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 Brisures | Howard

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L'étrange sous la normalité : Enfant cadet du Patriarche Earl, il est un héritage refusé, s'extrayant de la nécrose gangrénée de sa famille.
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9 avril 2016

L’inspiration était difficile, l’air froid lui blessait les poumons et pourtant, dans ce cycle incessant, Morghann avait bel et bien l’impression que ce froid était en lui, sous sa peau, dans sa chair. L’idée lui était d’autant plus intolérable qu’il en connaissait parfaitement la raison et cela confirmait des craintes sournoises. Journée chargée comme pour beaucoup depuis la catastrophe, la douche chaude lui fit un bien fou malgré le contraste avec l’hiver en lui. Il avait passé quelques minutes recroquevillé, sous le jet de l’eau, en proie d’un mal-être profond. Et pour cause : ici, au milieu de tous, il en était fini de son havre de paix aménagé avec Howard. Ici, il ne pouvait pas faire un pas sans devoir se tenir droit aux yeux de tous, assumer sa parenté avec Pryam, tyran décrié et endosser les conséquences de ses propres actes lors de la bataille. Ici, il avait le visage fermé. Tendu, il était épié à chaque seconde et la crainte nouait ses entrailles. Chaque détour de couloir pouvait être un guet-apens, chaque regard pouvait être une suspicion, chaque sourire pouvait être un mensonge et chaque mot une morsure de serpent. Plus d’une semaine avait passé déjà et dans ce huis-clos, il se sentait étouffer. Il n’espérait qu’à sortir d’ici et dans un même temps, il aspirait à retrouver ses frères, vivants, entiers. Il coupait l’eau, se séchait s’habillait chaudement. Ses idées s’entremêlaient alors qu’il s’apprêtait à rejoindre Howard et il traversait le couloir du Siège en priant mentalement pour qu’on ne l’alpague pas en chemin pour il ne savait quelle demande. L’état de son jumeau s’était stabilisé, passé les instants critiques, il ne restait que des soucis qui nécessitaient du temps… Et de la compréhension. Les tentacules étaient un sérieux mystère. Son autre frère croupissait dans le Hall des Ténèbres qu’il lui faudrait percer et il se demandait mentalement ce qu’il avait bien pu faire au ciel pour se donner des missions aussi impossibles que celles de ressouder sa famille, vouloir le bien autour de lui, obtenir l’amour son jumeau ou encore se mettre en quête ni plus ni moins de la prison la plus sécurisée du monde sorcier… Ça n’avait résolument sens qu’en un mot : masochisme.

Alors qu’il se demandait si, au final, il n’était pas atteint d’une tare psychologique extrêmement sévère, il entra dans la chambre de son jumeau, gardée par ses fantômes. A l’exception de son père, de Moïra et d’une Khan de confiance, personne n’avait idée de l’état dans lequel se trouvait Howard et c’était bien mieux ainsi pour l’honneur de ce dernier. Fermant la porte dans son dos, ses traits se relâchèrent. La pièce n’était pas très grande avec un lit et quelques fauteuils : ça n’avait rien des suites qui étaient les leurs dans le château des Earls mais c’était un grand luxe au lendemain de cette bataille. Beaucoup de la populace partageait leur intimité dans un lit de camp. Il poussa un soupir pour se vider de la tension présente en lui et défit ses vêtements pour enfiler des habits de nuits et se faufiler dans les draps d’Howard en silence. Il fut alors surpris de voir les yeux de celui-ci ouvert. Il avait pris l’habitude de le voir endormi et de ne pas le déranger pour qu’il reprenne toutes les forces dont il nécessitait. La surprise lui avait fait manquer un battement de cœur et brusquement, ce fut l’intense saisissement de l’ascenseur émotionnel. De ses malheurs quotidien et de l’angoisse, il grimpa en flèche vers un bonheur si rare qu’il était précieuse : « Hey.. Tu es réveillé… ! » Un immense sourire avait rejoint ses lèvres alors qu’il se mit à pleurer comme une madeleine, donnant alors un étrange mélange où toutes ses tensions se relâchaient. Elles s’effondraient et lui qui s’était reconstruit dessus par nécessité, suivait le mouvement en chute libre. A défaut de pouvoir serrer son frère dans ses bras au risque de lui faire mal ou de l’écœurer (ou les deux), il avait saisi sa main avec force, portant ses doigts à ses lèvres dans un amalgame entre un baiser et une morsure : un ‘je t’adore’ et un ‘bordel, tu m’as fait tellement peur’ à la fois. Son souffle devenu glacé devait agresser la peau de son frère, comme le signe affreux du compte à rebours sur ses jours. Il  inspira douloureusement, tâchant de retrouver son calme et faire cesser ses larmes, même si pour une fois, elles coulaient de joie.

Il avait beaucoup de chose à lui dire, à lui apprendre, mais l’assommer de mauvaises nouvelles était le meilleur moyen de le détruire. Il irait progressivement, aujourd’hui ou dans les jours à venir. « Howard… Comment tu te sens ? Est-ce que… Ça fait mal ? » C’était un ‘ça’ grimaçant désignant sans nul doute les multiple tentacules sur le corps de son aîné.

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Ven 24 Mar - 18:38
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L'arrivée de son frère le tira de ses pensées, et il cligna lentement des yeux en tournant la tête pour l'observer, se demandant ce qu'il allait faire. C'était la première fois qu'il reprenait réellement conscience depuis qu'il s'était effondré dans ses bras, après s'être sortit de l'Ailleurs, et il n'avait aucune idée de ce qui s'était passé entre temps… Et en même temps, il n'avait pas vraiment envie de le savoir. Par souci du devoir, il avait tenté, essayé de s'y intéresser, mais quelque chose l'en empêchait et il était resté allongé sans vraiment bouger, se laissant lentement porter par la chaleur de son couchage, en un flagrant contraste avec l'extérieur gelé. Rester sans bouger ne le dérangeait pas et de toute façon, où pourrait-il bien aller ? Il n'avait plus de jambe. Ça il s'en souvenait parfaitement, et s'il avait eut le malheur d'oublier, tomber du lit lui aurait suffit pour s'en souvenir. De toute façon, il n'avait pas besoin de bouger, et tout était à portée de main, ou de tentacule. Mais présentement, il observait son frère, qui avait apparemment décidé de venir dormir avec lui. Connaissant Morghann, ça ne devait pas être la première fois, son frère avait certainement profité qu'il soit inconscient pour s'étendre avec lui à de nombreuses reprises. Ce qui aurait d'ailleurs dû le gêner, le mettre mal à l'aise et le rendre réprobateur… et qui ne le faisait pas. Pourquoi ? Pourquoi est-ce qu'il ne se sentait pas… concerné, pas atteint ? Savoir qu'ils s'étaient touché, qu'ils se touchaient en l'instant alors que Morghann lui saisissait la main, aurait dû le faire grimacer et le faire se sentir sale. Il aurait dû avoir envie de s'écarter et de se laver, mais après ce qu'il s'était passé…

« Non »

La réponse fut légère, détachée, tandis qu'il l'observait d'un regard sombre, parcourut de délicates étoiles glacées. Il l'avait regardé pleurer sans tressaillir, plus intéressé par le froid qui émanait de lui et qu'il sentait à moitié. Qu'est-ce qui n'allait pas, chez Morghann ? Où son frère avait-il été jouer ? Mais en voyant la tête que l'autre tirait et le regard lancé à son corps, il était clair que changer immédiatement de sujet serait difficile. A la place, il baissa la tête pour regarder sa propre peau, et se laissa submerger par un mélange de dégoût et de renonciation. Ça… ne le révoltait pas autant qu'il l'aurait pensé, même si c'était terriblement étrange, que cela le mettait mal à l'aise et qu'au final, le regard des autres suffisait déjà à lui faire comprendre la profondeur de la violation. Morghann était seulement le second mais c'était suffisant, entre lui et la Khan. Un sourire aigre et cynique se dessina sur son visage, et il releva un regard doucement amusé sur son jumeau… qui ne lui ressemblait plus tellement, tant il était lui-même endommagé.

« Je suis monstrueux… hein ? Ça te dégoûte ? »

Il y avait comme une note de défi dans sa voix, un défi à son frère de lui dire en face que c'était maintenant lui qui était mal à l'aise à l'idée de le toucher et d'entrer en contacte avec cet… ajout à sa personne. En un sens, ça l'aurait soulagé. Il n'aurait pas eut à extérioriser que lui-même ne savait plus s'il devait se considérer comme un être humain. Comment pouvait-il être humain avec tout ça ? Il était… ravagé. Il n'avait pas besoin d'un miroir pour le voir, il le savait et le devinait, même dans leurs regards. Pas étonnant que la pièce ne comporte rien de naturel dans quoi il aurait pu se mirer. Inspirant profondément, il soutint le regard de son frère, l’œil gauche tressaillant par instant. Sa vue avait baissée, sur cet œil-là, celui atteint par l'explosion… Et il avait mal, par instant. Fermer l’œil n'aidait pas davantage, il avait l'impression que celui-ci le piquait. En déglutissant légèrement, il décida, pour essayer de le faire davantage réagir, de pousser un peu plus loin.

