son petit corps, elle sentait des picotements, son esprit était prit d'étranges vertiges. Aller, ce serait comme dans ses livres adorés ! Elle devait y croire, tout comme elle croyait très fort en les fées ! C'était pareil. Fronçant les sourcils, le visage de l'enfant devint subitement grave, elle n'avait plus l'air de cette adorable petite poupée. La magie s'échappa de son petit corps, concentré dans son esprit qui s'ouvrait peu à peu. Alors la neige bougea, jusqu'à former une forme ronde, un peu bancale cependant puis commença à se durcir dans un crépitement glaciale. L'igloo prit forme lentement, vraiment lentement.... Il fallu bien deux bonnes minutes à Ayzebel pour que sa création se finalise. L'igloo était fini, il n'était pas très beau, il était même tordu à souhait mais au moins il était là. Le visage de l'enfant s'adoucit et elle fixa le résultat de sa magie avant de sauter sur place, libérant un petit cri strident en levant les bras en l'air.

« J'ai réussis !!! »

Elle couina de nouveau, se retournant et sauta dans les bras du Earl avec toute sa force d'enfant, s'accrochant à son cou. Comme elle était contente ! Ses petits bras resserrent plus fort sur Morghann alors qu'elle lâcha à son oreille.

« J'aimerais rester ici avec toi pour toujours et jouer avec la magie.... »

A peine eut-elle fini de parler que ses petites jambes tremblèrent et cédèrent sous son poids. Épuisée... Elle était réellement épuisée. Ayzebel agrippa à son ami, le temps de reprendre son souffle et lâcha un rire bref.

« Par contre c'est fatiguant de faire des igloo. »


relevant le visage, elle resta assise dans la neige à fixer Morghann et chuchota timidement.


« Est-ce que tu vas sourire maintenant ?»



Sam 9 Jan - 14:55
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Tricher. Il ne l'avait jamais vu sous cet angle pour être honnête. Il n'avait jamais cherché à tricher à proprement parler, il avait bénéficié de ce que sa grand-mère lui soufflait sans vraiment lui demander. Il était bien heureux d'avoir des réponses, mais à présent qu'il y pensait, oui, effectivement, c'était une certaine manière de tricher. Il ignorait toutefois comment il pourrait passer outre. Il n'avait jamais réussi à fermer son esprit aux Voix de l'au-delà. Ni hier, ni aujourd'hui, ni probablement demain. Ces Voix faisaient partie de lui, et les réponses qu'elles lui soufflaient l'étaient également. Il en souffrait suffisamment pour pouvoir s'octroyer cet avantage, quand bien même il n'était pas très fair-play. Sans un mot, il l'observa présenter des excuses. Il haussa les épaules, n'y tenant guère. Il avait l'habitude d'entendre tant d'excuses en une journée que c'était à peine si ça l’effleurait, et pourtant, il y avait chez elle quelque chose de sensible et sincère qu'il ne pouvait qu'apprécier tant il n'en avait que peu dans son entourage.

Placé derrière elle, il tenait ses mains, la laissa faire dans un premier temps, veillant sagement à ce qu'elle n'abandonne pas aussi facilement. Son regard s'était perdu d'en sa nuque. Il voulait l'y embrasser, toutefois, s'en retenait car de bonnes manières, ça n'était nullement l'attrait. Et lui, était un garçon bien élevé, dans une famille où cela importait, où cela pouvait même être capital. Il jugulait son envie et reportait ses prunelles noires vers l’œuvre d'Ayzebel, loin de la laisser se débrouiller seul. Imperceptiblement, il l'aidait, portait le poids de ses faiblesses, ses défaillances pour qu'elle puisse aller jusqu'à l’achèvement. Et lorsqu'enfin, victorieuse, elle se retourna vers lui pour se jeter dans ses bras, un fin sourire marqua les lèvres de l'enfant-roi. Il la serra au niveau de la taille, veillant à ce qu'elle ne s'écroule pas seule au sol, au risque de s'en blesser. Il la maintenait tout contre lui. Elle semblait si heureuse de pratiquer la magie et Morghann s'en étonnait, non pas qu'il trouvait cela étrange, mais la magie faisait partie de lui, c'était comme respirer ou marcher. Il voyait mal comment s'en passer. Il demeurait même perplexe sur ce qui avait pu pousser la mère d'Ayzebel à éloigner sa fille de cette vitalité. Qu'elle semblait adorer pourtant. Les adultes prenaient parfois de bien drôles de décisions.

