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 Dreamcatcher | William

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Le marché des trolls portait réellement bien son nom, comme il le découvrait présentement, avec tant d'espèces différentes qu'elles en donnaient le tournis, à moins que ce ne fut le relent d’égout digne de la grande peste noire qui s'élevait par volutes délétères dans l'air saturé ? Il cligna lentement des yeux, écarta de la main une longue mèche d'un blond-blanc qui venait lui barrer la tempe et promena une nouvelle fois son regard sur la foule qui se bousculait hors du perron tâché, grelottante de froid et de fort mauvaise humeur, à ce qu'il semblait. Et il ne pouvait pas vraiment les blâmer d'ailleurs, en digressant de tout autre égard. L'hiver qui, au dehors, faisait rage, s'infiltrait également dans la dimension de poche, même si les entrées de celle-ci tenaient bon. Elles tenaient d'ailleurs bien mieux que celles du Siège, ce qui au demeurant ne changerait pas grand-chose lorsque le moment viendrait. La résistance de la dimension n'était pas éternelle, ses occupants non plus, mais point n'était besoin de l'annoncer et de précipiter les choses alors qu'il y avait tant à observer avant cela. Il régnait une amusante atmosphère ici, déjà singulière en temps normaux mais plus encore à présent et il mirait l'évolution de la ménagerie et du Syndicat avec un mélange d'amusement et d'ironie. Tellement singulière d'ailleurs que personne ne semblait noter sa présence, comme s'il était parfaitement invisible, alors qu'il ne se cachait pas un instant. Adossé au semblant de porte, il décomptait les Korrigans, les Vampires et les monstres des profondeurs, ses yeux clairs pétillant doucement, ne se durcissant que quand ils se posaient sur un esclave humain.

Pour une fois, Mary ne l'accompagnait pas et c'était sans doute pour le mieux car elle était loin de tout connaître du monde de l'Envers, et certaines choses n'étaient pas bonnes à découvrir comme cela, en particulier lorsqu'il s'agissait de la misère humaine au sein de ces dimensions de poche. En particulier lorsqu'elle était aussi apparente, aussi frivolement et nonchalamment paradé. Les créatures magiques n'avaient jamais eu d'amour pour les humains, seulement du mépris et un besoin pressant, rien d'autre. En voyant un jeune garçon trébucher et s'ouvrir le genoux sur une dalle à demi-retournée, il se crispa sensiblement et dû réprimer le besoin de s'approcher pour le soigner… La pauvre petite chose était sale, habillée uniquement d'un large tissu qui avait dû être blanc un jour, mais qui était à présent d'un gris repoussant. Ses cheveux légèrement bouclés n'étaient pas encore coupés, et l'Autorité jaugea qu'il devait avoir moins d'une dizaine d'années. Cette toison serait sans doute coupée dans trois ou quatre ans et utilisée pour garnir des oreillers, filée pour obtenir des fibres spécifiques à certaines créations de l'Envers, ou serait utilisée comme produits pour des rituels et des potions. Quand à la chair, aux os, et à tout le reste, cela dépendrait certainement de l'acheteur. Dans tous les cas, il y avait fort à parier que son existence serait brève et peu enviable. Et si jamais la dimension venait à s'effondrer, ces esclaves, les pairs du jeune garçon, seraient les derniers que l'on chercherait à sauver, si même on le faisait.

Ils n'étaient qu'une marchandise comme une autre.

Pinçant légèrement les lèvres, il se redressa, plaqua un sourire tranquille sur ses lèvres, puis quitta enfin le perron fendillé pour se mêler à la foule, esquivant les corps énormes et puants, s'écartant des petites choses qui cherchaient à demi à le faire tomber par pure malice enfantine, et trouvant son chemin sans guère de mal au travers du flot ambiant du marché. Mains dans les poches, il s'arrêta à une étale, demanda un fruit rond et qui ne puait pas trop par rapport aux autres, et repartit finalement en jouant avec, le passant d'une main à l'autre avec une dextérité naturelle. Il avait quelqu'un à retrouver dans ce lieu mal famé et se devait d'être pile à l'heure, quant bien même son hôte ne savait pas qu'ils allaient se croiser. A l'un des nombreux entrelacs de l'artère principale, il tourna brusquement et s'engagea dans une rue tout juste assez large pour accueillir sa carrure élancée. Ses pas claquaient avec un écho humide sur le sol inégal et en deux occasions, il fut contraint de se baisser pour ne pas s’assommer sur des enseignes qui pendaient de travers, presque à hauteur d'homme, comme si elles avaient été mises là dans le but avoué de blesser quelqu'un. Connaissant les créatures, c'était hautement probable. Puis finalement, il trouva l'ouverture d'un bâtiment à demi éventré, et s'enfonça dedans.

« William Dall ? »
 

Dim 26 Fév - 12:14
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Il ne comptait plus les jours depuis qu'il avait débarqué dans cet enfer.

Manger ? C'était presque devenu une option, de temps en temps il réussissait à chopper un rat ou quelque chose du genre qui ne semblait pas avoir muté et qui se laisserait cuire sans trop faire de bruit. Oui, faire cuire, bien cuire tout ce qu'il trouvait ! C'était le seul moyen de bien tuer les germes et éviter de se retrouver avec une catastrophe sur les bras. Il n'avait pas connu la guerre, non, il n'avait jamais vraiment connu les privations donc tout ça était nouveau pour lui. Mais il avait quelques bases, et ce qu'il ne savait pas ? Et bien on pouvait dire qu'il apprenait vite, très vite. Il n'y a rien de plus motivant qu'une bande de monstres affamés qui vous courent après pour vous faire apprendre, si on pouvait le considérer comme de la motivation bien sûr. Il était devenu très bon pour jouer à cache cache, si bien qu'il devait sentir aussi mauvais que ce qui l'entourait.

Dormir ? Alors, dormir c'était encore une autre histoire. Déjà il ne pouvait pas vraiment se le permettre, le sommeil semblait attirer encore d'autres types de prédateurs qui attendent que leur proie s'endormir pour leur sucer le cerveau ou quoi que ce soit d'autre. Et dans le cas ou il avait le malheur de le faire plus de cinq minutes, c'était d'autres créatures qui devaient s'en charger. C'était forcément la faute d'une de ces créatures, c'était ce que son esprit torturé avait trouvé comme solution pour garder un peu de sanité et ne pas le rendre complètement marteau.

Il s'était trouvé un petit nid douillet dans ce qui restait de ce qui devait être une habitation ou autre chose. Peu importait, ici on lui foutait la paix dans son trou paumé ! Enfin... Son nom finit par résonner dans le reste du bâtiment alors que l’individu à qui appartenait la voix venait d'y pénétrer : cette fois on le cherchait en personne. Et les probabilités pour que ce soit de l'aide étaient extrêmement faible, l'espoir fait vivre, mais l'excès de confiance vous fait vous faire tuer ! Car on ne pouvait pas dire qu'il était apprécié par une petite partie de cette communauté qu'il avait aidé à faire apparaitre au grand jour.