« Attend, regarde… j'ai remarqué quelque chose de particulier à leur propos... »

Il se redressa péniblement, se concentra, laissant les tentacules qui se glissaient hors de sa peau ébréchée grandir, s'allonger, pour venir frôler et caresser le visage de son frère. C'était tellement répugnant qu'il éclata de rire, pouffant nerveusement, les épaules prises de soubresauts…

Sam 25 Mar - 16:55
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Non, Howard n’avait pas mal. C’était mieux ainsi quelque part. Au moins, il ne souffrirait pas le temps qu’on trouve comment lui retirer. Si cela était retirable. Morghann n’y songeait pas vraiment pour le moment : l’heure de la réflexion viendrait mais là, il savourait celle des retrouvailles. Il lui avait alors répondu d’un sourire soulagé, alors que son frère détaillait sa propre condition. La réplique le surprit autant qu’elle le frappa et l’attrista malgré l’amusement ironique que son aîné consommait. S’il avait entrouvert les lèvres en vue d’une réponse, par honnêteté, rien ne sembla en sortir, bien malgré lui. Son regard se porta sur ce corps estropié, meurtri, possédé de son aîné. Son for intérieur agréait la nature monstrueuse de sa surface, son intellect refusait de rétorquer qu’il demeurait dans les critères artistiques qu’on octroyait à la norme de beauté. Même si celle-ci était très subjective en vérité. Ce qu’il avait face à lui avait égaré quelque part ses traits humains, bien que Morghann les devinait encore sous ces blessures et ces immondices. Probablement parce qu’il était médecin et qu’il avait appris que les plaies, même les plus affreuses, bleuies ou jaunies, reprenaient à l’action du temps des courbures moins difformes. A cela s’ajoutait le brillant éclat de la magie dans laquelle ils baignaient et qui offrait de plus grands espoirs encore au rétablissant de son frère tant aimé. Alors oui, c’était monstrueux, terriblement laid. Devait-il en découler que cela le dégoûtait ? Morghann baignait dans un marasmes d’horreur, où les créatures les plus vils et les plus affreuses défilaient sans que l’Earl ne soit capable de leur reprocher l’horreur dont ils étaient l’objet. Sa tolérance et sa tempérance ne se brisaient que lors-qu’autrui portait atteinte à son aîné, mais le reste de l’éternité, n’était que d’une incroyable clarté.

Il grimaça et ferma fortement les yeux au contact des tentacules sur les contours de son visage. C’était étrange, singulier. La froideur visqueuse n’était pas ce qu’il appréciait le plus et pourtant, sa réaction n’avait été celle du rejet ou de la répulsion. La sensation n’était agréable mais il ne s’était pas retiré, il ne l’avait pas repoussé ; à sa place, il était resté, le laissant faire à son gré avec la même confiance qui lui portait à l’ordinaire. « Si je ne savais pas que tu étais mon frère, je ne t’aurais pas reconnu. » railla-t-il en glissant ses doigts entre les appendices pour les reculer finalement et les laisser s’emmêler autour de ses digits. Un sourire revenant sous ses lèvres : il préférait avoir cela sur les mains que sur le visage. Médecin qu’il était, il s’en trouvait assez habitué à ce genre de contact. Ce qui se trouvait dans le corps des cadavres avait parfois la même couleur et la même consistance et ça ne l’avait jamais empêché de mettre ses doigts dedans sans avoir froid aux yeux. « Je ne sais pas si tu te souviens… Ça me rappelle le céphalopode qu’on avait eu à disséquer en deuxième ou en troisième année. » Il s’était mis à rire, amusé de la comparaison, et déjà fier de l’immense connerie qu’il allait sortir : « Je vais t’appeler Poulpy. » Il se mit à pouffer d’un fou rire incontrôlable. Il n’avait même pas envie de s’arrêter, cela lui faisait tellement de bien qu’il en oubliait toutes les horreurs alentours. Il n’y avait plus d’hiver, plus de danger, plus de mort imminente. Entre deux éclats de rire, il parvint à caser : « Promis, ça sera seulement en privé. »

Il lui fallut quelques secondes ou quelques minutes pour se calmer, en jouant avec les trucs qui remuaient, il leva ses prunelles d’obsidienne vers celles qui avaient changé. Morghann s’en rendait compte et s’en était immobilisé d’étonnement. Le lien fut assez immédiat dans son esprit, conscient qu’il était d’avoir passé au moins le regard à travers les portes de l’Ailleurs. « C’est beau… » Passé la surprise, il poursuivit : « Froid et lointain aussi. Tes yeux. » Oui, parce qu'évidement, Howard ne pouvait pas voir ses yeux et Morghann n’avait pas encore l’idée en tête que d’aller lui chercher un miroir. En vérité l’horrible idée qu’il avait en tête, c’était un ‘comme Werner’ mais il étouffa cette pensée rapidement, trop prompt qu’il était à refuser qu’on gâche ses retrouvailles avec son frère. « En fait, c’est un peu une part de toi, ces choses. Ce n’est pas vraiment quelque chose d’étranger. » Il s’installa plus confortablement, tête sur l’oreiller, sur le côté pour s’orienter vers son frère et continuer de parler avec lui. « C’est moche... » fit-il avec une honnêteté quasi brutale avant de hausser les épaules : « Je t’ai lavé, je t’ai soigné, je me suis reposé près de toi, contre toi. Je suis pas certain que ça ait été mon comportement si ça m’avait profondément dégoûté. Tu as lu la belle et la bête ? » Comment ça il passait du coq à l’âne ? Dans son esprit, ça avait une logique impeccable. Après les légendes d’Arthur, c’était à ce roman qu’il faisait référence. « La bête a dans les yeux quelque chose d’humain, quelque chose de sincère. Et malgré son apparence hideuse, la belle s’accroche à ce regard parce qu’il est porteur d’espoir et reflète sa vraie nature. Tu es humain, Howard. Tu es humain parce que dans tes yeux , je vois ton âme. Je la sens autant que j’en connais les craintes. » Celle de ne plus être présentement humain. Être physiquement défiguré n’entravait pas sa nature profonde. Il rapporta sa main ententaculée sur le torse de son frère, apposant là un contact qui se voulait apaisant.

« Je suis désolé, Poulpy, mais si j’étais devenu dingue de ton visage, je me serai contenté de m’observer amoureusement dans un miroir à longueur de journée. Ça m’aurait évité de supporter ton caractère de grincheux. » railla-t-il avec beaucoup d’affection malgré son propos. Pour rien au monde, il n’échangerait son grincheux à lui.

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Sam 25 Mar - 22:20
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La réaction de son frère était naturelle, compréhensible, et s'il avait été dans la même situation, à sa place, avec des tentacules qui venaient lui caresser le visage, il aurait également essayé de minimiser l'inconfort qu'il aurait ressentit. La confiance que Morghann lui vouait le soulageait, lui faisait du bien… mais elle n'atténuait pas la vive sensation de souffrance que son inconfort pourtant instinctif et compréhensible lui causait. Stupidement, il aurait voulut que cela ne lui cause rien du tout, qu'il se comporte comme si rien ne s'était passé… ce qui était simplement impossible, et égoïste, mais il ne pouvait s'empêcher d'y aspirer. Si son propre frère réagissait ainsi, quelle serait la réaction, hors de cette pièce aseptisée. Certainement bien pire, et serait-il seulement capable de la supporter ? Voulait-il la supporter ? Il n'en était pas certain, peut-être serait-ce mieux qu'il se retire simplement, quitte à retourner vivre au château familiale, loin des regards, loin de l'horreur que le reste du monde de l'Enver éprouverait fatalement à son égard. Il se sentait moralement épuisé, incapable de soutenir encore une fois les épreuves qu'on lui imposait ; il n'en pouvait plus de devoir agir avec dignité, de devoir supporter sans jamais rien dire, sans jamais faire part de ses sentiments et de ce qui le rongeait. Et pourquoi le ferait-il désormais, puisqu'il était de toute façon un monstre ? Pourquoi en aurait-il besoin ? Quoi qu'il fasse, rien ne pardonnerait son apparence aux yeux du reste du monde. Ni aux siens d'ailleurs.