Morghann laissa la petite s'asseoir dans la neige alors qu'il se relevait, s'approchant de l'igloo, la tête penchée, pour moitié concentré, pour moitié appelé par ces voix d'outre-tombe. L'igloo sembla se redresser, croître suffisamment pour pouvoir les laisser entrer et lorsqu'il passa sa main gantée sur la glace, celle-ci devint lisse, moins grossière, quasiment translucide. Voilà qui faisait un beau palais. Sourire en coin lorsqu'il contemplait le résultat. Il ne fallait pas qu'elle s'attende à un large sourire : l'enfant n'avait pas appris, pas encore. Un jour peut-être, mais dans ce château, il avait du l'effacer, l’assommer, le détruire. Ça n'était pas si facile alors de lui apporter ce sourire. Il revint près d'elle, plia ses jambes pour venir la ramasser, sa princesse fatiguée et la porta, une main dans l'arrière de ses genoux, l'autre dans son dos, jusqu'à l'intérieur de l'igloo. Il l'y déposa, restant près d'elle alors que ses prunelles noires observait la voûte où le soleil perçait magnifiquement, comme s'il habitaient dans une maison de cristal. « Si vous voulez rester avec moi, c'est assez facile. Nous n'avons qu'à nous marier. » Ça n'avait rien de si facile qu'il le disait, mais son innocence lui faisait certainement croire. Il vint poser ses lèvres sur les siennes, déposant un baiser avant de se retirer, minant l'acte de ces grandes personnes. Il la contempla quelques secondes supplémentaires, avant de venir l'embrasser contre cette nuque qui lui faisait envie, avec mon de théâtralité que sur ses lèvres. Il l'aimait bien cette petite-chose. Elle avait cet attrait de vie que n'avaient pas les gens d'ici. « En plus, nous avons déjà notre maison rien qu'à nous. C'est plus lumineux que le château de mon père. » L'intérieur de l'igloo était en effet très clair avec les rayons du soleil qui venaient s'y réfléchir.

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Dim 10 Jan - 14:13
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L'étreinte fut plus que le bienvenue. Ravie de recevoir cette même tendresse qu'elle offrait, l'enfant avait largement profiter jusqu'à ce que ses jambes ne cède sous la fatigue. La sorcière souffla doucement alors que son ami la soulevait du sol. Elle s'agrippa à lui comme à la vie, profitant pour l'étreindre à nouveau. Elle aimait bien lui faire des câlins, lui il était tout doux avec elle. L'enfant leva le visage, observant l'igloo qu'ils avaient construit ensemble et sourit doucement. Oui l'endroit était très beau, épuré et lumineux. Un bel endroit pour se cacher du reste du monde. Leur cachette à eux, rien qu'à eux. Dans la neige, la fillette soupira et retira son petit sac à dos pour le serrer dans ses bras. La peluche était réconfortante elle aussi. Pourtant quand Morghann prit la parole, Ayzebel posa sur lui un regard perplexe avant qu'un immense sourire ne vienne barrer son visage et qu'elle se mette à gesticuler vivement.

« Oh oui ! Je veux me marier avec toi Morghann ! »

Son sourire se fit plus discret alors que l'enfant se calmait et quand le Earl approcha son visage pour l'embrasser, elle resta immobile, bouche fermée à le fixer. Les lèvres du garçon étaient toute chaude contre les siennes, un peu humide aussi... Alors c'était ça les vrais bisous de grand ? Oh la la... Si Galéa avait vu ça, elle se serait rudement mit en colère. Ayzebel rougit et lâcha un petit rire amusé en fixant Morghann d'un regard pétillant et joueur.

« Tu m'as fait un bisous sur la bouche.... »

C'était son tout premier bisous, ça c'est sûr, elle ne l'oublierait jamais ! Heureuse, l'enfant se laissa câliner et embrasser bien qu'à son âge, cela ne voulait pas dire grand chose contrairement à Morghann qui lui commençait à rentrer dans l'adolescence. Ayzebel ouvrit son sac et chipa des bonbons qui traînait dans le fond avant de sourire et de les tendre à Morghann, paume ouverte vers le ciel.