"Qui le demande et qu'est-ce que vous lui voulez ?"

La question, ou plutôt le ton employé ne laissait que peu de place au doute. La personne qui la posait était clairement hostile, tout comme le "clic" qui l'avait suivit pour les oreilles les plus attentives et l'objet pointé en direction du grand maigrichon aux cheveux blancs qui ne pouvait qu'entrapercevoir que partiellement son interlocuteur qui se servait de ce qui restait d'un des murs comme d'une protection provisoire.

Lun 27 Fév - 23:47
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Méfiance, hostilité, voilà ce qui suintait de cet homme qui le menaçait de son arme, dissimulé derrière son mur à demi effondré. La combativité le fit sourire et il croisa les mains derrière le dos sans bouger de là où il se trouvait. Il n'en avait foncièrement pas besoin, et laisser son abris de fortune à son interlocuteur l'amadouerait pour un instant ou deux, tandis que lui-même ne craignait foncièrement rien de cette arme dont on le braquait. Il était étonnant qu'il ait réussit à survivre jusque là dans un environnement aussi hostile à l'être humain et en une période aussi précaire. Le marché des trolls n'avait pas été construit pour être un havre pour l'humanité, mais pour la lie des créatures magiques, et il servait parfaitement ce but, aussi détestable soit-il. Ici, les êtres humains étaient, quand ils ne s'avéraient pas sorciers, des esclaves ou des mets raffinés… L'espérance de vie d'un mortel ayant peu de connaissances sur le monde de l'Envers était encore plus réduite que celle d'un homme qui aurait apprit tôt ce qui se cachait dans les ombres de la ville. Cet homme, malgré sa prouesse, ne tiendrait pas plus de quelques semaines et son potentiel serait irrémédiablement gâché. Hors il n'aimait pas beaucoup le gâchis en particulier en cette période troublée.
« Je me nomme Antius Clavena. Je suis à la tête des chasseurs de Last-End. Quand à ce que je vous veux, c'est très simple : j'aimerai que vous surviviez »

C'était tout ce qu'il pouvait lui dire pour le moment, et c'était la stricte vérité. Tranquillement, il se déplaça et s'installa sur un tas de gravas, puis s'immobilisa de nouveau.
« Vous devez en avoir assez d'évoluer dans un lieu où tout ce qui grouille, vole, nage et rampe veut vous arracher les yeux pour les gober » 
 

Dim 5 Mar - 17:35
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Sourire alors qu'on a une arme braquée sur soi ? Non décidément, ça n'avait rien pour inspirer confiance. Seules ces créatures infernales pouvaient réagir avec autant de confiance face à une arme d'origine humaine. Pour le moment il n'avait pas eut besoin de s'en servir, l'agiter simplement avait plus un effet rassurant pour lui qu'une certaine utilité, ou plutôt cette utilité restait encore à prouver avec l'aide des munitions fournies par Anthony Evans, et bien qu'ils aient été dans le même camps l'espace de quelques instants, il émettait tout de même une série de doute quant à la réelle efficacité, mais après tout c'était la seule chose sur laquelle il pouvait se reposer.

Il laissa son "interlocuteur" répondre, avant de lui aboyer de nouveau dessus, comme le ferait au final n'importe quelle personne plus que tendue qui avait posé des questions, mais qui n'en avait que faire des réponses. Un peu comme si elles n'étaient là que pour la "procédure".
Il le laissa faire quelques instants, un peu comme si les mots de son interlocuteurs rentraient par une oreille, pour ressortir par l'autre sans avoir un effet quelconque sur ce qu'on appelle "cerveau".

"Rien ne me prouve que vous n'en faites pas partis." Ah, en fait si, quelques mots avaient bien été traités par sa matière grise "Mettez vos mains la ou je peux les voir."

Ok, ce n'était pas bien utile, comme si ces créatures avaient besoin de couteaux ou d'armes d'une quelconque nature pour chercher à le bouffer tout crus, ils avaient bien d'autres possibilités de le faire sans avoir besoin d'agiter ce qui leur servait de mains. Mais bon, dans le cas ou ils en aient besoin, on n'est jamais trop prudent ! Et puis l'abreuver de bonnes nouvelles pour l'endormir ? Non, ca ne marchait pas, ou plus ! Il était loin d'être dupe, on n'attrapait pas une proie méfiante facilement, et l'attirer avec de belles promesses ? Et bien, quand elles étaient trop belles, c'était certainement un mensonge !

Par chance, l'individu obtempéra, enfin par chance... Il devait être confiant le bonhomme, ou alors simplement ne rien avoir à se reprocher, bien que cette dernière probabilité ne fut pas du tout envisagée par le paranoïaque qui sortait finalement de sa planque. "Debout !" ordonna-t-il alors qu'il s'approchait, ne tenant maintenant l'arme qu'avec sa main droite. "Avancez de deux pas." De cette manière il pouvait maintenant faire le tour de l'individu, gardant en permanence son arme pointée sur lui, pour effectuer une palpation avec sa main gauche, à la recherche d'une arme quelconque ou de tout objet pouvant se retrouver dans les poches de ce dernier, en particulier des papiers d'identité. Mais à sa grande déception, il ne trouva... Qu'un chapelet dans la veste de l'individu. "Si c'est pour me faire un sermon sur "dieu est notre sauveur à tous" je crois que vous pouvez passer votre chemin." finit-il avec sarcasme alors qu'il remettait l'objet la ou il l'avait trouvé avant de reculer de quelques pas, reprenant son arme à deux mains.

"Que me voulez-vous réellement, et comment m'avez-vous trouvé ? J'ai du mal à croire que vous êtes simplement venu sauver ma peau."


Dim 5 Mar - 22:06
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Rien ne prouvait qu'il ne faisait pas partie des créatures anthropophages ? Tout, au contraire, mais cet homme était trop tendu et épuisé pour véritablement raisonner ainsi, avec la tranquillité que lui-même arborait. Personne ne pouvait vraiment lui en vouloir d'ailleurs, pour son attitude, après ce qu'il avait enduré au sein du marché des trolls il était même étonnant que son état ne fut pas bien pire encore. La demande le fit doucement pouffer, et il éleva tranquillement des mains déjà fort bien en vue depuis qu'il s'était assit, le regard patient et amusé, semblant ne trouver dans la situation qu'un divertissement certain. L'instinct de conservation de l'espèce humaine était une chose très spéciale de toute façon, et parfois, très surprenante. Elle se manifestait par une myriade de réactions différentes, aucune tout à fait semblable aux autres. Lui-même n'en avait pas vécu plus d'un pourcent, comparé à tout ce qui existait et sans doute moins encore, car après tout, il n'était pas du cercle des proies que l'Envers pouvait se rengorger de chasser. C'était en vérité l'inverse, mais le marché aux horreurs ne l'avait pas encore apprit. En le voyant sortir, il secoua légèrement la tête, comme un père amusé devant les espiègleries de ses rejetons, et se leva avec souplesse, sa longue chevelure ondoyant dans le mouvement.