« Je ne me reconnais plus moi-même »

L'amère constatation n'était enroulée d'aucune douceur, ni d'aucune forme de courtoisie, tout au contraire, elle semblait être raillée, presque mauvaise dans sa partialité assumée. Son regard se baissa sur l'une de ses mains, elle aussi percée par des appendices noirs et légèrement humides… L'aspect des tentacules était singulier, même si en soi, ce genre de chose l'était déjà par leur simple existence. Ils étaient musculeux, nerveux, loin de l'aspect lent et faible des méduses et gauches de ceux des véritables poulpes. Le nécromant (mais pouvait-il encore se nommer ainsi?) avait l'impression qu'il pourrait probablement broyer quelque chose avec s'il venait à apprendre à les maîtriser totalement, à les faire siennes, à les transformer en véritables extensions de son corps mortel. Mais l'idée était saugrenue. Pourquoi aurait-il voulut les faire siennes ? Ces choses étaient… horribles. En voyant son frère rire, une idée lui vint, distante, étrangère, une idée cruelle mais lointaine, comme une observation pensive : rirait-il encore s'il le serrait dans ses tentacules de cette force de boa qu'il ressentait en elles ? Immédiatement, la pensée fut chassée par d'autres, conscientes cette fois, et il se contenta vaguement d'un sourire bref face à la boutade. Sa propre hystérie avait grandement diminuée et il ne parvenait pas à contrôler les sautes d'humeurs auxquelles il semblait sujet. Sérieux comme la pierre, il plongea son regard dans le sien.

« Regarde vraiment mes yeux et dis-moi qu'ils sont humains... »

Il n'avait pas vu ce que son frère voyait, mais la conscience aiguë de lui-même qu'il avait depuis son éveil lui permettait d'être certain que l'affirmation de son frère n'était vraiment qu'un conte à l'eau de rose.

« Nous savons tous les deux ce que signifient mon apparence... »

L'Ailleurs l'avait sauvé, il y avait fort à parier qu'à présent, il lui appartenait. Et il ne pouvait même pas réfuter cette appartenance, même si son apparence l'insupportait. Ses sourcils se froncèrent, et il se releva, de toute évidence sans le moindre mal. Sous sa peau, le réseau de veines s'était en partie teintée de noir, de sorte qu'il semblait transparent, ou qu'il possède des écailles étranges. Un instant, il éleva une main, la passa dans les tentacules sur sa nuque, les dégageant de ses cheveux et les lissant pour qu'ils retombent nettement dans son dos en un geste inconscient. Son corps frémissait pourtant par endroits, des réflexes automatiques qu'il ne contrôlait pas, démentant en partie son absence de douleur. Lentement, il vint le surplomber, les tentacules sur son torse se rétractant, et se faisant plus fins… La vision était nauséeuse, et pourtant il poursuivit, s'accrochant avec quelque chose d'irrationnel à la conscience qui se déconnectait de ses actes. Élevant une main, il vint caresser le visage qui avait été si semblable au sien : haut front, nez droit et fort, les pommettes ciselées, les yeux à la couleur veloutée… La peau, plus matte qu'elle n'aurait dû sans que personne n'ai compris pourquoi. Dans le creux de sa main, la peau s'écarta lentement, délicatement, avec une sensation désagréable qui fit frémir le bout de ses doigts… de la brèche, de nouvelles tentacules sortirent, fines, qui virent caresser le derme en faisant fi de son inconfort.

Quelque chose éclata dans sa tête, qui le fit un instant grimacer, tandis que des informations se déversaient dans son esprit sans qu'il comprenne ce qu'elles signifiaient. Par réflexe, il retira sa main… mais ne cessa pas de se raccrocher aux lambeaux de sa conscience. « Tu crois vraiment que je suis encore humain ? Encore moi-même ? » Il secoua la tête et se pencha au-dessus de lui, une main à plat contre sa joue. « Et si je fais ça… ? Le crois-tu encore ? » Les étoiles dans ses yeux brillèrent davantage, froides, alors qu'il se baissait et posait ses lèvres sur les siennes.

Dim 2 Avr - 11:27
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Le cadet aurait pu défaillir. Il l’avait vu venir, se redresser, le surplomber, se pencher. Mais l’achèvement n’avait été qu’un fantasme à jamais rêvé qui perçait l’outrage de la réalité. Souffle coupé, à ses lèvres envoûté, Morghann entrouvrit les siennes, au moins pour inspirer lentement, laissant l’air s’imprégner de l’odeur de son frère, si proche à ses côtés, pour l’avaler et s’en rendre ivre. Il lui rendait un baiser du bout des lèvres, à peine effleurées, comme s’il y avait une erreur dans la réalité, quelque chose qui n’aurait pas du se passer et dont il peinait à se familiariser malgré qu’il l’ait tant espéré. Cela surgissait de nulle part, comme un revirement de situation auquel il souffrait à offrir sa croyance. Howard n’avait jamais approuvé, jamais accepté. Il aurait été encore moins prompt à venir chercher le contact honni de ses lèvres, alors pourquoi ? Pourquoi le lui accordait-il ? Si ce n’était pour cruellement s’éloigner ensuite de lui ? Le cadet pourrait-il seulement accepter la distance qui se reformerait ? Instinctivement, il le refusait et passait ses mains dans sa nuque, aliéné au bien que le geste lui procurait. Sa langue vint percer le passage de ses lèvres, s’opposant catégoriquement à ce qu’on lui reprenne ce qu’on lui avait donné. Il était celui qu’il aimait, il ne ferait que se briser si on lui retirait l’intensité à laquelle on lui avait fait goûter. Amère, pourtant, en lui, il le savait : ce n’était pas Howard. Une part de lui luttait et se complaisait à croire que, de jugement, Howard avait reviré pour qu’à son cœur, il vienne s’accrocher, après toutes les douleurs qu’ils avaient ensemble traversées… Ne pouvaient-ils pas se reposer l’un sur l’autre ? N’avaient-ils pas droit à cet abandon ? N’avaient-t-ils que le loisir de l’espérer sans jamais, Ô grand jamais, s’octroyer cette légèreté ? Il l’embrassait avec toute l’ardeur de l’amour qu’il lui portait, mais en lui, il rageait d’un feu possessif et guerrier. Il vibrait à la haine qui portait à cet Ailleurs qui lui prenait son aîné. Non… Non jamais, c’était à lui qu’il appartenait. Il ne laisserait pas faire. Il ne pouvait pas l’accepter ; plus que les tentacules, c’était qu’Howard se soit offert à quelque chose d’autre que lui qui l’écœurait et qui lentement, le consumait.

La glace à son âme le tordait de douleur, lui arrachant un hoquet dans le baiser qu’il donnait avec tant de fougue. Les larmes lui montèrent aux yeux alors qu’à travers elles il mirait le monstre qui lui faisait face. « Tu m’appartiens. » lui cracha-t-il au visage, dans une colère abominablement augmentée par la douleur. « A moi… A rien d’autre. » Certainement pas à l’Ailleurs. Il le refusait, il lui interdisait. Son âme engourdie par l’Hiver vint saisir celle de son jumeau. De toutes les proximités, c’était à celle-ci qu’il aspirait dusse-t-il renoncer à la chair qui lui était offerte en pâture. La respiration du cadet était altérée, virant tantôt à l’asphyxie, tantôt au souffle accéléré… Et froid.  Comme la bise gelée d’un hiver mordant qui percutait les lèvres humides de son frère. Il avait froid en lui même et il tremblait tandis qu’il plantait ses griffes dans l’âme de son jumeau pour l’attraper et l’empêcher de partir, de s’évaporer. Puis dans une lenteur mourante, il l’enveloppait de douceur, préservant ce qui lui était si cher. Tendre, il l’enserrait de ses bras meurtris, des filaments de création divine que le temps et les épreuves avaient mutilés mais qui feraient leur office. Il l’englobait, se rassasiant de l’âme qu’il voulait protéger. Elle était l’humanité de son aîné, elle était son intégrité, son indispensable vérité, celle que l’autre voulait, par ce baiser, lui faire oublier. Dans ses cheveux, des cristaux blanchissaient le noir que sa famille portait, le grisonnant un poivre et sel prématuré pour ses maigres années. Lentement, il inspirait mais c’était comme avoir mille couteaux dans la gorge qui le blessait. Cela passerait, il l’espérait. Dans ses prunelles noires, une seconde lueur brillait, comme un double reflet qui n’était pourtant que la seconde âme à laquelle il était lié. « Je vais te garder… Le temps qu’on trouve une solution. Si l’Ailleurs te veut, il devra me passer dessus d’abord. » Et faible comme il était, il n’en ferait qu’une bouchée. Il refusait néanmoins d’offrir son frère possédé sans se battre. Il voulait le récupérer hors de ces tentacules. Morghann aussi avait sauvé la vie de son frère. Il était autant légitime et pourtant n’avait jamais pris le parti de lui réclamer quoique ce soit en retour.