« C'est une très jolie maison... la plus belle de toutes ! »

Elle se pencha, embrassant la joue du garçon et murmura en plongeant son regard dans le sien.

« J'ai hâte d'être une grande personne pour me marier avec toi... Et quand ce sera fait, je te ferais sourire tout les jours. Tu n'aura plus peur de rien et je te protégerais de tout les gens qui te veulent du mal. Je t'aimerais très fort... Aussi fort que mon petit cœur me le permet. »

Ayzebel approcha son visage et imita le geste de Morghann. Maladroitement elle posa ses lèvres sur les siennes dans un bisous mouillé et qui trahissait une absence totale d'expérience en la matière. A six ans aussi... La petite fille couina en rougissant et haussa les épaules, faisant les yeux doux au jeune Earl avant de lever les mains et de dénoué le ruban de satin blanc qui nouait une partie de ses cheveux puis le glissa dans la main de son ami et murmura.

« Tiens, c'est un cadeau pour que tu te souviennes que je t'aie fait la promesse de me marier avec toi. »

En meilleur forme visiblement, Ayzebel se hissa debout sur ses pieds, se tenant contre la parois de l'igloo et sourit, enfilant à nouveau son sac à ds préalablement refermée et se dirigea vers la sortie, lâcha d'une voix joyeuse.

« Tu viens ? On va agrandir notre maison ! Mais sans magie cette fois ! Je veux que tu profite de la neige avec tes mains, tu verras c'est amusant ! »

Dim 10 Jan - 15:23
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Elle avait une part touchante dominante dans sa façon d'agir, de réagir. Elle avait ce quelque chose de différent en rapport à la famille Earl, si froide et si grande en même temps. Et même en rapport à ceux qu'il avait l'habitude de côtoyer de façon générale. Tout un chacun adoptait un comportement différence en présence d'un membre de la famille Earl, du plus petit au plus grand. Tout le monde était incroyablement gentil avec lui, trop même et pour ainsi dire, il sentait toute la fausseté et l'hypocrisie... ou bien la peur du spectre de Pryam. Il n'avait jamais trop su... Mais il ne retrouvait pas cela chez cette petite-chose. Elle avait l'air sincère et spontanée. Et surtout... Elle lui offrait des bonbons qui commença à grignoter, un par un avant de récolter un nouveau baiser.

Son regard obscur se posait sur la glaces quasi translucide, brillant de mille éclats à la lumière du soleil. Il aimerait tant quitter l'ombre de ce château macabre, découvrir des lieux baignant d'une lumière dévorante. Il aimerait vivre dans cette piètre maison. Elle n'avait pas le confort et la chaleur de leur somptueuse demeure... mais il s'y sentait bien mieux. Morghann prit le ruban de satin, laissa s'afficher un instant, un demi sourire avant de ranger le tissu dans sa poche. L'amour était un bien étrange sentiment. Quelque chose qui peinait encore à comprendre. Le peu d'amour qu'il ressentait, il le dédiait à son jumeau (et ça ressemblait d'avantage à de l'amour vache) et aux défunts... mais pour eux, il s'agissait d'avantage de respect. Les Earl n'étaient pas trop versés dans ce genre de sentiments, ou peut-être bien, mais dissimulé, jamais montré à la vue de tous. C'était un sacré, du privé.

Elle voulait agrandir la maison. Morghann se leva et la suivit à l'extérieur, commençant un roule la neige, petite boule et bientôt... l'énorme ventre d'un bonhomme de neige qu'il mena jusque près de la porte de l'igloo. « Ce sera notre gardien. Personne ne pourra nous faire de mal avec lui. » fit-il en posant la seconde boule qui faisait office de tête. Il alla chercher des cailloux pour le gracier de deux yeux noirs, ceux de sa famille. Les Voix prenaient de l'ampleur dans sa tête, résonnaient en écho. Elles lui parlaient, toutes ensemble, dans une cacophonie délirante, une valse sans ordre des pas et lui, au milieu de tout ça qui devait danser. Sa vision se troubla, un vertige le prenait. Il se sentait tanguer, trembler comme une personne droguée. C'était bien ce qu'il était. Onze année à les écouter. Onze années à supporter. Elles l'assaillaient et il leur avait bien trop résisté. Il tomba à genoux, lèvres ouvertes, respiration haletante, corps fébrile, regard vitreux, lointain, malade... Le reste de son corps s'écroula dans la neige : il leur cédait. Qu'ils prennent, il ne retenait plus la barrière, ça n'était pas la première fois qu'il le faisait. Il se réveillerait peut-être dans deux ou trois heures...