« Je peux avancer de trois pas si vous le voulez »

Taquinerie presque impossible à retenir, mais peut-être devrait-il avouer qu'il ne le voulait pas, surtout. Le pauvre William Dall lui faisait tout de même de la peine, à s'accrocher ainsi mordicus à ses usages dans l'espoir de se rassurer et de créer un environnement plus confortable pour lui. Être plongé de manière si brutale dans le monde de la magie ne lui allait pas vraiment au teint. Ce qui était, même si son interlocuteur ne le savait pas, une excellente chose car cela prouvait qu'il était purement humain et non corrompu. Il n'y avait pas plus belle qualité à ses yeux. La pointe de sarcasme le fit de nouveau sourire.

« Dieu aurait bien du mal à vous venir en aide, croyez-moi sur parole »

Hélas… mais ça, il n'y avait que lui pour le comprendre et le déplorer. En attendant, on lui rendait son chapelet et c'était très bien. L'objet lui tenait à cœur, et il en aurait besoin s'il devait attraper un démon sans le vaporiser immédiatement. Oui… donc s'il comptait attraper un démon, en somme. Et pas le tuer, si tant est que l'on soit assez ouvert d'esprit pour mettre un tel terme humain sur la fin de ces immondices. Qu'ils disparaissent tous jusqu'au dernier ne le dérangeait pas le moins du monde, bien au contraire. C'était plutôt une perspective enviable. Intéressante. Et qu'il espérait voir se réaliser un jour, si ce n'était la réaliser lui-même.

« Je veux vous faire sortir d'ici » répéta-t-il, toujours patient et comprenant sa méfiance. « Je conçois que ce soi dur à croire pour vous, et néanmoins, c'est la raison de ma venue. Pourquoi aurais-je décidé de me perdre dans le dédale de ces ruelles puantes, autrement ? »

Le naturel de la question, et l'évidence qui transparaissait dans sa voix étaient des plus sincères. Il ne voyait guère pourquoi il serait venu respirer cet air souillé, si ce n'était pour venir en aide à un être humain. Un instant, il observa son vis à vis à l'arme toujours braquée avec une surprise perplexe. Vraiment, ce lieu n'avait pas une bonne influence sur les humains. Ce n'était cependant une surprise que par l'étendue du désastre, pas par son essence.

« Pour finir, j'affirmerais qu'il était très simple de vous trouver, tant par la simple logique que parce que je possède des pouvoirs me permettant de repérer les humains et de les différencier des créatures. On appelle cela l’œil de vérité. Je l'utilise pour aider les chasseurs »

Penchant légèrement la tête, il poursuivit, encourageant :

« Avez-vous d'autres questions auxquels vous désirez que j'apporte des réponses, ou accepterez-vous de me laisser vous emmener à l'extérieur ? »


Jeu 9 Mar - 19:04
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Plus ce type se montrait détendu, et plus cela avait l'effet inverse sur Will. Ce surplus de confiance de son interlocuteur le rendait nerveux, et même s'il était difficile de le rendre plus qu'il ne l'était, et bien ce dernier s'y prenait très bien ! Peut-être même trop bien avec ses petites piques mal placées qui auraient pu être drôles si elles avaient été prononcées dans un autre contexte. Si tenté qu'un contexte ou l'on menace un individu de son arme pouvait se prêter à l'humour... Peut-être l'humour noir ? Mais fallait-il y avoir un très bon public autour.

"Vous avez bouffé un clown c'est ça ?" lacha-t-il sèchement à la première remarque de l'individu. "J'ai le regret de vous annoncer qu'il était périmé."

Ils se retrouvaient au final face à face, dans une impasse, ou plutôt une de plus pour Will qui maintenant était dans l'impasse de l'impasse, de l'impasse... Ou comment creuser son trou, atteindre le fond, et en prime continuer à creuser par précaution. Son interlocuteur lui offrait une porte de sortie, mais autant dire qu'il n'y croyait absolument pas. Pourquoi faire confiance au premier venu hein ? Ce n'était pas comme s'il ne l'avait pas déjà fait et en prime avec un tueur en série qui était certainement plus dangereux que tout ce qu'il avait pu rencontrer jusque là s'il avait été dans l'autre camps. En bref, il n'avait pas vraiment beaucoup d'autres choix.
Fallait-il donc croire qu'il venait la pour le sortir d'ici ? Qui aurait cru que le charme de ce charmant marché des trolls n'attirait pas plus de touristes que ça. Ses étals pleins de fruits frais, aux odeurs toutes plus exotiques les unes que les autres ? Non, c'était trop beau pour être vrai.

Quant à sortir de cet endroit, c'était littéralement impossible, l'extérieur était devenu invivable pour une raison obscure qui d'après les rumeurs était peut-être liée à la magie ou à quelque chose du genre même si c'était difficile à croire. Alors se laisser emmener à l'extérieur ? C'était du suicide pur et simple !

"Je crois que je n'ai pas beaucoup d'autres choix pour le moment." Après tout, il n'en avait pas d'autres à part celui de continuer à se terrer dans un coin en attendant que la situation finisse par se tasser en espérant y survivre. "Mais je vous préviens, à la moindre entourloupe, je vous farcis de plomb." ou plutôt quelque chose dans le genre.

Des questions ? Quelles questions ? Ah oui, qui il était vraiment ? Il n'y avait pas encore répondu, ou plutôt pas clairement, et la répéter une... Troisième ou alors peut-être une cinquième fois n'était certainement pas utile pour le moment, ce qu'étaient les chasseurs ou encore l’œil ? Ce n'était pas vraiment comme si ces mots avaient fait le chemin correct de son oreille vers son cerveau. Peut-être qu'après une douche, un repas chaud et potentiellement une bonne nuit de sommeil.

"Et pendant ce temps vous allez m'expliquer comment vous comptez nous éviter de finir en glaçons, et ce que vous me voulez réellement."

C'était d'ailleurs pour cela qu'il le laissait passer devant. Au cas ou il suivait un fou qui se croyait invulnérable... Il le laisserait finir en bonhomme de neige tout seul si les choses tournaient mal à la surface.