« Tu embrasses bien, tu sais. Tu devrais vraiment faire ça plus souvent. » tenta-t-il, frôlant l’humour avec un sourire mais résolument trop raide de douleur pour en rire lui-même. La souffrance lui faisait dire n'importe quoi. Il se sentait engourdi par le froid, tel un glaçon. Il avait cessé de trembler : cela ne servait visiblement à rien et même son corps l’avait compris. « Tu es humain, Howard. L’âme que j’adore. Et j’emmerde l’Ailleurs. » Un vocabulaire indigne de son éducation, expectoré avec hargne. Il n’avait que ça, la rage. A défaut d’arme pour se battre convenablement. Pour virer cette inhumanité qui dévorait Howard hors de lui. *Seigneur...* Quoi, il priait ? Idolâtrant la création divine de l’âme gémellaire, il se noyait dans sa Lumière comme un rédempteur. Il observait son frère et pourtant, il ne voyait plus que de la Lumière, ivre de douleur qu’il s’en trouvait, dans l’hallucination blanche et aveuglante. *Pardonnez… Pardonnez vos pêcheurs.* Comme il avait tant pardonné lui-même, ses frères, son père, ce monde entier pourri et gangrené qui n’avait fait que lui arraché des lambeaux d’existence. *Protégez-les. Protégez-le. Pour tout l’amour que j’ai pour cette âme. Libérez-le.*

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Lun 3 Avr - 13:02
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Lorsque la prise fraternelle se referma sur sa nuque, il se crispa, se tendit, muscles bandés, du moins ceux qui, encore, fonctionnaient, assénant davantage la poigne que lui-même lui administrait. Accès lui fut abandonné, ne lui réfutant pas ce que son état débridé avait naturellement offert au désir que son frère couvait. L'aîné ne cherchait pas à biaiser ou à s'échapper, il le maintenait contre lui, lui rendant ce baiser féroce, dans lequel vibraient tous les sentiments qui naissaient en son cœur, l'échange brûlant autant que ce dont son âme brillait et qu'il sentait, contre la sienne, qui se réverbérait sans qu'il ne cherche à y échapper. Vaguement, il entrevoyait ses pensées, mais elles ne le dérangeaient pas sur le moment, car dans ce dégoût de lui-même qui le taraudait prenait le pas sur tout le reste, sur toute pensée réellement sensée, lui faisant voir le monde au travers d'un verre distordant les faits, teintant absolument tout d'une impression d'incompréhensible rejet qu'il combattait… Rien ne semblait avoir fondamentalement de logique, et pourtant, il en concevait une, toute personnelle semblait-il. Il se réjouissait de sa colère, de sa possessivité, et de cette volonté qu'il avait de vouloir le garder pour lui. Il se réjouissait d'instiller un peu de feu dans cette âme glacée…

L'iode qui vint teinter leur échange ne semblait qu'y ajouter, et pourtant, il vint à s'écarter, légèrement, lui rendant ses lèvres. Lui appartenir, disait-il ? Sans comprendre pourquoi, il lui répondit d'un sourire narquois. «  Vraiment ? » railla-t-il, son œil encore valide pétillant, les étoiles scintillant comme autant de moqueries célestes, alors que son âme vibrait et ronronnait à être saisie, ferme et puissante, vibrante d'une vie presque violente dans le chaos qui l'habitait. Il entrouvrit les lèvres, happant le souffle glacé qui s'échappait de celles de son cadet. Les griffes plantées dans son âme lui arrachèrent un gémissement de douleur, alors que ses traits se détendaient, puis se crispaient dans le même mouvement, en une ébauche de satisfaction mauvaise, son corps s'arquant un instant en appuyant sur sa prise. Un bref instant, quelque chose s'était déconnecté en lui, une réaction instinctive et rationnelle entre l'acte et la réponse, et pourtant cela ne l'alarmait pas, après tout, n'avait-il pas abandonné son existence au chaos de l'Ailleurs. Il ne s'étonnait de rien, il était trop désabusé, écroulé pour le faire. Et pourtant, cela faisait réellement mal. Très mal. «  Tss… » Il scella de nouveau ses lèvres des siennes.

Que croyait-il donc à ainsi s'agripper à lui, à ainsi l'entourer, lui dont la présence vibrait à présent dans la trame du monde. Il sentait la douleur ineffable s'échappant de lui à chaque inspiration et expiration, et s'en rassasiait. Elle prouvait que son frère était en vie. La promesse pourtant, soufflée contre ses lèvres, au cœur de son souffle et de sa poigne, avait quelque chose de risible, d'affectueusement pathétique. Il le croyait vraiment possédé ? Morghann pensait que son état présent n'était qu'un autre malencontreux incident, juste une possession terrible et malheureuse et qu'elle n'avait rien à voir avec lui, si ce n'était son statut de réceptacle… «  C'est un talent naturel il faut croire » serina-t-il de son humour grinçant, sans prendre la peine de le plaindre pour son état présent. Il ne savait pas d'où cela lui venait mais après tout, pourquoi ne souffrirait-il pas au moins un peu, au vu de ce que lui-même endurait ? Son œil droit, celui resté noir, se ferma à demi, tandis que l'autre tressaillait sans qu'il ne contrôle le tic douloureux. La suite lui fit hausser un sourcil amusé devant le péremptoire de l'affirmation…

Et il eut une idée. Se baissant légèrement, il caressa la chair humide, happa son souffle, le saisissant à la nuque d'une main ferme, alors qu'il poussait… Lentement, la chose s'introduisit dans la bouche de son frère, glissa sans se presser tandis qu'il l'embrassait, vint emplir sa trachée, se répandit dans l'arborescence de ses poumons… sans le tuer, avec une délicatesse qui n'excluait pourtant pas la taille conséquente du tentacule froid ainsi avancé. Les filaments pénétrèrent dans sa chair, son ADN… et il chercha plusieurs longues minutes avant de le relâcher et de se relever, ravalent lentement le long appendice d'un noir de jais jusqu'à le déglutir, le corps vierge des tentacules qu'il avait arboré. Une moue hautaine et mécontente se peignit un instant sur ses traits vite remplacée par un air de froideur nonchalante, composée, alors qu'il portait un pouce à sa lèvre inférieur pour en effacer quelque chose. «  Curieux, je ne parviens pas à atteindre ce qui produit ce gel » Le ton était celui de la conversation, comme si rien n'avait existé, de l'intensité avec laquelle ils venaient de se colleter.

Massant son œil doré lentement, comme pour en retirer les tressaillement presque continues qui l'empêchait de vraiment voir, il se poussa un peu, et reprit finalement : «  J'aurai pourtant cru qu'il suffisait de pénétrer ton code source. Mais le bris est ailleurs, c'est plus complexe qu'une banale affaire de matière première et pourtant Azatoth sait qu'elle est violentée depuis quelques temps… » Il se pencha de nouveau, vint poser une main ferme sur son cœur au travers du tissu, massa légèrement, pressant la pointe de ses doigts contre la chair. « Je m'excuse, Morghann… de ma réaction précédente. Je ne suis pas encore ajusté à mon nouveau statut. Le chaos qui me parcourt est difficile à intégrer… » Un frémissement le parcourut «  J'ai encore envie de t'embrasser… vas-tu te sauver si je le fais ? »


Dim 16 Avr - 19:36
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Morghann devenait fou, complètement. Ivre de ses baisers et de la douleur, il se laissait choir dans le confort de ses lèvres, les seules qui aient répondu à son appel désespéré. L’une de ses mains massait sa nuque, sans savoir vraiment s’il touchait des cheveux ou des tentacules. Pour être honnête, il n’avait pas même envie de savoir. Son autre bras se faufilait sur la peau de son dos, évitant les blessures et les appendices sur son chemin, ce qui ne laissait que peu de place mais cela lui suffisait. C’était un territoire déjà si immense en comparaison de ce qu’il n’avait jamais eu pour des gestes tendres.

Et puis soudain il crut déglutir le peu qu’il avait mangé. Ses yeux s’ouvraient, exorbités, terrorisés, pris un haut le cœur. Il ne parvenait à expulser la chose gluante, encombrante, qui croissait dans sa trachée. Sa poigne agrippa une bonne masse de cheveux, tirant aussi fortement que vainement la tête de son jumeau en arrière. Il étouffait et, dans un même temps, avait l’impression de pouvoir paradoxalement respirer. Ses ongles se plantaient dans la chair du dos gémellaire, puis il lui assena un coup de poing entre les omoplates pour lui faire comprendre ce que sa voix ne pouvait exprimer. Qu’il cesse bon sang ! Ça n’était pas des manières ! Il y avait sûrement des milliers d’écolières japonaises qui adoreraient, mais lui, il était un anglais pure souche ! Et il ne portait pas de jupe !