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Mer 13 Jan - 21:49
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Le retour sous la neige se fit avec le sourire. Ayzebel sautilla vivement, levant les mains en l'air pour tenter d'attraper les flocons. Le souvenir de la terrifiante goule semblait loin derrière elle, quant à l'esprit d’Annabelle, elle n'avait plus peur à présent que Morghann lui avait assuré que celle-ci était gentille. Après tout, ne les avait-elle pas protégé de la goule ? Cela n'avait pas échapper à l'enfant qui déjà, s'était accroupis et commençait à faire un tas de neige alors que son ami lui commençait à constituer un bonhomme de neige. Gardien de leur igloo, soit disant... La fillette releva le visage et sourit, lâcha d'une voix enjouée :

« Haw ! Il est beau ! Faudra lui donner des bonbons à manger pour ne pas qu'il meurt de faim ! Ça lui donnera des forces pour protéger la maison ! »


Par chance, aucune créatures vivantes n'avaient un régime alimentaire composer uniquement de bonbon. Quoi qu'à bien regarder Morghann dévorer les siens, c'était à se demander si lui même n'était bonbontosaure. Ayzebel observa le bonhomme de neige qui était aussi grand qu'elle, même un peu plus en réalité et se hissa sur la pointe des pieds avant de pivoter le visage pour fixer le Earl qui....Semblait bien mal en point. L'enfant accourut aussi vite qu'elle le pu, le visage crispé de peur.

« Morghann... ? Tu as mal ? »


Demanda t-elle avec toute l'innocence possible. Quand il tomba à genoux, Ayzebel le saisit par les épaules, tentant de le soutenir en gémissant sous l'effort mais il était plus grand, plus lourd... Et elle n'était qu'une fillette de six ans. Il s'écroula lourdement dans la neige, inconscient alors que la petite fille se mit à geindre de peur, le secouant à l'aide de ses petites mains.

« Morghann ! Morghann ouvres les yeux ! S'il te plait réveilles toi ! S'il te plait... »

Les larmes se mit à ruisseler alors que soudainement, une main ferme se saisit de son bras et le serra avant de le tirer. Surprise, l'enfant pivota son visage larmoyant pour fixer qui l'avait ainsi éloigné de son petit chéri avant de découvrir le visage austère de sa mère.

« C'est pas moi maman ! Il est tombé d'un coup ! Je te jure j'ai rien fait ! »

« Je sais, viens il faut partir. »
« Nan ! Nan il faut l'aider ! »
« Ayzebel, on part j'ai dit ! »
« Non, je ne veux pas le laisser tout seul ! Maman il est peut-être entrain de mourir ! »

Sanglota l'enfant alors que sa mère, bien plus forte, l'éloignait encore plus du Earl. L'enfant se débattit, tirant dans l'autre sens en tendant sa main libre vers le pauvre Morghann inconscient, gémissant, pleurant, hurlant même.

« Non, je veux rester lui ! Maman s'il te plaît !!!! »


Sa voix se faisait toujours plus fort, son échos pouvait s'entendre à des dizaines de mètres à la ronde, troublant le silence du domaine. Galéa se stoppa et pivota, saisissant sa fille par les épaules et la toisa froidement.

« Ayzebel ça suffit ! Ce n'est pas de ton ressort ! Tu ne pourras pas l'aider, tu n'as pas la magie nécessaire... et tu ne l'aura jamais. »

L'enfant fixa sa mère qui la souleva du sol, la portant dans ses bras pour la calmer et la transporter plus facile. Les cris d'Ayzebel n'avaient pas été inaperçu, une silhouette pâle avait irruption, pieds nus dans la neige et s'approcha du petit garçon qu'elle retourna avec doucement avant de le soulever aussi,, le portant dans ses bras et en silence, croisant le regard de Galéa, elle entra dans le château. Comme l'avait sentit la sorcière, Morghann ne serait pas laisser ainsi. Elle glissa sa fille dans l'a voiture, l'attachant puis grimpa à son tour et démarra. Ayzebel continuait de chouiner, pleurer en observant par la fenêtre, le château qui diminuait à vu d'oeil alors que sa voix retentit, sa petite main se plaquant contre le vitre glacée de la voiture.