Dim 12 Mar - 21:11
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« Le cannibalisme est interdit voyons »

La réponse s'était faite paisible, et sérieuse quoi que dépourvue de gravité quelconque pour ajouter à la remarque pourtant fort exacte, d'un sujet fort inapproprié. Jamais il n'aurait eut l'idée de dévorer un être humain. Ni une créature, bien entendu, mais pour des raisons fondamentalement différentes. Les humains étaient ses frères, les entités qu'il se devait de protéger, et impropres de bien des façons à la consommation. Quant aux créatures… il n'avait pas envie de s'empoisonner sottement. D'ailleurs, il faudrait qu'il pense à s'assurer de purifier le policier une fois de retour dans le bâtiment occupé par les chasseurs, afin d'être bien certain qu'il ne transportait plus les innombrables germes qui devaient être contenus depuis des centaines d'années en ce lieu nauséabond. Resté là-dessus, il se contenta d'attendre que l'homme qui lui faisant face se décide à réagir à ce qu'il affirmait. C'est qu'il était un petit méfiance, lui, non ? Cela lui avait sans doute sauvé la vie une fois ou deux, depuis le temps. C'était tout un spectacle que de l'entendre penser et essayait de distinguer les différents fils tissés de la toile dans laquelle il était empêtré.

« Je vous en prie, ne vous gênez pas »

La menace ne le dérangeait pas beaucoup, ce n'était qu'une façon pour lui de se rassurer et il ne tenait pas à la lui ôter. Certaines personnes avaient besoin de leurs catharsis pour supporter les situations auxquelles elles étaient confrontées, qu'y pouvait-il ? Les travers de l'humanité remontaient à des siècles, et ils dureraient encore des siècles, aussi fallait-il garder patience et compréhension, et les laisser faire leur chemin. Quand ils seraient prêts à changer, ils le feraient sans même s'en rendre compte. Il en avait toujours été ainsi.

« Je vous ai dis ce que je voulais de vous. Vous sortir d'ici. Ce que vous déciderez par la suite ne tient qu'à vous, je n'ai pas à vous ôter votre liberté de choisir… quant à sortir d'ici, c'est très simple »

Ses yeux clairs pétillèrent d'amusement, alors qu'un sourire renouvelé lui étirait les lèvres. Il s'amusait très clairement, et pourquoi pas après tout ? Être en contact avec l'humanité lui plaisait toujours autant et lui ôtait un peu de l'austérité de l'Eden. Ce n'était pas là-haut que de telles réactions auraient pu naître.

« Vous pouvez considérer que je suis un peu sorcier, moi-aussi. Je possède des tours bien utiles, surtout au devant d'une fin du monde... »

Il lui fit signe puis se détourna, reprenant le chemin de la sortie, marchant tranquillement et sans se presser, plus alerte que son attitude nonchalante et ouverte ne le laissait à penser. Se faire attaquer par les créatures qui se terraient ici aurait été bien dommage, d'autant qu'il avait une idée précise de la façon dont il voulait voir leur échange se dérouler. Devoir vaporiser une ignominie terrestre dès maintenant devant ses yeux ne faisait certes pas partie de ses plans. Le risque se fit plus important lorsqu'ils débouchèrent de nouveau sur l'une des artères principales de la dimension de poche et que les monstres se tournèrent vers eux, les étudiant avec méfiance. Tâchant de ne rien montrer, il fit de nouveau signe à Dall afin que celui-ci ne reste pas planté là et ils avancèrent lentement dans la foule jusqu'à l'une des places garnie de trolls et d'étales en tout genre…

Il s'arrêta là un bref instant. La sortie n'était pas si loin, mais par sens de la recherche il tenait à quelque chose. D'un simple mouvement du menton, il désigna une étale d'esclaves humains à l'irlandais. Les humains observait déjà le policier avec des yeux pleins d'incompréhension… Sans doute ne comprenaient-ils pas pourquoi lui était là, libre et si différent d'eux, sans chaînes et sans être inquiété. Peut-être ne comprenaient-ils pas pourquoi il était habillé ainsi, ou simplement ce petit quelque chose qui les différenciaient totalement, lui et eux.


Sam 18 Mar - 18:03
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S'il y avait un moyen de mesurer le stress - Baptisons le, le "stressomètre" - ce dernier aurait déjà atteint sa limite avec une aiguille bloquée au maximum de ses capacités, cherchant à faire plusieurs fois le tour du cadran comme pour tenter de gagner un marathon en épreuve du contre la montre ! Et lui donner une illusion de choix ne laissait vraiment aucune pause au pauvre compteur de tour dont l'aiguille avait déjà cassé sa butée et était en train de tourner en rond, complètement folle de ne pas pouvoir sortir de son petit cadran, trop petit pour elle.

L'aiguille du stressomètre en était à peine à son 49.... 50... Non, 51ième to... Enfin bref - il était maintenant devenu inutile de les comptabiliser - ils étaient à l'endroit qu'il avait évité comme la peste, même si la peste aurait été un choix bien meilleurs et beaucoup plus sage, dans l'une des allées principales à l'endroit ou les créatures affamées ne le voyait que comme un gros beefsteak sur pattes, ce qui au final il comprenait parfaitement car au stade ou il était il aurait presque pu manger une vache entière et vivante. Mais le plus étrange était que les petits camarades mangeurs de beefsteaks ne s'étaient pas rués sur ce dernier comme auraient pu le faire n'importe quelle créature affamée un peu énervée, un peu comme si son "compagnon d'infortune pas magicien mais à peine" agissait comme une sorte de répulsif, mais certainement plus efficace que la citronnelle avec les moustiques.

Son guide, qu'intérieurement il surnommait maintenant "citronnelle" - à défaut de l'appeler par son nom qui était rentré par une oreille et sorti aussi sec pas l'autre - semblait hésiter devant une sorte d'étal qui regroupait une jolie ribambelle d'esclaves. Ces pauvres gens qui au final était la raison de sa prise de position et également celle pour laquelle il s'était fourré aussi loin dans les problèmes en voulant faire démanteler tout ce petit bordel. Mais on pouvait plus dire que son plan était plus de revenir avec un joli petit groupe de SAS, armés jusqu'aux dents et bien décidés à farcir de plomb toutes les vilaines, méchantes bestioles pas belles qui oseraient se montrer hostile face à la libération de la marchandise. A défaut il n'y avait qu'un pauvre flic avec des valises sous les yeux - le stade d'après la poche qui est celui d'après les cernes - armé d'un simple pistolet aux balles magiques dont il doutait encore de l'utilité, sinon il aurait déjà certainement pété sa durite et arrosait tout ceux qui avaient essayé de le bouffer.

Il voulait donc qu'il les libère ? Hum... Moment intense de réflexion, mais soyons bêtes et méchants et allons-y bêtement ? Le premier bêtement fut le gardien / vendeur qui s'interposa entre lui et sa marchandise, visiblement pas d'accord à ce que l'humain s'intéresse un peu trop près au cadenas. Ses tentatives de négociations, simples et basiques du "et du plomb dans le buffet ?" n'eurent droit qu'à un haussement de sourcil montrant que soit son interlocuteur s'en foutait, soit il ne comprenait pas pourquoi il voulait mettre du plomb dans un buffet et devait hésiter par contre dans quel plat - contenu dans ce même fameux buffet en chêne du XIVième siècle - servir cet humain imprudent.