Enfin, le membre intrusif se rétracta, la respiration du cadet était sifflante, glaciale. Il peinait à rassembler ses idées et ne put qu’à moitié suivre ce que lui disait Howard tant ses neurones refusaient de se reconnecter après ce qui s’était passé. Comment son jumeau pouvait ainsi passer du coq à l’âne ou à il ne savait quoi ? « D-De mat-matière première ? » Quoi ?! C’était de son corps dont il parlait de la sorte ? Ayant lâché son frère, il passa ses deux mains tremblantes sur son visage, frottant ses tempes, ses yeux pour finir les deux dextres sur ses joues devenues brûlantes de colère ou d’envie. Il n’en savait trop rien, tout s’était passé si vite qu’il ne parvenait pas à suivre. « Fimbulvetr. » En élément de réponse. Il était bien trop secoué pour exprimer l’entièreté de sa pensée, et de toutes manières, Howard y avait pleinement accès. Haletant, il le vit se pencher à nouveau et dans un réflexe, posa un index contre les lèvres adorées : « Pouce. »

Un jeu d’enfant, il demandait une pause. Les événements s’étaient déroulés trop rapidement pour un humain. Il se recentrait, fusionnait ses idées, retraçait le cheminement de ce qu’il s’était produit. Lentement son index quitta de visage d’Howard, retombant mollement contre son corps, ses prunelles aux teintes noires de jais s’accrochaient à celles de son jumeau alors qu’il fronçait les sourcils : « Me sauver où ? » Dans le huis clos qui était le leur, où pourrait-il bien aller ? « Je n’irai nulle part sans toi. » Sa voix s’éteignait, autant que la lumière de ses yeux. Il était déstabilisé par sa proximité, par le désir qu’il lui soufflait. Un désir sur lequel il aurait craché quelques semaines plus tôt. Qu’était devenu son frère ? Ce n’était pas qu’une simple désinhibition, c’était un chaos anarchique qu’il ne pouvait pas comprendre, tout humain qu’il était. Son frère lui échappait et pourtant il s’accrochait fermement à son âme, la dorlotait affectueusement, précieusement.

Morghann vint prendre le visage de son amant entre ses mains, l’attirant vers lui : « Ne recommence pas ça. » Prudent, il effleurait ses lèvres avec crainte, de la pulpe des siennes, tremblant face au chaos qu’il méconnaissait. Son esprit cédait, parcelle par parcelle, et ne voyait que les secondes qui s’écoulaient, le temps qui lui était compté. La folie embrasait sa psyché d’un désir amoral, physique. Il n’avait pas envie de mourir sans avoir goûté cela, sans avoir pu enfin se voir abandonner toute la résistance que son frère avait maintenu, éternelle frustration qui se métamorphosait en délicieuse satisfaction. Le cadet n’avait ni la force ni l’envie de résister, de se montrer sage, poli ou bienséant. L’envie lui donnait de la fougue, comme un brasier qui éloignait les éclats glacials de l’hiver. Il lâchait prise. Comme pour un saut en parachute, il sautait dans le vide, oubliant l’équipement nécessaire à sa survie. A quoi bon ? Il était déjà mort.

Croquant sa jugulaire jusqu’au lobe de son oreille, son souffle se faisait plus chaud. Sa poigne se verrouillait sur son épaule pour le faire venir sur lui, se cambrant, enflammé, lorsqu’il sentit son poids se masser entre ses cuisses. La caresse tendre de sa chair lui faisait définitivement quitter la terre ferme : il n’avait pas envie de revenir dans cet enfer. Il ne voulait plus penser à la fin du monde, à son frère dans le Hall des Ténèbres, à son père, à Werner et sa lance odieuse. Il ne voulait plus. Plus que jamais, son monde tournait autour d’Howard, comme un aimant inconsolable à la perspective d’une séparation. Il l’étreignait de toute sa tendresse, de tout son amour inconditionnel. « Je t’appartiens. » Des mots qu’il lui avait déjà dit mais qui n’avaient jamais été aussi proches de la réalité tant il s’annihilait à son profit, entièrement possédé. Il faisait bien plus que lui appartenir, il ne vivait plus que dans ses yeux.

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Sam 20 Mai - 23:45
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Il l'avait perdu, ça il en était certain, par contre il ne savait pas exactement où. Probablement quelque part entre son explication au sujet du tentacule qu'il lui avait enfoncé dans la trachée et l'aveu de son désir à l'égard de la pair de lèvres qui se baladaient si près de lui. Lui avait-il fait mal d'ailleurs ? Certainement, au moins un peu, mais ça avait été nécessaire pour lui permettre de le sonder et d'appréhender les dommages que son corps avait subit. Pour le moment, il savait surtout ce que lui-même subissait, mais pendant qu'il était occupé à agoniser, son frère avait continué d'exister et probablement de sauter de bêtise en tentative de suicide déguisée… « Hm, hm, matière première… tes cellules  » Le commentaire, patient, sensiblement amusé, était suffisamment bas pour qu'il ne se sente pas coupé dans son élan et puisse continuer à articuler. C'était une bonne chose qu'il puisse encore parler, sa mâchoire n'avait pas subie de dommage et il n'était pas assez choqué pour plonger dans une catatonie ennuyante et préoccupante. La suite pourtant le laissa aussi songeur que contrarié… L'hiver sans fin ? C'était cela qui avait été déclenché, cela qu'ils subissaient… c'était cela qui l'avait mit dans cet état ? Mais comment exactement, par quel cruel mouvement du sort ? Il manquait encore un élément de réponse à la situation qu'on lui soumettait, et il le découvrirait, en temps et en heure. Pour le moment, son frère était en vie, il n'allait pas tombé raide mort dans la minute et quelque chose d'autre, de basiquement charnel mais excessivement longtemps refusé, se promettait à lui. Et lui, grand seigneur, n'avait pas le courage de lui refuser pour l'instant.

« Pouce ?  » Incrédulité, alors qu'il souriait, n'y croyant pas, la demande si étrange le prenant par surpris et le coupant efficacement dans ce qu'il s'apprêtait à faire. Se redressant légèrement, il observa Morghann, interrogateur autant qu'amusé, son œil doré tressaillant toujours par instant. La question lui arracha un sourire cruel de cynisme. « Je suis infirme, Morghann  » fit-il remarqué avec une aigreur auto-dérisoire « Si tu quittes ce lit je serais incapable de te rattraper » Il avait fort bien perçu ses pensées, mais tenait à lui rappeler, même crûment, même violemment, que lui pouvait quitter cet endroit si cela lui plaisait, s'il voulait l'abandonner là et simplement vaquer à ce qui lui restait de vie, il n'avait qu'à bouger les jambes que lui-même avait perdu. La suite le fit soupirer, et il ferma les yeux un instant en baissant la tête, se refusant par fierté par le laisser savoir combien cela lui faisait du bien de le voir aussi attaché à lui malgré toute la situation. Égoïstement, il se réservait le plein accès à son esprit quand lui même faisait des cachotteries, et il n'essayait même plus de se trouver des excuses ou des circonstances atténuantes… Il n'en avait rien à faire. Tout ce qui comptait, c'était l'affection prodiguée, et la proximité de Morghann d'avec son âme. Tant pis s'il n'était pas parfait, s'il n'était pas l'exemple même de l'équité et de la justice en cet instant, que le monde se prenne lui-même en main et lui s'occuperait un peu de sa carcasse brisée. Il en avait bien le droit non ? Son père voulait le monde de la magie ? Qu'il s'en occupe donc tout seul !

« Ah...  » Un sourire, amusé cette fois « Juré  » Il n'en avait plus besoin, à moins de vouloir simplement pimenter les choses, mais vu le peu d'expérience qu'il avait au sujet de ce genre de choses ? Réussir simplement à étreindre son frère serait déjà tout le piment dont il avait besoin. Le laissant venir à lui, approcher seul, observant et absorbant le tumulte de son corps et de son esprit sans rien omettre, sans rien rejeter… Leurs lèvres se rejoignirent de nouveau, et cette fois il les goûta en prenant son temps, résistant et contrôlant le chaos qui le poussait à l'excès. En un sens c'était bizarre, et curieusement attirant, toutes les petites différences entre eux. Ils n'avaient pas le même goût, le même pouls, l'exacte texture de la peau et la même chaleur. Un souffle tremblant lui échappa alors qu'il penchait légèrement la tête sur le côté, frémissant à la sensation des dents remontant le long de sa peau délicate jusqu'à atteindre la chair sensible de l'oreille… Déglutissant précipitamment, il laissa son cadet le manipuler, venant s'apposer une fois de plus contre lui, contre son corps ferme dont la force, la simple sensation terriblement physique, lui faisait du bien et lui donnait cette impression bizarre qu'il n'était pas capable de décrire. « N'y pense plus  » souffla-t-il contre sa peau alors qu'il caressait son épaule en redécouvrant le derme cuivré. Son frère le serrait avec ce qui ressemblait au désespoir le plus pur, et lui ne bougeait qu'à peine, l'observant à demi, un sourire accroché en équilibre précaire sur les lèvres, mais le regard plein d'absolution.