« Naaaan ! Morghann ! Je veux y retourner ! Je veux être avec lui !!! »
« Pitié Ayzebel ! Cesses donc de hurler ainsi !!! »

Râla Galéa avant que l'enfant ne pose ses yeux clair sur ma matriarche tenak.

« Je m'en fiche de toi ! Je te déteste ! »
« Si tu veux, détestes moi cela ne changera rien. »
« Si ! Parce que Morghann il a dit que quand on sera grand, on se marierait ensemble !!! »

Dans un crissement de pneus assourdissant, la voiture pila net sur la route. Galéa avait les mains crispées sur le volant, le souffle difficile alors qu'elle releva le visage, fixant le reflet de sa fille dans le rétroviseur.

« Quoi.... ? »
« Morghann c'est mon amoureux ! »

Galéa pivota vivement, toisant son enfant plus durement que jamais avant d'esquisser un sourire en coin.

« Crois-tu vraiment que cela arrivera, Ayzebel... ? C'est un Earl... les gens comme nous ne les épouses pas, les servir est déjà un honneur qui n'est pas accorder à tous. Ta place est à ses pieds, dans son ombre et non à ses côtés. Quant à toi.... Tu feras ton devoir envers notre famille comme je le fait encore aujourd'hui, comme m'a mère l'a fait et sa mère avant elle. L'amour ça n'existe pas, Ayzebel. »


Ayzebel se plia enfin au silence, fixant sa mère tristement. C'était si méchant de dire des choses comme cela. Galéa soupira et se retourna, allumant à nouveau le contact de la voiture qui avait calée sur la route et ajouta d'une voix hautaine.

« Fais-toi une raison ma fille... Parce que tu n'est pas prête de revoir Morghann Earl avant très... très... Très longtemps. J'y veillerais personnellement. »

La voiture se remit à rouler, prudemment. Le temps ne permettait pas de rouler à grande vitesse. Pourtant il ne fallu pas longtemps à ma matriarche pour rejoindre le cadeau des Tenak. Ce fut l'une des têtes de la trinity qui l'accueillit avec le sourire, un sourire auquel Galéa ne répondit pas, se contentant de pousser son enfant vers elle.

« Prépare la. »
« IL s'est passé quelque chose ? »
« Ma fille a été en contact avec Morghann Earl.»
« Oh... Est-ce si grave ? Il fallait bien qu'elle rencontre les Earl un jour... »
« Oui, ça l'est. Cette idiote à trouvé le moyen de se promettre en mariage à Morghann. »
« Une promesse d'enfant, rien d'autre Galéa... »
« Une promesse qui pourrait avoir des conséquence. Je n'en veux pas, c'est clair ? Il n'y a plus qu'à espérer que le jeune lord oublies cette promesse avec le temps. Ce qui arrivera à coup sûr.Quand à Ayzebel, prépares là pour le rituel. »
« Mais, Galéa, cela fait déjà trois fois en deux mois que tu la soumet à ce rituel... Penses à son esprit... Chaque fois que tu lui ôte une partie de sa mémoire, surtout à son âge. »
« Je m'en contre fiche j'ai donné un ordre Sybille !!!!! »

Hurla la matriarche d'une voix furieuse et autoritaire ? Ayzebel toujours silencieuse, sortit de sa poche le mouchoir de Morghann, le serrant contre son visage en sanglotant. Elle était si trste de la méchanceté de sa maman, pourquoi ne comprenait-elle pas ?

« Qu'est-ce que ça ? »

Galéa arracha le tissus des mains de sa fille et observa les initiales. 

« C'est à moi ! Rends moi mon mouchoir maman !!!! »

sans un mot, la matriarche déboula dans la pièce adjacente, s'approcha de la cheminée où un feu crépitait et jeta le tissus dans les flammes. Les cris de l'enfant se répercutèrent Alors que sa tante la guida à l'étage. Seule, le masque de Galéa se radoucit et fixant les flammes, elle murmura.

« C'est pour ton bien ma fille, un jour du comprendra que je te protège de tout ce qui peut te faire du mal. »


Ven 15 Jan - 16:03
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Souvenir d'hiver | Début décembre 1990
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