En bref, pas d'bras - pas d'chocolat ou plutôt, pas de monnaie d'échange - pas d'esclave, et que s'il les voulait ca serait au quelconque maitre qui le possédait de se ramener en personne pour négocier. C'est à ce moment là que la petite idée nommée "Graine de la discorde" finit par germer pour donner une magnifique fougère dans son esprit. Si "citronnelle" était si efficace que ça alors autant lui laisser faire le sale boulot non ? Il avait déjà employé cette méthode pas très honorables pour sauver sa peau en laissant ses poursuivants s'entretuer pour savoir comment il serait cuisiné. Il était devenu très fort pour baratiner depuis l'épisode de la mairie de la ville !

"Mais en fait, c'pas moi qui les veut hein." Il désigna Antius aka Citronnelle "C'est lui là bas. Et je ne sais pas vous mais... Si j'étais à votre place je lui ferai un prix d'ami ! Enfin, je vous dis ça, mais je dis rien."

Est-ce que ça plairait à son charmant interlocuteur qui avait été généreusement doté d'une heureuse de laideur par mère nature ? Ca, ca restait encore à déterminer, mais quelque chose lui disait qu'il avait intérêt à se planquer derrière Citronnelle, et de le regarder faire !

Lun 17 Avr - 22:38
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Il était curieux, il fallait qu'il l'avoue, au moins intérieurement, même si en soi il n'aurait aucun mal à l'affirmer à voix haute. Oui, la curiosité était bien présente, à l'égard de cet homme qu'il sauvait d'une mort plus atroce qu'il ne l'imaginait. Allait-il simplement passer son chemin, sans essayer de les libérer, allait-il tenter de défaire leurs entraves pour leur rendre leur liberté, ou même simplement les tuer pour les tirer hors de cette misère de servilité ? Souvent, les chasseurs qu'il recrutait ou guidait vers leur vocation réagissaient selon ces trois grandes hypothèses… Aucune n'était mauvaise, elles témoignaient simplement d'une divergence de points de vue, d'expériences différentes. Elles guidaient également la façon dont serait orienté le chasseur par la suite, car il était évident qu'une mission s'attribuait en fonction du caractère de celui sensé l'accomplir. S'il voulait sauver un humain, il n'enverrait pas un membre de l'Iscariote. En revanche s'il voulait voir une créature éradiquée, il n'enverrait certainement pas un exorciste. Bras croisés, il attendait donc de voir vers quelle voie l'irlandais se tournerait. Et finalement, l'autre se décida, lui tira un léger sourire, non une preuve d'assentiment, mais simplement d'amusement devant la réponse apportée par l'humain. Ce n'était certes pas celle à laquelle il se serait attendu, mais tant pis, la suite promettait d'être intéressante.

La suite, il faillit se plier en deux de rire en la voyant arriver, et resta là, ses grands yeux bleus brillants de larmes, en regardant l'expression, si on pouvait l'appeler ainsi, du troll qui ne le voyait pas… Bien sûr, puisqu'il était invisible à leurs yeux. Secoué de son rire qu'il tentait plus ou moins de contrôler, Antius regarda la créature se tourner vers l'humain en émettant un beuglement qui devait être une question du genre 'tu me prends pour un idiot ?' et en tendant une grosse main rongée par la gangrène vers l'humain… Ah, non ! Hors de question qu'il le tue, tout de même ! Il n'avait pas fait tout ce chemin pour perdre son colis en cours de route ! Rassemblant l'énergie pulsant en lui, il expédia le troll contre un mur, provoquant un boucan de tous les diables et attirant l'attention plus encore que tout le reste. Toujours pouffant de rire, il émit lui-même un 'oups' avant de jauger du troll le plus proche, qui regardait à présent l'humain avec à la fois de la suspicion et une certaine forme de méfiance frôlant la peur, si tant est que ces brutes soient capables de ressentir la peur. « Bien… Veux-tu toujours les libérer ? Si c'est le cas tu devrais te dépêcher, car la garde du Syndicat va venir et je n'ai pas envie de me dévoiler à eux… Dépêches-toi ! » Lui s'écarta avec un regard entendu.

Une fois que l'irlandais eut prit sa décision, Antius ouvrit la voie vers l'extérieur gelé, par la porte principale du marché des trolls. L'extérieur était un désert mortel, mais lorsqu'ils posèrent les pieds et que la porte se referma derrière eux, le froid ne vint pas les mordre… Il n'y avait rien, tout simplement. Autours d'eux, une bulle de chaleur maintenait la température à un niveau supportable pour l'être humain. « Nous avons établit un quartier général pour les rescapés dans un des bâtiments, plus loin. Je vais t'y conduire. Tu y rencontreras les survivants, et ceux qui luttent pour faire cesser cet implacable hiver magique... »



Sam 20 Mai - 19:29
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Bon mis à part quelques soucis techniques le plan se déroula plus ou moins dans le sens qu'il avait prédit. Enfin, pseudo prédit et il avait préféré suivre une des voies qu'il n'aurait pas préféré voir mais bon au moins il avait fonctionné non ? Le plus étrange dans tout ça restait que son "interlocuteur" troll qui se demandait toujours de quel buffet il parlait n'avait pas apprécié qu'on se moque de lui... Comment ça il n'y avait personne ? En plus de sentir mauvais et il était aveugle ? Non mais c'était pas possible ça ! En plus avec citronnelle qui semblait se retenir de se fendre la poire, sans grand succès bien entendu, pour une raison qui semblait complètement obscure à William alors que ce dernier venait de renvoyer les problèmes vers lui en s'en débarrassant d'une manière qui pouvait être drôle pour un observateur extérieur mais absolument pas le principal intéressé !

Donc au défaut de faire peur au principal intéressée en utilisant la menace de Citronnelle, ce dernier pu en effet gouter à une partie des possibilités d'administration possibles de cette dernière. Le "oups" de Citronnelle ne manqua pas de faire hausser un sourcil à William, un oups de "j'ai pas fait exprès" qui pouvait être interprété de plusieurs moyens, entre autre de montrer qu'il n'avait pas fait exprès d'y aller si fort alors que le troll venait de faire une rencontre fracassante contre le mur, même mu qui avait eut un effet immédiat de somnifère ! Qui a dit que l'auto-médication était mauvaise ? Avec des médecins qui utilisent ce genre de somnifères il n'y a plus besoin de maladie pour vous tuer !
L'avantage ? C'est que les choses avaient été assez surprenantes pour toute la petite populace autour de lui n'ose pas faire un pas de plus dans sa direction en attendant de voir comment les choses allaient se dérouler, se méfiant du petit humain puant qu'il était. Mais le temps de l'hésitation ne durerait pas longtemps et il était encore temps de jouer sur la carte Joker... Heu non pardon "Citronnelle".