« Reste  » fit-il doucement, et il vint lui caressait le visage avant de l'embrasser de nouveau, soupirant doucement. « Ne disparais pas, s'il te plaît… Je n'ai pas envie de t'absorber, je veux juste.. que tu vives avec moi, d'accord ?  » Il ne voulait pas le voir mourir ou réduit à simplement une excroissance de sa propre personne. Il avait déjà du mal à se supporter tout seul alors plus de lui ? Non. Mais il aimait que Morghann soit là pour lui. Simplement, il ne voulait plus de ce lien destructif qui les tuait lentement à sa façon. Simplement, il n'avait jamais eut la désinhibition de le lui dire réellement. Son éducation, son carcan, ses traumatismes, tout avait contribué à faire de lui un homme qui ne disait jamais ses souffrances et n'essayait jamais vraiment de conserver quelque chose pour son simple plaisir. Hors c'était justement ce qu'il voulait faire à présent que le choc et l'expérience vécue l'avait projeté très loin de sa petite coquille de tortue pesante… Lentement ses mains le parcoururent, le découvrant, ponctuant le chemin de baisés, voulant lui aussi le sortir de cette fêlure qu'il avait provoqué et des frustrations, des déceptions de cette vie qui, au finale, avait réellement été formatée par l'ombre des Earl, même après qu'ils se soient tous deux éloignés. C'était ce qu'il n'avait jamais voulu admettre ou réaliser. Il voulait amener Morghann à découvrir à son tour.

« Je… je ne suis pas trop lourd, ça va?  » Il venait de cesser, de s'arrêter, et releva le regard, un sourire légèrement crochu au coin des lèvres. « Tu vas devoir me guider, tu sais ? Je n'ai jamais… enfin je n'ai aucune forme de connaissance dans ce domaine-là  » Ses yeux pétillaient légèrement. Il voulait éviter de penser au reste du monde lui aussi, et d'ailleurs pourquoi est-ce qu'il le ferait puisqu'on le confinait ici ? « Mais je te promet d'être un élève attentif...  »


Dim 21 Mai - 17:43
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Ne plus y penser. L’ordre lui était salvateur. Morghann laissait des masses pénibles choir au sol, libérant ses épaules, son dos, malmenés. Il s’émancipait de leur joug, se moquant bien de si c’était correct, moral ou honorable. Il avait droit, un instant, juste quelques temps, dans sa bulle. Pour tout ce qu’il avait enduré, il avait le droit. Pour la parole de son roi, il avait le droit. Il s’exonérait de leur influence, rompait les chaînes sordides que leur univers lui infligeait. Il lâchait tout cela, aveugle et aliéné, il les rejetait comme on repousse la peste, soulageant les muscles d’un corps fort qui se relevait, affranchi de l’horreur qui rongeait son esprit. Il inspirait en homme libre, ses prunelles s’étaient recouvertes d’une couche aqueuse plus épaisse qu’à l’ordinaire, rendant le noir de ses iris plus profond encore, d’une brillance magique et pleine d’amour.

Rester. Ordre plus salvateur encore. Il s’accrochait, accueillant ses lèvres, à nouveau comme une évidence, se rassasiant de son souffle comme on dévore le moindre morceau de pain trouvé en pleine famine. Ses paupières se fermaient, les perles aqueuses quittaient l’extrémité de ses yeux, tombant rapidement, de chaque côté, dans ses cheveux grisonnants. Ses lèvres tremblaient de l’absence de leurs jumelles, lorsqu’elles se retiraient. Il était fatigué, épuisé d’avoir à se battre. Il aurait voulu qu’il le laisse s’annihiler, disparaître en lui mais pour tout l’amour qu’il lui portait, il aurait gravi le point le plus culminant de leur monde, dusse-t-il le faire en rampant. Il comprenait l’égoïsme de la demande, la crainte de la solitude et en était profondément touché. Des mots dont il ne voulait pas mais qui, dans leur sincérité poignante, lui faisait un bien si grand que la bataille n’avait plus d’importance. Il voulait marcher avec lui, à ses côtés, la tête haute. Plus qu’une ombre fanée, il voulait être un homme de chair et d’esprit pour combler chacune de ses journées, jusqu’à la dernière.

Et bien au-delà. Il n’était pas né nécromancien pour voir le trépas comme un terme. Soupirant à ses mains qui le parcourraient, il rouvrait les yeux, cherchant ceux de son frère pour s’y ancrer, y trouver sa place, là, juste dans l’éclat. Sous son corps, il se cambrait, forçait ses muscles à le sentir plus encore. Jamais il ne l’avait touché ainsi. Hier encore, il ne l’aurait pas même espéré. Il frissonnait, ses poils se dressaient sur son passage, ça l’irradiait jusqu’à l’échine d’une sensation électrique d’une intensité croissante. Il n’en voyait pas le bout et jouissait de cette vision de l’infini jusqu’à ce qu’on lui retire. Howard s’arrêtait… pourquoi le suppliciait-il de la sorte ? Il avait envie… Terriblement envie. Son souffle s’agitait avant qu’il ne secoue négativement la tête lorsqu’on lui demanda s’il n’était pas trop lourd, trouvant à sourire dans ses répliques suivantes. Morghann n’était pas plus avancé, en quelques sortes. Il n’avait jamais touché à un homme, n’y avait pas trouvé l’intérêt jusqu’à celui qu’il serrait dans ses bras.

Il se prit un moment à réfléchir, se demandant comment ils allaient pouvoir faire avec l’infirmité de son frère. Pouvait-il d’ailleurs encore… ? Et si Howard ne sentait rien ? Il resta un instant interdit, perturbé par la demande de tutorat de son jumeau, lui-même ignorant comment il allait s’y prendre et s’il ne devait pas plutôt le prendre justement ! Au moins, il était certain du résultat. Retrouvant un large sourire, amusé, il se mit à rire en secouant la tête de gauche à droite. « Je n’en doute pas. » Passant ses bras autour de son cou, il déversa son amour dans l’emprise de ses lèvres. « Tu n’es pas assez lourd en vérité. Je veux te sentir… » Il souriait contre la pulpe de ses lèvres désirées, susurrait les mots chaudement, cherchant à lui faire comprendre son enseignement qui malgré la violence apparence des mots cachait une réalité plus tendre.