Il n'eut pas beaucoup de mal à se saisir de la clé déverrouillant le cadenas qui maintenait tout ce petit monde en captivité : son camarade le troll à une tête qui se moquait de lui lui avait agité sous le nez les clés pour lui faire entrevoir la possibilité mais que cette dernière était hors d'atteinte à défaut de paiement avant de les replacer dans ses poches pour tenter de lui coller une mandale qui lui aurait dévissé la tête pour ensuite lui chier dans le cou. Il tomba tout de même sur un os pendant la fouille, un véritable os ! Avec encore des morceaux de chair dessus, le dernier casse dalle de son interlocuteur qu'il posa délicatement à côté de ce dernier afin de ne pas l'énerver plus.

Le plus compliqué ne fut pas de détacher ses congénères, mais de tenter de leur expliquer qu'il fallait filer et qu'ils auraient plus de chance par l'extérieur plutôt que de rester ici ! Ah s'il ne passa pas pour un fou furieux qui voulait les envoyer vers une mort certaine... Le "tic-tac" de l'horloge finit tout de même par se faire sentir et il leur laissa littéralement le choix : finir en esclave farcis ici ou le suivre. Ce qui en soi n'était pas réellement un choix, mais simplement une illusion de celui-ci tout comme il avait eut depuis le début de cette mésaventure.
Heureusement pour la plupart d'entre eux ils décidèrent de tenter sa chance avec lui ! Ou malheureusement, mais ça seule la suite pouvait l'affirmer.

La suite ? Une incompréhensible bulle-d'air-magico-magique-bouclier-chauffage vint les protéger du froid glacial qui avait gelé et potentiellement tué tout ce qui se trouvait à l'extérieur de ces abris qui composaient les habitations du peuple de l'envers.

"Qu'est-ce que vous attendez exactement de moi ? Je n'ai aucune connaissance de ce monde ! J'arrive à peine à y survivre alors arrêter... Ca ?!"

Quand on ne comptait au fial que sur la chance pour s'en sortir, c'était difficile de faire des plans sur l'avenirs, ou même des plans tout court !

Ven 26 Mai - 18:28
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Ils marchaient dans les rues dévastées, dans ce décor réellement digne d'une fin du monde. Les rues étaient gelées, la neige tombant en silence sur un ensemble spectral, certains des bâtiments s'étaient écroulés, d'autres étaient fendus de profondes lézardes, des corps figés dans des postures de terreur et d'agonie jonchaient les rues, parfois atrocement tordus dans leurs morts prématurées. Le vent sifflait autours de l'écran de protection qu'il maintenait sur leur hagarde petite troupe, mais il faisait mine de l'ignorer, comme il ne décochait pas un regard aux nombreux cadavres statufiés sous une large couche de gel. Les humains se pressaient sur ses talons, muets pour la majorité, ouvrant de grands yeux… Les trolls ne s'étaient pas donnés la peine de leur apprendre à parler, ils ne pouvaient donc exprimer leurs sentiments présents que par une gestuelle tout aussi limitée. Antius prenait son temps, il n'était pas pressé et n'avait pas besoin d'être physiquement présent pour pouvoir entendre les rapports de ses ouailles, lié à eux comme il était, il n'avait qu'à tendre son esprit en avant… Aussi, fatalement, il ne s'attendait pas forcément à entendre une voix bien réelle lui poser des questions. Clignant des yeux, il releva légèrement le menton et tourna la tête sans cesser de marcher, observant le policier avec un léger sourire.

« Arrêter quoi, William ? Te sentirais-tu l'âme d'un héro d'épopée ? » Léger rire, tandis qu'il contournait le squelette défoncé d'une voiture. Il y avait mille manières d’interpréter la question qu'il lui avait posé et il faisait exprès de choisir la plus extrême tout en lui donnant l'occasion de s'exprimer plus clairement. Pour autant, il n'ignorait pas le fond de la question, et décida tout de même de ne pas faire le salaud en le laissant mariner plus que de raison. Ce n'était pas aussi amusant qu'avec un certain allemand réincarné. « Je n'attend rien de toi. Je ne te demande rien. C'est uniquement à toi de décider ce que tu désire faire une fois que nous serons arrivés à destination... » Il se détourna pour naviguer dans une zone rendue accidentée par des éboulements de bâtiments, des morceaux de maçonnerie crevant la surface glacée comme des pals aux allures sinistrement modernes. Ses longs cheveux au blond blanc ébouriffaient dans le vent qui fouettait toujours leur chemin en rugissant. Derrière eux, l'une des femmes glissa et s'étala dans la neige et les débris, le forçant à s'arrêter et à faire demi-tour pour l'aider. Il n'en continua pas moins de parler.

« Tu peux rester dans le havre que j'ai construis et attendre la fin de cet hiver magique. Tu peux y aider, ou rester dans ton coin. Tu peux aussi décider de rejoindre les rangs de ceux qui se battent pour retrouver leur monde et leur futur » Il s'arrêta près de la femme, posa un genou à terre et vint l'aider à se redresser avant d'apposer ses mains sur ses blessures. Une douce lueur nimba ses doigts quelques instants, et quand il les retira, elle n'avait plus rien et observait ses jambes avec une surprise ébahie. Il décocha un petit regard en coin à l'irlandais. « Personne n'a de connaissances sur ce monde au début. Tu pourras demander à n'importe lequel des chasseurs que tu croiseras. Ils étaient tous des hommes comme les autres, au début. Souvent, ils avaient des familles. Et puis l'Envers les a fait souffrir, a prit ce qui était important à leurs yeux… tué les êtres qui leurs étaient chers. Plutôt que de céder à la résignation, ils ont alors décidé de se battre, de connaître ce monde obscur et de traquer les prédateurs afin qu'aucun autre ne subisse ce qu'eux-mêmes avaient subis »

Se relevant, il épousseta la neige sur son genoux puis le rejoignit de nouveau et reprit la tête de la petite formation pour progresser au-delà de cet enchevêtrement. Le quartier général n'était pas si loin, en réalité, et c'était à dessein, afin de garder un œil sur le marché des trolls. « Donc... » Il écarta un pan de béton comme si de rien n'était « Tu peux apprendre, si tu le veux. Ça dépend de tes motivations » Un sourire « Tu n'as pas besoin de prendre une décision immédiatement, tu peux aussi attendre d'être arrivé à destination…. Voir par tes propres yeux, sans me croire sur parole. Ça ne me dérange pas le moins du monde, ce serait même très sain. Je te ferais faire le tour du propriétaire » Ils continuaient d'avancer, passant la zone accidentée et enfin, arrivaient en vu du halo irisé du havre. « C'est là… il n'y a que 200 mètres depuis ici jusqu'à notre bâtiment. Une équipe va venir nous encadrer, c'est plus sûr, on ne sait jamais... » Ian était déjà prévenu qu'ils arrivaient, il avait prit les dispositions adéquates à son retour avec les rescapés de la voracité des créatures.