Il voulait sentir son poids lui écraser les poumons, contraindre sa respiration, lui faire payer chaque inspiration. Il voulait étouffer à chacun de ses baisers du souffle qu’il lui coupait Il ponctuait l’idée par l’exemple, lui arrachant longuement un baiser, pas moins tendre malgré la fougue, ne lui accordant aucun répit pour se reprendre et le laissant tout aussi haletant que lui, au terme. Il voulait la brûlure de sa peau sur la sienne, la fusion de leurs êtres enfiévrés. Il voulait le feu de leurs corps en sueur, les tremblements dans ses muscles sollicités. Il voulait sa poigne pour contorsionner sa chair, son emprise pour lui faire quitter la terre ferme et voir les étoiles. « Je veux sentir toutes les émotions de ton cœur dans leur sincérité la plus crue. Et si tu m’aimes, Howard… » Ses doigts tremblaient déjà lorsqu’ils caressaient ses lèvres autant que ses rêves, son espoir frustré et blasphémé. « Si tu m’aimes comme je t’aime, je veux que tu le graves dans mon être au tranchant de toute ta tendresse. Et je reste. » Sa main partait sur sa joue pour libérer les lèvres rougies qu’il reprenait à la douceur de son affection, répétant la promesse : « Je reste. »

~~~

Son profil contre le torse de son frère, les yeux clos, Morghann poussa un grognement quand quelques tentacules vinrent lui chatouiller le visage. Il poussa un second grognement puisque, visiblement, le premier n’avait pas suffi à les repousser. En vain, il ouvrit les yeux mais ne bougea en définitive pas, laissant ces extensions gémellaires déroutantes passer sur l’arrête de son nez. Est-ce qu’il allait falloir qu’il s’habitue ? D’un geste vague et encore empoté par le sommeil, il repoussa l’appendice en grognant une troisième fois. Il rampa contre le corps nu de son frère pour que ses lèvres arrivent à hauteur des siennes, l’embrassant, encore à moitié endormi. Il grognait de nouveau, cette fois-ci son bien être, soupirant lourdement dans le creux de son cou. Il passait le bout de sa langue pour goûter à l’iode de sa sueur de la veille, le mordillait, se rendormait deux minutes, reprenait mollement son geste jusqu’à l’oreille, s’y rendormait, peinant visiblement à choisir entre une grasse matinée et l’étreinte de son amant.

Il finit par revenir sur son torse, s’en servant comme oreiller, il calait sa respiration sur la sienne, dans cette manière si particulière d’être avec lui. Il entrouvrit les yeux, la vision floue. Son propre corps n’était plus glacial. Il se sentait même… Bien. Réchauffé de l’intérieur, un sourire béat aux lèvres. De sa main, il caressait le bas du ventre de son cher et tendre, comme le souvenir de la veille. Il ne voulait pas quitter cette chambre, revenir face aux autres. Il voulait rester là et ses jambes refusaient de se mettre en marche, confortablement installées contre celles, inertes, d’Howard. Il n’avait pas rêvé. « Tu as faim ? » demanda-t-il, songeur. Son index faisait lentement des ronds autour du nombril de son homme, sur ces muscles bien faits. Les textures variaient d’un point du cercle à l’autre, entre les blessures, la peau saine et le chaos. Il s’offrait le loisir de toutes les goûter.

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Mar 23 Mai - 14:43
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Il voyait le fil de ses pensées, voyait son évolution, et un léger sourire menaçait de se pendre à ses lèvres, satisfait qu'il était de le voir décider de continuer, et de ne pas abandonner. Un instant, ses doigts étreignirent les siens, en un geste bref, qu'il ne remarqua peut-être même pas, tant il était prit dans la contemplation de son esprit. Les dextres repartirent bien assez tôt à la découverte de ce qui s'offrait à elles, tandis que ses yeux l'observait tranquillement, accrochant les siens lorsqu'ils le cherchaient, testant ses réactions, cherchant les sensations, souvent bizarres, qu'il tirait des contacts. Ça ne lui était jamais arrivé auparavant, et même s'il avait le désir de poursuivre l'exploration, il ne parvenait pas totalement à se défaire d'une certaine gaucherie et d'une forme de gêne intrinsèque à la découverte d'un domaine dans lequel il était un parfait novice. Il voyait des détails tout en en manquant d'autres, il réagissait à certains des échos de son corps sans savoir pourquoi et se sentait niais… Sans doute était-ce pour cela qu'il lui avait demandé s'il n'était pas trop lourd, ayant l'impression de l'écraser. Mais non, Morghann le rassurait. Pourrait-il aussi le rassurer sur le reste, sur sa propre incapacité à savoir quoi faire ? Mais son frère ne semblait pas plus avancé que lui, lui arrachant un léger rire. Et bien, ils n'étaient pas sortis de l'auberge ! Silencieux, il ressentait pourtant de l'impatience sans parvenir à houspiller son frère, ses joues pâles chauffant déjà alors qu'il prenait conscience que restait là sans rien faire ne lui donnerait que de plus en plus conscience de la situation et qu'il craignait d'en être trop intimidé pour avancer davantage sur ce chemin qu'il avait pourtant initié. Le baiser l'empêcha d'y penser davantage et il se coula dedans sans réfléchir, marquant un temps d'arrêt, sans cacher sa surprise, aux mots qu'il lui dédiait.

Suffoquant presque, à l'assaut dont il était une victime consentante, il se raccrocha instinctivement à lui, la tête lui tournant légèrement lorsqu'enfin on l'autorisa à respirer. Dieu que ses pensées étaient parties vites ! Etait-il un train derrière ou devant ? Avec un soupire, il vint le serrer d'un bras contre lui, reposant un instant son visage dans le creux de son cou… « Reste » souffla-t-il doucement, pas même certain qu'il ait entendu, tant il l'avait murmuré tout bas. Mais dans le pire des cas, il le lirait dans son esprit, n'est-ce pas ? Il n'en aurait pas ne problèmes, ce n'était pas quelque chose qu'il comptait lui dissimuler. Satisfait de savoir qu'il restait, même s'il n'avait encore aucune idée de la façon dont il allait s'y prendre pour réaliser ce qu'il lui demandait, ou même leur présente affaire. De nouveau, leurs regards se croisèrent, et il serra un instant son bras autours de lui, avant de lui imprimer un mouvement pour changer de position… Il n'avait peut-être aucune idée de ce qu'il était sensé faire en pratique, mais il savait d'ors et déjà que dans cette position ils n'arriveraient pas à grand-chose, ne serait-ce que parce qu'il aurait l'impression de faire des pompes plus qu'autre chose. « Faite juste attention à... » Il grimaça lorsque son frère posa un genoux sur l'un de ses tentacules et lui colla une taloche avant d'essayer de bouger ses jambes pour éviter de les avoir en travers du chemin. « Aide moi s'il te plaît » Qu'il l'aide à retirer ses habits… La sensation de sa peau nue sur la sienne le fit frissonner et distilla en lui une sensation fiévreuse, l'incitant à se plaquer totalement contre lui. Son souffle légèrement erratique se transforma en rire une nouvelle fois alors qu'il le serrait contre lui en se cachant contre sa peau… « Tu.. as la chair de poule… » Lui aussi d'ailleurs, mais ça n'avait pas d'importance, la réalisation simple le faisait se tordre de rire, éveillant une douleur dans ses joues. Il n'avait pas l'habitude de rire comme ça.

Lorsqu'il se calma, il se rendit compte que le désir ne s'était pas dissipé sous cet accès d'hilarité subit et il l'entraîna dans un autre baisé, apprenant avec lui comment apaiser le feu qui courait et palpitait sous sa peau. La passion était réelle, inconnue jusqu'à maintenant, mais il la découvrait avec un chaos enthousiaste, poussé en avant par une désinhibition qu'il ne contrôlait pas du tout. Pour autant, l'étreinte n'avait rien d'une image de roman, loin d'une icône de luxure et d'érotisme… Son affection, et l'envie de l'autre se pavaient d'éclats de rire et de gêne, de ratés et de gaucherie. Fourbu sur toute la ligne, il ne le lâchait pourtant pas, étouffant contre ses lèvres ou sa peau les accès de gaîté … « Aie ! Aie ! Attend... » Il n'y avait rien d'autre que leur moment intime, il n'y avait personne d'autre qu'eux ici, dans ce lieu isolé du monde, et rien, pas de faux semblants, pas de mensonges, pas de fierté. Juste deux hommes qui se découvraient, et Howard se sentait soudainement comme un adolescent maladroit incapable de faire les choses correctement… Le plaisir était pourtant là, éclatant sous sa peau en de petites étincelles…

* * *

Il était épuisé, vidé de son énergie, complètement éreinté et avec l'impression que son corps avait subit un entraînement militaire intense pendant les soixante douze dernières heures. Yeux fermés, il se contentait de se reposer sur un flanc, le souffle profond, à la limite de la somnolence… Le relâchement de son attention avait rendu aux appendices parsemant son corps leur liberté et ils évoluaient sans qu'il les dirige. Puis soudain, alors qu'il baignait dans le silence, dans la confortable étreinte des draps sur son corps nu, un grognement vint le faire légèrement sursauter, il se crispa en revenant à lui des limbes du sommeil, le choc presque douloureux dans ses articulations, du moins celles qui lui restait, puis il se détendit de nouveau et referma les yeux, bien décidé à replonger. Peine perdue, un second grognement retentit dans le silence, lui faisant froncer les sourcils, rouvrir un œil, pour voir ce qui pouvait bien se passer que son frère se transforme en sanglier de mauvaise humeur. Mais il ne voyait pas ce qui se passait, alors il décida simplement de l'ignorer, alors qu'il remontait vers lui, et venait déposer ses lèvres sur les siennes. Répondant d'un grognement de son cru, il lui mit une petite taloche sur le coin de la tête avant de se laisser retomber sur son oreiller.