Dim 11 Juin - 10:33
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La surface : Les structures d'acier et de bétons qui étaient autrefois des bâtiments avaient laissé place à des ombres glacées sans vie n'abritant désormais que la mort. Les bruits de la ville ? Remplacé par les gémissements lugubres du vent qui se faufilait dans les interstices, comme emportant avec lui le dernier souffle de ceux qui avaient habité ces lieux ou alors leur permettant de s'exprimer une dernière fois depuis leur linceul de glace ? De temps à autre, un grincement ou le choc de deux pièces de métal qui se frappent régulièrement venait rompre la monotonie du gémissement, certainement l'une des portières d'un véhicule qui n'était pas encore prise dans la glace qui tentait, comme un animal blessé, d'appeler à l'aide. Les esprits les plus imaginatifs pouvaient presque encore voir la vie qui peuplait ces lieux, à travers les ouvertures béantes des bâtiments, comme s'ils étaient observés par les anciens habitants des lieux.

William ne pu retenir un frémissement à la vue des premières victimes qui étaient figés dans leur linceul. On aurait presque dit l'image qu'avait eut le monde d'une apocalypse nucléaire et de l’hiver qui l'aurait suivit. Tout ça pour quoi ? La soif de pouvoir de quelques uns ? Non, c'était totalement injuste pour ceux qui n'avaient rien demandé à personne. Il s'était engagé dans cette histoire d'abord pour une raison personnelle, puis avait mis les deux pieds dans le conflit simplement par notion de justice et de sens du devoir, ou alors d'orgueil, mais c'était peut-être la même chose en fonction du point de vue.

"Très drôle." lâcha-t-il entre ses dents. Son interlocuteur ne répondait pas vraiment à ses question, ou plutôt il continuer à tourner autour du pot. C'était de cette manière qu'il l’interprétait. Jamais personne ne donnait quelque chose sans rien attendre en retour, c'était simplement humain, et de ce qu'il avait vu de ces créatures c'était encore pire dans ce milieu là ! Ou alors cherchait-il simplement à recruter un nouveau "soldat" pour combattre ce qu'il se passait ? Cette réponse était plutôt logique, sinon pourquoi prendre de tels risques ? Et même cela ne le justifiait pas entièrement. Il devait bien y avoir quelque chose de caché derrière tout celà, et il comptait bien le découvrir : on ne se faisait pas de "nouveaux amis" qui vous sauvent la vie gratuitement, et dans ce genre de cas c'était presque comme faire un pacte avec le diable. "Vous verrez bien ce que je ferai, vous avez l'air d'aimer les surprises." s'il avait quelque peu baissé sa garde quelques instants plus tôt, cette dernière était revenue au galop, tout ça était trop beau pour être vrai ! C'était trop simple, beaucoup trop simple ! Mais pour le moment il n'avait pas beaucoup d'autres choix : quand on traverse l'enfer, on ne doit pas s'arrêter. Et c'était bien ce qu'il comptait faire !

Pour le moment il ne ferait que se fondre dans le paysage, sans pour autant abandonner quoi que ce soit derrière lui. Ne pas faire de vague ou encore ne pas agiter son arme sous le nez de la fameuse équipe d'escorte qui s'approcherait. Il ne lui manquait plus que de tomber au milieu d'une secte de fanatiques et la boucle était bouclée !

Dim 2 Juil - 21:25
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Il l'observa tranquillement, sans répondre, ne voyant pas de raison de le suivre sur ce terrain-là alors que sa bravade ne servait qu'à protéger son sentiment de menace. Lui n'avait rien dit après tout, ne lui avait rien imposé, tout ce qu'il s'était contenté de faire, c'était répondre à sa question et à son argument, rien d'autre. Tout ce qu'il pensait être induit par ses mots n'était en fin de compte que la représentation de ses doutes et de son état d'esprit et n'avait rien à voir avec ce que lui, l'Autorité, pouvait convoyer. Ainsi était l'humanité, en cela et en d'autres choses. Son choix final était uniquement sien et ne serait influencé que par ce qu'il accepterait et rien d'autre. Ne s'attardant guère sur tout cela, Antius s'avança à la rencontre de l'escorte que la section Iscariote lui avait envoyé et accueillit Ian auprès de lui, tandis que le reste des chasseurs entourait le petit groupe pour le guider vers le bâtiment qu'ils occupaient, un ensemble hôtelier assez large pour une petite centaine de personnes. Les lieux avaient été aménagés pour les besoins des réfugiés mais également pour les chasseurs qui y avaient établit leur centre d'activité. Les étages supérieurs et l'arrière de l’hôtel étaient donc réservés aux civils tandis que l'avant et les salles spéciales étaient occupées par la force armée vaticane. Les bâtiments étaient entourés de la même aura chauffante qui les préservait du froid mortel à l'extérieur et le jardin intérieur, autrefois aménagé comme un jardin à l'anglaise pour les invités qui venaient passer leurs vacances ici, était à présent un potager miniature pour permettre la culture d'une forme de subsistance en dehors des réserves dont les lieux disposaient et de celles possédées par la section spéciale du Vatican.

Une fois à l'intérieur, les anciens esclaves furent conduits auprès de la partie civile pour qu'ils soient prit en charge, tandis que les chasseurs retournaient à leurs différentes occupations. Antius s'arrêta dans le hall, échangeant à voix basse avec son champion avant qu'il ne le quitte à son tour, le laissant seul avec William. Se tournant vers lui, la réincarnation prit quelques instants pour le mirer avant de prendre la parole : « Tu es à bon port. Si tu le veux, tu peux me suivre pour observer les chasseurs. Sinon, je te demanderais de rejoindre les civils et d'aider auprès d'eux. Chacun doit servir à sa manière dans les conditions présentes » Souriant, il l'invita à choisir et prit la direction de la partie interdite aux rescapés, devant pour sa part retourner auprès de ses soldats saints afin de les aider. Sans doute passerait-il ensuite voir le reste des humains afin d'aider à leur confort et soigner ceux qui s'avéraient blessés ou malades. Mais pour le moment, c'était l'Iscariote qui avait grand besoin de lui.
 

Mer 5 Juil - 20:54
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Ah bah en fait la boucle était bouclée ! Il avait fallut qu'il pense aux fanatiques pour que l'univers ou quoi que ce soit qui décide du destin, de remplir ou de vider sa jauge de petit bonheur la chance, se décide à lui en mettre partout ! Il pouvait pas se retenir pour une fois celui-là ? De la curaille partout ! Ok, bon armée jusqu'aux dents ! Mais il n'y avait pas besoin d'être immortel pour se souvenir ce qu'il y avait été écrit dans les livres d'histoires pour les croisades... Ou alors simplement la presse populaire avec des petits garçons qui ne n'avaient pas simplement tenu qu'une croix entre leur main... Mais ça, encore c'était s'égarer. Enfin il ne fallait pas qu'il s'égare justement !