Il tiqua de nouveau, frémissant légèrement, protestant par onomatopée et pouffant à moitié de le voir entrain de se rendormir. Vaguement, le nez dans le moelleux de on oreiller, il marmonna « J'vais finir par me vexer... » Un 'aonf' lui fut arraché lorsque la tête de Morghann vint frapper contre sa poitrine, et il replia vaguement un bras pour venir lui caresser les cheveux et la nuque sans toutefois daigner bouger davantage. Soupirant doucement, tant à la caresse de sa main qu'à ses pensées, l'aîné finit néanmoins par se redresser sur un coude, lourdement et difficilement, pour venir poser sur son cadet un regard égal. Il allait répondre lorsqu'un frisson le prit, lui faisant rentrer le ventre une première fois, puis une seconde, avant qu'il ne plonge une fois de plus dans un violent fou rire, en se pliant sur son amant, essayant tant bien que mal de reculer son corps pour échapper à sa main… « Tu… Morghann... » Un nouvel éclat, plus fort, lui fit taper légèrement du front contre son épaule « Arrête tu me chatouilles ! » Des larmes s'accumulèrent au coin de ses yeux, alors qu'il était secoué par son rire. Finalement, en passant un bras entre leurs corps, il chassa la main baladeuse et l'installa sur la chute de sa hanche, là où elle ne risquait plus de le chatouiller à mort. Pendant quelques instants de plus, il continua de rire, alternant avec des grincements de douleur quand son corps lui rappelait qu'il avait fait beaucoup trop d'efforts pour un grand blessé…

Puis, d'un seul coup, il soupira profondément, frissonna, et vint tirer le drap sur eux, les enfouissant tous deux dessous comme la toile d'une tente. « Je n'ai pas très faim… ou alors par gourmandise. Mais je croyais que tu ne voulais pas bouger ? » Un léger sourire amusé se jucha sur ses lèvres, un peu réprobateur « Je te vois mal apporter la nourriture par lévitation depuis la cuisine… d'ailleurs je ne sais pas même s'il y a bien une cuisine ici. Et si oui, je ne sais pas où elle se trouve » Fronçant les sourcils, il pencha légèrement la tête en continuant de le regarder « Ou alors tu veux voler un des repas pour les malades ? Évites s'il te plaît, ils me sortent déjà par les yeux, je préfère encore manger de la neige... » S'étirant légèrement, en faisant craquer quelques os, il drapa un bras autours de son torse, posant le menton contre sa tempe, en venant jouer avec une de ses mèches sombres, qui lui semblait déjà moins grisonnante qu'une journée plus tôt. Ça le surprenait un peu, que personne ne soit venu voir ce qu'ils devenaient tous les deux, mais il n'allait certainement pas se plaindre, ne sachant pas encore comment il réagirait si quelqu'un venait à les surprendre dans une telle situation… Et puis, pourquoi est-ce qu'il y pensait en fait ? « Et toi, tu as faim ? Ça creuse l'exercice » Nichant le nez contre ses boucles, il ajouta « J'ai l'impression d'avoir passé une journée à faire du sport… »

Venant l'embrasser avec lenteur, il flatta son flanc, doucement, et remonta ses doigts le long des courbes des muscles jusqu'à son visage, le prenant en coupe et posant son front sur le sien. « Aller, je te met au défi de te lever Morghann… Je suis certain que tu ne vas pas y arriver »


Dim 28 Mai - 15:54
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L'étrange sous la normalité : Enfant cadet du Patriarche Earl, il est un héritage refusé, s'extrayant de la nécrose gangrénée de sa famille.
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En écho, le cadet s’était mis à rire en sentant les muscles du ventre frémir, se contracter, tenter d’échapper à la caresse songeuse qu’il lui allouait, pensées accaparées par les souvenirs de leur première fois gauche. Pour autant, il ne cessait son geste, bercé par l’incroyable satisfaction qu’il avait à faire réagir son corps. Un corps auquel il avait enfin accès, comme un privilège réclamé, et dont il refusait qu’on décide finalement de lui reprendre. L’ascenseur émotionnel aurait été trop douloureux à supporter pour son être fragilisé par la récente adversité. Il fallut qu’Howard vienne à l’éloigner. S’apprêtant à revenir à la charge sur ce dont on le dépossédait, il accepta en définitive le compromis qu’on lui proposait implicitement, sa main flattant la chute de hanche par endroit insensible par la paraplégie. Le drap vint recouvrir leur intimité alors que par télékinésie, il allumait la lampe de chevet. La lumière ambrée s’amusait de leurs ombres et jouait de la blancheur du drapé. Après l’adolescence de leur nuit, voilà qu’ils régressaient encore à l’enfance qu’ils n’avait guère eu,  cabane improvisée pour garder leur secret, bien à l’abri, protégé. La caresse qui remontait le fit frissonner et ses lèvres répondaient au baiser avec une paresse endormie, mais volontaire.

« Je te proposais par politesse. Je n’ai pas très faim non plus. Alors… J’accepte ton défi… Mais dans une petite heure ! » rétorqua-t-il avec un sourire, malgré l’apparente fatigue. Il n’avait pas envie de se lever. Mais si son frère avait eu l’estomac qui criait famine au réveil, il se serait mis en ordre de marche pour lui. La négative ne le fit que plus relâcher ses muscles, délassant et relaxant son corps vers l’abandon. Il se sentait bien. Il n’avait, pour l’heure, besoin de rien d’autre. La seule proximité de son amant suffisait à le combler en l’instant, prolongeant la bulle temporelle qui était la leur. Il aurait voulu pouvoir la rejouer, en boucle, parce qu’il savait qu’au terme de son rêve éveillé, il devrait remette un costume et se conduire comme un Earl, affronter les catastrophes qui plombaient leur monde des fléaux de l’humanité. La guerre, la haine, la désolation hivernale et la douleur. « Il y a des cuisines au Siège, pour les banquets. Les premiers jours, il restait des petits fours de la réunion, c’était sympa. » Railla-t-il. « Maintenant, on utilise les stocks pour nourrir la population et bientôt… On mangera les productions créées par les êtres liés à la nature. Ils font un travail remarquable mais il faudra se contenter de ce qu’on a. »

Il poussa un bref soupir : « On est en huis clos. La dimension de poche s’est écroulée sur elle-même. C’est pour ça que… La caverne des artefacts... » Il ne poursuivit toutefois pas plus. Par paresse également, cédant à ce pêché comme à bien d’autres au cours de ces dernières heures, n’ayant plus la force de résister à quoi que ce soit. Tête relevée vers lui, il le mirait en silence et fermait les yeux par moment. Sa main avait délaissé sa hanche offerte précédemment et était remontée jusqu’à ses pectoraux, le plat de la main épousant ses formes. Lentement, il s’extirpait des limbes du sommeil et vint réclamé un nouveau baiser, bien plus vivant cette fois, ses lèvres s’ourlaient dans un sourire pour l’achever, ses prunelles noires plongées dans les siennes, dépareillées. De la pulpe de ses doigts, il caressait sa joue. Il inspirait le souffle de son jumeau, réalisant soudain que le sien était bien moins glacé depuis hier soir. « Je… Et bien, je ne sais pas trop la nature de ce qui me mange… Mais ça n’aime pas notre rapprochement. Elle va jamais me croire la Khan si je lui dis que mon traitement se fait à base de... »

Et bien, il ne savait pas trop quoi. Il s’arrêta là dans sa phrase. Son romantisme voulait croire qu’il s’agissait de l’amour de son frère. Une partie plus railleuse de lui-même pointait du doigt leur partie de jambe en l’air. Toutefois, il n'en parlerait pas vraiment à la Khan. Il renâcla un rire : « Promis, je vais te laisser te reposer avant la prochaine piqûre de rappel. » Riant de bon cœur, il se crispa soudain lorsqu’on toqua à la porte. Les yeux exorbités, grand ouverts, le stress monta en flèche à l’idée qu’on les trouve ainsi, tout deux, l’un contre l’autre dans leur plus simple appareil. La porte manqua de s’ouvrir, mais fut refermée immédiatement par un fantôme, ne laissant rien voir. Son cœur battait à tout rompre, son esprit envolé. Et puis les pas s’éloignaient et la silhouette translucide d’Annabelle passa au travers de la porte pour s’approcher, intriguée, de la masse informe sous les draps. Morghann immergea leurs bustes et la pauvre femme ouvrit grand la bouche, posant ses doigts délicats sur ses lèvres avant de se retourner pour s’éviter le spectacle. « Par la Faucheuse... » souffla-t-elle à la fois scandalisée par les mœurs bafouées et en même temps, elle s’y attendait parfaitement.

Le choc entre l’hypothétique et la réalité la secouait. Sans les mirer à nouveau, elle se racla doucement la gorge pour avoir un peu plus de dignité. « La Khan repassera dans une heure, tâchez de… » Le pourpre aurait pu marquer ses joues si elle n’était pas qu’en nuances de gris. En lieu et place de cela, elle disparut. Morghann se mordit la lèvre inférieure avant de reporter son regard sur son jumeau : « Hm... » C’était fou comme soudain, il eut la force de se relever. Il quitta les draps, à contre cœur, par nécessité et enfila un sous-vêtement. « Allez mon grand blessé, à la douche ! » D’un geste sec, il tira complètement le drap – qu’il devrait changer, assurément – et prit son frère comme on porte une princesse, usant de télékinésie pour alléger son poids. L’envie de rire était grande mais il tâcha de se retenir jusqu’à ce qu’il repose son aîné, sur une chaise en plastique. « Ça va ? Pas trop la tête qui tourne ? » En bon médecin, il veillait sur son état. Il vérifia que les membranes magiques, faites par la Khan la veille, qui recouvraient les plaies étaient toujours bien imperméables puis fit couler l’eau chaude sur sa peau. Il inondait des cheveux, tête en arrière, avant de lui laisser le pommeau de douche.

Il lui savonnait délicatement ses mèches noires. L’explosion ne l’avait vraiment pas épargné. Nulle part… Il aurait pu parler de ce qui s’était passé, mais son for intérieur désirait sincèrement laisser tout ça de côté, même s’il savait que cela revenait progressivement dans son esprit. Il luttait, refusant devoir la violence de la guerre dont le Siège avait été le champ de bataille, pas plus que le visage d’Anthony sous le pied de son père ou la menace si proche de Werner. « Où vas-tu poursuivre tes recherches à présent ? Si l’épée n’est pas au Siège, elle est peut-être à sa place originelle. » Il partait du principe qu’Howard n’abandonnerait pas sa quête. Pendant la nuit, son frère lui avait donné envie de se battre pour lui et il ne voulait pas le laisser s’apitoyer sur son sort : « Tu remarcheras. » Ses doigts massaient sa nuque pour faire mousser le shampoing et caressaient ces extensions noirâtres. « Et si tu peux les contrôler, tu trouveras comment les rétracter. » Au fond, celui qu’il lui avait enfoncé dans la gorge et dans les poumons s’était bien allongé puis rétracté. C’était donc parfaitement envisageable. A défaut de songer à s’en débarrasser.

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« Reste »

Ven 16 Juin - 16:40
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