Enfin... Si seulement c'était possible qu'il le fasse volontairement ! Rien qu'à l'odeur on savait par ou il était passé ! C'était presque à croire que ses vêtements tiendraient debout sans lui et même qu'ils essayeraient de s'enfuir face à une lessive quelconque pour rester vivants. En tout cas c'était peut-être là l'origine du terme "être suivis à la trace"... Ou alors était-ce réservé aux dresseurs de clébards ?

Quoi qu'il en soit il resta quelques instants silencieux à observer tout ce petit monde avant dê'tre sortis de sa "con-templation" par celui qui avait été le responsable de leur escorte. Alfred c'était bien ça qu'il avait dit comme nom pour le présenter ou se présenter ? Ou alors il confondait avec le majordome de Batman... Bon tant pis, Fred irait bien pour le moment ! Fred et Citronnelle... Décidément c'était un drôle de couple qu'il avait là. Aussi, quand le choix lui fut donné d'en faire un, et bien... Il n'allait en faire aucun des deux et n'en faire qu'à sa tête... Même si ca ne lui avait pour le moment pas si bien réussit que ça !

"Alors vous voyez, pour le moment, je pense surtout qu'il serait plus utile que je trouve une brosse en ferraille, de la crème à récurer et un kascher !" Il se désigna alors qu'il parlait. "Parce que là, y'a du travail." Il sembla se raviser quelques instants "Ah, et des vêtements de rechange. Je pense donner leur liberté à ceux là, s'ils n'ont pas déjà pris vie, ça ne saura tarder."

Dans tous les cas, il y en avait certainement pour plusieurs heures de travail aux vues de l'état. De quoi lui laisser amplement le temps de prendre une décision... Ou plutôt de fouiner sans avoir une nounou d'enf... pardon, de paradis dans les pattes. Ou alors simplement squatter la douche, le stock de café et de petit fours !

Il ne fut pas longtemps pour qu'une nounou lui soit attribuée, enfin par nounou il était plus facile d'imaginer un garde plutôt qu'une demoiselle en tenue de soubrette, quoique... Un garde dans cette même tenue aurait pu être beaucoup plus drole ! Une chambre, un lot de vêtements propres, avec tout le nécessaire pour tenter de se laver. Que demander de plus ?
Affronter la douche par contre serait certainement une autre histoire, la première étape fut évidemment de dissimuler son arme afin d'éviter que sa nounou, si l'idée lui reprenait de venir le mater à poil sous la douche, n'y tombe pas dessus par inadvertance, et la seconde... Et bien... Elle se déroula bien moins bien que la première ! Il avait fallut plusieurs lavages d'affilé, beaucoup de savon et d'huile de coude pour que l'eau arrête d'avoir une couleur étrange et une odeur digne d'un cadavre en décomposition dans un trou d'eau stagnante. Après ses vêtements, ca serait certainement à l'eau de prendre vie pour revenir le hanter dans son sommeil !
Une bonne douche, des vêtements propres, c'était presque à croire qu'il avait oublié cette sensation tellement elle était agréable après autant de temps passé dans la crasse. Il finit par s'occuper de nettoyer les affaires qu'il avait bien pu conserver...

Maintenant il fallait qu'il comprenne ou il avait bien pu atterir. Il n'avait pas confiance en ses nouveaux hôtes, encore moins après ce qu'il avait pu voir de ce "nouveau" monde. Alors en plus si la religion et ses fanatiques venaient y mettre leur nez dedans, autant dire que le résultat ne serait pas des plus beau à voir.
Dans tous les cas il fallait qu'il agisse avec précaution, il en faudrait certainement peu pour que ses nouveaux hôtes décident qu'il n'était plus le bienvenu en inventant une contamination quelconque par les forces du mal pour qu'il finisse attaché au milieu d'un barbecue pour y être brulé vif.

Les locaux "civils", ou simplement un camps de réfugiés. Malgré cette seconde appelation les choses ne semblaient pas aussi mauvaises que cette dernière pouvait le laisser sous entendre. Ils semblaient avoir suffisemment de nourriture et de biens pour être installés confortablement pour quelques temps. Un certain contrôle et autorité avait été mis en place par leurs hôtes pour maintenir un semblant de paix et d'organisation dans ce fouilli, peut-être même un peu trop d'organisation car quasiment rien ne laissait transparaitre le chaos extérieur mis à part le retour des tâches plus basiques dans la vie de tout les jours, tout du moins pour un citadin. Mais le problème n'était pas vraiment là. Pour le moment ils traitaient bien leurs invités, mis à part peut-être la présence un peu trop importante de signes religieux.

Non, ce qu'il voulait voir c'était autre chose : les locaux interdits au public. Les choses qu'ils ne voulaient pas que d'autres découvrent.

Le plan A ne fut pas vraiment le bon. Demander gentiment à visiter les lieux n'avait pas vraiment eut l'effet escompté face aux soldats fanatiques avec lesquels il était autant utile de discuter que de tenter de le faire avec une porte de prison. Le pire avait été que demander après Citronelle et Alfred avaient encore donné des résultats moins agréables face au fanatique qui ne devait absolument pas comprendre de qui il pouvait bien parler.
Il fallait donc passer au plan B, qui lui était bien plus "simple", dans un sens. Beaucoup de gens disaient qu'il vallait mieux demander pardon que la permission. Il avait tenté la permission, la suite allait donc être le pardon ! Tous ces bâtiments avaient des issues de secours, et l'avantage de ces dernières étaient qu'elle ne pouvaient s'ouvrir que de l'intérieur, les laissant généralement sans beaucoup de surveillance. C'était par là qu'il commencerait à fouiner, mais avant fallait-il entrer.
Les jardins offraient l'opportunité idéale, avec son stock d'outil qui lui permettraient de forcer tranquillement une de ces fameuses entrées. C'est avec nonchalance qu'il traversa les jardins potagers, s'arrêtant ça et là comme pour observer une plante ou un légume quelconque. Puis l'opportunité se présenta face à une sorte de petite truelle qui serait l'outil parfait pour tenter de forcer une de ces fameuses portes. Toujours de la même manière il s'avança jusqu'à l'angle du bâtiment pour disparaitre des regards de la majorité des personnes présentes et de s'attaquer ainsi à la première porte qu'il pourrait bien trouver à l'aide de la partie plate de l'ustensile.

Dans le pire des cas, il aurait l'excuse idéale ! Il jardinait !

Mar 1 Aoû - 22:28
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Dreamcatcher | William
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